Chapitre 10

Perte

Le voyage avait été long, mouvementée et particulièrement difficile, et en comparaison, l'aller était une simple balade de santé pour Nasséra. Par deux fois le vent et l'eau avait engagé un combat rageur, et avait fait éclater la tempête, torturant la jeune femme, mal habille sur la mer. Fatiguée de ne pouvoir rien avaler d'autre que le sel, sa force avait diminuée, lui causant d'atroces maux de tête. Laissée dans la cale à se reposer, Maria et Altaïr purent discuter ouvertement de leurs manières de penser, et ainsi, mieux se connaître. L'ancienne Templière lui révéla des informations importantes alors que l'Assassin lui apprit le Crédo et certaines manière de vivre. Celui-ci n'oublia pas non plus l'entraînement quotidien de la jeune assassine, qui s'améliorait malgré ses difficultés quotidiennes, sous l'œil attentif de Maria.
Mais elle même aussi était étroitement surveillée par le regard suspicieux de Nasséra qui ne pouvait que penser au mauvais coup que la Templière préparait. Elle ne lui parlait pas, ne l'écoutait pas, et ne supportait pas l'idée de l'épargner, et malgré les deux semaines passées en sa compagnie, Nasséra ne l'acceptait pas plus qu'auparavant, contrairement à Altaïr qui souriait de plus en plus souvent en sa présence.

L'arrivée au port d'Acre fut le plus grand soulagement qu'avait connu l'assassine depuis plusieurs semaines, même dans cette ville corrompue. Lorsqu'elle posa le pied à terre, elle ne put que souffler de soulagement, posant ses poings sur ses hanches, et observant les mouettes qui ne cessaient de tourner autour des navires de pécheurs.
À quelques mètres, Maria remercia Altaïr et lui jura de le tenir au courant des nouvelles qui pourraient lui parvenir, puis elle le salua, et fit demi-tour en direction de la ville, avant de se raviser, et de saluer aussi la jeune femme brune caché sous son capuchon blanc. Nasséra ne lui répondit pas et se contenta de lui tourner le dos, alors que l'ancienne Templière, sans plus de cérémonie, quitta les lieux, quelque peu vexée par le comportement de l'assassine.

Altaïr eut une légère grimace indéfinissable, puis se mélangea à la foule du marché, en direction du bureau, suivit discrètement par sa campagne.

Dans l'ombre et le silence, lentement, ils finirent par atteindre le lieux dit, puis, grimpèrent sur le toit, avant d'atterrir dans la cour. Le jeune homme lui fit signe d'attendre, puis il rentra dans la pièce fraîche où se trouvait le Rafik de la ville.

« -Paix et sérénité Rafik.

L'homme rondouillard et d'un certain âge ne répondit pas à l'instant, se contentant de copier à la perfection un ancien manuscrit. Une fois sa tâche accomplit, quelques longues secondes plus tard, il posa sans douceur sa plume dans l'encrier, et releva la tête.

-Paix, je ne pense pas, et sérénité non plus Altaïr. Il marqua une pause, puis continua, testant la patience du jeune assassin. Alors ? As-tu accomplit la tâche que tu t'étais toi même attribué ? Le rafik interrompit de nouveau son sarcasme et observa la pièce, cherchant quelque chose. Oh ? Mais où est donc passé cette jeune et insolente païenne qui t'accompagnait ? Est-elle toujours en vie ou l'as-tu jeté dans la gueule du loup pour détourner leur attention ?

Le regard noir de haine du jeune homme fut effacé par la voix forte qui s'éleva de la cour, surprenant le vieil homme au cheveux grisonnants.

-Non Rafik, je suis toujours ici. »

Nasséra se présenta dans l'encadrement de la porte, droite, le capuchon blanc abaissé laissant paraître sa longue chevelure noire de jais.

-Rafik, s'il-te plaît, envoie un pigeon pour Masyaf, et prévient les grands maîtres de notre arrivée, dans deux jours.

L'homme le regarda dans les yeux quelques instant, puis se retourna accomplir la tâche demandé avec nonchalance, alors que les deux assassins étaient déjà sortit.

L'heure qui suivit s'accomplit dans le silence des rues désertes, abandonnées par les habitants à cause de la chaleur étouffante du soleil, faisant de la moindre mission un calvaire à peine supportable. Les quelques gardes que croisèrent Altaïr et Nasséra les regardèrent passer sans bouger, ou alors, les ignorèrent totalement, par fatigue, ne voulant pas gaspiller leurs quelques forces restantes. Les chevaux arabes aussi étaient attachés à l'ombres, somnolant ou mangeant le peu de brindilles à leurs disposition. Le jeune homme grimpa sur un petit étalon bai cerise, alors que Nasséra enfourcha un hongre alezan aux grandes balzanes, puis il prirent le petit trot.

Après plusieurs kilomètres dans la poussière et la chaleur, les deux montures reprirent le pas sous l'ordre de leurs cavaliers.

« -On ne s'entraîne pas aujourd'hui ?

-Non Nasséra. Ce serai un fardeau dangereux que d'avoir des douleurs musculaire pour après demain. Il te faut te reposer. Altaïr se retourna, et la regarda. Ne t'en fais pas, tu as un bon niveau, tu t'en sortira.

-Si tu le dis... »

Le reste de la journée se déroula dans le silence de la montagne.

La journée suivante ne se déroula guère mieux. Nasséra n'avait pas dormit de la nuit, angoissant sur la suite des événements, ne sachant pas comment tout cela allait se dérouler. Cela pouvait être autant son salut que sa perte. La vie, ou la mort, et elle avait chercher le sommeil jusqu'à l'aube. Altaïr n'était pas non plus dans sa meilleure forme. Il était distrait, parfois même distant, et le jeune homme ne prononça pas un seul mot, même lorsque Nasséra tenta de discuter un peu. Lorsque la nuit tomba, Masyaf n'était plus qu'à cinq petits kilomètres, et il décidèrent tout le deux de camper à l'extérieur et de se tenir prêt pour le lendemain.
La nuit fut impossible, même pour Altaïr. Jamais l'Assassin n'aurait imaginer arriver à la fin de l'entraînement de sa disciple, pensant qu'elle abandonnerait au bout de quelques jours. Mais ce n'étais pas arrivé, et demain signerai la fin, ou le commencement. La vie, ou la mort , et il chercha le sommeil jusqu'au petit matin.
Une fois l'aube au genou des deux assassins, il montèrent à cheval. La jeune femme bomba le torse et inspira une grande bouffée d'air, avant de jeter un coup d'œil en arrière. Si elle voulait fuir, c'était maintenant. L'idée la tenta quelques secondes avant de la révulser. Elle talonna sa monture qui s'élança au galop, suivit de prêt par Altaïr. Ils arrivèrent au grand galop devant la citée, pillant devant ses portes, puis descendirent pour commencer l'ascension jusqu'à la forteresse de pierre.

Dans les rues de Masyaf, rien ni personne ne s'aperçut de la présence de Nasséra, ni du rôle future qu'elle aller jouer, tous ne se préoccupant que de leurs vies, sans prêter plus d'attention aux assassins qui les protégeaient. Ce fut cependant moins aisée à l'entrée du château fortifié, où attendait patiemment un jeune assassin expérimenté, les mains dans le dos, guettant leurs arrivées.

« -Vous êtes attendu dans le bureau de Al'Mualim.

-Bien Mohamet. »

Puis il s'inclina et laissa passer le grand Altaïr. L'intérieur de la forteresse était bien différente de la ville, et de nombreux regards lourds d'accusations se posèrent sur Nasséra qui marchait le plus naturellement possible. Ni fière, ni prostrée. Simple, légère, et décontractée. Elle marchait comme un assassin. Elle ne tremblait plus à présent, malgré l'angoisse qui lui tordait l'estomac, elle était sur d'elle, sur de son choix, car elle savait qu'elle serait au moins, aller jusqu'au bout de ses convictions.
Deux assassins les escortèrent jusqu'au bâtiment principal, puis jusqu'au bureau, où trois vieillards, debout, les attendaient. Nasséra se douta de leurs identités, et resta derrière Altaïr, comme il lui avait conseillé. Celui-ci s'inclina, attendant que l'un d'eux prenne la parole.

« -Altaïr Ibn-La'ahad , savez-vous pourquoi vous avez été convoquez en ces lieux ? Demanda l'homme de milieu, à la longue barbe aussi blanche que la neige, et aux yeux noisettes sous des sourcils broussailleux.

-Je pense savoir Maître.

-Ne soit pas si arrogant en notre présence, continua celui-de gauche, plus jeune, mais déjà très grisonnant. Tu t'es fait justice toi-même, et en mettant en danger la fraternité. Et puis vous avez dressé cette femelle...

-C'est bien cela. La voix d'Altaïr n'était pas forte, mais faisait vibrer toute la salle, sa détermination certaine, sûr de lui. Si j'ai effectué ces deux actions sans votre accords c'est pour deux raisons qui me semblait juste. J'ai éliminé Armand Bouchard, nouveau maître Templier qui assiégeait Kyrenia depuis plusieurs mois déjà, réduisant à néant sa population. Sa mort était nécessaire. De puis, il fit signe à Nasséra d'avancer, ce qu'elle fit, en retirant son capuchon, Nasséra est bien une femme, et je l'ai formé pour...

-C'est une honte ! Interrompit le vieil homme de gauche. Comment avez-vous osé ?

-Rien n'interdit aux femmes d'exercer. Son ton avait été plus fort que précédemment, et nombreuses femmes assassins ont déjà exercés dans le passé, et vous le savez.

-Il n'a pas tort, dit le plus vieux des droit, à droite, qui s'était rassit, fatigué de tenir si longtemps une posture debout. Mais dites-moi, Altaïr. Pourquoi avoir prit tant de risque ?

Le jeune homme inspira une longue bouffée d'air, et observa les trois hommes. Lorsqu'il estima qu'aucun d'eux ne prit la parole, il se lança.
-Les choses doivent avancer. Cela fait déjà de longs mois que notre ancien maître nous a trahis et en a payé le prix, et de nombreuses traditions, idées reçues doivent disparaître. Certaines de nos actions nous ont coûtés cher, et un nouveau départ est nécessaire. Nasséra ici présente en est une preuve. Elle est aussi douée en course que moi, plus rapide que les meilleurs, et plus précises qu'un tigre. Il lui arrive d'être parfois impulsive, mais elle est sage. C'est un bon assassin, que j'ai formé moi-même. Le changement n'est pas que négatif, il peut en ressortir du bien.

-Ah ! Une femme, savoir se battre ? Mais regardez la ! Elle est aussi chétive qu'un misérable chiot ! S'exclama le vieux de gauche.

-Je pense Maître, qu'il faut la voir avant de juger, adressa t'il à celui de gauche, un air de défis dans les yeux.

-Petit insolent...

-Bien, interrompit l'homme à la barbe blanche du milieu. Allons dans la court, nous allons la faire combattre.

-Je vous regarderez d'ici jeune femme, j'ai horreur des escaliers, parla le plus ridé des trois.
Nasséra lui fit un léger signe de la tête, appréciant son jugement, puis elle remit sa capuche en place avant de suivre les trois hommes. Quand ils arrivèrent dans la cour, les assassins c'étaient déjà regroupés autour du cercle de sable, attendant de voir ce qui allait se passer. Le Maître à la longue barbe blanche choisit trois jeunes hommes, pas au hasard. Le premier était un simple novice, le second un assassin, et le dernier un maître. Tous s'imaginait déjà Nasséra abandonner avant même de poser le pied dans le rond poussiéreux, mais elle s'avança toujours aussi sûr d'elle, et attendit que le novice fit de même. Il devait avoir à peine 16 ans, mais il avait déjà un corps d'homme et un regard dangereux. Le vieux Maître haineux fit signe de la tête et le jeune garçon dégaina son sabre, puis attaqua. D'un geste fluide et rapide, Nasséra se saisit de sa lame courte et dévia le premier coup, avant de lancer son talon droit en plein dans la poitrine du novice. Celui ci étouffa un petit cris et se plia en deux, peu attentif au reste de l'action. Vive, la jeune femme le désarma sans plus de difficulté et lui donna un fort crochet du droit qui sonna à moitié son adversaire, qui vint tomber lentement au sol.

Le silence se fit entendre, laissant peu à peu place à de lourds chuchotements. Le maître barbu fit de nouveau signe, et après avoir sortit le novice boitillant, entra l'assassin. Habillé de la même manière que Nasséra, il sortit son épée sans plus attendre et se jeta sur elle. Surprise qu'il n'est pas attendu le départ, elle esquiva habillement le premier et le second coup, le troisième quand à lui fut dévié, lui laissant l'occasion de contre attaquer férocement. Le combat fut rapide, mais pas pour la jeune femme. Nasséra c'était habitué à la vitesse et à la puissance d'Altaïr à coté, cet homme était lent, voir même au ralentit. Elle pouvait prédire ses coups par ses yeux, et sa posture. Elle pouvait prévoir les frappes et le surprendre. Quelques seconde à peine plus tard, il s'écroula au sol, le nez brisé et une profonde entaille dans l'avant bras droit.
De nouveau, le silence fit place, mais les chuchotements qui suivirent furent plus forts, moins calmes. Les assassins commençaient à douter et à exprimer leurs mécontentement.. Le vieux aux cheveux grisonnants eut un rictus de colère, alors que de son coté, Altaïr eut un léger sourire de satisfaction.

Le dernier adversaire entre en piste. Il était plus vieux qu'Altaïr, plus grand aussi. La petite foule qui avait toujours pour habitudes de se retenir et de se taire commençait à présent à lancer des mots d'encouragement, parfois, des mots d'insultes pour la jeune femme. Ils s'énervaient.

L'assassin dégaina lentement une épée rustre et usée, puis se mit en garde, et Nasséra, pour la première fois, sortir son sabre de son fourreau. L'excitation du combat était à son comble, et d'un coup, l'homme attaqua.
Ses coups étaient rapides, mais la jeune femme parvenait à les suivre, mais ses frappes étaient trop fortes pour être parées, elle dût reculer, ou prendre le bon moment pour les dévier, ce qu'elle fit de temps à autre, mais elle perdit en vitesse. La voyant en légère difficulté, l'assassin redoubla d'intensité et fit virevolter l'arme de son adversaire, ce qui n'empêchait pas Nasséra de continuer à esquiver. Au contraire, sans arme, elle fut allégée et pouvait à présent augmenter sa vitesse. Elle profita d'une ouverture pour le frapper violent, mais à son tour il évita l'attaque, en se déportant en arrière, ce qui permit à Nasséra de reculer à son tour, imposant une grande distance entre eux deux. La jeune femme en profita pour prendre ses couteaux de lancer et les envoya. Le premier rata sa cible, le second fut dévié, mais le troisième se planta violemment dans l'épaule gauche de l'assassin. Il retira l'arme avec un visage crispé par la douleur puis s'élança de nouveau, plus énervé qu'a l'accoutumé, mais Nasséra évita le coup d'une roulade en avant qui lui permit de récupérer sa lame courte encore à terre, qui para le coup suivant. Il avait perdu en force.
Encore à genou, Nasséra repoussa la lame et lui faucha les jambes, le faisant tomber lourdement au sol, perdant son arme. Il se redressa et vint la plaquer au sol, lui empoignant les poignets, assise sur elle. La jeune femme fut prise de panique et se débattit quelques instants, alors que l'homme esquissa un sourire narquois avant d'approcher sa tête du visage de Nasséra. Se remémorant l'action de LeBerry, elle n'attendit pas une seconde de plus et lui donna un puissant coup de tête. Endoloris et vexé dans son ego, l'assassin reprit son arme et l'approcha lentement de la gorge de la jeune femme., qui sans réfléchir...donna un grand coup de genou dans l'entre-jambe de son adversaire.
Elle avait visé juste, et elle tourna la situation à son avantage. Alors qu'il gémissait de douleur, immobile, elle lui enserra la taille avec les jambes, et le renversa avec toutes ses forces sur le coté, jusqu'à se retrouver au dessus de lui, la lame courte sur sa gorge, les yeux emplit de haine.

« -Je crois que nous allons en rester là, s'exclama le maître à la longue barbe. Altaïr, Nasséra, si vous voulez bien nous suivre. »

La jeune femme attendit quelques secondes avant de se lever et de rengainer ses armes, puis elle sortit de l'arène, le souffle court. Son adversaire quand à lui, n'était pas en plu grande forme et lui jeta un regard noir avant de se retirer. Les trois hommes suivit par Nasséra en sueur remontèrent jusqu'au bureau dans un lourd silence. Le vieil aigris leur fit signe de rester à l'écart, puis rejoignirent le troisième compère, avec laquelle ils délibéraient.

« -Tu t'es bien battue, tu as fait bonne impression.

-Merci...J'ai eu un excellent maître.

-Tu n'as pas tout à fait tords. »

Elle lui sourire, mais il l'ignora, observant les trois Maîtres hausser le ton, accompagnait de grands gestes ou de regards furtifs à leur attention. Après plusieurs minutes de discussion, le plus vieux fit signe à Altaïr d'entrer, laissant Nasséra seule.

« -Bien, commença celui du milieu, Altaïr Ibn La'ahad, vous avez été appelé à comparaître devant nous après avoir fuit à Chypre pour assassiner Armand Bouchard sans nous avoir consulté avant.

-Une violation au Crédo ! Continua celui de gauche.

-Je conteste. Je n'ai pas trahis le Crédo.

-Ne réponds pas sur ce ton petit...

-Arthur ça suffit ! Siffla le plus vieux, assit à droite. Laisses le se défendre. Continue.

-Si j'ai jugé bon de ne pas vous envoyer de missive avant d'agir, c'est que j'ai jugé la situation bien trop critiques pour perdre du temps. J'ai agit.

-Malgré tout...Helek, Arthur et moi même avons jugé que même si tu as agis de manière brusque, voir dangereuse, tu avais correctement mené à bien ta mission. Tu as bien fait, et tu ne seras pas sanctionné pour cet acte.

-Cependant, interrompit Helek, celui assis entre Thamir et Arthur, nous avons encore à réfléchir sur ton « élève. » que tu as entraîné clandestinement à nos techniques.

Un homme accompagna Nasséra qui entra sous l'ordre de Thamir. Elle s'avança jusqu'à la hauteur d'Altaïr, puis s'inclina.

-Femme, commença Helek, nous t'avons observé combattre et nous ne pouvons nier vos talents, cependant...

-Nous n'acceptons pas les femmes dans l'ordre ! Lança sèchement Arthur.

-Je ne vous croit pas, interrompit Nasséra.

-Ce qu'elle veut dire, rattrapa Altaïr, c'est qu'il n'y a pas de raisons valides à un tel décret.

-Vous l'avez dit vous même, je sais me battre, je sais...

-Silence femme, vous n'avez pas l'autorisation pour parler.

-J'ai un nom, et c'est Nasséra.

-Et que voudrais-tu ? Demanda celui du milieu, que tu sois considérée comme un homme, que tu ne connaisse pas la sensibilité ou la grâce. Que jamais tu ne mettes au monde tes enfants ?

-La seule chose que je veux est de pouvoir suivre la voie que j'ai choisis.
-Et qu'elle est-elle ? Posa Thamir, de nouveau assis à droite.

-Être l'égal de l'homme. Non pas être considérée comme un homme, mais être vu et respectée comme tel.

Il ne restait plus que la respiration sifflante d'Arthur pour brise le lourd silence qui s'était installer.

-Bien, nous allons délibérer. »

De nouveau dehors, Nasséra fit les cents pas, alors qu'Altaïr attendit impassible. Les minutes s'écoulèrent le plus lentement du monde, et jamais Nasséra ne c'était sentit aussi angoissée. Enfin, au bout de plus d'une heure, il entrèrent, le nœud à l'estomac.

« -Bien, parla le plus vieux, Nous avons longtemps discuté, et nous avons conclut que malgré ta situation, nous t'acceptons dans l'ordre, au rang de simple assassin. Si tu prouves ta valeur,ton talent et ta dévotion, tu pourras peut être prétendre au rang de maître.

-Merci maître, répondit Nasséra en s'inclinant plus bas que d'habitude.

-Nous verrons pour le reste plus tard, continua Helek. Altaïr Ibn La'ahad, la situation ne peux plus durer et nous n'avons jamais mérité le grade que nous avons obtenu. Tu prendras la tête de l'Ordre en tant que chef des Assassins. Un statu qui te reviens de droit, malgré ta jeunesse, nous estimons que tu es assez sage pour prendre notre place. Ta volonté fait foi. Nasséra, vous pouvez disposez, le Maître vous appellera lorsque nous aurons finit. »

La jeune femme s'inclina de nous, fit un pas en arrière, et se retourna pour quitter la place. Encore surprise par ce qu'elle venait d'accomplir et d'entendre. Ça avait presque été trop facile. « Non » se dit-elle. « Tu as pas passé des mois à suer eau et sang, des heures de douloureuses séances d'entraînements, de peur, et de souffrance. Non, ça n'a pas été facile. » Mais malgré tout, elle était terriblement déçue. Plus rien ne serai comme avant, et maintenant, Altaïr étant Maître de l'Ordre, elle était une fois de plus seule, Nasséra se sentait perdue. Elle ignorait totalement où aller ou quoi faire, alors elle descendit et s'assit sur des coussins de velours. Il n'y avait plus qu'à attendre.

« -En sortant, demandez à Nasséra de venir me voir. »

Le vieil homme hocha la tête, puis sortit d'un pas lent, le dos courbé par l'âge. Altaïr était assit sur le vieux siège en bois massif ou jadis, son maître avez trôné. Chef de l'Ordre. Il n'en revenait pas. Il savait que cela était possible, mais jamais il ne c'était imaginé à cet place, aussi tôt, à son âge. Les plus jeunes pouvait y accéder à quarante ans, lui n'en n'avait que vingt-six.

Mais jamais il n'aurait pût refuser une telle opportunité, grâce à celle-ci, il allait pouvoir remodeler les choses, en retirer d'autres et en garder certaines.

Nasséra entra discrètement dans le bureau et abaissa sa capuche, puis s'arrêta devant le bureau, comme Altaïr il y a quelques années déjà.

« -Nasséra ! Je voulais...

-C'est une très bonne chose, c'est juste extraordinaire. Tu as accomplit ton objectif alors que cela te semblait juste irréalisable. Quant à moi, j'ai enfin trouvé ma place. Tu n'as pas à tant faire, n'est-ce pas ?

-Oui. C'est une bonne chose...J'ai...j'ai d'ailleurs une mission pour toi, il se leva et alla dans les bibliothèque retirer un parchemin particulièrement vieux. Tu vas devoir aller à Jérusalem chercher Malik, un Rafik, et un ami. J'ai déjà prévu un nouveau rafik qui part à l'instant.
Altaïr sursauta alors que la jeune femme l'enlaça doucement, caché aux yeux de tous par le large meuble. Elle colla sa joue sur son omoplate et de ses mains caressa son torse. Le jeune homme reposa le document et se retourna.

-J'avais justement quelque chose à te dire, commença Nasséra...

Elle l'embrassa tendrement, comme si elle ne l'avait jamais fait, mais le baiser fut bref. L'assassin la regarda dans les yeux, une mou triste sur le visage et ne lui rendit pas l'étreinte si attendue, il lui prit les épaules et se pencha, embrassant timidement son front. Seul une phrase sortit doucement de ses lèvres : « Je suis désolé... » puis il se ressaisit du papier et retourna à son bureau, alors que Nasséra resta sans bouger, le souffle court, puis se mordit les lèvres, ravalant ses larmes.
Il ne l'aimait plus.