Coucou ! je vous informe juste que je ne serais pas là la semaine prochaine, donc il va falloir prendre votre mal en patience ! biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiz, et merci pour vos reviews !
Bon, comment m'y prendre à présent ? Sirius et moi avons convenu de nous voir cette nuit dans la salle commune pour convenir d'un plan de bataille. Aucun problème en soi.
Pourtant je m'interroge. En attendant de prendre de réelles décisions, Sirius m'a déclaré la bouche en cœur qu'il s'arrangerait pour installer James à côté de Lily ce soir au dîner. La belle affaire ! Lily et moi mangeons toujours ensemble le soir. Il n'y a guère que les petits déjeuners que je prends avec Galadriel, et encore, le plus souvent avec quelques membres du fan club qu'il s'est constitué.
Mais… Je suis une barrière. J'ai déjà fait l'expérience d'entrer dans une pièce, tous sens en éveil, où James s'adonnait à la contemplation (ou à la drague) de Lily. Aussitôt, son centre d'intérêt s'est décalé d'elle à moi. Ma présence ce soir n'aurait rien de bénéfique.
Il m'arrive parfois de penser que me réconcilier avec James serait le meilleur moyen de l'assortir une bonne fois pour toutes avec Lily. Mais je ne peux pas ! Je ne peux pas ! Pourquoi ? Sans doute parce que j'ai peur. Peur de ce qu'il pourra me dire, et peur d'avoir une réaction hors normes. James ne sait pas, et je ne veux pas qu'il sache. Il m'aime telle qu'il me voit, inutile de briser ses illusions.
Je dois donc sortir de ma bulle et dire quelques mots. Au moins. Peut-être, en paraissant un peu plus sociable – du moins avec ses amis – il réussira à fixer sur attention sur Lily.
Elle ne sait rien de ce qui l'attend. La pauvre se croit assez en sécurité en ma compagnie, elle ne soupçonne rien de ma petite trahison…qu'elle risque d'ailleurs de me faire payer assez cher par la suite.
Nous sommes assises dans la Grande Salle. Galadriel est un peu plus loin, en compagnie d'une Serpentarde que je ne connais pas. Il ne laisse vraiment rien au hasard… et ne tourne pas une fois la tête dans ma direction. Hum… je ne pourrais dire si je suis vexée ou ravie de cette attitude.
Les Maraudeurs entrent dans la salle. Avant même de les voir, je sens leurs odeurs. J'y suis moins sensible, bien que ma surprise soit intacte. Au moins, cette particularité a un avantage : ils ne me surprennent jamais.
C'est pourquoi je ne lève pas la tête lorsqu'ils entrent dans la salle, pas plus quand ils prennent place. Sirius et Remus m'encadrent, tandis que Lily se retrouve en aimable compagnie de James et de Peter.
Je ne sais pas pourquoi, mais Lily me gratifie aussitôt d'un regard noir. Je ne lui prête aucune attention, toute occupée que je suis à faire de petits dessins dans mon assiette de purée. Je n'ose pas lever les yeux. James est en face de moi. Pris dans un cruel dilemme, il a choisi le parti de garder un œil sur Lily et un sur moi. Merlin, je crois que je vais me sentir mal…
Résumons la situation : je suis assise en face de mon frère jumeau à qui je refuse de parler depuis mon retour. Lily me jette autant de regards assassins qu'elle le peut. Deux Maraudeurs m'encadrent, prêts si il le faut à me retenir. Sirius a voulu me piéger. Le traître ! Parfois il m'arrive de me demander ce qu'il fait à Gryffondor…
Les Maraudeurs empestent. Parmi tous les élèves de Poudlard, ils sont les seuls à sentir de la sorte. Certes, les causes n'en sont pas anodines, mais pour moi qui ais le nez fragile c'est…inconfortable, voire gênant.
Insupportable même, en ce cas précis. Les garçons s'efforcent de paraître naturels, discutant Sortilèges dans l'espoir de pouvoir intégrer Lily à la conversation. L'odeur devient de plus en plus pestilentielle, au fur et à mesure qu'ils mangent. Je ne suis pas capable de prendre part à la conversation, et tente de me concentrer sur ma respiration. Inspirer, expirer… Inspirer, expirer… Je tente de calmer mon rythme cardiaque en écoutant de mon mieux la voix de Galadriel qui discute avec sa Serpentarde.
- Et toi, Ambre, qu'est ce que tu en penses ?
Merlin, ce n'est pas vrai, Remus m'a adressé la parole. Bon, rien de bien extraordinaire, seulement je n'ai rien écouté, et même un Inferius doit paraître florissant de santé à côté de moi. Apparemment, personne n'a rien remarqué. Si ! Je sens brusquement une onde de fraîcheur me parcourir les veines. Gal a – enfin ! – senti mon malaise.
Je croise son regard l'espace d'une seconde. Il lève les yeux au ciel. Manifestement, mon petit manège pour rapprocher James et Lily ne lui a pas échappé. Ce n'est pas cela qu'il déplore, mais plutôt mon extraordinaire capacité à m'être encore une fois enfoncée jusqu'au cou dans les ennuis. C'est vrai qu'il y a mieux pour une Furie que d'être en compagnie des Maraudeurs. Bon, avec tout ça, je n'ai même pas encore répondu à la question. Reste à savoir si je peux le faire.
- Népagnénouté.
Regards interrogateurs. Décidemment non, je ne peux pas m'exprimer normalement. Seul James, dont les yeux brillent d'une lueur qui ne m'est pas étrangère, paraît tout à fait dans son élément. Je vérifie ?
- Je crois qu'elle a dit qu'elle n'a pas écouté.
Pas besoin finalement. Il m'a donné la réponse tout seul. Il est vrai que l'élocution n'est pas toujours mon fort, mais j'étais loin de m'imaginer que mon frère que je n'ai pas vu depuis onze ans serait capable de comprendre un langage que Gal peine parfois à décrypter. Et zut, il continue à parler :
- Ambry a toujours eu sa langue personnelle, explique-t-il à ses amis qui le regardent avec des yeux ronds. Il faut bien la connaître pour comprendre.
QUOI ? QUOI ? QUOI ? IL A DIT QUOI ? Je rêve, que quelqu'un dise « poisson d'avril ! », ce n'est pas possible !
James prétend me connaître ! Il dit qu'il me comprend ! J'hallucine ! Ce n'est pas tout de comprendre mon baragouin personnel, il faut encore avoir vécu avec moi pour me connaître ! Est-ce qu'il sait ce que je suis ? Est-ce qu'il souffre comme moi du monde qui l'entoure ? Est-ce qu'il a été coupé comme moi de sa famille à un âge tendre ? Non ! Non ! Trois fois non ! James ne sait rien de moi. Tout ce que nous avons en commun c'est un nom, et quoi d'autre ? Rien. Pas de passé, rien d'autre que sept vagues années d'enfance. Et il prétend me connaître ! Je n'ai pas demandé à avoir un frère, moi ! Je n'ai pas demandé à être une Furie ! Je ne lui ai pas demandé de me harceler de la sorte !
Un grondement sourd s'échappe de ma gorge, grognement que je tente vainement d'étouffer dans l'œuf. La goutte d'eau a fait déborder le vase. Je n'en peux plus. Sirius et Remus me serrent trop, je ne puis me dégager sans démontrer ma force trop insolite pour ne pas être étrange. Merlin, je risque la crise à tout moment. Déjà, je sens cette nausée si habituelle qui annonce d'autres douleurs. Je sens ma magie se révolter. J'entends tout. Je sens tout. Je vois tout. Les pensées et les sons se bousculent dans mon crâne, des milliers d'odeurs me déchirent les narines. Mes yeux me brûlent, je sens déjà s'emparer de moi ce feu qui, bientôt, me transformera en un monstre déchiré de douleur et plus dangereux qu'un loup garou en colère. Ma main n'est plus qu'un tourbillon de souffrance, et déjà y perlent les premières gouttes de sang.
- Ambre ? Je peux te parler un instant ?
Victoire, Galadriel arrive à mon secours pour me dégager de cette affreuse situation avant qu'il ne soit trop tard et que j'explose. Il pose une main sur ma nuque, m'inondant d'une dose de fraîcheur tout juste capable de pouvoir retarder l'accalmie. Gal ne peut hélas y mettre toute sa force, il doit s'économiser pour me contrôler quand je serais dangereuse.
- Elle est avec nous, dit James d'une voix sèche. (Merlin, ce n'est pas vrai ! Il en rajoute une couche ou quoi ?) Tu lui parleras après.
- C'est urgent ! réplique mon ami sur un ton tout aussi glacial. Tu viens Ambry ?
Par un incroyable miracle, je parviens à me lever tandis que Sirius desserre légèrement la pression. Gal passe un bras autour de ma taille, sans pour autant cesser de me prodiguer force fraîcheur. Je retiens à grand peine un nouveau râle et quitte la salle d'un pas aussi naturel qu'il m'est possible de produire.
Nous sommes seuls dans le hall. Notre sortie est passée inaperçue. Alors, abandonnant toute comédie, Galadriel me soulève d'un seul coup et part en courant vers la forêt interdite.
Ma baguette est restée sur la table.
