Il faut avancer…
Il y a ces jours qu'on déteste car ils sont trop pluvieux, trop sombre, on a l'impression que quelque chose d'horrible va arriver. Cependant, il y a des jours qu'on déteste encore plus, ce sont les jours où quelque chose d'horrible arrivent vraiment.
Ce jour-là il pleut des cordes. Tu es en cuisine avec les autres vous préparez le repas du soir, lorsque tu entends des cris horrifiés. Tu comprends que quelque chose est arrivé. Tu sors en trombe suivit des autres cuistots et cours en direction de l'attroupement formé devant l'entrée du Labyrinthe. Tu te frayes un chemin à travers les blocards pour voir ce qu'il se passe. C'est alors que tu t'arrêtes avec l'impression d'avoir été foudroyé.
Tu vois Minho et Thomas l'air effondré, soutenant un corps ensanglanté. Le dégoût te clou sur place. Le blocard est complètement inerte alors que les deux coureurs l'allonge au sol. Certains de ses membres font des angles improbables. L'os de l'avant-bras droit ressort complètement. Le crâne du garçon est complètement aplati sur la partie droite offrant une ouverture visible sur le cerveau.
Tu aurais pu vomir à cette vision mais quelque chose t'empêche de ressentir quoi que soit dans l'instant présent. Tu viens de comprendre quelque chose. Tu le connais, tu connais ce blocard. C'est James. C'est ton ami, étendu au sol dans une mare de sang, dans une mare de son propre sang.
La douleur t'anesthésie totalement. Tu entends des voix lointaines et tu les écoutes sans comprendre les mots :
-Il est mort.
C'est la voix de Clint.
-Que s'est-il passé?
Tu reconnais Alby.
-Il... Je… J'étais sur le chemin de retour au Bloc. Je venais de finir mon tour, lorsque j'ai tourné dans l'un des couloirs. Il était à plusieurs mètres du sol accroché au lierre. J'ai tout de suite compris ce qu'il allait faire alors je lui ai dit d'arrêter, que tout aller s'arranger, qu'il fallait garder espoir. Il m'a regardé et il… il a sauté la tête la première. J'ai appelé au secours et Minho est arrivé. La suite tu la connais.
Thomas, c'est Thomas qui a répondu.
Ton cerveau semble analyser ce qui a été dit avec difficulté. Ce n'est qu'après ce qui t'a paru être des heures tu comprends le sens de toute la conversation. Dans le même temps tu reprends pied dans ce qui t'entoure. Pour autant, tu n'arrives pas à ressentir quoi que ce soit. Tu as l'impression d'être sous morphine.
Tu restes debout sans bouger durant le discours d'Alby en son hommage. Tu ne bouges toujours pas alors que les sarcleurs embarquent le corps. Tu lèves les yeux et tombes sur les visages inquiets de tes amis. Tu vois bien qu'ils se font du souci. Après tout, tu étais la plus proche de James ici. Tu détournes le regard. Cette compassion t'énerve au plus haut point. Tu ignores pourquoi mais tu as envie de frapper quelque chose. Tu as envies de hurler. Pourtant, tu ne le fais pas. Poêle-à-frire pose une main sur ton épaule tout en te parlant :
-Ecoutes Lucy, si tu ne veux pas…
-On devrait aller finir le repas, il est tard, le coupes-tu d'un ton monocorde.
Tu n'attends pas la réponse et part déjà en direction des cuisines.
La préparation du repas s'est effectuée dans un silence de mort. Personne ne semblait vouloir parler de ce qu'il s'est passé devant toi. Ils semblaient tous avoir peur que tu t'écroules si c'était le cas. Jamais tu n'avais détesté les blocards plus qu'à cet instant. Tu fulminais à l'intérieur, tu en voulais au monde entier.
Désormais, tu manges au milieu des blocards. Les conversations sont beaucoup moins qu'à leur habitude. Tu es attablée avec Minho, Thomas, Newt, Teresa et Chuck. Tu écoutes d'une oreille la discussion. Ils parlent de tout et de rien évitant au mieux de parler de l'incident, encore...
Tu essais d'ignorer ta colère le temps du repas et ne décroche pas un mot. Tu ne touches pas non plus à ton assiette que tu regardes fixement. Tu as le sentiment d'être une bombe à retardement. Tu vas finir par exploser et ça risque de faire mal.
Alors que tu te mures dans le silence, tu entends Newt te parler d'une voix douce :
-Lucy, on est désolé pour ce qui vient d'arriver. On sait que vous étiez très proche toi et…
Il ne termine pas sa phrase comme s'il avait peur de ta réaction. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase pour toi. Tu te lèves dans un grand fracas et réponds complètement hors de toi :
-James. Merde, il s'appelait James. Pourquoi c'est si dur pour vous de prononcer son prénom ? Qu'est-ce que vous croyez qu'en ne disant pas son nom ça va changer ce qui est arrivé ? Non ça ne va rien changer. Retenez bien une chose bande de tocard, mon cœur ne se brisera pas si quelqu'un prononce son nom.
Sur ces mots, tu quittes la salle rapidement, à la recherche d'air frais pour te calmer. Tu décides de partir t'isoler en direction de… :
1-La forêt. (Aller au chapitre Somewhere only we know)
2-L'infirmerie. (Aller au chapitreHappy ending)
