Sous-titre : Parce que c'est House

Résumé : Avant d'être un homme, House reste un médecin

N/A : Le retour de Cuddy la bonne poire ! Mais bon, même si la fin est un peu facile, je pense que c'est tout de même assez crédible. Cuddy ne peut pas reprocher à House de faire son travail et elle savait à quoi s'attendre avec un bougre passionné comme lui. Donc voilà ! Parti un peu plus triste que d'habitude, mais y en faut bien hein.

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

« Tiens », dit doucement Cuddy en lui tendant une tasse de café.

Il releva la tête d'entre ses mains et prit la tasse sans la regarder. Il but une gorgée, grimaçant sous le liquide brûlant avant de prendre sa balle et de la malaxer entre ses mains, le regard dans le vide.

Ne sachant pas trop quoi faire, comment l'aider, Cuddy s'appuya contre le bureau à côté de lui. Depuis deux jours, il était immergé dans le cas d'un petit garçon de neuf ans dont l'état ne cessait de s'aggraver, sans que House ne parvienne à trouver pourquoi. Il pressa la balle si fort entre ses mains que ses bras tremblèrent sous l'effort. Elle tendit une main vers lui pour le rassurer, ne trouvant rien d'autre à dire qu'un léger « eh ». Il chassa sa main d'un mouvement de tête. Elle la reposa à côté de sa hanche, cherchant les mots.

« Tu trouveras. Tu trouves toujours. »

Il lui jeta un regard de biais et elle sentit que sa présence n'était pas la bienvenue. Elle se redressa.

« Je rentre, tu veux que je te ramène ? », demanda-t-elle gentiment, espérant qu'il dirait oui.

Evidemment, elle ne comptait pas seulement le ramener, mais aussi passer la nuit avec lui. Il était déjà plus de onze heures du soir et House n'avait pas quitté l'hôpital depuis presque quarante-huit heures, elle voulait s'assurer qu'il se reposerait un peu.

« J'ai une voiture et je sais très bien m'en servir », la rejeta-t-il sombrement.

Elle se mordit la lèvre et hocha la tête. Au fond, elle savait qu'il ne s'en servirait pas ce soir, qu'il passerait une autre nuit presque blanche sur le canapé de son bureau.

« Ok. Bonne nuit. »

Elle resta plantée là une minute, se demandant si elle devait l'embrasser, le toucher, et s'il allait encore la rejeter. Finalement, elle secoua la tête et partit sans un mot de plus.

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

Cuddy ne le vit pas le lendemain, ni le surlendemain.

Elle surveillait le cas du petit garçon de près et savait qu'il était maintenant dans le coma. Elle savait aussi que House n'y était pour rien alors elle n'avait pas de raison professionnelle d'aller le voir, elle ne voulait pas lui mettre la pression. Elle aurait certainement trouvé des tas de raisons personnelles d'aller le voir, mais quand il passa à côté d'elle dans le couloir, sans même la voir, elle comprit qu'une visite leur ferait plus de mal que de bien.

Elle chargea Foreman de la tenir au courant et ce fut également lui qui argumenta pour les diverses procédures que House voulait imposer à l'enfant. Plus le temps passait, plus il demandait des tests dangereux et le désespoir commença à se faire sentir.

Quand elle refusa une exploration chirurgical de la cavité cardiaque de l'enfant, House déboula dans son bureau, lui criant dessus et mettant en doute ses aptitudes de médecin. Elle n'aurait pas dû s'en offusquer, il le faisait toujours. Cependant, il n'avait pas cet éclat dans les yeux, celui qui lui disait que, même s'il était meilleur, elle était bonne dans ce qu'elle faisait. Son ton était brusque, tranchant et finement cruel. Elle resta sur ses positions et il l'accusa de tuer cet enfant avant de partir sans un regard en arrière.

House et elle sortaient ensemble depuis plus de six mois, pourtant, ce fut la première fois qu'elle songea réellement que les choses avaient changé, que leur relation professionnelle avait été altérée, malgré la prudence qu'elle leur avait imposé. Parce que six mois auparavant, elle serait passée à autre chose. Six mois auparavant, elle aurait mis ça sur le compte du stress et du fait que House voulait sauver son patient à tout prix. Six mois auparavant, elle ne l'aurait pas pris personnellement.

Elle fit de son mieux pour ravaler sa rancœur, pour relativiser et lui pardonner. Ce soir là, elle alla l'attendre chez lui. Quand il rentra, la nuit était déjà noire et elle s'était endormie sur son canapé. Elle se redressa en baillant et eut à peine le temps d'échanger un regard avec lui avant qu'il ne file vers la chambre. Elle fit mine de ne pas l'avoir vu lever les yeux au ciel.

Elle le suivit jusqu'au seuil de la salle de bain. Elle l'observa mettre la douche en route et enlever son tee-shirt. Peut-être était-ce parce qu'elle en cherchait, mais elle trouva des preuves qu'il n'avait pratiquement rien manger de la semaine au niveau de son estomac creusé et de ses côtes proéminentes. Elle ouvrait la bouche pour parler quand il lui ferma la porte au nez.

Elle avait envie de crier qu'il n'avait pas le droit de la traiter comme ça, qu'elle voulait juste l'aider et qu'il s'impliquait trop dans le cas de ce patient. Elle sentait qu'il ne l'écouterait pas alors elle soupira et alla s'asseoir sur le lit.

Elle ne fut pas étonnée de voir qu'il avait revêtu une nouvelle chemise et un jeans au lieu d'un pyjama.

« Comment va-t-il ? »

Il lui jeta un regard agacé avant de ramasser son sac à dos et d'y fourrer un nouveau flacon de Vicodin. Il faisait des réserves, ce n'était pas bon signe.

« Greg… ».

Sa voix était presque suppliante et elle le savait, mais elle en était là, à le supplier de lui prêter attention parce que depuis plus d'une semaine, il l'avait à peine regardée. Il se figea une seconde et baissa la tête.

« Le kyste au niveau de son lobe frontal a grossi, il se fait opérer dans une demi-heure. »

Malgré elle, le médecin qui était en elle s'outragea à nouveau.

« Tu vas ouvrir le crâne d'un petit garçon de neuf ans qui a probablement déjà des séquelles neurologiques ?! »

Elle sut que ses paroles n'étaient pas les bonnes en le voyant se tendre immédiatement. Il mit son sac sur une épaule et prit le chemin de la porte. Elle bondit du lit pour le suivre.

« Greg…Tu…Tu ne vas pas l'opérer toi-même alors profites-en pour te reposer ok ? »

Sa seule réponse fut la porte d'entrée qui claqua.

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

Deux jours plus tard, elle rentra chez elle et le vit étalé sur son canapé. Elle avait entendu que son patient était guéri, mais étrangement ça ne l'avait pas rassurée. Il leva la tête de l'accoudoir pour la tourner vers lui et le sourire nonchalant qu'il lui offrit la fit vaciller.

« J'ai « The Truman show » et une pizza pour ce soir », annonça-t-il en se retournant vers la télé et avalant une gorgée de bière.

Elle plissa les yeux dans sa direction. Sa main s'était figée sur le bouton de sa veste et elle resta pantoise. Ca n'aurait pas du l'étonner que House prétende que tout allait bien, ignore tout ce qu'il lui avait fait subir ces deux dernières semaines, pourtant elle fut ébahie de son audace. Elle ne s'attendait pas à une excuse, mais…en fait, elle n'avait aucune idée de ce à quoi elle s'attendait, mais le déni n'était visiblement pas sur sa liste. Il aurait du pourtant, parce que c'était une réaction typiquement Housienne.

Elle finit de retirer sa veste et ses chaussures avant de s'avancer dans le salon. Il leva les pieds pour lui laisser une place sur le canapé, mais elle ne s'assit pas, le fixant les mains fermement plantées sur ses hanches. Il stoppa son geste, la bouteille de bière au bord des lèvres et leva les yeux vers elle. Il planta son regard dans le sien et elle se souvint qu'avec des yeux comme ça, il n'avait pas besoin de faire de longs discours. Ses yeux lui criaient qu'il n'était absolument pas désolé et qu'il ne changerait pas. Il lui susurrait aussi qu'il était là, maintenant, et qu'il ne comptait pas partir.

Ca aurait du l'énerver qu'il soit si têtu, si égoïste qu'il se moquait de ce qu'elle avait pu ressentir à être rejetée ainsi. Elle aurait du, mais elle savait. Elle savait que ça serait comme ça, qu'il était comme ça et elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même d'avoir quand même choisi d'être avec lui. Elle devait être maso, songea-t-elle en s'asseyant à côté de lui, parce qu'elle savait très bien que ça arriverait encore. Elle savait qu'il lui ferait encore du mal et pourtant, elle n'avait aucune envie de partir, juste de s'asseoir à côté de lui et de regarder Jim Carrey en mangeant une pizza trop calorique.

Il posa ses pieds sur ses cuisses, et joua un moment des orteils pour les glisser sous son haut. Elle mit une main ferme sur sa cheville pour le retenir. Elle n'était pas prête à le quitter, mais elle n'allait certainement pas oublier non plus. Elle comptait bien lui en faire baver. Peut-être même bien littéralement.