Bonjour !
Eh oui, un OS hier, un chapitre aujourd'hui... Je suis inspirée :) Je vous remercie pour toutes vos reviews ainsi que pour avoir mis cette fiction dans vos follows ou favoris :) Votre soutien est le carburant qui me permet d'avancer ! Je vous souhaite une bonne lecture !
PS : Je ne l'avais pas signalé dans le précédent chapitre je crois, mais les phrases entre astérisques (*...*) correspondent à des choses dites en langage des signes (par Eimi ou d'autres membres de l'équipage de Barbe Blanche).
Marco soupira une nouvelle fois, serrant contre lui Eimi qui s'était endormie de fatigue dans ses bras. Ils attendaient devant l'infirmerie, où un médecin examinait Haruta. Il y avait à peu près deux heures, le blond avait été étonné de voir sa fille se précipiter vers lui en pleurant. Il l'avait suivie et s'était empressé de porter le jeune commandant jusqu'à l'infirmerie. Il espérait qu'Haruta n'avait pas attrapé un virus contagieux ou quelque chose qui mettrait sa vie en danger… En tous les cas, il ne serait certainement pas sur pieds assez vite pour partir avec lui à la rencontre du Roux. Le blond devrait trouver un autre compagnon de voyage.
Eimi se réveilla en sursaut et le regarda avec appréhension.
*Tonton Haruta ?*
- Non, il n'y a rien de nouveau ma puce… Tu devrais aller te coucher. Dès que j'en saurai plus, je te le dirai.
Elle secoua la tête négativement, déterminée. C'était elle qui l'avait trouvé, elle ne voulait pas le quitter tant qu'il ne serait pas sorti d'affaire. Marco eut un faible sourire.
*Pourquoi tu me regardes comme ça ?*
- Tu me fais penser à ta maman. Elle aussi était très bornée que toi lorsqu'il s'agissait de sauver des gens.
Elle eut un regard interrogateur.
- Je t'expliquerai un jour yoi, lui souffla-t-il en embrassant son front et en dégageant quelques mèches blondes.
A cet instant, le médecin de bord sortit et s'approcha d'eux. Le blond reposa la petite au sol avant de se lever.
*Il va mourir ?* fit-elle avec les larmes aux yeux.
- Mais non Eimi, la rassura le docteur. Il va rester au lit pendant un long moment mais il est hors de danger. Tu peux aller le voir si tu veux, mais ne fais pas trop de bruit, il a besoin de repos.
La petite ne se fit pas prier et se précipita dans l'infirmerie.
Une fois qu'elle disparut de son champ de vision, Marco se tourna vers l'homme en blouse.
- Est-ce contagieux ? L'équipage ou Eimi risquent-ils quelque chose ?
- Non, sauf s'ils s'amusent à rouler une pelle au jeune commandant, ce dont je doute fortement.
Le blond haussa un sourcil. Qu'est-ce qu'Haruta avait encore foutu ?
- Il a la mononucléose, lâcha finalement le Docteur.
La respiration du phénix s'apaisa.
- C'est tout ? s'étonna-t-il.
- Ce n'est pas si anodin comme maladie, contra le docteur.
- On peut chopper bien pire en jouant entre les cuisses d'une demoiselle, yoi…
- Certes… Mais il aura tout de même du mal à s'en débarrasser.
- Qu'est-ce qu'on peut faire pour l'aider ?
- Rien, à part attendre. Ce n'est pas dangereux en soi, il aura juste de la fièvre, des vertiges et une fatigue extrême... Mais tout de même, c'est handicapant en mer. Il lui faudra du repos et une attention constante pendant quelques mois. Il y a souvent des rechutes et des surinfections. Le temps qu'il guérisse, il faudra que vous lui interdisiez de s'entraîner et de se battre. Il serait plus une gêne qu'autre chose si on rencontrait des Marines ou d'autres pirates.
- J'imagine. Ils profitent de la moindre faiblesse… Je tâcherai de le convaincre.
- Je vais prévenir les autres et leur demander de le laisser tranquille pour ce soir.
- De toute façon ils sont tellement bourrés que je ne suis pas sûr qu'ils aient remarqué sa disparition du banquet.
Il remercia le docteur avant de s'enfoncer dans l'infirmerie. Il trouva vite le lit où Haruta se reposait. Eimi était à son chevet, en train de lui tenir la main.
- Rassurée alors ?
*Il a chaud…* fit-elle d'un air inquiète.
- C'est normal, il a de la fièvre.
Le phénix prit le linge qui couvrait le front du malade et le trempa dans une bassine d'eau froide. Eimi le regarda d'un air curieux.
- Tu veux le faire ? lui demanda-t-il en lui tendant le tissu humide.
Elle prit doucement ce dernier dans ses mains d'un air concentrée et le plia avant de l'apposer sur le front du jeune homme. Celui-ci gémit doucement en sentant la fraîcheur apaisante.
- C'est bien, Eimi, l'encouragea le blond. Maintenant, va au lit ma puce. Tu as bien mérité de te reposer.
*Je veux pas. Je veux rester avec tonton Haruta.*
- Je vais m'occuper de lui, ne t'inquiète pas, yoi.
Elle hésita.
- Il ne va pas être content s'il apprend que tu n'as pas dormi de la nuit pour rester à son chevet alors qu'il est juste un peu malade…
Elle fit une moue contrariée.
*Tu viens me chercher quand il se réveille ?*
- Promis, fit-il en croisant les doigts dans son dos.
Elle lui fit un bisou sur la joue avant de descendre du lit. Elle lui tendit son doudou.
*C'est pour qu'il dorme sans cauchemars.* expliqua-t-elle.
- Il sera content que tu penses à lui ainsi.
Elle sortit avec un bâillement. Le blond se retint de sourire en posant le doudou à côté d'Haruta. Les autres le charrieraient tellement quand ils verraient ça… Il prit une chaise et s'installa à côté de lui, changeant temps en temps le linge mouillé sur son front. Le brun remuait les lèvres dans son sommeil et s'agitait un peu, comme dans un rêve.
Alors que l'aube commençait à pointer, il ouvrit difficilement les yeux, les refermant vite et se passant les doigts sur les tempes.
- Comment ça va, Haruta ?
- Bordel, cette gueule de bois… Jamais eu une aussi violente. C'est pour ça que je suis là, j'ai fait une connerie ?
- Ce n'est pas que la gueule de bois, lui expliqua le Phénix. Eimi t'a retrouvé inconscient dans un couloir, tu te souviens de comment tu en es arrivé là ?
- Non… Enfin, je suis allé pissé et puis j'ai eu chaud, trop chaud d'un coup.
- T'as la mononucléose.
- La quoi ?
- Tu sais, la maladie du baiser.
- Sérieux ?
- Ouais. T'aurais pu faire plus viril quand même yoi, je sais pas moi, la syphilis, un truc d'homme quoi ! Le railla le Phénix.
- Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi… gémit le jeune commandant.
- Avoue que ça fait quand même gamin. Les autres vont se foutre de ta gueule comme jamais.
- Putain, si je choppe la minette qui me l'a refilée…
- Au lieu de penser à ça, tu devrais plutôt te reposer. Le doc' a dit que tu en aurais pour quelques mois.
- Quoi, je dois rester dans un pieu pendant si longtemps ? Mais je vais mourir d'ennui ! Il exagère, je suis sûr. Dès que je peux tenir debout, je sors de là !
- Je ne ferai pas ça si j'étais toi yoi, répliqua le blond d'un air amusé. Tu as une petite infirmière déterminée qui serait prête à te taper si tu ne restes pas tranquille.
- Qui ?
- Eimi.
Le brun écarquilla les yeux de surprise.
- Elle est restée à ton chevet pendant que tu dormais. J'ai dû la forcer à aller dormir, elle s'accrochait à toi comme une moule à un rocher… Elle a eu très peur pour toi.
- Elle est si mignonne… fit le jeune d'un air attendri.
- Elle va tout faire pour que tu suives les conseils du médecin à la lettre. Ne doute pas de sa détermination, elle est encore plus tête de mule que toi.
- Bon, d'accord. Si c'est elle qui s'occupe de moi alors je resterai sage. Mais c'est bien parce que c'est elle.
- Bonne décision.
Le blond s'étira, faisant craquer ses os.
- Comment tu vas faire alors, pour Shanks ? Tu ne comptes pas y aller seul j'espère ?
- J'amènerai Izou avec moi. C'est un des moins lourds et il n'a pas mangé de fruit du Démon.
- Bon choix. Quelle plaie que je sois tombé malade… J'aurais bien aimé revoir l'équipage du Roux. Ce Rockstar en particulier.
- Tu auras plein d'autres occasions si on conclut une alliance avec lui, yoi.
- Hum.
La tenture qui isolait le lit où reposait le malade s'ouvrit sur le docteur, qui venait aux nouvelles. Marco les laissa et se dirigea vers le pont pour prendre l'air. Des hommes dormaient à même le sol, ivres morts. Le phénix soupira en se massant les yeux. Il aurait bien besoin d'un petit somme lui aussi, après cette nuit de veille. Il se dirigea vers sa cabine et s'allongea. Il repensa un instant au geste d'Eimi alors qu'elle était au chevet d'Haruta.
- On dirait bien que ta fille tient beaucoup plus de toi que de moi, Elie, souffla-t-il avant de laisser ses paupières lourdes se fermer.
Marco ferma les yeux, laissant ses flammes bleues le recouvrir rapidement. Une sensation grisante s'empara de lui. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas pris cette forme… Son fruit du Démon était en effervescence, trop heureux de s'exprimer à nouveau. Il se tourna vers sa fille, émerveillée devant le plumage bleu.
- Tu n'avais jamais vu ton papa comme ça hein ? fit Izou en lui caressant la joue.
La petite hocha la tête énergétiquement avant de s'approcher, touchant les plumes de feu doucement.
*Moi aussi je suis un oiseau comme toi ?* Demanda-t-elle avec des yeux émerveillés.
- Non, il n'y a que ton papa qui peut prendre cette forme. C'est grâce à son fruit du Démon. Il est beau hein ?
- Venant de toi Izou, ces paroles me font peur…fit Marco en frissonnant.
- Imbécile, répliqua le travesti en lui tirant la langue.
- Langage…
- J'aime pas les blonds, tu devrais le savoir… Bref, on y va ?
Eimi s'accrocha à son père de toutes ses forces.
*Fais-moi voler ! S'il-te-plait…*
- Non, Eimi. Tu es encore trop petite. Quand tu seras capable de t'accrocher à moi sans risquer de tomber, promis.
Elle bouda un peu mais finit par se détacher de lui et se blottit contre Vista.
- Soyez prudents tous les deux, lança celui-ci aux deux hommes qui se préparaient au départ.
- Ne vous inquiétez pas, si Marco tombe à l'eau j'irai le repêcher… Et je l'empêcherai de se faire entourlouper par ce gredin de Roux.
- Comme si j'avais besoin de toi pour ça, yoi… Bon allez à plus les gars ! Faites pas de bêtises pendant notre absence, on reviendra aussi vite que possible.
Le phénix s'envola, Izou agrippé à ses épaules. Eimi les regarda voler, rêveuse.
Azami était face à la mer. Elle observait cet étrange navire s'enfoncer petit à petit dans les profondeurs de la mer. Le Sunny Go. Elle n'avait pas osé dire au revoir à l'épéiste, de peur que ses nakamas ne l'aperçoivent. Elle eut un sourire alors que le puissant bateau disparaissait totalement sous l'eau. Voilà, Zoro était parti vers de nouveaux horizons, de nouvelles destinations riches en aventure. Quant à elle… elle se perfectionnait, n'ayant pas d'autre choix que de rester sur place en attendant le retour de son amant. Elle soupira avant de retourner vers le bar de l'Arnaque.
Pendant que l'équipage du Chapeau de Paille se reconstituait, elle était restée à l'écart du groove 41. A vrai dire, Rayleigh lui avait donné des consignes pour le moins surprenantes : se fondre dans la foule du parc d'attraction. C'était pour récolter, par chance, de maigres informations sur Neil et Josh. C'était également pour la mettre mal à l'aise. Il savait qu'elle détestait la foule, il y avait de quoi. Il y avait beaucoup trop de voix pour qu'elle le supporte longtemps. Mais d'après lui, c'était fait exprès. Il fallait qu'elle contrôle encore mieux le flux d'informations qui lui parvenait.
A part de puissants maux de crâne, elle ne voyait pas ce que ses conseils lui avaient apporté jusqu'à présent, mais elle ne se plaignait pas. Elle finirait par aller là où il voulait la diriger. Ils avaient du temps, après tout. Elle grimaça à cette pensée. Il fallait qu'elle arrête, cela ne lui ressemblait pas d'être négative comme cela.
Elle pénétra dans le bar et se dirigea naturellement vers le comptoir.
- Bonjour Azami, fit Shakky en relâchant une bouffée de fumée.
- Bonjour Shakky !
- Qu'est-ce que je te sers ? Ton petit brigand a déjà reçu un jus de pomme.
- Haiko est ici ? s'étonna la jeune femme.
- Oui, je l'ai ramené. Il n'y a plus de raison que vous restiez dans la planque de Rayleigh. Vous serez bien mieux ici. Surtout si tu travailles avec moi.
- Quoi ?
- Ah, Rayleigh ne t'en a pas parlé alors, reprit-elle avec un petit rire.
En parlant du loup, celui-ci entrait à son tour dans le bar.
- ça y est, Luffy est parti… Je suis plein de nostalgie. Bonjour Azami.
Elle le salua à son tour.
- Shakky t'a-t-elle mis au courant pour le bar ? lui demanda le vieux loup de mer avec un sourire bienveillant.
- Je viens de l'évoquer, admit la barmaid. Mais je n'ai rien dit de plus.
- J'ai changé un peu ma méthode d'entraînement. Le matin, tu feras comme avant au parc d'attraction. Te mêler à tous ces gens si différents, pour t'habituer à entendre ces multitudes de voix sans en être affectée. L'après-midi en revanche, tu te feras passer pour une nouvelle serveuse du bar de l'Arnaque. Avec le groupe restreint que constituent les clients, tu affineras tes capacités de perception. Le but final de tout ça, c'est que tu puisses concevoir dans ton esprit chacune de ces personnes de manière indépendante des autres tout en ayant l'esprit occupé ailleurs, à savoir les servir. Que tu réussisses, plus tard, à suivre une de leurs voix en particulier, tout en gardant conscience des autres qui l'entourent. Ainsi, tu pourras plus tard prendre un ennemi en chasse sans te couper de tout le reste, ce qui te met en danger.
L'Amazone hocha doucement la tête.
- Et le soir ?
- Fais comme tu voudras. A la cave, il y a une grande pièce où tu pourrais perfectionner ton entraînement physique, pour ne pas perdre la main dans le maniement des armes et du Haki de l'armement. Shakky a à l'étage de nombreux livres sur le Shin Sekai, la Révolution, le Gouvernement Mondial et le monde de la Piraterie, si tu souhaites te documenter. Tu peux aussi fatiguer ton hyper actif de fils, ça ne lui fera pas de mal….
- Maman ! tu es revenue !
Haiko s'accrocha à sa mère, se pelotonnant contre sa poitrine tandis qu'elle le soulevait avec un petit rire.
- On croirait voir mon petit Monkey en plus jeune, sourit Shakky. Une vraie boule d'énergie.
- Bonjour mon ange… Comment vas-tu depuis ce matin ?
- Shakky est très zentille. Elle m'a encore donné du zu !
Azami sourit en lui essuyant la bouche. Il avait du jus partout.
- Du jus, Haiko. Jus.
- Zu.
- Bref, abandonna-t-elle pour aujourd'hui. Je crois qu'on est bons pour un bain tous les deux…
- Ouais ! fit le gamin en riant dans ses bras.
Elle s'excusa auprès des deux adultes et monta à l'étage avec son précieux chargement.
- Si Portgas avait connu sa mère, je crois qu'il aurait eu la même innocence que son gamin, lança Shakky en allumant une nouvelle cigarette.
- Va savoir, soupira Rayleigh. On ne peut refaire le passé. Mais tu aurais sans doute eu raison. En tout cas, il est aussi difficile à canaliser que son oncle, si ce n'est pire.
L'eau savonneuse les entourait tous les deux. Azami frottait doucement le dos de son fils tandis que celui-ci jouait avec la mousse du bain.
- Alors, tu es content d'être ici, Haiko ?
- Oui. Shakky est zentille. Mais Ralé est pas drôle.
- Rayleigh… corrigea l'amazone en pouffant.
- Ralé. Il veut touzours que ze me calme et que zarrête de zouer.
- Il fait ça pour t'aider, mon cœur, pour que tu sois un garçon très très fort, reprit la brune en lui frottant le bout du nez. Tu dois être gentil avec lui.
- Oui mais il est pas drôle. Et puis t'es pas là ze m'ennuie.
- Je suis désolée, s'excusa-t-elle en lui embrassant le front. Je travaille dur, comme toi mon grand. Grâce à Rayleigh, je deviendrai la maman la plus forte du monde.
- Mais t'es dézà trop forte.
Il se pelotonna un peu plus contre la poitrine de l'Amazone. Cette dernière rit en imaginant la tête qu'aurait fait Shanks s'il avait vu ça. Il serait vert de jalousie… Ce serait bien fait pour lui.
- Dis maman, ils reviennent quand Zosh et Neil ?
Le sourire de l'Amazone se fana.
- Je ne sais pas, Haiko… murmura-t-elle d'une voix cassée.
- Ils me manquent…
- A moi aussi, mon cœur. A moi aussi.
Une larme coula discrètement le long de la joue de la jeune femme.
- Allez viens, il est temps qu'on sorte et que tu ailles au lit. Tu vas attraper froid sinon.
- D'accord…
Azami rejoignit Rayleigh et Shakky au comptoir. Ils buvaient un verre en l'honneur du petit Monkey D. Luffy et de son équipage de déjantés.
- Alors ma petite Dracule, tu sens un changement depuis que tu es ici ? Demanda Shakky, curieuse des progrès de la jeune femme dans le maniement du Haki.
- Pas vraiment…
- Cela viendra, fit Rayleigh avec assurance. Je ne me fais pas de soucis pour toi. Ça ne se fera pas du jour au lendemain, c'est sûr, mais tu y arriveras.
-Hmm.
Elle but une gorgée de rhum lentement, savourant le liquide ambré.
- Tu es bien pensive ce soir, lui fit la barmaid en aspirant une bouffée de sa cigarette. C'est parce que le bretteur te manque déjà ?
- Non, répondit Azami avec un sourire. Rien à voir.
- Serait-ce ton cher empereur alors ?
- Non plus. A vrai dire, je me posais une question, Rayleigh.
- Hmm ?
- Je suppose que lorsque vous vous servez fortement de votre Haki de l'observation, vous vous retrouvez plongé dans votre monde intérieur.
- C'est exact. Tout comme toi.
- Oui... Je me demandais, est-ce que vous connaissez tous les recoins de ce monde intérieur, ou existe-t-il des parts d'ombre ?
- Que veux-tu dire par là ? fit-il en fronçant légèrement les sourcils.
- Eh bien… ça va vous paraître farfelu, mais il y a une porte cachée dans un coin de mon monde intérieur. Depuis que je suis toute petite, cette porte m'effraie et m'attire tout à la fois. Elle dégage quelque chose d'envoûtant, comme si elle m'incitait à l'ouvrir. Je n'ai jamais essayé, mais ça m'intrigue… Avez-vous quelque chose de similaire dans votre monde à vous ?
Rayleigh sembla hésiter. Shakky les regardait tous deux, intéressée.
- Cela est représenté sous la forme d'un puits sans fond, pour moi, finit-il par dire.
- Qu'est-ce ? lui demanda l'Amazone.
- Aucune idée. Je ne m'y suis jamais intéressé. Mais je te conseillerai de ne pas chercher à l'ouvrir. Si ça se trouve, c'est un moyen détourné que notre esprit a trouvé pour intérioriser nos peurs les plus profondes. Il n'est jamais bon de réveiller certaines choses.
Elle acquiesça avant de finir son verre et de leur souhaiter bonne nuit.
- Pourquoi lui as-tu menti, Rayleigh ? s'enquit Shakky une fois qu'elle disparut de leur champ de vision
Elle passa de l'autre côté du bar et se serra contre lui.
- Elle n'est pas encore prête pour ça, répondit-il en vidant son verre. Si je le lui dis, elle ne me croira pas et elle voudra vérifier par elle-même. Il est trop tôt. Beaucoup trop tôt pour qu'elle puisse résister si elle emprunte ce chemin. Je ne veux prendre aucun risque.
L'ancienne pirate acquiesça avant de leur resservir un verre. Rayleigh avait raison. L'agneau devait pouvoir dévorer le loup avant de s'aventurer sur son terrain de chasse.
