Réponses aux reviews anonymes :

dramionelove : Merci encore !

Guest : Merci, j'espère que ce chapitre te plaira :)

Berenice : Je ne dis rien par rapport à la suite, afin de garder de suspense ! En espérant tout de même que tu continues à lire et à apprécier :)

Sabou : Je me rends compte oui, mon Dramione est assez triste ! J'essaie parfois d'ajouter de petites touches d'humour, mais dans l'ensemble, ça reste tragique :')

Eh bien, la preuve que mon dernier message a parfaitement marcher : j'ai reçu 13 reviews par rapport aux 4 que je reçois régulièrement. Alors UN GRAND MERCI A VOUS ! Ça m'a fait très plaisir, et ça m'a redonné confiance en moi, alors que j'avais un peu arrêter d'écrire. Comme promis, je poste la suite. Cependant, ne prenez pas cela pour acquis. Mon message de la semaine dernière tient toujours, et tiendra jusqu'à la fin de cette fanfic : PAS DE REVIEW = PAS DE CHAPITRE. J'espère ne pas avoir à me répéter par la suite. Encore merci merci merci, je vous aime. Toi qui lis ma fanfic. Toi qui a laissé une review. Toi qui me suit. Toi qui m'a ajouté dans tes favoris. Toi qui vient de découvrir cette fanfic. Merci thanks gracias grazie danke, et pour rester dans le thème latin de ce Dramione : Gratias maximas !


CHAPITRE X

Hermione s'était rendue au Terrier à la fin des vacances d'été, bientôt rejointe par Harry. Les trois amis avaient reçu leur bulletin de BUSEs. Hermione avait bien sûr été la seule à avoir un Effort Exceptionnel en défense contre les forces du Mal, et dix Optimals dans ses autres matières. Cela avait passablement énervé Ron, qui n'avait eu aucun Optimal, d'autant plus que Hermione se sentait déçue. Eh bien oui, elle aurait préféré avoir onze Optimals.. Plus tard, tous les Weasley se rendirent sur le Chemin de Traverse pour faire des emplettes et voir la nouvelle boutique de farce et attrape de Fred et George. Harry, Ron et Hermione croisèrent Draco et sa mère chez Madame Guipure, et sa première remarque fut pour Hermione. Il la traitait encore de sang-de-bourbe, devant sa mère cette fois. Narcissa Malfoy avait le même visage pointu et pâle que son fils, ainsi que la même arrogance. Mais il était indéniable qu'elle possédait un certain charme, dont Draco avait hérité. Hermione n'adressa pas la parole au blond, choisissant de l'ignorer plutôt que de lui répondre. Leur relation était aussi houleuse qu'autrefois, et elle se demandait si Draco ne le faisait pas exprès. Quoi qu'il en soit, ils partageaient toujours un secret.

Plus tard dans la journée, ils aperçurent le Serpentard se dirigeant vers l'Allée des Embrumes. Il s'était visiblement débarrassé de sa génitrice, et ne souhaitait pas être suivi. Trop bête pour lui, car Harry en décida tout autrement. Il tira ses deux amis sous sa cape d'invisibilité, et filèrent le blond jusqu'à la boutique de Barjow et Beurk. Hermione savait bien que c'était le genre de boutique qu'affectionnait les Malfoy, mais pourquoi y aller aujourd'hui ? La sorcière avait été au départ angoissée de suivre Draco, surtout s'il s'apercevait de leur présence non désirée. Puis, la curiosité avait prit le dessus sur la crainte, et Hermione avait été la première à montrer un grand intérêt pour ce que Draco disait au détenteur de la boutique.

— Si seulement on pouvait entendre ce qu'ils se racontent !

Ron eut la brillante idée de sortir des Oreilles à rallonges, et les trois jeunes gens purent suivre la conversation.

— … vous savez comment la réparer ? interrogea Draco.

— Peut-être. Il faudra que je voie ça. Pourquoi ne l'apportez-vous pas au magasin ?

— Je ne peux pas, répliqua Malfoy. Elle doit rester là où elle est. Je veux simplement que vous m'expliquiez comment faire.

La Gryffondor fronça les sourcils. De quoi était-il question ? Visiblement, la chose que Malfoy voulait faire réparer était très importante, car il insista encore jusqu'à ce que monsieur Barjow accepte. Le Serpentard menaça le propriétaire d'envoyer quelqu'un pour lui régler son compte, au cas où il laisserait s'ébruiter l'affaire.

— Bon, il faut que j'y aille, maintenant. Et n'oubliez pas de mettre celle-ci de côté, j'en aurai besoin, commanda Draco.

Après un dernier échange, il sortit de la boutique en faisant tinter la clochette. Les trois amis n'avaient aucune idée de quoi Barjow et Malfoy avait parlé, mais Hermione était bien décidée à savoir toute la vérité. Elle essaya même de recueillir des informations par Barjow en se rendant dans la boutique après Draco, mais cela n'eut pour résultat que de se faire jeter dehors en moins de temps qu'il n'en faut pour dire « Merlin ». Ça valait la peine d'essayer.. Mais si Hermione ne pouvait pas connaître la vérité par l'intermédiaire de quelqu'un d'autre, elle irait directement à la pêche aux informations au principal concerné.


Lors du premier cours de Potion de l'année, Hermione qui avait d'abord été dubitative face à ce nouveau professeur, le trouva très pédagogique. Différentes potions étaient disposées devant les élèves, et le professeur Slughorn avait demandé leur nom et leur caractéristique. Comme toujours, la main d'Hermione s'était propulsée vers le plafond. Elle avait répondu juste pour les deux premières potions, à savoir du Veritaserum et du Polynectar.

— Excellent, excellent ! s'extasia le professeur avant de se tourner vers l'avant dernière potion. Maintenant, celle-ci… Oui ? demanda Slughorn, étonné de voir la main d'Hermione s'être dressée encore une fois.

— C'est de l'Amortentia ! affirma Hermione le plus sérieusement du monde, comme si sa vie en dépendait.

— En effet. Ça paraît presque idiot de poser la question, commenta Slughorn, apparemment très impressionné. Et j'imagine que vous connaissez ses effets ?

— C'est le plus puissant philtre d'amour au monde ! expliqua Hermione.

— Tout à fait exact ! Vous l'avez identifiée, je suppose, grâce à sa couleur nacrée caractéristique ?

— Et à sa vapeur qui s'élève en spirales très reconnaissables, ajouta Hermione avec enthousiasme. On dit qu'elle a une odeur différente pour chacun de nous, selon ce qui nous attire le plus. Moi, je sens un parfum de pomme verte, de parchemin neuf et…

Les joues d'Hermione s'empourprèrent, et elle préféra ne pas finir sa phrase. Elle était assez perturbée par ce qu'elle avait senti, et espérait que personne n'avait retenu ce qu'elle avait dit. Hermione ne s'était pas attendu à ce que l'odeur de cette potion soit aussi douce et envoûtante. Immédiatement, une odeur de pomme verte s'en était dégagé, suivi de parchemin neuf. Puis, à sa grande surprise, elle avait senti une odeur qu'elle n'avait pas l'occasion de sentir souvent. Que ce soit chez elle ou avec ses deux meilleurs amis. Un odeur d'eau de Cologne, plutôt forte et sans doute hors de prix.

Slughorn lui demanda son prénom, puis lui demanda si elle n'avait pas un lien de parenté avec un célèbre sorcier. Hermione secoua la tête.

— Non, je ne crois pas, monsieur. Je suis d'origine moldue.

A sa droite, au fond de la classe, elle vit Malfoy se pencher vers Théodore Nott pour lui chuchoter quelque chose. Tous deux ricanèrent, mais Hermione resta stoïque. Evidemment, Draco n'en ratait jamais une pour l'humilier, surtout en ce moment où son comportement était des plus étranges. Draco, quant à lui, avait levé les yeux au ciel à chaque fois qu'il avait vu Hermione lever la main. Tout le monde savait qu'elle était intelligente, alors pourquoi fallait-il qu'elle se donne en spectacle comme ça ? Ça l'exaspérait. Les bras croisés contre son torse et la tête légèrement baissée vers le sol, le blond se désintéressait totalement de ce cours. A vrai dire, plus aucun cours à Poudlard n'avait d'importance pour lui. Pourtant, l'odeur de la potion nommée Amortentia lui parvint tout de même aux narines. Il sentit l'odeur des vieux grimoires, du dentifrice à la menthe et de la camomille. Malfoy tenta de faire abstraction de ce parfum, mais celui-ci était entêtant, et lui resta jusqu'à la fin du cours de Potion.

— Oho ! « L'une de mes plus proches amies a des parents moldus et c'est la meilleure élève de notre année ! » Je crois deviner que c'est de cette amie-là que vous parliez, Harry ?

Draco fronça imperceptiblement les sourcils. Depuis quand Potter parlait-il aux professeurs de Granger ? C'était aussi pathétique que lui. Slughorn accorda vingt points à la maison Gryffondor, ce qui renfrogna encore plus le Serpentard. Hermione de son côté, était aux anges.

— Tu lui as vraiment dit que j'étais la meilleure élève ? Oh, Harry !

Slughorn continua :

— Bien sûr, l'Amortentia ne crée pas vraiment un sentiment d'amour. Il est impossible de fabriquer ou d'imiter l'amour. Non, elle produit simplement une forte attirance ou une obsession. C'est sans doute la plus dangereuse et la plus puissante des potions qui se trouvent dans cette salle - eh, oui, ajouta Slughorn en hochant la tête d'un air grave vers Malfoy et Nott qui affichaient tous deux un sourire sceptique. Quand vous aurez autant que moi l'expérience de la vie, vous ne sous-estimerez pas le pouvoir de l'amour obsessionnel… Et maintenant, il est temps de nous mettre au travail.

Le pouvoir de l'amour obsessionnel ? Draco avait envie de vomir. Ce n'était qu'un ramassis de conneries, se convainquit-il.


Hermione se cachait de Cormac McLaggen. Elle avait été tellement jalouse de Ron et de Lavande Brown qu'elle avait décidé d'inviter celui qui serait le plus capable d'énerver Ron, à la soirée de Slughorn. Et cette personne se trouvait être ce stupide Cormac. Oh bien sûr, Hermione s'en mordait les doigts désormais, mais c'était trop tard. Elle n'avait plus qu'à se faufiler entre les invités pour éviter au récit intégral des Cent-Plus-Grands-Arrêts-de-Tir-De-Cormac-McLaggen. Et dire qu'elle s'était mise sur son 31 pour cette soirée, avec une robe rose, qui mettait sa poitrine on ne peut plus en valeur. Elle n'avait plus qu'une envie : courir dans son dortoir pour se changer. Hermione était en train de se cacher derrière un rideau, et tandis qu'elle inspectait la salle pour voir par où McLaggen était allé, ses prunelles tombèrent sur Draco Malfoy, dont l'oreille était tirée par Rusard. Le Serpentard n'aimait visiblement pas être traité de la sorte, surtout quand Harry était là pour le voir.

— Professeur Slughorn, j'ai trouvé ce garçon qui rôdait dans un couloir. Il prétend avoir été convié à votre soirée et être arrivé en retard. Lui avez-vous envoyé une invitation ? demanda le concierge, qui jubilait d'avoir pris un élève en flagrant délit.

Hermione haussa les sourcils. A ce qu'elle sache, Draco n'avait jamais été invité, puisqu'il ne faisait pas parti du Club de Slug', et qu'il n'était le partenaire de personne -excepté si Zabini l'avait invité, ce dont elle doutait fort. Hermione songea par ailleurs que finalement, elle aurait préféré avoir Draco plutôt que Cormac comme cavalier ce soir. Au moins, il l'aurait laissé tranquille.

Malfoy, furieux, se dégagea de l'emprise de Rusard. Il avait voulu se rendre dans la Salle sur Demande cette nuit, mais celle-ci s'était malheureusement trouvée au même étage que la fête organisée par le professeur de Potion. Busard était donc aux aguets, et Malfoy n'avait trouvé que cette excuse bidon. Il était clair qu'il n'avait jamais voulu se rendre à cette fête, il trouvait cela ridicule et avait d'autres chats à fouetter.

— D'accord, je n'ai pas été invité ! J'ai essayé d'entrer en douce, voilà, vous êtes content ? s'exclama-t-il avec colère, son plan tombant à l'eau.

— Non, je ne suis pas content du tout ! rugit Rusard, bien qu'un sourire presque malsain démontrait le contraire. Vous allez avoir des ennuis, je peux vous le dire ! Le directeur n'a-t-il pas bien précisé qu'il était interdit de rôder dans les couloirs la nuit à moins d'en avoir la permission, hein ?

Hermione leva les yeux au ciel. Comme si Malfoy écoutait ne serait-ce qu'un mot des recommandations et obligations données par les professeurs ! Et encore moins par Dumbledore détesté par le jeune homme, aux vus et sus de tous. Slughorn, souhaitant se montrer généreux, vint en aide à Draco. C'était bien là une caractéristique du professeur de potion : il voyait toujours les bons côtés de tout le monde, à ses risques et périls.

— Ça ne fait rien, Argus, ça ne fait rien, dit Slughorn en agitant la main. C'est Noël et ce n'est quand même pas un crime de vouloir aller à une fête. Pour une fois, passons l'éponge, vous pouvez rester, Draco.

Hermione put lire une immense déception traverser le visage de Rusard, qui tourna les talons en marmonnant des paroles indignées. Quant à Draco, il s'était confectionné un sourire que la Gryffindor savait faux, dont il gratifiait Slughorn en le remerciant chaleureusement. Snape, nouveau professeur de défense contre les forces du mal, était resté impassible durant tout cet échange, puis déclara soudain d'un ton sans appel :

— J'aimerais vous dire un mot, Draco.

Hermione décrypta l'expression de l'intéressé comme un croisement entre une moue mécontente et une grimace. Elle comprenait qu'avoir « un mot » avec Snape n'était pas plaisant, mais il restait l'un de ses chouchous de sa maison. Décidément, tout cela était vraiment étrange.

Ce cher Cormac/Notre Cormac McLaggen national choisit exactement ce moment pour réapparaître parmi la foule tel un requin, et se dirigeait dangereusement vers les rideaux où se cachait un petit poisson rose. Tandis que ce génie avait la tête tourné du côté opposé où se trouvait Hermione, elle profita de se moment pour s'éloigner et fonça sans faire attention sur Luna Lovegood, qui enfournait un petit four à l'oignon dans sa bouche. Un peu plus tôt dans la soirée, Hermione en avait gobé cinq d'affilés, comme tentative d'écarter Cormac, sans grand succès.

— Oh, pardon Luna.., s'excusa vaguement la Gryffondor en regardant par-dessus son épaule. Hum, où est Harry ? demanda-t-elle, le ton de sa voix ayant pris une inflexion urgente et désemparée.

Son meilleur ami était sans doute le seul capable de la tirer de cette situation embarrassante, en allant voir McLaggen et lui faire comprendre qu'Hermione n'était pas prête de le revoir.

— Il a dit qu'il partait aux toilettes, informa la blonde de sa voix fluette. Mais si tu veux mon avis.. (Hermione s'attendit à avoir une explication loufoque sur les joncheruines, et recommença à chercher Cormac du regard) il avait l'air très pressé, au même moment où Draco Malfoy de Serpentard est parti… Il n'a pas voulu le dire parce qu'il est trop poli, mais je crois qu'il l'a suivi.

Instantanément, Hermione tourna brusquement son faciès vers Luna -elle allait vraiment finir par avoir un torticolis. Pour une fois, la Serdaigle venait de dire quelque chose de vraiment très intéressant et très intelligent. Elle comprenait maintenant la décision du Choixpeau. Luna était une sacrée observatrice. La brune haussa les sourcils et posa sa main sur le bras de Luna.

— Merci beaucoup.

Et sur ce, elle s'enfuit encore à travers la fête. Pas étonnant que Harry ait décidé de suivre Malfoy et Snape pour épier leur magouille. L'Élu était persuadé depuis le début de l'année que Draco portait la marque des Ténèbres sur son bras, et savait aussi que Snape était un Mangemort. Hermione avait bien essayé de le raisonner (Snape faisait parti de l'Ordre et Draco était bien trop jeune) mais il avait joué le sourd d'oreilles devant tous ses arguments.

— Miss Granger ! Vous nous quittez déjà ? s'exclama Slughorn, une moue attristée sur son visage boursoufflé.

Hermione était à deux doigts de sortir, qu'elle se faisait déjà arrêter. Pendant ce temps-là, Draco et Snape bavardaient sous l'oreille indiscrète de Harry.. Et dire qu'elle manquait tout ça ! Elle pinça les lèvres, cherchant une explication au plus vite. Mais comme le destin paraissait s'acharner sur elle ce soir, Cormac la rattrapa, un grand sourire aux lèvres.

— Je t'ai cherché partout ! On aurait dit que tu m'évitais, plaisanta-t-il en riant, chose impensable pour lui qu'on puisse vouloir se débarrasser de lui.

« Oh, si tu savais comme je préférerais m'occuper des Scroutt à pétard de Hagrid plutôt que de devoir subir une conversation avec toi » songea la brune en grimaçant, expression que Cormac prit en sa faveur et répétait qu'effectivement, ça n'avait aucun sens. Hermione fut coincée avec son partenaire encore cinq bonnes minutes comparables à un séjour aux Enfers, jusqu'à ce qu'une jeune fille qu'elle ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam, mais qui était sans doute son ange gardien, occupe Cormac en lui parlant de Quidditch.

La rouge et or se précipita dans le couloir, mais ne remarqua ni trace de Harry, ni trace des deux compères. Lâchant un soupir d'énervement, Hermione fonça tête baissée à l'angle du couloir, et se cogna violemment dans quelqu'un qui venait de la direction opposée. Elle poussa une légère plainte, en unissant avec celle de la personne en face. Malfoy. Décidément, ça en devenait une habitude de lui rentrer dedans…

— J'ai très envie de te dire de regarder où tu marches, mais j'aurai l'impression de me répéter, grogna Draco, en accord avec les pensées d'Hermione.

Suite à son entrevue avec Snape, Draco n'avait aucune envie de rester dans les parages. Ses nerfs étaient à vifs, et la présence de Granger n'arrangerait pas son humeur massacrante. Il commença donc à la contourner afin de retourner dans les cachots de Poudlard, là où se trouvait sa salle commune.

— Attends ! souffla Hermione en lui attrapant le bras droit.

Pris de panique que la sorcière ne lui remonte sa manche et découvre la marque qui ornait son avant-bras, Draco lui fit lâcher prise en tirant tel un forcené.

— Qu'est-ce qu'il y a ?! aboya le Serpentard, dont le cœur faisait des bonds douloureux dans sa cage thoracique.

— Est-ce que tout va bien ?

Sa voix était étrangement douce et apaisante. Draco, qui s'était attendu à ce qu'elle lui hurle dessus à son tour, fut pris de court. Il aurait mieux aimé qu'elle soit en colère contre lui, ça lui aurait donné une bonne raison de s'éloigner d'elle. Hermione semblait inquiète pour lui.. Pourquoi ? Il l'avait toujours méprisé, humilié, et voilà qu'elle faisait preuve… d'humanité. Par système de mimétisme, le blond se radouci quelque peu, bien que le ton de sa voix reste dur.

— Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ? Nous ne sommes pas amis.

Hermione fronça les sourcils.

— Non, c'est vrai. Mais ne pas être ami avec quelqu'un ne signifie pas devoir lui cracher dessus.

Là-dessus, elle se vengeait personnellement de ce que Draco lui avait fait enduré depuis ses douze ans. Elle savait que des paroles n'y changeraient rien, mais si au moins elle pouvait lui dire ce qu'elle pensait, alors tant mieux. Draco quant à lui, lui jeta un regard noir mais ne répondit rien. C'était ce qu'il avait cherché ces dernières années. Mais cette année, c'était différent : « qu'ils me haïssent, mais pourvu qu'ils me craignent » voilà l'adage qu'il suivit désormais. De même, il haïssait encore Hermione, mais pour des raisons encore différentes de celles qu'il avait quand il était petit garçon. Il ne la haïssait plus pour son rang de née-moldue, mais parce qu'elle avait fait remettre en cause tout ce que ses parents lui avaient toujours inculqué.

— Ce soir.. Tu n'étais pas venu pour la fête de Slughorn, n'est-ce pas..? osa interroger Hermione.

Plus les secondes passaient, et plus elle craignait découvrir un énorme secret. Draco n'était plus le même, et agissait de façon suspicieuse. A quelques centimètres de lui, Hermione put déceler une peur perpétuelle au fond du regard de son « ennemi ». Son visage était plus livide encore que d'habitude, ses cheveux étaient à peine soigné, et les cernes violettes sous ses yeux ne faisaient que renforcer cette impression de dépravé.

— Et si je te disais que j'étais venu pour te voir ?

Les yeux du blond glissèrent vers le décolleté presque indécent de Granger, dont les pommettes s'embrasèrent. Elle croisa les bras pour essayer de cacher ses atouts, en vain. Excepté au bal de Noël, il n'avait plu eu l'occasion de la voir en robe. On devrait sans doute le menacer de lui arracher la langue pour le lui faire dire, mais Malfoy la trouvait beaucoup plus mignonne apprêtée ainsi. Malgré la demi-obscurité du couloir, il put distinguer les tâches de rousseurs constellant son nez comme un millier de petites étoiles. Ses lèvres gercées par le froid de l'hiver, étaient très légèrement rougies au centre, sans doute abimées par ses dents… Par Salazar, il avait été si absorbé dans sa contemplation qu'il en avait presque loupé les paroles de la concernées.

— Je te répondrais de m'épargner tes sarcasmes. (Une pause). Je veux simplement t'aider…

Visiblement, Hermione n'était pas d'humeur à s'amuser, et n'était pas prête à lever le drapeau blanc. Pourquoi diable tout le monde voulait-il l'aider ? Draco n'en avait pas besoin ! Surtout venant de la part d'une sang-de-bourbe, c'était relativement déplacé. Alors qu'il avait admirer le visage de la Gryffondor sans aucune pudeur ni répulsion, il sentit la honte l'envahir. Si seulement elle savait qu'il comptait faire entrer des Mangemort dans l'enceinte de l'école, et que lui-même en était un, elle ne voudrait sûrement plus l'aider. En soit, elle n'avait rien demandé à personne. Ce n'était pas sa faute si de la magie coulait dans ses veines, ni celle de ses parents.. Ça n'était que le fruit du hasard, qu'il avait appris et entretenu à détester. Elle voulait l'aider, mais méritait tellement mieux. L'espace d'un instant, il voulut tout lui confesser : le collier ensorcelé, la bouteille empoisonnée, l'Armoire à Disparaître qui se trouvait dans la Salle sur Demande, et enfin sa mission donnée par Voldemort. Mais il n'eut pas le courage. S'il parlait, il se ferait tuer. S'il parlait, il la mettrait en danger.

Au loin, ils entendirent Peeves, l'esprit frappeur se diriger vers eux. Celui-ci jouait déjà à faire le plus de bruit possible en secouant des grelots et poussant tous les noms d'oiseaux qu'il connaissait. Si Peeves les voyait ensemble, ils risquaient encore d'avoir de gros problèmes, et surtout, d'alerter tout le château.

— Tu ne peux pas m'aider cette fois Granger. Je n'ai pas le choix…

Ses paroles furent couvertes par le vacarme assourdissant que faisait Peeves. Il ne sut jamais si Hermione l'avait entendu, mais ils furent obligé de se séparer et retournèrent chacun dans leur dortoir.


Dumbledore était mort. Tué par Severus Snape. Draco avait échoué et se sentait vidé. Il savait qu'à son retour au Manoir, il subirait les diverses tortures prodiguer par le Seigneur des Ténèbres. Mais pour le moment, ce qui le rongeait le plus le cœur était de voir sa tante Bellatrix ravager le château à son passage. Les tableaux furent griffé et décroché, les armures volèrent en éclat, tout comme les vitres de la Grande Salle. Les pierres précieuses des sabliers géants se répandirent au sol, sous les rires exacerbés de Bellatrix et ses comparses. Certes, Draco avait toujours prétendu détester cette école, la voir détruite ne lui faisait pas du bien pour autant. Il était effrayé.

Une fois dehors, il vit l'imposante Marque des Ténèbres dans le ciel, dont la lueur verte se reflétait dans le lac de Poudlard. Sans qu'il ne comprenne vraiment comment ni pourquoi, la cabane de Hagrid pris feu, et on lui ordonnait expressément de courir. S'enfuir, c'était ce qu'il avait fait toute sa vie finalement. Son estime de lui-même était au plus bas tandis qu'il regardait une dernière fois derrière lui. Il observa le château et se demanda comment les élèves réagissaient. Il aurait aimé en faire parti, venant simplement de se lever de son lit pour constater les dégâts. Or ici, c'était lui la cause des dégâts. Tout était sa faute. Les yeux pâles fixés sur un des tours du château, il articula les mots qu'il n'aurait plus jamais la force d'âme de prononcer.

— Pardonne-moi.


A SUIVRE...


NOTE DE L'AUTEUR : Un chapitre un peu plus triste, mais qui suit l'évolution des sentiments de Draco, par rapport à Voldemort, mais aussi par rapport à Hermione... Qu'en avez-vous pensé ?

Musique du chapitre : NF - Paralyzed (vidéo Youtube Draco Malfoy | Paralyzed par magloveswinter)

When did I become so numb?

When did I lose myself?

All the words that leave my tongue

Feel like they came from someone else

I'm paralyzed

Where are my feelings?

I no longer feel things

I know I should

I'm paralyzed

Where is the real me?

I'm lost and it kills me - inside

I'm paralyzed

When did I become so cold?

When did I become ashamed?

Where's the person that I know?

They must have left

With all my faith