Five Hundred Years After
Disclamer : Les personnages utilisés dans cette fanfiction sont la propriété de SquareSoft/Squarenix. Seuls les personnages d'Irélia, Evan, Lena, Allister, Marvin, Flint, les deux inconnus, les gars de l'école et l'école elle-même -parce qu'elle n'existe pas- et tous les autres m'appartiennent (pour le moment, parce qu'il y en aura d'autres).
Merci à eux d'avoir crée des mondes et des personnages qui nous font rêver encore et encore, chaque jour, égaillant notre petit monde.
Cette fanfiction se déroule dans le monde de Final Fantasy septième du nom.
Je vous souhaite à présent une très bonne et agréable lecture, en espérant que cela vous plaise.
Chapitre Neuf : Le départ
Irélia en était à J-2.
Dans deux jours, elle quitterait la Shin-Ra, et retournerait dans les ruines de Midgar. Et ce jour-là, à deux heures quarante-deux du matin, la dernière cinématique de Final Fantasy VII venait d'être jouée sur l'ordinateur que la rousse tenait entre ses mains.
Il faisait nuit et aucune lumière n'était allumée dans l'appartement de la jeune terrienne qui venait enfin de terminer dans ses moindres recoins un très vieux jeu dont on lui avait si longtemps conté les mérites. Une Midgar en ruine, envahie par la végétation, venait de disparaître de l'écran.
Silencieuse, Irélia referma l'ordinateur.
Tout était noir. Elle s'allongea sur son lit, les yeux rivés vers sa baie vitrée en contrebas. C'était étrange, cette sensation de tout savoir, de tout comprendre, et d'être parfaitement impuissant. Tout s'éclairait, et tout s'assombrissait. Elle se surprit à trembler.
JENOVA…toute cette histoire. Elle avait du mal à y croire. Elle serait bien descendue sur le champ dans la bibliothèque, mais elle était fermée à cette heure tardive. Eisen et Seamus étaient des Sephiroth en cavale. Ils devaient chercher quelque chose, mais quoi ?
Quant à Evan, il n'était qu'une des marionnettes du monstre.
« Bon sang…Evan. »
Il était dur de le voir comme un ennemi, désormais. Elle soupira. Elle n'aurait jamais du mettre son nez dans cette histoire. Elle devait en parler à Allister et à Lena, ils devaient savoir ce qu'il s'était passé. Mais comment avouer qu'un jeu avait été créé sur ce monde ?
Si, elle le pouvait. Il suffisait de falsifier le message laissé par Evan, cacher certaines choses et en rajouter d'autres, et le tour était joué. Avec quelques recherches en plus dans la bibliothèque pour des preuves à l'appui, à la place du jeu, et les autres seraient au courant au même titre qu'elle.
Oui, c'est ce qu'elle ferait le lendemain. Pour le moment, elle devait oublier cette histoire, dormir, et à la limite penser à son retour dans les ruines de Midgar.
La rousse se tourna dans tous les sens, une bonne demi-heure durant, mais rien n'y fit : elle n'arrivait pas à s'endormir. Quoiqu'elle fasse, elle se rappelait toujours des progénitures de JENOVA, mettant à feu et à sang des villes entières. Elle en était malade.
Ce ne fut seulement vers quatre heures du matin que Morphée daigna s'occuper d'elle. Elle retomba dans les limbes du sommeil, bien qu'agité.
« …lia ? C'est toi ? Tu es là ? »
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« Eh, la Marmotte ? Tu sais qu'il est déjà une heure de l'après-midi ? » plaisanta une voix de gai-luron.
Irélia ouvrit un œil, puis l'autre, et fut éblouie par le soleil qui resplendissait dehors. La tête d'Allister dépassait de l'escalier qui menait à la mezzanine.
« On t'attend pour manger. C'est bien de lire jusqu'à pas d'heure, mais encore faut-il se réveiller à temps pour le self.
-Désolée, j'arrive. Cinq minutes. » s'excusa la Terrienne.
Allister rit de plus belle, et quitta l'appartement, sans doute pour prévenir Lena. Irélia sauta hors de son lit, et s'habilla. Elle avait des choses importantes à faire aujourd'hui, et ce n'était pas le moment de lambiner.
Le début de journée fut assez calme. Elle mangea en compagnie de deux Turks, comme d'habitude, puis elle fila dans l'étage bibliothèque de la Shin-Ra.
Il y avait de tous. Des livres, des archives numériques. Ce n'était pas la première fois qu'elle mettait les pieds en ces lieux, aussi elle fila tout droit à l'essentiel.
Enfin, l'essentiel, c'était vite dit. Il n'était pas aisé de retrouver des documents datant d'il y a cinq cents ans. Les livres historiques étaient vagues, sans doute pour effacer la mauvaise image qu'avait eut la Shin-Ra à cette époque.
Malgré tout, elle parvint à mettre la main sur quelques documents exploitables. Des récits de personnes ayant vécu à Nibelheim, qui était une ville connue pour Irélia, maintenant qu'elle avait joué au jeu. Quelques rapports scientifiques du professeur Hojo, les mémoires de Rufus Junior Shin-Ra.
Ce fut ce dernier qui recelait le plus d'éléments intéressants.
La rousse chercha encore pendant de longues heures, encore et encore…
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Lena était tranquillement accoudée à sa table basse, dans son appartement, buvant son café de temps à autre. Elle vérifia si elle n'oubliait rien pour le grand départ, le lendemain. Lampe, matéria, tente, PHS de secours (elle ne voulait pas se faire avoir une seconde fois de la même façon), rations de survie en cas de coup dur, couvertures, eau vitaminée, boussole, GPS, et elle en passait. Elle avait deux sacs à dos. Le nécessaire.
« Un ou deux bouquins pour passer le temps, pendant les voyages, et ça devrait être bon. »
Elle empaquetait ses affaires, lorsque l'on vint tambouriner à sa porte.
« Lena ! J'ai un truc à te montrer. Et si tu sais où je peux trouver Flint, ça serait génial. »
Etonnée, la Turk alla ouvrir sa porte pour trouver Irélia, et un Allister au visage moins réjouit qu'à l'accoutumé. Elle comprit pourquoi, en voyant, serré dans les bras d'Irélia, un ordinateur qui ne lui était pas inconnu.
« Flint est là haut. On s'y rend, tout de suite. »
Pas la peine de tergiverser. Irélia avait du trouver quelque chose.
Le trio fila dans l'ascenseur, pour se rendre au dernier étage, où Flint discutait avec une secrétaire à propos des modalités de départ des deux Turks.
« Qu'est-ce que vous faites là ? » s'étonna le Roux.
« Irélia a trouvé quelque chose. » expliqua Allister.
Le jeune homme, qui encaissait beaucoup de responsabilités sur ses épaules, les invita à se rendre ddans une salle plus à l'abri des oreilles indiscrètes. Il y avait une grande table, où Irélia déposa l'ensemble de ses trouvailles. Livres, une liseuse de documents, l'ordinateur, cartes.
Tous les quatre enfin réunis, Irélia commença son exposé.
« J'ai trouvé l'ordinateur d'Evan, sous mon lit, et je l'ai allumé. Ce que j'ai trouvé relève de l'aberrant. Tout d'abord, voici la lettre qui se trouvait sur le bureau, et qui était adressé à quiconque trouverait son ordinateur. »
Les trois autres lurent par-dessus l'épaule de la rouquine. Elle devait l'avouer, elle avait pas mal falsifié le document. Tout d'abord, la lettre ne parlait plus du jeu, et exposait les évènements plus par idées. Le passage qui révélait qu'il venait d'un autre monde ne figurait plus non plus. Et surtout, elle avait enlevé les derniers propos, le passage où Evan demandait à être tué, qui étaient juste horribles à lire.
« JENOVA ? » répéta Flint, à la fin de sa lecture.
« Oui, JENOVA. Vous m'excuserez, mais j'ai déjà fouillé la bibliothèque de font en comble. J'ai trouvé pas mal d'info. En particulier, grâce à ton ancêtre, Flint. Rufus Shin-Ra.
-Le premier Shin-Ra a avoir rétabli l'ordre. » se rappela le roux.
« Ouais, mais avant de la rétablir, il a aussi fait pas mal de dégâts. C'est un peu long à lire, et vous pourrez le faire ce soir si vous voulez, mais en gros, il explique ce qu'il s'est passé il y a cinq cents ans. J'ai l'appui de ses propos par divers autres documents. A cette époque, un scientifique, le professeur Gast, et son équipe de recherche, met la main sur une strate géologique datant d'il y a deux milles ans. Persuadé que l'être contenu à l'intérieur est un ancien, il commence quelques expériences. Rien de grave. Cela se complique lorsque son successeur, plus médiocre et plus fou, décide de réaliser une expérience : injecter l'ADN de l'être retrouvé dans un embryon humain. Une scientifique s'est portée volontaire pour l'expérience, et c'est ainsi qu'est né Sephiroth. »
Il y eut un silence. Les trois autres se regardèrent, incrédules.
« Tu veux dire, le Sephiroth qui a détruit Midgar ? » s'étonna Lena.
-Lui-même. » affirma Irélia. « A la base, tout allait bien. Il était même général, parmi les membres du SOLDAT, jusqu'à ce qu'il découvre la vérité sur sa conception, et qu'il se mette en tête qu'il était l'unique représentant des Anciens. Seulement voilà, JENOVA n'était pas une ancienne, un rapport du professeur GAST le stipule, et Rufus Shin-Ra le confirme dans son livre. JENOVA est la calamité des cieux qui a détruit les Anciens, il y a deux mille cinq cents ans. Ses pouvoirs sont terribles, et elle a manipulé Sephiroth pour détruire Midgar.
-Mais alors, si la lettre d'Evan dit la vérité, et que Lyrick a réellement trouvé un reste de JENOVA…
-Lyrick l'a réellement trouvé. Regardez, j'ai trouvé un article dans le journal. Cela date d'il y a vingt-cinq ans. »
Elle montra l'article sur la petite liseuse électronique. Il y avait une photo de quelques scientifiques dans la neige, non loin du cratère.
« Lyrick en expédition pour le grand Nord. L'équipe est ravie par ses découvertes. Evidemment, il n'y a pas d'autres informations sur ces dernières, mais on peut alors supposer qu'ils ont trouvé une autre partie de JENOVA, commencé leurs expériences, et ont créé à nouveau non pas un être surpuissant, mais deux, à l'instar de Sephiroth. Quel âge ont Eisen et Seamus ?
-L'âge de Lena, je dirais. » répondit Allister.
« Vingt-quatre. » détailla la susnommée.
« Cela correspond. » confirma Flint.
« Mais alors, Evan, dans tout ça. Ils lui ont injecté l'ADN de ce monstre ? C'est pour ça…qu'il n'est plus lui-même. » conclut le blond, pensif.
C'était rare, mais pour une fois, Allister ne souriait plus.
« Cela explique comment il a survécu à la chute, ce jour-là. JENOVA n'a pas du vouloir le laisser mourir. »
Un silence s'installa. Flint jetait un coup d'œil aux divers documents qu'Irélia avait trouvé, et chaque ligne se recoupait avec une autre. Il acquiesça, il n'y avait pas de doutes possibles.
« Ils doivent chercher JENOVA… » murmura-t-il.
« La chercher ? » s'étonna Irélia.
« Oui. C'est elle qui tire les ficelles. Et je pense que ça confirme notre théorie d'autres laboratoires de Lyrick encore en fonction. Eisen et Seamus détruisent des villages pour essayer de recueillir des informations. Tout colle. Tout correspond. C'est bien plus qu'une affaire toute simple. On va droit à la catastrophe. Il faut que je prévienne le président. Je peux t'emprunter ces documents ?
-Bien sûr.
-Merci, Irélia. Et bien joué. »
La rousse sourit, tandis que le vice-président fila de la pièce, emmenant en partie les documents, ceux qu'il trouvait plus pertinent. Lena s'assit sur une chaise, pensive. Dans le principe, ils devaient toujours arrêter les trois hommes.
« Allister ? » appela la Turk.
« Oui ?
-On doit aller voir Nanaki. »
La rousse tiqua, lorsqu'elle entendit le véritable nom de Red XIII. Elle redressa la tête, surprise.
« Il est toujours vivant ?
-Tu le connais ? » s'étonna Allister.
« Rufus Shin-Ra en parle dans son livre. » se rattrapa-t-elle.
« Evidemment, il était là, il y a cinq cents ans. Son espèce vit très longtemps. Il nous conseillera en tout cas. On doit passer à Canyon Cosmos. »
Irélia eut un sourire. Finalement, elle avait été utile. Les choses se passeront sûrement différemment.
Le trio quitta la salle, après quelques réflexions. Allister et Lena laissèrent la rousse pour discuter de leur mission. C'est alors que, sans vraiment comprendre pourquoi, Irélia fit un détour pour attraper son épée, et se rendit à l'étage d'entrainement.
Elle s'installa dans une petite salle, se posa en son centre, et tenta de se calmer.
« Inspire, expire. Demain, tu pars en voyage pour essayer de trouver un moyen de rentrer chez toi. Tout va bien. » se rassura-t-elle.
Elle ne comprenait pas pourquoi, mais elle était tendue. Une idée traversa son esprit, et elle alla régler les conditions des murs. Elle les demanda opaques, et résistants à la foudre. Elle posa par la suite son épée sur le sol, et se tint droite.
Ses mains étaient moites. Elle les regarda un instant, les portant presque à son visage. Pourquoi cette histoire l'énervait-elle autant ? Quelques faibles arcs d'électricités claquèrent le long de ses doigts. Puis cela se propagea à sa main entière, suivit des bras et enfin du corps entier.
Puis elle libéra entièrement son pouvoir. Jusqu'où pouvait-elle aller ? Elle vérifia bien que les murs tenaient les charges. La salle s'illumina des milliers d'arc de foudre qui rebondissaient dans tous les sens. Cela allait et fusait dans tous les sens. En se concentrant, les arcs devinrent de plus en plus gros, et ceux qui la traversaient ne lui faisaient pas le moindre mal.
Elle se stoppa lorsqu'elle produisit une immense boule de plasma devant elle, qui fit claquer les néons de la salle, pourtant protégés. Sans comprendre, ses yeux se refermèrent tout seul, et elle s'écroula de fatigue sur le carrelage blanc.
C'était fou, comme pouvoir.
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A son réveil, il faisait plutôt noir. Normal, se dit-elle, elle avait claqué les néons. Doucement, elle se redressa, et ressentit expressément l'envie de manger quelque chose. Sa tête tournait, et elle dut s'appuyer contre un mur pour éviter de chanceler. Elle ouvrit la porte, laissa une note comme quoi la lumière était hors d'usage, et sortit de l'étage d'entrainement, un peu confuse.
Les horloges digitales indiquaient dix-neuf heures. Un sérieux bout de temps s'était déroulé. Elle prit l'ascenseur, et grimpa jusqu'à l'étage des Turks. Tout était calme et vide. Tout le monde devait déjà manger. Elle déposa son épée chez elle, et reprit l'ascenseur. A sa grande surprise, elle y retrouva Flint, qui devait descendre des étages supérieurs.
« Tu n'as pas encore mangé ? » s'étonna le roux.
« Non. J'étais dans la salle d'entrainement. »
Flint esquissa un sourire, qu'il perdit aussitôt en repensant à son statut.
« Tu n'aimerais pas devenir Turk ? Tu serais très douée. »
Irélia eut un sourire à son tour, mais n'était pas vraiment d'accord avec les propos.
« J'aime la robotique. Je ne suis pas sûre d'être faite pour le combat.
-Je comprends. » admit-il.
Il eut un petit soupir mélancolique. Irélia se rendit alors compte qu'il n'allait pas très bien.
« Et toi ? Tu n'aimerais pas participer à certaines missions ? On m'a vanté que tu étais un excellent tireur d'élite.
-J'aimerai, mais je suis le vice-président. » expliqua-t-il.
Irélia n'eut pas de mal à voir ce qui clochait. Le lendemain, Lena, Allister et elle partaient de la Shin-Ra. Deux pour sauver le monde, et une autre pour trouver ses souvenirs. Il restait derrière, loin de tout. Son statut n'était pas évident. Il ne pouvait pas faire tout ce qu'il voulait.
« Peut-être que ton père comprendrait, si tu lui demandais.
-Ce n'est pas si facile. » rétorqua-t-il.
« Désolée. » s'excusa Irélia, comprenant qu'elle s'était mêlée de ce qui ne la regardait pas.
« Tu n'as pas à t'excuser. Merci pour tout. Tu nous as beaucoup aidés. »
Les deux rouquins arrivèrent au self, où ils retrouvèrent Lena et Allister. Ils dinèrent ce soir là tous les quatre. C'était la dernière fois qu'ils le pouvaient. Le lendemain, ils se séparaient, dès l'aube. Chacun partirait de son côté.
Cette nuit-là, Irélia eut à nouveau du mal à dormir. Quelque chose l'embêtait, mais elle était incapable de savoir quoi. La voix, qu'elle entendait parfois, resta silencieuse.
Tout serait bientôt terminé.
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« C'est un adieu, c'est cela ? » plaisanta Allister.
Huit heures du matin. Allister, Lena, Flint et Irélia se trouvaient à l'aéroport privé de la Shin-Ra, dans l'une des salles d'attente. En face, de l'autre côté de la baie vitrée se trouvaient un hélicoptère et un immense vaisseau volant, le Highwing II, qui faisait hommage au tout premier vaisseau volant utilisé par la Shin-Ra. Irélia avait insisté pour se rendre aux ruines à pieds, mais Flint avait appuyé pour qu'elle ne s'embête pas avec tant de marche. L'avion était là pour les deux Turks, qui se dirigeaient vers Canyon Cosmos, et l'hélicoptère pour elle.
« Je crois oui. Je ne pense pas revenir de ci-tôt. » affirma Irélia.
« Tu vas nous manquer. » murmura Lena.
« Vous aussi. Faites bien attention à vous. Toi aussi, Flint. »
La rousse n'aimait pas trop les adieux. Cela la rendait un peu malade. Mais cela passerait. Une fois dans l'hélicoptère, elle aurait tout oublié de cette histoire qui ne la regardait pas.
Ils discutèrent encore un moment, puis sortirent enfin sur la piste d'atterrissage. Les avions avaient fait des progrès en termes de bruit. Les hélices tournoyaient dans le calme. De l'autre côté, le Highwing II était impressionnant. Il faisait bien deux cents mètres de haut sur huit cents de long. Jamais Irélia n'avait vu pareil extravagance.
« Bon courage, tous les trois. » encouragea Flint.
Irélia se retourna vers lui. Elle avait l'impression qu'il retenait une grimace. Elle lui sourit et le remercia pour ce qu'il avait fait. Puis Lena attrapa Irélia dans ses bras, à sa grande surprise, mais ne dit rien. Allister, lui, sourit juste, comme à son habitude.
Les quatre personnes se séparèrent. Irélia se rendit vers l'hélicoptère, les deux Turks vers la passerelle d'embarquement de l'Highwing, et Flint resta seul, au milieu de la piste, à les regarder s'en aller.
Un pilote attendait Irélia. Son sac lui semblait tellement lourd, alors qu'elle n'avait quasiment rien emmené. Quelque chose n'allait pas, et lui donnait la nausée. Elle mit un pied sur l'une des marches de l'hélico, pour grimper, mais se stoppa.
« Merde… » grogna-t-elle.
Ca n'allait vraiment pas. Pourquoi n'arrivait-elle pas à mettre le second pied ? Ce n'était pas physique, mais psychologique. Une voix en elle, et c'était bien celle de son subconscient, lui interdisait de poser le second pied. Elle était tenaillée entre deux sentiments. Elle avait essayé de réprimer le second depuis le premier jour où elle s'était retrouvée dans cette tour.
« C'est pas le moment…tes parents t'attendent. » se rappela-t-elle.
Elle leva le second pied, mais se stoppa, les larmes aux yeux.
« Merde...Ca va pas, là. »
Elle inspira un grand coup, réfléchit cinq secondes sur sa condition, et finalement se retourna violemment vers Flint, qui était planté deux cents mètres plus loin. Elle hurla à pleins poumons :
« FLIIIIINT ! TA PROPOSITION TIENT TOUJOURS ?! »
Au loin, le roux releva la tête, surpris. Il y eut un blanc, puis elle crut voir un imperceptible sourire sur le visage du jeune homme. Elle venait de déclencher quelque chose.
« ELLE TIENT TOUJOURS ! » répondit-il, en s'approchant. « TU PERMETS ? J'EN AI POUR DEUX MINUTES ! »
Irélia sourit, et redescendit les marches qu'elle avait montées. Elle s'excusa platement auprès du pilote, lui expliquant brièvement que le vol était annulé, tandis que Flint disparaissait dans le bâtiment Shin-Ra. Lena et Allister s'étaient arrêtés eux aussi, éberlués par la situation. Jamais ils n'avait vu Flint hurler, ou même courir sans raison.
Le roux revint deux minutes plus tard, habillé de blanc et d'un long manteau noir, un sac sur le dos et un fusil au poing. Irélia sourit de plus belle.
« C'EST BON. TU ES OFFICIELLEMENT APPRENTIE TURK ! » hurla-t-il.
« MERCI ! ET TOI ?! TU ES QUOI ?!
-UN ENVOYE DIPLOMATIQUE. »
La rousse explosa de rire, tandis que Flint la rejoignait à grand pas. Puis, les deux rouquins coururent jusqu'à l'immense vaisseau qui attendait toujours. Lena et Allister, qui étaient toujours plantés sur la passerelle d'embarquement, avaient enfin compris. Ils les accueillirent, ravis.
« Est-ce que vous avez une idée de ce que vous venez de faire ? Flint, vous… » rappela Lena.
« Je viens de démissionner, alors oui, je crois que je me rends compte de ce que j'ai fait. » confirma Flint.
« Je viens de dire adieu à mes souvenirs. Mais je les trouve beaucoup moins importants que de vous filer un coup de main. » affirma à son tour Irélia
C'était décidé. Inutile de se cacher éternellement derrière une fausse excuse pour échapper à sa raison. C'était ce qu'elle voulait faire. Etre là. Vivre avec eux. Vivre une vraie vie. Tout ne sera pas facile, mais c'était ainsi. Elle était bien trop impliquée déjà.
C'est ainsi que les quatre jeunes gens prirent place à bord de l'Highwing II, loin de se douter de toutes les aventures et mésaventures qui les attendaient.
