Hello Hello! Tout d'abord (c'est toujours la première chose à faire), merci à tous ceux et celles qui ont pris la peine de me laisser des reviews, j'en suis toujours extrêmement touchée et ça me motive grandement. Ensuite, désolée pour ce retard, mais je suis toujours en période de recherche de stage donc mes journées sont chargées. J'écris quand je peux et ce n'est pas tout le temps! Mais cette fic me tient à cœur donc ne vous en faites pas, je ne la lâcherai pas! Enfin, j'aimerais éclaircir un petit point après avoir lu vos messages de HAINE envers cette pauvre femme: j'aime bien Ginny! J'aime bien son personnage, une fille forte de caractère qui sait se détacher de ses frères sans être un garçon manqué. Et elle est assez forte (et l'actrice est très belle!). Je n'aime juste pas le Harry/Ginny qui selon moi est juste une façon de ne pas introduire un autre personnage 19 ans après (tous mes respects à JK!)
Voilà sinon je vous souhaite une bonne lecture. Une petite dédicace à QueenofKrass que je côtoie dans la vraie vie et qui ne cesse de me donner des coups de pied au derrière pour me faire avancer plus vite!
Elendil-sama.
Il poussa un soupire de soulagement en arrivant chez lui. Il ne désirait qu'une chose : prendre un bon bain chaud. Maintenant qu'il savait que les Dursleys allaient recevoir la protection du ministère, il pouvait être tranquille. Il ôta ses chaussures dans l'entrée et se dirigea vers les escaliers. A peine eut-il posé un pied sur la première marche qu'une voix s'éleva derrière lui.
« Harry. »
Il se tourna si brusquement qu'il sentit son cou craquer. Devant lui se trouvait Ginny, assise dans le salon, les bras et les jambes croisés, elle le regardait intensément.
« Il faut qu'on parle. »
Chapitre 10:
« Ginny ? » Harry resta figé un moment avant de se diriger vers elle. « Quelque chose ne va pas ? »
La peur dont il avait été pris ainsi que la violence à laquelle il venait d'assister imprégnaient encore chacun de ses muscles. Etait-il arrivé quelque chose aux Weasley ? Une boule se forma au fond de sa gorge : tout le monde savait qu'il considérait les parents de Ron comme les siens, ce qui valait pour ses frères. Il repensa à Ron, avait qui il venait de se disputer et qu'il avait peut-être, sans le savoir, abandonné aux griffes du Groupe des Serpents. Il se planta devant elle et Ginny leva la tête pour pouvoir plonger ses yeux dans les siens.
« Je te l'ai dit, il faut qu'on parle. » répondit-elle d'une voix neutre.
« De quoi ? » la pressa-t-il.
Elle le regarda d'un œil calculateur, comme si elle ne comprenait pas pourquoi il lui demandait une telle chose.
« De nous, bien entendu. »
Il se figea, ne s'étant pas attendu à voir ce sujet remis à l'ordre du jour. Mais il n'avait ni le temps ni la force pour se genre de discussion.
« Ginny, on en reparlera plus tard » dit-il en se détournant d'elle, mais il l'entendit se lever brusquement derrière lui.
« Non Harry attend ! »
Elle lui agrippa le poignet et il bondit en arrière, libérant rapidement sa main, que Ginny aperçut alors à la lumière de la cheminée.
« Tu es blessé ! »
« Ce n'est rien…enfin si, c'est grave, très grave même alors je n'ai vraiment pas le temps… »
Mais le regard de la rousse reprit toute sa dureté.
« Non Harry, pas cette fois, tu ne te défileras pas. Nous allons parler une bonne fois pour toutes. »
« Mais de quoi veux-tu que l'on parle ? » s'écria-t-il en faisant volte face.
« De nous ! » répondit-elle sur le même ton. « De ce qui ne va pas, de ce que tu ressens et de pourquoi tu cherches à m'éloigner ! »
« Mais nous avons déjà parlé de ça, je t'ai déjà expliqué que… »
« Que tu pensais pouvoir m'aimer mais que tu t'étais trompé ? » le coupa-t-elle. « Vraiment ? C'est cette version que tu veux garder ? »
« Il n'y a pas de version ! C'est la vérité ! Je ne t'aime pas Ginny ! »
Elle se figea et ses yeux cherchèrent les siens, en quête de quelque chose, n'importe quoi qui pourrait lui donner espoir, qui pourrait lui montrer que tout n'était pas perdu.
« Je suis désolé de te faire du mal Ginny. » reprit-il d'une voix plus douce. « Je croyais vraiment que l'on pouvait construire quelque chose mais… »
« Mais ? » murmura-t-elle et Harry comprit que sa voix trahirait ses émotions si elle se décidait à parler.
« Mais j'avais tort. Je ne vois aucun avenir avec toi Ginny… »
Il détourna les yeux, ne pouvant la regarder en face. Quoi qu'il fasse ou dise, elle restait Ginny, la sœur de son meilleur ami, celle avec qui il avait partagé des moments forts et intenses, mais qui n'était que ça, une amie.
Il y eut un moment de silence pendant lequel Harry garda les yeux ancrés sur le coquillage posé sur l'âtre de la cheminée, cadeau que lui avait fait la jeune femme lorsqu'ils avaient passé un week-end à la Chaumière aux Coquillages chez Bill et Fleur. Ils avaient passé deux jours de paix, loin de la capitale et de son tumulte, mais à cette époque déjà il sentait un vide se former entre eux.
Perdu dans ses souvenirs, il faillit ne pas entendre le murmure de la jeune femme.
« Harry…as-tu…quelqu'un d'autre ? »
Il releva brusquement la tête et son regard plongea dans le sien.
« Quoi ? »
« Es-tu avec quelqu'un d'autre ? » demanda-t-elle plus férocement.
Elle semblait prendre la réaction du brun pour un signe qu'elle l'avait démasqué.
« Je…non ! Qu'est-ce qui te fait croire ça ? »
« Je ne sais pas, tu sais ce qu'on dit : Un homme quitte toujours pour une autre… »
« Et tu m'as vu avec une autre récemment ? » lança-t-il, piqué par une telle remarque.
« Je…non. » répondit-elle en baissant la tête.
« Exact. Je ne suis pas avec une autre, il n'y a pas d'autre femme. Ma vie n'est pas avec toi Ginny et, en toute honnêteté, je crois qu'elle ne le sera avec aucune autre. La seule personne que je semble voir tous les jours à part ton frère est Malfoy, mais… »
Il s'arrêta et ses yeux se posèrent sur le sofa où il avait trouvé le blond, assis à attendre qu'il se réveille. Combien de temps était-il resté ? Encore une fois, il était venu à sa rescousse, comment avait-il su que quelque chose se passait ? Qu'il était en danger ?
Il baissa la tête et vit Ginny l'observer, les sourcils froncés. Il connaissait cette expression si familière, qu'elle arborait lorsqu'elle tentait de lire ses émotions. Comme si elle comprenait tout, même ce qui lui-même ignorait.
« Quoi ? » demanda-t-il et elle aussi sembla revenir sur Terre.
« Rien. J'ai compris Harry, je ne vais plus t'embêter. »
Elle passa près de lui et se dirigea vers la porte à grands pas.
« Ginny ! » appela-t-il, mais seul le claquement de la porte lui répondit.
En arpentant les couloirs du ministère, Harry ne put s'empêcher de se remémorer les évènements de la veille. L'adresse des Dursley avait été tenue secrète pendant des années et même lui n'avait jamais su avec exactitude où sa famille avait emménagé. Alors comment Zabini avait-il pu savoir ? Et sa seule piste, à savoir celle d'un traitre prenant les traits du secrétaire du ministre, tombait à l'eau. Mais s'il n'y avait eu aucune fuite, alors comment avaient-ils su ? A moins que l'un des membres du groupe n'aient été près d'Harry au moment où il avait parlé d'Henry ou des Dursley…Mais il connaissait chaque membre du groupe et il les aurait reconnus à des kilomètres.
Comment alors ?
Il soupira, il tournait en rond. Il jeta un coup d'œil à sa montre : il lui restait une bonne demi-heure avant le début de son shift, alors autant mettre son temps en pratique avec un peu d'exercice. Après tout, il avait été surpris de voir avec quelle facilité Zabini l'avait désarmé. Mais aussi, il ne pouvait retirer une image de sa tête, cette scène qui s'était produite mais dont seul Harry semblait avoir saisi l'importance : il avait fait de la magie sans baguette. Ce détail ne lui était revenu qu'une fois l'adrénaline retombée, alors qu'il posait la tête sur son oreiller. Il avait beau retourner l'image dans tout les sens dans sa tête, les faits ne changeaient pas, il avait bien fait appel à un bouclier tout en étant à plusieurs mètres de sa baguette. Comment cela était-il possible ?
Alors, il eut un flash back, un souvenir lointain d'une nuit d'été. Il se voyait courir dans le froid, le bruit de ses pas distinct sur l'asphalte. Il vit les contours d'un jeune homme à l'imposante stature courir devant lui, et ce froid qui mordait sa chair pour le pénétrer jusqu'à l'os. Et dans le désespoir et la peur qu'avaient fait naitre les Détraqueurs qui les poursuivaient lui et son cousin, il avait crié « Lumos ! » et avait vu, incrédule, sa baguette s'allumer à quelques mètres de lui.
Ce n'était donc pas la première fois.
Il passa devant le couloir aux baies vitrées et s'arrêta devant la première, main sur la poignée, mais se figea. La salle était déjà occupée. Elle avait pris la forme d'une salle qui lui fit penser au Département des Mystères, qu'il avait eu l'occasion de découvrir lors de sa cinquième année. De hautes étagères s'étalaient sur des kilomètres, toutes remplies de boules de cristal. Au centre, Draco Malfoy se tenait en position de défense, baguette à la main, scrutant son entourage avec minutie. Il marchait d'un pas léger, tel un félin tapi dans l'ombre d'un buisson. Soudain, il se tourna vers sa droite alors qu'une silhouette apparaissait et lança un sort qui la paralysa. Il fit ensuite volte face et un autre sort vint s'abattre sur une nouvelle silhouette noire. Un jet rouge fonça sur lui et d'une pirouette gracieuse il se dégagea de sa trajectoire. Il poussa un grognement de frustration lorsque le sort vint s'écraser contre l'une des étagères et que plusieurs boules s'effondrèrent, s'éclatant au sol. Harry entendit le verre crisser sous les pas du blond qui avait repris sa marche silencieuse.
Soudain, une silhouette imposante apparu derrière le blond et Harry ouvrit la bouche pour le prévenir, mais le blond s'était déjà retourné et avait jeté un sort si puissant que la silhouette fut projetée à plusieurs centaines de mètres. Le souffle de l'attaque fit trembler les étagères et une boule roula près de Malfoy, qui la rattrapa habilement alors qu'elle entamait sa chute vers le sol. Il la replaça délicatement à sa place et alors que la boule touchait le bois de l'étagère, la pièce disparut
Le blond se retourna et aperçut Harry, qui attendit qu'il sorte avant de lui parler.
« Drôle d'exercice, pourquoi toutes ces étagères ? » demanda-t-il alors que tous deux se dirigeaient vers leur bureau.
« C'est un exercice de précision. » répondit le blond en ajustant le col de sa robe. « Le but est de maitriser l'ennemi avec un minimum de dégâts autour. C'est utile de savoir faire ça dans le cas où nous aurions à intervenir dans un milieu où il y a des civils. »
Harry se tourna vers le blond, à certains moments, comme c'était le cas ici, Malfoy semblait entouré d'une aura pleine d'aisance et d'assurance. Il devait avouer que cela le mettait à l'aise, car il ne se sentait plus seul.
« Ca va Malfoy ? »
Ce fut au tour du blond de se tourner vers lui.
« Pourquoi cette question ? J'ai l'air d'aller mal, Potter ? »
Harry ne put réprimer un léger sourire. C'était bien Malfoy ça, rajouter un « Potter » un tantinet sec lorsqu'il sentait que la conversation devenait trop amicale à son goût. Harry ne savait pas pourquoi cette attitude, dont le but était sans doute de l'éloigner, avait l'effet contraire sur lui.
« Non. C'est juste une question générale, savoir où tu en es. »
Malfoy s'arrêta devant la porte du bureau et ancra son regard dans celui du brun.
« Qu'est-ce que tu veux dire par là ? »
« Rien de grave Malfoy, du calme. Je prends juste de tes nouvelles car tu m'as aidé hier. »
Le regard du blond perdit sa froideur mais il ne répondit pas.
« D'ailleurs » reprit Harry « Je voulais te demander, comment as-tu su que… »
Mais il fut interrompu par la porte qui s'ouvrait à la volée et il vit Neville foncer sur lui.
« Harry ! Ca va ? J'ai entendu ce qu'il s'était passé ! »
« Je vais bien Neville. » répondit Harry avec un demi sourire et le brun poussa un soupire de soulagement avant de se tourner vers Malfoy.
« J'ai apporté la plante dont je t'avais parlé. » dit-il et sans un mot, le blond le suivit à l'intérieur.
Harry retint la porte pour entrer à son tour, mais il entendit quelqu'un l'appeler et il se tourna. Ron avançait vers lui d'un pas lourd et penaud.
« J'ai entendu ce qu'il s'était passé. »
Harry ne répondit pas. Alors, Ron le regarda dans les yeux et le brun put y voir l'angoisse qui faisait rage chez le roux.
« Harry je suis désolé ! J'ai laissé ton histoire avec Ginny empiéter sur notre amitié, je n'aurais pas dû m'en mêler, j'ai été un vrai…un vrai… »
« Troll ? »
« Ouais ! » s'écria Ron avant de saisir le sens de la phrase.
Harry éclata de rire devant la tête que faisait son ami. Après tout, Ron avait toujours été impulsif, ce qui ne l'avait jamais vraiment aidé, mais Harry le connaissait mieux que personne, et s'il y avait une chose que Ron n'était pas, c'était mauvais.
« Plus de crise de jalousie ? » demanda Harry.
« Plus aucune ! »
« Et tu vas t'entendre avec Malfoy ? »
Le roux ne répondit pas et Harry fronça les sourcils.
« Ron, il est impératif que votre relation s'améliore ou on ne pourra pas travailler ensemble, pas comme un groupe. Et puis, il est bon à ce qu'il fait. »
« Je sais, je sais. » grommela le roux. « Ok, je vais essayer. »
« Mouais, j'espère que tu feras plus que ça. » répondit Harry avant de lui donner une tape dans le dos.
Les deux jeunes hommes entrèrent dans la pièce le sourire aux lèvres et Harry alla s'asseoir à son bureau. Lorsqu'il leva les yeux, il vit que Malfoy le regardait intensément, mais le blond détourna les siens, se concentrant sur la plante posée sur son bureau.
« Bon, comme vous le savez déjà, il s'agit de la seconde attaque officielle du Groupe des Serpents. Le point commun entre les deux attaques est qu'elles visaient des Moldus ayant un lien avec moi. »
« Est-ce qu'il est possible que ce soit toi qui aies été visé mais qu'il aient attendu que tu sois sur un terrain moins sécurisé ? » demanda Ron.
« Je ne pense pas. » répondit Harry. « Le café où se trouvait Henry… » Il prit une profonde respiration afin de ne pas se laisser envahir par d'affreux flash back. « Il a explosé avant que je n'y arrive, et c'est bien Dudley qui était visé hier. C'est comme si… »
Il ferma les yeux, ne voulant pas admettre tout haut ce qu'il était venu à comprendre.
« Comme si leur but était que tu assistes à la mort des gens qui te sont proches. »
Il leva la tête vers Malfoy et le regarda bouche bée.
« Comment… »
« Je connais leur façon de penser. » répondit le blond.
« Harry… » Commença Ron d'une voix qui laissait transparaitre sa stupeur. « Tu penses vraiment que c'est leur but ? »
« Je le crois. » répondit Harry fermement. « C'est un acte de représailles après ce que j'ai fait à leur maitre et à leur communauté. »
« Mais ça n'a aucun sens ! » s'exclama Ron. « Pourquoi attendre trois ans pour faire ça ? Ils auraient dû agir juste après la Guerre ! »
« Non. » répondit Harry. « N'oublie pas que je suis parti peu après la fin de la Guerre. Personne ne savait où j'étais à part Kingsley. Et puis il leur fallait le temps de monter de groupe et de s'armer. »
Ce fut au tour de Ron de le regarder bouche bée et Harry ne put retenir un élan de compassion envers le roux.
« C'est après moi qu'ils en ont. C'est un acte de vengeance. »
Un lourd silence tomba sur la salle et Harry ne put empêcher un sentiment de honte de l'envahir. Encore une fois, il était la cause des évènements qui avaient pris place. Pourquoi est-ce qu'il ne pouvait pas s'occuper d'un cas qui n'aurait rien à voir avec lui ? N'en avait-il pas assez eu ? Pas assez vu ?
« Harry. »
Le brun tourna la tête vers Neville, qui s'était levé.
« Il y a un moment que j'ai pensé à ça, alors autant vous en faire part maintenant. » dit-il en se dirigeant vers le bureau de Ron, sur lequel il posa un petit objet sorti de la poche de sa robe. Puis il se dirigea vers le bureau de Malfoy et fit de même avant de venir vers Harry. Le brun entendit Ron pousser un cri de surprise derrière Neville.
« Tiens, je pense que cela pourra nous servir à l'avenir. » dit-il à Harry en tendant son poing droit.
Harry le regarda un instant avant de tendre sa main, ouverte. Quelque chose de froid tomba au creux de sa paume et, alors que Neville baissait le bras, Harry pencha la tête pour apercevoir un objet rond métallique.
« Un Gallion ? » s'étonna Harry.
« Pas n'importe quel Gallion, regarde bien. » répondit Neville avec un petit sourire.
Harry porta la pièce au niveau de ses yeux et observa attentivement. A son tour, il poussa un petit cri.
« Un Gallion enchanté ? »
« Exact. » répondit Neville. « Comme ceux que l'on avait utilisé durant l'Armée de Dumbledore, mais j'y ai ajouté quelques modifications. Tu te souviens que les Gallions d'Hermione indiquaient la date de nos rassemblements ? Et bien ceux-là donnent leur emplacement, tout simplement. Si l'un de nous est en danger, il lui suffit d'activer le Gallion qui chauffera alors chez les autres, leur donnant l'endroit exact où se rendre. »
« Neville. » murmura Harry en retournant la pièce dans sa main. « C'est super. »
« Je n'ai fait rien d'autre que de changer quelques petits trucs. » répondit Neville, mais il arborait un large sourire.
Le mois suivant se passa sans heurts et pour la première fois, Harry put goûter à une véritable période de travail, avec exercices, cours de formation complémentaire et quelques heures supplémentaires pour finir en beauté.
Mais ce qui avait fait de ce mois un succès était le fait que le comportement de Ron avait changé du tout au tout. Il s'investissait plus dans le travail en groupe et avait brillé aux entrainements. Certes, il n'avait pas adressé un mot à Malfoy, mais il n'avait pas lancé de commentaire acide non plus, ce qui, en soi, était une formidable avancée.
C'est donc d'un pas léger qu'il se dirigeait vers les cheminées de l'Atrium lorsque Ron le rattrapa.
« Harry, ça te dit de dîner avec nous ? »
Harry lui jeta un regard en biais.
« Qui cuisine ? »
« Arrête ! Elle s'est améliorée à force d'exercice, je te jure ! » S'écria le roux en voyant l'air dubitatif qui s'était peint sur le visage du brun.
« Ce que je ne comprends pas » continua Harry en se positionnant derrière un homme qui attendait de pouvoir entrer dans l'âtre « c'est où est-ce qu'elle trouve le temps de cuisiner avec tout le travail qu'elle a ? Elle n'a même pas le temps de venir manger avec nous depuis qu'elle est membre permanent du Département de contrôle et régulation des créatures magiques. »
« Ne demande pas. » répondit Ron en s'arrêtant près de lui. « Moi-même je n'en sais rien ! Mais je sais que tu lui manques. Elle n'a pas la chance de te voir tous les jours comme moi alors c'est plus dur pour elle. »
« Je comprends. » répondit Harry « d'accord, allons-y. Mais tu crois qu'elle sera là ? »
« Oui, elle a pris sa soirée. »
« Tu veux dire qu'elle a préféré ramener sa tonne de travail à la maison. » répliqua Harry en pénétrant dans l'âtre de la cheminée, près de lui, Ron faisait de même.
Dans un torrent de flammes vertes, les deux jeunes hommes disparurent.
« Harry ! » s'écria Hermione en voyant les deux hommes apparaître dans le salon.
Elle se jeta sur le brun et celui-ci l'attrapa dans ses bras.
« Salut Mione. »
Puis la jeune femme se tourna vers le roux.
« Merci Ron. » dit-elle avec affection. « Le dîner est prêt, j'espère que vous avez faim ! »
« Une faim de loup ! » répondit Ron et il jeta un regard encourageant à Harry.
Ils se débarrassèrent de leur cape et se dirigèrent vers la cuisine. Harry ne put empêcher un sifflement appréciateur lorsqu'il vit la table parfaitement dressée et pleine à craquer.
« Hermione, tu t'es surpassée ! » s'écria-t-il en prenant place.
« Je me suis rendue compte que je m'y prenais mal. » Répondit Hermione. « Tenter de préparer un plat à la façon moldue est ridicule, je n'en ai pas le temps et je ne suis pas très bonne à ça. Il est bien plus facile pour moi d'ensorceler des aliments. »
« Oui ça c'est parce que tu es bonne en magie. » répondit Ron en avalant une pomme de terre entière.
« Alors Harry, comment vas-tu ? Et où en êtes-vous avec votre affaire ? »
« On avance. » répondit Harry en se servant une cuisse de pintade. « Je pense qu'on est sur la bonne voie. Et toi ? Comment ça se passe de ton côté ? »
Hermione fit une grimace avant de mordre violement dans un petit pain.
« L'idée de donner plus de droits aux Elfes de maison a du mal à passer. Les sorciers sont trop habitués à cette forme d'esclavage pour s'en débarrasser. Le but d'un Elfe est de servir leurs maitres, ils aiment ça et aucun ne s'est jamais plaint. Si seulement il pouvait y avoir plus de Dobby ! »
« Jamais personne ne sera comme Dobby. » répondit Harry d'une voix calme.
« Oh Harry je ne voulais pas…bien sûr que personne ne sera jamais comme Dobby, pas après tout ce qu'il a fait pour nous. » reprit Hermione.
Le reste du repas se passa dans une ambiance amicale et Ron se porta volontaire pour débarrasser. Hermione et Harry s'installèrent dans le salon face au feu. Après quelques minutes de silence pendant lesquelles Harry profita de la chaleur sur ses jambes courbaturées, Hermione se tourna vers lui.
« Harry, je ne t'ai pas demandé…as-tu utilisé la potion que je t'ai amenée ? »
Harry se figea, jambes tendues devant lui. Il avait complètement oublié que c'était Hermione qui lui avait procuré la potion.
« Je…oui. »
« Et ? » demanda-t-elle lorsqu'il n'en dit pas plus.
« Rien. »
« Quoi ? » s'écria Hermione, ce qui le fit sursauter. « Comment ça rien ? »
« Et bien rien. J'ai eu beau fixer tous les objets appartenant à Ginny, aucune lueur verte. »
« Impossible… » Murmura-t-elle et ses yeux se perdirent dans le vide. « Se pourrait-il qu'elle n'ait pas marché ? »
Harry ouvrit la bouche mais se ravisa au dernier moment. Qu'allait-il lui dire ? Qu'elle avait bien marché et qu'elle avait désigné Draco Malfoy comme son âme sœur ? Hermione ne le supporterait pas, ou tenterait d'y trouver une explication rationnelle, ce qu'il voulait éviter. De plus, il préférait ne pas parler de ce qu'il se passait avec Malfoy tant que leur situation ne s'était pas éclaircie.
« Que fait Ron ? » demanda-t-il, espérant la détourner du sujet. « Il fait la vaisselle à la main ? »
Hermione leva la tête mais il vit dans ses yeux qu'elle continuait de réfléchir. La connaissant, elle ne lâcherait pas le morceau.
« Je vais voir. » dit-elle d'une voix absente, et elle disparut au coin de l'entrée du salon.
Il poussa un soupire de soulagement en se calant plus confortablement dans le sofa et ferma à nouveau les yeux. Il devait avouer que cette soirée lui faisait du bien. Ces derniers temps il se contentait de faire la navette entre le travail et Godric's Hollow, accumulant les heures supplémentaires et les séances d'exercice. Il avait passé le dernier mois à tenter de produire des sorts sans sa baguette. Le résultat était assez faible, mais dans quelques situations à haut risque, comme lorsqu'un ennemi invisible avait failli lui trancher la tête, il avait pu lancer un sort assez puissant pour freiner l'attaque. Il lui arriva même de repousser l'ennemi virtuel par le simple pouvoir de son esprit, mais cela n'arriva qu'une fois.
D'aussi loin qu'il se souvienne, personne ne lui avait jamais parlé de la possibilité de faire de la magie sans baguette. Il n'avait jamais vu Dumbledore le faire, ni même Voldemort, alors pourquoi le pouvait-il ?
Dumbledore. Peut-être pourrait-il lui en dire plus s'il lui demandait en face, après tout, son portrait se trouvait encore à Poudlard et d'autres étaient déjà installés dans les grandes institutions de Grande Bretagne : Sainte Mangouste, la Tête de Sanglier, pub symbolique de la Résistance durant la Guerre, et Godric's Hollow. Néanmoins, il devait admettre que l'idée d'une visite à Poudlard, qui restait pour lui la dernière demeure de Dumbledore, l'intéressait particulièrement.
Il ouvrit les yeux brusquement, il avait entendu un bruit de verre brisé venant de la cuisine. Il se redressa et regarda autour de lui, Ron et Hermione n'étaient toujours pas revenus.
« Encore en train de se disputer ? » se demanda-t-il avec un sourire.
Il se leva et, à contre cœur, se dirigea vers la cuisine.
« Sérieusement, vous n'en avez pas marre de vous crêper le chi… »
Il se figea sur place et, quelque part au fond de lui, quelque chose se gela. Il lui était impossible de bouger, de respirer ou même de cligner des yeux, car il avait soudain l'impression qu'il lui suffirait de bouger d'un millimètre pour que la situation ne vire au drame.
Car devant lui, à quelques mètres à peine, Hermione et Ron le regardaient, terrorisés et, à la lueur des petites étoiles qui glissaient au-dessus d'eux, il pouvait très bien apercevoir l'éclat des poignards posés sous leur gorge.
Une tête apparut alors derrière celle d'Hermione et lui lança un regard radieux.
« Salut Potter ! » s'exclama Daphné Greengrass et, si elle ne tenait pas la lame qui menaçait Hermione, Harry aurait pu croire que le ton était vraiment joyeux et qu'il s'agissait d'une réunion d'anciens élèves. « Tu en as mis du temps pour venir. »
Le regard du brun glissa vers Ron, qui tentait de se libérer de la poigne de Blaise Zabini, qui en retour appuya un peu plus sa lame sur le creux de sa gorge. Instinctivement, Harry porta une main à l'endroit où se trouvait sa baguette, mais il entendit un cri provenant de sa gauche et vit avec horreur un liquide rougeâtre perler le long du cou d'Hermione.
« Hermione ! » cria-t-il et Daphné eut un petit rire cristallin.
« Tu bouges encore et son sang impure tapissera les murs de cette pièce. »
Hermione émit un gémissement de douleur alors que le sang continuait de couler, teintant sa chemise de rouge. Près d'elle, Ron, qui ne pouvait la voir, avait commencé à crier le nom de sa fiancée.
« Qu'est-ce que vous voulez ? » demanda Harry.
« Tu ne le sais pas ? » demanda Daphné.
« Vous voulez vous venger de moi. »
« Exact. Depuis un long moment. » Répondit-elle, son regard ne quittant pas Harry.
« Je suis là. Je suis là et je n'irai nulle part, alors laissez-les partir. »
Le sourire de la blonde s'étira un peu plus.
« Je crois que tu nous as mal compris, Potter. » reprit-elle. « On ne veut pas simplement te tuer, on veut te détruire entièrement. T'annihiler jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de ta carcasse. Alors on va tuer tous tes petits amis les uns après les autres et seulement après on se chargera de toi. »
C'était comme si un bloc de pierre était tombé dans son estomac. Il pensa aux Dursley, aux Weasley, à Neville, Dean, Luna, étaient-ils tous en danger ? Et enfin, une image vint s'imposer dans son esprit avec une vivacité surprenante : celle de Draco Malfoy, qui subirait sans aucun doute le sort le plus horrible pour avoir choisi, pour la seconde fois, le côté d'Harry Potter.
Il serra les poings, impuissant. Que pouvait-il faire dans l'immédiat ? Il n'avait pas de baguette et il n'avait jamais jeté de sort sans baguette. Il n'avait fait que se protéger mais n'était jamais passé à l'offensive.
« Alors Potter, tu as quelque chose à dire ? » demanda Daphné.
« Où sont Goyle et Parkinson ? » répondit-il, sans vraiment savoir pourquoi.
Tout ce qu'il savait était que plus Daphné Greengrass lui parlait et moins le poignard qu'elle portait s'enfonçait dans le cou d'Hermione. C'était tout ce qu'il pouvait faire pour la jeune femme.
« Pourquoi ça ? » s'enquit la blonde.
« Pour rien, je me demande juste pourquoi c'est à vous qu'incombe le sale boulot de nous tuer, c'est tout. »
Greengrass tiqua et son regard se fit plus féroce, sa beauté angélique s'effaçant d'un coup.
« Ne me cherche pas Potter. » siffla-t-elle.
« Je pose une simple question. Où sont-ils ? Allongés tranquillement quelque part pendant que vous risquez votre vie ici ? »
La blonde le regarda un moment avant d'émettre à nouveau un rire cristallin.
« Risquer nos vie ? Où tu as vu que nous risquions nos vies, hein ? Je pourrais te tuer maintenant si je le voulais. »
« Ah ? Tu crois ? » Répondit Harry en la regardant, un sourcil levé. « C'est aussi ce que pensait ton pote Voldemort. Enfin ça, c'était avant que je le tue. »
Les yeux de Greengrass s'écarquillèrent un instant avant de se resserrer, si bien qu'il ne vit presque plus les iris bleues derrière ses paupières.
« Tu te crois malin, on va voir combien de temps tu tiendras avant de craquer. »
Il sut ce qu'elle allait faire avant qu'elle n'ait bougé, peut-être l'habitude de ce genre de situation lui avait-elle donné des reflexes particuliers. Il avait bougé avant qu'elle ne lève le bras, celui qui tenait le poignard, au-dessus d'Hermione.
« PROTEGO ! » hurla-t-il, espérant transférer l'énergie de sa voix dans son sort.
Daphné Greengrass tituba en arrière et elle relâcha son emprise sur Hermione, qui tomba au sol alors qu'une bulle transparente l'entourait. Harry aussi perdit l'équilibre, sentant une grande partie de son énergie aspirée par la protection qu'il avait fait apparaître. Il posa une main au sol et se projeta en arrière, à temps pour éviter le sort jeté par Zabini, qui lui aussi avait relâché Ron. Harry roula sur le côté et en profita pour sortir sa baguette, qu'il pointa sur Zabini. Son sort heurta l'évier qui explosa près du Serpentard, qui se jeta au sol pour en éviter les débris. Harry se tourna à temps pour repousser un sort jeté par Greengrass et lui lancer un sort qui érigea un mur devant elle.
« Hermione ! » cria-t-il en se jetant sur elle, alors qu'elle tentait de se relever, une main sur son cou ruisselant de sang.
« Ro…Ron. » haleta-t-elle et Harry leva la tête pour voir Ron et Zabini entamer un duel dans le living.
« Il va bien. » répondit Harry en tentant de la relever, mais une explosion derrière lui le fit retomber au sol.
Il se leva d'un bond et s'éloigna le plus possible d'Hermione afin qu'elle ne soit pas touchée par les sorts de la blonde.
« Sale petit emmerdeur de Sang Mêlé. » siffla Greengrass en réapparaissant derrière l'écran de fumée qu'avait crée l'explosion de pierre.
« Il faudrait arrêter d'utiliser ce statut comme une insulte. » répondit Harry, tentant à tous prix de garder l'attention de la blonde sur lui. « Surtout quand on sait que ce cher Jedusor était un Sang Mêlé. »
« LA FERME ! » hurla-t-elle en pointant sa baguette sur lui.
Il réussit à parer une série de sorts et celui qu'il lança la toucha à l'épaule. Son côté droit décrivit un arc alors qu'elle tombait au sol. Harry fit un pas en avant vers Hermione mais un sort s'écrasa à ses pieds et il bondit en arrière. Greengrass tenta de se relever et Harry put apercevoir une auréole sombre s'étendre sur son épaule. Elle continua néanmoins de lui jeter des sorts, si bien qu'il se retrouva le dos collé à la fenêtre.
« A quoi ça vous sert de faire ça ! » lui cria-t-il alors. « Voldemort est mort ! Vous ne le ramènerez pas d'entre les morts et rien de bon n'en sortira pour vous ! »
Elle leva les yeux vers lui et il aperçut une lueur qui lui était familière, celle que l'on ne croise que sur le champ de bataille, qui nous cloue sur place et nous fait monter d'un cran dans l'échelle de la peur. Cette lueur de détermination que seule une catégorie de personne détient.
Ceux qui n'ont plus rien à perdre.
Il se tourna vers le salon et il vit que Ron aussi se trouvait dos à la fenêtre. Alors, Zabini sortit un objet de sa poche et le tendit devant lui. Ron fronça les sourcils mais Harry reconnut l'objet et ses entrailles se liquéfièrent. D'instinct, il se tourna vers Hermione qui elle aussi s'était tournée vers Zabini. Les yeux de la jeune femme croisèrent ceux d'Harry et pendant un bref instant, ils reflétèrent l'horreur qui devait teindre les yeux d'Harry.
Avant qu'il n'ait pu bouger le moindre muscle, avant même qu'il n'ait le temps de formuler la moindre pensée, il fut propulsé en arrière et sentit son dos heurter la vitre qui éclata en morceaux. Il atterrit à une dizaine de mètres de la maison et une pluie de verre s'écrasa sur lui. Quelque part à sa droite, il entendit un bruit sourd et il ouvrit les yeux pour voir Ron rouler à terre. Rassemblant les dernières forces qui lui restaient, il se releva et courut vers la maison.
« Her… »
Mais le reste du prénom se coinça au fond de sa gorge lorsqu'une violente explosion lui fit quitter le sol. Cette fois-ci, il atterrit sur le goudron de la rue et il sentit sa peau s'arracher de par endroits. Il tenta de se relever mais la douleur était insupportable. Il poussa un cri de douleur alors que tout son corps de révulsait, comme dans une tentative de rejet, comme pour expulser cette douleur qui le mordait de toutes parts.
Soudain, il entendit quelqu'un crier son nom et deux mains froides se posèrent sur lui. Il poussa un nouveau cri et continua de se débattre, refusant la douleur qui s'insinuait dans ses veines.
« Calme toi Potter ! » cria une voix qu'il reconnut aussitôt.
« Ma…lfoy. » gémit-il les yeux fermés.
« Oui c'est moi, calme toi pour que je puisse te soigner. »
« Non… » Gémit-il à nouveau. « Ro…Ron…aide… »
« Calme toi, je m'occupe de toi d'abord, Londubat est auprès de Weasley. »
« HERMIONE ! » s'écria-t-il en tentant de se redresser et une vague de douleur le traversa.
Nauséeux, il retomba au sol et s'évanouit aussitôt.
Il ouvrit les yeux sur le mur blanc et lisse de l'infirmerie et il lui fallut attendre un moment pour que sa tête arrête de tourner. Il se redressa en position assise et remarqua que ses bras le soutenaient à peine. Il tremblait de la tête aux pieds.
« Harry. » Entendit-il près de lui et il se tourna.
« Kingsley ? »
Le ministre de la magie était assis sur une chaise blanche, son regard d'acier fixé sur Harry.
« Comment te sens-tu ? » demanda Kingsley en se penchant sur lui.
« Peu importe. » Répondit le brun, qui commençait déjà à se remémorer les évènements qui venaient de se produire. « Ron… »
« Gauche. » répondit Kingsley et Harry se tourna, réprimant un gémissement lorsqu'il fut pris d'un violent vertige.
Le lit près du sien était occupé par Ron, qui semblait dormir paisiblement, trop paisiblement pour qu'il s'agisse d'un sommeil normal. Connaissant le roux, il avait dû être dans un état proche de la démence pour qu'on décide de le calmer par magie. Néanmoins il ne semblait pas présenter de blessure sérieuse et Harry sentit son cœur s'alléger. Puis son regard se porta sur le lit près de celui de Ron, celui qui devrait également être occupé mais qui restait inexorablement vide.
« Hermione ? » demanda Harry d'une voix éteinte.
Un silence s'installa entre les deux hommes et Harry fit volte-face.
« Hermione ? » pressa-t-il.
« Harry… » Commença Kinglsey, mais Harry secoua la tête.
« Non… »
Il ne pouvait pas l'entendre, pas Hermione, pas elle. Tout le monde pouvait être à sa place, il aurait tout donné pour être à sa place, mais pas elle, pas après tout ce qu'elle avait fait, tout ce qu'elle représentait pour lui, le monde magique…
Et Ron.
« Harry ! » lui cria Kinglsey et deux énormes mains s'abattirent sur ses épaules.
« Non ! »
« Elle n'est pas morte ! »
Harry se figea et ses yeux cherchèrent ceux du ministre.
« Nous n'avons pas retrouvé son corps, ni celui de Daphné Greengrass et de Blaise Zabini. »
Une vague de soulagement gonfla le cœur du brun qui sentit son corps se décontracter. Elle n'était pas morte, Hermione n'était pas morte !
Puis, une fois l'euphorie retombée, il saisit enfin le sens entier des mots du ministre.
« Vous n'avez pas trouvé son corps ? »
« Non. » répondit Kinglsey. « Nous ne l'avons pas trouvé. Je crois… »
A nouveau, la panique prit contrôle de son cerveau, paralysant chaque parcelle de son corps.
« Je crois qu'ils l'ont enlevée. »
Il regarda un instant le ministre, attendant quelque chose, n'importe quoi qui pourrait lui indiquer qu'il avait mal entendu, mal compris, puis, voyant que Kinglsey restait muet, il se laissa retomber sur les draps blanc et sombra dans les ténèbres.
Il ouvrit la porte du bureau tout en s'appuyant au mur, car ses jambes étaient encore fragiles et tremblantes. Il alluma la lumière et referma la porte. Il voulait faire quelque chose, il devait se changer les idées, ou au moins se donner l'impression qu'il faisait quelque chose pour faire avancer l'enquête. Car quelque part, Hermione était en train de subir les pires tortures. Il ferma les yeux, ne voulant pas imaginer ce que le Groupe des Serpents pouvaient lui préparer comme traitement. Étant une Née-Moldue, elle n'aurait pas droit aux même égards que Ron ou encore Harry.
Il traversa la pièce et se posta devant la fenêtre observant les étoiles et la lune. Que pouvait-il faire ? Et qu'allait-il dire à Ron ? Il se sentait responsable, car Hermione était restée avec lui tout le temps de la confrontation. Il n'avait pas su la protéger. Que faire maintenant ? Si elle avait été là, Hermione aurait trouvé un plan d'attaque sans faille.
Il se tourna vers la porte et, alors qu'il avançait pour sortir, il aperçut le bureau de Malfoy. De par sa faute, Malfoy et Neville devaient rester au sein du ministère, Kingsley ayant interdit aux quatre hommes de rentrer chez eux. Ils étaient tous devenus des cibles potentielles et ils étaient en sécurité ici. Il se sentit mal pour le blond, qui laissait ainsi sa mère seule dans une grande maison vide. Kingsley lui avait expliqué que pendant un entretien qu'il avait avec Malfoy, celui-ci s'était levé brusquement et avait sorti une pièce de sa poche, avertissant le ministre que ses collègues étaient en danger. La pièce n'avait pas été retrouvée sur Ron mais dans la maison, plus précisément, dans la cuisine.
Hermione.
Elle avait dû trouver la pièce et en comprendre aussitôt le fonctionnement, profitant du fait que personne ne la regardait pour l'utiliser.
Et encore une fois, elle leur avait sauvé la vie.
Il avança jusqu'à n'être qu'à quelques centimètres du bureau en bois. Il passa une main dessus, ses doigts glissant sur le bois verni, puis son regard se posa sur quelque chose qui dépassait du casier du blond. Il tira dessus et une fine page de parchemin glissa de sous le bureau. Étrange, le blond était quelqu'un de très organisé, il l'imaginait mal empiler ses papiers d'une manière aussi…Potterienne.
Sans qu'il ne sache pourquoi, il porta le papier à ses yeux et en parcourut rapidement le contenu.
Son cœur manqua un battement. C'était impossible. Harry relut l'unique ligne une dizaine de fois avant d'en saisir le sens. C'était impossible, cela ne pouvait être vrai ! D'un geste brusque, il ouvrit le tiroir et plongea les mains dedans, en tirant plusieurs papiers au même aspect qu'il s'empressa de lire. A chaque parchemin, il devenait plus pâle et tremblotant.
« Non…non, non… » Gémit-il, ses mains se fermant sur le dernier parchemin.
Il le lut, et ses yeux s'écarquillèrent d'horreur. Les papiers glissèrent entre ses doigts et tombèrent au sol dans un bruissement presque inaudible. Le choc avait calmé d'un coup le tremblement de ses mains, et c'est d'un regard vide qu'il relut le dernier papier qu'il tenait.
D,
Merci pour tes informations. Nous nous tiendrons prêts chez la Sang-de-Bourbe ce soir à 22h.
G.G
A suivre.
Voilà c'est fini pour ce chapitre 10! J'ai grande hâte de recevoir vos réactions, vos commentaires, vos pronostics ! J'espère pouvoir stabiliser ma situation pour me mettre au chapitre 11 qui est déjà en coure d'écriture...dans ma tête!
N'hésitez pas à poster vos reviews, je les lirai avec délectation !
Bien à vous,
Elendil-sama.
