Disclaimer : les personnages sont de JK Rowling, l'histoire de Hayseed.

10. Une pincée de romance dans le quotidien.

Severus prit place à la table du petit-déjeuner avec toute l'impassibilité dont il était capable. Il avait connu un instant de perfection la veille au soir, et même Dumbledore en personne ne pourrait pas venir le lui gâcher. Il aurait pu vivre éternellement rien que grâce à ce souvenir. Même si, s'il voulait être honnête avec lui même, il espérait ne pas avoir à le faire.

Bien sûr, immédiatement après ce moment parfait, ils avaient réalisé qu'Hermione et lui étaient soit les personnes les plus ennuyeuses de l'univers, soit les plus monomaniaques. Finalement, ils s'étaient remis au travail la veille au soir – Hermione s'était replongée dans la thèse de son moine, pendant que Severus finissait de corriger les copies de ses troisième année. Il avait horreur de perdre une soirée complète à faire autre chose que de la recherche, mais il y avait plus d'une semaine qu'il les remettait à plus tard.

Bien sûr, Hermione lui avait donné un autre tendre baiser avant de s'en aller hier – c'était certainement une nouveauté, et des plus agréables.

Se versant une autre tasse de thé, Severus la remua pensivement, sans faire attention à Minerva McGonagall qui venait de s'asseoir juste à sa droite. « Bonjour, Severus, » dit-elle d'un ton ensommeillé, étouffant un bâillement.

« Bonjour, Minerva, » répondit-il poliment, en buvant son thé brûlant.

Elle le regarda en haussant les sourcils. « Par Merlin, Severus, tu sembles vraiment de bonne humeur ce matin ! Est-ce que tu as empoisonné un bambin ou quelque chose comme ça ? »

Lui accordant un regard dédaigneux, Severus but une autre gorgée de thé. « Loin de là. »

« Parce que je crois qu'Albus te renverrait pour une chose pareille, » continua-t-elle gaiement.

« En fait, Minerva, maintenant que vous m'en parlez, je me souviens qu'Albus a mentionné ça quand il m'a offert ce travail. Ça doit même être précisé quelque part dans mon contrat, » dit-il avec un sourire ironique, écartant une mèche qui lui tombait devant les yeux.

Presque imperceptiblement, elle ouvrit les yeux un peu plus grand.

Severus soupira. « Minerva, il ne sert à rien que je continue à vous lancer des remarques sarcastiques, vous ne les comprenez pas. »

« Sarcastiques, tu dis ?»

« Les Gryffondors n'ont pas la moindre notion d'ironie, » affirma Severus avec un autre long soupir.

« Tu es de bonne humeur aujourd'hui, non ? » commenta McGonagall pour toute réponse, se servant finalement une tasse de thé elle aussi.

Choisissant de ne pas répondre, Severus plongea une fois de plus le nez dans sa tasse. Ils restèrent merveilleusement silencieux pendant près de dix minutes, mais leur paix fut interrompue quand quelqu'un vint s'asseoir à la gauche de Severus. « Ah, bonjour, Severus. Minerva, » salua Albus Dumbledore avec un signe de tête enjoué.

« Bonjour, Albus, » répondit McGonagall. Severus se contenta de grogner.

« Ah, et je vois que Severus est aussi sociable qu'à son habitude, » continua tranquillement Dumbledore en se servant en thé et en toasts.

Le visage fermé, Severus regarda le fond de sa tasse de thé avec un immense intérêt. « En fait, Albus, je n'ai tout simplement pas l'intention de vous laisser gâcher une matinée qui commence plutôt bien. »

Dumbledore cligna des yeux, la main tendue vers le beurrier. « Gâcher ? » demanda-t-il.

« Vous savez ce que je veux dire, espèce de vieux croûton manipulateur, » grommela Severus. « Poser des questions et fourrer votre nez dans mes affaires. Vous en mêler, quoi. La dernière fois que je vous ai laissé avoir une 'petite discussion' avec moi, je me suis retrouvé à accepter de me battre en duel avec ce bouffon de Lockhart devant quasiment tous les élèves de l'école. Je ne me laisserai pas convaincre de faire votre sale boulot aujourd'hui simplement parce qu'il se trouve qu'en ce moment je suis plutôt content de ce que la vie a à m'offrir. »

« Tu es injuste, Severus, » le réprimanda Albus, en étalant de la confiture de framboise sur son toast beurré. « Même si maintenant que tu en parles, il est temps que nous doublions les patouilles nocturnes, et j'aurais besoin de quelqu'un pour ce soir à dix heures. » Dumbledore parvint à porter le toast dégoulinant à sa bouche sans que la moindre miette n'atterrisse dans sa barbe.

Severus grimaça de plus belle. « Albus, vous venez d'illustrer parfaitement mon opinion. C'est non. »

« Ce ne serait que pour cinq heures, » continua-t-il comme si Severus n'avait rien dit.

« Non. J'ai autre chose à faire. » Pour bien se faire comprendre, Severus croisa les bras sur sa poitrine et fixa résolument Dumbledore.

McGonagall était stupéfaite. « D'autres choses à faire ? Par Merlin, tu dois être absolument submergé par tes copies en retard si tu refuses une occasion de remettre tes corrections à plus tard. »

Severus garda le silence. Ils n'avaient qu'à penser ce qu'ils voulaient.

« Mais, » reprit pensivement McGonagall, en répondant à la question qu'elle n'avait pas posée, « si comme mes élèves me l'ont dit, tu donnes des dissertations hebdomadaires aux septième année, et que tu en demandes presque autant aux cinquième année, je ne devrais pas être si surprise. On récolte ce qu'on sème, Severus. »

« Si je me souviens bien de mes cours de Métamorphose de septième année, vous demandez des dissertations de cinq mètres une semaine sur deux, Minerva, » répondit-il, pince-sans-rire. « Vous le faites toujours ? Dans ce cas, vous aussi vous devez avoir une belle pile de copies qui vous attend. »

McGonagall fronça les sourcils, mais elle garda le silence. Severus ajouta un point pour lui dans le décompte qu'il gardait en tête. Elle n'avait rien à lui répondre à moins d'en venir aux insultes mesquines. Excellent.

« Eh bien, » soupira Dumbledore dans le calme qui s'ensuivit, « si je ne trouve personne pour faire ces rondes, je serai obligé de les faire moi-même. » Il commença à se préparer un autre toast.

« Ce n'est pas en jouant les victimes que vous allez me convaincre, Albus, » aboya Snape. Il écarquilla les yeux en voyant Dumbledore continuer son petit-déjeuner. « Vous ajoutez du bacon ? » demanda-t-il, incrédule.

« Hein ? » demanda Dumbledore, en regardant son horrible sandwich d'un œil innocent. Du bacon, du beurre, de la crème aigre, et de la confiture de framboise, le tout entre deux tranches de toast. « Oui, c'est ce qui me fait envie ce matin. »

Regardant l'assiette du Directeur, McGonagall fit une grimace dégoûtée. « Vous devez avoir un taux de cholestérol astronomique, » remarqua ironiquement Severus.

« Un robuste gramme quarante-six. Je préfère profiter des plaisirs de la vie sans trop m'en faire pour ces contrariétés, » répondit-il, avant de mordre dans son sandwich, réussissant une fois de plus à garder sa barbe intacte.

Fronçant le nez en le voyant manger, McGonagall repoussa son assiette. « Je crois que j'ai fini. Messieurs, bonne journée. » Sur ces paroles, elle remit sa chaise en place, et s'enfuit de la table sans un regard en arrière.

« Vous donneriez du steak cru à un végétarien, non ? » demanda Severus à Dumbledore.

« J'ai toujours trouvé amusante cette habitude qu'a Minerva de manger des toasts nature, » admit Dumbledore. « Mais vraiment, c'est plutôt bon – tu devrais essayer à l'occasion. »

Il leva une main en signe de protestation. « Non merci, Albus. Je crois que je vais vous laisser vous régaler de mets si délicats sans moi. Est-ce qu'il reste du thé ? »

« Bien sûr. » Dumbledore lui passa la théière, et regarda attentivement Severus qui se servait une autre tasse. « Severus, est-ce que tu es sûr que je ne pourrai pas te convaincre pour ce soir ? »

Avec un soupir, Severus remua son thé. « Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, Albus, je suis déjà pris ce soir. Et puis, est-ce qu'une ronde de cinq heures n'est pas un peu… exagérée ? D'ordinaire, les patrouilles se font par roulement de deux heures. »

« Il existe un vrai risque que Voldemort en personne essaie d'entrer à Poudlard, » répliqua Dumbledore avec gravité. « Après tout, nous sommes… »

« Oui, oui, dans la septième année de Potter. Le Jour du Jugement est proche et tout ça, » dit Severus d'un ton d'ennui profond. « Mais je doute sérieusement que Voldemort essaie personnellement d'entrer à Poudlard. Il est beaucoup plus probable qu'il envoie des gens pour faire sortir Potter. »

Dumbledore repoussa finalement son assiette, et Severus leva discrètement les yeux au ciel, soulagé. Le Directeur plaça ses mains sous son menton, et le regarda avec attention. « La tentative qu'il a faite en ce sens plus tôt dans l'année a échoué, et on peut dire beaucoup de choses de Voldemort, mais il n'est pas stupide. Non… il pensera à autre chose. »

« Il est aussi très fier, » avança Severus. « Il a fini par se convaincre qu'il était invincible. »

« C'est vrai, » reconnut Dumbledore. « Et ce ne peut être qu'un avantage pour le jeune Harry. »

Severus fronça les sourcils. « Vous placez vraiment tous vos espoirs sur les épaules d'un gamin, n'est-ce pas ? Vous n'avez jamais ne serait-ce qu'essayé de passer à l'offensive contre Vous-Savez-Qui. » Il se sentait presque triste pour Potter. Presque.

« Il y a eu une prophétie, » répondit solennellement Dumbledore. « Et puis, tu sais aussi bien que moi que notre tactique offensive pendant la première guerre contre Voldemort n'a fait que causer plus de victimes. » Il buvait tranquillement son thé.

Haussant les épaules, Severus choisit de garder le silence. Ce n'était pas un débat qu'il pouvait remporter, et, à la vérité, ce n'était pas un débat qu'il voulait remporter. C'était cruel, et manipulateur, mais à plus d'un titre, Dumbledore avait raison. La bataille entre Potter et Voldemort avait été prophétisée. Mais ça semblait injuste de laisser un gamin de dix-sept ans affronter un tel destin, quels que soient ses sentiments à son égard. « Albus, je crois, » dit-il finalement, « que je vais prendre congé de vous sur cette conclusion fabuleuse. Après tout, mes élèves jusqu'à maintenant se sont révélés incapables de suivre leurs cours sans moi. Bonne journée. »

« Dieu du ciel, Severus Snape me quitte avec un mot presque aimable, » répliqua Dumbledore, inhabituellement sarcastique. « Il faut que je me souvienne de noter ça dans mon agenda. »

« Vous êtes un horrible vieillard et j'espère que vous brûlerez en enfer, » dit-il avec un sourire moqueur, faisant grincer sa chaise contre le sol de pierre alors qu'il la repoussait pour se lever. « Est-ce que vous vous sentez mieux comme ça, Albus ? »

« Curieusement, oui. »

&&&&&&&&

Hermione se regarda dans le miroir d'un œil critique, essayant de voir su quelque chose avait changé du tout au tout. Non… le miroir reflétait toujours le même visage ordinaire que celui qu'elle avait depuis le début de sa vie. Le sourire que provoquait son nouveau secret mis à part, rien de neuf. Si c'était possible, ses cheveux semblaient encore plus frisés qu'à l'ordinaire, et elle vit une tache plus foncée sur son menton qui ressemblait furieusement à un bouton en train de se développer.

Le triturant un peu, Hermione espéra qu'il disparaîtrait – elle avait eu beaucoup de chance dans ce domaine ces derniers temps. Elle se demandait toujours ce que Severus pouvait voir chez elle qu'elle ne voyait pas. Mais quelque part, ça avait moins d'importance aujourd'hui que ça n'en avait eu hier.

Et elle l'avait embrassé, non pas une fois, mais deux, et il ne s'était pas enfui en courant, et il n'avait pas non plus éclaté de rire ou quoi que ce soit. Qui aurait jamais pu croire qu'elle puisse ressentir ce genre de choses pour Severus ? C'était comme d'avoir chaud et froid en même temps, et aussi frissonner.

Si elle y réfléchissait un peu, Hermione se rendait compte qu'elle était en train de tomber amoureuse de Severus Snape, et plus elle y pensait, plus ça la rendait heureuse. Il était cynique et intelligent et n'avait pas peur de hausser le ton pour défendre ses arguments.

Et quelque part ça faisait de lui l'homme parfait pour elle, et elle avait déjà du mal à imaginer un avenir sans lui. Hermione se demandait vaguement ce qu'il pensait de la situation, tout en sachant qu'elle n'aurait jamais le courage de lui poser la question.

Elle eut un reniflement amusé, se détournant du reflet du miroir et rassemblant ses papiers pour son rendez-vous nocturne avec Severus à son bureau. Une nuit, deux baisers, et elle se comportait déjà comme une idiote énamourée, comme l'une de ces écervelées béates des romans à l'eau de rose qui circulaient entre la plupart des filles de Gryffondor (ainsi que quelques garçons, mais ils auraient préféré mourir que de l'admettre).

Essayant de voir sa situation sous cet angle, Hermione rit toute seule à l'idée. La Pas-Belle et sa Pas-Bête. Hermione, Ordinaire et de Taille Moyenne.

Les gens ordinaires faisaient de mauvais contes de fées. De mauvais titres, tout du moins.

Mais ça ne la gênait pas. Elle n'avait pas besoin d'un conte de fées. Les contes de fées étaient pour les 'élus' comme Harry, ou pour les 'beaux' comme Neville Londubat et Ginny Weasley. Si quelqu'un insistait, elle serait allée jusqu'à dire qu'elle ne voulait pas d'un conte de fées. Ils étaient souvent incohérents et pleins d'angoisse, et la fin heureuse ne compensait pas toujours.

Elle descendit vers les cachots un peu rêveuse, puis se reprit tout à coup – elle était en train de rêvasser, et ça n'allait pas du tout. Une drôle de sensation l'étreignit quand elle vit la lumière qui passait sous la porte du bureau de Severus, mais elle la repoussa brutalement et frappa trois coups secs.

« Entrez, » répondit la voix étouffée de Severus.

Il était assis derrière son bureau, écrivant sur quelque chose qui ressemblait furieusement à l'une des dissertations qu'il avait demandées deux semaines auparavant aux septième années. Il lui fallut un instant avant de lever les yeux vers elle.

« Tu es en retard, » annonça-t-il en souriant. « Je devrais te retirer des points. »

« Vas-y, ne te gênes pas, » répondit gaiement Hermione, en se perchant sur le bord du bureau, balançant les pieds. « Je vais avoir besoin d'au moins une dizaine d'échantillons de sang cette semaine, puisque nous avons fait une avancée si décisive. J'ai même apporté mes seringues. » Elle lui fit un grand sourire.

Posant sa plume pour rouler le parchemin sur lequel il avait fini d'écrire, Severus lui lança un regard las. « Tu prendras le tien, alors, » dit-il. « J'ai déjà fait ma contribution à la cause. Et puis, je pensais que tu voulais continuer sur Josephus ce soir ? »

« Oh, j'ai fini à l'heure du déjeuner, » répondit-elle en cherchant dans ses notes les pages en question. « Pour la plupart, ça ne nous sert à rien – encore ses 'saintes visions' plus qu'autre chose. J'en sais maintenant plus que je n'aurais jamais voulu en savoir sur la lance de l'archange Michel, il a écrit au moins deux mille mots sur ce seul sujet. Est-ce que ça t'intéresse de le lire ? Je dois admettre que mes notes sont assez limitées. »

« Et que tu ne t'es pas privée d'utiliser largement les mots 'fadaises' et 'sornettes', à ce que je vois, » dit Severus, pince-sans-rire, en parcourant son parchemin. « C'est bon de voir que tu mets de côté tes sentiments personnels dans tes recherches. »

Elle fronça le nez. « Et j'entends ça d'un homme qui appelle régulièrement ses élèves des cornichons et des idiots ? »

« Je me disais, » continua Severus, ignorant sa remarque pour changer complètement de sujet. « Je crois me rappeler d'une transcription médiévale des notes de recherches du vieux Claudius Iustus dans la Réserve. Ça pourrait être utile – il était assez féru de Sortilèges d'emprisonnement. Un peu comme ton Delacroix, j'imagine. »

Intriguée, Hermione se pencha vers lui. « Claudius Iustus ? Le nom ne m'est que vaguement familier. »

« Formidable, » répliqua-t-il ironiquement. « Pour une fois, j'ai l'opportunité de garder pour moi des informations que tu n'as pas. » Elle le regarda sans rien dire pendant un moment, et il finit par céder. « Bon, d'accord. Iustus était un sorcier romain – avant l'Empire, si mes souvenirs sont exacts. L'un des pires Claudiens, si on peut en croire les récits. Mais il a laissé un journal qui a survécu à travers les âges. Je ne l'ai jamais lu moi-même, mais ils reste une douzaine de copies qui traînent, et je me souviens vaguement qu'Albus en a acheté une il y a quelques années. Il aime mettre en sécurité les textes de Magie Noire ici, à Poudlard, pour les rendre quasi inaccessibles. Il existe une réserve dans la Réserve de la bibliothèque, tu sais. »

« Ça a l'air prometteur, » approuva-t-elle. « Mais je n'ai pas l'impression que c'est le genre de texte que Madame Pince nous remettrait contre le simple remplissage d'une fiche. »

Severus secoua la tête. « Elle ne le prêterait même pas à un professeur sans une excellente explication, et j'ai bien peur que nous n'en ayons pas sous la main. »

« Non, je ne crois pas, » concéda-t-elle. « Mais j'aimerais y jeter un œil, » continua-t-elle rêveusement. « Est-ce qu'on ne pourrait pas… ? »

Hermione crut l'avoir réellement choqué en voyant la tête qu'il faisait, jusqu'à ce qu'elle voie la lueur malicieuse dans son regard. « Vraiment, Miss Granger, est-ce que vous seriez en train de suggérer que nous volions ce manuscrit ? » demanda-t-il joyeusement.

« Je préfère utiliser le terme 'emprunter', » corrigea-t-elle avec un sourire. « Mais dans les grandes lignes, oui, c'est ça. Nous avons 'emprunté' pratiquement tout le reste de ce que nous utilisons pour faire nos recherches – que sont un ou deux rouleaux de parchemin, quand on y pense ? »

« Je finirai par faire de toi une bonne petite chapardeuse, » lui dit affectueusement Severus, en riant. « On y va ? »

Sans calcul, Hermione plaça la main entre les doigts qu'il lui tendait au lieu de simplement le suivre. Severus n'en dit rien, mais il referma sa main sur la sienne, et plaça un Sortilège de Dissimulation autour d'eux deux.

« Je n'ai pas de Cape d'Invisibilité, » expliqua-t-il avant qu'elle ne pose la question. « Et puis ça aurait été un peu juste pour nous deux de toute façon. C'est plus facile comme ça. »

Et il ne lâcha pas sa main.

Le couvre-feu était passé – il était à peine neuf heures – et les couloirs étaient étrangement déserts. Bientôt, ils arrivèrent devant les portes closes de la bibliothèque, sans avoir rencontré âme qui vive en chemin. Doucement, silencieusement, Severus ouvrit une porte, se glissa vivement à l'intérieur en tirant Hermione derrière lui. Aussitôt que la porte fut refermée, Hermione poussa un profond soupir, et Severus annula leur Sortilège de Dissimulation d'un seul mot.

« Où allons-nous chercher ? » interrogea-t-elle.

« La plupart de ces documents sont dans une salle protégée derrière la Réserve. La plupart des élèves ne savent même pas que cette salle existe, » répondit-il. « Heureusement, Albus nous a donné les nouveaux mots de passe lors de la dernière réunion des professeurs. Nous n'aurons pas de mal à entrer. Par contre, trouver le manuscrit qui nous intéresse risque de se révéler plus difficile – Madame Pince ne s'encombre pas de catalogage là-bas. »

Ils se faufilèrent dans la bibliothèque comme si quelqu'un surveillait le moindre de leurs mouvements, même s'ils savaient parfaitement l'un comme l'autre qu'ils étaient absolument seuls. Severus s'arrêta devant un mur nu du fond de la Réserve. Apparemment, c'était celui dont il avait parlé.

« J'aime les petits lapins tout mignons, » énonça-t-il à contre-cœur. « Quoi ? » demanda-t-il à une Hermione qui le dévisageait, tout innocence. « Ce n'est pas quelque chose que quelqu'un dirait spontanément en marchant dans cette partie de la bibliothèque. Et puis, c'est Albus qui choisit les mots de passe. »

« C'est peut-être la phrase la plus bizarre que je t'aie jamais entendu prononcer, » lui affirma-t-elle avec sérieux. « mais je ne crois pas que c'était le bon mot de passe. »

Il la regarda, sans comprendre. « La porte est ouverte, non ? »

Regardant le mur à deux fois, Hermione fronça les sourcils. « Ce n'est qu'un mur, Severus. »

A sa surprise, il éclata de rire, et lui lâcha la main. « J'oublie parfois que je n'accorde pas à Albus tout le crédit qu'il mérite, » expliqua-t-il. « Seuls les professeurs peuvent voir l'entrée. Je te le promets, la porte est grande ouverte. Tu n'as qu'à entrer si tu ne me crois pas. »

Levant un sourcil, Hermione fit prudemment un pas en avant. « Je n'aime pas ça, » dit-elle. Un autre pas, et elle était suffisamment près pour tendre la main et tâter le mur. Les pierres étaient froides au toucher. « Severus ! » s'exclama-t-elle, exaspérée. « A quoi est-ce que tu joues ? Ce n'est qu'un mur. »

Severus fut surpris de l'entendre dire ça. « Hermione, je te promets… Regarde… » Il approcha lui-même, tendant la main tranquillement vers le mur, puis à travers lui – elle ouvrit grand la bouche. « Peut-être que les barrières sont permanentes pour les élèves, » dit-il pensivement. « J'imagine que je vais devoir entrer seul. »

« Peut-être, » approuva-t-elle doucement, perturbée par la vue de la main de Severus à moitié enfoncée dans le mur.

Avec un regard désolé, Severus se glissa entièrement à travers le mur – Hermione frissonna, mais elle ne pensa pas qu'il s'en était rendu compte. « Est-ce que tu m'entends, Hermione ? » demanda-t-il, d'un ton étouffé.

« Plus ou moins, » répondit-elle, en collant son oreille contre le mur.

« C'est bizarre de te voir l'oreille collée contre le vide, » commenta-t-il. « Mais j'imagine que – Zut ! » Il y eut un bruit sourd.

Surprise, Hermione s'éloigna un peu de l'entrée présumée. « Qu'est-ce qui se passe ? Tout va bien ? »

« Tout va bien, » répliqua Severus, l'air un peu contrarié. « J'ai juste fait tomber un livre qui semble assez ennuyeux du haut d'une pile. Je risque d'en avoir pour un moment. »

« Nous avons toute la nuit, » répondit-elle dans un sourire. « Fais tomber autant de livres que tu veux. »

Elle l'entendit grogner, mais il choisit de ne pas répondre autrement. C'était frustrant de ne pas pouvoir voir ce qu'il faisait. Ce n'était pas qu'Hermione pensait qu'elle aurait pu l'aider en quoi que ce soit dans ses recherches, mais le moindre petit bruit venant de l'autre côté du mur la faisait sursauter, sans parler du fait qu'elle se sentait assez stupide de se tenir au milieu de la bibliothèque à parler à un mur.

Le tic-tac de l'horloge suspendue au dessus de l'entrée résonnait, oppressant Hermione – le temps semblait avancer comme un escargot pendant qu'elle attendait Severus. Surveillant nerveusement la pièce du regard, elle s'attendait à moitié à voir surgir une douzaine de professeurs d'un coin ou de l'autre à n'importe quel moment, tous prêts à distribuer des retenues et des menaces de renvoi. Elle était persuadée que Dumbledore ne faisait pas de menaces à la légère ; il l'avait mise en probation trois mois auparavant, et n'aurait pas la moindre indulgence envers la moindre entorse au règlement.

« Est-ce que tu l'as enfin trouvé ? » demanda-t-elle anxieusement au mur.

« Rien n'est rangé, ici, tu sais, » répondit-il avec irritation. « Et même si ça l'était, je ne me souviens pas du titre. »

Elle serra les dents. « C'est juste… dépêche-toi, » dit-elle. « Je deviens nerveuse toute seule ici, Severus. »

« Remets en place ton Sortilège de Dissimulation, alors, si ça te tracasse, » répondit-il distraitement.

Se sentant bête de ne pas y avoir pensé toute seule, Hermione pointa sa baguette sur sa gorge, murmura l'incantation, et sentit une vague de soulagement quand elle disparut de la vue de tout observateur potentiel. Elle remarqua aussi en souriant que les bruits de papier derrière le mur se faisaient plus rapides, Severus devait accéder à sa demande.

Un quart d'heure se transforma en vingt minutes, qui devinrent presque trente. Hermione soupira. « Quelle peut bien être la taille de cette pièce ? » marmonna-t-elle, plus pour elle que pour le mur.

Moins de cinq minutes plus tard, un cri étouffé lui parvint depuis l'autre côté du mur de pierre. Elle tendit l'oreille. « Est-ce que tu as trouvé ? » demanda-t-elle avec excitation.

« J'ai trouvé ! » croassa Severus. Bientôt, il passa de nouveau la tête à travers le mur, puis le reste de son corps. Il agita sa baguette en direction de la porte qu'Hermione ne voyait pas, la refermant, de toute évidence. Dans son autre main, il avait un livre à la reliure de cuir en mauvais état, qu'il tenait contre lui pour le protéger.

« Génial, » souffla-t-elle. « Sortons d'ici. »

Ils se dirigèrent rapidement vers l'entrée de la bibliothèque, si pressés d'en sortir que tous les deux furent pris par surprise quand la porte s'ouvrit avant que Severus ne pose la main sur la poignée. Le professeur Flitwick le regarda, interloqué. « Severus ? » demanda-t-il.

Se raclant la gorge, il retourna habilement le livre qu'il avait à la main, de façon à en dissimuler le titre au regard de Flitwick. « Bonsoir, » répondit-il tranquillement, malgré l'anxiété qu'Hermione pouvait lire dans son regard.

« Mais que diable fais-tu ici si tard ? Il est presque dix heures et demie. »

Severus jeta un rapide coup d'œil à Hermione, et elle se rendit compte que Flitwick ne pouvait pas la voir – elle était toujours sous son Sortilège de Dissimulation. « J'avais besoin d'un livre pour mes recherches, » dit-il à Flitwick, qui était toujours immobile. « Rien d'important. »

« Oh. » Flitwick n'avait pas l'air d'être particulièrement convaincu. « Alors, bonne nuit, » dit-il sans conviction.

« Bonne nuit, » répondit Severus, en se dirigeant vers la porte ouverte. Hermione était sur ses talons, et elle tira un peu sur les robes de Severus pour lui signaler qu'elle était sortie.

Une fois qu'elle fut sûre qu'ils étaient trop loin pour que Flitwick l'entende, elle laissa échapper un soupir de soulagement. « C'était juste, » murmura-t-elle.

« Heureusement, c'est passé quand même, » répondit Severus.

En silence, et toujours prudemment, ils marchèrent d'un bon pas jusqu'au bureau de Severus, Hermione restant sous son Sortilège. Une fois arrivée, elle se laissa tomber sur l'une de ses chaises, et se débarrassa du Sortilège d'un coup de baguette. « Est-ce que je peux le voir ? » demanda-t-elle gravement.

« C'est l'idée, après tout, » répondit-il, en lui passant le livre et en s'asseyant en face d'elle, oubliant pour une fois son bureau.

« Les Mémoires de Gaius Claudius Iustus, » lut-elle sur la page de titre avant de commencer à tourner les pages. Le mot 'sanguis' à des cas divers, lui sauta aux yeux à plusieurs reprises. Le sang. Bien. « Ça risque d'être intéressant. »

« Je préfère te mettre en garde, cependant, » lui dit Severus, « Iustus était un sorcier du même genre que Delacroix. Ce ne sera certainement pas une lecture très distrayante. »

« Est-ce que tu proposes de le traduire toi-même ? » demanda-t-elle.

Il lui sourit. « C'est toi qui est tellement intéressée par les origines de la magie du sang. Je préfère être dans le laboratoire, et de loin. »

Continuant à feuilleter le manuscrit, Hermione s'autorisa un sourire, mais refusa de se laisser distraire. « Waouh… la mère de ce type était terriblement optimiste quand elle a choisi son nom, non ? L'un des pires Claudiens d'après toi ? » demanda-t-elle, en se concentrant sur un passage particulièrement descriptif.

« Nous avons probablement eu de la chance qu'il ne vienne pas d'une famille très puissante magiquement parlant, » dit-il. « Surtout quand on pense à ce que ses descendants sont devenus avec la politique. »

« C'est ce que je me dis, » répondit-elle, continuant à lire. « Mon Dieu, il avait une espèce de passion pour les couteaux chauffés à blanc, tu le savais ? »

« Hermione, je peux vivre sans connaître tous ces détails, » grimaça Severus.

Elle renifla un peu, et ravala sa remarque acérée. « Tu veux bien me passer mon sac ? » demanda-t-elle. « J'ai besoin de parchemin si je veux m'y mettre sérieusement. »

En lui passant ce qu'elle demandait, Severus se leva et s'étira un peu. « Tu sais, tu peux t'asseoir à mon bureau pour ce genre de travail – j'en ai assez de nettoyer l'encre que tu laisses sur mes tapis. »

« Merci, » dit Hermione, sur un ton sarcastique. Mais elle rassembla ses affaires et alla s'installer au bureau, se plongeant une fois de plus dans une traduction. C'était une lecture lugubre, mais beaucoup plus utile que tout ce qu'elle avait pu lire jusque là – apparemment, Claudius Iustus était pratiquement obsédé par le sang et avait consacré une étude extensive et exclusive à ce sujet. En fait, elle était assez surprise de la profondeur de ses connaissances apparentes et atterrée par la façon dont il les avait obtenues. Apparemment, Iustus avait préféré étudier des sujets vivants, en utilisant des Sortilèges pour geler ou pétrifier ses victimes. Involontairement, elle frissonna à cette image.

A un moment dans la soirée, Severus était lui aussi venu s'asseoir à son bureau, continuant ses corrections pendant qu'elle traduisait. Hermione le remarqua à peine jusqu'à ce que leurs épaules se touchent. Mais une fois qu'elle l'eut remarqué, elle se sentit réconfortée par sa proximité.

Sa concentration momentanément distraite, elle étudia le grain du bois sous la cire, passant le doigt d'un bord à l'autre. Elle voyait le buvard de Severus, sa plume de rechange…

Il y avait quelque chose de différent, remarqua-t-elle avec surprise. Après avoir passé presque trois mois à travailler à ce bureau, elle en avait une image mentale assez précise. « Tu n'avais pas autre chose sur ton bureau ? Une espèce de petite boîte ronde ? »

Levant les yeux des copies qu'il corrigeait, Severus fronça les yeux en regardant son bureau. « Mon casse-tête, » répondit-il. « C'était un cadeau de mon oncle pour mon neuvième anniversaire. Il m'a fallu presque huit ans pour le résoudre, mais j'ai toujours assez aimé le motif du couvercle. Les elfes de maison ont dû le déplacer pour faire le ménage, et ils auront oublié de le remettre en place. Il réapparaîtra tôt ou tard. » Il reporta son attention vers ses copies, abandonnant clairement le sujet, et Hermione retourna à son texte avec un petit soupir.

Et avant qu'elle ne s'en rende compte, l'horloge sonna deux heures du matin. En bâillant, Hermione referma son livre et souffla sur sa dernière feuille de parchemin dans l'espoir de faire sécher l'encre plus vite. « Je devrais y aller, » dit-elle, en bâillant encore.

Cillant, Severus quitta son travail des yeux pour la regarder. « D'accord, » répondit-il. « Après tout, il est assez tard, non ? »

« Oui, et mon professeur de Potions fait les gros yeux aux élèves qui s'endorment en classe, » dit-elle avec un sourire moqueur.

« Il sera peut-être trop somnolent lui-même pour se rendre compte de quoi que ce soit, » confessa Severus en posant sa propre plume. « En tous cas, s'il ne va pas se coucher lui aussi. »

« J'essaierai de faire entrer ça en ligne de compte, » dit Hermione avec légèreté, en mettant toutes ses affaires dans son sac, essayant d'y faire tenir son nouveau livre en plus du reste. Elle se leva et se demanda quoi faire ensuite.

Heureusement, Severus répondit à cette question pour elle. Se levant de son siège lui aussi, il l'embrassa timidement sur les lèvres. « Bonne nuit, Hermione, » murmura-t-il en s'écartant, son souffle chaud sur sa joue.

Elle lui offrit un sourire timide, et leva la main pour lui caresser doucement la joue en réponse. « Bonne nuit, Severus. »

&&&&&&&

Gaius Claudius Iustus était un individu sérieusement perturbé, il n'y avait aucun doute à avoir sur le sujet, mais ses mémoires contenaient plus d'informations sur la magie du sang que tout ce qu'Hermione avait jamais pu lire. Elle était seulement à un tiers du manuscrit, et elle avait déjà deux fois plus de notes qu'elle n'en avait pour tout le traité de Delacroix. En fait, elle avait du mal à se concentrer sur quoi que ce soit d'autres ces derniers temps. Elle assistait aux cours, prenait ses repas, et allait au bureau de Severus pour continuer sa traduction.

Ce ne fut donc pas une surprise quand, une semaine après leur intrusion dans la Réserve, Ron se glissa dans le siège libre à côté d'elle dix minutes avant le début du cours de Métamorphoses et lui lança un sourire entendu. « Alors, on a été très occupée ces derniers temps ? » demanda-t-il.

« Mêle-toi de tes affaires, » répondit-elle en lui tirant la langue.

« Qui est-ce ? » poursuivit-il.

Hermione resta silencieuse, et le gratifia d'un regard ironique.

Ron agita un doigt en sa direction. « Tu ne pourras pas te taire éternellement, Hermione. Tôt ou tard, je finirai par trouver. »

Alors là, je ne crois vraiment pas, se dit-elle avec un sourire.

« Terry Boot, » proposa-t-il, en réponse à son sourire moqueur.

« Non. »

« Colin Crivey. »

Surprise, Hermione écarquilla les yeux. « Tu es malade. »

Sans en être perturbé, Ron continua. « Ce Poufsouffle… Comment il s'appelle déjà ? Jonathan Cutrell. »

« Ron ! Il est en troisième année, » s'exclama-t-elle, scandalisée. « Sa voix n'a pas encore mué. »

Il fronça les sourcils. « S'il te plaît, dis-moi que tu n'as pas une liaison secrète avec Malefoy, » supplia-t-il. « Je ne crois pas que je pourrais le supporter. »

« Ne t'en fais pas, » répondit-elle ironiquement. « Tu peux être tranquille de ce côté-là. »

« Bien, » soupira Ron.

« Alors… » reprit Hermione, espérant changer de sujet. « Comment va ta… Lucia, c'est ça ? »

« C'est Patricia, 'Mione, pour la millième fois, et elle n'est plus 'ma' quoi que ce soit. Mais ne t'imagines pas que tu vas t'en tirer aussi facilement, » répliqua-t-il.

« Elle a rompu avec toi ? »

Souriant de plus belle, Ron fit tourner sa plume en l'air. « Pour ton information, c'était mutuel. Nous n'allions plus dans la même direction. Elle allait vers Blaise Zabini alors que moi j'allais vers Alex. »

« Alex ? » répéta-t-elle, un peu perdue.

« Alexandra, » compléta-t-il. « Tu vas l'adorer, 'Mione. C'est une Serdaigle – elle veut devenir Médisorcière quand elle aura fini l'école. Mais revenons-en à ton amoureux mystère… »

« Ron, laisse tomber. » Hermione lui lança un regard froid et ouvrit son livre de Métamorphoses, espérant qu'il comprendrait le message.

Il tendit un doigt vers elle. « Pour le moment, » dit-il solennellement. « Mais j'aurai le fin mot de cette histoire. »

« Le fin mot de quelle histoire ? » demanda Harry en s'asseyant devant Ron, respirant bruyamment. Hermione se dit qu'il avait dû courir depuis la Grande Salle.

« Hermione sort avec quelqu'un pile sous nos yeux, et elle ne veut pas me dire qui c'est, » expliqua-t-il en faisant mine de bouder.

Incapable de se contenir, Hermione referma brutalement son livre. « Ce ne sont pas tes affaires. Vos affaires ! »

« Je sais comment nous allons pouvoir trouver, » dit Harry, avec un grand sourire. « Mais il faudrait que je parle à Neville en premier… »

Hermione ricana. « Je vais vous dire, les garçons. Si vous trouvez qui c'est, j'écrirai vos dissertations de Potions jusqu'aux ASPICs. Toutes, sans exception. »

Ron et Harry échangèrent un regard joyeux. « Maintenant, on est obligés de trouver, » s'exclama Harry.