Bonjour chers lecteurs, voici le chapitre 10 posté. J'ai été rapide hein ?! Les choses avancent enfin. Oui, on va en savoir un peu plus sur le pourquoi du comment.

Le chapitre commence par contre tout en douceur et je suis sur que certains seront contents de l'évolution.

Pour la suite, je tiens à préciser qu'il y aura une grosse partie sur le fonctionnement du clan en lui-même. Ron va enfin avoir la possibilité de sortir un peu plus et ce familiariser avec sa nouvelle vie de façon plus approfondit. On ne devrait plus trop tarder à voir réapparaître Harry aussi, ainsi qu'un autre meute de loup garou. Et avec tout ce petit monde en apprendre plus sur l'ombre. Si vous avez remarqué Ron n'en n'a encore jamais parlé….et donc…il cache encore bien des blessures même s'il remonte enfin doucement la pente.

Haaa, j'ai encore tellement de chose à raconter sur cet univer.

Bon, cette fois, pas de réponse aux reviews, parce qu'aucun anonymes. Si jamais j'ai oublié quelqu'un dans mes réponses, n'hésitez pas à me le faire savoir.


Chapitre 10 : Le repos du guerrier.

La première chose qu'il perçut dans le néant de ses songes, fut le clapotis régulier qui martelait une surface lisse non loin de lui. C'était un son incessant, entêtant…plic, ploc, plic, ploc. Encore et encore. Et cela en devenait profondément irritant. Ca tambourinait sourdement dans ses tympans. Il devait focaliser son esprit sur autre chose.

La douceur d'un tissu sur sa peau nue. Aussi chaud qu'une épaisse couverture sous laquelle il se blottirait en hiver, confortable, réconfortant aussi.

Le bruissement de feuilles de papier que l'on tournait lentement parvint ensuite à ses oreilles. Du papier épais que l'on feuilletait avec attention et qu'on manipulait avec délicatesse.

Puis vint le parfum…piquant, frais et sauvage. Une forêt après un orage. Senteur de bois, de mousse et d'herbe humide. L'odeur familière l'enveloppait, le submergeait et il pourrait s'y perdre avec plaisir.

Finalement, ce fut une caresse à peine esquissée sur sa joue qui le ramena lentement à la réalité. De longs doigts fins, un souffle contre sa peau, des murmures encourageants, l'incitaient à reprendre conscience.

Il papillonna des yeux durant de longues secondes, incapable de fixer son regard sur quelque chose de tangible. Tout était trouble autour de lui et la voix continuait de l'appeler, unique point de repère dans les brumes de son esprit.

La voix suave, profonde lui était familière, agréable à entendre, hypnotique et presque irrésistible mais parfois si lourde de colère et d'autorité.

Le monde autour de lui semblait reprendre lentement une consistance réelle, laissant apparaître des murs de couleur terne. Des meubles de bois vernis, aux motifs somptueux de détails et de finesse trônaient fièrement à sa droite, juste derrière, un imposant canapé de velours noir brodé d'or attendait sagement au milieu de la pièce. Un tapis en peau de mouton d'un blanc immaculé tranchait agréablement avec le vert des meubles et le gris des murs de pierre.

Les deux fenêtres de part et d'autre de son lit laissaient entre apercevoir une fine couche de neige. Il avait une vue imprenable sur une étendue de vallées et de collines rocailleuses dont le manteau blanc disparaîtrait bientôt sous une pluie froide.

Juste à côté de sa couche Severus reposait sur un large fauteuil de style bergère capitonné de vert. Sur l'accoudoir finement travaillé, un épais livre de potion y avait été retourné. Le maître vampire l'observait, penché en avant, sa main gauche toujours en mouvement sur sa peau.

« Prof ? » marmonna-t-il la bouche pâteuse.

« Oui Ron. » souffla-t-il près de son oreille. Un délicieux frisson d'aise lui traversa l'échine et il lui fallut quelques interminables secondes pour en laisser les effets se dissiper.

« Comment te sens-tu ? » demanda-t-il doucement, un léger sourire aux lèvres.

Le rouquin fronça les sourcils. La voix de Severus sonnait étrange, trop basse, lasse peut être. Il avait les traits tirés, le teint plus pâle qu'à l'ordinaire et d'épais cernes noirs creusaient ses joues.

« Bien. » répondit-il dans un murmure rauque et incertain.

Il se sentait étrangement lourd et entravé. Son corps épuisé lui, semblait apprécier la sensation d'un matelas confortable sous son ventre et les couvertures remontaient à peine jusqu'à ses reins nus.

Bouger était difficile et le moindre mouvement se répercutait le long de son dos en de longues pulsations douloureuses mais toujours plus supportables que quelques temps auparavant. Et ce simple fait fut pour lui un intense soulagement.

Il la sentait toujours là pourtant, la déchirure brûlante causée par les griffes du loup garou, prêtes à se jeter de nouveau sur lui. Mais pour le moment, elles restaient tapies dans l'ombre, comme bloquées au loin, incapables de l'atteindre.

La main de Severus s'attarda sur sa nuque lui procurant une délicieuse distraction. Il eut un long soupir d'aise sous l'attention.

Le sourire satisfait du vampire le fit légèrement rosir mais il ne tenta pas de se soustraire à la caresse de ses doigts fins. Le regard sombre le dévorait et le rouquin en aurait presque gémi d'envie. Son instinct le poussait à se mettre sur le dos et écarter les jambes pour le laisser l'envahir. Il lui hurlait de se soumettre de le laisser le dominer et de faire de lui ce qu'il désirait.

Ca le terrifiait d'éprouver cet étrange besoin, cette nouvelle dépendance qu'il développait à l'égard du vampire. Il se sentait si petit face à lui, incapable de lui désobéir malgré son obstination à se refuser à lui.

Depuis qu'il avait fait de lui son calice, Ron n'avait eu de cesse d'aller contre lui, de le repousser, de nier cette soudaine attirance.

Severus était un homme dur et autoritaire, qui attendait une telle obéissance de sa part, lui qui avait mené des troupes entières au combat. Il n'avait pas hésité à imposer son esprit sur le sien avec une telle force, le mettant au supplice et le faisant plier avec une telle facilité.

Ca avait été si douloureux. Parce que combattre avait été sa raison de vivre durant si longtemps qu'il avait oublié que parfois il était bon de poser les armes. Severus l'avait battu encore et encore, le faisant mettre genoux à terre. Et il avait beau revenir à la charge, le vampire ne faisait que lui faire perdre le peu d'équilibre qui lui restait. Son regard d'obsidienne le sondait et lui criait de jeter son épée, de le laisser dès à présent guider sa vie.

Ron se rendait compte à présent que ce que Severus lui demandait allait plus loin. Il lui demandait un tel abandon, une confiance sans faille, une soumission totale et irrévocable. Il voulait ses forces et ses faiblesses, ses rires et ses larmes, ses peurs et son courage, ses blessures et ses joies. Il serait une âme à nue, frêle et fragile dont le vampire aurait un total accès.

Il se sentait écartelé par un choix qui déterminerait le reste de son existence. Un soldat, c'était ce qu'il était, ce qu'il avait toujours été, ce qu'il ne pouvait concevoir d'abandonner. Il savait lutter, se battre, survivre. Si Ron abdiquait, s'il laissait l'autre le dominer entièrement, il ne pourrait plus jamais reprendre l'épée. Et c'était quelque chose qu'il ne pouvait concevoir. Il était pourtant si épuisé de combattre. Il n'avait plus la force, plus l'énergie. Tendre le bras pour reprendre cette lame lui demandait un effort devenu trop grand, trop insurmontable.

Et ce nouveau besoin impérieux, irrésistible de laisser l'autre le conquérir, de faire de lui un calice soumis, son compagnon, son amant. Il y avait cette part de lui qui réclamait cet homme, qui le voulait, qui désirait être dominée par ce vampire là. Cette part qui n'existait que depuis peu souhaitait plus que tout le satisfaire et le rendre heureux.

Et cette part prenait inexorablement le dessus sur le soldat agonisant.

Le maître vampire reporta sa main sur sa joue, ses doigts essuyant l'humidité soudaine qui s'y trouvait. Ses yeux noirs vrillant les siens de leur aura brûlante et inquiète. Severus était là, assis à son chevet, le visage tiré par la fatigue, veillant sur lui, le soutenant, comme il l'avait toujours fait depuis qu'il l'avait rencontré.

Il lui offrait autre chose, loin des combats, loin de la guerre, il lui offrait de nouveaux souvenirs. Il lui offrait quelqu'un sur qui se reposer, quelqu'un qui prendrait soin de lui quoiqu'il advienne, quelqu'un qui prendrait les armes et combattrait ses ennemis à sa place, quelqu'un à aimer.

Ron se sentit submergé par l'émotion parce qu'il prenait brutalement conscience qu'il avait déjà perdu ce combat. Il l'avait perdu depuis longtemps, depuis que le vampire avait posé les yeux sur lui et décidé qu'il lui appartiendrait. Il n'avait jamais eu l'avantage, n'avait jamais eu le dessus sur lui. Cet homme le tenait depuis toujours.

Ca faisait terriblement mal de comprendre que cette liberté qu'il voulait tant garder, il ne l'avait plus. Que ce combat avait été vain et inutile, que Severus le tenait entre ses mains et qu'il ne pourrait plus jamais s'en échapper.

« C'est terminé n'est ce pas ? » demanda-t-il dans un souffle vaincu et tremblant.

Severus se figea sous l'intonation résignée du jeune homme. Suspendant ses gestes de réconfort, il chercha dans le regard de son calice ce qui semblait tant le troubler. Puis son visage épuisé se tendit et ses yeux s'écarquillèrent de stupéfaction en déchiffrant tout ce que cette simple question signifiait.

Il abandonnait ! Ron abdiquait, se soumettait à lui, enfin. Et après tout ce qu'il avait enduré, son regard perdu et incertain demandait confirmation et soutien. Par les cornes du dragon, ses magnifiques yeux suffiraient à l'anéantir.

Et que Merlin lui soit témoin, il serait l'appui dont il semblait avoir besoin pour les siècles à venir. Il lui offrirait le monde sur un plateau d'argent s'il en montrait la moindre envie.

« Oui, Ron, tout est terminé. » souffla-t-il dans un murmure tendre. « Il est temps à présent de me laisser le contrôle. »

Le rouquin déposait finalement les armes à ses pieds, après ce qui avait été un combat acharné et épuisant, le laissant à bout de force et pourtant apaisé.

Le jeune homme étouffa un étrange sanglot entre chagrin et soulagement. L'énorme poids semblant peser dans sa poitrine s'envola malgré sa défaite. Il était si épuisé par tout ses combats, si las. Ce défaire de ce fardeau lui donna la sensation de s'extirper d'une mare de boue qui avait failli l'étouffer et ses poumons pouvaient désormais s'emplir d'oxygène.

Pouvait-il réellement panser ses plaies à présent ? Dormir sur ses deux oreilles et retirer la petite lame qu'il dissimulait sous son oreiller ?

Les yeux de Snape posé sur lui, son sourire affable, ses traits soudain détendus, son corps penché à sa rencontre lui firent monter une nouvelle bouffée d'émotions. Et cela devenait difficile de ne pas réellement fondre en larme.

« Acceptes-tu de t'offrir à moi ? De me donner ta liberté, ton âme, ton esprit, ton coeur et ton corps ? »

Le maître vampire caressa ses lèvres de son pouce et il perçut le souffle tremblant de celui qui devenait officiellement son amant.

Ron plongea son regard en lui. Il était terrifié malgré tout. Son cœur tambourinait trop fort dans sa poitrine et le souffle lui manquait. Il suffisait d'un simple mot, unique et il serait définitivement perdu, il le savait.

Une seconde de panique totale le submergea presque et c'est dans souffle haletant qu'il donna sa réponse.

« ou…oui. » murmura-t-il d'une voix tremblante. Il déglutit et ferma brutalement les yeux, noyé par ses propres émotions. Il venait de donner son accord de vive voix et c'était soudainement trop pour lui.

Il lui était désormais enchaîné.

Il fallut à Severus un instant pour savourer cet assentiment, le laissant rouler doucement dans ses oreilles, se répandre dans son esprit et couler dans ses veines, le plongeant dans une ivresse difficilement contenue.

Ron était enfin a lui !

Cette fois, il n'y avait plus de retour en arrière, plus rien pour le retenir et cette plongée vers l'inconnu semblait plus que terrifiante à Ron.

« Regarde-moi. » ordonna Severus avec calme mais fermeté, gardant cette autorité qui le caractérisait tant.

Alors il obéit et posa ses billes bleues sur le visage qui dégageait soudainement quelque chose de solennel, comme si cette demande, cette acceptation revêtait une signification particulière que lui-même ignorait.

« A partir de cet instant, Ronald Weasley tu m'appartiens entièrement. J'acquière le contrôle de ton existence et tu te soumettras à moi en toute circonstance. Ton sang ne coulera que pour mes crocs et ton corps ne sera satisfait que par le mien. » déclara-t-il d'une voix profonde et hypnotique.

Ron déglutit une nouvelle fois, les yeux figés sur les lèvres de Severus. Son besoin inexplicable de lui s'intensifiait si soudainement et cette bouche…si tentatrice. De nouveau l'image de leurs deux corps nus, liés l'un à l'autre s'imposa à lui, amenant un rougissement intense à ses joues.

Severus étira un sourire en coin, conscient de l'effet qu'il lui faisait. Et son propre regard concupiscent s'attardait dangereusement sur le corps lascif qui reposait entre les draps. Ses blessures en voie de guérison ne seraient bientôt plus un obstacle et Seigneur Vampire ou non, il lui ferait alors l'amour, encore et encore, jusqu'à ce qu'il le supplie d'arrêter.

Ron passa inconsciemment un bout de langue sur sa lèvre supérieure et Severus sentit son pantalon se faire un peu trop étroit. Merlin, avait-il seulement conscience du désir qu'il faisait naître en lui ?

« Dis-moi ce dont tu as envie Ron. » ordonna-t-il d'une voix un peu trop rauque.

« Je…Je… » Il hésita un instant, tenta de détourner le regard mais revenait invariablement sur ses lèvres. Elles n'avaient rien d'extraordinaires pourtant, fines, pâles et indéniablement masculines. Il ne pouvait pas se détacher d'elles.

« Allons, ne sois pas si timide. » s'amusa le vampire, son sourire moqueur étirait sa bouche sur le côté et le rouquin se surprit à vouloir en toucher la commissure.

« Vos…vos lèvres. » murmura-t-il tout bas.

Severus se pencha un peu plus en avant, s'approchant de son visage. Son parfum l'enveloppait et tel un aphrodisiaque lui faisait perdre la tête.

« Je n'ai pas entendu. » Son souffle sur sa peau le fit frissonner et il retint un gémissement d'envie « Je te le redemande encore une fois. Dis-moi ce dont tu as envie. »

Sa voix rauque, sensuelle le manipulait avec une facilité déconcertante. Son dos encore abîmé et douloureux n'était plus qu'une sensation lointaine, presque inexistante. Son monde se résumait à cette voix, ce parfum, cette bouche. Son corps puissant surplombait le sien et il ne pouvait plus réfléchir.

« Votre bouche. » réussit-il à articuler dans un glapissement gêné mais désireux.

Le vampire sourit un peu plus et son regard noir posé sur lui fut la sensation de trop. Il gémit, réclamant son attention, ses faveurs presque avec désespoir.

« Tout ce que tu voudras mon docile petit calice. »

Et Severus l'embrassa. Ce ne fut d'abord qu'un simple touché délicat, agréable et sans contrainte. Le vampire le goûtait avec douceur, lui laissant le temps de l'accepter. Alors les lèvres de Ron s'entrouvrirent d'elles-mêmes, doucement lui laissant le passage. Il vint effleurer son palais avec respect, chercha la langue de l'ancien soldat qui accepta la caresse avec une maladresse profondément touchante. Le vampire prit rapidement le dessus dominant ce savoureux échange, enroulant sa langue autour de la sienne, la guidant avec plaisir.

Sa main se posa délicatement sur sa joue, effleura sa peau brûlante jusqu'à son cou et s'y installa, l'agrippant avec fermeté. Il approfondit son baiser et Ron fut de nouveau happé par une nouvelle intensité. Severus jouait avec sa langue, il reculait puis revenait avec vigueur, le caressant avec plus de force. Et c'était si bon. Il s'entendit gémir de plaisir, son instinct hurlant des 'encore'.

Lorsque Severus rompit enfin leur étreinte, il laissa un Ron haletant, les joues rouges et les yeux brillants de plaisir.

Absolument parfait.

Son sang pulsait dans ses veines, rapide, excitant, son odeur de miel lui retournait les sens. Il vint cajoler la peau de sa gorge de petits coups de langue, de baisers à peine effleurés, le préparant lentement à sa morsure.

« Severus. » souffla le rouquin dans un murmure d'extase.

Le vampire gronda de satisfaction à cet appel inconscient et sans plus attendre, il mordit, perçant la peau de ses canines. Ron eut un sursaut surpris mais fut immédiatement emporté par les sensations d'un plaisir qui ne cessait jamais de l'emporter loin.

Gorgée après gorgée, cette bouche contre sa gorge, ses grondements vibrant en lui, le laissaient pantelant, soumis à ses désirs. Le vampire le prenait avec une telle envie, une telle possessivité. Et lui petit corps tremblant, acceptait, en voulait plus, le réclamait.

Trop intense. Il allait s'évanouir de plaisir, son monde redevenait brume, alors qu'il se sentait transporter au paradis. Son propre corps répondait à chaque aspiration, se cambrant contre lui, près à l'accueillir en lui.

Puis tout s'arrêta brutalement. Il geignit piteusement, voulant recommencer. Un petit rire amusé le ramena lentement à la réalité, laissant la chambre et le vampire réapparaître devant lui

« Comme il me tarde de te faire l'amour. » déclara Snape le plus sérieusement du monde.

Le rouquin hoqueta, stupéfait, et son teint d'ordinaire pâle devint écarlate jusqu'aux oreilles. Merlin, même ainsi, brûlant de gêne, alité, le dos abîmé, et son regard perdu d'extase, il était terriblement désirable. Son érection bien cachée par sa robe de sorcier en était la preuve.

Il avait beau être chef de clan, un souverain, il n'en restait pas moins un homme avec des besoins et bientôt, très bientôt, il pourrait enfin partager sa couche de la façon la plus intime qui soit et il avait plus que hâte.

En attendant, il devrait encore se montrer patient, malgré sa frustration grandissante.

« Bien. » reprit-il en se levant, son sourire toujours en place. « Je te laisse te reposer encore un peu. Tu en as besoin. D'ici quelques jours tu pourras te lever et reprendre une activité un peu plus normale. En attendant, tu as interdiction de sortir de cette chambre. »

Il se pencha de nouveau sur lui et embrassa le front de son amant en état de choc. Et dans un ricanement, il quitta la pièce.

Il était temps d'annoncer la présentation officielle de son compagnon au clan. La cérémonie qui aurait lieu serait épuisante pour lui. Bien que simple et ne durant que peu de temps, les festivités qui s'en suivaient pouvaient durer plusieurs jours et son rang de Seigneur l'obligeait également à le déclarer aux autres dirigeants des Terres sombres. Et Ron était encore fragile, bien que ce dernier ne veuille jamais l'admettre.

Dans l'immédiat, il devait rapidement arranger quelques affaires nécessitant un peu d'intimité. Son pantalon le serrait trop étroitement.


Assise près de la fenêtre du grand salon, Hermione attirait les curieux. Le clan était encore agité suite à l'enlèvement de Ron et il était rare parmi les clans de recevoir des étrangers humains lorsqu'il ne s'agissait pas de calices ou de leurs descendants. De toute façon, rares étaient les gens qui s'aventuraient par ici, plus rares encore, y arrivaient vivants ceux qui tentaient malgré tout de s'introduire sur les Terres Sombres. La jeune femme faisait donc partie de ces quelques privilégies qui avaient la chance d'entrer au domaine de Snape sans avoir besoin d'escorte. Un exploit en soi.

Les membres les plus jeunes se pressaient aux portes de la pièce richement décorée. L'elfe qui l'avait accompagnée n'avait cessé de pleurer et marmonner dans sa barbe tout le long du chemin. Elle l'avait ensuite introduit dans le salon des invités avant de s'éclipser sans un autre mot.

Des petites têtes apparaissaient régulièrement dans son champ de vision, curieuses mais trop intimidées pour s'avancer. La petite table de verre au pied du canapé de velours rouge, offrait un riche assortiment de petits fours, biscuits et thés. Et les parfums sucrés de ces petites sucreries attiraient également beaucoup le regard des bambins qui hésitaient entre observer la jeune femme ou baver devant la nourriture.

Hermione eut un léger sourire et amusée malgré elle, elle attrapa une coupe de cookies au chocolat. Ron adorait les cookies au chocolat pensa-t-elle avec nostalgie. Quand ils n'étaient encore que des adolescents, avec Harry ils leur arrivaient d'en manger jusqu'à l'indigestion.

« Vous en voulez les enfants ? » demanda-t-elle joyeusement en tendant le plat devant elle. « Je ne pourrais jamais les manger toute seule, il y en a tellement. »

Des murmures incertains et excités se firent entendre. Des petits cris et une dispute plus tard, le plus âgé des bambins, un garçon d'une dizaine d'années s'approcha, le torse bombé et la démarche se voulant assurée.

Derrière lui, une petite ribambelle d'enfants suivait. Des têtes blondes, brunes châtaines de divers âges, toutes bien trop curieuses pour rester cachées derrière les portes.

Merlin, tous ces gosses, un amalgame de plusieurs origines. Les clans accueillaient tant de personnes aux origines diverses. Les calices sorciers ou non enfantaient une génération de métisses mi humain, mi vampire, qui grandissaient avec d'autres enfants vampires et humains.

Et elle comprenait parfaitement pourquoi Severus n'aurait jamais accepté de suivre les idéaux de ce fou de mage noir. Cela aurait été condamner les sangs mêlés et les moldus à une mort certaine, des membres de son clan sous sa protection.

Y compris les enfants.

« Venez, prenez en autant que vous le souhaitez. Il y en aura bien assez pour tout le monde. » reprit-elle. Elle s'accroupit et le grand gaillard de dix ans fut le premier à mettre la main dans le plat. Ce fut le signal et tous les autres suivirent le mouvement, se jetant sur les cookies. Elle fut bientôt assaillie de questions par les enfants, assoiffés qu'ils étaient de savoir qui elle était.

Des « c'est quoi votre nom ? Tu as de trop jolis cheveux, et Monsieur Ron est vraiment ton ami ? Est-ce que tu es une nymphe ? Un loup garou ? Comment c'est les plaines du Sud ? C'est vrai que tu sais voler sur un balai ? » jaillirent de toute part et elle fut rapidement submergée.

Elle se retrouva finalement assise au milieu de la pièce sur le marbre blanc du sol entourée d'un attroupement de fans. Deux petites filles semblaient adorer lui tresser les cheveux et elle se laissa faire de bonne grâce. Elles tiraient un peu trop fort et s'y prenaient plutôt maladroitement et elle savait qu'elle aurait un mal fou à démêler sa tignasse après leur passage, mais être entourée d'enfants si joyeux lui permettait d'oublier un instant sa mission de départ.

A leur retour au manoir, Ron avait été placé dans une chambre qui n'était pas la sienne. Hermione avait repris les soins et son ami avait été plongé dans un sommeil agité, entrecoupé de réveils plus ou moins lucides durant près d'une semaine complète. Il avait fallu l'hydrater et le nourrir de potion à chaque phase de réveil et ça n'avait pas été une mince affaire. Elle avait également été chargée de s'occuper d'Olivier Wood. Il ne lui avait fallu que quelques minutes pour confirmer sa fausse couche. Le pauvre jeune homme s'était effondré de chagrin et son amant avait eu beaucoup de mal à le réconforter. Au moins avait elle réussi à réparer les dégâts qu'avait causé sa magie sur son corps et il ne garderait aucune séquelle physique permanente.

Elle avait assuré à Marcus Flint qu'ils pourraient tous deux retenter d'avoir un enfant lorsque son calice irait mieux et aurait fait son deuil du bébé perdu. Il fallait simplement lui laisser un peu de temps.

Bon sang, il fallait vraiment être sans cœur pour lancer un sort sur un porteur enceint. Personne n'ignorait qu'ils étaient plus sensibles à la magie. Ils n'avaient aucun contrôle sur la leur et cela empirait lorsqu'ils tombaient enceints. Avec un catalyseur, le problème se résolvait de lui-même mais leur jeter un sort suffisait à tout foutre en l'air. Celui qui avait été l'instigateur de ces méfaits allait certainement subir les foudres de Severus et de Marcus Flint.

A ce qu'il restait de Greyback, elle ne doutait pas un seul instant que le sort de ce traître au clan finirait dans le même état.

Severus avait fait lourdement payer ses actes au loup garou. Il lui avait lentement fait perdre la raison. Une torture qui lui avait été infiniment jouissive. Arracher ses ongles, un à un devant le reste de sa meute, lui jeter de longs doloris, brûler lentement des parcelles de peau et finalement le castrer et cautériser les plaies au fer rouge…Fenrir n'était désormais plus rien.

Hermione n'avait pas assisté à toute la séance. Ce qui était une bonne chose. Elle n'aurait pas eu le courage de voir cette horreur. Par contre elle se remémorait parfaitement les hurlements et les supplications qui n'avaient eu aucun effet sur le vampire. Et bien que ne cautionnant pas ce genre d'acte, elle en avait été étrangement satisfaite. Le voir ramper pour réclamer la clémence du Seigneur des Terres sombres, lui qui avait violé, torturé et tué tant de monde avait été pour elle une fin adéquate.

Elle n'avait éprouvé aucune horreur, aucun dégoût, juste une satisfaction malsaine qu'elle n'avouerait jamais à personne.

Il avait fallu tout de même deux jours complets à Severus pour lui faire avouer le nom du traître. Deux trop longues journées qui avaient permis à ce vaurien de fuir malgré les sorts lancés pour empêcher toute échappatoire.

En attendant, il avait enfermé Greyback et le reste de sa meute dans les cachots. L'alpha ne réagissait qu'à peine aux stimuli désormais. Marcus Flint rongeait son frein, désirant avant tout retrouver le vampire traître pour se venger. Quant à Pansy, cette dernière paraissait s'amuser follement avec les autres. Cette fille était complètement folle d'après elle. Mais la majeure partie de clan semblait l'adorer. Et Snape avait regardé la jeune femme se divertir avec ses proies avec un plaisir évident.

Seul le soumis de la meute avait été épargné. Le gamin n'avait pas plus de quatorze ans et avait enduré bien des souffrances jusqu'à leurs captures. Le louveteau puait le sexe à plein nez et au vu de son état, il n'avait pas fallu longtemps à Pansy pour comprendre que ce gosse avait servi de putain à la meute entière. Il avait alors été isolé du reste des loups et un elfe avait été chargé de s'occuper de lui jusqu'à ce qu'on trouve quoi en faire.

Mais Snape n'avait au moins pas l'attention de lui faire plus de mal que nécessaire.

Poussant un léger soupir, la jeune sorcière reporta son attention sur les petits toujours aussi excités. Vivre parmi le clan lui avait donné l'occasion d'en apprendre plus sur leur vie et la communauté que Snape avait créée.

La majeure partie des membres séjournait dans l'immense manoir, chaque famille ayant à sa disposition leurs petits quartiers, comprenant les chambres, salles d'eau, petit salon et salle à manger. Quelques uns d'entres eux avaient semble-t-il préféré vivre aux abords du domaine. Les jeunes couples et jeunes adultes surtout, ainsi que certaines familles souhaitant vraisemblablement un peu d'intimité.

Pourtant, tous les membres se réunissaient très régulièrement, partageant les repas, incitant même les vampires les plus grognons à les accompagner.

Et Merlin, elle avait constaté à quel point les vampires se montraient protecteurs envers les membres les plus fragiles, tel que les calices (en particulier, les moldus et cracmols, bien plus exposés que les sorciers) ainsi que les enfants. S'attaquer à l'un d'eux signifiait s'attaquer à tout le clan et les représailles, elle y avait participé après tout, ne laissaient que peu de chance de survie à l'adversaire.

Severus ferait de nouveau un bon allier si elle arrivait à le convaincre de les aider encore une fois. Ce qui n'était pas gagné. Ce dernier ne mettrait pas les siens en danger inutilement. Certainement pas maintenant que son calice reposait entre les draps de son lit.

Qui plus est, il faudrait rapidement le tenir informé de sa découverte. Si sa théorie s'avérait exacte, alors Ron avait peut être encore un membre de sa famille en vie.


Ron jura lorsqu'il tenta de se redresser. Un pic de douleur le foudroya sur place et il retomba lourdement sur le matelas.

Maintenant que le prof avait quitté la chambre, une horrible sensation de terreur lui traversa l'échine. De nouveau la sensation de ses griffes sur son dos l'assaillit, son odeur pestilentielle, son souffle putride.

Il devait sortir d'ici. Il avait besoin de se laver, de faire disparaître son souvenir de sa peau. Et il ne l'admettrait jamais à voix haute, mais il voulait que Snape revienne, qu'il ne le laisse pas seul. Avec lui, il n'avait plus peur.

Il se rendait à l'évidence. Il avait besoin de lui, tellement besoin de lui. Et il était à deux doigts de hurler son nom pour le voir revenir, et ne plus se sentir terrifié.

Elle était loin l'extase de son baiser et de sa morsure. Elle était loin son indécision de l'accepter, loin sa peur d'abandonner le combat. Il n'était plus qu'un corps effrayé réclamant sa présence.

Par le cul du dragon à cornes noires, il allait bientôt être pris de panique s'il ne faisait rien pour penser à autre chose.

Un simple coup sur la porte et il frôla un arrêt cardiaque. Il prit cinq secondes pour reprendre son souffle et un rythme cardiaque régulier. On frappa une nouvelle fois, plus lentement, hésitant.

« Ronald ? C'est Olivier. » Sa voix était faible, pleine de sanglots retenus. « Puis-je entrer ? »

« Oui, bien sûr que oui. » accepta-t-immédiatement. Tout pour qu'il ne soit pas seul, et Olivier était une bonne compagnie, toujours souriant.

Lorsque le jeune homme fit son apparition d'un pas lourd et vacillant le rouquin tenta de se relever une seconde fois. Olivier avait l'air épuisé et il aurait souhaité venir l'aider. Mais la douleur encore bien trop vivace le força à se rallonger.

Le brun rejoignit son lit sous son regard inquiet et Oliver fondit soudainement en larmes, se jetant à ses pieds, la tête enfouie sur les couvertures. Ses mains agrippaient les draps si fort qu'il aurait presque pu les déchirer.

« Je suis désolé, si vous saviez à quel point je suis désolé ! S'il vous plait pardonnez-moi ! » psalmodia-t-il entre deux sanglots erratiques.

« Quoi ? Calme-toi, tout va bien tu vois, je suis en vie. » Il tenta un sourire maladroit et un petit rire amusé, alors qu'il n'avait jamais été doué pour remonter le moral. Mais son regard si tourmenté et ses larmes lui nouèrent l'estomac.

« Tout est de ma faute. Si j'avais fait plus attention, tout cela ne serait jamais arrivé. Korelin serait en vie, et vous ne seriez pas alité dans ce lit, blessé et incapable de bouger. Je vous en prie, pardonnez-moi. »

Ron fronça les sourcils, ne comprenant rien à ce que lui racontait le jeune homme. Mais il était lui-même si pâle et son chagrin si grand que le rouquin ne savait pas quoi faire pour l'aider.

Il semblait rongé par une telle culpabilité et son corps secoué de sanglots incontrôlés faisait peine à voir.

« S'il te plait, cesse de pleurer. » il lui passa une main sur la tête en une lente caresse réconfortante. Sa mère avait pris l'habitude de le calmer de cette façon lorsqu'il n'était encore qu'un enfant. Il se souvenait que sentir sa main contre lui et entendre sa voix suffisait souvent à apaiser ses petits bobos. « Si tu venais t'allonger à côté de moi et que tu me racontais ce qui te tracasse, d'accord ? »

Olivier redressa lentement la tête sans oser le regarder mais accepta de venir s'allonger au lieu de rester à genoux sur le sol de marbre froid. Il renifla misérablement et il lui fallut plusieurs minutes pour reprendre son calme.

« Alors, dis-moi. De quoi dois-je te pardonner ? »

« C'est moi qui vous ai assommé et ai permis votre enlèvement. » articula-t-il dans un borborygme presque incompréhensible.

« Quoi ? » s'étonna le rouquin de plus en plus confus.

« Tout est si flou dans ma tête. » continua-t-il sans paraître avoir entendu Ron, perdu dans des souvenirs pénibles. « Mais je me souviens être venu dans votre chambre…je me souviens…J'étais là mais ce n'était pas moi. L'elfe n'a même pas réagi. Il y a eu cette lumière verte et puis vous. Et ensuite ce couteau…et tout ce sang et j'avais si mal…Ronald, j'ai perdu mon bébé ! »

Olivier fondit de nouveau en larmes, incapable de les contenir plus longtemps.

Le rouquin dut faire un effort pour essayer de remettre le récit désordonné d'Oliver dans l'ordre alors que ses pleurs inondaient ses joues et noyaient ses yeux. Il avait été un fin stratège il n'y avait pas si longtemps que ça et il ne lui fut alors pas difficile de comprendre ce qui avait dû arriver.

« Je suis tellement, tellement désolé. » reprit-il comme une nouvelle litanie désespérée.

Les mots du loup garou firent irruption dans son esprit avec une vivacité effrayante, le ramenant à ce jour maudit qui le hanterait pendant encore longtemps. Un de ces nombreux souvenirs qu'on voudrait pouvoir effacer définitivement effacer de sa mémoire.

« Haaaa les impardonnables, comme ils peuvent être amusants à utiliser. »

Sa voix résonnait douloureusement dans ses oreilles. Il pouvait presque de nouveau le voir à quelques centimètres de lui, un sourire plein de crocs étirant ses lèvres.

« C'est une bien triste loi que de nous interdire d'user de ces sortilèges, vraiment. L'imperium est un sort fort divertissant pourtant. »

Ron pâlit subitement. Un imperium…Merlin, on avait utilisé l'imperium sur Olivier ! On s'était servi du jeune homme pour l'atteindre lui !

Et il s'en voulait, pensant qu'il était le seul responsable, alors qu'il n'avait été qu'une autre victime et qu'il avait perdu son bébé.

« Tout va bien. Ce n'est pas de ta faute. Tu n'as pas à t'en vouloir. » souffla-t-il alors en le prenant dans ses bras, le laissant pleurer tout son saoul. Il le berça lentement, prenant une nouvelle fois exemple sur les gestes de sa défunte mère.

Et Ron parla, parla d'elle et de ses merveilleux gâteaux, de son père, de sa fascination pour les moldus, de ses jours heureux lorsqu'il était enfant, de ses jeux avec ses deux meilleurs amis, des ses frères et de sa sœur. Ron parla et parla longtemps jusqu'à ce que l'épuisement les emporte et qu'ils s'endorment tous deux.

Lorsque bien plus tard, Marcus et Severus les retrouvèrent ensemble, ils ne dirent rien, ne prononcèrent pas un mot, ne firent pas un bruit. Ils se contentèrent de refermer la porte en silence.


L'allée des embrumes n'était qu'un bouge malfamé, repère des contrebandiers et trafiquants en tout genre. Les rues puantes étaient infestées de déchets, de rats et de cadavres qu'on avait laissés pourrir à l'air libre pendant trop longtemps et l'odeur de putréfaction avait fini par imprégner les murs.

Des prostituées en guenilles tentaient d'appâter quelques clients aux allures effrayantes. Leurs pieds nus ou chaussées de vieilles bottes usées s'enfonçaient dans les rues boueuses qu'elles arpentaient.

Des dizaines d'avis de recherche portant sur des présumés mangemorts fixés sur les façades des murs gris narguaient les passants de leurs récompenses, parfois faramineuses. Les fenêtres condamnées ou obstruées ne laissaient filtrer que de minces lueurs loin d'être chaleureuses ou accueillantes.

Ici les gens se méfiaient les uns des autres et on tuait pour la moindre petite pièce. Mais surtout on savait à qui il n'était pas bon de se frotter si l'on tenait un minimum à sa vie. Et la petite ombre dansante qui glissait de ruelle en ruelle, souriante et avenante était effrayante.

Elle parcourait les avenues avec confiance frôlant avec délicatesse les visages émaciés des prostitués mâles qui se trouvaient sur son passage avec le regard d'un prédateur affamé, cherchant déjà sa prochaine proie.

Son petit chaton, son trésor, son magnifique joyau devait lui revenir. Il lui manquait et elle ne pouvait rien faire d'autre que de continuer ses recherches, s'amusant d'un petit amuse gueule de temps à autre en attendant de le trouver.

Elle frémit d'envie.

Un peu plus loin des chants paillards gorgeaient la rue de leur mauvais goût et elle grimaça. Elle qui avait eu droit à tous les égards, la voilà qui devait désormais frayer parmi toute cette fange et ces malfrats répugnants et sans savoir vivre.

Ce maudit Potter. Si ce sale gamin avait été tué au berceau rien de tout cela ne serait arrivé. Elle aurait pu continuer à jouir de tous ses avantages. Elle aurait gardé tous ses jolis petits chiots près d'elle. Les dresser était un travail si gratifiant et son adorable petit chaton, sa plus belle acquisition.

Aujourd'hui, elle devait se contenter de chercher un lieu de rassemblement où elle pourrait encore trouver une misérable aide. Et c'est avec une profonde aversion qu'elle pénétra dans le petit immeuble insalubre d'une rue sombre et sans issue.

Les murs mal isolés laissaient passer les rires gras, les gémissements de plaisir simulés, les cris des disputes futiles et le vacarme de quelques combats un peu trop violents. Elle entendit une vitre se briser, un râle d'agonie à travers une porte à sa droite et une nouvelle grimace de dégoût traversa ses traits.

Les marches de bois branlantes grinçaient sous ses pas et quelques tableaux bancals et usés la suivaient d'un regard sournois. Elle était bien tentée d'y mettre le feu afin de mettre un terme à l'impolitesse de ces toiles sans saveur.

Elle monta jusqu'au dernier étage et la porte de bois mangée par les mites ne lui résista que quelques secondes à peine. Elle n'avait même pas besoin d'avoir recours à la magie. L'intérieur de la pièce était éclairé par quelques bougies qui n'illuminaient pas grand-chose. L'endroit sentait le tabac froid, la sueur, l'humidité, les potions et la magie noire. Un parfum presque exquis si on omettait la petite populace miséreuse qui se pressait près d'un comptoir fait de planches de bois fendues et de vieux barils de bière qui sentaient le rance. Les bouteilles d'alcool de mauvaises qualités traînaient au sol contre un mur aux fenêtres murées de briques.

Des verres vides, sales et ébréchés attendaient qu'on les remplisse alors que des mégots de cigarettes et débris de verres parsemaient le sol de la pièce.

A peines trois ou quatre petites tables remplissaient la salle et moitié moins de chaises, dont certaines ne devaient tenir debout que par miracle.

Des regards noirs et hagards sur des visages creusés lui jetèrent un bref coup d'œil et quelques malfrats de petite envergure s'empressèrent de quitter les lieux. Elle sourit toujours aussi ravie de son petit effet sur ces pauvres poltrons. Les autres retournèrent rapidement à leurs occupations premières, boire et former des petits groupes dont les conciliabules parlaient notamment de vente de quelques beaux spécimens humains. De jeunes hommes et femmes encore vierges parfois qui partiraient certainement dans les pays du sud et de l'ouest, dont les riches commerçants et nobles étaient particulièrement friands. Peut être pourrait-elle s'en offrir un peu plus tard. Il y avait un moment qu'elle n'avait pu s'amuser.

Elle avisa un visage connu installé à l'une des seules tables du bar improvisé et c'est avec un sourire presque amical qu'elle le rejoignit d'un pas rapide.

« Et bien qu'avons-nous donc là ? » commença-t-elle en guise de salutation. Elle invoqua une chaise confortable et s'y installa nonchalamment, croisant délicatement ses jambes. « Je n'aurais jamais cru te voir un jour ici, dans l'allée des embrumes. Quelle ironie n'est-ce pas ? »

L'autre eut un grognement de dépit et il tourna son verre à moitié vide dans sa main trop pâle. Il portait une cape de velours noir usé sur les manches. Dessous, une chemise d'un blanc immaculé tranchait avec la crasse du lieu. Elle pouvait apercevoir la poussière qui flottait dans l'air et les toiles d'araignées bien installées un peu partout.

« Je te paie un verre peut être ? Ha non, il est vrai que ce bouge n'est pas digne de toi. » rétorqua-t-il d'une voix rêche. « Et pourtant, c'est bien ici que tu traînes. »

« Je vois que ton sens de l'hospitalité n'a pas changé. » remarqua-t-elle. Elle garda bien de poser ses mains sur la table qui lui faisait face. Des taches suspectes de graisse et de sang n'avaient visiblement pas été nettoyées. « Alors, dis-moi, que fait donc un vampire des Terres sombres ici, loin de son clan ? »

Elle sentit son regard plein de fureur l'incendier. Et elle s'en amusait follement.

« J'avais une petite faim. » souffla-t-il, dévoilant des canines saillantes. Il y eut quelques raclements de chaise et des pas précipités en direction de la sortie. Ca la fit sourire un peu plus.

« Laisse-moi donc deviner. Ton plan de départ a échoué n'est ce pas ? » Elle eut un petit rire sec et malveillant. « Comme tu dois être déçu. Toi qui voulais tant détrôner ce Souverain. »

C'est avec plaisir qu'elle le vit s'étouffer de rage. Elle tapota gentiment sa main en signe de réconfort, comme une mère avec son enfant, bien que cela sonnât juste comme un geste moqueur et suffisant.

« Si ce Greyback n'avait pas été si empressé de se faire ce maudit Weasley. Je n'en serais pas à fuir comme une vulgaire proie. » gronda-t-il furieux en repoussant sa main.

Elle se figea et son cœur manqua un battement. Serait-ce donc possible que la chance tourne enfin en sa faveur ? Après toutes les recherches infructueuses.

« Weasley dis-tu ? » souffla-t-elle d'une voix douce et charmeuse. « Dis m'en plus sur lui, Avery. »

Il fronça les sourcils et ses petits yeux noirs s'enfoncèrent dans leurs orbites. Elle remarquait sans peine que son allure générale bien que soignée transpirait l'angoisse. Ho le pauvre petit animal était traqué par les siens à présent et peut être qu'étant dos au mur, il n'aurait d'autre choix que de lui venir en aide. Au moins pour sauver sa misérable vie. Dire que les vampires avaient la réputation d'être de fières créatures. Il ne s'agissait vraisemblablement que de rumeurs infondées.

De la simple vermine en vérité. Parfois utile, mais toujours de la vermine.

« Je suis certaine que nous pourrons trouver un arrangement tous les deux. » et son sourire aux lèvres roses présageait de bien douloureuses attentions à celui qui les embrasserait.

« Peut être bien, oui. »

Son parfait petit bijou serait bientôt de retour à ses côtés.


A suivre.

Alors, alors, z'en pensez quoi ? Pas trop ennuyeux, saoulant, rébarbatif, barbant ?

La suite n'est pas encore en cour d'écriture, désolé, mais je vais m'y mettre vite, vite….