Titre : Courir toujours plus loin (chapitre 10)
Persos principaux : Tenten, Lee, Neji, Gai.
Rating : M à cause d'un lemon (ou plusieurs...) et de scènes de violence.
Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto, excepté Kalamata, Mei Ting, le prêtre et les gens de la famille/ville d'origine de Tenten.
Playlist : Rien en particulier ici.
P'tit mot de l'auteur : Bouh, ce chapitre, c'est rapidité express ! Vraiment, j'en reviens pas. Bon, il est légèrement moins long, mais je voulais arrêter là. En plus, vous vous rendez compte qu'on en est déjà au DIXIEME ?
Depuis combien de Tenten bondissait-elle d'arbre en arbre, sans se soucier de savoir si Gai-sensei, oui ou non, la suivait ? Elle l'ignorait. Le stress lui dévorait les entrailles, et le bébé, ce bébé si aimé et si désiré, elle avait une peur bleue qu'il lui glisse entre les doigts malgré toutes ses précautions à son égard.
Sans savoir où elle dirigeait ses pas, elle courait. La plus grande interrogation n'était pas où, comment, pourquoi ; c'était davantage vite. Ça ne l'amusait pas de mettre ainsi sa santé et celle de l'enfant à naître en jeu, mais enfin, elle n'avait guère le choix.
Elle dut s'arrêter au terme du cinquième kilomètre ; ses jambes ne la soutenaient plus. Haletante, elle s'adossa à l'arbre sur lequel elle était perchée et attendit, attendit, avec une anxiété croissante, de voir surgir à l'horizon des têtes connues.
Amis ou ennemis ? Lee, Neji, Gai-sensei, Sakura... ou Kokoyo, les Anbus ?
Au moins, elle avait fui la bataille, songea Gai en observant les ressortissants des différents camps se jeter les uns sur les autres comme des chiffonniers. Pourquoi, telle n'était pas la question. Elle serait plus en sécurité loin de Konoha qu'ici.
A condition qu'elle porte l'enfant à terme...
Kokoyo fut la première à entamer les hostilités ; sortant un poignard, elle se jeta sur Hana Inuzuka, jeune héritière du clan, dans l'intention manifeste de lui percer le coeur. Sa mère, Tsume, riposta immédiatement et ce fut là le signal déclencheur ; tout le monde se jeta sur tout le monde. Hyuga Hiashi combattait aux côtés de Yamanaka Inoichi, Aburame Shino avec Hana, et ainsi de suite.
Une grande solidarité inter-clans était née.
L'initiative avait beau être plutôt positive du côté des grands clans de Konoha, Gai n'en resta pas moins un peu écoeuré. Il suffisait d'une petite querelle interne pour que l'on se bagarre tous, les uns contre les autres !
- Gai-sensei ! Où est Tenten ?
Neji avait visiblement réussi à s'extirper de la mêlée, où il était - dès le départ et jusqu'au cou, en raison de son appartenance et de son implication dans l'affaire - en train de bloquer quelques tenketsus. Il paraissait très inquiet et, pour une fois, ne cherchait pas à le cacher.
- Elle est partie dans la forêt. Ne t'inquiète pas, elle allait bien quand je l'ai quittée, essaya de le réconforter son sensei.
- Je ne m'inquiète pas ! Mais elle est enceinte ! rétorqua-t-il violemment, mettant ainsi un terme à la conversation.
Il détestait que l'on le surprenne en plein aveu de faiblesse. Il haïssait les sentiments... ou du moins, ce qu'ils laissaient entendre.
Toutefois, tous deux savaient une chose ; à la vitesse à laquelle Tenten avait décollé, il leur serait presque impossible de la rattraper. Kalamata avait sans doute dû user d'un peu de sa magie... il fallait essayer tout de même !
- Allons-y ! s'exclama le jeune homme, à bout de nerfs. Je n'ai pas envie de la retrouver morte ou pis, en train d'accoucher !
Ce qu'il disait avait une part de vérité, réfléchit Gai en fronçant les sourcils. Sakura leur avait expliqué, quelques mois auparavant, qu'en raison de ses antécédents médicaux et de son passé trouble - on ne savait rien d'elle, tant sur le psychique que sur le physique - elle avait de fortes « chances » d'accoucher prématurément.
A cinq mois d'une grossesse pareille, ce serait un véritable désastre.
- Elle ne survivra pas si il meurt, annonça Lee qui les avait rejoint.
Ils n'avaient pas besoin de demander qui était « il ». Le petit bébé, qui était dans leurs coeurs depuis le début, et qui n'avait pas encore de nom - ni de papa.
Une voix terrible, grotesque, fulminante les tira de leurs pensées :
- Je la rattraperai avant vous ! Je la tuerai, je la brûlerai, elle et sa saleté de démon ! KALAMATA ! Kyubi a peut-être eu ma fille, mon fils et mes petits-enfants, mais toi, tu ne m'auras pas ! Tu m'entends ! TU CREVERAS !
La douleur lui donnait la nausée.
Tenten se plia légèrement en deux, puis finalement, tomba à genoux. L'effort avait été trop intense, l'activité trop longue, elle avait le coeur en feu. Ses poumons n'arrivaient plus à aspirer l'oxygène...
Petit à petit, elle se calma. Gai-sensei faisait peut-être des discours idiots sur « la Fougue de la Jeunesse », mais il lui avait appris beaucoup de choses utiles aussi.
Premièrement : ne jamais baisser les bras. Tenten n'avait pas une arme sur elle, pas de quoi se défendre, cependant elle avait le deuxièmement : son Taijutsu, enseigné directement par son professeur. Même si son niveau avait toujours été plus faible, globalement, que celui de ses camarades, elle demeurait une experte qui n'hésitait pas à mettre au tapis tous les garçons - et les filles aussi, pourquoi les épargner ? - de sa promotion - et même des autres, plus expérimentées.
Et, troisièmement : l'art de la méditation.
Ça paraissait tout bête dit comme ça, et en plus, qui plus que Gai-sensei était sans arrêt en mouvement, agité et turbulent ? Le revers de la médaille, eh bien c'était ça. Il avait appris à ses élèves à bien contrôler leur respiration, s'immobiliser parfaitement pour se fondre dans le paysage, entendre le coeur de l'autre, près de soi, battre comme si c'était le sien.
Etonnamment, Tenten s'était révélée la plus douée pour cet exercice. Même Neji, le si grand prodige au calme déconcertant, s'était énervé devant ce qu'on lui demandait de faire – et pourtant, il disait que c'était sa marotte... quant à Lee, n'en parlons pas ! Il ne cessait de bouger ou de se gratter ; le manque d'action le démangeait et pourtant, il avait dû faire comme tout le monde.
Première étape : se placer à un endroit de préférence tranquille, sur un support stable. Parfait. La forêt alentour était déserte, seul le vent d'hiver chantait dans les feuilles. Il faisait un peu froid, mais tant pis. Cela rafraîchirait ses joues.
Ensuite, respirer à fond, sans chercher à ordonner ses pensées. Inspiration... expiration... inspiration... expiration... Tenten commençait à ressentir les bienfaits de cette solution. Inspiration... expiration... elle pouvait se relever. A condition de ne pas forcer, elle pourrait tenir quelques kilomètres. Et après ?...
Après ? Elle serait seule au monde, c'était indéniable.
- Tenten ! Ne reste pas là !
- Sakura ! Que fais-tu ici ?
Elle risquait gros à être vue en sa compagnie. On pourrait l'accuser de désertion !
- Je t'ai suivie, figure-toi, parce je suis ton médecin ! rétorqua la medic-nin. Grouille ! Tu es poursuivie ! s'exclama-t-elle en la tirant par le bras.
- Par qui ? s'étonna-t-elle.
- Il y a deux groupes indépendants. Les Anbus veulent te ramener de force, mais les Hyuga s'y opposent. J'ai peur qu'il t'arrive malheur. Allez, viens ! Par où tu vas ?
La jeune fille réfléchit. Si elle partait vers l'ouest, elle se retrouverait sur la côté, en direction des îles de l'Eau - c'était un coin qu'elle ne connaissait pas du tout. Vers le nord, elle tomberait sur le Son, et avec ce qu'elle savait des ninjas de là-bas, c'était hors de question. Vers le sud ? Ce serait idiot, elle irait au pays du Thé, un grand allié de Konoha... restait l'est... le pays de la Rivière, suivi immédiatement après de celui du Sable, grand ami également... que faire ? Gaara était un jinchuriki, ne pourrait-il pas faire quelque chose ?
Vers l'est se trouvait aussi le pays de la Terre... son pays natal... y retourner ?...
- On prend l'est, répondit t-elle sans hésiter. Viens.
Les deux filles se retournèrent, prêtes à s'élancer souplement, quand une main ferme se posa sur l'épaule de Tenten.
Cette dernière, frôlant la crise cardiaque, poussa un cri et assena un violent coup de coude à son adversaire, sans se retourner pour voir de qui il s'agissait. Mais « l'ennemi » esquiva facilement et s'exclama, stupéfait :
- Tenten ! C'est moi !
Cette voix, elle l'aurait reconnue entre mille autres. Lee !
- Me fais plus cette peur ! s'exclama-t-elle, choquée. Je suis sûre qu'il l'a senti ! fit-elle en désignant du doigt son propre ventre.
- On discutera plus tard ! rétorqua-t-il en la prenant par la main.
Il leva les yeux de la « précieuse fleur » de leur équipe et rencontra ceux d'une autre fleur, aux pétales délicats, avec un coeur d'émeraude. Toute sa tension, alors, disparut d'un coup. Les deux femmes de sa vie étaient là, et elles allaient bien. Sakura lui rendit son sourire - un sourire éclatant, plein de grâce.
- Ne restons pas là, indiqua gravement le Fauve de Jade. Gai-sensei et Neji nous rejoindrons.
Il exerça une petite pression sur le bras de Tenten et cette dernière laissa, à son tour, s'échapper un faible sourire. Faible, mais content tout de même de ne pas rester seule sur un chemin bordé de douleur.
- Ça ira ? demanda-t-il.
Elle se contenta d'opiner simplement de la tête, et ils reprirent la route. Un peu moins de terreur au ventre, maintenant qu'ils étaient trois - qu'ils étaient unis.
- Gai-sensei ? dit Lee dans son émetteur-récepteur. J'ai trouvé Tenten. Elle va bien. Prévenez Neji, je suis hors de portée. Terminé.
- Oh, attends un peu, jeune avorton. Je n'en ai pas terminé avec elle !
Evidemment, vous avez deviné, vous. Qui était-ce ?
Kokoyo - dame Haine, Mocheté Suprême ou tout ce que vous voulez - se trouvait juste derrière eux, à quelques mètres, sur un arbre proche. La fureur déformait son visage de sorcière, ridé par les ans et les soucis. Elle était déjà loin d'être une beauté étant jeune, mais là... néanmoins, c'était plutôt le katana aiguisé qu'elle tenait bien en main qui faisait craindre à tous le pire.
Surtout pour une certaine fille, porteuse de Kalamata.
- La poursuite ne m'amuse plus, grommela la vieille femme en triturant son arme. Alors soit tu te rends, soit je me charge de te trancher la tête. A toi de voir !
- Pas question ! rétorqua Lee en se plaçant devant son amie, décidé à la protéger de tout son corps. Elle ne se battra pas contre vous !
- Qui parle de se battre ? ricana-t-elle. Un abandon pur et simple me va très bien.
- Lee.
Tenten posa sa main sur l'épaule du jeune homme, une expression étrange sur le visage. Quand il la vit, il comprit immédiatement. Et non, il ne pouvait l'accepter.
- Non, Tenten.
- Si, il le faut. Prête-moi une arme.
- Non.
- N'importe quoi ! Un nodachi, un tessen, un katana, un...
- Non ! Tu n'iras pas te battre dans cet état ! rétorqua-t-il sévèrement.
Sakura soupira. Les hommes ! Tant pis pour la remontrance bien corsée - pas plus corsée que son café, elle l'espérait - qui allait suivre, elle ferait ce que son coeur lui dicterait. Une petite arme...
- Tiens, Tenten, dit-elle en sortant de sous ses vêtements une paire de nunchakus.
Elle savait depuis longtemps que Gai-sensei, expert en Taijutsu, avait enseigné à ses élèves la maîtrise particulière de cette arme - plus qu'aucune autre. Elle ne possédait pas l'arsenal d'armes que Tenten avait l'habitude de porter toujours sur elle pour tirer en rafale sur ses ennemis, mais enfin, c'était mieux que rien.
Tenten lui offrit un sourire rayonnant.
- Merci, Saku !
- Eh, attends, la retint-elle par le bras. Tu n'as l'autorisation de t'en servir que si elle t'attaque. On s'en occupe !
C'était l'occasion pour Lee et Sakura d'éprouver ensemble leur amour l'un pour l'autre... et leur force commune.
- Lee ! Formation deux !
La formation deux était une véritable boule d'énergie. Elle consistait, pour Lee, à sauter en l'air, bientôt suivi de Sakura qui se mettait à sa hauteur. Puis, il l'enveloppait dans ses bandages et repartait, tête en bas, comme pour un meurtrier atterrissage.
Là, il la lâchait, près du sol - et le plus près possible de l'adversaire - et elle arrivait sur les mains, ou plutôt sur les poings, défonçant le sol avec toute leur violence combinée.
Une fois de plus, cela ne rata pas : Kokoyo fut brutalement projetée en arrière, sur le dos, frottant rudemment la terre dure. Tenten, du haut de son perchoir, applaudit. Elle savait que Lee s'entraînait - régulièrement - avec Sakura ces derniers temps, et un résultat pareil...! Ahurissant.
- On l'a eu ? s'interrogea la jeune medic-nin, relevée par son ami.
En effet, la plus grande difficulté avec cette technique était l'atterrissage. Il fallait réussir à se protéger convenablement de l'onde de choc, et cela demandait un entraînement constant. Visiblement, Sakura ne l'avait pas entièrement assimilé.
- Non ! Elle se relève ! constata une voix bien connue.
Tenten releva la tête : Naruto ! Impossible, que faisait-il ici ?
- Alors, on se bagarre sans moi ? Pas sympa, les amis ! s'écria-t-il en se plaçant en douceur à côté de la jeune fille.
Un bref instant, il posa son regard sur elle, un regard clair, bleuté, empli d'une inquiétude si sincère qu'elle se sentit toute retournée. Naruto avait la force et la beauté qui caractérisaient les hommes forts.
- Naruto, emmène Tenten dans un endroit sûr ! cria le Fauve de Jade tout en repoussant un coup de katana à deux mains.
- Beuh, d'accord, marmonna-t-il.
Il semblait déçu de ne pas être du combat.
- T'es prête, Tenten ?
Pour toute réponse, elle lui fit la pose Nice Guy. Naruto en demeura stupéfait quelques secondes, avant d'éclater de rire et de lui rendre la pareille.
- Donc, je disais : y'a aussi Kiba qui t'a suivie, il ne doit pas être loin. Et Hinata. Et Ino. Et...
- Et plein de monde, le coupa-t-elle tout en continuant à courir.
Leur course durait depuis un long moment. Combien de temps ? Ni Tenten, ni Naruto n'auraient su le dire. Tout ce qu'ils savaient, c'était que la vieille - et, accessoirement, un groupe d'Anbus dont ils n'avaient pas encore vu la couleur - était toujours sur leurs traces.
Lee et Sakura commençaient à s'essouffler, quoi de plus normal. Tenten aussi. Pas Naruto, quant à lui. Et les renforts n'arrivaient pas... c'était très préoccupant. A présent, tout le monde était hors de portée - Neji, Gai-sensei, Ino, et compagnie. L'est, privilégié par la future mère au début, semblait lointain et elle ne savait même pas où ils se dirigeaient.
- Fais gaffe ! s'écria le jinchuriki en la prenant dans ses bras pour lui faire éviter la trajectoire d'armes bien affutées.
Les Anbus les avaient rejoint.
D'un rapide coup d'oeil, Lee jugea de la situation.
Critique.
Sakura était mal en point, face à une Kokoyo déchaînée par la fureur ; lui-même n'était guère reluisant. Naruto, seul, ne pourrait faire face à la horde d'Anbus qui allaient se faire un plaisir de le démolir... eh merde !
Que faire ? Aider Sakura, ou Naruto ? L'une ou l'autre mourrait dans cette bataille si il ne choisissait pas, et vite !
- Raaahhh ! Lâchez-la, bande de cochons ! s'égosilla t-il en voyant qu'ils tentaient de ramener Tenten à eux.
Il était dur de la défendre, sans risquer de la blesser gravement, au milieu de toute cette mêlée.
Un bruit soudain et atroce le fit sursauter, alors que le Fauve était déjà prêt à prendre parti : Tenten s'était servi des nunchakus, une expression terrible sur le visage. L'un des Anbus tomba au bas de l'arbre, hurlant de douleur : elle lui avait brisé le nez, qui était rarement ce qu'on pensait à protéger en premier lieu.
- Le prochain aura droit au même traitement, s'exclama-t-elle en faisant tournoyer l'arme favorite de son sensei.
- C'est ce qu'on verra, ricana une voix odieuse.
Tenten eut juste le temps de sauter, aggrippant violemment Naruto à la manche. Les Anbus avaient compris bien avant ce que Kokoyo projetait de faire. La branche sur laquelle ils se tenaient un instant auparavant, et tout l'arbre même, explosèrent.
L'onde de choc les souffla tous deux.
Heureusement que Naruto avait eu le réflexe d'utiliser son chakra pour s'accrocher à un autre arbre, soutenant Tenten par la taille !
- Bien joué, Naruto ! gueula Lee.
Et ces renforts qui ne venaient pas.
Tout le monde avait de quoi faire ici. Naruto, seul contre plus de quinze Anbus en armes. Tenten, qui tentait de le soutenir mais devait à chaque fois reculer sous les assauts de Kokoyo. Lee, qui essayait désespérément de ranimer Sakura qui ne donnait plus signe de vie, et en même temps lançait un SOS d'urgence.
La situation était ce qu'elle était : désespérée.
La goutte d'eau qui fit déborder le vase, c'est lorsqu'il vit ça.
Naruto se trouvait à présent face à « deux » adversaires : les Anbus - ce qui fait loin de deux, j'en conviens ! - et Kokoyo. Cette dernière, haineuse, faisait face au jeune blondinet. Ils sautèrent en l'air, et elle murmura, d'un ton qui aurait fait trembler plus d'un :
- Sale... jinchuriki.
Sous l'insulte, Naruto sentit son sang bouillir dans ses veines. Préparant un Rasengan, il...
- NARUTOOO !
Au dernier moment. Il crut à un cri de détresse, tant l'appel était désespéré. Mais non, ce n'était pas ça, constata-t-il en baissant légèrement les yeux.
Trop bien, sans doute. Assez bien en tout cas pour le pousser de la trajectoire de la main de cette vieille folle, qui tenait une floppée de senbons empoisonnés - et se préparait à les enfoncer dans son cou, exposé imprudemment - et à le sauver d'une mort certaine.
Elle n'avait que trop connu l'intolérance en tant que jinchuriki pour laisser Naruto mourir stupidement du fait qu'il en était un, lui aussi. Maudite malédiction !... si tous deux survivaient, Tenten aimerait bien parler avec lui. Parce qu'on ne peut le faire avec ceux qui ne comprennent pas.
- TENTEN !
Elle n'avait pas reçu les senbons, Kami-sama soit loué ! Cependant, elle était désormais à terre. Et nulle autre que Kokoyo ne lui tenait la gorge, plaquée contre un arbre, avec cette fermeté implacable qui caractérise la vengeance.
Et elle étouffait.
- Ça fait quoi de mourir ? la nargua-t-elle.
Que pouvait-elle lui répondre ? Tenten, à demi consciente, garda le silence. De toute façon, il lui était pratiquement impossible d'ouvrir la bouche.
- Tu te souviens ?
Elle eut un geste d'impuissance ; de quoi ? Et de toute façon je m'en fous.
- Lorsque tu as tué mes enfants ? Tu te rappelles de leurs cris ?
Non, évidemment que non... elle n'y était pas, elle n'était pour rien dans leur mort ! Elle aurait voulu crier sa révolte, apaiser cette femme par des mots d'amour, de tendresse, mais la vie lui refusait ce droit. Elle mourrait muette.
- Tu ne crie pas, hein ?
Comment le pourrait-elle ?
- Tu souffres ?
Non, pas réellement. La strangulation avait beau ne pas être une partie de plaisir, forcément, elle ressentait simplement... un bien-être. Tout allait être fini et c'était bien. La chaleur qu'elle ressentait l'obligeait à mettre plus d'ordre dans ses pensées.
- Lâchez-la, immédiatement, ordonna Lee en se plaçant en position caractéristique de combat.
- Sinon... menaça Naruto.
- Sinon quoi ? Vous êtes encerclés, les Anbus contrôlent la zone, cette fille est en train de mourir. Que voulez-vous de plus ? Rendez-vous, et le Conseil saura être magnanime. Pourquoi trahir votre village, votre patrie pour un vulgaire démon ?
- Tenten n'est pas un démon. C'est une jeune fleur de la jeunesse en plein épanouissement ! dit solennelement son meilleur ami. C'est notre amie !
- Ouaieuh d'abord... - Naruto sembla hésiter, chercher ses mots. Le grand discours plein de passion de Lee l'avait perturbé - Vous lui arrachez ses pétales !
- Oh, c'est terrible, quelle tragédie, persifla Kokoyo, le visage faussement défait. Je vais immédiatement la laisser partir, ce serait trop triste de...
Toutefois, elle saisit qu'une petite étincelle, dans les yeux de Tenten, venait de s'éteindre à l'instant. Sa main crispée jusqu'au poignet se détendit également. Le coeur lâchait.
- Eh bien, on dirait que c'est fini, haussa-t-elle les épaules, tout en relâchant à peine sa prise. C'est bien triste.
- C'est vous qui allez être malheureuse si vous ne la laissez pas tranquille ! tonna une voix surgie d'outre-tombe.
Les yeux des deux garçons s'illuminèrent.
- Neji !
Et aussi Gai-sensei, Ino, Kiba, Hinata... une joyeuse bande, quoi. Il fallait dire qu'on était sacrément heureux de les voir !
Neji, lui, ne partageait pas la « joie » de ces retrouvailles. L'air mécontent, il promena son regard de neige sur l'assemblée, espérant trouver une jeune fille en bonne santé. Manque de chance, Tenten était inconsciente, mal en point, et lui se sentait de mauvais poil.
Utilisant sa technique Hyuga, il enfonça son doigt dans le dos de la vieille, lui insufflant une dose bien supérieure à la normale de chakra. Kokoyo hoqueta ; il avait touché l'un des tenketsus près du coeur.
- Un coup, madame. Je ne le répéterai pas. Vous la lâchez ou vous vous en souviendrez toute votre vie.
- Cette fille est dangereuse !
- Deux coups. Je vous préviens, les Hyuga ont des techniques extrêmement puissantes.
- Vous ne pouvez pas...
- Quatre coups. Votre mort vous obligera t-elle à la laisser ?
Kokoyo eut un sourire ambigu.
- La mort ne peut m'enlever la vengeance.
- Huit ! Seize ! Trente-deux ! Soixante-quatre !
La main de fer se détacha de la gorge de la jeune fille, qui glissa au sol, assise. Vacillante quant à elle, l'Ancienne recula. Sans doute de peur de prendre un autre coup du génie des Hyuga, pensa ce dernier...
- RRRRRRRAAAAAAAHHHHHHH ! cria-t-elle en se jetant de nouveau sur le corps inanimé, femme à la férocité ignoble et injustifiée.
Mais, sans un effort, une goutte de transpiration, il l'arrêta ; et cette fois, pour l'exemple, il lui tordit le poignet.
- ., grogna-t-il, horriblement en colère.
Puis il la jeta au loin, et la laissa pour morte.
C'était la première fois que Lee, ou même Gai-sensei, le voyaient aussi énervé. Incroyable mais vrai. Tenten réussissait toujours à lui faire perdre sa face de glaçon. Soit en le taquinant, soit en l'énervant elle-même, soit, dans ce cas précis, en se mettant en danger.
- Tenten...
Il l'avait prise dans ses bras et la serrait contre lui, dans l'espoir qu'elle se réveille. Il le sentait dans sa chair, dans ses tripes, elle ne pouvait pas être morte, c'était absolument impossible !
- Tenten...
- Neji, chuchota-t-elle.
Alors, pour la première fois depuis presque six mois, ils s'embrassèrent.
Car leur amour qu'ils avaient si longtemps dissimulé aux yeux de Konoha prenait une valeur toute particulière ici. Oui, ils étaient libres à présent, libre de vivre leur passion à deux sans complexes, sans remords, sans culpabiliser...
Libres d'aimer.
Encore un p'tit mot : Alors, que pensez-vous de ce chapitre ? En ce moment ça va, je trouve, les publications sont plutôt régulières ! L'an dernier (et comme chaque hiver), je faisais de la dépression saisonnière ; rien de grave, rassurez-vous, mais je ne pouvais alors plus écrire car j'avais un terrible coup de barre... depuis que je suis à l'internat, ça va mieux !
Au fait, savez-vous ce qu'est un tessen ? Il s'agit d'une arme, plus précisément un éventail (pendant l'ère féodale japonaise, on apprenait aux femmes à les manier dès le plus jeune âge) aux pales de métal.
