Titre : Une nouvelle vie
Notes générales : On pourrait dire qu'il s'agit d'une fic à plusieurs mains puisque ce texte est grandement inspiré du RPG Saint Seiya sur lequel je joue en ce moment et mit en place par Asrial. C'est donc elle qui gère la trame de ce RP et donc celle de cette fanfic. En outre, il s'agit essentiellement de copier/coller des textes postés par les auteurs respectifs des personnages que je me contente de modifier un peu pour coller au rythme de l'histoire et dans le temps. Le caractère des persos, leur façon de penser et d'agir est donc défini par leurs joueurs respectifs, les idées ne sont donc pas de moi (loin de là !)
Discalimer : Les persos et l'univers de Saint Seiya ne sont pas à moi, je ne fais que les emprunter à leur auteur. L'histoire, comme écrit au dessus n'est pas vraiment de moi non plus.
On retrouve les spectres tel qu'on les a laissés au chap 7. On arrive en fin de journée !
Bonne lecture !
Chapitre 10 : Bonne nuit les petits
Baraquement des spectres (en bas, près des arènes et du camps des femmes)
Rhadamanthe s'était installé au chevet d'Eaque et lui caressait distraitement la joue, les yeux dans le vague. Il pouvait sentir son désarroi, sa lassitude... Lui-même se sentait complètement dépassé par les évènements. A l'ouest. Dans le flou artistique.
- Eaque...
Le chagrin revint à la charge. Rhadamanthe se mordit la lèvre, honteux de se sentir si démuni. Mais en même temps c'était bien. Les éléments se bousculaient à la vitesse grand V, sans lui laisser le temps d'assimiler. De comprendre par Hadès ! Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi il était revenu. Pourquoi lui et pas un autre ? Et Minos qui lui manquait, et les Enfers qui lui manquaient... Par Hadès, c'était horrible. Ca faisait mal.
- Eaque... Je... Je suis désolé, termina-t-il en pensée.
Sa voix se brisa sur un sanglot. Trop de stress, trop de fatigue... le Juge n'était pas un être de raison. Il avait honte. Eaque avait incliné la tête pour profiter d'avantage de la caresse de son frère. Ça faisait des siècles qu'ils ne s'étaient pas montrés aussi tendres l'un envers l'autre et maintenant il se rendait compte à quel point cette proximité avait put lui manquer. Par Hadès que son frère pouvait avoir l'air démunit à l'instant. Sans rouvrir les yeux il attrapa son frère par la nuque pour l'attirer dans son giron.
- Chut Rhada. Ne dit rien... On n'y peut rien. C'est la première fois que nous ne pouvons pas contrôler le déroulement des choses. Le Monde Terrestre n'est pas comme les Enfers... Ici, notre volonté n'est rien. Rien de plus qu'une impulsion électrique parcourant notre cerveau. Nous ne pouvons rien contrôler et nous devrons faire avec le temps qu'il faudra. Le temps que notre Seigneur nous rappelle. Le Juge embrassa son frère sur le front. N'en doute jamais petit frère, Il nous rappellera quand les Enfers serons de nouveau vivables. J'ai besoin de ta force petit frère alors n'en doute jamais, je t'en prie.
Rhadamanthe ne réagit pas quand Eaque l'attira pour le nicher contre lui. Par Hypnos, cela faisait des siècles qu'ils ne s'étaient pas étreints aussi tendrement...fraternellement. C'était étrangement doux et rassurant. Apaisant. C'était le mot, oui. Apaisant. Autant que les paroles que son frère lui avait murmuré pour le rassurer. Il aurait voulu lui dire tant de choses… Je ne sais pas quoi faire. Minos me manque. J'ai peur… Merci pour tout, je t'aime. Les mots s'étaient retrouvés coincés dans sa gorge. Il n'était décidément pas doué pour l'expression. Il ne saurait dire combien de temps il était resté ainsi, somnolant dans les bras chaleureux d'Eaque.
Shion s'arrêta une fois de plus devant le baraquement des spectres. Ils allaient le haïr de venir les ennuyer toutes les deux heures mais c'était pour la bonne cause. Il toqua et attendit. Il aurait pu envoyer un serviteur justement mais... Bah Il prenait l'air.
- Mare, il en avait mare. Ne pouvait-on pas les oublier ? Non, bien sûr que non. Ils étaient des spectres, ils étaient l'ennemi. Eaque grattouilla la nuque de son frère et lui indiqua l'extérieur du menton en haussant un sourcil interrogatif.
- Faudrait vraiment qu'on y aille non ?
Le Juge du Wyvern grogna un peu puis se redressa à moitié. Son frère avait l'air prêt à faire une syncope à tout moment et Myû... n'était décidément pas en meilleure forme. Lui-même ne devait pas être beau à voir avec les yeux rougis et son teint de craie. Pourquoi diable ne les laissait-on pas tranquilles ? Peut-être parce qu'ils étaient les ennemis.
- Je peux aller voir. Vous feriez mieux de vous reposer.
Il grimaça légèrement. La tête lui tournait un peu. La faute à la fatigue.
Myû était resté prostré sur sa chaise, tachant de se faire oublié des deux juges, tout en les regardant du coin de l'œil. Il les plaignait et les enviait à la fois. Il les plaignait car il ne connaissait pas le sentiments que procurait l'inquiétude pour un proche, mais à les voir si perturbé, à se rassurer mutuellement, il ne voulait pas le connaitre. C'était source de trop d'angoisse, trop de question, trop de choses mauvaises. Il les enviait parce que, même s'il ne s'inquiétait pour personne, personne ne le rassurait non plus. La solitude ne lui avait jamais pesée, mais elle avait dû se dire qu'il valait mieux tard que jamais, et le harcelait à présent. C'était nouveau. Nouveau et déplaisant.
- Restez auprès de votre frère, seigneur. Je vais aller répondre si ça ne vous dérange pas.
Eaque bénit Myû mentalement lorsque celui-ci se leva. Il pouvait encore profiter de la chaleur de son frère. Hadès que c'était bon de l'avoir près de lui. Il ne manquait que Minos...
En ouvrant la porte, Myû tomba sur le pope qui s'excusa aussitôt.
- Navré de vous ennuyer encore. Mais nous avons récupéré quelques serviteurs. Je peux vous en fournir un ou deux si vous le souhaitez. Nous avons également récupéré des cuisiniers. Je peux vous faire porter une partie de notre ordinaire si vous le voulez... Mais je dois savoir pour les affectations et les plannings...
Il commençait à sérieusement fatiguer. Là, tout de suite, il aurait tué pour pouvoir aller se rouler en boule sous sa couette et ne plus en ressortir avec des jours. Mais avant, il faudrait remonter au treizième, vérifier comment allait Ikki, s'assurer que tout le monde allait bien, puis, enfin, peut-être aller se coucher. Alors si les spectres pouvaient lui répondre vite...Myû le regarda un instant, le temps que l'information arrive à son cerveau. Une fois qu'il comprit, il retrouva la parole.
- Je vais demander à mes seigneurs. Patientez un instant s'il vous plait.
Il retourna à l'intérieur, et se porta auprès de ses supérieur, leur transmettant la demande du pope.
- Que dois-je lui répondre, juges ? interrogea-t-il, inquiet.
Rhadamanthe haussa un sourcil puis réfléchit un moment. Il avait l'habitude d'avoir des serviteurs qui se chargeaient d'à peu près tout aux Enfers mais il avait également l'habitude de diriger une entreprise énorme, qui lui prenait presque la totalité de son temps. Là, en période de... « Vacances forcées »...il n'avait rien de concret à faire. Sans compter qu'ils n'étaient que trois... Mais bon, les habitudes avaient la vie dure. Indécis, il lança à la cantonade :
- Qui est pour ?
Eaque qui avait entendu le Pope sans vraiment prêter attention à ce qui se disait ne réagit à la question de son frère qu'en levant la main pour donner son accord. Il était fatigué. Son aîné lui manquait affreusement et il voulait profiter de ces "vacances" pour renouer avec son cadet. C'était la seule chose qui lui importait pour l'instant. Pris d'une impulsion subite il se redressa à moitié et s'adressa à Myû :
- Propose à Shion de rester. Il doit être aussi fatigué que nous si ce n'est plus et j'imagine que remonter vers le treizième temple n'est pas de tout repos. Il est redescendu pour nous, on peut bien lui offrir l'hospitalité pour la nuit.
Le Juge se rallongea et étouffa un petit rire. Offrir l'hospitalité au Pope, elle était bien bonne celle-là ! Rhadamanthe secoua la tête, un air attendri sur le visage. Eaque et sa diplomatie légendaire. Myû hocha la tête au paroles du troisième juge, puis repartis vers la sortie. De nouveau devant le pope, il prit son masque protocolaire (que les remontrance de son seigneur lui avait fait retrouver), et lui transmit son message.
- Nous somme d'accord pour vos proposition, et vous prions de recevoir nos plus grand remerciement pour ce que vous faites pour nous malgré notre statut et notre condition. Le seigneur Eaque me charge également de vous proposez de rester dormir ici. Vous devez être fatigué, et la route des douze maison risque de vous être éprouvante
Il attendit patiemment la réponse du pope, cherchant à le brusquer le moins possible. Il est vrai qu'il était passablement épuisé. Shion se mordit la langue pour ne pas prendre mal la proposition d'Eaque. Lui offrir l'hospitalité hein ? A lui qui leur avait permit de rester ici ? Il ferma les yeux une seconde. Sans doute ne s'était il pas rendu compte du méprit de la proposition...Quoique... Il restait un Juge Qu'attendre d'autre ? Stupidement, cela chagrina le pope. Il avait réellement crut que le Juge l'aiderait. Et voila qui lui balançait son mépris à la figure. Shion secoua doucement la tête. Il était fatigué. Il voyait tout en noir quand il était fatigué. Il devait s'en convaincre. D'une voix neutre, il remercia Myû.
- Merci, ce ne sera pas nécessaire. Je vous ai assez ennuyé, n'est ce pas ?
Il n'avait pas pu supprimer tout l'ironie de ses paroles. Pourtant, ce n'était pas contre Myû qu'elle était tournée, c'était vers lui même.
- Bonne nuit, des serviteurs viendront à vous dès demain avec les repas, ajouta-t-il en saluant le jeune Spectre avant de faire demi-tour pour remonter lentement vers son temple.
S'il n'avait pas craint que Mu y vienne, il serait resté dans le temple du bélier. Au moins, il y aurait été au calme, personne ne se serait inquiété de lui. Sauf si une nouvelle catastrophe se produisait, mais autrement... Au départ du pope, Myû se mordit la lèvre. Au vu de la réaction de celui-ci, il avait encore gaffé... Il les accumulait, décidément... Il était fatigué, il était déprimé, et il serait peut-être assez épuisé pour dormir cette fois-ci. Avec un soupir à fendre l'âme, il ferma la porte du baraquement, inspira un bon coup pour se donner du courage, et se dirigea vers la pièce ou se trouvait ses seigneurs. Il fallait bien qu'il les prévienne de la réaction du pope. Il resta quelques instants à contempler la porte, soudain las. Il se reprit, et toqua enfin. Hadès-sama, où avait-il donc foiré encore...Toujours serré contre Eaque, Rhadamanthe sentait lentement sa conscience décliner. Malgré tout, il trouva la force d'inviter Myû à entrer. Il vit la mine sombre du Papillon et soupira.
- Un problème, Myû ?
Le papillon baissa les yeux, contrit. Il chercha un instant ses mots, avant de se lancer.
- Et bien je pense que le pope a mal pris le message que je lui ais transmit. Il a changé d'attitude dès qu'il a entendus la proposition du seigneur Eaque. Je suis désolé, j'aurais du mieux tourner la chose.
Myû passa d'un pied sur l'autre en attendant le verdict de ses seigneurs. Il était fatigué, il voulait rentrer sous terre tellement il en avait marre de faire des maladresse plus grosse que lui, et il ne voulait pas voir son seigneur encore une fois angoissé. Décidément, cette résurrection n'était vraiment pas plaisante, malgré le fait qu'elle soit en passe de détenir son record de longévité sous sa forme final... Il préfèrerait encore être sous sa forme de gélatine violette, il avait moins de problème comme ça... Quand le subordonné de son frère revient, le Juge grimaça, il faudrait qu'il aille présenter des excuses à Shion demain matin, cynisme et politique n'avaient jamais fait bon ménage. Rajoutez à ça la fatigue et voilà de quoi foirer des relations qui lui avaient pourtant parus partir d'un bon pied. Rhadamanthe, lui, poussa un soupir à fendre le cœur du Tartare. L'air malheureux de Myû lui donnait envie de le serrer doucement dans ses bras et de le cajoler comme un gamin. Il lui rappelait un de ses fils qu'il avait eu dans le temps... mais il ne savait plus très bien lequel. Et puis c'était plus important maintenant.
- Je ne t'en veux pas, Myû. Tu es épuisé, le Pope est fatigué et énervé par la présence du Livre... il en faut parfois moins que ça pour vexer quelqu'un. Je sais que tu as fait de ton mieux. Va dormir maintenant, tu en as besoin.
Même s'il culpabilisait, le Papillon ne se le fit pas dire deux fois. Dormir. Enfin! Il salua les deux juges, et partis comme il le put vers sa chambre. Il avait beau ne pas s'être lavé depuis son retour à la vie, il reporta à demain. Dormir ! Il s'arrêta devant le lit perplexe, et poussa un soupir. Il faisait comment, déjà, pour dormir là dedans? Il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas dormis sous sa forme ultime, plus longtemps encore dans un vrai lit. La veille il avait agit un l'instinct, son esprit court-circuité par la fatigue, mais aujourd'hui... Il haussa les épaules, se disant qu'il trouverait assez vite. Il replia ses ailes et s'installa en chien de fusils. Il n'était vraiment pas habitué à survivre si longtemps sous cette forme. Il faudrait qu'il s'habitue et qu'il apprenne... Lui, le Papillon du monde des morts, avec un corps de 21 ans, et un esprit bien plus vieux, même avec le souvenir flou de ses vies humaines, devait apprendre à dormir. S'il n'était pas aussi épuisé, et ne sentait pas déjà le sommeil l'emporter, et aurait rit devant le ridicule de cette situation.
Une fois Myû sortit, Rhadamanthe eut un moment de flottement. Sa vision tanguait méchamment. Encore la faute au stress... Il se laissa tomber à côté d'Eaque et se serra contre lui, comme quand ils étaient gosses... mais peut-être pas dans cette vie-ci. Il ne se souvenait plus très bien... sauf qu'ils étaient trois à l'époque.
- Eaque. A toi aussi... Minos te manque ?
Question idiote. Il devait être vraiment mort de fatigue pour lâcher une stupidité pareille. Il avait envie de pleurer comme un bébé. Eaque se mit à somnoler dès que Myû eu quitté la pièce. Il enlaça son frère quand celui-ci se blottit contre lui. Dans un demi-sommeil, Eaque passa une main dans la tignasse blonde de Rhadamanthe et s'enfouit un peu plus contre lui.
- Oui Rhada, à moi aussi Minos me manque...
Rhadamanthe se cala un peu plus contre son ainé endormis. La chaleur était inhabituelle mais pas désagréable. Il n'avait plus dormi avec quelqu'un depuis si longtemps, fichant ses conquêtes à la porte dès qu'ils avaient fini de jouer sur les draps. Et Eaque n'était pas une conquête - malgré son attitude de dragueur - c'était, à défaut de l'être véritablement, son frère, un égal qu'il respectait autant que lui, sinon plus. Eaque était probablement le meilleur d'eux trois sur le tableau. Le tableau parfait des Trois Juges. Tu parles…
Minos et son égoïsme.
Eaque et sa solitude.
Rhadamanthe et son indifférence.
Ceux qui ne le connaissaient pas appelaient cela de la froideur ou du mépris. Rien à voir. C'était juste de l'indifférence, pour tout ce qui ne l'intéressait pas. Que ses frères aillent bien, que son Seigneur vive et soit heureux, que les Enfers tournent... Ca lui allait. Le reste... que lui importait ? Même sa propre vie, il l'aurait jeté aux orties. Il l'avait fait d'ailleurs... Il rentra machinalement la tête dans les épaules. L'épuisement lui faisait penser de drôles de choses...
Il ferma les yeux. Le sommeil lui ouvrait ses bras. Si le sommeil avait des bras, bien sûr.
Treizième temple, chambre du Pope.
C'était tout doux, c'était chaud et confortable...Shun commençait à lentement émerger de son sommeil réparateur. Il se jura intérieurement de faire plus attention quand il utiliserait son cosmos à l'avenir, comme il se l'était déjà juré lorsqu'il avait réchauffé Hyoga, donc autant dire que çà ne servait à rien, que sur ce coup là il n'apprendrait jamais. C'était son signe, Andromède, le sacrifice, qui voudrait qu'il se dépasse toujours pour les autres, et il n'y pouvait rien, il était ainsi fait...Sa réflexion le contrariant, Shun fronça les sourcils et grogna, se bouinant un peu plus contre son gros oreillers.
Les oreillers ne sont pas aussi gros d'habitude, et ils ne gigotent pas non plus...
...
Shun ouvrit un œil, regarda d'une manière furtive son environnement immédiat, et vu une masse de chair...un corps? Un corps ! Shun ouvrit les deux yeux et se leva tel un ressort pour mieux appréhender la situation, malmenant son oreiller humain au passage, le rejetant sur le coté.
- Milo! Qu'est ce qu'on fout dans le même lit !
Et après un instant de réflexion sur ce qu'avait fait le scorpion à son camarade, il ajouta pour faire bonne mesure.
- Explications! Maintenant, crétin sans cervelle!
Loin d'être dérangé par la présence d'Andromède, Milo l'avait laissé se bouiner contre lui sans protester. A peine s'était-il vaguement éveillé lorsque le gamin s'était collé, visiblement tout à son aise de trouver une source de chaleur douce et confortable. Le Huitième Gold y avait trouvé son compte également, appréciant cette présence qui avait un petit quelque chose de réconfortant.
C'était dire si le réveil détonnait à côté.
Si le choc premier du môme amusa assez l'arachnide, l'insulte qui suivit lui fit hausser les sourcils.
- Tu auras ton explication. Mais n'oublie pas que je ne te dois rien, Bronze.
Un petit rappel à l'ordre sur leurs statuts communs ne pouvait pas faire de mal, après tout. Un Or ne devait rien à personne, si ce n'était à leur Déesse et à leur Pope. D'un Or à un autre Or aussi. Mais c'était tout. Et c'était bien parce que Milo appréciait assez ce jeune Chevalier qu'il n'avait pas envie de voir leurs rapports se détériorer à cause d'une parole malheureuse. Il restait un membre de la garde d'élite, et si son comportement avait laissé à désirer, il n'avait aucun compte à rendre. Le mot « Bronze », lâché sur ce ton résonna aux oreilles de Shun. OK, elle était mérité, il avait mit le doigt sur la limite, mais pour sa défense il n'était pas assez réveillé pour bien réfléchir. Il carra légèrement la tête pour montrer à l'Or qu'il avait comprit. Soupirant, le Scorpion se rallongea sur le dos, les bras croisés derrière la tête tandis qu'il fixait le plafond.
- Comment réagirais-tu devant celui qui a tué l'être qui compte le plus à tes yeux ? questionna-t-il d'une voix plus douce.
C'était bien la seule manière de résumer les choses. Si Andromède ne pourrait ni pardonner ni approuver son geste, il pourrait sans doute comprendre le désespoir et la folie que pouvait provoquer la mort d'un être cher.
- Tu n'as même pas idée de la force qu'il m'a fallut pour ne pas le tuer... J'en avais tellement envie... murmura rêveusement le Scorpion, le regard perdu dans le vide. Ce n'est que par amour pour Camus que j'ai épargné Hyoga.
- J'ai tué Aphrodite pour avoir assassiné mon maitre, avoua Shun. Il devait l'admettre, Milo n'avait pas tord. Il comprenait, même si çà faisait mal de voir un camarade étendu sanguinolent.
- Nous ne sommes donc pas si différents l'un de l'autre. Nous avons tout deux agis par amour. Même si mon agression sur Hyoga est moins excusable que ton combat contre Aphrodite, je suis d'accord là-dessus.
Tournant les yeux vers le petit Bronze, Milo eut un petit sourire. Il était mignon, ce gosse. Sûrement le plus fréquentable de cette petite bande de vainqueurs. Il y avait bien le Dragon, aussi. Mais trop ennuyeux au goût de l'arachnide. Shun au moins avait quelque chose de vivant, en lui. De joyeux.
- Allez, viens. Tu vas attraper froid, et il est tard. (Il ouvrit ses bras, invitant Shun à le rejoindre sous les couvertures.) Enfin, si ma présence te dérange, je peux toujours aller finir ma nuit ailleurs. Tu es le premier arrivé, après tout.
Pour un peu, il en aurait presque oublié qu'ils squattaient tous deux le lit du Grand Pope.
- Et on est dans le lit de qui au fait ? s'interrogea Shun. Il ne reconnaissait pas son environnement, et il n'aimait pas ça. Doublé du fait que quelqu'un l'avait désapé pour le laisser en boxer, il ne le sentait pas, sans savoir pourquoi... Peut-être car il ne connaissait pas bien Milo. Devait-il lui laisser le bénéfice du doute. Shun le regarda d'un air interrogateur.
- Nous sommes dans la chambre du Grand Pope. Il t'a installé là, et je lui ai demandé si je pouvais dormir ici aussi. Et ne t'inquiète pas, je ne compte pas te violer ; c'est de Camus dont je suis amoureux.
S'il reconnaissait volontiers être un bon vivant, largement plaisantin, le Scorpion pouvait aussi être sérieux. Ceci dit, il avait peut-être oublié qu'il était très légèrement nu, en cet instant. Et que tout le monde n'appréciait pas forcément ce genre de détail. Shun soupira, décidément, il devrait penser à installer un décodeur sur Milo, il en avait marre de ne pas comprendre ses phrases...Il comprenait un peu mieux les sentiments du pope du coup, et se promis de l'arracher à ses devoirs une journée entière, comme il l'avait dit, pour l'instruire de la vie moderne et lui changer les idées.
- Au risque de paraitre pour le plus stupide des stupides, ça veut dire quoi « violer »?
Pour le coup, le Grec en ouvrit de grands yeux. Quoi, le gamin n'en était pas à ce stade LA, quand même ? Apparemment, si... Perplexe, le Gold secoua la tête d'un air mi-amusé, mi-navré.
- L'avantage d'avoir un boulot comme le mien, c'est que j'ai l'occasion de sortir... soupira-t-il plus pour lui-même que pour Andromède. Car oui, le fait d'être assassin faisait certainement de lui l'un des Chevaliers les mieux renseignés sur la société et la modernité actuelles. Milo en avait sans aucun doute beaucoup plus vu que des Chevaliers tels que Shura, par exemple, qui ne devait probablement sortir que pour aller poser des fleurs sur toutes les statues à la gloire d'Athéna qui passaient. Je ne vais pas glisser mes mains dans ton boxer, ni te manger, si tu préfères. Alors, tu te recouches ou pas ?
Certes il était amusé, mais il trouvait le môme assez attendrissant. D'où cette douceur soudaine dans sa voix, très certainement.
Net, précis, concis, rassurant. Ce dont Shun avait besoin justement, conscient d'avoir dit une connerie. Il reglissa sous les couvertures. Il faudrait quand même qu'il pense à demander au pope où était la bibliothèque, il sentait bien que Milo ne lui avait pas tout dit, et il ne voulait pas mourir idiot... Il se recoucha en chien de fusil, observant Milo, qui le regardait trop bizarrement à son goût. Pas complètement à la ramasse, malgré ses batteries à plat, le Grec se tortilla un instant pour se coucher par-dessus le drap, toujours sous la couette. Voilà qui éviterait au moins des traumatismes à son pauvre petit compagnon de nuit. Ronronnant presque, Milo enlaça le petiot d'un bras, se collant sans complexe à lui pour la nuit.
- Ne me regarde pas comme ça, tu ne risques rien. s'amusa encore le Scorpion, avec un rien de tendresse dans la voix.
Bon d'accord, le scorpion avait vraiment l'air honnête, Shun se bouina contre lui, le prenant pour doudou.
- Bonne nuit, Shun, sourit simplement le Scorpion en le sentant se pelotonner davantage contre lui.
Voilà qui promettait déjà une bonne nuit. Nul doute que si Shion les rejoignait encore ce soir, celui-ci aurait son compte de câlins dans le petit panier à chats qui était en train de se former dans son lit. Déjà, deux matous y baillaient, prêts à plonger dans les bras de Morphée.
- Bonne nuit chevalier, murmura Shun.
C'est un Shion épuisé qui finit par remonter à ses appartements. Il n'en pouvait plus
Il n'avait même plus assez de force pour manger un bout avant d'aller se coucher.
Il entra dans sa chambre sur la pointe des pieds. Sans surprise, il y trouva Shun et Milo. Les deux gamins jouaient les peluches avec l'autre. Un petit sourire tendre monta aux lèvres du pope. Ils étaient mignons... Si mignons qu'il n'allait pas risquer de déranger leur sommeil. Il alla prendre un oreiller et une couverture dans le placard puis les laissa dans son lit. Ils n'avaient pas besoin qu'il s'incruste. Il retourna à son bureau où il mit quelques minutes à redécouvrir la causeuse sous les papiers mais la mit finalement à jour. Il jeta l'oreiller dessus, s'allongea, souffla la bougie, se couvrit de la couverture puis se recroquevilla dessous. Milo utilisait Shun comme doudou, mais quand Camus serait arrivé, les deux chevaliers d'or ne se quitteraient probablement plus. Shun se retournerait vers son grand frère. DM restait avec Aphrodite, Mu avec Saga, Kanon...Kanon restait Kanon. Il avait son frère ou n'importe qui, peu lui importait. Lui... Il frissonna. Il aurait mieux fait de ne jamais revenir.
Shun entendit du bruit dans le bureau...inquiet, il se leva délicatement pour ne pas réveiller Milo. Il trouva le Pope prêt à faire sa nuit sur...c'était quoi ce truc...or de question. Le cheveu en bataille, Shun traversa le bureau, et prit la main de Shion.
- Vous n'allez quand même pas dormir là, quand vous avez un lit assez grand pour contenir une équipe de foot !
Et bon gré mal gré, Shun tira tant bien que mal le pope dans sa chambre, tentant de l'installer entre lui et Milo. Shion se libéra doucement. Il n'avait aucune envie de gêner plus qu'il ne le faisait déjà.
- Je suis très bien dans mon bureau Shun... Et ne fais pas autant de bruit, tu vas réveiller Milo. Va te coucher et repose toi. Je ne veux pas vous déranger quand je vais me lever tôt ou s'il y a une urgence. Va dormir... Tenta-t-il de convaincre l'adolescent pour retourner dans son bureau. Il avait dormit tellement souvent sur la causeuse, ca ne le dérangeait pas.
- Non, et je ne veux pas négocier. Vous dormirez sur le bord du lit si vous voulez, mais dans le lit. Et acceptez! Là au moins vous êtes sur de pas déranger Milo !
Shion finit par rendre les armes. Il laissa Shun se rallonger puis s'installa sur le bord du lit, suffisamment loin des deux jeunes gens pour ne surtout pas les déranger. Il attrapa néanmoins un des très nombreux oreillers et le serra contre lui pour s'endormir. Il ne pouvait pas dormir sans avoir quelque chose dans les bras. Shun leva les yeux pour tirer le pope vers le centre du lit.
- J'ai une définition large du bord du lit : c'est tout ce qui n'est pas le centre...
Et prenant un bras du pope pour être sûr qu'il ne s'enfuit pas, et un des bras de Milo, profondément endormi, il retourna au pays des rêves avec deux doudous pour le prix d'un, il commençait enfin à se sentir faire parti du sanctuaire, et laissa un fin sourire paraitre sur son visage.
- Bonne nuit Shion, furent ses derniers mots.
- Bonne nuit, Shun, murmura doucement le pope avec l'affreuse impression de n'avoir rien à faire là. S'il dormait deux heures, il serait chanceux
Doucement, la nuit se mit à tomber sur le Sanctuaire enfin endormis.
Merci d'avoir lu. Chapitre plutôt court, mais comme tout le monde dors… la suite bientôt, promis !
Biz
Arkady
