J'ai bien cru que celui-là ne serait pas dans les temps.
Chapitre Neuf
I Won't Tell Anyone That Your Voice Is My Favorite Sound*
Matt Smith prit peu à peu conscience des voix autour de lui. Pourquoi faisait-il si sombre ? Il plissa les yeux et réalisa que ceux-ci étaient fermés. Quand était-ce arrivé ? Il laissa lentement ses autres sens se mettre en place, et se rendit compte qu'il était étendu sur quelque chose de doux… son lit peut-être ? Mais cela n'avait aucun sens non plus. La dernière chose dont il se souvenait était ses mots croisés, et Amy qui lui disait qu'elle était… enceinte.
Il allait être père.
Ce qui était une idée terrifiante en elle-même, mais en même temps, il se sentait tellement… heureux. Qu'Amélia Jessica Pond soit enceinte de son enfant était quelque chose à laquelle il avait quelquefois pensé, mais maintenant que c'était devenu une réalité, c'était une sensation grisante. Il pouvait s'imaginer comment le corps d'Amy allait changer dans les prochains neuf mois, comment son ventre gonflerait afin d'accueillir confortablement leur enfant, mais encore plus important, comment chaque homme qu'ils rencontreraient pourraient voir qu'elle était prise à jamais.
Ces pensées le firent sourire, ce qui indiqua aux voix qu'il commençait à reprendre conscience.
« Matt ? Matt, tu m'entends ? » Il inclina la tête vers la voix d'Amy. « Ta voix est le plus beau son du monde, Amélia Pond. » Matt ouvrit les yeux. Le visage d'Amy remplissait son champ de vision, et un sourire ainsi qu'un léger rougissement décoraient ses traits. « Comment te sens-tu ? » Demanda-t-elle avec douceur, lissant avec légèreté ses cheveux noirs en arrière. « Confus. Qu'est-ce qui s'est passé ? » Amy ouvrit la bouche, mais fut prise de vitesse par Rory. « Tu t'es évanoui. T'es tombé comme une tonne de brique. » Matt se redressa d'un coup, ses traits déformés par l'horreur et l'indignation. « Je ne me suis PAS évanoui ! » Protesta-t-il. Il pouvait voir John et Chris se tenant également à côté de lui, leurs visages montrant clairement leur amusement. « Si, c'est vrai. » Dit John, mordant sa lèvre pour masquer son sourire. « Je ne me suis pas évanoui. Je souffrais juste de… narcolepsie. » Finit-il triomphalement.
Les joues de Rory se gonflèrent comme celles d'un hamster, un petit ricanement remontant du fond de sa gorge. John transforma son rire en une toux. Chris ne fit aucune tentative pour masquer ses émotions.
« Narcolepsie ? C'est le mieux que tu aies trouvé ? » Il se tourna vers Amy. « J'espère que le gosse héritera de ton intelligence. On dirait que le gène du doux génie s'arrête avec papa. » Rory et John éclatèrent de rire au commentaire de Chris, s'effondrant l'un sur l'autre. Matt lança un regard aussi furieux qu'il pouvait. Amy tourna la tête pour masquer son grand sourire avant de se retourner et de prendre la défense de son petit-ami. « Hey, ça suffit, soyez sympas. Il a eu un choc. »
« Exactement ! Pensez un peu aux sautes d'humeur que je vais devoir affronter maintenant. » Dit Matt. Il cligna des yeux devant l'expression d'Amy. « Incroyable à quel point une phrase peut sembler bonne dans sa tête… »
« Oh, je suis impatient de voir ce bébé. » Dit John en souriant, passant un bras autour des épaules d'Amy et la prenant dans ses bras. « Ça va être intéressant de voir à quel point il deviendra Écossais. »
« Oh, je me demande si le bébé aura un accent écossais lorsqu'il pleurera. » Réfléchi Matt avant de noter les regards qui avaient fait suite à sa déclaration. « Personne ne t'a jamais dit que tu étais un peu bizarre ? » Demanda Rory. « Il ne s'arrêtent jamais vraiment. » Admit Matt et Amy rit, puis l'enlaça.
« Alors, Amy est enceinte. »
Rose sourit au bout du fil à l'annonce joyeuse de John. « C'est génial. De ce que tu m'en as dit, elle fera une super maman. »
« Ouais, c'est certain. Ce gamin va avoir une éducation intéressante, remarque. Entre Amy et Matt… ça ne sera pas ennuyeux. »
« Eh bien, sois sûr de lui transmettre mes félicitations. » Lui rappela Rose, s'installant contre sa tête de lit.
« Où es-tu ? »
« Dans ma chambre. » Lui dit-elle en prenant une position plus confortable.
« Oh, eh bien dans ce cas, nous avons certainement bien d'autres choses intéressante à dire que de parler d'Amy. » Ronronna-t-il et elle ne pu s'empêcher de rougir.
« Restons hors du vulgaires deux minutes, Docteur. » Elle utilisa son surnom afin de le ramener dans le présent. « Quand penses-tu que vous aurez terminé le projet ? »
« À la vitesse où ça va, dans pas plus de trois mois. » Répondit-il avec assurance.
« Ok, très bien. »
« En quoi est-ce 'très bien' ? »
« Donna et moi avons pensé à organiser une réception surprise pour Jack et Gwen. Tu sais, pour célébrer leur mariage. »
« Ça me semble être une bonne idée. »
« On aimerait beaucoup que tu sois là. »
« Vraiment ? »
« D'accord, j'aimerais beaucoup que tu sois là. Je pense seulement que cela représenterait beaucoup pour Jack, que son meilleur ami soit présent. » Admit-elle.
« Très bien, Rose. Je serais là, tu peux compter dessus. »
Un silence s'installa, mais cela avait cessé d'être un silence inconfortable il y a bien longtemps. En fait, elle appréciait les moments où ils ne parlaient pas beaucoup, car elle aimait l'entendre juste respirer. Cela lui rappelait ces nuits où elle avait l'habitude de le regarder dormir, de l'écouter souffler doucement dans son oreille, son corps chaud reposant contre le sien confortablement et de manière protectrice. Cela lui manquait presque autant que ses baisers.
« Je dois y aller, mon boss me regarde. Je te rappelle plus tard, d'accord ? »
« Bien sûr. À plus tard, John. »
« À plus tard, Rose. » Elle raccrocha et posa sa tête sur ses genoux, souriante.
Elle avait hâte d'être dans trois semaines.
Il détestait cette sensation. D'être comme le mari blessé. Comme s'il s'était fait trompé. Ce n'était pas lui. Ça n'avait jamais été le cas, et ne le serait jamais.
Et pourtant, il était là… à fixer méchamment John Smith alors qu'il flirtait avec Rose au téléphone, arpentant nonchalamment le couloir, une main dans sa poche, et un sourire permanent sur son visage. Chris voulait lui casser les dents. Il voulait se diriger vers lui, lui arracher le téléphone des mains et le piétiner. Il voulait lui demander ce qu'il avait que Chris n'avait pas. Il voulait savoir ce qui était tellement spécial à propos de John pour que Rose soit toujours amoureuse de lui, et par conséquent, qu'il l'empêche d'avoir une chance de la courtiser ; de la séduire. De l'aimer et lui offrir le monde.
Il renifla et secoua la tête. Bon sang, écoutez-le ! C'était exactement la raison pour laquelle il ne voulait jamais rejoindre le monde des célibataires en quête de partenaire à nouveau. Non pas pour une question de respect envers sa femme décédée… mais parce qu'il craignait d'être mauvais, ou du moins, de ne pas se rappeler de la manière correcte de le faire.
Il n'avait jamais imaginé qu'il croiserait la route de Rose Tyler. 6 000 400 026 personnes dans le monde. C'est un nombre à battre. Et, d'une manière ou d'une autre, dans ces 6 000 400 026 personnes dans le monde, il avait dû trouver Rose Tyler. Quelles étaient les chances ? Et pour remuer le couteau dans la plaie, elle était amoureuse de John Smith.
Chris ne réalisa pas qu'il regardait toujours intensément John jusqu'à ce qu'il entende le jeune docteur dire à Rose qu'il devait y aller car Chris le regardait. Il observa John raccrocher et le dépasser, ce satané sourire gravé sur le visage. Chris le regarda avec mépris avant de tourner les talons et de se diriger vers son bureau, claquant la porte derrière lui.
C'était ridicule ! Il avait passé des années à apprécier le silence et la solitude qu'était devenue sa vie. Passé des années à se donner à son travail. Passé des années à se sentir à l'aise avec la personne qu'il était devenu. Tout cela ébranlé à cause d'une fille.
Une fille qui avait d'une quelconque manière réussi à le guérir en seulement cinq jours. Une fille qui avait réussi à lui faire ressentir des choses qu'il n'avait jamais ressenties, en seulement cinq jours. Une fille, qui en seulement cinq jours… l'avait fait tombé amoureux.
Fantastique. Tout simplement… fantastique.
*Chanson « Parachute » d'Ingrid Michaelson
Traduction : Je Ne Dirai À Personne Que Ta Voix Est Mon Son Préféré
