Note d'auteur : Prophétie, ou l'art d'annoncer un malheur avec un titre dramatique :)

Je profite de ce symbolique dixième chapitre et d'une pose dans mes épreuves de bac, pour remercier les gens qui m'ont laissé des reviews, à savoir : Hermione Jane Rogue, lou, natsuShizu, Ste7851, Dailabaila, Oranne, Sarah, HPB, Yzeute,Malicia, , Siana, van3xxx, APicSousZero, atlana61, Leeloo L, Sevmooniadayra, lulushouille, Inoubliable-Violette. La plupart d'entre-eux me laisse des reviews ç chaque chapitre, alors, merci beaucoup à vous tous !

Merci aussi aux lecteurs anonymes, je ne vous oublie pas :)

Assez de bavardages, je vous laisse découvrir ce chapitre, qui signe le début des vrais problèmes pour Rogue et Hermione...

Bonne lecture, et à la semaine prochaine !

CHAPITRE X

Prophétie

Après le petit incident du cours de Magie Noire, le reste de la semaine passa relativement vite. Le calme était revenu à Adhumla, et à part quelques petites altercations quotidiennes entre nos deux camarades, rien de bien notable n'eut lieu pendant quelques temps.

Le mois d'octobre se terminait, tout comme le voyage de Rogue et Hermione. En cette fraiche matinée, ils étaient tous deux assis dans le salon de celui-ci, à relire et retravailler, la veille de leur départ, les nombreuses notes qu'ils avaient prises pendant leurs cours à Adhumla. Notes qui, en majorité, avaient été prises par Hermione.

Le travail avançait peu, voire pas du tout. Hermione tentait par tous les moyens possibles de faire participer Rogue à sa tâche, mais ce dernier se bornait à rester installé au fond de son fauteuil, le nez en l'air, à contempler d'un air passionné le lustre accroché au plafond.

« Vous pourriez faire un effort, se plaignit Hermione. Vous n'y mettez vraiment pas du votre, j'ai l'impression de travailler avec une gargouille ! »

Rogue daigna un instant baisser les yeux vers elle, avant de les remonter vers l'objet de sa passion du moment, lui lançant sur un ton qui suintait l'indifférence insolente :

« Pour votre information, sachez que je n'ai nullement demandé à participer à ce projet ridicule, et que je serai, à l'heure actuelle, bien mieux chez moi… »

Et voilà. Il recommençait. C'était trop lui demander que de s'abstenir d'être désagréable plus de quelques jours.

Ne trouvant rien à répliquer à cette remarque futile, Hermione se tut, et replongea son nez dans les prises de notes.

Alors qu'elle tentait de déchiffrer une phrase qu'elle avait un jour griffonné très rapidement et qui était désormais illisible, elle vit du coin de l'œil Rogue sourire sournoisement, alors qu'il fixait toujours son lustre.

« Je peux savoir pourquoi vous souriez comme, ça? demanda-t-elle suspicieusement.

- Je suis simplement heureux de vous avoir rabattu votre caquet »

Devant l'air outré de sa collègue, il continua :

« Cela n'arrive pas souvent, en ce moment…

- Vous ne pouvez pas tenir plus de deux jours sans être médisant, n'est-ce pas?

- Comment ça? fit-il innocemment.

- C'est naturel chez, d'être odieux !

- Et c'est naturel chez vous, d'être casse-pied !

- Je ne vous permet pas de… »

Leur nouvelle bataille verbale fut interrompue par le hululement mécontent d'une chouette de l'autre côté de la fenêtre du salon. Ignorant le grognement mécontent de la jeune femme, Rogue se leva et laissa entrer l'animal dans l'appartement, récupérant au passage l'enveloppe brune accrochée à la patte de l'oiseau, qui repartit aussitôt à travers le vent froid de l'automne.

Rogue revint s'assoir à sa place, l'air intrigué. Après tout, à l'exception d'Agnarsson, seule McGonagall leur avait écrit auparavant, et l'enveloppe n'était définitivement pas de celles qu'utilisait habituellement le directeur Danois.

Lorsqu'il ouvrit l'enveloppe, Rogue reconnu le sceau de Poudlard, ce qui confirma le fait que c'était bien sa directrice qui leur écrivait.

Il parcourut la lettre des yeux une première fois, puis une seconde, beaucoup plus lentement, comme pour s'imprégner de la signification de chaque mot.

Ne supportant pas d'être mise à l'écart, Hermione ouvrit la bouche pour lui demander ce que disait la lettre, et de qui elle provenait, mais il la coupa instantanément d'un geste de la main pour lui signifier de se taire, poursuivant sa lecture silencieuse. Un sentiment d'incompréhension obscurcit son visage, et il se résolut à faire part à Hermione du contenu de la missive :

« Nous ne pouvons repartir demain. Minerva nous demande de rester un peu plus longtemps…

- Mais pourquoi? lui demanda-t-elle, surprise.

- Elle ne dit rien de plus, juste que quelqu'un nous expliquera tout plus en détail demain, dans un pub de Skagen à 8h précises.

- Croyez-vous que cela soit grave? Hermione commençait à s'inquiéter.

- Je ne pense pas que Minerva nous ai envoyé ici juste pour faire amis-amis avec ces charmants danois finalement… »

Un lourd silence s'installa, uniquement brisé par le bruit des doigts de Rogue, tapotant nerveusement l'accoudoir de son fauteuil. Après quelques instants de mutisme, Hermione se leva du sofa sur lequel elle était assise depuis plusieurs heures et, sans un mot, se dirigea vers la porte des appartements de Rogue. Avant de franchir la porte, elle se retourna vers lui une dernière fois, lui murmurant brièvement un « Bonne nuit » poli.

Il lui répondit d'un très vague « Hum… », les yeux toujours fixés sur la lettre. La jeune femme quitta la pièce et partit se coucher, non sans se poser mille et une questions avant de sombrer dans un sommeil agité.

Le lendemain matin, un peu en avance sur l'heure prévue pour le rendez-vous, Hermione et Rogue transplanèrent à l'entrée de Skagen, qu'il n'avaient fait que traverser lors de leur première visite. A cette heure matinale, les rues étroites étaient vides, et il leur fallut un moment avant de trouver quelqu'un pour les renseigner sur leur lieu de rendez-vous. Un café. Ils n'en savaient pas plus. Par chance, il n'y avait qu'un seul café dans ce petit village, et après un bon quart d'heure de recherches qui les menèrent dans les ruelles les plus isolées, ils se retrouvèrent devant la devanture d'un établissement à l'air passablement lugubre, et dont le nom, recouvert d'une couche non négligeable de poussière, n'apparaissait même plus. Ils y pénétrèrent prudemment, s'attendant à chaque instant à se faire sauter dessus par l'un des rares clients qui s'y trouvaient déjà.

Visiblement, leur contact n'était pas là. Ils décidèrent donc de s'installer à une table dans un coin de la pièce et d'attendre, exprimant tout deux des mines renfrognées et inquiètes quant à la suite des évènements.

Au bout de quelques minutes, la porte du café s'ouvrit, et fit apparaître Harry Potter, l'air fatigué par le long voyage qu'il venait d'entreprendre.

Hermione n'attendit pas une seconde et se leva, courant pour se jeter dans ses bras et lui demander comment s'était passé son trajet. Rogue leva les yeux au ciel devant une telle démonstration d'affection, et alors qu'ils revenaient s'assoir à la table, il demanda à Harry d'un ton méprisant :

« Ne me dîtes tout de même pas que c'est vous notre contact? »

Harry ne se formalisa pas de l'impolitesse de l'homme, et lui répondit d'un ton enjoué :

« Bonjours à vous aussi professeur! Et…oui, il semblerait que je sois votre contact.

- Ravi. » termina-t-il d'un ton monocorde qui contredisait sa réponse.

Après qu'il l'eut rapidement renseigné sur ce qui se passé en Grande Bretagne - c'est-à-dire pas grand-chose - Harry demanda à Hermione quand ils étaient censés repartir.

« Aujourd'hui. D'ailleurs, nous avons dit à Agnarsson que nous partions chercher les billets de train pour ce soir.

- Et bien je crois que vos vacances seront un peu plus longues que prévues…

- Ca, on l'avait compris Potter, intervint Rogue, ce que l'on aimerait savoir c'est : pourquoi ? »

Harry regarda brièvement autour de lui pour vérifier s'ils n'étaient pas écoutés, et reprit, plus bas cette fois :

« Je n'ai que très peu d'informations pour le moment, McGonagall ne tient pas à ce que cela s'ébruite. »

Le regard appuyé d'Hermione lui fit signe de continuer.

« Il y a plusieurs semaines, Trelawney à eu une vision. Une prophétie, apparemment. »

Le bref ricanement méprisant de Rogue leur fit comprendre qu'il ne portait pas sa collègue dans son cœur, tout comme ses prédictions.

« Et qu'est-ce qui vous fait croire que cette fois, elle pourrait avoir raison? demanda-t-il en persiflant.

- Elle avait raison pour la prophétie me concernant. Celle que vous êtes allés rapporter à Voldemort, vous vous souvenez? »

Rogue se renfrogna à l'évocation de ce funeste souvenir. Hermione jeta un regard noir à Harry, qui baissa la tête, et reprit ses explications :

« Moi aussi, j'aurais préféré ne pas la croire, mais avec cette vieille chouette, mieux vaut se méfier. C'est pourquoi McGonagall vous a envoyé ici.

- Et que disait la prophétie, exactement? l'interrogea Hermione.

- Elle était très vague, d'après ce que m'a dit McGonagall. Elle dit que celui que l'on croit bon révèlera sa vraie nature, et tentera de faire du monde sien. C'est pour ça que McGonagall voulait vous envoyer, vous et personne d'autre. Elle n'a plus confiance en personne à l'école, et encore moins au ministère, et je commence à croire qu'elle devient un peu paranoïaque. Enfin, y'a aussi une histoire de restauration de l'ordre des mondes et de Dieux Nordiques, mais je n'ai pas compris cette partie là…

- Vous ne servez à rien, en sommes…l'interrompit Rogue.

- …mais apparemment, celui qui prépare ce coup recherche quelque chose pour arriver à ses fins. Un objet. McGonagall pense qu'il s'agit probablement d'un livre.

- Pourquoi un livre ? demanda Rogue, septique.

- D'après elle, il n'existe aucun objet magique précis qui corresponde à ce que décrit la prophétie. Et j'ai cru comprendre qu'elle décrivait un objet ancien et intemporel, mais je n'en suis pas sûr… »

Hermione, qui semblait absente depuis quelques minutes, prit la parole après un moment de réflexion :

« Les Dieux Nordiques. Voilà pourquoi McGonagall nous a envoyé ici. Adhumla est la plus grosse concentration de sorciers des pays Scandinaves. Elle doit penser qu'Agnarsson a quelque chose à voir là-dedans. T'as-t-elle dit quelque chose d'autre?

- Non, je suis désolé, je ne sais rien de plus… »

Un silence s'installa, pendant que tous réfléchissaient à ce qu'impliquait ce que venait de leur révéler Harry. Après un moment, ce dernier regarda sa montre, et déclara :

« Je suis désolé, mais il est temps pour moi de partir. Mon voyage ne sera pas court, et le ministère commence à en avoir assez que McGonagall réquisitionne tous ses employés…plaisanta-t-il avant de se lever.

Ils sortirent tous les trois devant le pub, et Hermione serra son ami une dernière fois dans ses bras avant de le voir s'éloigner en direction de la sortie de la ville.

Alors, Hermione se retourna vers Rogue, et lui demanda, inquiète :

« Que va-t-on bien pouvoir raconter à Agnarsson pour justifier la prolongation de notre séjour? »

Rogue ne lui répondit pas, au moins aussi tourmenté qu'elle, mais le cachant, en revanche, beaucoup mieux. Puis, sans prévenir, il lui attrapa le bras vivement, et ils transplanèrent à Adhumla, chacun réfléchissant à une excuse à présenter au directeur à leur retour…