C'était une de ces journées où la Soleil semblait timide, se cachant derrière une masse de nuages gris. Le vent glacial de l'Automne annonçait le début d'un Hiver particulièrement rigoureux et celui-ci ne tarderait pas à venir. Le climat était à la mesure de la mélancolie qui régnait à Minas Tirith...
Sur les remparts de la grande Tour Blanche se tenait le Roi. Il était enveloppé d'un manteau en velours de couleur pourpre sur lequel nombres de broderies d'or bordaient les manches et l'encolure du vêtement. Orné de sa couronne de mythril et d'argent, Élessar observait l'horizon... Rares étaient les occasions où il portait une telle parure. Il se réservait ce port que lorsque les circonstances l'exigeaient... Arborant une expression de noblesse et de prestance, mais aussi de chagrin et d'amertume, le Roi observait s'éloigner du palais un escadron de plus d'une centaine de soldats du Gondor. Tous se dirigeaient vers le Sud, là où se trouvait le Harad.
Élessar avait pris la décision de déployer une partie de son armée vers les frontières du Gondor. Personne ne pourrait maintenant traverser le pays sans faire face aux guerriers. La tentative de Orgar n'avait pas été prise à la légère et le Roi avait la ferme intention de le faire savoir aux ennemis. Élessar n'avait nul envie d'attaquer le Harad, mais les hommes qu'il envoyait aux frontières devaient s'assurer de la véritable nature de l'activité sur le continent Sud-Est. Ils allaient agir en tant qu'éclaireurs et ils maintiendraient hermétiques les frontières entre le Harad et le Gondor. S'il s'avérait que les Haradrim eussent la moindre envie de tenter une attaque ou une percée, les soldats gondoriens allaient leur faire preuve de la résistance de leur pays.
Cela faisait plus de sept ans que Élessar n'avait eut recours à son armée. Les soldats lui étaient fidèles, mais, croyant que la paix allait durer un bon moment, chacun d'eux menait une vie paisible dans la Cité. Certains avaient fondé une famille, d'autres s'étaient trouvés un travail pour subvenir à leurs besoins. Aucun d'eux n'avaient perdu leur force et leur agilité au combat, mais ils avaient goûté au plaisir d'une vie sans guerre ni hostilités et, aujourd'hui, accomplir de nouveau leur devoir de défendeurs du pays les attristait. Le Roi était conscient que ses hommes quittaient leurs foyers à contre coeur et il regrettait de ne pas leur avoir laissé encore quelques années de répit. Cependant, il n'avait guère le choix; Élessar ne pouvait attendre que les Haradrim se manifestent encore une fois. Il avait donc convoqué son fidèle ami et Capitaine de l'Armée; Faramir Prince de l'Ithilien. Puis, tous deux choisirent une centaine d'hommes qu'ils firent venir au Palais et ils demandèrent à ces derniers de se préparer à une expédition sans doute périlleuse.
Les familles des soldats choisis se rendirent tristement aux Portes du Palais et c'est avec une certaine appréhension qu'ils observèrent le Capitaine et son Armée franchir les Portes, galopant les plus nobles montures du Pays et portant ça et là des bannières royales annonciatrices de leur patrie. Ils traversèrent la Cité et quittèrent la capitale du Gondor, espérant que la menace qu'avait pressenti Élessar n'allait que peu durer...
Élessar observait son armée disparaître de l'horizon. Tous ces gens qui allaient, une fois de plus, se confronter au Mal...
La Reine arriva discrètement derrière son époux. Si ce n'avait été de ce vent automnal qui balançait sa longue chevelure sombre dans les airs et qui faisait virevolter bruyamment sa robe de soie, Élessar n'aurait put deviner la présence de sa mie.
Il ne se retourna pas, mais il s'adressa tout de même à elle.
« Regardez ces hommes Arwen... Tous quittent leur terre natale pour faire face à une nouvelle menace alors qu'ils commençaient à peine à vivre dans le calme et la quiétude... Est-ce donc cela notre destin? Serais-je contraint de me mesurer aux Forces du Mal incessamment? Suis-je voué à un combat éternel? N'aurais-je jamais droit à quelques années de répit? »
La Reine lui répondit de cette voix douce qui pouvait apaiser facilement l'esprit tourmenté de son amant.
« Être Souverain signifie agir pour la paix de son Peuple. Et que vous le vouliez ou non, la paix sera toujours menacée. Il est de votre devoir de maintenir cette menace à l'écart. Hors, ce qui les guette ne sera jamais aussi redoutable que ce qu'ils ont dû affronter au temps des jours sombres... Vous verrez Élessar; ils reviendront vers leurs familles plus vite que vous ne le croyiez.
-Je l'espère tant Arwen...
-Wouah...Ils sont nombreux! J'aimerais bien aller faire la guerre moi aussi... »
Arwen et Élessar se retournèrent, surpris par la présence de leur fils. Ce dernier se tenait sur la pointe des pieds pour mieux observer par-dessus le mur.
Le Roi sourit à son fils, amusé par la façon qu'il sautillait pour parvenir à regarder l'escadron qui devenait de plus en plus petit au loin. Mais il se rappela vite ce que Eldarion venait de dire...
« Saches, mon fils, que la guerre n'est pas un jeu. Elle est terrible... De plus, pour l'instant, cet escadron n'a pour but que de surveiller nos frontières; personne ne se battra.
-Dommage... J'aimerais bien aller venger Ounilam, moi. Je n'ai pas aimé ce que les Haradrim lui ont fait.
-Eldarion, la vengeance n'est pas une solution. Elle n'entraîne que la haine... Souviens-t'en ...
-Le mieux qu'il reste à faire pour ta soeur, c'est de veiller sur elle comme tu le fais si bien, continua la Reine. D'ailleurs, n'es-tu pas supposé être à son chevet?
-Oui, mais ...elle m'a renvoyé...
-Pourquoi cela?
-Parce qu'elle voulait être tranquille afin d'écrire dans son fameux bouquin. »
Le Roi et la Reine ne purent s'empêcher de rire.
« Eh bien, si Ounilam reprend ses habitudes d'antan, c'est signe qu'elle va mieux! s'exclama Élessar.
-Pourquoi cet air mécontent, Eldarion? Il s'agit plutôt d'une bonne nouvelle non?
-Si elle reprend ses habitudes, je serai encore tout seul pour jouer... Vivement que mon petit frère arrive.
-Petit frère? Possèderais-tu un don de clairvoyance pour avoir deviné que tu auras vraiment un petit frère? demanda la Reine.
-Non, mais je ne veux pas d'une autre soeur qui va toujours avoir le nez dans un livre! Moi, je veux un frère qui va courir avec moi dans les jardins! Et on s'amusera à être des chevaliers!
-Ah, mais tu n'as pas besoin d'un frère pour être un chevalier. Il suffit de ton père pour te défier! dit le Roi »
Il le prit dans ses bras et le bascula, tête en bas, sur son épaule.
« Aaah! Ada! Non!
-Allez! Chevalier Eldarion, montrez-moi donc votre force! Débattez-vous comme un homme! »
Le prince agitait ses pieds dans les airs et tapait le dos du Roi du mieux qu'il le pouvait. Il voulait paraître grognon et rustre, mais il ne pouvait s'empêcher de ricaner malgré lui. Arwen riait aussi de bon coeur devant cette scène de « combat ». Elle était toujours attendrie de voir son époux s'amuser ainsi avec ses enfants. Le rôle de Père lui allait aussi bien que celui de Roi.
Durant un moment, Élessar oublia la mélancolie de cette journée et la Reine sentit le coeur du Roi s'alléger, ce qui lui procurait un sentiment de bien-être à elle aussi.
À un moment, entre les rires et la chamaillerie, Eldarion aperçut une forme étrange à l'horizon. Juché sur son père, il pouvait arriver à scruter le paysage au loin. Ses yeux perçants n'arrivaient toutefois à distinguer de quoi il s'agissait, car le prince avait toujours la tête à l'envers.
« Père! Regardez là-bas!
-Quoi donc?
-Au loin, il y a quelque chose. »
Élessar posa son fils au sol et regarda l'horizon. Il ne vit rien.
« Que vois-tu Eldarion? »
Arwen crut qu'il s'agissait de l'escadron qui n'avait pas tout à fait disparu de l'horizon encore. Elle scruta tout de même le paysage à son tour et parvint à distinguer ce que le jeune Prince avait vu, car après tout, ce dernier avait hérité de sa propre vue elfique. Et ce qu'elle vit était loin d'être les soldats du Gondor...
« Un chariot tiré par un cheval, dirait-on, constata la Reine. Il se dirige vers notre Cité. »
Le chariot approchait de plus en plus et la vue de Arwen lui permis bientôt de découvrir qui conduisait le véhicule.
« Mais...c'est... le Maître Taurentir! »
Élessar se souvint alors de la dernière visite de l'artiste, il y a quelques semaines.
« Notre fâcheuse mésaventure m'a totalement fait oublier! s'exclama le Roi. Taurentir devait se présenter ici-même pour nous montrer le présent de Ounilam.
-Le présent de Ounilam? questionna Eldarion.
-Rappelles-toi, l'anniversaire de ta soeur approche à grand pas. Et le maître Taurentir s'est proposé pour lui confectionner un cadeau, expliqua Arwen.
-Un cadeau d'anniversaire? Oh, je veux le voir!
Le Roi se mit à genou pour être à la hauteur de son fils et il prit ce dernier par les épaules.
« Non Eldarion, car je dois te confier une mission de la plus haute importance.»
Le Prince se sentait soudainement très considéré par son père. Il prit les allures d'un grand chevalier, prêt à obéir à son Roi.
« Vas rejoindre Ounilam et surveille-la. Durant la visite de Taurentir, elle ne doit quitter ses appartements sous aucun prétexte. Il ne faudrait pas qu'elle découvre son cadeau avant le moment voulu, tu comprends. Alors, occupe-la et surtout, pas un seul mot sur la surprise qu'on lui réserve!
-Oui Ada...heu... Majesté! Je suis à votre service! »
Eldarion s'inclina en signe de respect pour son Roi et courut immédiatement vers les quartiers de sa soeur.
***
La petite Ounilam était assise dans son lit, plongée dans la rédaction de son précieux livre posé sur ses cuisses.
TOC TOC
La princesse sursauta.
« Qui est là?
-C'est moi! répondit la voix derrière la porte. »
Ounilam reconnut son frère, mais elle n'avait pas la tête à le recevoir. Ce dernier poussa la porte sans même avoir eu l'autorisation d'entrer.
« Coucou! dit-il, tout joyeux.
-Eldarion, je t'avais demandé de me laisser seule...
-Je sais, mais... Ada m'a demandé de te surveill...heu... Il m'a demandé de veiller sur toi, dit-il en s'assoyant sur le lit.
-Je vais bien, je n'ai pas besoin qu'on veille sur moi. Constate par toi-même. »
Elle prit la main de son frangin et la posa sur son front.
« Tu vois? Je n'ai plus de fièvre du tout.
-Peut-être, mais ta santé est encore fragile. Alors, je dois obéir à Ada.
-Ppff... Moi qui voulais écrire dans mon livre...
-Tu écris toujours dans ce livre! C'est agaçant à la fin.
-J'y peux rien moi. Je suis très inspirée ces temps-ci, rétorqua-t-elle en prenant les airs d'une grande écrivaine renommée.
-Qu'est-ce que tu écris, au fait? »
Il jeta un coup d'oeil, mais Ounilam referma aussitôt son bouquin.
« C'est secret, je te l'ai déjà dis! Tu liras quand j'aurai ter-mi-né!
-Il y a encore au moins un trillion de biliard de pages à remplir! À ce rythme, je serai mort quand tu auras fini! Tu pourrais au moins me dire un peu de quoi tu traite... »
Ounilam soupira. Elle savait que son frère continuerait à l'embêter tant et aussi longtemps qu'elle ne fléchirait pas à sa demande.
« Bon, d'accord... En ce moment, je raconte notre voyage, voilà. Tu es content?
-Ah bon? Tu racontes...tout?
-Tout.
-Absolument tout le voyage? Même l'incident sur l'Amon Hen?
-Oui.
-C'est drôle. Après ce qui s'est produit, j'aurais cru que tu tenterais d'oublier tout ça le plus vite possible. Et te voilà à écrire cette mésaventure...
-J'ai eu très peur, mais... Je me suis fais la promesse de tout rédiger ce qui se passerait d'important au Quatrième Âge. Alors, je ne peux passer sous silence l'incident de l'Amon Hen. J'essais de tout dire dans les moindres détails. Et j'ai même fais un dessin. Regarde. »
Ounilam feuilleta son bouquin et arriva à une page où une esquisse avait été griffonnée. Elle le montra à son frère tout en cachant, biensûr, les textes de la page d'à côté. Le dessin était fait un peu maladroitement. Normal, puisque c'était l'oeuvre d'une main d'enfant. Par contre, les détails étaient assez justes et révélateurs pour que Eldarion devine qui Ounilam avait dessiné.
« Mais, c'est... C'est l'Archer Mystérieux! »
La princesse avait tellement été impressionnée par la façon dont il s'était battu qu'elle avait reproduit sur papier l'elfe en train de mener une dure bataille.
« En effet, c'est Legolas.
-Tu sais son nom?
-Je me souviens d'avoir entendu Ada l'interpeller pour le prévenir d'un assaut. »
« Legolas!! Prenez garde! »
« Je ne savais pas où j'avais entendu ce nom, mais il m'était familier. Puis, je me suis rappelé que Legolas a fait parti de la Communauté de l'Anneau, mon histoire préférée! Il a été les yeux et les oreilles de la troupe et il est devenu un ami très proche de Ada.
-Ça explique pourquoi ils semblaient très bien se connaître tous les deux.
-Oui. C'est bizarre, mais moi aussi j'ai l'impression de le connaître. Est-ce que tu te rappelles de l'avoir déjà rencontré Eldarion?
-Non. Tu sais, mise à part Nanà, on a jamais vu d'elfe avant.
-Je sais... Mais... Il me semble l'avoir déjà vu auparavant. Je ne sais pas où ni quand, mais après l'avoir observé sur l'Amon Hen, j'avais la vague sensation que c'était pas la première fois que je voyais cet elfe. C'est dommage qu'il soit parti si vite. J'aurais bien aimé le connaître davantage...
-Pourquoi ne demandes-tu pas à Ada? S'il est un ami très proche de lui, il pourra t'éclairer à son sujet.
-Je lui ai déjà posé des questions, mais il a été très bref à son propos.
-Qu'a-t-il dit?
-Il m'a dit que c'était un ami de longue date qu'il n'avait pas revu depuis la Guerre de l'Anneau et, par conséquent, il était impossible que je l'aie déjà rencontré.
-Bon alors... Ce doit être vrai. Ce ne n'est qu'une fausse impression que tu as.
-Non. Je suis certaine que j'ai raison; je le connais ce Legolas. Et puis, Ada a été tellement réticent à me parler de lui... On dirait qu'il cache quelque chose...
-Mmmh, je vois que cet accident nous a laissés tous les deux très questionneurs.
-Ah? Toi aussi?
-Oui, mais pas pour les mêmes raisons que toi.
-Lesquelles alors?
-Eh bien... D'abord, est-ce que tu te souviens du tremblement de terre?
-Oui, pourquoi?
-Tu ne trouves pas étrange qu'il y ait eu un séisme pareil juste un bon moment? En plus, si on se fie à nos cours de géographie, l'Anorien n'est pas du tout un terrain propice aux tremblements de terre. »
Ounilam réfléchit quelques instants. Elle n'avait pas prêté beaucoup d'attention à ce tremblement de terre, mais maintenant que son frère en parlait, il est vrai que les circonstances entourant ce séisme étaient mystérieuses.
« Tu as raison...
-Ensuite, je trouve ça bizarre qu'on t'ait retrouvé en bas de la cascade.
-C'est vrai.... Je ne me souviens pas d'avoir couru jusqu'en bas de la cataracte, comme l'a dit Ada. Et je me souviens encore moins d'être tombée près de la rive. Tout ce dont je me rappelle c'est ce Orgar qui m'a attrapé par la gorge et après... Plus rien. Aucun autre souvenir jusqu'à ce moment où j'ai repris conscience dans les bras de cet elfe.
-Tu vois? C'est vraiment étrange... De plus, avant l'embuscade des Haradrim, on s'était tous les trois baignés dans le fleuve et personne n'a eut froid parce que l'eau était tiède. Alors, si tu es tombé dans cette eau tiède, près du rivage de ce même fleuve, comment se fait-il qu'on t'ait retrouvé en état d'hypothermie? »
Le raisonnement du Prince était juste et inquiétant. Tous les deux se mirent à réfléchir...
Pendant ce temps, en salle du trône, le Roi et la Reine avaient pris place sur leurs sièges royaux. Tous deux attendaient fébrilement l'arrivée de Taurentir.
Celui-ci se présenta bientôt, franchissant les portes du Palais et avançant timidement vers les souverains.
Il leur fit une génuflexion.
« Taurentir, mon ami... Je vous ai déjà pourtant révélé que je n'aimais guère considérer les autres comme étant inférieurs à moi-même, dit le Roi qui avait une drôle de façon de débuter un entretien. Et je suis certain que la Reine en pense autant.
-En effet, Maître. Relevez-vous je vous prie. »
Taurentir s'exécuta.
« Vos majestés sont trop bonnes...
-Nous nous réjouissons de votre venue parmi nous, dit le Roi. Les derniers jours ont été particulièrement éprouvants, je dois l'avouer.
-Par contre, votre visite saura, j'en suis certaine, égailler l'ambiance amère qui règne en notre cité.
-Je suis conscient des derniers événements et, au nom du Roi Éomer des Hommes de la Marche, nous vous sommes tous grandement navrés de la mauvaise tournure qu'a pris votre expédition en Anorien. J'ajouterai aussi que sa Majesté du Rohan est prête à fournir, si le besoin s'en fait sentir, toute l'aide armée possible au Gondor afin de contraindre la nouvelle menace qui plane au-dessus des Terres Libres.
-Vous remercierez mon fidèle compagnon Éomer de sa proposition. Votre sollicitude me va droit au coeur, sachez-le. Toutefois, j'ose espérer que cette dite menace ne sera que de courte durée et que je n'aurai pas besoin de faire appel à vos troupes. La guerre est bien la dernière solution à laquelle j'aurai recours. Vos soldats connaissent la paix et je sais que trop bien la peine qu'ils éprouveraient si les besoins d'un affront venaient à s'imposer. Mes propres hommes ont quitté Minas Tirith et j'ai pu lire, en leurs regards, l'affliction et la désolation. Alors, je ne désire pas que les Rohirrim soient contraints de quitter eux aussi leur foyer après si peu de temps de repos...
Mais, passons... Après tout, nous ne sommes pas réunis pour discuter d'une guerre à venir. Les véritables raisons de votre venue sont beaucoup plus réjouissantes.
-L'anniversaire de notre fille est dans quelques jours et, vu son traumatisme, je crois que votre présent pourra lui remonter le moral et peut-être même mettre un terme à ses tourments, continua la Reine.
-J'ignore si mon cadeau possède de telles vertus...dit timidement Taurentir.
-Ne sous-estimez pas votre talent, maître. Alors? Je suis impatient de voir ce que vous nous avez concocté!
-Bien, je vous montre à l'instant... »
Taurentir se tourna vers les portes de l'immense salle du trône. Il tapa dans ses mains et les gardes à l'entrée firent place à deux autres des leurs. Tous deux pénétrèrent la pièce en faisant rouler le chariot que Arwen avait aperçu depuis la Tour Blanche. Les gardes poussèrent péniblement le véhicule jusque devant le Maître Taurentir, puis ils prirent congé. Sur le chariot se trouvait quelque chose de grande taille, recouvert d'une toile épaisse. Élessar et Arwen se regardèrent un instant, se témoignant l'un l'autre leur surprise. Ils ne savaient pas du tout ce qui pouvait se trouver sous cette toile, mais pour que leurs gardes éprouvent de la difficulté à déplacer le chariot, il fallait que cette chose soit massive et très lourde.
« Eh bien! Quand il s'agit de présent, vous n'y allez pas de main morte! dit le Roi avec enthousiasme. Cela me semble énorme!
-Un grand cadeau pour une future grande Reine, répondit le maître.
-Il me tarde de savoir ce qui se cache sous cette toile! renchérit Arwen. Montrez-nous! »
Taurentir agrippa la toile et la tira de toutes ses forces. L'objet fut enfin dévoilé aux yeux des souverains.
À la vue du présent, Élessar et Arwen furent tous les deux stupéfiés. Cependant, en observant davantage ledit objet, leurs réactions se modifièrent...
Arwen étudia ce cadeau, impressionnée et intriguée. Quant au Roi, son engouement s'évanouit de manière brutale. Il dévisagea le présent et l'expression de son visage devint noire, emplie d'animosité et de rancune. Il tourna ensuite les yeux vers Taurentir et le poignarda littéralement du regard. Le Maître rentra la tête dans ses épaules, guettant le pire... Le Roi sembla perdre sa raison et son calme légendaire. Il se leva de son siège et ses poings se refermèrent si fort qu'il en trembla. Élessar n'eut plus que deux billes enflammées pour yeux. Il inspira et puis, il déferla sa fureur d'un seul coup.
« COMMENT OSEZ-VOUS EXPOSER CETTE CHOSE DEVANT MOI??!!! »
Le Roi avait crié si fort que sa Reine en fut effrayée. Elle était également conspirée par la chose, mais pas pour les mêmes motifs que son mari. Arwen observa Élessar de son siège, complètement abasourdie par sa réaction et elle ne put qu'être témoin aux événements qui s'en suivirent.
« Est-ce donc tout le respect que vous portez envers ma fille??!!! Vous croyez réellement qu'elle a besoin de cela? À quoi avez-vous pensé, par tous les Valars! »
Taurentir était aussi perturbé que la Reine. Il était conscient que son cadeau causerait beaucoup d'émoi, mais pas au point de mettre le Roi dans une telle colère. Le maître tenta de se justifier, mais de nature nerveuse et timide, il ne réussit qu'à bafouiller quelques paroles.
« Je ... Je... Laissez-moi expliquer, mon Seigneur... C'est que...
-Plus un seul mot, insolent!
-Vous ne comprenez pas, Majesté... Je ne voulais pas vous choquer... Je...
-SILENCE! Enlevez cette chose de ma vue et quittez immédiatement le Palais!
-Mais, mon Roi...
-PARTEZ! Et que je ne vous vois plus jamais en mes terres!
-Majesté, je requiers votre indulgence. De grâce, laissez-moi expliquer...
-GARDES! Débarrassez-moi de cet individu! »
À ces mots, les gardes des portes obéirent et empoignèrent Taurentir par les avant-bras. On remit la toile sur le fameux objet. Le chariot fut traîné jusqu'aux portes du château et on emmena également Taurentir à la sortie.
Les cris du Roi avaient retenti dans tout le Palais. Même Eldarion et Ounilam l'entendirent. Ces derniers furent interrompus dans leurs questionnements au sujet des nombreuses intrigues qui entouraient l'incident sur l'Amon Hen.
«Que se passe-t-il? se demanda la princesse.
-Je... Je l'ignore... On aurait dit que c'était Ada.
-Allons voir! »
Ounilam bondit de son lit, curieuse de savoir pourquoi son père avait hurlé de la sorte. Eldarion se posait aussi des questions, mais il ne devait pas prendre de risques et faillir à sa mission; il fallait empêcher Ounilam de quitter sa chambre.
« Non! Ouni! Tu ...heu... Tu es encore malade! Il faut que tu restes couchée! »
Le Prince lui barra la route.
«Eldarion, tu n'es pas drôle! dit-elle en tentant de le pousser de son chemin.
-Non non non et renon! Il faut que tu restes dans ta chambre! »
Ils allaient entamer une bagarre quand soudain ils perçurent des voix venant de la fenêtre de la pièce. Les héritiers se précipitèrent vers la vitre. Ils poussèrent la lucarne pour mieux voir et entendre ce qui se passait à l'extérieur. Puis, ils aperçurent Maître Taurentir, poussé de force à travers la Cour de la Fontaine.
« Laissez-moi retourner auprès du Roi! Je peux justifier mes actes!
-Par ordre de sa Majesté, nous vous bannissons du Palais et du Pays. Partez séant! »
On lui amena son cheval, auquel le chariot avait été re-attelé, puis le maître se vit obligé de partir, contri et blessé dans son orgueil.
Eldarion et Ounilam étaient très intrigués.
« Tu as entendu ce qu'ils ont dit? demanda Ounilam.
-Vaguement.
-Qui est cet homme?
-Heu... Je ... Je l'ignore...balbutia le Prince qui ne voulait pas révéler que c'était le confectionneur de son présent d'anniversaire.
-Crois-tu que c'est à cause de lui si Ada a crié comme ça? »
Eldarion était curieux autant que sa soeur, mais il devait suivre les ordres de son père à la lettre.
« Je ne sais pas du tout, mais... On saura bien assez tôt. Pour l'instant, tu dois rester au lit!
-Je n'ai plus besoin de reprendre des forces! Laisse-moi sortir da ma chambre!
-Jamais! Si tu es en pleine forme, comme tu le prétends, il va falloir que tu me passes sur le corps avant que tu puisses franchir cette porte!
-Grrr! Tu vas voir! »
Une bataille débuta. Une bataille amicale évidemment. Ils se chamaillèrent et se bombardèrent à coups d'oreillers jusqu'à ce qu'ils en oublient les raisons pour lesquelles cet affront avait commencé.
Au même moment, en salle du trône, la Reine se releva de son siège et observa son époux, bouleversée. Jamais Élessar ne s'était montré si colérique et furieux. Ce dernier restait immobile, les yeux dans le vide.
« Élessar, je ... Je ne vous reconnais pas... Pourquoi l'avoir banni ainsi? Vous qui l'estimiez tant...»
Le Roi sembla se calmer bien qu'il avait l'impression de ne pas avoir explosé suffisamment pour assouvir sa colère. Il tourna la tête vers son amante. Elle le regardait, craintive et appréhendant sa réaction. Élessar fut désarçonné; le visage apeuré de son amour fit éteindre le reste de cette fureur qui le consumait.
« Arwen... »
Il regrettait...
« Pardonnez-moi, je... »
Élessar s'affaissa sur son siège et porta une main à ses yeux, cachant son chagrin.
« Vous ne savez donc pas, Arwen? Ignorez-vous tout ce que représente cet infâme objet?
***
Voilà. Chapitre dixième terminé.
Alors, comme d'habitudes, voici les réponses aux reviews!
Merci à Alana Chantelune; ton appui continuel est toujours très apprécié. Tu es l'une de celles qui connaît vraiment l'oeuvre de Tolkien et je sais que tu veilles toujours à ce qu'on lui rende justice. À la moindre faille, tu nous remets sur les rails! C'est une chose que j'aime bien chez toi. Et si, au fil des chapitres, ma façon d'écrire a quelques lacunes, n'hésite pas à me le faire savoir. Néanmoins, j'espère que mon histoire continuera à te plaire jusqu'à la toute fin.
Merci à Clem; Eh oui, Ounilam commence à avoir des doutes sur son Passé... C'est loin d'être fini au contraire! Et la prochaine bataille n'aura lieue que lorsque Ounilam deviendra une femme.( l'histoire va faire un bond de dix ans en avant d'ici quelques chapitres. Vous avez toute une primeur, n'est-ce pas?hihi!) Quant à Legolas, il revient au prochain chapitre, promis!
Merci à Angeloflight; j'ai été hyper occupée ces temps-ci alors je n'ai pas pu aller faire un petit tour pour tenter de trouver ces fameux Royaumes Oubliés... Mais, ne t'inquiète pas. J'ai pris en note ta suggestion et je t'en reparlerai un de ces quatre! Merci encore de me soutenir!
Merci à Eryna Khan celle qui écrit plus vite que son ombre; bon... Comme tu as pu le constater, tes menaces ont été efficaces même pour Calacolindi! Et pour la Fusion, ben il faudra attendre encore un peu, NA! Changement de sujet : merci de tes commentaires sur Aragorn, mais... dans ce chapitre-ci tu as pu voir qu'il s'est comporté très différemment. Son calme légendaire s'est évanoui! T'inquiètes; s'il a perdu son sang froid, c'est qu'il y a une bonne raison...hihihi...
Merci à Ladindequichante; ben alors? Ça vient ce nouveau chapitre sur Beren et Luthien? Non mais...loll... Alors, comme ça, tu adores les cauchemars? Mmhh, alors tu risques d'aimer beaucoup le chapitre 11... J'en dis pas plus! Que je suis cruelle! Niark! Niark!
Merci à Aurora Darks; j'attends toujours ta première fic utilisant l'elfique moi! À moins que tu en ais déjà faite une et que je l'ai pas vu parce que je suis une pauvre taupe aveugle...Menfin, bref, merci de tes encouragements!
Merci à Miriel; mais non, t'es pas stupide. Il y a tellement de fics publiées en même temps que ça vient difficile de suivre le déroulement de chacune d'elle. Mais, merci tout de même de ton appréciation!
Merci à Laurence; wow!! Je crois qu'il y a deux explications possibles à la multiplicité de ton commentaire. 1- Tu as été tellement enthousiaste vis à vis le chapitre neuf que tu as bégayé ton commentaire jusqu'à cinq fois! 2- les caprices du Net ont entraîné un clonage de ton commentaire... Mmmhh, j'irais plus pour l'option deux! Loll! Mais merci à toi Laurence, je suis toujours touchée par tes commentaires, tu sais.
Merci à Siria; commentaire rapide et bien dit! loll. Alors, voilà, la suite y est... Malheureusement, pas aussi vite que tu l'aurais voulu. :S. Bon, le chapitre 10 est long. Ça compense, non? loll
Merci à Akuma; ne pleure pas trop! Leggy revient au prochain chapitre! ( Seigneur, mais qu'est-ce que vous lui trouvez toutes à ce lutin? Il est juste grand, mince, avec des oreilles pointues et des cheveux de filles! Et des yeux....des yeux.... sigh...des yeux.. rhaaaw... irrésistiblement craquants! Bon bon, ok, j'avoue! Je suis totalement obsédée par lui!)
Merci à Dana Angél; OUAH! « quand je lis , je me dit toujour quand jarrive en bas de la page :faite que sa continue ,faite que sa continue». Ton commentaire me va droit au coeur! Je ne sais pas vraiment où je puise mes idées non plus tu sais...loll... Je crois que ce qui m'inspire c'est un mélange de Tolkien et de toutes les autres fics du SdA plus imaginatives les unes que les autres. Par contre, de là à dire que ma fic est la meilleure...mmh, je reste sceptique!loll...mais ça me touche énormément que tu dises ça. Merci à toi...
Merci à Eleclya; j'espère que tu n'as pas trop attendu pour le dixième chapitre. J'ai essayé de faire vite, mais...vaux mieux attendre plus longtemps et avoir un bon chapitre plutôt que de pas attendre du tout et avoir un chapitre moins bien construit. Bref, merci de me supporter et j'espère que ce dernier chapitre t'a plu!
Merci à Kyarah; ben voilà, la suite y est! Merchi de ton appui, hihihihi. J'espère que ça te plais toujours autant!
