Yellow yellow bande de bananes sans nom ! Oui j'ai trois jours de retard honte à mooooooooi ! Je me suis retrouvée embarquée dans une sombre histoire d'endormissement vers 21h, et puis après la semaine à débuter, avec les cours tout ça tout ça...Bon bref désolé, pour la peine ce chapitre est un chouilla plus long que les autres ! Vous voyez comment je suis gentille et que je rattrape très bien les retards intempestfifs X)
Tout ça pour déposez ce cher chapitre 9 à vos pieds, en espérant qu'il vous plaise. On part sur un chapitre de la mauvaise foi, je préviens. N'hésitez pas, encore une fois, à mettre une petite review de rien du tout, c'est dure d'avancer si je n'ai pas votre opinion. Je vous souhaite bonne lecture !
Chapitre 9 : Pistonnage
« Y m'énerve lui, à peine arriver, déjà le petit chouchou…
- T'inquiète, y fera pas long feu avec une tête pareille.
- En attendant, t'as vu celle de Pie ?
- Ou ça une pie ?
- Nan mais la tête de Pie !
- Ou tu vois une tête de pie ?
- Mais c'est dégueu !
- Eh, c'est toi qui parles de tête de pie !
La dispute continua ainsi entre les deux adolescents, à moitié cachés par l'angle de la rue. Sur l'avenue grisâtre, la populace saluait le jeune prince qui traversait la rue tel un rayon de soleil. Aujourd'hui, il s'amusait à partager les chocolats de Pâques de sa grand-mère. En même temps, il avait interdiction de tous les manger d'un coup, ou même de les manger tout court, alors autant que ce soit les autres qui en profitent…En plus, il les échangeait contre des cigarettes rigolotes qui faisaient un drôle de fumée et qui sentaient bizarres. Mais bon, elles plaisaient beaucoup à tout le monde, alors ça pouvait pas faire de mal.
Il faisait souvent des ballades dans la ville maintenant. Il passait par les parcs tout verts, par les rues toutes noires, les avenues toutes propres et blanches, les plages près de la mer, et les docks sentant le poisson. Il ne se perdait plus si souvent dans les boyaux, il n'avait plus trop peur de ne pas retrouver son chemin comme le Petit Poucet. Il commençait même à se souvenir des gens auquel il devait prendre ou donner ses bonbons du Patron. Le monsieur avec une grosse moustache dans la cité doré lui faisait toujours des clins d'œil, le monsieur avec des cheveux blancs grognait toujours après la jeunesse, la jolie madame avec un truc super moulant sur les trucs mous qu'ont les filles le regardait toujours comme on regarde au travers d'une vitre. Le monsieur avec un œil tout rouge lui souriait jamais mais il était gentil, la madame vieille et super ridée n'avait plus de dents mais elle donnait toujours plus de bonbons, et Pie était le meilleur copain qu'il connaissait dans les rues grises. Il avait développé une super mémoire de super espion. Même qu'il pouvait retenir la tête et les noms des gens qui le regardaient pas bien, c'était le Patron qui lui avait appris ! Maintenant, il avait le super pouvoirs of-the-dead de repousser les méchants pas beaux. Ils s'éloignaient quand il passait sur la route, ils le fixaient avec les yeux tout brillants, sans doute parce qu'ils étaient secrètement impressionnés par son charic, charicse, charisi, bref sa super capacité trop cool-of-the-dead. Il était grand, il était fort, et rien ne pourrait jamais lui arriver. Enfin, à part trébucher sur les pavés disjoints de la rue, et s'étaler comme un crétin par terre.
« Ça fait super mal, geint en tenant un mouchoir sous son nez dégoulinant de rouge.
- Tu t'es pas loupé, ricana Pie, allumant une de ses indénombrables clopes de la journée. Bon, j'ai un nouveau paquet pour toi. J'crois que tu sais déjà ce qu'il y dedans nan ?
- Ouiii, sourit Sparadrap, en ouvrant son sac à la recherche de son goûter, remplacé dans un futur proche par le fameux « paquet ». Le Patron m'en a parlé !
- T'as parlé, au Patron, genre yeux dans les yeux ? s'éberlua le jeune trafiquant.
- Zyeux dans les zyeux, totalement ! assura fièrement le noob. Je l'avais jamais vu avant, il a pas du tout la tête que je pensais.
- L'a quelle tête du coup ? demanda prudemment le fumeur compulsif.
- La tête d'un monsieur pas gentil, fit Sparamoule après un temps de réflexion. Mais en vrai il est gentil.
- Gentil, hein, soupira Pie, estomaqué. Tu t'es jamais d'mandé, si c'était pas juste un enfoiré comme sa tronche le dit ?
- Mais pas du tooout, s'exaspéra le jeune innocent, levant les yeux au ciel avant d'enfourner sa barre chocolatée. Il est méchant à l'extérieur, et sympa à l'intérieur. C'est comme quand mamie dit qu'en surface je suis pas intelligent pas mais tout au fond de ma tête y quand même pleins de neurones !
- J'pense surtout qu'y des gens y sont mauvais partout, aussi bien mental que physique, rétorqua dans une grimace l'homme au nom d'oiseau.
- Y a que les tueurs de smourbiff qui sont comme ça, assura catégoriquement Kévin. Sinon, les gens sont juste bêta.
- Dans quel monde t'vis toi ? s'interrogea à haute voix le petit malfrat. Tu peux être méchant et stupide !
- Bah nan, fit avec le ton de la suffisance le geek. Méchant, ça rime avec intelligent. Si t'es bête, tu peux pas être méchant, c'est juste que tu sais pas.
- T'as pas besoin de savoir quoi que ce soit pour être méchant ! grogna Pie, fatigué de la naïveté confondante de son collègue. Si j'te vole, c'est « méchant » mais j'ai pas besoin de savoir des trucs pour le faire !
- Bah si, si on t'a jamais dit que voler c'est pas bien, bah t'es juste bête, pas méchant, s'obstina le noob, commençant à froncer les sourcils.
- Mais je sais que c'est pas bien triple débile ! s'emporta pour de bon son homologue. Qu'es ce que tu veux répondre à ça hein ?
- Que t'es débile, lança tranquillement le petit homme, essuyant ses doigts pleins de chocolat sur son jean.
- Mais t'es con, c'est pas possible d'être aussi con ! éructa le malfaiteur de bas étage, faisant les cent pas devant le petit escalier sur lequel Sparadrap était assis. Et le Patron, il est bête lui aussi peut-être ? Puisqu'il est si gentil, y doit pas avoir une seule lueur d'intelligence !
- Le Patron c'est mon ami alors il est forcément super intelligent ! rétorqua vertement Kévin, le front définitivement froncé en signe de renfrognement.
- Bah ça tombe bien, il est super méchant !
- C'est pas vrai ! s'écria aussitôt l'enfant colérique, se relevant rouge de colère pour faire face à Pie. Je t'interdis d'insulter mes amis !
- C'est pas ton ami, c'est juste le boss le plus flippant de l'univers qui t'utilise comme pigeon ! rugit à son tour le petit malfrat.
Deux secondes. Il était par terre, du sang dans la bouche et les yeux agrandis de surprise face à un Sparadrap vert de rage.
« Tu vas arrêter tout de suite de mal parler de mon meilleur ami ou sinon je te tape encore ! Et avec ma super force je vais te faire super mal alors maintenant tu réfléchis avant de parler, siffla le jeune homme, les jointures de ses mains blanchies.
Un silence suivi sa tirade. Un silence qui s'étendit au trottoir, à l'immeuble derrière eux, à la route morcelée, aux passants qui voyaient le sang couler de la bouche du chef de quartier. Lui-même ne savait que dire. Il venait de se heurter à un mur, littéralement et métaphoriquement : il lisait dans les yeux de son étrange collègue une lueur, celle de la fascination et de ferveur. Putain, il avait lu la même chose dans les yeux de sa sœur quand elle lui avait annoncé qu'elle partait faire une guerre sainte à la con dans un coin paumé chez des arabes. L'étincelle du fanatisme, comment…comment ça avait pu atterrir chez un type aussi innocent ? Mais qu'il était bête…Le boss, toujours le boss. Il avait réussi a ensorcelé le gamin, qui lui-même était capable d'ensorcelé son monde ils faisaient la paire tout les deux, un duo maléfique et terrifiant par son improbabilité.
« Le sac, avec le matos, fit laconiquement Pie. Dans la poubelle à droite.
- Ah, euh, d'accord, balbutia en retour Sparamoule, sa tension nerveuse redescendant d'un cran.
Il attrapa le paquet enveloppé dans du papier bulle et fila, laissant son compagnon le malfaiteur assis par terre, essuyant les filets pourpres qui s'étaient échappés de la commissure de ses lèvres. Ses yeux étaient dans le vague, terrifiés par la perspective d'un avenir où ses deux figures seraient maîtres dans le crime organisé. Le Patron était en train de créer un monstre, et putain ils allaient tous en faire les frais.
Sur les plages de Menelys, Arthéon soupirait. Il voyait Gaea et Omega Zell faire un concours de celui-qui-nage-le-plus-vite dans la mer, et tous les joueurs solitaires évitaient soigneusement la zone où ses deux là s'affrontaient. Gaea avait tendance à se saisir de joueur lambda comme bouclier humain et Zell n'avait aucune notion des dommages collatéraux qu'il pouvait causer. Ah, et au comble de la catastrophe, il y aurait du avoir Sparadrap courant à la poursuite d'un smourbiff légendaire, proposant à tout le monde de rejoindre leur guilde. Malheureusement ( ou heureusement, Arthéon ne savait plus trop), ils leur manquaient leur healer pour que le tableau soit complet. Cela faisait plus d'une heure que le chef de guilde lui avait un message pour reprendre la quête inachevée qu'ils avaient commencée il y a quelques semaines de ça. Bon, il avait déjà du s'y reprendre à deux fois à cause du petit Sparadrap, mais c'était leur seul prêtre qu'ils pourraient jamais se dégotter avec toutes les casseroles qu'ils se trimballaient. Voila qu'aujourd'hui, en plus, leur adorable boulet ré-apparaissait de moins en moins sur Olydri ! C'était pas comme ça qu'ils allaient atteindre le niveau cent…
« Des problèmes mon cher Arthéon ?
- Putain Tenshi vous m'avez fait peur ! s'écria d'une voix très féminine le joueur déchu, son avatar partant dans tous les sens.
- Vous vous effrayez vraiment pour un rien, tous, ricana le pirate, je ne vais pas vous manger…
- Arrière démon, je refuse de perdre un autre avatar par la faute de ta stupide quête contre les mmorpg !
- Ta paranoïa me blesse, mais mon but est de te faire quitter le jeu de ta propre volonté, rappelle-toi, susurra l'homme aux lunettes noires. Je ne toucherai pas à un cheveu de ton avatar en revanche, je peux rendre ta vie in game insupportable.
- Tu ne nous vaincras jamais ! rétorqua fièrement le barbu, la main suspendu au dessus de la touche qui commanderais une attaque meurtrière sur le maître des pirates
- Oh je t'en prie, comme si une attaque aussi basique que la tienne pouvait atteindre mon cheval de bataille qu'est cet avatar, sourit avec condescendance Tenshirock, regardant son interlocuteur par-dessus ses lunettes. Range tes meurtrières intentions à mon égard, je ne suis pas venue pour te nuire.
- Bah se serait bien la première fois que tu te montrerais pour ne pas chercher à détruire Olydri, grogna le chef de la guilde Noob. Qu'es ce que tu veux ?
- Vois-tu mon cher Arthéon, je m'inquiète de votre charmante communauté que constitue votre…guilde, expliqua avec emphase la bête noire des joueurs.
- Comment ça ? En quoi ça te concerne d'abord ?
- Mon plan pour détruire Olydri repose en partie sur la partie Noob Power, qui est remplie au deux tiers pas votre seule présence en tant que joueurs actifs sur le serveur, expliqua doucement le croisé contre les jeux en ligne.
- Je te remercie, ça fait toujours plaisir qu'on me rappelle combien le karma est un élément puissant dans ma sphère personnel, soupira le tricheur repenti. Comme tu peux le voir, nous remplissons parfaitement notre rôle, ajouta-t-il en désignant le combat dégénérant entre l'arnaqueuse et le macho.
- Mais il manque un élément, et bien, fondamentale pour mettre en branle votre formidable aura de destruction, remarqua le criminel informatique. Ou est donc votre healer, le chef d'orchestre de l'opération Noob power en bref, où est Sparadrap ?
- Il ne s'est pas montré aux rendez-vous depuis au moins dix jours, même avec trois heures de retard, indiqua le joueur, préoccupé lui aussi. Il s'est connecté au serveur plusieurs fois, mais impossible de lui mettre la main dessus.
- Etrange…Ne considère-t-il pas que vous êtes ses « amis » et que par conséquent jouer avec vous est une priorité de sa misérable existence de joueur ? demanda avec acidité le pirate.
- Oh arrêtes de le juger, il s'amuse, c'est un fait que tu ne peux pas comprendre ! ronchonna Arthéon, levant les yeux au ciel derrière son écran. Et oui, on peut vraiment se faire des amis sur les jeux en ligne contrairement à ton opinion de vieux réactionnaire.
- Je te signale que ton opinion à toi est biaisée par ton évidente addiction au virtuel, mais ne t'inquiète pas, je finirai par te délivrer de l'emprise maléfique d'Olydri ! rétorqua vertement l'ancien numéro trois du jeu. Quoi qu'il en soit, cela ne répond pas à ma question…
- Crois-moi, j'aimerai beaucoup savoir où il peut bien traîner en ce moment, se calma le chef de guilde. Ça a beau être un vrai noob, sa persévérance porte tout le groupe.
- Ton abnégation est également admirable, pour pouvoir supporter tout ce petit monde, grimaça Tenshi, fixant soudain l'explosion qui venait de secouer toute la plage, et les deux avatars qui retombaient mollement sur le sable, épuisés. Je te souhaite bien du courage mon cher Arthéon.
- Eh, le pirate ! interpella le guerrier avant que son interlocuteur ne disparaisse en une ligne de code. Tu me préviens si tu vois Sparadrap réapparaître sur le serveur ?
- Si ça peut te faire plaisir, sourit l'homme aux lunettes noires, avant de s'évaporer en un million de pixels.
Voila que Tenshirock se demandait aussi où pouvait bien avoir disparu la mascotte de tous les noob de l'univers. Il devait se trouver dans quelque coin obscur pour le stalkeur le plus intrusif qui soit ignore ce qu'il pouvait bien faire. Sans doute quelque chose de futile d'ailleurs.
Un beau jardin, couvert de pétales des fleurs blanches et roses des cerisiers. Ils avaient fleuri deux fois en un mois, et avaient continué à fleurir malgré le retour impromptu de la neige au milieu de ce même mois. Sparadrap trouvait cet endroit magnifique : derrière chaque arbre, on avait disposé dans la verdure chatoyante des pierres taillées, finement ciselées pour ressembler à des lapins, des hérissons, des serpents ou des oursons roulés en boule. Il s'amusait à toutes les répertoriés, s'accroupissant régulièrement pour observer sous toutes les coutures ses petites merveilles. Derrière lui, une terrasse toute de verre vêtu, avec à l'intérieur une dame elle toute de blanc vêtu. Un homme en costard, aux coutures craquantes, comptait méthodiquement toutes les pièces que le sac du gamin contenait. Des outils de chimie pour la plupart, que surveillait d'un œil madame la Baronne, tandis que de l'autre elle observait le charmant livreur livré avec le reste. D'ici deux ou trois aller-retour, leur laboratoire privé allait ouvrir ses portes, grâce à un gosse. Elle sourit : quel associé formidable leur petite entreprise c'était dégottée.
