Remerciements :

- Je tiens à remercier tout particulièrement Chibi Alice, ma correctrice, qui a eu la patience et le courage de corriger chaque chapitre que j'ai écrit. Je lui dois beaucoup.

Je remercie aussi Litany Riddle pour toutes les reviews qu'elle m'a envoyées et qui m'ont fait très plaisir. Et je remercie aussi tous les reviewers pour leurs commentaires

Je vous remercie aussi vous, fidèles lecteurs qui donnez à mes œuvres une raison d'être.

Chapitre 10 :

Depuis qu'il était revenu de son expédition, il préparait sa fuite vers la France, un pays où Voldemort et ses mangemorts n'étaient pas aussi puissants. Malgré la fatigue et les tremblements, il allait en ville commander des portoloins et acheter des provisions. Il savait qu'il devait fuir le pays au plus vite.

Une semaine après son retour, il recommença à travailler le matin à la boutique et l'après-midi il faisait ses courses. Le soir, il prenait des potions pour se soigner des effets secondaires des sorts de protection du horcruxe et éviter les nombreux cauchemars qui l'assaillaient.

Pourtant, au fil des jours, Regulus paraissait toujours aussi fatigué. Le commerçant le soupçonnait de préparer encore une expédition folle d'où il reviendrait dans un état épouvantable, mais il ne pouvait rien y faire. Les pires suggestions avaient traversés l'esprit du vieil herboriste : Regulus était peut-être un mangemort ? Ou un loup-garou ? Un agent secret ? Etait-il du côté des meurtriers et des criminels ou des protecteurs et des bons sorciers?

N'y tenant plus, le vieil homme commença à espionner Regulus. Il comprit bien vite que son assistant ne passait pas ses après-midi à se reposer dans sa chambre. Mais où allait-il ? Un matin, l'herboriste découvrit une bourse possédant des cordons de couleurs différentes. Il découvrit qu'en ouvrant la bourse pour chaque cordon, la bourse possédait des monnaies de pays différents. Le lendemain, la bourse avait disparut. Le même genre de phénomènes se produisit avec de la nourriture et des vêtements de sorciers et de moldus.

Apparemment, Regulus préparait une fuite. Mais que voulait-il fuir ? Avait-il commis un crime ? Allait-il en commettre un ? Inquiet, le vieil homme se demanda si il devait en parler aux autorités ou d'abord à Regulus. D'après ce qu'il connaissait du caractère de son assistant, d'après son enthousiasme à soigner les gens et à faire le bien, il était persuadé que Regulus était du côté du bien, mais il doutait… Il voulait absolument en être certain.

Un soir, le vieil homme régla son vieux réveil silencieux à une heure du matin. Il se leva en plein milieu de la nuit, sortit sa baguette et murmura :

- Lumos !

Une lueur blafarde éclaira les murs de la vieille boutique. Le vieil herboriste monta à l'étage et entra discrètement dans la chambre de son assistant. Il vit Regulus allongé tranquillement sur son lit, ses médicaments l'aidant à dormir sans faire de cauchemars.

Il souleva avec précaution la manche du bras gauche de Regulus et ce qu'il ne voulait pas voir semblait briller d'une lumière surnaturelle, presque vivante. Une tête de mort avec un serpent qui sortait de la bouche comme une langue immonde : la marque des ténèbres.

Etouffant un cri d'horreur, le cœur battant, le vieil homme retourna dans sa chambre, l'esprit confus. Ainsi donc, son jeune protégé n'était autre qu'un mangemort, et sous ses airs mielleux, il massacrait des innocents! L'homme ne parvint pas à trouver le sommeil cette nuit-là, et de nombreuses questions tournaient dans sa tête. Que devait-il faire ? Fallait-il livrer son protégé aux autorités ? Complètement déchiré, le pharmacien se leva ce matin-là en ayant pris une décision qui allait bouleverser sa vie.

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Regulus se leva comme chaque matin, fit sa toilette, s'habilla et descendit dans la cuisine pour prendre son petit déjeuner. Le vieil homme lui avait déjà préparé du bacon et des œufs. Regulus se régala et alla saluer l'herboriste qui était déjà dans la boutique.

- Bonjour monsieur, vous avez bien dormi ?

- Bof, pas tellement…

- En effet, vous n'avez pas très bonne mine. Vous voulez une petite potion pour vous requinquer ?

- Oh non merci, tu vas avoir pas mal de travail ce matin, on vient de me commander une dizaine de pierres noires pour l'hôpital Sainte Mangouste.

- Très bien, je vais m'en occuper.

Regulus s'attela à sa tâche en songeant qu'il vivait peut-être ses derniers instants de vie honnête. Sa fuite était presque prête, il avait préparé une dizaine de cachettes à travers le monde et s'était entouré de toutes les précautions nécessaires. Son plan devrait marcher. Il travaillait depuis deux heures lorsque tout à coup, avec une terreur sans nom, il sentit son bras gauche le brûler intensément.

Oh non ! Voldemort m'appelle !

Regulus respira profondément et se força à calmer les tremblements qui l'agitaient à nouveau. Peut-être le seigneur des ténèbres n'avait-il pas encore découvert la disparition de son Horcruxe, auquel cas, ne pas répondre à l'appel serait considéré comme une désertion. Or, il n'était pas encore prêt à disparaître. Il transplana donc en se concentrant sur la marque des ténèbres.

Il atterrit dans un champ au milieu d'une dizaine d'autres mangemorts. Un grand mangemort blond semblait diriger les opérations.

- Salut à tous ! Nous sommes aujourd'hui le premier mai, il est dix heures, et nous allons récolter l'impôt pour le Seigneur des ténèbres. Je propose qu'on se sépare en deux groupes. Voici une liste de magasins à visiter. Si quelqu'un résiste, on utilise la technique habituelle, si le commerçant est absent, on casse la vitrine et on trace la marque des ténèbres sur un mur.

Les deux groupes furent formés rapidement et Regulus remarqua que la liste de son groupe contenait la plupart des magasins de l'Allée des Embrumes. Le sorcier blond se mit dans le même groupe que Regulus. Le groupe transplana donc dans l'Allée des Embrumes. Au début, tout se passa bien, les commerçants avaient préparés la prime d'assurance à payer au Seigneur des ténèbres, mais au bout d'un certain temps, les mangemorts tombèrent sur des boutiques vides. Ils appliquèrent la méthode prescrite, mais quelque chose semblait gêner le mangemort blond, qui devenait de plus en plus neveux.

Le groupe continua à récolter les impôts du Seigneur des ténèbres en terrorisant les commerçants, mais à l'angle d'une rue les attendaient un groupe de sorciers masqués. Aussitôt, d'autres sorciers apparurent derrière les mangemorts, leur barrant le chemin. Le mangemort blond éclata de rire et pointa sa baguette sur leurs agresseurs, qui étaient certainement des commerçants du quartier.

Des éclairs fusèrent de tous les côtés vers les mangemorts qui eurent le réflexe de se protéger, alors qu'un seul sort, lancé par le grand mangemort blond, partit en direction des commerçants. Une énorme explosion retentit et tua la moitié d'entre eux, blessant tous les autres. Paniqués, les quelques résistants qui bloquaient la retraite partirent en courant, poursuivis par les mangemorts.

Regulus suivit le groupe qui massacrait leurs agresseurs jusqu'à ce que des aurors interviennent. Les aurors n'étaient que deux, mais ils étaient célèbres : il s'agissait de Frank et Alice Londubat. Le mangemort blond lança à nouveau son sortilège destructeur, mais les aurors le renvoyèrent sur lui. Le blond se jeta à terre pour éviter le sort qui se perdit dans la rue.

Le combat commença. Alors que les mangemorts pensaient avoir l'avantage du nombre et des sorts, ils tombaient les uns après les autres alors que les deux aurors ne semblaient pas subir la moindre blessure. Après de longues minutes de combat acharné, voyant que la partie était perdue, le mangemort blond cria de se retirer et transplana loin du champ de bataille. Regulus fit rapidement de même et se retrouva sur le chemin de traverse où il put se changer et atteindre l'herboristerie sans encombre. Il entra par la porte de derrière en faisant bien attention à ne pas se faire remarquer par le vieux pharmacien qui se tenait dans la boutique.

Une fois de retour dans l'arrière-boutique, il put enfin respirer un peu plus tranquillement et essayer de calmer les battements de son cœur. Se sentant mieux, il commença à fabriquer les pierres noires pour l'hôpital Sainte Mangouste. Il pensa un instant que ces pierres seraient utiles pour les pauvres commerçants dont les plaies suppuraient. Se sentant soudain pris d'une terrible nausée, le jeune sorcier courut aux toilettes pour y vomir.

Alors qu'il venait de se rincer la bouche, son bras gauche se remit à le brûler intensément. Les mangemorts l'appelaient à nouveau. Regulus transplana, mais le spectacle qu'il découvrit fut bien différent du précédent.

Il avait atterrit dans une ruelle près du commissariat magique. Là l'attendait un sorcier du ministère, une baguette à la main pointée sur le vieil herboriste qui avait accueilli Regulus.

- Espèce d'imbécile de débutant, le Seigneur des ténèbres te tuerait si il apprenait de quelle manière tu t'es fait avoir ! Ce vieillard sénile vient de te dénoncer comme mangemort. Heureusement que j'étais là ! Tue le vieux pour moi, je ne veux pas avoir de sang sur ma baguette, ça risquerait de dévoiler ma couverture.

Regulus mit un long moment à comprendre ce que le mangemort voulait, et lorsqu'il le réalisa, il fut désemparé. Le mangemort, voyant son hésitation, lui envoya une gifle.

- Tue le vieux tout de suite ou c'est moi qui vais te tuer, gronda-t-il. J'ai déjà perdu assez de temps avec tes bêtises aujourd'hui !

Comme dans un horrible cauchemar, au bord de l'évanouissement, Regulus pointa sa baguette vers le vieux pharmacien. Il resta plusieurs secondes à le regarder, le cerveau paralysé. Puis le jeune sorcier prit sa décision et tout s'accéléra. Il se tourna vers le mangemort en lui lançant un Stupéfix que le sorcier prit de plein fouet, puis empoignant le vieillard, il les transplana tous deux jusque dans la pharmacie. Il déposa le pharmacien sur un fauteuil confortable de l'arrière-boutique et recula, titubant, le visage pâle, ne sachant plus quoi faire.

- Regulus, souffla-t-il, tremblant sous le coup de l'émotion.

- Monsieur, ne me jugez pas, je ne suis pas ce que vous croyez, je ne peux pas vous expliquer, je n'ai pas le temps, ils vont me chercher maintenant, je dois m'enfuir !

- Regulus… Pardon ! Je t'avais mal jugé…pardon ! Le visage du vieillard se contracta et prit soudain une vilaine couleur jaunâtre.

- Monsieur, qu'est-ce que vous faites ? Qu'est-ce qu'il vous arrive ! Attendez, je vais vous chercher une potion, tenez bon !

Mais lorsqu'il revint avec sa potion, le vieil homme s'était évanoui. Regulus essaya en vain pendant vingt minutes de le ranimer mais malgré tous ses efforts, le cœur du pharmacien cessa de battre pour toujours. Le jeune sorcier, sous le choc, déposa le corps sans vie de l'herboriste qui avait été pendant trop peu de temps son seul ami. Refoulant des larmes, Regulus se releva après un long moment. Puis se souvenant soudain de sa propre situation, il se ressaisit et courut dans sa chambre pour y prendre ses dernières affaires. Au moment où il arrivait dans sa chambre, il entendit la porte d'entrée de la boutique tinter et des bruits de voix.

- Il est arrivé dans cette pièce, hurla un sorcier.

- Le vieux a claqué ! Le traître ne doit pas être bien loin. Cria une voix de femme.

- Cherchons là-haut, dit une voix grave et profonde.

Regulus battit précipitamment en retraite vers sa chambre, prit son baluchon et se jeta sur la vieille botte qui traînait sur sa table de chevet. Il ressentit une secousse au nombril et le portoloin l'emmena jusqu'à une cabane construite à flanc de falaise dans les Pyrénées françaises. Le jeune sorcier lâcha la botte et respira un grand coup d'air pur et frais. Il s'imprégna un instant du paysage qui s'offrait à lui, admirant les aigles qui volaient en toute liberté, apercevant un cerf au loin, écoutant le bruit du vent dans les arbres. Il avait commandé beaucoup de portoloins (dont certains à crédit) pour ses différentes cachettes. Il allait transplaner par à-coup jusqu'à sa cachette des Pyrénées qu'il avait préparé, lorsqu'il vit trois sorciers arriver vers lui.

Son premier réflexe fut de lancer un sort d'expelliarmus. Les sorciers le parèrent sans difficulté et ripostèrent tout en se précipitant vers lui. Sans paniquer, il essaya de transplaner. Un phénomène étrange se produisit : non seulement il n'y parvint pas, mais des lianes s'agrippèrent à ses pieds, entraînant sa chute. Il réalisa avec terreur qu'il était tombé dans un piège. Il libéra ses jambes à l'aide d'un sort de lance-flammes, mais les trois sorciers s'approchaient rapidement et Regulus les reconnut, à sa plus grande terreur : Bellatrix, Rodolphus et Séverus Rogue. Autrement dit sa cousine, le mari de sa cousine et son ancien mentor essayaient de le tuer.

Il su alors qu'il était condamné. Complètement paniqué, Regulus laissa tomber son sac et courut vers le précipice alors que des sorts fusaient autour de lui. Un sort le toucha, le propulsant dans les airs alors qu'un sort vert passait de justesse sous lui. Il s'écrasa brutalement dans la poussière, se releva rapidement et se remit à courir. Il sentait maintenant un goût de sang dans sa bouche. Un nouveau sort le toucha alors qu'il était tout proche de la falaise. Avec une terreur et une souffrance sans nom, il sentit plus qu'il ne vit des plaies s'ouvrir sur tout son corps, le faisant saigner abondamment : le sortilège du sectumsempra.

Alors qu'il n'était plus qu'à quelques mètres du vide, un nouveau sort l'atteignit, le projetant en avant. Il avait cru pouvoir s'échapper en sautant et en planant à l'aide d'un sort, mais sa baguette lui échappa des mains et son bras droit se tordit en un angle bizarre. La douleur qu'il éprouva quelques fractions de secondes avant de s'écraser sur une corniche de la falaise lui fit comprendre que le sort qu'il venait de recevoir lui avait broyé les os du bras.

Il ne sentait déjà plus rien lorsque son corps s'écrasa puis roula dans un petit recoin de la falaise, quelques mètres en contrebas. Ses poursuivants virent le sang qui maculait la pierre. En se penchant pour essayer de voir le corps de son ancien disciple, Séverus Rogue fit accidentellement tomber une fiole de sa cape de sorcier. Celle-ci tomba sur la roche sans se briser, rebondit et alla rouler contre le corps de celui qui avait été son disciple, à quelques centimètres de sa main gauche.

- Décidément, mes cousins ne valent vraiment pas grand-chose ironisa Bellatrix avant de se tourner vers son mari.

- Rentrons ! Déclara Rogue, le seigneur des ténèbres voudra sûrement qu'on lui fasse un rapport.

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Dumbledore regarda l'homme qui se tenait devant lui d'un regard perçant.

- Ainsi donc, Severus, tu voudrais ma protection ? Je suis tout prêt à te l'offrir, mais je me demande pourquoi un mangemort aussi proche de Voldemort que toi (Rogue pâlit terriblement au nom prononcé) voudrait changer de camp…

- Je vous l'ai dit monsieur, Lily Evans et James Potter vont sûrement mourir à cause de moi ! Le Seigneur des Ténèbres pense que la prophétie qui vous a été faite concerne leur fils et il va les massacrer. Je me sens coupable…

- Je suis surpris que vous soyez si désolé de leur sort, je n'avais jamais remarqué que vous étiez des amis, Severus…Ne serait-ce pas plutôt sur ordre de Voldemort que vous me sollicitez ? Ne vous a-t-il pas demandé de…m'espionner ?

Rogue resta un long moment silencieux et regarda Dumbledore en se demandant de toutes ses forces si il pouvait lui avouer ou non la vérité…Il baissa la tête.

- Monsieur, c'est moi qui ai suggéré au seigneur des ténèbres de m'envoyer vous espionner… Je n'en peux plus, je ne dors plus, je ne peux plus me regarder dans la glace. J'ai tué mon disciple. Il s'appelait Regulus, c'était le frère de Sirius Black. J'aurais peut-être tué Sirius de mes mains, mais Regulus était quelqu'un de merveilleux. Ses seuls défauts étaient sa bonté et sa naïveté. Il n'a pas supporté d'être un mangemort et il a essayé de s'enfuir. Le Seigneur des Ténèbres a été prévenu que Regulus achetait une grande quantité de portoloins et il nous a dit de l'attendre en France. J'étais avec les Lestrange. Je sais que ça n'effacera pas mes fautes, mais je ne peux plus supporter ce que j'ai fait…Il m'a fait comprendre que la vie des autres a aussi de la valeur. Je ne veux plus avoir de sang sur les mains.

La voix de Severus se brisa sur les derniers mots. Dumbledore le regarda silencieusement par-dessus ses lunettes en demi-lune.

- Je peux t'offrir une protection, Severus, mais il faudra que tu nous livres tout ce que tu sais de Voldemort et de tes anciens alliés. Surtout, je voudrais que tu soignes les blessés que nous ramènerons des combats contre les mangemorts et que tu enseignes aux jeunes sorciers de l'école ce que tu as appris. Je t'offre un poste comme maître des potions.

- Très bien monsieur. Je vous remercie pour tout ce que vous faites pour moi. Vous étiez mon dernier espoir, je ne sais pas comment vous remerciez, je vous serais éternellement reconnaissant.