Brahms : Serais-ce le docteur House ? Je vous reconnaitrais entre mille, malgré ma cécité, votre respiration ne trompe personne. Elle est presque inexistante et très calme…
House : Qui êtes vous ?
House observait le tireur. Le regard franc et abrupt, le jumeau ne sourcillait pas. D'un autre coté, son arme devait sans doute lui apporter beaucoup de confiance en lui…
House tenta de contrôler la situation ou du moins de l'analyser comme il le put. Il était certes un médecin, un célèbre diagnosticien, un génie des maladies infectieuses, mais ce n'était surement pas un tireur professionnel, et encore moins un meurtrier. Seulement dans ce silence pesant, la seule chose qui lui donnait du courage c'était les yeux de Lisa qui ne cessait de pleurer. Elle c'était la directrice de l'hôpital, la doyenne de la faculté de médecine, une amante et surtout une mère. Une femme de tête comme on pourrait le croire. Mais qui tiendrait tête a Colt 45 ?
House : Vous êtes son frère. Ce n'est pas difficile a voir, je peux même vous affirmer que vous êtes des jumeaux monozygotes. C'est a dire que d'un point de vue de la génétique constitutionnelle, vous êtes comme deux clones d'un même individu. Cette comparaison peut aller encore plus loin, elle peut porter sur des marqueurs sociologiques et…biométriques. Autrement dit vous avez les mêmes empreintes digitales, le même ADN…
Le frère écoutait toujours, mais n'avait pas pour autant baisser son arme. Heureusement, House non plus.
House : Pratique pour faire vos coups a deux. Parce que il est certain que vous avez participé aux meurtres qui incombe a votre frère. Pour une raison simple. L'agent Aaron m'a parlé d'un changement de personnalité entre celui qu'il avait arrêté, et celui qu'il recherchait. Cette autre personnalité, c'était vous. C'est vous le meurtrier et le violeur.
Brahms : Tue-le Dylan !
Depuis son lit, Kevin Brahms avait écouté le monologue de House, et ses paroles ne semblaient pas le réjouir. Il avait découvert leur petite combine, mis leur plan a nu, et par la même occasion, provoqué une hyperventilation dans sa poitrine. Kevin Brahms s'enfonçait un peu plus a chaque seconde. La question maintenant, était de savoir si « Dylan » allait écouter son frère…
Dylan : Qui vous dit que je suis le violeur ?
House : Parce que votre frère a de l'hypertension artérielle, ca a provoqué l'obstruction presque complète des artères génitales. De plus j'ai remarqué qu'il a des traces jaunâtres sur le bout de ces doigts, ce qui indique qu'il a été fumeur pendant très longtemps et a très haute dose. L'obstruction est renforcée avec la nicotine. Le tout combiné et c'est l'impuissance assurée…
Dylan : On m'avait dit que vous étiez bon médecin, mais vous êtes aussi un excellent observateur docteur House…Si je suis le cerveau de cette histoire, quel serait le rôle de Kevin alors ? Impressionnez-moi…
House : Je pense que votre frère a un don exceptionnel, il a une mémoire olfactive extrêmement développée. Je l'ai su parce que rien qu'en passant dans un couloir il a su se souvenir du parfum du docteur Cuddy. Vous vous fiez a son jugement. C'est lui qui choisit vos proies par rapport a une odeur spécifique et a un type de femme particulier. Vous fonctionnez en binôme, c'est ca votre force.
Dylan : C'est vraiment très impressionnant. Avec de telles particularités vous nous seriez très utile, je vous assure. Et bien, puisque vous êtes là vous allez pouvoir nous aider. Mon frère a besoin de soins.
House : Je soigne votre frère si vous relâchez le docteur Cuddy.
Cuddy : Non Greg !
Elle en avait trop dit. Ce « Greg » sortait du plus profond de ces entrailles, sa voix était vacillante, ses yeux laissaient échapper quelques larmes et son regard était…tendre. Dylan Brahms l'avait remarqué, malheureusement.
Dylan : Que c'est touchant…je n'ai peut-être pas votre talent docteur House, mais ça, ca ressemble bien a de l'amour.
Il se retourna vers Cuddy, la plaqua doucement contre le mur, et approcha son visage au plus près du sien.
Dylan : Finalement peut-être bien que ca m'amuserait encore plus si vous restiez la à nous regarder House…Vous avez raison de prendre soin d'elle, elle est vraiment magnifique.
Cuddy : Si vous voulez qu'on soigne votre frère alors laissez nous faire notre job.
Dylan : C'est ca que vous n'avez pas comprit. Le docteur House va s'occuper de Kevin, pendant que moi, je m'occuperai de vous…
Plongé dans son désir d'avoir la directrice pour lui, Dylan Brahms n'avait pas remarqué que House s'était rapproché a un tel niveau qu'il pointait maintenant son arme contre le crane du jumeau. Le pistolet a bout portant contre sa tête, Dylan fit volte-face et se retrouva nez a nez avec le canon du Glock 22. House n'était pas un meurtrier, mais une chose était sure dans son esprit : personne ne toucherait a Cuddy. Et il décida d'affirmer son autorité grâce a l'arme qu'il avait entre les mains. Il recula de quelques pas, fit signe a Cuddy de se mettre derrière lui, et appuya sur la gâchette…
Malheureusement pour House, James Aaron était un bon agent, et il avait du se défendre jusqu'au bout, épuisant jusqu'à la dernière balle de son chargeur.
