Auteur : Mimiko
Série : Gundam Wing
Genre : UA, OOC et yaoi.
Couple : 2-1 (Duo est rancunier), début de 1+2 ?
Disclaimer : Pas à moi, probablement jamais d'ailleurs.
Mot de l'auteur : Désooolléééééééé pour le temps que j'ai mis à sortir ce chapitre ! (J'ai l'impression qu'à chaque chapitre ça se répète (snif)). En tout cas merci très fort pour toutes vos reviews qui me font chaud au cœur et me donne envie de continuer à chaque fois que je les lis !
Chapitre 8 : Pour entrer à Versailles ( une prison dorée)
Lalala… Sur le pont d'Avignon on y danse, on y danse ! Sur le pont d'Avignon, on y danse tout en rond ! Duooo ! Duoooo ! Viens ici mon petit garçon… Mon tout petit garçon…
Duo sortit violemment de son sommeil avec un sursaut. Il se tourna sur le dos et passa une main sur son visage. L'atmosphère de la chambre était lourde et pour cause, les épais rideaux rouges ne suffisaient pas à filtrer la forte lumière du soleil. La pièce n'avait d'ailleurs pas été aérée depuis deux jours.
Deux jours que le jeune homme était rentré de sa première sortie de chasse ( Sa dernière ! Il se le jurait !) et s'était exilé dans sa chambre.
Il se sortit du lit pour s'effondrer sur un fauteuil et se verser un verre de vin. Il le prit dans ses mains et regarda le liquide bordeaux sans pour autant oser y toucher, le faisant remuer songeusement. Il avait vraiment atteint le fond… S'il pouvait y en avoir vraiment un.
Qu'est ce qui valait le mieux ? Vivre dans la rue en traine misère ou devenir un vendu ? Est-ce que l'amour était vraiment une cause si belle et si importante qu'elle méritait qu'on abandonne sa fierté ou son intégrité sur le bord de la route ?
Heero ne s'était pas gêné pour préférer ces deux derniers à lui.
Ses mains tremblaient de colère.
Non ! Il n'en avait rien à foutre de s'être fait violé par le Roi ! C'est pas comme si c'était la première fois qu'on le forçait. Mais ce regard qu'Heero lui avait lancé… Dur et froid… Et cette lâcheté… Alors que pour une fois il avait vraiment eu besoin de son aide. Alors qu'il lui avait promis de lui apporter cette aide…
Ses doigts serraient avec force le verre.
Non, c'était du cheval qu'il parlait. Uniquement du cheval. Mais quand Duo repensait aux merveilleux moments qu'ils avaient passés tout les deux dans les écuries de Versailles… Ca n'avait pas été… Juste pour obéir aux ordres. Le Roi n'avait pas ordonné à Heero d'être gentil et aimable avec lui. Et les sourires qu'il avait attrapés à l'échappée sur le visage du métis ? Est-ce que c'était le Roi qui le lui avait ordonné ?
Un seul mot de sa part aurait pût arrêter le Roi. Pourtant il n'avait rien dit et il s'était détourné. Il avait fait semblant de n'avoir rien vu.
Le verre se brisa entre ses doigts, le blessant à la main et aspergeant sa culotte bouffante de rouge.
Allez, voila qui était malin ! Du bon vin rouge de Bordeaux !
Des fins morceaux de verres recouvraient le plancher, l'empêchant de sortir de son fauteuil sans s'en planter un dans le pied. Et ses mains saignaient des ruisseau sur ses habits.
Foutu les habits. Comme s'il avait besoin de ça ! S'énerva t'il en déchirant une bande de sa chemise pour stopper l'écoulement.
Que devait-il faire ? Heero lui avait bien fait comprendre qu'il n'en avait rien à foutre de lui et pour sa part, bein, il se disait qu'après ce qui était arrivé, l'Ange pouvait bien aller se faire voir…
Il n'avait plus aucune raison de continuer à flirter avec le Roi et d'essayer de rentrer à Versailles.
Il était libre ! Libre de toute obligation ! Et c'était ce qu'il préférait !
Alors pourquoi avait-il mal au cœur ? Pourquoi avait-il l'impression d'être un chiot écarté de ses frères et sœurs ? …De sa mère ?
-Sur le pont d'Avignon… On y danse… Sur le pont d'Avignon… Chantonna-t-il d'un air absent en essayant de comprendre cette peine qui l'étreignait.
Est-ce que
c'était quitter ce monde brillant et clinquant?
Il
s'était bien lié d'amitié avec Quatre et
Catherine, et il ne voulait pas les oublier jusque parce que son
coup de cœur s'est révélé être un
salop. Ils ne méritaient pas d'être traités
comme ça… Et puis il avait promis à Quatre qu'il
l'aiderait à se caser avec son beau musicien. Plutôt
se jeter sous les roues d'un carrosse plutôt que de ne pas
tenir une promesse !
Duo balança sa tête en arrière sur le dossier du fauteuil.
Il n'arriverait pas à échapper à Heero, mais peut être pouvait-il échapper au Roi ?
Le jeune cherchait une réponse à cette question quand un grand fracas se fit entendre en bas de l'appartement. Il se leva brusquement de son fauteuil, ignorant les morceaux de verres et sortit de sa chambre voir ce qu'il se passait.
Hilde et Quinze étaient en train d'essayer d'empêcher six soldats de monter jusqu'au dernier étage.
-Je vous en pris ! Vous n'avez pas le droit ! S'exclama sa jeune sœur en se faisant bousculer contre un angle de mur, tandis que Quinze, malgré son vieil âge essayaient de repousser les hommes vers le bas.
- Que se passe-t-il ? Demanda Duo en arrangeant légèrement sa tenue, avançant jusqu'à la première marche de l'escalier.
-Non Duo ! Ne viens pas ! Cria Hilde avant de se faire frapper par une crosse de fusil qui la fit s'effondrer à terre. Quinze fut précipité en bas de l'escalier sans ménagement.
-Arrêtez ! Ordonna le jeune homme à la tresse en se mettant entre les soldats et Hilde.
Le plus gradé s'avança vers lui et déroula un parchemin :
-Nous devons conduire Mr Maxwell, propriétaire du café des Anges, jusqu'à Versailles par ordre de sa Majesté. De grés ou de force, rajouta-t-il avec un sourire. Si toutefois Mr Maxwell refusait d'obéir, nous serions dans le droit de réquisitionner son commerce.
Duo écouta le discours en serrant les dents, le visage se crispant de colère.
-Espèce de chiens galeux… Marmonna-t-il lorsqu'ils l'attrapèrent par les épaules pour lui faire descendre l'escalier. Il les repoussa d'un mouvement des épaules, les défiant du regard.
-De toute façon je n'ais pas d'autres choix que de vous suivre, leur cracha t'il en les précédant sur les marches.
En passant devant Quinze qui s'était relevé dans le salon du premier étage, il lui demanda de s'occuper de Hilde et du café en son absence. Le gitan acquiesça de la tête.
Une fois en bas des marches, les soldats l'entourèrent à nouveau pour lui montrer le chemin jusqu'à un carrosse.
-Montez ! Aboya le plus gradé en le poussant dans le véhicule avant de claquer la porte et de faire un signe au cocher.
Le carrosse s'ébranla et Duo s'appuya à la fenêtre, passant la tête par celle-ci pour regarder avec une certaine anxiété son cher café s'éloigner.
Dieu seul savait ce qui l'attendait.
oOOo
Un ange passa dans le salon de Quatre. Les quatre compères étaient réunis à leurs places habituelles. Quatre et Trowa sur le même sofa, Wufei et Heero sur deux fauteuils. Ce dernier n'en menait pas très large, il regardait le sol avec un regard sombre.
-Et pourquoi tu n'es pas intervenu ! Finit par s'exclamer Quatre en se levant d'un bond, furieux de ce que lui avait raconté son ami.
Pauvre Duo, ça avait dû être un coup pour lui. Son moral ne devait pas être haut en ce moment.
-C'est le Roi, soupira le brun, il fait ce qu'il veut.
Le prince secoua la tête :
-Ca devient une excuse trop fréquente.
-Et puis Maxwell n'a jamais repoussé ses avances, continua le noble en levant le visage à cette suggestion.
-Et si tu avais été à sa place ? Et si chacun d'entre vous avez été à sa place ! Vous l'auriez repoussé ? Demanda le blond avec un sourire cynique.
Heero et Wufei grimacèrent à cette idée et Trowa répondit ce que voulait entendre son ami :
-Non c'est le Roi, il fait ce qu'il veut.
-Parfaitement ! Pauvre Duo, il n'a rien fait pour mériter ça !
-Cela lui aura donné une leçon et il ne fréquentera plus les Grands, répliqua le chinois.
-Pourtant… Ca lui allait bien, contra Heero d'un ton pensif qui fit sourire Quatre.
-Heero a raison. Duo est vraiment quelqu'un d'exceptionnel ! Il est inclassable ! Parfois il peut réfléchir comme un gamin, l'autre fois il peut avoir la prestance d'un prince !
-Humf… Tu semble vraiment l'apprécier, grommela le marquis Chang.
-Oui, répondit sans hésitation le Dauphin, car il possède quelque chose d'exceptionnel !
-Quoi ? Demanda son voisin de canapé.
-La sincérité. Il pense toujours ce qu'il dit et agit avec franchise, même s'il peut le regretter plus part. Il m'a fait une promesse et je sais qu'il va revenir pour la tenir !
Ses trois amis le regardèrent avec perplexité. A Versailles, tout le monde savait que les promesses n'étaient jamais tenues. Si vous accordez votre confiance à quelqu'un, vous pouvez presque être sur d'être poignardé le lendemain. Les sourires qu'on vous lance ne sont point des marques de bienveillance, mais un masque qui cache la malveillance. Peu de personnes pouvaient se venter d'avoir un seul vrai ami.
Et si le prince Quatre, le marquis Chang, le comte Heero et le baron Trowa avaient commençaient à se réunir dans un salon tous les lundis mercredis et les samedis, c'était à la façon des commères pour tromper leurs ennuis à Versailles. Au début, ils n'avaient parlés que des autres et petit à petit, ils avaient finis par parler d'eux. Tous les quatre fiers et honnêtes, sans ambition démesurées, ils en étaient arrivés à s'apprécier.
Duo Maxwell avait dernièrement brisé leur petite routine pour le plus grand bonheur de trois d'entre eux. Wufei restait hostile à celui-ci, encore trop campé sur les différences social de chacun, dans cette pièce, il était d'ailleurs le plus bas sur cette échelle, faisant partie de la basse noblesse.
-Eh bien parions Quatre, nous verrons bien si après ce qui est arrivé, il reviendra vers toi pour tenir sa promesse et honorer ta confiance ! Lança le chinois, attrapant une coupe de champagne sur la table basse qui le séparait du blond. Il la leva vers lui avant de l'avaler d'un trait.
Quatre se contenta de lui sourire.
oOOo
Le carrosse quitta la ville de Paris pour s'enfoncer dans la campagne. Duo qui s'ennuyait rapidement à bouder, avait finit par regarder les paysages qui défilaient sous ses yeux. Le temps lui faisait penser à leurs étés, à Hilde et à lui, quand ils étaient encore de simples voleurs.
Raaaah il maudissait ce sanglier d'avoir bouleversé sa vie !
A la pensée de l'animal, il chassa vivement l'image d'un beau jeune homme aux cheveux bruns et aux yeux bleus magnifique. Il ne fallait plus qu'il pense à lui !
Ils finirent par arriver à Versailles au crépuscule et traversèrent le grand portail de fer. Le cœur de Duo s'emballa en réalisant qu'il était dans la cour du château de Versailles. Il n'était pas donné à tout le monde de pouvoir marché sur ses pavés. Le véhicule ne s'arrêta pas à l'entrée principale et tourna pour contourner les bâtiments. Les chevaux stoppèrent finalement et les soldats ouvrirent la porte du carrosse.
-Suivez nous ! On ne doit pas vous voir !
-Et pourquoi ça ? Demanda Duo en descendant, tournant la tête de chaque côté pour admirer les lieux.
-Ordre du Roi !
Le jeune homme à la natte grimaça à cette réponse. Ca l'horripilait ces « ordres du Roi ».
On ne lui laissa pas le temps de se reposer car les soldats l'entrainèrent à l'intérieur des bâtiments sans attendre. Ils marchèrent à pas rapide, traversant des couloirs magnifiques, montant des escaliers étroits en colimaçon. La tête de Duo oscillait d'un côté à l'autre en s'émerveillant et parfois il s'arrêtait sans s'en apercevoir, obligeant les soldats à le trainer par les bras.
Ils ne croisèrent personne jusqu'à ce qu'un homme habillé impeccablement et se tenant droit comme un piquet apparut au coin d'un couloir et ouvrit une double porte où on fit entrer Duo.
Celui qui devait être un domestique entra aussi et fit un signe aux soldats de sortir, se retrouvant seul avec le bourgeois.
La pièce était un salon joliment décoré, pourvu d'une cheminée et de longues fenêtres qui donnaient sur le parc. Duo s'en approcha et prit le tissu des rideaux rouges entre ses doigts pour en tester le toucher. Tournant la tête, il aperçu qu'il y avait une porte ouverte à sa droite. Elle donnait sur une autre pièce qui se trouvait être une chambre avec un grand lit à baldaquin. Duo n'y jeta qu'un coup d'œil avant de revenir au domestique.
-Quand est ce que le Roi vient ? Demanda-t-il.
-Oh, vous ne le verrez pas avant qu'il n'est envie de venir, répondit le domestique.
-Et d'une façon plus concrète, c'est pour quand ?
-Pas avant demain en tout cas.
-Alors pourquoi m'a-t-il emmené ici ?
-Je me garderais bien de deviner les pensées de Sa Majesté si j'étais vous.
-Qui êtes-vous ? Le questionna Duo, trouvant le personnage curieux.
-Je suis Monsieur Pagan, majordome du Roi et Intendant du château de Versailles.
-Vous êtes une espèce de serviteur ?
-Pas le moins du monde. Je m'occupe uniquement des affaires de Sa Majesté. Maintenant, si c'est toutes les questions que vous aviez à me poser, je vais prendre congé. Ces appartements sont les votre et vous ne devez pas les quitter jusqu'à nouvel ordre.
-Quoi ?! Glapit Duo.
Le faux domestique était déjà sorti et quand Duo ouvrit la porte de son appartement, deux lances se croisèrent brutalement devant lui. Il regarda les deux gardes qui se tenaient à son seuil et referma violemment la porte.
Il était prisonnier, songea t'il en s'écroulant sur le canapé, devant la cheminée.
Pff, fit-il en soulevant par son souffle des mèches de sa frange. Il était dans de sales draps.
S'il cherchait le bon côté des choses, il y avait bien pire traitement qu'être enfermé dans un château.
-Réjouis-toi Duo, tu es à Versailles ! Lança-t-il dans le silence.
Dehors, dans la nuit, la pluie se mit à tomber.
Quelques pièces plus loin et un étage plus haut, Heero Yuy la regardait songeusement, une main contre la vitre. Il ferma les yeux puis alla rejoindre son lit, espérant que demain apporterait des solutions aux problèmes qui le torturaient. Sa dernière pensée fut pour un jeune homme dont le rire étincelant s'écoulait dans les airs comme une cascade au printemps.
oOOo
Une nuée de vêtements jaillit d'une armoire pour s'échouer dans une valise. Un chapeau de paille fit le même chemin, suivi rapidement d'une paire de sabots. Hilde tassa le tout et tenta de fermer son sac plein à craqué. S'énervant, elle finit par s'asseoir dessus d'un saut.
Quinze entra à ce moment dans sa chambre, l'interrogeant du regard avant de fermer les yeux d'un air résigné :
-Tu es sur de vouloir faire ça ?
La brunette bondit de sa valise et étala une de ses robes sur son lit, la regardant pensivement, réfléchissant à ce qu'elle perdait.
-Oui, répondit elle au bout d'un moment, rangeant la toilette à contrecœur. Duo m'a toujours sauvé quand j'étais en danger et aujourd'hui, c'est lui qui l'est. C'est mon devoir de m'occuper de lui !
Elle campa un chapeau sur sa tête, enfila une longue veste et attrapa avec fermeté l'anse de sa valise pour sortir de sa chambre.
-As-tu seulement une idée de la façon de retrouver Duo ? Essaya de la résonner le gitan alors qu'elle descendait les escaliers comme un soldat partant à la bataille.
-Non mais je trouverais bien et je ramènerais Duo !
Elle était à présent dans la boutique. Elle s'arrêta en son centre et s'imprégna des lieux, respirant profondément. Trois minutes passèrent et elle se dirigea vers la porte d'entrée.
Porte qui s'ouvrit devant elle, laissant apparaitre comme un lapin sortit d'un chapeau de magicien, le Comte Heero Yuy.
Lui et Hilde se retrouvèrent nez à nez.
-Je voudrais parler à Monsieur Maxwell, demanda t'il en reculant.
-HA TOI ! T'ES PAS GONFLE DE REVENIR ICI ! L'agressa la jeune fille en le pointant d'un doigt accusateur.
Quinze s'empressa de descendre et d'accourir pour éloigner la brune du noble.
-Je suis désolé de son comportement, s'excusa-t-il. Pourquoi êtes-vous là ?
-Je suis venu avoir un entretien avec Monsieur Maxwell, répéta Heero avec un calme olympien.
-Mais vous n'êtes pas au courant ? S'étonna son interlocuteur.
-Au courant de quoi ?
-Duo a été emmené hier soir à Versailles !
Heero resta muet par cette nouvelle.
Si Duo avait été conduit à Versailles en secret, ça ne pouvait que signifier…
Sans prendre la peine de saluer ses informateurs, il fit volte face et se pressa vers l'endroit où il avait attaché son cheval. Il paya d'une pièce le garçon qui le lui avait gardé et défit le nœud de la bride. La jeune fille arriva à ce moment là, sa valise bringuebalant derrière elle.
- Emmenez-moi avec vous à Versailles ! Lui lança-t-elle.
-Et pourquoi donc ?
-Duo a besoin de moi !
Le comte se demanda un instant qui était cette curieuse créature pour Duo Maxwell. Était-elle sa fiancée ? Ou pire, sa femme ? Il lui lança un regard mauvais, mais elle insista, se mettant entre lui et les étriers.
-Vous avez perdu votre chance de le sauver, déclara t'elle avec acidité, il n'a plus que moi !
Le jeune homme se raidit à ces mots, touché là où ça faisait mal.
-Si vous parlez de ce qui c'est passé à la chasse, ça fait bien une semaine que je vois Monsieur Maxwell charmer le Roi, se justifia t'il en attendant la réaction de la roturière.
S'il y avait un lien d'amour entre elle et Duo, elle n'apprécierait pas vraiment ce genre d'informations. Il repensa aussi à ce baiser qui lui avait été volé après avoir sauvé le jeune homme à la tresse et se sentit sourire supérieurement. Bêtement.
-Vous avez de la bouse dans les yeux ou quoi ?! Duo ne ressent rien pour le Roi ! Rétorqua Hilde en attachant sans permission sa valise sur la selle.
-Vraiment ? Répondit-il, trop ravie de cette nouvelle pour se vexer de l'insulte qui venait de lui être faite. Dans ce cas montez sur mon cheval et dépêchons nous !
Il la fit grimper sur le dos de sa monture et sauta sur la selle pour partir le plus rapidement possible.
-Accrochez vous fermement à moi.
C'est ce que fit Hilde en agrippant le justaucorps du noble de toutes ses forces quand ils partirent à vive allure dans les rues de Paris, obligeant les passants à se jeter sur le bas coté pour ne pas se faire renverser.
oOOo
Il était dans un grand château. Les murs des couloirs s'élevaient de chaque côté comme deux géants tandis qu'il marchait à petit pas hésitant. Une lumière dorée rentrait d'une grande fenêtre au bout de la rangée, éclairant les lieux d'une vive et chaude présence.
Une silhouette noire apparut dans le rectangle de lumière, regardant dans sa direction. Il leva ses bras vers lui, mais l'homme détourna les yeux et disparut dans une pièce. Deux mains l'attrapèrent et l'attirèrent vers l'arrière. Il tenta de se défendre, battant des pieds, gesticulant…
Duo donnait de grands coups de jambes et de bras dans les draps de son lit avant de se réveiller. Il s'y était enroulé pendant la nuit.
Alors ce n'était que ça, se dit il en soupirant, resongeant à son rêve. Il en faisait toutes les nuits maintenant sans qu'ils aient un sens, tout ce qu'il savait, c'est qu'il se sentait mal à l'aise en se réveillant.
Le jeune homme s'étira et s'extirpa du lit à baldaquin. Il attrapa ses vêtements toujours taché de vin et les enfila. Il devait y avoir un chien qui grattait à sa porte car depuis qu'il était réveillé il entendait des « scritch scritch » ininterrompu. Peut être même que les gardes avaient quittés leur poste ? Pensa-t-il avec joie en courant vers la double porte de ses appartements pour l'ouvrir.
Mais ce n'est pas un chien qu'il découvrit, c'est la face ridée du vieux Pagan.
-Ce n'est pas trop tôt ! S'exclama celui-ci, ça fait une heure que je gratte à votre porte !
-Dans mon monde, on frappe aux portes, c'est plus pratique.
-A Versailles ce n'est pas le cas, déclara Pagan en regardant à droite et à gauche, la discrétion est de mise !
Il fit un geste derrière lui et entra suivie d'une femme qui portait un plateau surmonté d'une cloche. Les yeux de Duo se fixèrent immédiatement dessus. Qui dit cloche dit nourriture ! Depuis le temps qu'il n'avait pas mangé !
Elle le posa sur une table où il s'empressa de s'attabler.
Il fut cependant déçu de ce qu'il trouva dessous : une tasse de thé et quelques tranches de pains avec de la confiture. Il avait déjà mangé bien mieux chez lui.
Il ne râla pas car des années d'existence dans la rue lui avaient appris à honorer la nourriture qu'il avait dans son assiette, quelle qu'elle soit.
Il mangea son petit déjeuner pendant que Pagan donnait des ordres autour de lui. L'intendant finit par se retourner vers lui :
-Vous serez présenté au Roi et à la Cour lors du Déjeuner de Sa Majesté, lui apprit-il.
Duo frissonna à cette information : il allait être jeté dans la fosse aux lions. La seule chose qu'il pouvait espérer actuellement, c'était l'absence d'Heero.
Mot de l'auteur : Le vœu de Duo sera-t-il exaucé ? Vous le saurez dans le prochain chapitre ! XP.
