CHAPITRE 10


Publié le : 3 décembre 2013

Merci à katoru87 qui n'a pas son pareil pour mettre le doigt sur ce qui ne va pas ! Cette fic gagne énormément grâce à toi, ainsi qu'à vous qui prenez la peine de m'écrire ce que vous aimez et aimez moins ! Merci donc à tout ceux qui prennent la peine de laisser un petit commentaire, chacun est grandement apprécié, croyez-moi ! Petit coucou à binomecat (ta petite touche de soleil a été grandement appréciée!) et à Yodabor (j'espère que tu aimeras la suite!) à qui je n'avais pas pu répondre.

Avertissement : Rating M ! (eh oui ! Tout vient à point à qui sait attendre ^^)

Note : « ragged man » est traduit par « homme débraillé », je crois, dans la VF de Doctor Who. C'est comme ça qu'Amy appelle le docteur quelques fois.


« Like a virgin
Touched for the very first time
Like a virgin
When your heart beats next to mine »

[Like a virgin - Madonna]


.

Il était très tôt, peut-être 3 ou 4 heures du matin. Ianto s'était réveillé en sursaut après un cauchemar particulièrement désagréable. Agité, absolument incapable de retrouver le sommeil, il s'était glissé hors du lit, sans réveiller Jack qui dormait paisiblement.

Il avait pris tout naturellement le chemin de la cuisine et s'était servi un simple verre de lait, conscient que ni le café ni encore moins l'alcool ne pourraient l'aider à retrouver son calme.

- Insomnie ? dit une voix derrière lui, le faisant violemment sursauter.

C'était Scott, le gardien de la maison.

- Désolé, je ne voulais pas vous faire peur. J'ai un sommeil très perturbé ces derniers temps, un petit tour par la cuisine n'aide pas beaucoup mais c'est toujours mieux que de rester étendu à compter les secondes...

Ianto approuva.

- Vous allez bien ? s'inquiéta l'homme en prenant place en face de lui. Vous êtes vraiment pâle.

- Je... Je viens de faire un rêve très déplaisant, avoua Ianto.

- J'espère que ce n'est pas dû à l'angoisse de dormir dans un lieu qui ne vous est pas familier.

- Je ne crois pas. J'ai aimé cet endroit dès que mes yeux se sont posés dessus, dit Ianto avec sincérité.

L'homme lui sourit.

Ils restèrent un moment silencieux.

- Vous êtes le premier vous savez, reprit soudain le vieil homme.

Ianto lui jeta un regard interrogateur.

- Le premier amant qu'il amène ici.

Ianto rougit furieusement.

- Il est souvent venu avec Toshiko et Owen, et aussi cette petite Gwen qui se pâme devant lui, sourit Scott. Mais ce sont comme des membres de sa famille. Vous êtes le premier qu'il nous présente comme son compagnon. Ma femme est folle de joie. Nous aimons Jack comme notre fils, vous savez. C'est un homme incroyablement bon.

- Je sais, affirma Ianto.

Ils échangèrent un sourire de connivence.

- Estelle ne conçoit pas qu'on puisse être heureux sans avoir quelqu'un pour partager sa vie, reprit le gardien. Elle se faisait un souci terrible pour Jack. Je crois qu'il aurait difficilement pu lui faire plus plaisir qu'en vous amenant ici. Je ne sais pas si vous comprenez ce que cet endroit représente pour lui. Ce n'est pas juste un lieu de vacances. C'est le seul lien qui lui reste avec son père.

- C'est sa maison, dit doucement Ianto. C'est comme ça qu'il en parle.

- Vous le comprenez alors, affirma Scott, qui parut très satisfait de cette constatation.

- Je m'y efforce.

L'autre homme lui adressa un sourire appréciateur.

Ianto se décida à lui poser la question qui lui trottait dans la tête depuis la veille :

- Ça ne vous gêne pas que je sois un homme ?

L'homme eut un petit sourire attendri.

- Mon garçon, vous pourriez être un alien à trois têtes, si Jack est heureux en votre présence nous serons les meilleurs amis du monde, vous et moi.

Ianto sourit, amusé par cette répartie.

- Jack a de la chance de vous avoir.

- C'est plutôt l'inverse, croyez-moi !

Cela dit, l'homme se leva et quitta Ianto en lui souhaitant une bonne nuit. Le jeune homme décida de retourner auprès de Jack qui dormait toujours profondément.

Ianto se glissa à ses côtés. Bien que toujours endormi, Jack sembla prendre conscience de sa présence et passa un bras autour de lui.

- Hum, Ianto... souffla-t-il.

- Je t'aime Jack, lui chuchota le jeune homme à l'oreille en se blottissant contre lui.

La main de Jack se glissa sous le tee-shirt que Ianto avait enfilé avant de descendre et remonta en une caresse jusqu'au haut de son dos.

Ianto frissonna agréablement.

o()o()o()o

La veille, ils avaient commencé par une visite en règle de toute la bâtisse, où comme chez Owen, chaque membre du groupe avait sa propre chambre, à part Suzie qui n'avait apparemment jamais mis les pieds dans la demeure. Toute une aile était réservée à l'usage exclusif du couple de gardiens. Quasiment extatique, Ianto avait contemplé la campagne écossaise qui s'étalait à perte de vue depuis la plus haute fenêtre d'une des tourelles.

Puis ils étaient sortis visiter le parc qui s'étendait sur des kilomètres derrière la maison. Jack n'avait pas menti : ce parc était un enchantement pour Ianto. Presque sauvage, il offrait un magnifique déluge de couleurs. Plusieurs variétés de fleurs poussaient joyeusement un peu partout, en un déluge de bleu, de blanc et jaune. Le tout mêlé au vert touffu des arbres et aux rouges des baies. C'était le paradis sur terre.

Après avoir laissé Ianto admirer l'endroit tout son soûl, Jack l'emmena jusqu'au village voisin. Il était principalement peuplé de personnes âgées. Il n'y avait que quelques petits commerces alimentaires et un pub. Tout le monde connaissait Jack, non pas en tant que chanteur célèbre, mais en tant que propriétaire du manoir, et donc quasi châtelain. On lui donnait du « Mr McInness » et on lui parlait avec un respect un peu obséquieux. Tous ceux qu'ils rencontrèrent dévisagèrent Ianto avec curiosité, mais Jack ne le présenta pas.

Sur le chemin du retour, il s'en expliqua de lui-même.

- Je pourrais te présenter comme mon compagnon si tu veux, mais ils s'en rendront bien vite compte seuls, et je préfère t'éviter les réactions scandalisées. Personne ici n'est aussi ouvert d'esprit que Scott et Estelle. Je crains que certains en soient même encore a assimiler homosexualité et pédophilie, c'est te dire... Mais on s'en fiche puisque leur avis n'a aucune importance. C'est juste que je ne veux pas leur donner une occasion de te manifester de l'hostilité. Surtout que tu n'es pas Ecossais, ce qui est, dans leurs têtes, bien plus impardonnable que d'être gay !

Ianto sourit.

- La prochaine fois, je parlerai gallois pour voir la tête qu'ils feront ! plaisanta-t-il.

Jack éclata de rire.

- Chiche ! Mais ne va pas te plaindre s'ils sortent les fourches !

Ianto rit à son tour.

- Dis-moi quelque chose en gallois, demanda Jack.

Ianto réfléchit un instant, puis dit :

- Rwy'n falch i fod gyda chi, Jack.

Jack sourit.

- C'est drôle comme ta voix change.

- La prononciation est totalement différente, reconnut Ianto. C'est une vraie galère au début.

- Tu n'as pas appris le gallois chez toi ?

- Non, sauf les jurons ! On nous l'apprend à l'école. Depuis pas mal d'années maintenant, il y a tout un mouvement qui veut remettre la culture galloise à l'honneur. Je suis sûre que Gwen parle gallois aussi.

- Elle ne s'en est jamais vanté. Redis-moi ta phrase de tout à l'heure.

Ianto s'exécuta.

- Ça pourrait aussi bien être du chinois pour moi, rit Jack. J'ai vécu au Pays-de-Galles pendant huit ans et c'est à peine si je sais dire trois phrases en gallois, j'ai vraiment honte ! Qu'est ce que ça veux dire ?

- « Je suis heureux d'être avec toi, Jack. »

Jack passa son bras autour de la taille de Ianto et l'embrassa sur la tempe.

Plus tard, Ianto s'était blotti contre Jack pour regarder un film dans le joli salon cosy du premier étage. Le premier étage était celui que Jack s'était réservé. Tout un côté était occupé par son immense chambre et les deux salles de bain attenantes. En face, il y avait une petite pièce qui lui servait uniquement de dressing. Il y entreposait les multiples exemplaires de son manteau bleu, ainsi qu'un nombre impressionnant de costumes en tout genre. Ianto n'avait encore jamais vu Jack en costume. Il s'habillait généralement d'une chemise et d'un pantalon à « bretelles de pépé » comme disait Owen. N'importe qui aurait eu l'air ridicule ainsi attifé. Lui était totalement classe. C'était inné apparemment.

Les deux autres pièces du côté gauche du couloir étaient un bureau dans lequel il régnait le même fouillis que dans sa chambre chez Owen et un salon dans lequel une télé grand écran et une collection de DVD côtoyaient un magnifique tourne-disque et un nombre impressionnant de disques dont les plus récents dataient des années 60.

Après avoir passé en revue la centaine de DVD que possédait Jack, Ianto avait arrêté son choix sur Shinning avec Jack Nicholson.

- A elle seule, la musique du début suffit à rendre ce film culte, affirma Jack.

Ils n'avaient pas regardé le film en entier. Vers le milieu de l'intrigue, un jeu de mains était venu détourner largement leur attention. Ç'avait commencé par des caresses apparemment innocentes sur le cou et les épaules de Ianto. Et puis, les lèvres de Jack étaient venues remplacer ses mains et Ianto en avait frissonné de tout son être. Sans trop savoir comment, il s'était retrouvé à califourchon sur Jack et chacun avait perdu son tee-shirt ou sa chemise au passage.

D'abord figé de timidité, Ianto avait été enhardi par l'attrait de la peau de Jack. Elle était étonnement douce. Il avait des poils mais ça ne le dérangeait pas du tout. Alors que le corps de Lisa lui donnait jadis un sentiment d'étrangeté et de malaise, celui de Jack avait quelque chose de familier et même de rassurant. Et Jack sentait vraiment bon. Ses mains qui parcouraient le torse et le visage de Ianto lui faisaient du bien. Il avait le sentiment d'être aimé, presque vénéré. Ses baisers étaient passionnés mais il arrivait à leur donner un petit côté joueur qui excluait tout sentiment de domination.

Soudainement, comme Ianto cherchait à se rapprocher encore plus de Jack, leur sexe s'étaient frôlés à travers leurs couches de vêtements, provoquant une véritable décharge électrique dans le corps de Ianto.

Il avait poussé un gémissement sans pouvoir se retenir.

Jack avait placé ses mains en coupe autour de son visage.

- Tu es tellement sensuel, Ianto, je te jure, tu vas me rendre dingue !

Ianto avait passé ses bras en dessous de ceux de Jack pour s'accrocher à ses épaules.

- J'aime ça, avait-il dit, presque étonné. J'aime vraiment.

Jack lui avait sourit.

- C'est bon, hein ?

- Un truc de fou !

- Et tu n'as encore rien vu ! avait affirmé Jack en riant.

Sa main droite était descendue lentement le long du torse de Ianto pour aller se perdre au niveau de son entrejambe.

Ianto avait sursauté un peu, au début, puis il avait dû se mordre les lèvres pour s'empêcher de gémir.

De son autre main, Jack lui avait ouvert les lèvres pour ensuite l'embrasser à pleine bouche. Sa langue était venue caresser celle de Ianto d'une manière incroyablement sensuelle. Ce baiser avait eu quelque chose de beaucoup plus approfondi que d'habitude, de beaucoup plus intime en quelque sorte. Ce n'était plus vraiment doux mais qu'importe, Ianto n'avait plus envie de douceur en cet instant.

Lorsque la bouche de Jack avait quitté la sienne pour descendre dans son cou, Ianto avait dû se mordre les lèvres jusqu'au sang pour ne pas laisser échapper un gémissement. Il ne se contrôlait plus et ç'avait quelque chose d'un peu terrifiant.

- Ne te retiens pas, avait dit Jack en continuant à le caresser à travers son jean. Tu sais combien c'est agréable de t'entendre gémir ?

- Vrai ? s'était étonné Ianto.

Il n'était plus capable d'aligner deux mots.

- Il n'y a rien de plus gratifiant que de savoir que je te fais du bien, avait murmuré Jack à son oreille.

Puis il s'était amusé à lui lécher le lobe de l'oreille.

- Hum ! Jack !

- Je sais, avait souri celui-ci.

Presque inconsciemment, Ianto s'était mis à bouger les hanches pour suivre les mouvements de la main de Jack.

Le jeune gallois avait soudain ouvert brutalement les yeux.

- Jack, il faut que tu arrêtes, j'ai l'impression que je vais...

- Pourquoi j'arrêterais, voyons ? avait demandé l'intéressé en se mettant à mordiller un des tétons de son amant.

- Oh putain, Jack !

Complètement hors de contrôle, Ianto avait joui dans l'étroitesse de son jean en renversant la tête en arrière.

Jack l'avait serré contre lui.

- Tout va bien, avait-il murmuré en le berçant doucement.

Ianto lui avait embrassé timidement l'épaule.

- Tu as aimé ? avait demandé Jack.

- Bon sang, oui ! Mais je...

Jack avait haussé un sourcil interrogateur pour l'inciter à poursuivre.

- J'ai... Enfin..., avait bredouillé Ianto en désignant piteusement son jean souillé.

- C'était le but de la manœuvre, tu sais !

- Mais, et toi, tu...

- Tu n'imagines même pas le plaisir que j'ai à t'avoir simplement torse nu contre moi. Viens, avait dit le chanteur en l'incitant à se lever.

D'un mouvement de télécommande, il avait éteint le lecteur de DVD et ils s'étaient retrouvés dans la chambre. Jack lui avait donné un pantalon de pyjama en coton noir.

- J'imagine que tu dois crever d'envie de te changer. Prend même une douche, si tu veux ! Je t'attends.

Quelques minutes plus tard, Ianto avait retrouvé Jack déjà couché. Il avait éteint la lumière du plafonnier mais allumé une lampe de chevet.

Ianto était resté torse nu, ce que Jack avait eut l'air de beaucoup apprécier. Ianto s'était allongé un peu gauchement et Jack s'était appuyé sur un bras pour pouvoir le regarder. La lumière de la lampe de chevet éclairait bien plus que la simple lueur de la télé, et le chanteur avait alors remarqué rapidement la large cicatrice que Ianto portait à l'épaule. La peau était boursouflée en un arrondi d'au moins dix centimètres sur son omoplate gauche et un trait fin en partait pour descendre vers son mamelon.

Jack avait passé doucement ses doigts sur la marque, comme s'il avait peur de lui faire mal. Puis il avait posé ses lèvres dessus avec la même douceur.

C'est de cette douceur dont se rappelait maintenant Ianto, plusieurs heures plus tard, alors qu'il était revenu se coucher près de Jack, et que celui-ci lui avait réservé un aussi bon accueil depuis les limbes du sommeil que s'il avait été éveillé.

- Ça va, Ianto ? dit soudain une voix ensommeillée.

- Oh Jack, je t'ai réveillé ? Désolé !

- Ce n'est rien. Tout va bien ?

- J'ai juste fait un mauvais rêve et je suis descendu me rafraîchir. Je viens de remonter.

- C'était au sujet de quoi ? Ton rêve ?

Avec lenteur, Ianto leva la main droite pour désigner l'emplacement de la cicatrice que Jack avait remarqué la veille.

-Je suis désolé, murmura Jack. J'ai fait remonter de mauvais souvenirs...

-Je ne sais pas, répondit Ianto. Tu as été si doux hier, mon cerveau a dû avoir du mal à assimiler ça avec… celui qui m'a fait ça.

Jack avait un tel air de perplexité douloureuse que Ianto trouva la force de poursuivre.

-Il m'a frappé avec une bouteille de vin, dit-il en évitant de regarder l'homme couché contre lui. A la troisième ou quatrième fois, elle m'a explosé dessus. J'ai eu des éclats de verre du crâne jusqu'aux pieds. Et il a continué de frapper...

Jack sursauta violemment comme si c'était lui qu'on venait de frapper.

- Bon sang ! s'exclama-t-il.

- C'est ma sœur qui m'a soigné, poursuivit Ianto. Elle a retiré les éclats à la pince à épiler, sans un mot. J'imagine que s'ils avaient eu la décence de m'emmener à l'hôpital, la cicatrice aurait été moins laide...

- C'était ton père, c'est ça ? réalisa Jack. Il te battait. C'est pour ça que tu es parti.

Ianto hocha lentement la tête.

- Combien de fois est-ce qu'il t'a blessé comme ça ?

- Je ne sais pas, reconnut Ianto. Cette marque est de loin la plus visible. Je crois qu'il a dû aussi me casser des côtes. C'était douloureux pendant des semaines.

- Oh Seigneur ! Bordel de merde ! jura Jack.

Ianto le vit serrer les poings si forts que ses jointures en devinrent blanches. Puis il prit une profonde inspiration, se forçant visiblement à se calmer et prit Ianto dans ses bras, le serrant comme s'il cherchait à le protéger après coup. Le Gallois lui voua une reconnaissance sans borne, à la fois pour son indignation et pour ses efforts manifestes pour la contenir et le réconforter avant tout.

- Merci de me l'avoir dit, souffla Jack.

- Personne... Personne n'a jamais su, avoua Ianto. Sauf ma sœur bien sûr.

- Est-ce qu'elle aussi... ?

Ianto secoua la tête.

- C'est compliqué, éluda-t-il. Ç'a été une époque noire. J'ai horreur d'y repenser.

- Je ne sais pas ce qui me retient d'aller foutre mon poing dans la figure de ce salaud ! grogna Jack.

- Ce n'est pas mon vrai père, lança Ianto à brûle-pourpoint.

Il avait envie que Jack le sache. Ce dernier lui caressa gentiment le dos.

- C'est pour ça le Jones à la place de Lewis ?

Ianto hocha la tête.

- Je voudrais que ce soit officiel. Je pourrais faire une action en contestation de paternité. Mais, à un moment ou à un autre, j'imagine qu'il faudrait que je me retrouve face à lui... Et je préfère encore garder son fichu nom de famille !

- Tu veux poser la question à notre avocat ? proposa Jack. Il est tenu par le secret professionnel, personne n'en saura rien. Et si ça se trouve, il te dira que tout peut se faire par avocat interposé. Si ça peut te soulager, même un iota, de changer de nom...

Ianto hocha la tête.

- Je vais y réfléchir. Désolé de t'avoir réveillé pour te raconter mes malheurs de gosse battu.

- Oh Ianto... Il y avait presque de la détresse de la voix de Jack. Je suis là pour toi ! Mon stupide sommeil n'a aucune importance face à ça !

o()o()o()o

Lorsque Ianto ouvrit les yeux plus tard dans la matinée, il faisait clair dans la chambre. Jack était toujours près de lui.

- Hello, ragged man !

Ianto eut un grand sourire.

- Helo, fy nghariad, répondit-il.

Jack l'embrassa sur le bout du nez.

- Tu sais que c'est incroyablement sexy de t'entendre parler gallois, dit-il d'un ton enjoué. Ça te donne un côté exotique.

Ianto sourit. Jack était aussi solaire que d'habitude et n'agissait pas différemment après ce qu'il lui avait avoué quelques heures plus tôt. Il en était infiniment soulagé. Il n'avait pas eu l'intention de lui en parler. Jamais. Les souffrances de son enfance étaient tellement plus douloureuses à affronter que le fantôme de Lisa... Il estimait que Jack devait savoir pour elle parce que ce passif expliquait en partie son extrême réserve dans l'intimité. L'histoire avec Lisa était terriblement humiliante mais il pouvait faire face. Celle avec son père, c'était tout autre chose. C'était d'interminables années de détresse et de solitude dont avait probablement découlé la fragilité dont il avait fait preuve face à Lisa. Il se sentait absolument incapable d'évoquer cela devant quiconque. Il n'arrivait même pas, mentalement, à mettre des mots dessus. C'était juste une période sur laquelle il avait été entendu un grand voile noir.

Et puis là, avec Jack, c'était sorti tout seul. Juste comme ça. Avant même qu'il n'ait eu le temps d'y réfléchir ou même vraiment de le décider. Il était reconnaissant à Jack de ne pas lui faire subir un interrogatoire. Il n'en avait pas la force.

Jack, comme pour tout le reste, le laissait venir à lui. Même s'il avait une lueur d'inquiétude et peut-être un soupçon de colère dans les yeux, il n'y avait pas une once de pitié.

Merci, se dit silencieusement Ianto.

- Lisa trouvait que ça faisait « homme des cavernes », lâcha-t-il pour rebondir sur la remarque de Jack à propos du gallois.

- Cette fille est une sacrée idiote. J'aime ta langue, c'est ta culture, une partie de toi. Qu'est ce que tu m'as dis ? demanda Jack d'une voix douce.

Ianto ressentit quelque chose dans son ventre. Une sorte de serrement à la fois étrange et agréable. Une drôle de chaleur. Ce n'était pas tant les paroles gentilles de Jack que son attitude. Ses yeux compréhensifs qui en disaient tellement plus que ses mots. Son sourire qui n'avait rien de forcé mais qui comportait juste un soupçon de mélancolie, comme pour dire : « Je sais. Je n'oublie pas mais je ne veux pas te brusquer ».

Merci. Je t'aime, pensa confusément Ianto.

- Juste : « Hello, mon amour », répondit-il en plantant ses yeux dans ceux de l'autre homme.

- Comment dit-on « Je t'aime » ? voulut savoir Jack.

- Rydw i'n dy garu di. Je trouve que c'est plutôt joli.

- C'est vrai, c'est beau, sourit Jack. Apprends-moi à le dire, tu veux ?

Ianto s'exécuta avec plaisir. Riant même gentiment de l'accent américain de Jack qui ressortait de manière amusante lorsqu'il essayait d'apprendre une langue étrangère.

Puis ils restèrent simplement étendus, savourant la présence de l'autre.

Ianto ne pensait plus à rien. Il se laissait juste flotter dans ce cocon réconfortant avec l'envie de rester là pour toujours...

- J'ai envie de te faire quelque chose, lança soudain Jack en se redressant. Rien de bien méchant, t'inquiète. Juste un massage. J'ai une huile de massage qui sent divinement bon. Qu'est ce que tu en dis ?

- Je veux bien, répondit timidement Ianto.

- Tu vas voir comme c'est agréable ! dit Jack en se levant.

Il revint avec une bouteille et une très grande serviette de toilette. Il repoussa les couverture au bout du lit et invita à Ianto à se coucher sur le ventre après avoir étendu la serviette sur le lit.

- Ferme les yeux, lui chuchota-t-il à l'oreille.

Ianto s'exécuta et entendit le léger bruit d'un bouchon qu'on dévisse et celui d'une bouteille en verre posée sur une surface en bois. Puis Jack s'installa sur ses cuisses sans y peser de tout son poids et commença à détendre lentement chacun de ses muscles de ses mains expertes.

Très vite, Ianto laissa échapper des soupirs de bien-être. C'était vrai que l'huile sentait bon, un mélange de fleurs et de mangue, agréablement exotique. Et les mains de Jack étaient douces et savaient appuyer exactement là où ça faisait du bien.

Il laissa échapper un « hum » de satisfaction lorsque Jack remonta jusqu'à ses épaules. Il ne s'était pas rendu compte qu'il était aussi tendu jusqu'à ce que son ami se mette à détendre ses muscles noués.

Ianto avait la délicieuse impression de ramollir.

Il en fit part à Jack qui rit.

- J'en conclus que tu aimes ça ?

- Énormément !

- Tu es tellement facile à satisfaire, dit Jack dont on sentait le sourire dans la voix, c'est un vrai plaisir de s'occuper de toi.

Il continua encore pendant un moment puis l'embrassa dans les cheveux en proposant :

- Devant ?

Ianto approuva et ce n'est que lorsqu'il amorça un geste pour se retourner qu'il s'aperçut qu'une certaine partie de son anatomie avait été plus que réactive au massage. Il était trop tard pour essayer de la cacher de toute façon, alors il se retourna quand même.

Jack afficha une grand sourire.

- Plutôt flatteur pour moi, tout ça, constata-t-il. Par contre, je vais éviter de me mettre à califourchon sur toi de ce côté-ci. Enfin du moins pour l'instant, ajouta-t-il avec un clin d'œil.

Ianto rougit et Jack éclata de rire.

- Tu es beau, tu sais, lui dit Jack alors qu'il lui massait doucement le torse, assis à côté de lui. Je pourrais te faire ça toute la journée.

Il embrassa son front, ses deux paupières closes et son nez.

- De quoi as-tu envie ? chuchota Jack.

- Et toi ? Ton tour, répondit Ianto du tac-au-tac.

Jack émit un petit soupir amusé, celui qu'on pousse en souriant et caressa le visage de Ianto de ses mains encore un peu huileuses.

- Tu veux vraiment le savoir ?

Ianto ouvrit les yeux et hocha vigoureusement la tête.

- Là, maintenant, j'avoue que je rêve de me retrouver sous la douche avec toi...

- Ça me dit bien.

- Tu es sûr ? Ce n'est pas...

- Trop tôt ? Non, je ne pense pas. Je trouve l'idée très excitante, c'est plutôt bon signe, non ?

- Très ! sourit Jack. Tu m'y rejoins ?

Ianto approuva d'un signe de tête.

L'eau se mit rapidement en marche dans l'une des salles de bain et Ianto bondit hors du lit, abandonnant pantalon et sous-vêtements en s'efforçant de ne pas y penser. L'idée de voir Jack nu faisait se tordre son ventre d'anticipation.

La cabine de douche était grande et Jack avait laissé les portes ouvertes, comme une invitation. Il lui sourit lorsque Ianto le rejoignit, vite trempé par l'eau chaude. Ce jet d'eau, associé aux restes de son précédent massage et aux caresses de Jack avait quelque chose d'étrangement apaisant. Et de très excitant à la fois.

Et Jack était beau. Ce n'était pas une surprise. Ianto l'avait déjà vu en sous-vêtements parce que Jack était incroyablement impudique. Mais là, ce n'était pas du tout pareil puisqu'il s'était en quelque sorte déshabillé pour lui et le regardait avec un sourire, les yeux pétillants.

Une main assurée descendit lentement vers son entrejambe, tandis que l'autre faisait des cercles dans son dos. Jack s'amusa à le taquiner un peu en caressant tout autour de son sexe sans toucher celui-ci. Ianto poussa un long grognement dans lequel ressortait un peu de frustration et Jack rit.

- Tu es impatient ?

Ianto le regarda dans les yeux, hésitant.

Jack sourit, prit la main gauche de Ianto et la plaça dans son propre dos. L'autre main resta agrippée à son épaule.

- N'aies pas peur, l'enjoignit Jack. Fais les choses comme tu le sens. Fais tout ce qui te passe par la tête.

Ianto hésita un instant puis se rapprocha de Jack pour venir se coller à lui.

- Ah, tu veux la jouer comme ça ! s'amusa Jack. Excellent.

Il plaqua ses deux mains sur les fesses de son amant et le pressa contre lui. Leur sexe entrèrent en contact et Ianto laissa échapper un « Wow ! ». Les sensations étaient dingues.

- Viens, dit Jack.

Il recula pour se retrouver coller contre la paroi de la douche, tout en gardant Ianto collé contre lui. Puis, en remontant les mains sur ses hanches, il l'incita à se frotter contre lui. Ianto comprit très vite le truc.

- Putain, ce que c'est bon ! gémit-il.

Le frottement délicieux, la chaleur qui se répandait dans tout son corps, la tête qui commençait à lui tourner, les mains de Jack sur lui, Jack qui bougeait en rythme contre lui et avec lui et surtout, le désir, ce désir puissant d'en avoir encore plus, d'être encore plus près de Jack et même de lui appartenir...

Il jouit en premier et Jack le rejoignit très vite en renversant sa tête en arrière dans un geste purement spontané qui le rendit absolument magnifique.

Ianto s'éloigna de quelques centimètres et Jack chercha son regard et lui planta un baiser sur les lèvres.

- C'était génial, soupira Ianto.

Jack sourit, prit un tube de gel douche, s'en versa une bonne rasade dans les mains et commença à savonner Ianto qui se laissa faire bien volontiers.

- Hum... soupira le plus vieux. Deux fantasmes réalisés en l'espace de quelques minutes, n'est-ce pas une merveilleuse journée qui s'annonce ?

- C'était un de tes fantasmes... le frotti-frotta ? demanda Ianto.

Jack rit à nouveau.

- Bien trouvée, l'expression ! Très imagée. Oui, ça et plein d'autres choses...

Il lui fit un clin d'œil.

- Je te suis aveuglement, affirma Ianto. Je n'avais jamais ressenti ça. Un plaisir de la sorte, c'était extraordinaire.

- C'est ça, faire l'amour. Tu saisis pourquoi je suis accro maintenant ? plaisanta Jack.

Ianto hocha la tête.

- Tu considères que ce qu'on vient de faire, c'était...

- Bien sûr, Ianto. L'amour ne se limite pas à la pénétration. On peut le faire de plein de manières différentes.

- Je ne concevais pas le sexe entre hommes sans devoir passer par la case douleur, au moins pour l'un des deux.

Jack ouvrit de grands yeux.

- Hé ! Tu es loin de la vérité, je te jure ! Ce n'est pas obligatoire d'y aller genre : " Je crache dessus et je te prends " comme dans la scène de la tente du Secret de Brokeback Mountain. Enfin, ça peut être comme ça, la preuve... Mais ce n'est vraiment pas de cette manière que je conçois les choses.

- Comment, alors ? demanda Ianto d'une toute petite voix.

Jack continua à le masser, bien qu'il ne restait presque plus de gel douche, tout en répondant :

- Eh bien, tout passe par la préparation. Il faut détendre au maximum celui qui va être pénétré. Par la situation, déjà. Avec une atmosphère adéquate et des caresses surtout. Et ensuite, il faut le préparer physiquement. Avec les doigts ou même la langue.

- Sérieux, la langue ?!

- Ouais. Un peu comme un cunnilingus. Ça doit avoir un nom dans le jargon.

- Mais c'est pas un peu... euh... non hygiénique ?

- La technique c'est de passer un petit coup de linguette en prévision, plaisanta Jack en riant. Je comprends que ça puisse te rebuter. J'avais la même réaction que toi jusqu'à ce qu'on me le fasse. Et en fait, c'est juste géant. Mais si ça te met mal à l'aise, tu ne dois surtout pas le faire et je ne te le ferai pas si tu n'es pas d'accord, évidemment. Pareil avec les doigts, si ça te gêne aussi.

Ianto eut un petit sourire.

- Quoi ? l'interrogea Jack.

- Oh, rien, répondit le Gallois. C'est juste que tu es pédagogue et je trouve ça mignon. Et sympa, vraiment sympa ! s'empressa-t-il d'ajouter.

Jack sourit à son tour.

- Pédagogue, hein ? Tu crois vraiment qu'on pourrait en attendre moins venant de Jack Harkness, dit je cite « tempête de séduction invétéré » ? dit-il en imitant des guillemets.

Ianto éclata de rire.

- « Tempête de séduction invétéré », ricana-t-il. J'ai rarement entendu une expression aussi débile ! Qui a inventé ça ?

Jack prit un air faussement vexé.

- Hé ! Je trouvais ça flatteur moi ! plaisanta-t-il.

- Sérieux ?

- Non, affirma Jack en redevenant sérieux. C'était le Sun encore une fois. Dans un article paru i ou 4 ans. Owen l'avait découpé et collé au-dessus de son lit. Il affirmait à qui voulait l'entendre qu'il le relisait tous les soirs avant d'aller se coucher, ce faux frère ! Rit-il. Ils n'ont vraiment pas le sens de la formule, ces paparazzis. Ou alors seulement celui de la formule débile comme tu dis.

Ianto sourit.

- Je ne sais pas si tu es une « tempête de séduction », reprit-il en haussant comiquement les sourcils, mais tu es un bon prof. J'aime tes entrées en matière, affirma-t-il avec un clin d'œil et j'ai hâte de passer à la suite !

- Oh, très bien, Mr Jones ! Quel plaisir d'avoir un élève aussi impliqué que vous !


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Alors, la semaine prochaine... Ianto et Jack poursuivent leurs vacances écossaises. Ils font une drôle de rencontre puis Ianto découvre une nouvelle facette d'un de ses nouveaux amis.

Je pensais à vous pendant que je révisais et à tous les trucs en rapport avec cette histoire que je voudrais partager avec vous. Du coup, j'ai créé une sorte de petite section sur mon profil avec plein de liens qui vous renvoient à des éléments évoqués au fil des chapitres. Ça va du poster de Ianto dans le chapitre 1 à une photo de Metallica pour que vous puissiez visualiser les membres dont je parlais dans le chapitre précédent. Pour cette semaine, je vous ai mis une vidéo du début de Shinning. J'imagine que tout le monde connaît ce film mais ne se souvient pas forcément de l'incroyable début et de cette drôle de musique qui m'a marquée à vie !

Il y a aussi des « bonus » pas directement en rapport avec l'histoire mais dont je voulais vous parler : deux photos postés sur twitter par John Barrowman et son mari Scott Gill. Je pense qu'elles vont vous plaire =) !

Mais ne partez pas tout de suite, bande de petits voyous ! Dites-moi ce que vous pensez de ce chapitre d'abord !

Je vous embrasse tous et à la semaine prochaine !