Note D'Auteur

Les stats : 12440 mots, 24 pages. Plutôt pas mal. Comme vous le verrez, je fais un peu de répétitions de situations dans ce chapitre par rapport aux précédents chapitres. J'espère toutefois l'avoir fait de façon agréable.

La réplique du dernier baiser vient de Grey's Anatomy. Que voulez-vous, quand on est fan, on se refait pas.

Je remercie tous ceux qui m'ont envoyé une review. Je vous adore vraiment tous et vous illuminer mes journées !

Merci comme d'habitude à Morgane et Mathilde, mes amours chéris ! Morgane, si tu lis avec ta sœur (coucou Nolwenn !), écarte la de l'écran vers la fin.

Je dédie ce chapitre à Mél et Anna avec qui je m'amuse énormément sur le forum, en espérant que ce j'ai écrit soit digne du club Gryffor. Je dédie aussi ce chapitre à Tif qui a deviné qui j'étais.

La chanson du titre est de Muse.

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Ashes Of Dreams You Let Die

Chapitre 10 : Butterflies And Hurricanes

- Joy -

Je ne l'aurais jamais imaginé, mais Sirius est plutôt quelqu'un de traditionnel. Il a cette espèce d'obsession avec me tenir la main ou m'embrasser chaque fois que ses amis sont dans le coin. C'est tellement ridicule. Je ne vois pas ce que ça change entre nous s'il me tient la main ou pas ! Mais bon, comme ça a l'air de lui faire plaisir, je fais semblant d'être normale comme il me le dit avec un sourire moqueur. James et Remus ont fait un pari qu'il m'embrasserait devant toute la Grande Salle avant dans les deux semaines qui vont suivre. Je sais que je lui ai dit qu'il pouvait m'embrasser devant Gallagher, je supposais que c'était sûrement un rituel masculin dont j'ignorais la signification, mais je ne pouvais pas m'y résoudre. Mulciber et Ariel Snow étaient sans arrêt après moi.

Merlin, comme s'ils n'avaient rien d'autre à faire dans leur vie. Mulciber s'est prit d'un intérêt sordide pour moi. Je sens son regard sur moi, qui me suit, qui m'espionne… Je ne ressens pas trop de peur, plus du dégoût et une sensation de malaise. Je pense en savoir la cause. Déjà, quand il était chez Sirius pendant les vacances, il a fait comprendre très clairement ce qu'il aurait bien aimé me faire : ce qu'il avait fait à Mary McDonald mais il espérait que je serai consentante. J'en avais des nausées rien qu'à la pensée. Mulciber était plutôt mignon mais il était clairement dérangé. Dans le genre sadique, pervers et dément. Il était totalement désaxé. Il me faisait peur, pas trop pour moi mais pour les autres filles qui se laissaient berner par son apparence extérieure et ses manières mielleuses. Mais maintenant que nous étions rentrés, j'étais presque sûre que les rumeurs qu'avaient répandues Ariel à mon sujet lui étaient montées à la tête et dans son esprit de déséquilibré fanatique de Voldemort, il croyait vraiment que j'étais… l'élue de Vous-Savez-Qui.

Je n'avais pas dit à Sirius que Mulciber me suivait partout où j'allais et qu'il me faisait des propositions indécentes. Sirius n'a aucun contrôle de lui-même. Je n'imagine même pas ce qu'il ferait à Mulciber s'il le savait. Mais je n'étais pas stupide et Sirius non plus. Il allait finir par le remarquer tôt au tard. Et je redoutais déjà ce jour. Quant à Ariel Snow, j'ai appris en laissant mes oreilles trainer que Sirius avait eu une petite mise au point avec elle. Elle ne me confrontait plus directement et n'avait plus essayé de me lancer de sorts mais je savais qu'elle continuait de répandre ces rumeurs sur mon dos et sur la marque de Voldemort.

Le pire, c'est que les gens la croyaient ! Il fallait les voir me regarder, espérant ou terrifié de me voir me transformer en quelque chose d'inhumain. Enfin, plus que je ne l'étais déjà en tout cas…

Mon dos… La vérité, c'est que ce n'était pas le sort d'Ariel qui m'avait fait tombée dans les pommes. Mais mon dos. Une douleur comme je n'en avais jamais ressenti. Comme me faire brûler une deuxième fois. Et Ariel n'avait rien eu à voir la dedans. La pauvre était tellement mauvaise qu'elle n'avait même pas prononcé le bon sort. Madame Pomfrey l'a tout de suite vu et a fait des examens. Ils ne savent pas ce que j'ai. Il se peut que ce soit juste une douleur fantôme et qu'il n'y ait rien d'inquiétant. J'espère vraiment que c'est ça. Je suis d'ailleurs encline à cette solution, je n'ai pas eu mal depuis.

Je ne l'ai pas dit à Sirius non plus. Inutile de l'inquiéter. Je me sens bizarrement coupable de lui cacher la vérité mais je me rassure en me disant que ce qu'il ne sait pas ne peut pas le blesser. Sirius s'inquiète beaucoup trop pour moi en général et il est déjà assez protecteur comme ça. Imaginez que je lui raconte les avances libidineuses de Mulciber et la douleur inexpliquée de mon dos. Non, je ne pense pas…

Pour continuer sur une meilleure note, je crois que Lily commence à craquer pour James. Et quand je dis craquer, c'est vraiment le début de la fin pour elle. Enfin, avant qu'elle se l'admette, on a encore le temps. Je sais, je sais, c'est moi qui ose dire ça… Passons sur ce point. Si vous aviez vu sa tête quand James l'a embrassée. Je ne l'avais jamais vu rougir autant, elle a prit la couleur de ses cheveux. Elle n'a pas répondu au baiser mais elle n'a pas frappé James non plus. Je ne vous raconte pas l'état de James et ce que doivent endurer Sirius et Remus. Il n'a jamais été aussi heureux. Il a toujours cette espèce de large sourire un peu rêveur sur le visage et j'espère sincèrement que je n'en aurais jamais un de ce genre. Sirius et Remus ont un pari sur ça. Combien de temps va prendre James à convaincre Lily de vraiment sortir avec lui. Ils essayent de me soutirer des informations, ils savent que Lily se confie à moi et ils savent aussi que ma loyauté est avant tout avec les Maraudeurs. L'ancienneté prime apparemment. Je les laisse croire ce qu'ils veulent, je préférerais qu'Ariel Snow étale encore toute ma lingerie dans la salle commune plutôt que de révéler les secrets de Lily. Si j'ai appris une chose de l'amitié entre filles, c'est qu'on se serre les coudes, on est solidaires.

De toute façon, je n'aurais pas grand-chose à dire sur le sujet James parce que (et c'est ça qui m'a confirmé mon hypothèse) Lily se met dans une colère noire dès que Meg ou moi avons le malheur de mentionner James. Elle ne veut même pas en parler et ça, c'est très bon signe pour James. Lily a toujours été le type bavard alors son silence vaut plus que des milliers de mots. Finalement, je m'amuse bien dans le magma des émotions des autres.

Mes sœurs me mènent la vie dure en ce moment. Elles avaient toujours considéré que j'étais Serpentard vu que je ne parlais jamais à personne. Ni de Gryffondor ni d'aucune autre maison. Mais maintenant que Sirius et moi on est Sirius et moi… Et que je suis amie avec ses amis. Elles n'en finissent plus. Elles pensent que je les ai trahies. Je trouve un peu grâce aux yeux de Callie parce que je lui ai dit que Regulus craquait aussi pour elle après les choses qu'il a laissé sous entendre pendant tout les petits-déjeuners qu'on a prit ensemble. Ma sœur Lys, c'est une toute autre histoire. Elle m'a vue allongée dans l'herbe avec Sirius Black entre les cuisses. Résultat, maintenant elle pense que je vis une vie de débauche et de perversion. Je ne savais même pas que Lys accordait tant d'importance à ma virginité. Quant à mes parents, ma mère en particulier, je ne préfère même pas en parler, ça me donne déjà mal à la tête…

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Maintenant que les jours avancent dans la mi-novembre, les jours deviennent vraiment froids et pluvieux. Je n'aime pas vraiment l'humidité, ça fait tirailler mes cicatrices, mais je suppose que je n'ai pas vraiment le choix vu où j'habite. J'ai eu de la chance parce qu'aujourd'hui, le temps n'est pas très humide, il est froid et plutôt sec. J'en ai immédiatement profité et je me suis rendue près de mon arbre préféré au bord du lac. J'ai inspiré à plein poumons l'air froid et je l'ai senti brûler mes poumons. J'aime le temps frais et sec. Je me suis adossée contre le tronc et j'ai fermé les yeux en continuant de respirer l'air glacial. Mes yeux s'ouvrirent brutalement quand des lèvres chaudes se posèrent sur les miennes. J'eus un mouvement de recul instinctif mais je reconnu vite l'odeur de Sirius qui m'enveloppait. Il se retira du baiser et j'ouvris les yeux. Il m'en voyait un grand sourire rieur et ses yeux pétillaient. Dans ses moments, je me demandais ce qu'il pouvait bien faire avec moi…

Je m'enlevai bien vite ces pensées de la tête, Sirius commençait à pouvoir lire mes émotions sur mon visage comme dans un livre. Je lui renvoyai un léger sourire et il s'assit en face de moi, prenant mes mains dans les siennes et les frottant vigoureusement pour les réchauffer. Je ne savais pas comment il faisait mais Sirius arrivait toujours à me trouver où que je sois. Je lui avais demandé maintes et maintes fois mais il ne me répondait que par son sourire arrogant et avec une voix pleine de mystère me répondait : « secret de Maraudeurs ». Je détestais quand il me disait ça avec son petit air « je suis meilleur que tout le monde », j'avais une furieuse envie de devenir violente dans ses moments.

- Tu aimes bien cet endroit, j'ai remarqué, me dit-il en lâchant mes mains.

- Oui, je trouve ça très…apaisant de venir ici, répondis-je simplement en inspirant encore une fois.

- Tu sembles ailleurs en ce moment, tu es sûre que ça va, Joy ? me demanda-t-il en plongeant ses yeux dans les miens.

- Oui, ça va, répondis-je brièvement. Tu es venu me voir pour une raison particulière ?

- J'ai besoin d'une raison pour venir te voir, Joy ? me demanda-t-il et j'eus l'impression d'avoir un peu heurté ses sentiments. J'avais juste envie de te voir, continua-t-il, mais si je te dérange !

- Tu sais bien que je ne voulais pas dire ça, dis-je sur un ton d'excuse.

- Non, je ne sais pas, figure toi, dit-il soudain d'une voix un peu plus irritée. Ca va faire un mois qu'on est ensemble, Joy ! Et j'ai la nette impression que tu as honte de moi ou quelque chose de ce genre ! Je fais tout les efforts du monde pour te faire plaisir et ça ne semble jamais assez !

- Tu cherches à provoquer une dispute ? demandais-je, devenant moi aussi de plus en plus irritée à la minute.

- Ce que j'essaie de te dire, c'est que je n'en peux plus ! Je ne supporte plus de ne te voir qu'entre deux couloirs et de nos baisers volés.

- On était d'accord tout les deux pour rester discrets, Sirius, lui fis-je remarquer.

- Oui, ça devait ne pas sauter aux yeux mais là, y'a peu de chance que ça arrive ! On ne dirait même plus qu'on est amis !

- Tu exagères et tu le sais !

- Je n'exagère rien du tout et tu le sais ! s'exclama-t-il clairement énervé. Je veux être avec toi, vraiment avec toi ! Je ne veux pas de ce simulacre de relation !

- Tu veux quoi ? Me tenir la main vingt-quatre heures sur vingt-quatre ? Me plaquer contre les murs dans les couloirs entre chaque cours ? Et dans un mois, tu voudras qu'on coordonne nos tenues pendant que tu y es !

- Là c'est toi qui exagère ! Tu es toujours tellement bornée à l'idée de faire ce que tous les autres font ! Comme si c'était une maladie ! Si c'en est une, c'est celle de l'humanité et tu n'as certainement pas le virus ! cria-t-il presque.

Ses yeux gris tempêtaient de colère non retenue et je suis sûre qu'il a dû voir l'air blessé sur mon visage. Je ne l'avouerais jamais et surtout pas devant lui mais ses mots m'avaient touchés beaucoup plus que je ne l'aurais voulu l'admettre.

- Je ne te force pas à rester si tu es si malheureux ! criais-je à mon tour. Tu as cinquante de tes pétasses qui attendent d'être la suivante alors ne te prive pas pour moi !

- Pourquoi tu remets toujours ça sur le tapis ! Ca n'a aucun rapport !

Je ne répondis rien et me contentai de le regarder. Sans nous en rendre compte, nous nous étions tous les deux levés et nous étions plantés l'un en face de l'autre, le regard colérique.

- Tu sais ce que je pense ? continua-t-il d'une voix furieuse. Je pense que tu essaies de saboter ce qu'on a par tous les moyens possibles ! Alors, si tu y tiens tant, je ne vais pas te priver du plaisir d'être une garce frigide !

- Si c'est ce que tu veux ! criais-je en retour, perdant de plus en plus mon contrôle.

J'avais à la fois une irrésistible envie de pleurer et de le frapper en même temps ! Je ne comprenais pas ce qu'il cherchait en venant me dire tout ça ! S'il voulait rompre, il n'était pas obligé de me faire une scène avant !

- Non, Joy ! cracha-t-il presque mon prénom. C'est ce que toi tu veux, depuis le début !

Et avant que je ne puisse répondre quoi que ce soit, il avait déjà tourné les talons, marchant à de grandes et furieuses enjambées vers le château.

Je devais avouer que je n'avais pas très bien compris ce qu'il venait de se passer mais j'en avais très bien compris l'issue : Sirius venait de me larguer. Et comme une conne, je n'avais absolument rien vu venir. L'envie de le frapper était passée et je me rendis compte que je pleurais sans même m'en rendre compte. Les larmes étaient presque gelées sur mes joues. J'avais du mal à respirer et j'avais mal au cœur. J'avais l'impression qu'il ne battait plus normalement, qu'il manquait un battement, qu'il était boiteux. Je me sentais triste. Je n'aurais pas pensé que ça m'aurait fait aussi mal et ça arriva un peu comme une surprise.

Quand je remontai dans la salle commune, je vis que Sirius était assis sur le canapé entouré de James et Remus. Ils levèrent la tête vers moi quand ils me virent et eurent une expression sur leur visage, comme si j'allais aller les rejoindre. Mais je ne le fis pas et je montai directement dans ma chambre. Je savais qu'ils avaient vu mes larmes et je me sentis très embarrassée à l'idée d'avoir autant dévoilé mes émotions.

Je m'affalai sur mon lit et les larmes vinrent encore une fois sans que je m'en aperçoive. Des larmes silencieuses. Pas de sanglots, pas de cris. Des larmes froides, inhumaines et muettes. Des larmes à mon image. Je n'avais qu'une envie c'était que Sirius monte et vienne me prendre dans ses bras pour me dire que tout n'était qu'une dispute. Mais je savais que ça n'allait pas arriver. Je crois que j'aurais accepté toutes ses conditions… Je me sentais vraiment pathétique.

Je ne peux pas vous dire combien de temps après mais Lily et Meg sont montées dans mon dortoir. Elles s'installèrent de chaque côté de mon lit. Mes larmes avaient cessé de couler mais il était facile de voir ce que je venais de faire. Lily et Meg retinrent à peine des petits cris de surprise.

- Joy… me dit Lily avec douceur. Qu'est ce qu'il se passe ? Sirius est en bas et il est dans un sal état. James et Remus ne savent pas quoi faire.

Je ne répondis rien et me contentai de les regarder. J'étais touchée par le fait qu'elles aient pris la peine de venir de voir.

- Joy ? interrogea alors Meg qui posa un regard bienveillant sur moi comme si elle cherchait à savoir si j'étais toujours là.

- C'est fini, dis-je simplement d'une voix rauque qui se coinça à moitié dans ma gorge. Tout est fini. Avec Sirius. Il m'a…quittée…

- Quoi ? s'exclama Lily, une main venant devant sa bouche. Sirius ne peut pas faire ça ! Il est fou amoureux de toi !

Je sentais que les chutes du Niagara allaient refaire leur apparition. Tout n'avait été que des illusions et des désillusions. De douces et amères désillusions…

- Lily, avertit Meg d'une voix douce comme pour dire de ne pas remuer le couteau dans la plaie.

Lily se ravisa de dire quelque chose et me regarda gentiment.

- Tu veux qu'on fasse quelque chose ? me demanda Meg. N'importe quoi ?

- Je veux juste être seule, dis-je de la même voix cassée.

- Joy, tu es sûre que… commença Lily.

J'allais l'interrompre et lui dire que je voulais vraiment être seule mais une douleur violente et lancinante me prit le dos et je ne pus littéralement plus parler. La douleur avait anesthésiée la faculté de parler et j'entendis le sang battre dans mes tempes et la sueur couler le long de mon visage. Je vis les regards inquiets de Meg et Lily alors que la douleur irradiait dans tout mon dos. Je me sentis nauséeuse et tout tourna et ce fut le noir complet…

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Quand je me réveillai, j'étais à l'infirmerie. Lily et Meg étaient à mon chevet et quand elles virent que j'avais repris conscience, elles appelèrent Madame Pomfrey et ma tête me fit souffrir le martyr. Leurs voix résonnaient et ma tête tambourinait comme si elles avaient hurlé. Madame Pomfrey accouru et fit glisser une potion dans ma gorge. Je me sentis repartir dans les limbes de l'inconscience sans m'endormir vraiment. Je compris que j'étais tout simplement droguée. A très forte dose. Tout était comme dans une brume, ma tête comme dans du coton, j'avais comme un voile devant les yeux et les voix de tout le monde semblaient adoucies.

- Joy ? appela la voix que je reconnu être celle de Lily.

- Ne… dis… rien… à… Sirius, fut la dernière chose qui arriva à franchir (difficilement) ma bouche avant que je ne sombre à nouveau dans le noir le plus total.

La deuxième fois que je repris conscience, il faisait nuit dans l'infirmerie. Madame Pomfrey arriva à mon chevet et m'aida à me redresser. Je n'avais plus mal à la tête mais je me sentais encore un peu dans les vapes.

- Qu'est-ce qu'il m'est arrivé ? demandais-je la voix sèche et rauque.

- Je ne sais pas, répondit-elle la voix désolée. La même chose que la dernière fois mais en plus violent.

Je ne répondis rien. Il n'y avait rien à répondre. Tout n'allait pas vraiment bien alors. Ca venait de recommencer. Ca prouvait que quelque chose allait mal. J'essayai de ne pas trop m'inquiéter mais j'étais terrorisée à l'idée de revivre toutes ces années de chirurgie reconstructrice et de magie guérisseuse.

- Joy… me dit alors Madame Pomfrey, laissant traîner sa phrase.

Et je reconnu tout de suite le ton, c'était celui que tout mes médecins utilisaient quand il y avait une mauvaise nouvelle, une greffe qui n'avait pas pris, une infection ou quand les traitements magiques n'avaient plus d'effets.

- Joy, continua-t-elle. La brûlure s'est étendue un peu plus bas et un peu sur les côtés de vos bras par derrière. Quelques centimètres à peine, vous ne le remarquerez même pas, mais, je ne vous cacherais pas que c'est très inquiétant. Une blessure soignée et cicatrisée comme ça ne devrait pas s'étendre après autant de temps.

J'ai cru que j'allais m'évanouir. Je ne pouvais pas y croire. Cela ne pouvait m'arriver. Pas ça. Pas encore. J'avais l'impression que tout tombait sur moi et les larmes menaçaient de tomber. Je ne voulais pas revivre l'enfer d'avant. Les consultations, les regards, les examens…

Madame Pomfrey eut la décence de s'en aller quand elle vit que je me secouais de sanglots. Je pleurais pour Sirius, pour mon dos, pour tout ce que je savais que j'allais devoir affronter, pour l'enfer qui s'annonçait. Et cette fois, comme avant, je serais seule à y faire face. Entièrement seule…

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Je sortis le jour suivant et la raison officielle invoquée par Madame Pomfrey fut une intoxication alimentaire. Je savais que Lily et Meg n'y croyaient pas trop mais elles étaient trop gentilles pour me demander la vraie raison. Ariel Snow, elle, ne s'était pas gênée et avait raconté à tout le monde que j'avais fait une tentative de suicide. Je n'avais même pas la force de la haïr et je l'enviais pour n'avoir que ça à penser de sa vie.

Les examens étaient déjà planifiés. Tous les deux jours, je devais retourner voir Madame Pomfrey et Dumbledore avait prévenu mes parents et j'avais la permission de m'en aller ce week-end pour aller consulter à Sainte-Mangouste. Au moindre signe de douleur, je devais également me rendre à l'infirmerie. Mes parents avaient été dévastés et je savais très bien ce qu'ils pensaient. On n'en viendra jamais à bout, impossible de mettre ça derrière soi et de l'oublier. Pour eux peut être, mais moi, même avant que ça ne recommencer, c'était impossible d'oublier que j'avais l'intégralité du dos mutilé.

Deux semaines étaient passées. Vite et lente en même temps. Mais sans Sirius. Meg et Lily avaient tenu leur promesse et ne lui avait rien dit. Il ne m'adressait pas un regard, comme si c'était trop douloureux pour lui et je faisais de même. Parce que c'était vraiment ça. C'était vraiment trop douloureux de le regarder et de me rappeler de toute la tendresse qu'avaient contenu ses yeux gris avant.

J'avais été à dix consultations, Moldues et sorcières. Résultat ? Nada, nichts, niente, que dalle. J'étais un mystère scientifique et magique. Il n'y avait aucune raison logique pour que la brûlure s'étende d'elle-même. Et c'était plutôt inquiétant vu que maintenant je m'évanouissais de douleur. Ils avaient ordonné d'autres examens tout aussi agréables que les autres. J'avais été piquée, perfusée, biopsiée, scannée… On m'avait prélevé des échantillons de peau saine, des échantillons de peau nouvellement brûlée et des échantillons de peau déjà cicatrisée. Heureusement qu'ils m'avaient shootée à mort parce que vu la douleur post prise d'échantillons, je suis sûre que je serais tombée dans un coma s'ils ne m'avaient pas gavée de morphine et de potions analgésiques.

Sirius me manquait. C'était aussi simple que ça. J'avais envie d'aller le voir et lui parler. Peut être même m'excuser. Mais je savais qu'il ne voulait certainement de plus rien avoir à faire avec moi. Je savais que c'était en partie ma faute mais j'étais beaucoup trop orgueilleuse pour faire le premier pas et je savais que c'était aussi son cas. Il m'avait déjà dit qu'il ne ferait pas indéfiniment les premiers pas et c'était vrai. Il ne les ferait plus. Et peut être qu'après tout c'était mieux comme ça alors que je venais de retomber malade, si on pouvait dire ça comme ça. Peut être qu'il valait mieux que j'évite de lui imposer ça. Ca aurait été trop dur de toute façon. Pour lui et pour moi. Je ne voulais pas qu'il me voit dans cet état de faiblesse et je devais l'avouer de terreur.

Mes insomnies avaient repris. J'avais dû mal à fermer l'œil et quand j'y arrivais, ce n'était pas un sommeil reposant mais un sommeil peuplé de cauchemars plus atroces les uns que les autres. Je rêvais que je me consumais, que je brûlais vivante, que mon corps entier était mutilé. Je me réveillai en nage et à bout de souffle comme si j'avais couru le 1500 mètres.

Déjà que j'avais du mal à me faire à l'idée que Sirius puisse m'aimer alors si je finissais entièrement brulée, ce n'était même pas la peine de rêver. Je sais qu'on dit que l'amour est aveugle mais à ce point, je ne suis pas sûre…

Meg et Lily essayaient de me convaincre par tous les moyens d'aller reparler à Sirius. Apparemment, il n'était pas très bien lui non plus et Meg m'avait confié qu'il avait été très inquiet quand j'avais été à l'infirmerie pour mon « intoxication alimentaire ». Ca, par contre, ça ne m'étonnait pas trop, Sirius était du genre à s'inquiéter pour un rien quand ses amis étaient touchés.

- Joy, tu devrais vraiment aller parler à Sirius, me répétait Lily pour la énième fois alors que nous étions toutes les trois à la bibliothèque.

- On en discute avec Remus et James et eux aussi s'inquiètent pour Sirius, intervint Meg. Et personne ne sait ce qu'il s'est passé exactement pour que vous en arriviez là.

- Ca, vous êtes tout les deux aussi têtus ! s'exclama Lily. Il n'a rien voulu dire à Remus et Potter non plus et toi, tu joues les pierres tombales.

- Je n'ai pas envie d'en parler, dis-je avec un haussement d'épaule.

J'étais beaucoup trop fière, je le savais. Je n'osais pas aller le voir de peur de paraître ridicule. Ca ne servait à rien maintenant de toute façon… Ce que j'appréciais avec Lily et Meg, c'était qu'elles ne me traitaient pas comme une malade qui risquait de s'évanouir de douleur d'un moment à l'autre. C'était agréable et ça me faisait penser à autre chose.

- Tu vois comment sont les filles après une rupture avec un garçon dont elle était amoureuse ? me demanda Meg.

Je sentais que ce n'était pas vraiment une question mais plus quelque chose de rhétorique. Je ne répondis pas.

- Elles sont déprimées, elles pleurent, elles écoutent de la musique triste et larmoyante, bref un sal état quoi, continua Meg. Et on se dit toujours que si par contre, c'est un mec qui se fait larguer par la fille dont il est amoureux, il ne va pas faire ce genre de chose. On ne sait pas vraiment ce qu'il va faire mais on se dit sûrement que ça n'a rien à voir avec l'état d'une fille.

Tout ce que me disait Meg était très embrouillé. Je ne voyais pas vraiment où elle voulait en venir et apparemment, vu le regard que lui lançait Lily, elle non plus.

- Il y a un point à ton histoire ? demandais-je prestement et Meg me renvoya un regard noir.

- Mon point, c'est que je n'aurais jamais pensé voir un garçon être dans le même état qu'une fille. Et Sirius ? En ce moment ? Il a ce qui ressemble, ni plus ni moins à un cœur brisé.

- Pourquoi tu me dis ça ? demandais-je alors en la fixant.

- Parce que j'ai envie que tu ouvres les yeux et que tu cesses de faire ta pétasse arrogante ! s'écria Meg.

Je dus avouer que ça me choquais d'entendre Meg me parler comme ça. Elle était toujours si calme d'habitude. Mais je savais aussi qu'elle avait raison. Lily regardait Meg avec des yeux grands ouverts, elle aussi semblait avoir été surprise par sa petite tirade.

- Tu sais, dis-je en m'adressant à Lily, je suis contente que tu reparles à James. Même si c'est pour parler de moi et de Sirius.

Un petit sourire passa sur mes lèvres alors qu'elle baissa la tête et rougit un peu. C'était vrai, au moins mes conneries avec Sirius les avaient forcés à se reparler.

- Joy, continua Meg et me regardant bien droit dans les yeux. Je ne plaisante pas, va parler à Sirius. Si tu ne le fais pas, Lily et moi, on ira lui dire la vérité sur ce qu'il t'arrive.

C'était bas de leur part. Madame Pomfrey m'avait forcée à dire à Lily et Meg la vérité sur ma situation médicale. Elles avaient ordre de m'amener d'urgence à l'infirmerie si jamais il se passait la moindre chose. Je n'étais pas très heureuse de cet arrangement et ce qui vint de se passer me le prouva une nouvelle fois. Maintenant, elles utilisaient ça comme moyen de chantage.

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Chaque jour qui passa de la semaine, j'eus droit à des regards d'avertissement de Lily et de Meg. Je savais que je devais aller parler à Sirius sinon Meg et Lily allaient le faire à ma place. Mais à chaque fois que je le voyais au détour d'un couloir, mon cœur se serrait et je n'avais qu'une envie : courir dans la direction opposée. Je ne savais pas vraiment depuis quand j'étais devenue aussi lâche mais j'avais vraiment l'impression que c'était au dessus de mes forces de lui faire face. Et je n'étais même pas sûre qu'il ait envie de me voir. Après tout, s'il avait envie, il aurait pu tout simplement le faire lui-même. J'étais d'une mauvaise foi à toute épreuve, je le savais. Sirius était peut être aussi arrogant que moi et aussi buté. Aucune chance qu'il refasse le premier pas. Il me l'avait bien fait comprendre, il n'en pouvait plus de moi. Et je n'allais certainement pas m'imposer si je n'étais pas voulue.

J'en étais là de mes pensées quand une main se posa sur ma hanche et me plaqua violemment contre le mur. Mon cœur eut le bref espoir d'une seconde que ce soit Sirius mais je sus aussitôt que ce n'était pas lui. Il n'aurait pas été si violent et la personne qui me retenait toujours prisonnière contre le mur tenait mes poignets fermement serrés dans ses mains.

Je finis par lever les yeux et mon cœur s'affola dans ma poitrine. Mulciber. Il faisait au moins deux têtes de plus que moi et il avait son regard dément et libidineux posé sur moi. Je tentai de me débattre mais rien à faire, il me tenait vraiment trop fort contre lui.

- Comme on se retrouve, me susurra-t-il de sa voix doucereuse et létale.

- Lâche-moi, Mulciber ! Tout de suite ! ordonnais-je d'une voix forte et glaciale.

- Je ne pense pas, non, me dit-il en approchant sa bouche de la mienne et je pouvais sentir son haleine contre mon visage.

J'essayai de me débattre et je gigotai le plus fort possible pour m'échapper de son étreinte mais il ne fit que la renforcer.

- Tu sais ce que j'ai entendu dire ? me demanda-t-il mais n'attendant manifestement pas de réponse.

Je me contentai de le regarder tout en essayant de me débattre le plus violemment possible.

- J'ai entendu dire, continua-t-il, que tu as essayé de t'ouvrir les veines.

Et d'un geste qui me fit crier de douleur, il tira brutalement mes poignets, face intérieure offertes, vers lui. Ses yeux scrutèrent la peau pour voir s'il n'y avait pas de trace de cicatrices. Sérieusement, ce type est plus cinglé que je ne le pensais.

- C'est bien, Hayden, me dit-il de sa voix toujours mielleuse. On ne voudrait que l'élue du Seigneur des Ténèbres soit en mauvais état. Merlin, tu seras tellement belle, régnant à ses côtés… souffla-t-il contre mes lèvres.

- Je t'ai de me lâcher, espèce de malade ! criais-je. Je préférerais mourir plutôt que d'être une partisane de Voldemort ! lui crachais-je au visage.

- On ne te demande pas ton avis ! Tu n'es qu'une femelle ! Tu ne sers qu'à servir nos besoins ! Et bientôt tu vas assouvir les miens…

Je sentis son emprise se resserrer et ses mains glisser le long de mes cuisses. Merlin, j'ai cru que j'allais vomir. Heureusement, en bougeant, il m'avait laissé un espace libre et de toutes mes forces, je lui envoyai mon genou en plein dans ses bijoux de famille. J'entendis un grognement sourd provenir de sa gorge et il tomba au sol, me libérant. Je m'écartai vivement de lui et sortis prestement ma baguette, la pointant sur lui. J'allais prononcer un sort qui allait assurer qu'il ne pourrait plus jamais assouvir ses besoins. Pauvre cinglé !

J'entendis une voix masculine crier de derrière moi et des pas qui s'accéléraient. Je tournai la tête et je vis James Potter accourir vers moi, sa baguette à la main.

- Ca va, Joy ? me demanda-t-il, l'air inquiet.

- Oui, Mulciber est totalement dérangé ! Ce malade voulait vérifier que je ne m'étais ouvert les poignets !

- C'est toi qui l'as mis dans cet état ? me demanda-t-il en pointant sa main vers Mulciber qui était toujours à genoux à terre, en train de se tenir l'entrejambe.

Je contentai de hocher la tête en adressant un petit sourire en coin à James. Il avait vraiment l'air surpris que je sache me défendre toute seule. Comme s'il pensait que les filles avaient toujours besoin d'être sauvées par un chevalier servant.

- Allez, viens, je t'accompagne jusqu'à ton prochain cours, me dit-il avec un sourire et en me prenant le bras pour aller de l'avant.

Nous restâmes un moment à marcher vers ma salle dans le silence. Il me jetait des regards en coin de temps en temps. Peut être qu'il s'attendait à ce que je lui pose des questions sur Sirius. Et seul Merlin savait à quel point j'en avais envie mais je faisais de mon mieux pour me retenir.

- Tu sais, tu nous manques, me dit-il le regard un peu nerveux. A Remus et à moi, mais à Sirius, surtout.

- C'est lui qui provoqué la dispute, James, dis-je d'une voix irritée mais un peu triste à la fois.

- Je m'en fiche de qui a fait quoi, dit-il en ne me quittant pas des yeux. Tout ce qui m'intéresse c'est que vous vous remettiez ensemble.

Je ne lui répondis rien et marchait en regardant droit devant moi. J'aurais aimé lui dire que Sirius me manquait comme jamais… Qu'il y avait comme un morceau de mon cœur qui manquait à chaque battement… Mais ça semblait vraiment pathétique alors je me suis tut.

- C'était toujours toi qui prenais les meilleurs trucs dans ton assiette pendant les repas, dit-il alors. Et je sais que tu te servais de choses que tu n'aimais pas, exprès pour nous faire plaisir, à Sirius, Remus et moi.

J'eus un petit sourire à ce souvenir. C'était vrai. J'avais fini par m'habituer à l'invasion quotidienne de mon assiette et maintenant, je prévoyais. Je prenais ce que je savais qu'ils aimaient.

- Tu prenais toujours du pudding en plus pour moi, de la crème au chocolat pour Remus et de la tarte à la mélasse pour Sirius, continua-t-il.

Je continuais à sourire un peu bêtement et nous étions bientôt arrivés à ma salle. Mais alors que je m'étais enfin décidée à lui parler de Sirius, je sentis la douleur lancinante dans mon dos revenir. Sans m'en rendre compte, j'avais lâché toutes mes affaires et j'étais tombée à genoux par terre. Je me sentais devenir nauséeuse et tout commençait à tourner.

- Joy ? Joy ? appela la voix alarmée de James.

Il venait de m'allonger par terre et je sentais la brûlure de mon dos s'intensifier alors que je serrais les dents pour éviter de crier.

- James… réussis-je à faire sortir de ma bouche. Infirmerie…

Je sentis que j'étais soulevée et je compris qu'il m'avait prise dans ses bras. Je savais qu'il était aussi en train de courir parce que je me concentrais sur ses erratiques battements de cœur pour éviter de sombrer dans l'obscurité qui commençait à m'appeler.

Je ne sais pas combien de temps est passé mais je sus qu'on était arrivés à l'infirmerie quand je sentis le matelas du lit sous moi et que j'entendis la voix de Madame Pomfrey qui s'agitait autour de moi en faisant clinquer toutes sortes de fioles de potions.

- Pas…Sirius, réussis-je à dire alors que Madame Pomfrey me faisait avaler une potion qui allait me mettre KO pendant sûrement la fin de l'après-midi.

Et il était vraiment la fin de l'après-midi quand j'ouvris à moitié un œil. La grosse horloge en face de mon lit indiquait six heures et demie. Les cours étaient finis depuis longtemps. Ma tête me faisait mal comme après chaque crise et je me demandais avec terreur jusqu'où les brûlures s'étaient étendues cette fois. J'eus vite la réponse à ma question quand je sentis les bandages qui s'approchaient de plus en plus de mes fesses. Merlin, je n'allais bientôt plus n'être qu'un tas de cendres… J'allais amener ma main à ma tête mais je sentais qu'elle était tenue fermement mais avec douceur.

Mes yeux s'ouvrirent difficilement pour s'habituer à la lumière et ma tête tambourina de plus belle. Mais quand je repris mes esprits, je ne croyais pas ce que je voyais : Sirius était en train de dormir, la tête sur mon lit, le corps sur un fauteuil, sa main tenant fermement la mienne. Je ne voulais pas le réveiller. Et je savais que s'il était là c'est parce que James n'avait pas du tout fait comme je lui avais demandé et il s'était empressé de tout aller dire à Sirius. J'étais soulagée. Je voulais qu'il soit là. Je n'avais jamais voulu qu'il parte. Jamais.

Je me redressai un peu dans mon lit et posai mon regard sur lui. Il était beau. Et touchant. Et il m'aimait. La réalisation me tomba dessus comme une enclume et ça me fit aussi mal à la tête. Sirius m'aimait. Vraiment. Sûrement autant que moi je l'aimais. Et il était là. Il était revenu. Alors que je n'étais vraiment qu'une garce frigide et qu'il n'était qu'un petit con prétentieux.

- Joy ? entendis-je sa voix m'appeler alors qu'il levait sa tête vers moi, parfaitement éveillé maintenant.

Et je n'eus même pas le temps de répondre quoi que ce soit, qu'il s'était précipité sur moi. Ses mains autour de mon visage, ses lèvres partout. Impatientes et fébriles. Contre ma bouche, ma mâchoire, mon cou, ma gorge, mes joues et un peu plus longtemps pressées contre mes lèvres.

- Pourquoi ? Pourquoi tu m'as caché ça ? demanda-t-il sa bouche sur la mienne, d'une voix cassée et enrouée,

Je le fixai attentivement et il n'avait vraiment pas l'air bien. Sûrement autant que moi. Il avait des cernes et il ne s'était pas rasé depuis un moment. Ses cheveux étaient en désordre et – mon cœur manqua un battement – il avait pleuré. Ses yeux étaient rougis et je me rendis compte qu'il pleurait encore quand il pressa une nouvelle fois ses lèvres contre les miennes et que je sentis mes joues être mouillées.

- Pourquoi tu m'as caché ça ? répéta-t-il des centaines de fois entre nos baisers empressés.

Et je n'avais pas de réponse à lui donner parce que, maintenant, avec lui en train de m'embrasser, toutes mes excuses me semblaient ridicules. Madame Pomfrey avait dû lui parler et je savais que James lui avait raconté pour Mulciber.

- Je ne me souvenais plus de notre dernier baiser, dis-je alors que Sirius berçait ma tête contre son torse, ses mains dans mes cheveux.

Je sentis presque son regard interrogatif et je continuais avant qu'il ne puisse dire quelque chose.

- C'est bête mais je n'arrête pas d'y penser. Je ne me souviens pas de notre dernier baiser. Quand tout était bien…

Il me détacha de son torse et prit mon visage entre mes mains et me regarda.

- Tu étais au lac et tu avais les yeux fermés et je suis arrivé et je t'ai embrassé alors que tu avais encore les yeux fermés, me répondit-il.

Et il captura à nouveau ma bouche de la sienne et je me sentis fondre dans le baiser.

- J'allais revenir, dis-je alors que nous reprenions nos souffles. J'allais revenir vers toi aujourd'hui mais j'ai eu une crise et je suis ici…

Sirius m'envoya un sourire et m'embrassa encore et encore jusqu'à ce que mes lèvres soient gonflées et douloureuses.

- Je suis désolé, me dit-il. Je me suis comporté comme un petit con. Je n'aurais jamais dû te dire les choses que je t'ai dites…

- Non, dis-je alors, je suis vraiment une garce frigide. Et je suis difficile à vivre. Et pourtant tu es là. C'est à moi de m'excuser.

- Je serais toujours là, dit-il. Je serais revenu. Je reviendrai toujours. Mais putain, parfois, je suis vraiment trop fier…

Nous nous renvoyâmes nos sourires amusés et il me prit encore contre lui.

- On est vraiment dysfonctionnels, dit-il alors dans mes cheveux qu'il embrassait doucement.

Ses lèvres se pressèrent une nouvelle fois contre les miennes avec urgence et alors que le baiser se faisait un peu plus passionné, un raclement de gorge assez bruyant se fit entendre de derrière nous et nous nous écartâmes assez vivement l'un de l'autre.

- Ah, enfin, Miss Hayden s'est réveillée ! s'exclama Madame Pomfrey d'un air sévère. C'est bon, vous êtes rassuré, Monsieur Black ? Vous avez fini de vérifier qu'elle était entre de bonnes mains ? Maintenant fichez moi le camp et par pitié laissez-là se reposer !

Sirius se leva du lit et envoya un sourire et un regard charmeur à Madame Pomfrey et je vis ses traits s'adoucir. Je n'arrivais pas à y croire ! Même Pompom se laissait avoir par les charmes de Sirius ! Il obtenait vraiment tout ce qu'il voulait ! Il m'embrassa une dernière fois, traçant mes lèvres de sa langue et s'en alla avec un dernier clin d'œil dans ma direction.

Quand je me réveillai le lendemain, toujours un peu comateuse, ma première pensée fut qu'on était samedi et donc que je n'avais pas à me soucier d'aller en cours avant lundi. La deuxième fut qu'une voix était en train de parler à côté de moi. Une voix féminine.

- Tu sais, disait la voix que je reconnu comme étant celle de Lily après quelques secondes, je voulais vraiment te le dire, mais je ne savais pas comment et puis j'étais gênée. Et je me suis sentie coupable de t'avoir caché ça quand je t'ai vu dans ce lit. Parce que tu es la seule à qui je peux le dire… Meg ne comprendrais pas…

Je décidai de jouer le jeu et de rester les yeux fermés. Quoi que Lily veuille me dire, elle avait apparemment plus de facilité à le faire pendant qu'elle me croyait endormie. Et puis, je n'allais certainement pas me gâcher ce plaisir d'elle en train de me livrer tous ses noirs secrets.

- James m'a embrassée… me dit-elle et je pouvais presque imaginer qu'elle avait baissé la tête. Et puis, je ne sais pas trop comment, je l'ai embrassé aussi. J'étais triste et inquiète pour toi et il était là, si… si… gentil. Et puis ses bras ont agrippés ma taille et mes mains se sont nouées autour de son cou. Et son baiser… Son baiser était si doux, si tendre… C'était si bon…

J'essayai de toutes mes forces de ne pas sourire. J'avais la furieuse envie de faire réaliser à Lily qu'elle était tout simplement amoureuse de James à coup de marteau sur le crâne si nécessaire. Mais elle ne l'avait pas encore réalisé. Merlin que le déni était doux. Le déni était un mode de vie. Il y avait un pays qui s'appelait déni et Lily vivait en plein dedans.

- Joy, tu ne peux pas imaginer, jamais je n'aurais pensé que ça me ferait ça si James Potter m'embrassait, poursuivit-elle en crachant presque le nom de James. Mais il a été si gentil et ce n'était tellement pas lui. Après, il m'a prise dans ses bras et il a caressé mes cheveux… Il m'a serrée fort contre lui et j'ai aimé ça… Merlin, j'ai aimé ça…

Elle marqua une pause et je l'entendis soupirer profondément. Je réprimais encore un sourire quand une curieuse sensation m'envahit. J'étais heureuse pour Lily. C'était vraiment étrange. Je ne comprenais pas. Etre heureuse pour moi, oui, mais pour les autres ? Ressentir de l'empathie à ce point ? Ca ne m'était jamais arrivé et je ne pouvais pas l'empêcher. Avant, j'avais été au milieu des choses, étant toujours l'observatrice. Maintenant, je me trouvais en tant qu'actrice et je me sentais vraiment heureuse pour Lily. Pour celle qui était devenue mon amie malgré moi et sans que je ne m'en rende compte…

- Oh Joy, soupira-t-elle, qu'est-ce que je vais faire ?

- Dis lui oui la prochaine fois qu'il te demande de sortir avec lui, dis-je en ouvrant les yeux, un léger sourire sur les lèvres.

- Joy ! s'écria-t-elle et je vis immédiatement le rouge apparaître sur ses joues. Tu étais réveillée ! Tu as tout entendu ! Tu aurais pu me prévenir ! Je n'aurais jamais…

- Tu ne préfères pas m'avoir éveillée ? dis-je toujours avec un sourire en place.

- Comment tu vas ? me demanda-t-elle alors en éludant ma question.

- Bien, répondis-je simplement.

- Et avec Sirius ? Ca avait l'air d'aller mieux, il est revenu avec un sourire hier et il s'est même rasé. Ca semble de bonne augure.

- C'est arrangé. On est juste très bornés tout les deux.

- Non, c'est vrai ? dit-elle, sarcastique.

- Continue à me parler de la tendresse des lèvres de James, dis-je avec un grand sourire.

- Joy ! s'exclama-t-elle et je la vis prendre la couleur flamboyante de ses cheveux.

Elle resta silencieuse pendant un moment et puis d'un coup, comme ça, elle commença à monologuer. Elle faisait tirades sur tirades, analysant chaque comportement de James Potter et pestant contre lui. Heureusement pour moi, Lily avait surtout besoin d'être écoutée, de se confier et qu'on soit d'accord avec elle. Ce que je fis. J'étais trop comateuse pour faire autre chose. N'empêche que pour quelqu'un qui soit disant déteste James Potter, elle parle beaucoup de lui… Comme je disais avant, il y a un pays appelé déni et Lily ? Elle n'est pas prête de passer la frontière !

Je sortis de l'infirmerie l'après midi même, le temps que toutes les affreuses potions de Pomfrey soient sorties de mon système. Elle avait fait venir toute la troupe et leur avait expliqué ma situation en leur demandant de faire extrêmement attention à moi et que si jamais quelque chose se produisait, que j'étais à amener d'urgence ici. Je n'avais écouté que d'une oreille. Déjà parce que je savais déjà tout et surtout parce que je n'avais qu'une hâte : qu'elle change mes bandages pour l'après midi et qu'elle me laisse partir.

Ce qu'elle fit et après une demi-heure de soins très délicats, je rentrai enfin dans la salle commune. Dès que je pénétrai dans celle-ci, j'eus l'impression de voir tout les regards se tourner vers moi, se demandant sûrement où j'avais passé ces deux derniers jours. Je croisai aussi celui d'Ariel Snow et le sien disait clairement : dommage que tu ne sois pas morte.

Je finis par voir Sirius qui était assis sur le canapé en face du feu. Il avait un regard expectatif sur le visage et je savais qu'il attendait que je vienne à côté de lui. Une partie de moi me hurlait de ne surtout pas faire ça, que nous courrions au désastre mais l'autre partie de moi se souvenait très clairement de la semaine passée sans Sirius. Il fallait faire des concessions dans une relation non ? J'avais entendu dire ça…

Je pris une grande inspiration et me dirigeai vers le canapé et m'assis à côté de Sirius. Ou plutôt contre Sirius, mon nez niché contre son torse, toute pelotonnée contre lui. Je vis l'air interloqué sur son visage et mais il avait un petit sourire coin aussi. Il passa son bras autour de mon épaule et l'autre autour de ma taille, me collant vraiment contre lui. Je tressaillis un peu, mes brûlures étaient encore fraîches et il adoucit son étreinte en le remarquant.

- Si tu veux m'embrasser c'est maintenant, dis-je d'un ton détaché.

- Tu me fais quoi là ? me demanda-t-il, son sourire amusé toujours en place mais de la perplexité toujours sur le visage.

- Je fais des compromis, dis-je avant de prendre une grande inspiration.

Et mes lèvres se pressèrent fermement contre les siennes. Mon cœur battait la chamade et je pouvais presque sentir tout les regards sur nous, ça me rendait malade, littéralement. Il ne répondait pas au baiser et je pouvais sentir son sourire en coin contre ma bouche. Je m'écartai et le regardai un moment. Il avait les yeux moqueurs et le sourire arrogant. Je soupirai et levai les yeux au ciel avant d'écraser une nouvelle fois ma bouche contre la sienne. Cette fois, il fit bouger ardemment sa bouche contre la mienne et ouvrit mes lèvres des siennes pour y glisser sa langue. Il m'embrassa profondément et un gémissement sourd et rauque émana du fond de ma gorge. Il fit remonter ses mains et prit mon visage en coupe, me caressant les joues de son pouce alors que le baiser devenait de plus en plus fiévreux. Je gardais mes mains fermement pressées sur ses avant-bras de peur de ne plus rien contrôler et de commencer à le déshabiller devant tout le monde. Il se retira du baiser et continua à caresser mon visage de ses doigts.

- Pourquoi ce renversement de situation ? me demanda-t-il avec un sourire.

- Si ça te fait plaisir de montrer à tout le monde que je t'appartiens comme un bout de terrain, alors d'accord, je te fais plaisir, dis-je en un haussement d'épaule désinvolte et d'une voix détachée.

- Ca me fait très plaisir, dit-il en capturant une nouvelle fois ses lèvres avec les miennes.

Sirius se retira encore du baiser. Trop tôt à mon goût. Il prit vivement ma main et m'entraina à sa suite vers son dortoir. J'essayai le plus possible de ne pas écouter ou regarder les gens autour de nous qui parlaient de nous. Je devais avouer que ce n'était pas du meilleur genre de suivre Sirius Black dans son dortoir.

A peine la porte était-elle refermée que je pris le temps de m'adonner à mon passe-temps favori à savoir tout détailler. Lors de ma dernière visite, quand Sirius m'avait détachée de la tapisserie, j'avais eu tellement hâte de partir que je n'avais rien regardé. Mon regard tourna sur toute la pièce et la première pensée qui traversa mon esprit fut de me demander si les elfes passaient faire le ménage dans son dortoir où s'ils faisaient grève.

Il n'y avait pas d'autre mot pour décrire l'état : bordel. Le bordel le plus total. Le chaos. Même le côté de Remus, qui, il était vrai, était quand même moins foutoir que le reste, était quand même dans un état cataclysmique. Je n'étais pas une maniaque du ménage mais là… quand même. Il y avait de tout par terre : des confiseries, des bouteilles vides, des vêtements, des plumes, des cartes à jouer, des sous-vêtements (et je fis mon possible pour ne pas trop m'attarder là-dessus). Sirius dut enlever deux ou trois (et c'est l'euphémisme de l'année !) vêtements du lit pour que je puisse m'y asseoir. A ma grande surprise, le lit était fait en dessous, preuve que les elfes étaient passés mais étaient clairement résignés quant au reste.

- Je suis désolé, dit-il en se passant une main dans les cheveux, c'est un peu le bordel.

- Un peu ? dis-je, sarcastique, en haussant un sourcil.

- Tu peux ranger si tu veux, me dit-il en s'allongeant en travers de son lit.

- J'ai l'air d'un elfe ? demandais-je, irritée.

- Pas vraiment, dit-il en un sourire moqueur, mais je peux toujours espérer.

Je lui envoyai un regard noir et glacial et me levai pour le planter là. Mais une main se referma sur mon coude et je fus tirée en arrière, sur le lit, où je retombai, allongée. Sirius me fit passer sous lui et m'écarta les jambes pour se mettre en elle. Ma respiration devenait saccadée alors que je voyais son regard gourmand passer sur moi.

- On va pas recommencer à se fâcher tout de suite, dit-il en posant sa bouche sur ma gorge et en aspirant légèrement la peau, on vient juste de se réconcilier et je compte en profiter pleinement avant notre prochaine engueulade.

Sa bouche remonta doucement vers la mienne et il fouilla avidement ma bouche de la sienne tout en caressant mon visage de sa main.

- Ce n'est pas ma faute si tu passes ta vie à essayer de m'irriter, dis-je pantelante entre deux baisers plus urgents les uns que les autres.

- Ce n'est pas ma faute si tu es si facile à irriter, me répondit-il contre mes lèvres, les suçotant avec langueur. C'est presque une invitation, finit-il en un sourire arrogant.

Je n'eus le temps de rien répondre qu'il me fit chavirer dans un nouveau baiser fiévreux. Il y avait de la tension dans l'air. Jamais tout cela n'avait été si passionné et je sentais déjà les effets du désir sur mon corps. Mon cœur explosait, mon corps entier tremblait, ma respiration devenait saccadée, une chaleur se diffusait dans mon bassin. Je sentais déjà la rougeur venir sur mes joues et je le sentais sourire contre ma bouche alors qu'il m'embrassait impatiemment. Je sentis ses mains passer entre nous et il s'écarta de moi pour mieux déboutonner mon chemisier. Ses doigts habiles bougeaient sur les boutons et il en écarta prestement les pans et sa bouche s'abattît sur mon sein droit. Il aspirait le mamelon directement à travers le tissu de mon soutien-gorge et mes hanches commençaient à cogner contre les siennes sans que je le veuille.

Il fit sortir un sein de sa dentelle et je sentis son sourire que j'imaginais suffisant autour de mon téton et un râle m'échappa alors qu'il râpait sa langue furieusement contre celui-ci. Son prénom tomba de ma bouche et sembla l'exciter encore plus car il s'appliqua encore plus frénétiquement, avec l'autre cette fois. Je me redressai doucement et il fut un peu surpris et s'écarta, son regard ne me quittant pas. Je posai mon regard sur lui longuement et il devina mes pensées. Ses mains se posèrent sur mes épaules et il attrapa les deux pans de mon chemisier et me l'enleva entièrement. Je l'entendis tomber au sol dans un froissement de tissu et mon regard passa encore sur lui et il comprit. Mon corps entier tremblait de peur et d'excitation mêlées quand ses doigts passèrent de chaque côté des bretelles de mon soutien-gorge et qu'il les fit descendre le long de mes bras. Il passa un bras autour de ma taille pour me coller contre lui, mes jambes se nouant autour de ses reins. Mon corps entier paniquait de ses mains sur ma peau à cet endroit.

- Laisse-moi faire, me murmura-t-il, sa bouche dans mon cou. Je te promets que je ne vais pas te faire mal.

Ce n'était pas tant la douleur qui me terrifiait plus que l'idée que ses mains allaient toucher mon dos. Mais je me sentais… prête. Enfin autant que je pouvais l'être dans mon état de panique la plus totale. Mais je lui faisais confiance et il était temps que je saute dans le vide et voir s'il allait me rattraper au vol ou pas.

Ses mains passèrent dans mon dos et mon corps se secoua de violents tremblements impossibles à contrôler et je suis sûre que je me serais enfuie si je n'avais pas été serrée aussi fort contre lui. J'étais presque sûre que j'allais pleurer mais j'essayais à tout prix de me contrôler. Ses doigts trouvèrent l'agrafe et il détacha mon soutien-gorge en un mouvement. Ses mains revinrent vite sur le devant et me débarrassa entièrement du sous-vêtement. Il me serra fort contre lui et je pouvais sentir mes seins pressés contre le tissu de sa chemise. Mon corps cessa de trembler de lui-même au bout d'un moment et je fus soulagée de voir qu'il n'avait presque pas touché ma peau.

Sa bouche trouva la peau de mon cou et ses mains se nouèrent autour de ma taille me serrant fort contre lui. Il embrassa longuement mon cou, ma gorge avant de remonter vers ma bouche qu'il captura en un profond baiser. Ses mains quittèrent ma taille et il nous fit basculer une fois de plus en position allongée sur le lit, lui entre mes cuisses. J'avais chaud et je pouvais déjà sentir un voile de transpiration sur mon corps. J'étais à moitié nue et lui était toujours entièrement habillé.

Il se redressa sur ses genoux alors que mes mains étaient passées sur le devant de sa chemise et mes doigts tremblants avaient commencés à déboutonner les boutons. Il eut un léger sourire à mes doigts et à l'air concentré sur mon visage. Sa chemise tomba par terre et il enleva la cravate de son cou. Il se rallongea sur moi et ses yeux se posèrent sur mes seins. Je me sentais déjà rougir et je sentis mon intimité devenir de plus en plus humide et mon visage devint pivoine. J'espérais de mon tout cœur que Sirius n'allait pas s'en rendre compte. Je tomberais morte de honte si c'était le cas.

Sa bouche m'embrassa tendrement et il la fit descendre vers ma poitrine. Il aspira, suça, mordilla chacun de mes mamelons tour à tour. Mon bassin cognait contre le sien et je m'arquais contre sa bouche en poussant des gémissements qui venaient du plus profond de ma gorge. J'étais haletante et il continuait de plus en plus frénétiquement à passer sa langue et sa bouche sur chacun de mes seins. Je n'en pouvais plus. Il allait me rendre folle. C'était si bon mais presque dans la douleur tant c'était agréable. Il passa encore de longues minutes à jouer avec ma poitrine et leurs pointes durcies et je sentais comme quelque chose qui montait de plus en plus fort en moi à mesure qu'il accélérait le rythme.

Sa bouche remonta en une longue trainée chaude et humide et il m'embrassa avec ardeur et sans retenue. Je sentis ses mains glisser le long de mes hanches et il fit descendre ma jupe et me l'enleva sans même que je ne m'en rende compte. J'étais dans une brume de plaisir. Je ne comprenais plus grand-chose, je pensais plus à grand-chose et je ne contrôlais absolument rien. Ni moi-même, ni les douces sensations que Sirius évoquaient en moi, ni les réactions de mon corps.

Une de ses mains glissa de mon nombril à ma petite culotte et j'eus comme un instant de clarté et ma main s'agrippa sur la sienne pour l'arrêter. Il sépara sa bouche de la mienne et son regard plongea en moi.

- Attends, dis-je essoufflée et sûrement un peu rouge.

Sirius ne me renvoya qu'un regard interrogatif et je me sentis rougir beaucoup plus. Je ne pouvais pas lui dire ça. Absolument pas. Mon corps avait des réactions bizarres quand il était en présence de Sirius et je ne voulais pas vraiment entrer dans les détails… Je vis que je n'avais pas le choix quand son regard devint perplexe.

- C'est…humide…, dis-je d'une petite voix et en baissant la tête.

- Ah oui ? me dit-il un air sensuel dans le regard et un sourire arrogant sur les lèvres.

Le ton de sa voix semblait joueur et presque…content. Ca me semblait bizarre. C'était très gênant et presque humiliant pour moi de devoir le prévenir que mon corps et surtout cet endroit précis de mon corps semblait se mettre en ébullition dès qu'il commençait à me caresser. Je n'avais jamais rien entendu dire à ce sujet. Il dut voir mon regard gêné et perplexe car il eut un moment de choc et son sourire se fit ensuite plus grand que jamais.

- C'est rien, dit-il en me regardant toujours de ce regard plein de désir. Ca veut juste dire que tu apprécies énormément ce que je te fais.

Il eut un nouveau sourire arrogant et gourmand et écrasa sa bouche contre la mienne. Je n'eus pas le temps de me demander s'il disait vrai. Etait-ce normal ? J'en doutais… De toutes les conversations entre filles que j'avais surprises, rien n'avait jamais été mentionné à propos de ça…

Sa langue se faufila dans ma bouche et caressa la mienne fougueusement et toute pensée cohérente s'envola. Ma main quitta la sienne et mes bras se nouèrent autour de son cou pendant un moment. Puis je sentis sa main descendre encore vers ma culotte. Et je ne l'arrêtai pas. Je n'en avais pas la force aussi gênée que je me sente. Ma tête tournait, mon corps tremblait de plaisir et j'avais encore cette sensation inconnue de plaisir qui monte, qui monte…

Ma respiration sortait par longue exhalations et mon corps se raidit quand je sentis sa main se glisser à l'intérieur de ma culotte. Sa main entière me prit en coupe et mes mains se dénouèrent de son cou et s'agrippèrent aux draps.

- Siriuuuuuus, gémis-je de façon incontrôlée, mes yeux fermés et mes mains serrant le drap en dessous de toute mes forces.

Je l'entendis réprimer un petit éclat de rire et je sentis ses doigts descendre vers l'orée de mon intimité. Ses doigts passaient et repassaient, frottant doucement. Ma culotte était trempée et je sentais que ses doigts l'étaient eux aussi.

- Siriuuuuuus, continuais-je à soupirer un peu plus fort.

Je ne savais ce qui se passait. J'avais besoin d'aller plus loin, plus vite, plus fort, d'atteindre quelque chose que je ne connaissais même pas mais je savais qu'il fallait que je l'atteigne. Mes hanches se soulevèrent du matelas pour me presser plus contre ses doigts. Il comprit ce dont j'avais besoin sans mot et je sentis qu'il faisait pénétrer un doigt en moi. Il l'avait fait glisser lentement et j'avais émis une plainte lancinante dont j'étais sûre de me sentir gênée plus tard. C'était une sensation inconnue mais c'était tellement bon. Je frissonnais de la tête aux pieds, mes jambes tremblaient, mes doigts étaient crispés sur les draps, j'avais du mal à respirer.

Sirius commença à faire bouger son doigt en moi et après quelque va et vient en fit glisser un deuxième. Un nouveau râle langoureux franchit mes lèvres et il fut avalé par celle de Sirius alors qu'il m'embrassait. Ses deux doigts faisaient des allées et venues en moi à un rythme qu'il avait accéléré et je gémissais en même temps que j'embrassais Sirius. Ca semblait lui plaire parce que je le sentais sourire dans ses baisers. Il fit sortir ses doigts de moi et les fit remonter sur ce que je compris être mon clitoris. Ses doigts pressèrent sur le capuchon et j'émis un long gémissement sonore. Il fit faire à ses doigts de larges et langoureux mouvements circulaires sur la fine peau si sensible au dessus de mon clitoris.

Ses doigts passèrent sous le capuchon et pressèrent un peu brutalement une nouvelle fois avant de continuer des mouvements de frottements rapides et tout mon corps se contracta d'un coup. Je sentis les spasmes de mon vagin se répandre dans tout mon corps : de mes orteils à ma nuque et je ne pus retenir un long cri qui s'étendit. Tout s'était contracté et un nuage de lumière avait explosé derrière mes paupières. Mes muscles se contractèrent encore pendant un petit moment et puis tout se détendit. Mes doigts relâchèrent le drap et je me rendis compte à quel point j'avais serré fort parce que mes mains étaient endoloris.

La bouche de Sirius captura la mienne avec langueur et je répondis paresseusement au baiser, encore dans les brumes de l'orgasme. Car c'était ça qui s'était produit. J'avais eu mon premier orgasme. J'avais entendu les filles en parler, bien sûr, mais je n'avais jamais imaginé que ça puisse être si fort, si intense…

Sirius se détacha du baiser et je rouvris les yeux avec difficulté. Il me semblait qu'ils étaient plus sensibles à la lumière. Il avait un large sourire sur le visage et des yeux remplis de désir. J'avais envie de recommencer. Maintenant. Qu'il replonge ses doigts en moi et qu'il continue à me caresser encore et encore.

Lui aussi était pantelant et il m'embrassa tendrement une fois, deux fois, trois fois avant de laisser reposer ma tête contre ma poitrine. Une de mes mains passa automatiquement dans ses cheveux et les caressa doucement. Il chercha mon autre main avec la sienne et entrelaça nos doigts ensemble, serrés le plus fort possible. Je n'avais pas envie de le lâcher, j'avais envie de l'enlacer à nous couper la circulation. J'écartai les jambes et les passai autour de son dos, le ramenant plus près encore.

Je l'entendis gémir sourdement et je me rendis compte que je pouvais sentir quelque chose de dur contre moi. Il se colla près contre moi et je pouvais tout sentir à travers ma culotte. Il fit cogner ses bassins contre mon intimité et je répondis à ses mouvements avec ardeur. Au bout de quelques secondes, je l'entendis émettre un grognement étouffé et je compris qu'il avait dû jouir lui aussi. Il leva la tête vers moi et eut un sourire mutin. Il remonta son visage et sa bouche emprisonna à nouveau la mienne.

J'avais envie de parler, de dire quelque chose, mais je ne savais pas vraiment quoi. Rien ne semblait approprié. Il n'y avait pas de mot pour décrire ce que Sirius venait de me faire ressentir. Quelque chose que je n'aurais jamais cru ressentir. Sirius était là, enfermés entre mes jambes et mes bras. Nous restâmes un long moment dans cette position avant qu'il ne roule sur le côté. Il m'observait et je me sentis rougir sous son regard scrutateur. Je n'osais pas bouger, je n'avais que ma culotte et mes bas sur moi et maintenant que Sirius n'était plus pressé contre moi, il n'y avait plus rien pour couvrir ma poitrine mais je ne pouvais pas me rhabiller sans montrer mon dos à Sirius. Et c'était hors de question. Il dut sentir mon dilemme intérieur car il me tendit sa chemise à lui qu'il avait ramassée par terre. Je me redressai et m'assit, mes seins sous les yeux de Sirius. Je n'avais pas vraiment le choix, c'était soit ça soit mon dos. Je préférerais encore qu'il fixe ma poitrine. Je boutonnai rapidement la chemise et me rallongeai sur le lit.

Le regard de Sirius s'attarda encore sur moi et son bras enserra prestement ma taille et me colla contre lui, nos jambes s'emmêlant. Il dégagea du mieux qu'il pu mes cheveux de mon cou et y nicha sa tête, inspirant profondément.

- Tu sais, dis-je au bout d'un petit moment de silence, James a embrassé Lily.

Je levai la tête sur le côté vers Sirius pour voir sa réaction et un sourire se dessina sur ses lèvres et il eut un air un peu surpris sur le visage.

- Tu me parles de ça après ce que je viens de te faire ? me demanda-t-il, le sourire arrogant made in Sirius cette fois en place.

- Tu veux que je dise quoi ? Que c'était bien ? Tu veux une salve d'applaudissement peut être ?

- Tu aurais pu chanter mes louanges à tue tête, répondit-il, un air suffisant sur le visage.

- Je pense que j'ai assez donné de voix pour l'après-midi, lui dis-je, un peu gênée mais essayant de ne pas le laisser paraître.

- La plus douce des musiques à mes oreilles, dit-il d'une voix rauque alors qu'il aspirait la peau de mon cou de ses lèvres.

- Alors ? James et Lily ? réitérais-je.

- Oui, me dit-il contre mon cou, James m'a dit, on aurait dit que Noel est venu avant l'heure.

Il n'avait l'air d'avoir envie de discuter James et Lily puisque ses mains qui étaient nouées sur mon ventre remontèrent doucement sous sa chemise pour prendre chacun de mes seins dans leurs paumes alors que les baisers de Sirius se faisaient plus ardents dans mon cou. Je fis passer mes mains par-dessus les siennes et je les pressais plus fort contre ma poitrine. Je l'entendis grogner sourdement dans mon cou et ses doigts habiles commencèrent à me caresser.

Nous fûmes vite interrompus par de grands tambourinements à la porte du dortoir. J'avais presque oublié où nous étions et que Sirius partageait ce dortoir avec les Maraudeurs.

- Sirius ! J'espère que vous avez fini vos petites affaires et que vous êtes tout les deux habillés parce qu'on entre maintenant ! cria la voix de James à travers le bois de la porte.

Je sortis du lit en toute vitesse pour remettre ma jupe. L'idée que les Maraudeurs me voient seulement habillée d'une chemise de Sirius, de bas en laine et d'une culotte ne me réjouissait pas vraiment. Mais je n'eus pas cette chance là. James et Remus entrèrent quelques secondes après l'avertissement. Sirius était négligemment allongé sur son lit, seulement dans son pantalon et ça ne semblait pas le gêner le moins du monde.

James et Remus nous lancèrent des regards amusés et je vis Remus légèrement froncer le nez. Je me demandais bien pourquoi, la chambre sentait son odeur masculine habituelle. James et Remus avaient des sourires amusés alors que je m'activais à chercher où ma jupe avait bien pu atterrir. J'eus ma réponse quand je vis Sirius se pencher de son côté, se lever et ensuite se planter devant moi, ma jupe pendant à l'un de ses doigts. Il avait un large sourire et je lui renvoyais un regard noir et glacial alors que je me saisissais brutalement de ma jupe et la passais en quatrième vitesse. Il me tendit ensuite mon chemisier avec toujours ce même sourire suffisant si irritant.

- Je crois que c'est à toi, me dit James le même sourire que Sirius et un air moqueur dans les yeux en me tendant mon soutien-gorge qu'il avait ramassé par terre.

Je m'en saisis tout aussi brutalement et me dirigeai vers la porte de leur dortoir. La dernière chose que j'entendis avant de descendre les escaliers fut : « Quoi, pas de dernier baiser ? » de la voix amusée de Sirius qui s'en allait vers la salle de bain.

Je passai d'abord par mon dortoir pour me doucher rapidement et me rhabiller plus convenablement pour le dîner. J'enfilai mon uniforme : ma jupe, un chemisier, une cravate, un sur pull, des bas et mes chaussures. Je passai avec difficulté la brosse dans mes cheveux, Sirius aimait bien passer ses mains dedans et les caresser et il y avait toujours des nœuds maintenant.

Je descendis dans la salle commune et y retrouvais Lily et Meg qui étaient en train de faire leurs devoirs. Je m'affalai dans un fauteuil à côté des leurs et leurs têtes se tournèrent automatiquement vers moi. Et je reconnus l'air sur leurs visages. Leurs airs surexcités. Leurs airs de fille.

- Alors ? me demanda Meg avec une curiosité non dissimulée. Avec Sirius ?

- Tout le monde ne parle que de ça, m'informa Lily. On t'a vu le suivre dans son dortoir et tu ne redescends que maintenant. Ariel était folle de rage.

- Alors, rien, dis-je en essayant de contenir les rougeurs sur mes joues et d'avoir l'air détaché.

Lily allait dire quelque chose mais elle fut interrompue par l'arrivée de James qui s'était planté devant moi, un large, large, sourire sur le visage. Un de ceux qui n'augurait rien de bon.

- Ah, je vois que tu t'es rhabillée, nota-t-il de son air moqueur, Sirius voudrait que tu lui rendes sa chemise. Il en a besoin pour descendre.

J'entendis Meg et Lily réprimer un petit cri de surprise et je poussai un long soupir.

- Il n'en a pas d'autres ? demandais-je un peu irritée.

J'étais persuadée qu'il avait envoyé James exprès pour m'agacer.

- Si, mais il dit qu'il préfère celle là, poursuivit-il son sourire devenant de plus en plus moqueur, surtout depuis que tu l'as portée.

J'avais eu raison. Et je n'avais pas eu à chercher beaucoup. Sirius essayait vraiment de m'irriter !

- Elle est dans mon dortoir, dis-lui d'aller la chercher lui-même s'il l'aime autant que ça !

- Le message sera passé, dit-il mais son regard n'était plus dirigé sur moi et restait sur Lily depuis un petit moment. Tout va comme tu veux, Lily ? demanda-t-il de sa voix la plus charmeuse.

Merlin, il n'aurait pas pu faire pire que de se la jouer arrogance et suffisance avec Lily alors qu'elle avait déjà du mal à supporter qu'elle s'était laissée embrassée.

- Va te faire voir Potter, lui rétorqua-t-elle en retournant à son livre de Métamorphose.

Je réprimai avec difficulté un petit sourire et je vis l'incompréhension sur le visage de James. Le pauvre avait sûrement pensé que tout était dans la poche. Malheureusement pour lui, la psychologie de Lily était bien plus compliquée que ça. Un long et dur chemin s'étalait devant lui.

James remonta donc dans son dortoir et une dizaine de minutes plus tard, je le vis redescendre en compagnie de Remus et Sirius. Sirius avait été cherché sa chemise dans mon dortoir. Elle était toute froissée et cela ne le dérangeait apparemment pas. Il était toujours dans un état soigneusement négligé. J'étais sûre qu'il devait passer des heures devant son miroir à arranger sa cravate pour qu'elle soit lâche d'une façon désinvolte mais sexy. Et ce soir ne manquait pas à la règle. Elle était soigneusement desserrée. Il avait son habituel sourire en coin quand il se posta devant moi. Il me fit lever du fauteuil et s'affala dessus, me tirant avec lui, me faisant atterrir sur ses genoux. Je lui envoyai un regard noir et glacial et je vis que Remus et James étaient amusés au plus haut point. Comme s'ils attendaient mon explosion.

- J'ai dis compromis, j'ai pas dis nous transformer en Ken et Barbie, lui dis-je d'une voix glaciale alors que j'essayai de m'enlever de ses genoux.

Mais son emprise sur moi était beaucoup trop forte et ses bras s'étaient déjà enroulés autour de moi.

- Allez, je suis sûr que t'adore ça au plus profond de toi, me dit-il avec un sourire moqueur.

- J'ai l'air d'apprécier ? demandais-je, le sarcasme coulant de ma voix alors que mes yeux lui envoyaient un regard noir.

- Tu as l'air extatique, chérie, me répondit-il l'air de s'amuser comme un gosse de six ans.

- Ose m'appeler chérie encore une fois et l'enfer te semblera la plus douce des tortures ! le menaçais-je.

Un éclat de rire me parvint du fond de sa gorge et je vis que Remus et James semblaient ne s'être jamais autant amusés. J'essayai encore une fois de me dégager de Sirius mais il pressa ses lèvres contre les miennes, les forçant à s'ouvrir sous lui. Il m'embrassa intensément pendant un moment avant de se détacher.

Il reprit sa conversation avec Remus et James et moi, de mon côté, j'entamais une discussion sur la Métamorphose avec Lily et Meg. Il traçait de ses doigts des arabesques sur mon avant-bras et j'avais comme l'impression que ce n'était qu'un avant-goût de ce qui allait venir plus tard.

Et mon impression se révéla des plus justes, quand je remontai dans mon dortoir, le soir même après avoir été fait changé mes bandages par Madame Pomfrey, Sirius avait laissé un mot sur mon oreiller. « La prochaine fois, on teste ton lit… ». J'avais honte de l'avouer mais j'avais hâte de savoir ce qui allait se passer après les trois petits points…

A Suivre…