Chapitre 10

Il n'attendit pas longtemps après que le garçon soit parti pour se rendre dans les quartiers de Minerva McGonagall. Il fut légèrement amusé trouver celle-ci se préparant à aller au lit. Il se sourit à lui-même; c'était un juste retour des choses, après tout.

« Severus » l'accueillit-elle froidement. « Je présume que vous venez m'informer que Mr Potter reste encore dans les donjons ce soir? »

Snape feignit la curiosité. « Vous ne faites donc pas le tour des lits, Minerva ? Je présume que non, ou vous sauriez que Potter est dans son dortoir, comme il se doit. »

« Occupez vous de votre propre maison, Professeur Snape. Que voulez vous? »

« J'aurai voulu vous parler, ainsi qu'au directeur, si cela ne vous ennuie pas. C'est assez important. »

« Est-ce que cela ne pourrait pas attendre demain matin? »

« Je préfèrerais mettre les choses au clair dès maintenant, s'il vous plait. »

C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent quelques minutes plus tard face à Dumbledore. Le directeur les accueillit avec gaieté, bien qu'il sentit que le cadet de ses professeurs ait quelque chose d'important à l'esprit. Severus, toutefois, contenait soigneusement ses émotions.

« Tout d'abord, j'aimerai savoir où en sont les recherches pour retrouver les agresseurs du garçon. Je crois qu'il serait soulagé de savoir que nous sommes proches de mettre la main sur eux. »

Dumbledore sourit à nouveau. « Nous sommes effectivement proche de les trouver. En réalité, leur meneur a été identifié. »

Snape fixa le directeur des yeux, muet de stupeur.

« Pardon ? Eh bien, quand a t-il été exclu ? »

« Je ne l'ai pas encore approché. J'attend que ce soit lui qui vienne à moi. »

Si Snape pensait avoir été surpris avant, cette révélation-ci le laissa momentanément sans voix. Il parvint finalement à articuler quelques mots.

« Vous attendez qu'il vienne à vous ? Etes-vous finalement devenu complètement fou, vieil homme? »

Il entendit Minerva lutter pour étouffer un éclat de rire, tandis que le directeur continuait comme s'il n'avait rien entendu.

« Il a été vraiment facile de le trouver, une fois qu'une plume a été assignée à la recherche des dossiers des étudiants, avec tous les détails qu'Harry a fourni. Je veux donner une chance à ce garçon de venir me trouver, une chance d'exprimer du remord. »

« Vous vous donnez une excuse pour laisser le garçon s'en tirer à bon compte avec cette attaque. »

Dumbledore plissa les yeux. « Je ne fais rien de tel. Vous laissez vos préjugés prendre le dessus, Severus. »

Snape ne répondit rien, craignant de ne plus pouvoir revenir en arrière s'il se lançait sur le sujet. Au lieu de cela, il se concentra sur le coupable.

« Qui est-ce ? L'agresseur ? »

« Quoique vous puissiez penser de mes capacités mentales, Severus, il m'en reste toutefois assez pour réaliser que vous donner cette information ne serait pas sage. »

« Et pourquoi pas? »

« Il me semble que vous avez rendu visite aux Dursley, je me trompe ? »

McGonagall se tourna alors pour le regarder, son regard un mélange de surprise et de gratitude, avec peut-être une pointe d'envie.

Il ne leur avait même pas fait la courtoisie de frapper, il s'était contenté d'apparaître directement dans leur maison. Ils ne s'étaient de toute évidence pas attendus à le voir : Quand le « pop » qui signala son arrivée interrompit leur dîner fit sursauter l'énorme garçon il laissa tomber sa fourchette et se contenta de rire tout bas.

Puis le garçon commença à se plaindre au sujet de sa fourchette, et de l'interruption dans ses capacités à engloutir de la nourriture. La femme (Petunia, présuma t-il) se leva pour aller lui en chercher une autre, en dépit du fait qu'un étrange sorcier venait juste d'apparaître dans sa cuisine.

Son sens des priorités était parfaitement clair.

« Ne bougez pas. » Ce fut à ce moment que toute la famille se tourna pour le regarder, tandis qu'il se tenait dans l'entrée de la cuisine.

Vernon Dursley, ce pathétique tas de graisse, fut le premier à réagir.

« Qui êtes-vous ? Sortez de ma cuisine ! »

« Je ne crois pas, non, Dursley. J'ai certaines choses à discuter avec vous. » Il s'appliqua à garder sa voix calme en dépit de la rage qui le consumait. Il pointa sa baguette directement sur la poitrine de l'homme. « Je suis le professeur de votre neveu à Poudlard. »

« Je ne veux voir aucun des espèces des monstres que vous êtes dans ma cuisine ! Ce n'est pas parce que j'ai accepté qu'il se rende à cette école pour bons à rien que ça signifie que je veux que vous nous rendiez visite. Qu'il s'estime déjà heureux que je l'ai laissé rester dans cette maison. »

« Oh, très heureux en réalité, sans quoi il aurait manqué toutes vos punitions. »

« Le garçon est incorrigible, juste comme ses monstres de parents. Il ne fait que causer des ennuis ! »

« Oui » reprit Snape d'une voix lente. « C'est si ennuyeux de nourrir un enfant trois fois par jour. Vous aviez bien l'intention de laisser votre ceinture lui ôter toute illusion à ce sujet, n'est ce pas ? » Ses yeux se posèrent délibérément sur la ceinture de Vernon.

« Je ne vois pas de quoi vous parlez. »

« J'ai vu les résultats de votre petit travail, Dursley. Mentir ne fera que me rendre encore plus furieux. »

« Que voulez vous de moi ? »

« Je suggère que vous fassiez sortir votre fils de la pièce. » répliqua t-il d'un ton dangereux

« Oh mon dieu, que leur avez vous fait, Severus ? »

« Je ne leur ait rien fait. Leur fils a été congédié hors de ma vue, et bien que j'ai eut une discussion agitée avec Pétunia, je ne lui ait fait aucun mal. »

« Je n'ose pas demander ce qui est arrivé à Vernon ? »

« Vernon a goûté à sa propre cuisine et c'est tout ce qu'il y a à dire sur le sujet. »

Il sourit avec satisfaction au souvenir des marques appliquées par magie sur le dos de Vernon. Il s'était assuré qu'elles resteraient perpétuellement insoignées pendant plusieurs mois. Elles étaient légères, mais provoqueraient juste assez de douleur pendant cette période pour marquer la mémoire de l'homme.

Et il avait été particulièrement clair sur le fait que s'il devait à nouveau s'approcher à moins de 100m d'Harry Potter, il le supplierait de se montrer assez indulgent pour ne lui infliger que de simples marques.

Sur le moment, il avait agit sous une impulsion, sans songer aux conséquences possibles. Il y pensa plus tard, quand il commença à se demander pourquoi il n'avait pas encore été arrêté pour s'en être prit à un moldu.

A présent, il savait pourquoi. Une fois de plus, il avait une dette envers Albus Dumbledore. Peut-être était il temps de changer de sujet.

« Je voulais vous parler à tous les deux au sujet de Mr Potter lui-même. Il y a eu certains… développements. »

« En dehors du fait que Mr Potter a dormi dans les donjons les trois dernières nuits ? » demanda mcGonagall.

« Il s'agit de cela, oui. Il semblerait que mr Potter se soit montré délibérément indiscipliné lors de mes cours dans le seul but d'obtenir une retenue, ce qui lui permettait de se trouver précisément là où il le souhaitait pour s'endormir. Son comportement devenait fatigant, je dois donc remédier à la situation. »

« Professeur Snape, il s'agit d'un enfant, un peu de compassion serait la bienvenue… »

Il la laissa continuer sur sa lancée un moment avant de l'interrompre : « Il a demandé la permission de rester dans les donjons et je l'ai autorisé à le faire deux ou trois nuits par semaine. »

Il ne pu retenir un sourire de satisfaction en voyant la mâchoire de McGonagall retomber légèrement sous le choc. Elle se reprit admirablement, cependant.

« Cela fait vraiment beaucoup de temps passé hors de sa propre maison. Je ne suis pas sûre d'approuver. »

« Dans ce cas, je suppose que c'est une bonne chose que je ne cherche pas votre approbation. » Il fit une pause pour marquer sa déclaration, avant de continuer. « Je suis conscient que Potter doit garder des liens forts avec sa maison. C'est la raison pour laquelle j'ai été clair sur le fait qu'il ne doit rester que deux ou trois nuits par semaine. Mais il viendra. Je ne vois pas en quoi le fait d'aider un étudiant perturbé devrait poser des problèmes à qui que ce soit. »

« Très bien, Severus, vous avez marqué un point. » intervint Dumbledore. « Harry a besoin de tout le soutien qu'il peut trouver, ne pensez-vous pas, Minerva ? »

Son expression s'adoucit alors qu'elle rencontrait le regard de Severus. « Bien sûr, où qu'il le trouve. »

Lassé de leur sentimentalisme hypocrite, Snape tourna les talons pour quitter le bureau. Lorsqu'il atteignit la porte, cependant, il se retourna brièvement.

« Je suis heureux que vous soyez d'accord, Professeur McGonagall, car j'entend bien que la prochaine fois que le garçon sera assez angoissé pour me demander au milieu de la nuit, vous l'escortiez vous-même dans mes quartiers. »

Il ne lui donna pas une chance de répliqua alors qu'il se glissait hors du bureau, vers les escaliers.