Bien le bonjour mes amis!
Disclaimer : les personnages appartiennent à Hidekaz Himaruya.
Voilà, comme promis, le chapitre spécial Saint-Valentin! Toutefois, comme je suis assez contre l'industrie de cette fête... Ce chapitre ne sera pas vraiment rose, sucré et joyeux. Oh que non.
On laisse un peu Lovino et Antonio de côté (quoique) pour se concentrer sur Gilbert. Et il est pas tout seul.
Je vous remercie encore pour vos reviews, follows, favoris... Ca me rend tellement heureuse!
J'espère que vous aimerez ce chapitre, n'hésitez pas à laisser une review!
Chapitre X : Person of Interest
Mars 2003.
-Guten Tag, Lovi! Salut, Tonio.
-Hola, Tonton! réplique Lovino avec un signe de la main.
Le petit garçon est assis à la table du salon et colorie un dessin de Winnie L'Ourson.
L'albinos dépose un baiser dans les cheveux auburn et lance la conversation avec Tonio à grands renforts d'apparente bonne humeur.
Il se laisse tomber dans le sofa, en face de Lovino, et pendant qu'Antonio leur prépare des boissons à la cuisine, il enfouit le visage dans ses mains, son sourire ayant disparu pour une seconde, laissant la place à un visage défait et à des yeux plus rougis que d'ordinaire.
Lovino fronce les sourcils.
-Pourquoi t'es triste, Tonton?
Gilbert le dévisage, stupéfait.
Ainsi donc, Lovino a remarqué…
oOo
Gilbert a fini de travailler. Il en a marre, et c'est assez pour aujourd'hui. Il a besoin de changer d'occupation. Il lève les yeux de ses papiers et livres étalés devant lui.
La librairie est presque vide, à l'exception de Roderich qui lit derrière le comptoir.
Gilbert a pris l'habitude d'étudier et de travailler à sa thèse dans la librairie Edelstein. L'endroit est généralement calme, et de toute façon, le bruit ne le dérange pas –au lycée, il étudiait avec Rammstein en fond sonore, alors… – il a tout ce dont il a besoin sous la main, et, dernier avantage mais pas des moindres : il tient compagnie à Roderich. Ou plutôt, comme Roderich aime le reprendre: Gil y écrit sa thèse sous sa surveillance.
Qui sait? Chez lui, il serait certainement en train de flemmarder sans personne pour le regarder, s'assurer qu'il travaille et le rappeler à l'ordre. En fait, Roderich est l'ange gardien de sa thèse.
Ca fait deux ans maintenant qu'il a étudié pour la première fois à la librairie. C'est efficace. Il est moins distrait. Faut dire, quand Roderich le prend à rêvasser, il ne se gêne plus pour le frapper à la tête avec le premier livre qui lui tombe sous la main. Donc, c'est efficace. Et quand, en fin d'après-midi, Antonio quitte les lieux pour aller rechercher Lovino à l'école, c'est Gilbert qui aide Roderich à ranger et classer les livres arrivés le jour même. Chacun y trouve son compte, finalement. Et parfois, quand il n'y aucun client et que Gilbert prend une pause, il demande au libraire de jouer du piano. L'Autrichien refuse d'abord, pour la forme, mais au final il ne peut jamais vraiment dire non et nier le plaisir qu'il ressent à jouer pour qui sait apprécier.
Et il donne ainsi à l'albinos l'occasion de regarder et d'écouter pendant plusieurs minutes, parfois même jusqu'à une demi-heure, sans jamais être ennuyé, sans jamais se lasser de contempler Roderich, son visage concentré, ses yeux violets animés d'une flamme passionnée, ses longues et fines mains qui se promènent en maître sur les touches d'ivoire, ses lèvres pâles…
Gilbert, qui peine pourtant à la fermer, est rendu muet dès que la première note s'élève.
Il peut dire que Roderich est son ami, désormais. Au fil des années, ils ont appris à se connaître. Et à présent, non seulement le pianiste tolère-t-il sa présence, mais il la réclame. Quand le jeune homme fait un moment sans venir, il s'enquiert auprès d'Antonio de ce qui a bien pu lui arriver. Il l'invite aux fêtes d'anniversaires de Feliciano, se joint à l'étrange famille pour celles de Lovino, et il lui sourit. Mein Gott, ses sourires. Ils étaient rares au début. Maintenant, Gilbert sait comment le faire sourire.
Oui, il est l'ami de Roderich.
Seulement son ami, malheureusement.
Oui, Gilbert est tombé amoureux. La première fois qu'il l'a vu, il a su qu'il était fichu. C'est la véritable raison pour laquelle il vient si régulièrement à la librairie. Il ne peut pas mentir. Bien sûr, c'est une mine d'or d'informations et de connaissances… Tout comme la bibliothèque de la fac, d'ailleurs. Mais Roderich Edelstein, il ne peut l'admirer que là, et profiter de sa compagnie, jouir de son amitié, être ébloui par son sourire, assourdi par son rire… Il n'y a qu'un seul endroit au monde où tout cela est possible, et un seul lieu sur terre où il voudrait passer chaque seconde de son existence; et il s'y trouve en ce moment même.
Il ferme son stylo, remballe ses notes. Il est 17h30 et il n'y a personne dans la librairie, qui fermera bientôt.
-Déjà terminé? demande Roderich depuis un rayonnage voisin.
Il connaît si bien Gilbert et ses habitudes verbales qu'il reconnaît ses soupirs de contentement sans même l'observer.
-Pour aujourd'hui, oui!
-J'espère bien te revoir demain. J'aurai reçu le livre que tu as commandé.
-Génial. Dis, Roddy?
Pas de réponses.
–Roderich.
-Hum? fait le libraire en sortant du rayonnage pour faire face à l'étudiant.
-Tu me rejouerais cette valse de Chopin?
-Laquelle? Il en a composé un paquet.
-Celle que tu as jouée hier.
-Oh. La Valse brillante n°1, Opus 34.
-Si tu le dis.
Sans un mot, pour une fois, Roderich s'assied sur son tabouret et relève ses manches. Ses doigts courent sur le clavier, envoûtent Gilbert qui se laisse aller une fois de plus à une douce rêverie et s'abandonne à ce délicieux supplice d'entendre l'homme qu'il aime ne jouer que pour lui.
Un jour, il faudra qu'il lui dise. Qu'il confesse ses sentiments à l'Autrichien. Il est terrorisé à cette idée, mais… Il n'y tient plus. Il sait qu'il n'y a aucune chance pour qu'il partage ses sentiments, mais il n'en peut plus de se taire. Il devra arrêter d'être un lâche, un jour ou l'autre, et lui ouvrir son cœur.
La valse touche à sa fin. Les dernières notes meurent sur l'instrument et Roderich se retourne vers lui avec un mince sourire.
-Content?
-Oh que oui. confirme Gilbert. Je t'aide à fermer?
-Avec plaisir.
L'albinos se dirige vers la porte, retourne l'écriteau qui désormais affiche "fermé" et éteint les lampes qui éclairent la vitrine de la librairie.
-Tiens, au fait, Roddy. J'ai terminé Le Portrait de Dorian Gray. Tu as autre chose à me suggérer?
-Tu as lu Les Misérables? l'interroge Roderich depuis le comptoir où il vide la caisse.
-Oh, non! J'ai eu mon compte de 1789 à la fac, je te remercie. dit-il avec ironie.
-Ca se passe en 1832, inculte. le corrige Roderich avec un sourire amusé.
-Ah. Mes excuses, Monsieur. réplique l'albinos avec emphase.
Roderich cherche dans une bibliothèque non loin et lui tend bientôt un volume d'une certaine épaisseur. Gilbert le réceptionne avec appréhension.
–Prends au moins la peine de lire le premier tome, mais sache que le troisième est le meilleur.
-Pourquoi ça? Mets-moi l'eau à la bouche, dans ce cas.
-Hé bien, le premier plante le décor. La partie révolutionnaire arrive dans le troisième. Et si tu arrives jusque là, tu découvriras de jeunes gens impétueux et avides de liberté, d'égalité, et en somme des têtes brûlées qui ne sont pas sans me rappeler quelqu'un, maintenant que j'y pense… Pourquoi tu me regardes comme ça?
Gilbert s'est laissé emporter par le discours enflammé de Roderich, amoureux de littérature, et un sourire béat a fleuri sur ses lèvres. Il n'a pas pu l'arrêter. C'est trop agréable que pour refouler son bien-être.
-Pour rien… Je te regarde, c'est tout.
Roderich sourit, et Gilbert se dit que, peut-être, c'est une ouverture. Il s'apprêtait à partir, mais s'arrête. Prend une grande inspiration et se met à parler:
-Roderich… Si je te disais un secret… Peu importe sa nature. Est-ce que tu resterais mon ami?
-Je ne vois pas ce qui pourrait changer l'opinion que j'ai de toi.
-Donc tu me promets que même si tu n'approuves pas ce que je te confierais, on resterait amis et proches comme maintenant, et que je pourrais revenir ici aussi souvent que je le veux?
-Je suppose que oui, mais tu m'inquiètes, que se passe…
-Tu me le promets?
-… Oui, je te le promets.
-Il y a quelque chose, Roderich, que j'aurais dû te dire depuis toujours.
Il inspire à nouveau profondément.
-Je t'aime, Roderich.
L'Autrichien est trop choqué par les larmes qui montent aux yeux écarlates que pour s'offusquer des sentiments de l'homme qui lui fait face.
-Je t'aime depuis le premier jour.
Il n'y a aucune réaction de la part de Roderich, seulement la stupeur peinte dans ses yeux, ses lèvres légèrement entrouvertes. Gilbert alors s'approche et l'embrasse doucement, brièvement.
Le brun le repousse sans brusquerie.
-Je… commence-t-il. Je suis flatté, Gilbert. Tu es une personne que j'apprécie, et tu sais que vous vous comptez sur les doigts d'une main… Je suis sincère, je t'apprécie énormément. Je ne veux pas te blesser, et je te prie de croire que je tiens à toi et à notre amitié, mais je ne peux rien te donner de plus. Je suis désolé, j'ai… J'ai dix ans de plus que toi, je suis marié, et…
Gilbert a chassé ses larmes et se force à sourire. Il s'y attendait, mais c'est quand même douloureux. Moins que l'aurait été le dégoût de Roderich, néanmoins.
-C'est pas grave. assure-t-il. C'est moi qui te présente mes excuses. C'était… Stupide de ma part. Oublie ce moment. Je n'aurais pas dû. Bonne soirée, Roderich.
Il tourne les talons et se dirige vers la porte.
-A demain, Gilbert. lui rappelle l'Autrichien.
L'albinos s'arrête et se retourne vers lui avec un piètre sourire.
-Gilbert… Tout ce que j'ai dit à propos de notre amitié, et ma promesse… C'est sincère. Tu m'es précieux. Je ne veux pas te forcer à revenir si tu préfères garder tes distances, mais tu es ici comme chez toi, et tu seras toujours le bienvenu.
En deux grandes enjambées, Gilbert est dans les bras de Roderich, le serre contre lui. Son cœur saigne, mais il est reconnaissant. Le libraire aurait très bien pu le mettre dehors avec un coup de pied aux fesses, lui exprimer sa haine et son dégoût, mais… Mais non. Accueillant, élégant, lumineux, chaleureux, et compréhensif. A vrai dire, il semble plus bouleversé que le plus jeune, car il sait qu'il le fait souffrir, et ne sait pas comment réagir, ignore comment soulager ses souffrances.
-Merci, Roderich.
Sans lui laisser le temps de réagir, l'étudiant est dehors, et s'encourt.
oOo
Et le sourire qu'il s'est composé une fois chez son ami n'a pas trompé Lovino.
-Oh… Pour rien. fait-il simplement avec indifférence. Viens dans mes bras, gamin.
Lovino s'exécute avec une moue moyennement convaincue par l'explication évasive de Gilbert. Il escalade les jambes de son parrain et s'assied sur les genoux de l'étudiant, qui le serre dans ses bras et enfouit la tête dans son cou.
Et il cache ses yeux pleins de larmes dans la tignasse de Lovino, sous les yeux abattus d'Antonio qui arrive à son tour dans le salon et comprend rapidement les événements qui ont dû se produire quelques minutes plus tôt.
Il sait que Gilbert est homosexuel. Il sait que ce n'est pas facile. Il est aussi au courant pour les sentiments de son ami à l'égard de son patron, l'albinos les lui a confiés quelques années auparavant, et n'a jamais pu s'en défaire.
Et ne pourra d'ailleurs jamais vraiment s'en défaire…
Je propose un câlin collectif pour Gilbert! Qui est avec moi?
Traductions
Mein Gott : mon dieu (allemand)
Guten Tag : bonjour (allemand)
Person of interest : personne d'intérêt (anglais) qui est le titre de la série éponyme. Il parait qu'elle est très bien, d'ailleurs.
Notes
Si vous connaissez mes péchés mignons, vous savez certainement que j'adore faire souffrir Gilbert et Roderich. J'ai donc sauté sur l'occasion pour un one-sided!PruAus. J'ai écrit la base de ce chapitre en août et ça m'a brisé le coeur...
J'ai récemment découvert une librairie à Bruxelles dans le genre de la librairie Edelstein et je suis amoureuse :3
Vous aurez remarqué que je suis très subtile dans mes références littéraires, hum hum... Gilbert a donc lu Le Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde. Ce roman est un vrai bijou de sarcasme et d'ironie, et ça retourne le cerveau sur divers sujets tels la morale ou la société, ça vaut la peine de le lire! Roderich lui propose ensuite Les Misérables de Victor Hugo... Simplement parce que j'ai récemment terminé le troisième et dernier tome et que j'en suis toujours pas remise. Je suis aux prises avec des Enjoltaire feeeeeels c'est horrible. Sinon, les livres sont géniaux, même s'il faut s'accrocher! Ca doit avoisiner les 1500 pages mais ça en vaut vraiment la peine. Si vous avez la flemme, vous pouvez toujours regarder le musical et fantasmer sur Aaron Tveit, mais le musical a selon moi la fâcheuse tendance de précipiter le tout, ça va trop vite...
Bref.
J'espère que vous avez aimé, laissez une review s'il vous plaît? :D
Prochain chapitre le 1er mars!
