Blabla du 09/10/09 :Me revoila après quelques 10 jours. Le chapitre était écrit, mais j'attendais de prendre de l'avance... Que dire, si ce n'est que ce chapitre n'est pas tip-top, mais qu'il faudra s'en contenter ! Encore une fois, merci à mes fidèles Camille13 , Victoria Boubouille , Etoile de Neige , Selene Appia , Bergère et Ashkelm, ça fait longtemps que vous m'encouragez, et vous êtes toujours là, merci infiniment (je vous aime !!!) . Et sinon, autre nouvelle, j'ai refait le prologue du Tome 1, et comme je l'aime bien, je vous le mets ici :
"Je ne pleurerai plus les morts, prisonniers de leur sommeil éternel. Depuis longtemps, j'ai cessé de m'apitoyer sur ces tristes oubliés, ces lâches ou ces héros, qu'on aimait, qu'on détestait, et dont on ne se souvient plus.
Lorsque j'aurai disparu à mon tour, lorsque je les aurai rejoint, il ne restera plus rien témoignant de leur courte vie, si courte qu'ils n'appartiendront même plus au passé. Leurs noms sont déjà à moitié effacés sur les tombes.
Cela fait bien longtemps que je n'ai plus de larmes à verser sur le compte de ces personnes qui furent chères à mon cœur ; bourreaux les uns des autres, victimes de l'époque, emportés par le sort qui se voulait implacable en ce temps là…
En moi, la vie ne tient plus qu'à un fil, et j'entends les voix du passé me supplier : « conte notre histoire, disent-elles, elle mérite de rester dans les mémoires. » Peut-être est-ce aussi la culpabilité qui me ronge, celle d'avoir été épargnée, d'avoir eu le droit de vivre, tandis que les autres n'ont pas vu leur vingtième printemps. Mais je ne me lamenterai pas sur le passé, et sur ce qui aurait pu être ; mon chemin a été différent, et l'injustice a voulu que je sois seule avec le poids de mes amis oubliés.
Je prends donc ma plume gorgée d'amertume, cela adoucira peut-être ma retraite dans cette petite maison d'écosse. Mes écrits m'apporteront peut-être la paix, qui, de toute ma vie, m'a été refusée. Je me suis toujours demandé : peut-on penser avoir gagné une guerre lorsqu'on y a tout perdu sauf la victoire ? Je vais donc écrire. Pour moi, pour ceux qui me suivront, et pour ces voix qui implorent qu'on ne les oublie pas…"
QUIDDITCH AU FEMININ 2
Le soir, nous nous retrouvâmes dans la salle commune, Astrée, Cerena, Dolly, les Jumelles et moi. A nos mines dépitées, je sentis que le compte rendu de la journée n'allait pas être joyeux. Ce fut moi qui commençai. Je leur décrivis tout, chaque propos tenu par les élèves, et chacune de nos réponses. Kimie ricana à la fin :
― Tu lui as quand même envoyé un bon truc dans les dents, à cette Serdaigle.
Puis Dolly entama son récit :
― D'abord, j'étais dans le cours de Slugorh qui n'était pas très emballé pour me laisser faire mon discours. Il ne m'apprécie pas des masses, je crois. En plus, la classe a commencé à râler que nous perdions du temps pour faire nos potions.
― Les lèche-bottes, commenta Josie avec aigreur.
― Et puis, ils n'ont pas laissé le débat s'installer, en me coupant aussitôt. Ils ont décrété que, puisque les Premières années n'ont pas le droit de jouer au Quidditch, notre club ne les intéressait pas.
― Ta classe était avec celle des Serpentards ?
Elle acquiesça, et Josie haussa un sourcil en ricanant :
― Courageuse petite.
― Et vous deux, demandai-je aux Jumelles.
Elles se concertèrent du regard, et Josie lâcha :
― Nous, on a eu droit au grand jeu…
― C'est-à-dire à la soirée de retenue avec Cleveland, compléta l'autre.
J'émis une petite exclamation de surprise.
― Ah ça, on en a eu, nous, du débat… Tellement qu'à la fin, on en a eu marre et on a préféré se rabattre sur les maléfices, pour faire taire les « indécrottables » comme dirait Minnie.
― Vous vous rendez compte que vous décrédibilisez le club, souffla Astrée, une étincelle de colère dans les yeux. Déjà que les ripostes de Minerva étaient déplacées, user de maléfices pour prôner la cause féminine, c'est stupide.
Le visage jovial de Kimie s'assombrit, et elle lança :
― Ecoute, Astrée, nous la verve et l'éloquence, ce n'est pas notre truc. Josie et moi on n'a que les sortilèges pour parer les attaques, et crois-moi, ils ont prouvé notre supériorité féminine aujourd'hui…
― Je crois que vous ne prenez pas assez le club au sérieux.
Josie plissa les yeux, et amorça un geste pour se lever. Elle allait partir, et rendre éphémère un club dans lequel j'avais placé des espoirs. Mais finalement, elle dit :
― Si. On prend le club très au sérieux, Kimie et moi, pour la simple et bonne raison que le Quidditch est notre passion. Et nous ne sommes pas là pour faire passer le temps et nous amuser, mais pour parvenir à entrer dans les équipes.
― Il faut nous excuser si nous nous enflammons pour un rien, poursuivit sa sœur, mais on n'a pas vraiment l'habitude de réfléchir avant d'agir.
Astrée eut un hochement de tête compréhensif, et toute chaleur retrouvée, elle s'excusa :
― Désolée. Les réactions des élèves m'ont mise à cran. Oublions ça.
Et les Jumelles reprirent leur récit :
― Au début, ce n'était déjà pas très encourageant ; des questions du même type que pour vous, avec peut-être un peu moins de fiel parce que dans la classe on est considérées comme les « grandes gueules » attitrées, et les autres n'aiment pas trop nous chercher des poux, en règle générale.
― Mais voila, premier problème : là, l'annonce du club n'entrait plus dans « la règle générale », comme si ils trouvaient que nous poussions les exigences un peu loin. Et le second problème c'est que nous ne sommes pas les seules « grandes gueules » de la classe. Il y a aussi…
― Artémis, devinai-je.
― Tout juste Auguste. D'habitude, ce n'est pas grave puisque nous sommes du même côté. Mais là, elle a commencé à avoir une réaction « d'indécrottable » et du coup, toute la classe s'est sentie encouragée qu'Artie prenne leur parti. Et ils n'ont plus hésité à balancer leur avis sur le club…
L'entrée d'un groupe dans la salle commune les interrompit. C'était essentiellement des filles, qui pépiaient bruyamment, toutes s'adressant à l'une d'entre elles au milieu, et dont je n'arrivais pas à deviner l'identité.
― Et du coup, chacun y allait de sa moquerie…
― Et Cleveland, il n'intervenait pas ?
― Oh, Cleveland… Il a fallu faire des pieds et des mains pour qu'il nous autorise ce « discours », alors il est parti du principe que : nous voulions avoir l'attention de la classe, alors c'était à nous de la gérer. Une vraie raclure.
Le groupe de fille jacassa de plus belle en s'approchant de nous, et je notai quelques regards noirs à notre attention. Mais la personne au milieu demeurait toujours dissimulée. Les Jumelles, qui ne manquaient pas la scène, eurent un sourire venimeux, et reprirent :
― Quand on a jugé que c'était intolérable, j'ai lancé un maléfice sur une personne prise un peu au hasard, pour faire taire tout le monde. Et comme Josie en relançait un par-dessus, je n'ai pas résisté à en jeter un dernier…
― C'étaient quels maléfices ? s'enquit Dolly avec avidité.
Il me sembla que la salle commune se taisait à mesure que les filles avançaient vers nous. Comme une tension dans l'air.
― D'abord, le sortilège de Bloclangue, histoire de faire taire notre cible.
― Et puis le fameux sortilège du « sourire édenté », qui fait tomber toutes les dents en quelques instants. Réparable facilement, heureusement pour notre cible.
Le groupe n'était plus qu'à quelques pas de nous, et cette fois-ci, ce n'était pas une illusion : le silence s'était fait aux alentours, dans l'attente de quelque chose, qui semblait devoir se passer là où nous étions.
― Et enfin, le merveilleux, le somptueux, le mystérieux maléfice de « l'emplumade »… De magnifiques plumes violettes qui prennent racine parmi les cheveux, et encadrent joliment le visage. Et, il faut bien le préciser, Pearl l'infirmière n'a pas de contre-maléfice direct à ça. Les plumes tombent au bout de quelques heures.
Soudain le groupe de filles s'écarta et je pus reconnaître au milieu le visage furieux d'Artémis, « joliment encadré de plumes violettes » qui retombaient avec panache parmi ses cheveux, et lui donnaient un vague air grotesque.
Je me tournai vers les Jumelles, qui affichèrent un sourire faussement penaud :
― Ah oui, et on a oublié de préciser : notre cible, c'était Artémis.
― « Choisie un peu au hasard », hein ?
Et nous rigolâmes toutes les six, bêtement, incontrôlablement, pour diverses raisons : pour les contrariétés de la journée, parce que « leur cible » l'avait plus ou moins cherché, et puis parce que, finalement, elle était drôle ainsi affublée de plumes ridicules.
Mais à peine nous eut-elle dépassée, mon amusement retomba comme un soufflet. Et les jours qui suivirent ne me réservèrent pas de cadeau, ni à moi, ni aux autres filles du club. Tout d'abord, même déplumée, Artémis afficha à notre égard un dédain proche de l'ignorance, et je me pris parfois à regretter de m'être moquée d'elle. Mais nous devions aussi, malgré le peu d'encouragement, continuer à répandre le message de notre club.
― Si nous arrêtons maintenant, ce sera fini définitivement, déclara fermement Astrée, un soir. Alors autant essayer jusqu'au bout, et tant pis si nous passons de mauvais quart d'heures, mais il reste de nombreuses classes à convaincre.
Pour minimiser, je dirais que « mauvais quarts d'heures » avait été plutôt optimiste. Nous ne fûmes pas vraiment huées, mais nous voyions bien que les réactions étaient hostiles. Les classes de Septième années dans lesquelles nous eûmes le droit de discourir nous considérèrent ouvertement comme des gamines capricieuses.
― Cela va faire sept ans que nous sommes à Poudlard, et je parle au nom de toutes mes camarades, avait clamé une Poufsouffle brune. Les filles n'ont jamais joué au Quidditch durant toutes nos années, et nous nous en sommes très bien portées. Je ne vois pas pourquoi, vous, la jeunesse Poudlarienne, voudriez changer Poudlard à peine arrivées.
De la condescendance, du mépris. Et les Jumelles et Dolly ne rencontrèrent pas davantage de succès. Je pense qu'avec une autre approche, certaines filles se seraient laissées tenter. Mais nous avions raté notre première manche, donnant au club la réputation de filles qui insultaient et lançaient des maléfices à ceux qui osaient donner leur avis. Nous n'étions pas huées dans Poudlard, mais personne ne voulait plus entendre parler du club.
Un soir, une nouvelle fois réunies dans la salle commune, il fallut nous rendre à l'évidence :
― Personne n'entrera dans le club, c'est définitif.
― Définitif jusqu'au premier match, précisa Astrée.
― Tu rêves.
― Pas tant que ça. D'accord, nous admettons que nous sommes juste toutes les six, d'accord c'est loin de ce que nous espérions, mais ce n'est que le début. Nous n'avons pas encore fait nos preuves.
― Tu penses sérieusement que nous allons tenter des filles, en paradant rouges de honte devant tout Poudlard qui hait déjà le club ? pleurnicha Dolly.
― Oui. Celles qui veulent se donner en spectacle verront que c'est ce que nous faisons et voudront elles aussi être sur le devant de la scène. Et puis, peut-être que si nous encourageons les Gryffondors et qu'ils gagnent, des filles voudront encourager leur équipe ?
J'objectai :
― Le club ne devrait pas être impartial ?
Ce fut l'une des Jumelle qui poussa un soupir :
― Bon sang, Minnie, on est toutes Gryffondors, pourquoi est-ce qu'on ne les encouragerait pas ?
― Et puis, ça pourrait donner envie à des filles d'encourager les leurs au prochain match, répéta Astrée.
― Vous croyez que Gryffondor a une chance contre Poufsouffle ?
Le coq-à-l'âne de Dolly nous dérouta quelques instants, avant que Josie n'éclate de rire :
― Une chance ? Tu te fiches de moi, j'espère ! On a Neil, l'attrapeur, qui pète la forme ces temps-ci, et tu oses demander si on n'a « qu'une » chance ?
Des élèves avaient entendu l'exclamation de la Jumelle ; ils lui adressèrent quelques sourires approbateurs qu'elle snoba ostensiblement, en précisant à notre attention :
― Et je ne dis pas ça pour faire la lèche. Contrairement à beaucoup de bécasses, je vois clairement ce que vaut Neil sur un balais : généralement pas grand-chose, mais quand il tient une pêche pareille, on peut être sûr qu'on les atomisera ces Poufsouffles !
― N'empêche, intervint Dolly avec véhémence, même si Neil ne fait pas des miracles, ce qui est certain c'est que Heinrich pourra marquer une dizaine de buts à lui tout seul…
― Une dizaine quand même pas. Tu ne serais pas en train de l'idolâtrer un petit peu, Doll ?
Elle se hâta de rétorquer, rougissante :
― Oh non, et puis je préfère Alaric…
Allons bon… J'allais être fiancée à un bourreau des cœurs, maintenant. Cependant je ne croyais pas totalement ce qu'elle venait d'affirmer : trop d'empressement, et pas assez de conviction. Des paroles censées contrer les hypothèses. Une pirouette que j'utilisais moi aussi…
Et avant que nous ne digressions davantage, je pris soin de recentrer le sujet :
― Que diriez-vous de trouver un nom à ce « club » ?
― C'est pas de cette manière qu'on changera ce que les gens en pensent, soupira une des jumelles.
― « Les Filles Révoltées », c'est bien, non ?
Nous nous tournâmes vers Josie, qui nous souriait, savourant sa proposition. Astrée enchaîna :
― Ou bien, « La Force du Sexe Faible »…
― Ca veut dire pareil, Hadie, riposta la jumelle. Sauf que t'as voulu faire un jeu de mot entre « fort » et « faible ».
Elles avaient pris l'habitude de raccourcir le nom Astrée Hadassa à un simple Hadie. Nous pouffâmes toutes et Astrée admit :
― D'accord, ce n'est pas l'idée du siècle. Peut-être quelque chose qui se rapproche plus du Quidditch, comme « La Balle est dans notre Camp »…
― Encore un jeu de mots, Hadie.
Elle eut un sourire d'excuse.
― C'est plus fort que moi. Sinon, il y a « l'Envol des filles » ?
Et à notre grande surprise, Cerena desserra les lèvres, et proposa timidement, en me regardant :
― Ou a-alors : le « Quidditch au Féminin »… On p-pourrait l'agébr… l'abréger en Q.A.F.
Ce n'était pas l'idée la plus séduisante, mais à ce niveau là, plusieurs facteurs entraient en compte : il s'agissait des premiers propos de Cerena depuis le début de notre « réunion », et il me brisait le cœur de devoir refuser ; la fatigue commençait à me tirailler, et je n'avais guère envie de continuer le débat des heures durant ; et puis, les autres filles regardaient Cerena avec une certaine approbation dans les yeux.
― Le Q.A.F… faire partie du Q.A.F… Réunion pour le Q.A.F… Le Q.A.F va faire son entrée sur le terrain… oui, ça sonne bien, apprécia Astrée en souriant chaleureusement.
Le « Quidditch au Féminin » était né, et les étoiles dansantes dans les yeux de Cerena me firent oublier tout scrupule à nommer notre club ainsi.
Je reconnais que le chapitre n'était pas le plus fabuleux de l'histoire, mais malheureusement il est nécessaire... Le suivant est écrit et je l'ai intitulé "Les joies de Minerva" titre tout à fait ironique. Peut-être que lorsque je l'aurais posté, vous verrez Dolly un tant soit peu différemment... Merci de me lire. Et au passage, j'ai édité sur mon profil les titres et résumés des Tomes suivants des Chroniques. Si ça vous intéresse, je vous les donne ici :
TOME I Première année : // TERMINEE // M. McGonagall, onze ans, sur le quai de la gare King's Cross. Elle ignore encore que le petit garçon, là-bas, s'appelle Tom Jedusor, que les filles n'ont pas le droit de jouer au Quidditch, et que son frère aîné est polygame. Mais elle se fond plutôt bien dans un Poudlard léger, et cette première année fonde les bases sur lesquelles elle évoluera par la suite.
TOME II Les Atouts : // EN COURS // M. McGonagall, douze ans, dans le Poudlard Express. Elle ignore que le petit garçon, là-bas, sera son binôme en cours, qu'un autre va lui donner son premier baiser, qu'on fête la St Valentin sans elle, et qu'un combat ça met du temps à se gagner. Mais à nouveau, c'est tout en légèreté que son année est retranscrite, sur le ton d'une McGonagall encore guère concernée par l'adolescence.
TOME III L'Oeil du Chat : // A VENIR // M. McGonagall, treize ans, à la cérémonie de répartition. Elle ignore que le demi-géant, là-bas sous le Choipeau, sera à Gryffondor, que certains professeurs s'intéresseront subitement à elle, que les hormones rendent déloyale, et qu'il n'y a guère besoin de morts pour annéantir une famille.
TOME IV Les Marionnettistes : // A VENIR // M. McGonagall, quatorze ans, dans son lit. Elle ignore que le jeune homme, là-bas, est gravement malade, qu'une série de lettres vont la mener par le bout du nez, qu'une amie ce n'est pas éternel, et que la cruauté de certaines personnes n'a pas de limites.
TOME V La Plume de la Folie : // A VENIR //
TOME VI Les Soldats de l'Ombre : // A VENIR //
TOME VII Le Temps des Souffrances : // A VENIR //
