Auteur : Hinatou-chan, bien évidemment =) et non, malgré de nombreuses menaces, je ne suis pas encore morte ! XD Tout ça parce que vous attendez la suite… je n'ose pas imaginer ce qui m'arrivera quand vous aurez lu la fin xp
Disclaimer : Au bout de 10 chapitres, c'est encore obligatoire ? Oui ? Bon… ok… Naruto & cie appartiennent à Masashi Kishimoto-sama, de même que l'univers. Je précise que Tsubasa sensei et Ayumu-chan sont par contre le fruit de mon imagination !
Notes : Et bien, c'était un chapitre très difficile à écrire, surtout vers la fin… je ne garantis pas que ça soit super, mais j'ai fait de mon mieux. Visiblement, le romantisme est l'une des choses qui me donne le plus de fil à retordre. Je ne suis pas sûre d'arriver par la suite à tout boucler en un chapitre… snif…
10e choix : Amour ou colère ?
L'homme est un être qui par nature est imparfait. Il lui arrive donc que des choses qui ne lui plaisent pas, mais alors vraiment pas, n'arrivent. Dans un premier cas, la colère s'exprime puis quitte le corps de la personne comme elle y est entrée. Malheureusement, pour certains, la difficulté est toute autre. La colère ne quitte jamais leur esprit. En apparence, ce genre de gens semble calme, plutôt réservé mais jamais asocial. Que se passe-t-il alors en eux ? La colère, la haine et la frustration demeurent dans un coin du cœur, discrets comme des pétales de rose, jusqu'au jour où celui-ci éclate. Voyez cela comme un ballon. Plus on le remplit d'air et plus il gonfle pour finalement, si trop d'air est emmagasiné, se transformer en lambeaux. Il ne faut donc jamais pousser à bout ce genre de personnes, au risque de finir par le regretter. Je faisais partie de cette catégorie précise à ce moment-là, vous avez dû vous en apercevoir. Pourquoi donc cachais-je ma colère ? Par pure lâcheté. J'avais si peur de faire du mal aux autres que je n'osais tout simplement jamais dire ce que j'avais réellement sur le cœur. Je m'aperçus bien plus tard que c'était une grave erreur mais à cette époque, ma peur de vexer ou blesser les gens était la plus forte. À chaque insulte, chaque moquerie, injustice, rabaissement, remarque blessante et j'en passe qui m'arrivaient, mon cœur peu à peu se fermait, inconscient du danger couru -celui de devenir néant.
C'est peut-être bien pour cela que je ne peux pas en vouloir à Tsubasa sensei.
La seule et unique personne ayant réussi à me faire sortir de mes gonds au point de balancer une chaise au-dessus de sa tête n'a jamais été une autre que lui. Auparavant, personne n'avait été capable de se montrer suffisamment cruel avec moi -et dieu sait comme j'avais souffert!- pour écoper de ma colère. Et lui m'avait pardonné instantanément ma rage. Je souhaite à chaque être dans ma condition d'un jour trouver une personne suffisamment bonne pour lui pardonner d'avance cette crise qui arrive toujours, car seul l'univers est assez vaste pour contenir toute la rage du monde sans éclater.
Je ne m'en aperçus que bien plus tard mais Tsubasa sensei avait été pour moi la bonté même. Mon cœur saigné à vif avait retrouvé de son panache après ma crise, bien qu'amoché. En me dirigeant vers la prison de Konoha, j'y songeai avec un calme que je ne me connaissais pas, bien qu'étant d'un naturel plutôt sage. Les yeux perdus sur le bâtiment grisâtre, je restai un moment sans plus m'approcher. La colère avait eu raison de Tenten et de mon cousin. J'allais devoir affronter à présent la dure réalité sans sourciller.
Je poussai la porte et me présentai. On me conduisit directement à la cellule de Neji. Déglutissant avec peine, je me risquai à le regarder et eus un hoquet de stupeur. Bien qu'amaigri et légèrement vouté, je voyais dans son regard, dans sa posture, quelque chose d'étrangement digne. Comme si la paix régnait autour de lui, l'entourant de son halo protecteur. Des rayons de lune éclairaient ses cheveux dépeignés dans l'obscurité du crépuscule et j'avais l'impression d'apercevoir des ailes d'ange s'échapper de son dos. Je restai en arrêt jusqu'à ce qu'il tourne la tête vers moi. Je vis à peine le gardien partir tant ses yeux me happaient toute entière. Pendant des minutes entières, nous restâmes à nous redécouvrir comme si nous ne nous étions pas vus depuis un siècle.
« Neji nee-san… »
Je ravalai les larmes qui me montaient aux yeux et chassai de mon esprit mes pensées malheureuses.
« Pou… Pourquoi préférer une couleur parmi tant d'autres ? Chacune d'entre elles est pourtant magnifique. Moi je suis incapable de choisir… Tous sont importants. Une seule couleur serait fade s'il n'y avait pas les autres pour l'embellir. Il en va de même pour les hommes, je pense. Une femme ne serait pas belle s'il n'y avait les autres pour la mettre en valeur. Un homme ne brillerait pas sans le soleil et un enfant ne serait pas mignon sans sa mère. Ne le crois-tu p…
- Ça va comme ça, Hinata. »
Je m'interrompis, interdite. S'était-il donc souvenu ? J'avais ressassé dans mon esprit pendant tout le chemin les paroles que nous avions échangées ce jour-là et n'avais guère trouvé que celles-là pour lui faire comprendre ce que je voulais qu'il sache. Ses grands yeux blancs me fixèrent, plissés en signe de réflexion. J'aurais pu me perdre dedans tant ils me semblaient profonds. J'attendis en silence qu'il me dise quelque chose. Après un temps qui me parut durer une éternité, il sembla se détendre et apparut sur son visage toujours sévère une once de douceur.
« Tu sais quoi, Hinata ? J'ai changé d'avis du tout au tout à ton sujet. Naruto avait entièrement raison, on est maître de son destin. »
Que voulait-il dire par là ? Je me mordis la lèvre, sentant la petite croûte qu'avait laissée la visite chez Tsubasa sensei sous mes dents. Ses lèvres amincies s'étirèrent en un petit sourire.
« Sans toi, je serais sûrement devenu un monstre. Tu n'es pas la digne représentante du clan Hyûga. Sais-tu pourquoi ? Car celui-ci est plus dur que n'importe qui. Alors que toi, tu es juste Hinata, la douce et gentille Hinata… et sans toi… »
Il marqua un temps d'arrêt et me regarda avec un immense intérêt que je ne parvins pas à déchiffrer. La tête commençait à me tourner devant ce flux de paroles dont je ne parvenais pas à saisir le sens profond.
« Sans toi, la vie ne serait pas ce qu'elle est pour bien des gens. »
Il émit un petit rire amusé.
« Oui.. Il m'aura fallu bien du temps pour m'en rendre compte… ma si petite cousine… »
Il se tut et tourna sa tête vers la minuscule fenêtre qui donnait sur le clair de lune. Le petit poème qui m'avait été chuchoté à l'oreille me revint alors en mémoire.
« Mon amour a la couleur de la nuit
Couleur des ténèbres
Que vient visiter la lune »
Il me semblât apercevoir Tenten dans ce rond si parfait et si joyeux qui enlaçait mon cousin dans ses rayons lunaires. J'eus alors la sensation très nette que Neji était vraiment heureux là où il était, bercé chaque soir par sa bien aimée qui lui avait sûrement pardonné à l'instant même où elle avait rendu son dernier souffle sur terre. J'ai toujours eu un profond respect pour les gens sachant pardonner. Pour moi, il n'y a jamais eu personnes plus fortes et dignes. J'ai prié toute ma vie pour un jour rejoindre leurs rangs, bien que l'on m'aie dit un nombre incalculable de fois que je l'étais. Si la terre pouvait n'être peuplée que de ce genre de personnes, je suis convaincue qu'il y aurait dix fois moins de guerres car rien n'est pire que la rancune.
Une dernière question me brûlait les lèvres et je ne pus m'empêcher de briser le silence. Pour un dernier échange.
« Dis, Neji nee-san… où étais-tu lorsque je suis apparue dans ton esprit ? »
Il se retourna vers moi l'air de dire « tu es encore là ? » avant de soupirer.
« Ça n'a pas d'importance. »
Sur ces mots, je tournai les talons, la scène poignante à laquelle j'avais assistée ancrée pour toujours dans mon cœur. Je ne suis plus jamais retournée le voir, ni lui ni moi ne le jugeant utile. Cette dernière phrase avait soldé notre adieu, je le savais déjà au moment où je rencontrai l'air froid de cette fameuse nuit. Le revoir eut brisé pour toujours notre lien. Il ne sortirait jamais de prison, quant à moi je n'y rentrerais sûrement jamais non plus. C'était ainsi, c'était notre amitié, notre lien familial, c'était notre promesse muette et indéniable. Ma vie eut été plus douce certes, mais moins belle également si je n'avais pas eu mon cousin auprès de moi jusqu'à mes seize ans. Nous nous sommes quittés comme nous nous sommes rencontrés, naturellement, pour garder le moins de regrets possible.
Et aujourd'hui, je ne regrette rien.
Cessant de me laisser aller à de chaudes pensées en repensant à mon enfance avec Neji et ma petite sœur, je me concentrai sur ce qu'il me restait à faire. À présent, je ne possédais plus qu'un seul et unique but, sûrement le plus important de tous ceux que j'avais jamais eu. Je ne rentrai pas chez moi -d'ailleurs ce n'était même plus chez moi- et n'y retournerai par la suite qu'une seule, unique et dernière fois. J'avais le sentiment que la maison du clan Hyûga ne serait plus jamais la mienne.
Après quelques hésitations, je décidai de revenir à l'hôpital. Je traversai le hall sous les regards ahuris des infirmières qui me croyaient disparue -ou peut-être encore dans ma chambre ?- et me glissai dans mon lit en me retenant de rire. Je sombrai dans le sommeil aussitôt que ma tête se fut posée sur l'oreiller. Lorsque je rouvris les yeux, il faisait déjà grand jour. Le soleil filtrait à travers les rideaux, m'obligeant à plisser les yeux. Je m'étirai, un sentiment de bien être accompagnant ma démarche. Je me sentais juste bien, chose qui ne m'était pas arrivée depuis longtemps. Malheureusement, la pensée d'un petit blondinet aux grands yeux bleus embués me ramena bien vite à de sombres pensées entremêlées de joie et d'excitation. Car, oui, j'allais le revoir. Oui, j'allais connaître son choix en même temps que sa réponse. Et oui, j'allais devoir faire avec… quelle que serait l'issue.
Je pris une grande inspiration et me levai. Je passai la main dans mes cheveux pour tenter d'y mettre un peu d'ordre avant de pousser la porte pour me retrouver nez à nez avec la petite infirmière rondelette de mon précédent réveil. Elle me fixa quelques secondes, les lèvres pincées en une petite moue désapprobatrice, puis elle soupira et se retourna pour s'avancer dans le couloir comme si de rien n'était. Je souris, murmurai un petit « merci » à son attention et entrepris de quitter l'hôpital par le jardin. Le trajet, qui m'avait paru si long l'avant-veille, était en réalité relativement court. J'atteignis son extrémité en quelques enjambées et passai par la porte de derrière rapidement, puis me dirigeai ni vu ni connu vers l'appartement de mon cher ninja, dans une intention bien connue. Je gravis les escaliers illuminés par le soleil et d'une propreté conséquente aux trombes d'eau qui étaient tombées lors de ma dépression il y avait deux jours déjà. J'atteignis la porte le cœur battant et dus me forcer à frapper dans le chêne. Mes coups résonnèrent faiblement dans le petit appartement.
Rien.
Je retentai le coup plusieurs fois mais le silence fut à chaque fois le seul à me répondre. Légèrement désappointée, je tentai de repérer l'heure qu'il pouvait être et dus me résoudre à penser qu'il n'était pas loin de midi. Naruto devait donc être encore à l'entraînement ou bien à son restaurant de ramens préféré. J'optai pour la première option et longeai les parois de bambous jusqu'au terrain où je pensais le trouver. Le bruit caractéristique que j'entendis me signifia que je ne m'étais pas trompée. Au détour d'un arbre, Naruto se trouvait entouré de ses clones et semblait sur la fin de son entraînement. Je décidai de ne pas le déranger et me posai sur un rocher le temps qu'il achève son exercice.
Mon angoisse grandissait au fur et à mesure que le soleil traçait sa course dans le ciel, inaltérable. Ne s'arrêtait-il donc jamais, ce disque solaire si éblouissant ?
« Tiens, Hinata ? »
Je détachai mon regard des cieux pour m'apercevoir que j'avais été découverte. Prise au dépourvu, j'esquissai un sourire timide et déviai mon regard.
« Bonjour, Naruto. »
Il fronça les sourcils à l'appel de son nom, ne semblant pas comprendre cette familiarité que je réitérais encore une fois avec lui. Seulement, je me refusai à repartir en arrière, et le -kun faisait à présent partie du passé. Mon sourire pâlit légèrement. J'avais tant attendu cet instant critique. Prenant mon courage à deux mains, j'inspirai à fond ; j'avais tant ressassé dans ma tête ce que je devais lui dire que cela ne me paraissait même plus important.
« La guerre engendre la guerre et la haine engendre la haine… ne t'en souviens-tu pas ? »
Retenant ma respiration, j'attendis sa réaction comme on attend un ange en espérant que le diable ne se pointe pas à la fête.
Rien.
Devant le silence croissant, je relevai la tête, intriguée. Naruto semblait déstabilisé et me fixait, ses lèvres entrouvertes comme si il avait laissé une phrase en suspens. Voyant que je le regardai, il s'empressa de la refermer et se gratta la tête, signe d'une gêne relativement importante. Après quelques instants de flottement où ni lui ni moi n'osions prononcer un mot, il se décida enfin à parler.
« Hi… nata. »
De nouveau un temps. Je compris qu'il ne savait que dire ; il me fallait donc le faire à sa place. Mes mains s'entrelacèrent avec anxiété.
« Tu… »
Je pris une grande bouffée d'air, tentant de reprendre une contenance. Je ne devais pas faiblir maintenant, alors que toutes les réponses que j'attendais m'étaient offertes sur un plateau ! Seulement, je me rendais à présent compte que je ne savais pas par quoi commencer, moi non plus.
« Tu m'as laissé partir sans me dire quel était ton choix… »
Je mordis encore ma lèvre ; je savais bien qu'il n'était pas obligé de m'en parler et que ma question était indiscrète mais commencer par lui demander s'il m'aimait ou non me terrifiait. Le cœur de Naruto était pour moi comme un séduisant inconnu à qui appartenait mon malheur comme mon bonheur.
« Mon choix, hein ? Je suis désolé mais… mieux vaut que personne ne le connaisse. »
Les corbeaux dansèrent de nouveau devant mes yeux en même temps que la déception me saisissait à la poitrine. Il n'accepterait donc pas de m'ouvrir son cœur ?
« Je… vois… »
Le silence passa et il me sembla soudain que Naruto s'était éloigné à des années lumières de moi. Finalement, même après être passée dans sa tête, il restait un mystère pour moi. Pendant des années et des années, je l'avais observé, admiré… pourtant je ne parvenais toujours pas à me saisir de son être. Je me sentis tout à coup très fatiguée et décidai de me rasseoir. Il me semblât que tout mon corps tremblait. Les yeux perdus dans le vide, je repensai amèrement à ma vie. J'avais voué à mon clan un respect sans faille qu'on ne m'avait jamais rendu. J'avais adoré mon père et n'avais reçu en retour que des regards froids et hautains. Mon cousin que j'appréciais comme un frère avait tenté de me tuer et ma sœur ne me jetait que des regards empreints de pitié ces derniers temps. Mon amour avait toujours été sans retour. Étais-je vouée à aimer sans jamais recevoir autre chose que de l'indifférence, du mépris et de la douleur ? Je me sentais terriblement triste. Quelle pitié ! Qu'était-ce que l'amour, après tout ? Je n'avais jamais réellement connu de couples près de moi -excepté Neji et Tenten qui s'étaient bien gardés de se montrer à la résidence Hyûga. Le monde était décidemment bien cruel. J'émis un rire étranglé. Ce devait être une mauvaise blague, il ne pouvait en aller autrement. Je secouai la tête ; je n'allais pas encore m'appesantir sur mon sort jusqu'à en perdre espoir ! Il me fallait tout reconstruire, changer de vie pour oublier tout ça. Je ne savais alors pas que renier le passé ne servirait à rien si je voulais apprendre de mes erreurs. Je me l'étais dit et redit, encore et toujours, mais je ne devais pas fuir.
« … ta ? »
Soudain arrachée à ma torpeur, je levai les yeux. Naruto s'était approché et me considérait avec inquiétude.
« Ne t'inquiètes pas pour moi, je ne vais pas te refaire une crise comme avant-hier. » dis-je en esquissant un maigre sourire.
Il haussa les sourcils, surpris par le ton que j'avais pris, avant de s'installer à mes côtés. Il ne m'avait toujours rien dit… le silence, désormais véritable habitué, se réinstalla pendant que nous étions chacun plongés dans nos pensées. Je l'aimais, sans aucun doute. Seulement comprenais-je vraiment ses sentiments ? Évidemment non puisque je les ignorais.
« Naruto… je suis désolée.
-Pardon ? »
Il écarquilla les yeux, surpris. Je me levai et me plaçai devant lui de sorte qu'il me regarde dans les yeux. Il paraissait dépassé ; je décidai d'être la plus franche possible -il était de toute façon trop tard pour revenir en arrière, j'avais atteint un point que je jugeais de non-retour. Je devais tenter le tout pour le tout, « advienne que sera » comme le disait si bien le proverbe. Finalement, les choix et mon pétage de plomb avaient été plus aisés à réaliser que me trouver en face de l'homme que j'aimais et lui ouvrir mon cœur. Je n'avais jamais parlé de mes sentiments à quiconque, me sentant trop vulnérable, mais aujourd'hui je n'espérais rien d'autre qu'avoir la force de déballer ce que je ressentais.
« Je suis une fille bien égoïste. Je voulais tout savoir de toi, tu sais… je t'ai toujours admiré en secret, je voulais tellement… tellement… je ne sais pas trop… je ne sais plus. Seulement aujourd'hui, j'ai beaucoup, beaucoup changé. J'ai réfléchi à tout un tas de choses ces derniers jours. Je sais que c'est difficile de… parler de ce qui s'est passé quand je t'ai « rendu visite » mais… Je… »
Ma voix se brisa. Je n'y arriverais pas. Je ravalai les larmes de dépit qui me montaient aux yeux et secouai vivement la tête. Je repensai à cette dernière semaine. Non. Après tout ce que j'avais subi, j'étais en droit de savoir. Je dévisageai mon amour, retraçant la courbe de ses lèvres, la ligne de son nez, la forme de ses yeux… que faire. Que faire, bon sang ? Ne pouvait-il donc me parler, lui aussi ? Je me sentais si seule, ayant l'impression de parler à un mur. Dans un sanglot étouffé, je soupirai.
« Parles-moi… »
Je me plongeai dans ses yeux. À quoi pouvait-il bien penser, à cet instant-là ? Qu'est-ce qui le préoccupait ? Je désirais plus que tout connaître le fond de sa pensée.
« Que veux-tu que je te dise ? »
Il se gratta la tête, gêné.
« Ça m'embête… mais en réalité, je pensais ne pas te revoir avant mon combat. »
J'eus l'impression qu'une bombe s'abattait sur moi. Mon souffle se fit plus pressant et mon cœur plus étouffant dans ma poitrine. Il aurait voulu ne jamais me donner de réponse ? Me laisser dans le doute ? Je trouvai cela infiniment cruel. Il se leva et s'approcha de moi. Son visage ne riait plus et avait pris des traits graves que je ne lui connaissais pas. Je pus alors m'apercevoir librement que nous avions tous les deux grandi -tout du moins n'étions-nous plus des enfants.
« Je ne veux pas que tu souffres. »
Le poids dans ma poitrine s'abattit d'un seul coup sur mon cœur, le brisant par la même occasion. Un étrange mélange de sentiments m'envahit alors.
« Tu ne voulais pas que je souffre ? »
Il acquiesça, le visage grave, et mes yeux virent rouge.
« Comment peux-tu dire une chose pareille ? Tu crois que je suis idiote ? Ou bien c'est toi… non, ce n'est pas possible. Tu ne peux pas avoir dit quelque chose d'aussi horrible.
-Hein ? questionna-t-il, étonné.
-Tu ne te rends pas compte ? Tu crois que c'est mieux de mourir et de me laisser derrière souffrir de ne pas connaître la vérité ? Idiot ! »
Ne me contenant plus, je le frappai à la poitrine, ce qui n'empêcha pas mes larmes trop longtemps contenues de couler. Retenant avec peine mes sanglots, j'émis un petit gémissement d'une voix faible.
« Tu croyais vraiment que je n'en souffrirais pas ? »
Mon poing toujours fiché sur ses muscles, je tentai de ne pas tomber, mes jambes ne me portant plus. J'avais tellement mal que je ne me souciais même plus de savoir si j'avais été pitoyable ou même odieuse. Je repris après quelques secondes, péniblement, laborieusement même.
« Je préfère encore que tu me dises que tu me détestes. Cela, je pourrais l'accepter au bout d'un moment, peut-être. Seulement, si tu ne me le dis pas, crois bien que tu auras gâché le restant de ma vie. »
Je ne disais pas cela dans le but de l'obliger à me répondre, c'était juste la pure vérité. Une vérité qui me bouleversait sûrement autant que lui. Et j'avais mal, j'avais mal à en pleurer toutes les larmes de mon corps. Je ne voulais pas qu'il m'abandonne, je ne souhaitais pour rien au monde rester en arrière, je ne supportais plus d'être cantonnée au rôle que l'on m'avait appris pendant toutes ces années…
« Si c'est le cas… »
Je sentis une main se poser timidement et maladroitement sur ma tête.
« Alors c'est à moi de m'excuser. Je suis vraiment un idiot, tu as raison. Pardon. »
Je poussai un profond soupir, épuisée. Ses paroles avaient suffi à me calmer instantanément. J'essuyai du revers de la main mes joues trempées et me frottai vivement les yeux, regrettant d'avoir laissé ma colère s'exprimer aussi fortement. Je me sentais tout de même soulagée à présent.
« Seulement… »
Je redressai la tête, attendant ce qu'il avait à me dire, pour apercevoir son épaule se rapprocher de mes yeux. Je sentis soudain son souffle au creux de mon oreille et sursautai.
« Ne me tente pas trop. »
Je demeurai interdite. De quelle tentation parlait-il ? Je rougis instinctivement face au côté séduisant qui ressortait de ses paroles ; que penser de tout ça ? J'aperçus son sourire énigmatique quelques instants puis il me tourna le dos et s'éloigna en agitant sa main en signe d'au revoir, me laissant ainsi seule avec mes questions. Je touchai le sommet de ma tête, interloquée. Que signifiait ce comportement ? Qu'allait-il faire ? Il ne m'avait pas répondu alors qu'il avait dit avoir compris mes paroles. En réalité, il m'avait même encore plus embrouillée. Je ne savais plus que penser, que faire, ou encore où aller. Je me sentis tout d'un coup vraiment perdue. Désormais, ma vie se raccrochait à l'espoir d'un amour qui me semblait de moins en moins possible. Plus je croyais changer et plus j'avais l'impression de m'enfoncer dans un abysse sombre et étouffant. Mon esprit errant s'arrêta soudain sur le toit de la maison de l'Hokage. Oui, il ne restait définitivement plus qu'elle pour remettre mes idées en place. Après tout, elle était notre chef. Chassant d'avance toutes mes idées noires, je traversai la grande rue de Konoha sans prêter attention aux regards. Je savais que le moindre apitoiement signerait ma perte et que même Naruto ne pourrait alors plus me sauver
Il ne me restait donc plus qu'une solution, mon but n'ayant toujours pas été atteint : je sauverais Naruto, quoiqu'il m'en coûterait. Parce que je l'aimais par-dessus tout, et que je sentais l'envie de savoir me ronger doucement, insidieusement…
Et puis, après tout, que me restait-il encore à perdre ?
…
Voilà ! C'est un chapitre qui n'est pas vraiment très long, maintenant que je regarde… mais il est important. L'arc final est enclenché ! Mais qui a donc appuyé sur le bouton ? XD
Pour la fin, j'hésite à la faire en un chapitre. Enfin, je verrai lorsque j'écrirai le 11e choix.
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