Chap.12
Cette fois House était vraiment seul.
Depuis son incarcération 48h plus tôt; il n'avait reçu aucune visite.
Il ne s'attendait pas à revoir Cameron, pas après la façon dont il l'avait traitée durant son interrogatoire.
Mais l'absence de Wilson le mettait mal à l'aise et le peinait plus profondément qu'il n'aurait osé l'avouer .
Malgré ses aveux délirants, il aurait espéré que son seul ami agisse comme il l'avait toujours fait: continuer à se battre contre les moulins, lui faire une socratique morale pour finalement se laisser convaincre qu'il n'y avait pas eu d'autre alternative.
Sauf que cette fois, il avait trahi, blessé et injurié de la plus abjecte manière la femme qu'il aimait et qu'il ne se trouvait aucune circonstance atténuante pour expliquer ce comportement.
Et Wilson par son éloignement, lui prouvait qu'il en était arrivé à la même conclusion.
Arthur non plus n'était pas passé et House avait du faire appel à un vulgaire médecin de garde pour pouvoir obtenir une prescription de Vicodine.
Il y avait laissé, avec la complicité du garde, ses derniers précieux billets. Il n'avait pas eu le choix, la souffrance était devenue ingérable et il ne voulait pas crever comme ça.
Sa peine devait être longue , une lente agonie.
Mourir aurait été une trop belle délivrance….
Au bout du troisième jour, House sacrifia son seul coup de téléphone autorisé pour appeler le P/P afin d'obtenir des nouvelles plus récentes de Lisa et de sa fille.
Il craignait que personne n'accepte de lui répondre et fut stupéfait de la chaleur dans la voix de l'infirmière qui le renseigna.
Elle lui expliqua le plus brièvement possible, que le Dr Cuddy était restée plus de deux jours sans reprendre connaissance mais que cela était dû au léger coup qu'elle s'était donnée en s'évanouissant.
Cependant ce repos forcé avait permis de faire baisser la tension. Celle-ci étant stabilisée, tout risque d'éclampsie était désormais écarté.
Le bébé profitait de l'amélioration de l'état de santé de sa mère, il faudrait juste que le Dr Cuddy accepte de rester allongée jusqu'au terme de sa grossesse.
House fut de nouveau surpris lorsque l'infirmière lui proposa de lui passer quelques instants Lisa au téléphone.
Le cœur battant, il dut lutter pour résister à l'envie d'entendre sa voix mais la peur de créer de nouveaux troubles l'emporta.
Il demanda juste à l'infirmière d'informer le Dr Wilson de son appel, celui saurait juger s'il était pertinent ou non d'en faire part à son tour à Lisa…
Alors qu'il allait raccrocher, il entendit sa collègue lui déclarer d'une voix enrouée et timide « nous attendons tous votre retour avec impatience , Dr House… ».
Quand il revint dans sa miteuse petite cellule, les mots continuaient à se balancer au rythme de ses pas…Comment était il possible qu'un membre du personnel féminin ,qu'il avait sans doute rudoyé et méprisé ,puisse lui témoigner en ces circonstances clémence et compassion?
Quel mauvais ange gardien agissait derrière son dos pour qu'il finisse toujours par retomber sur ses pattes d'infirme?
