Disclaimer : Dois-je encore me répéter à ce sujet là ).

Bonjour bonjour et joyeuses Pâques !

J'espère que vous vous goinfrez de chocolat et que vous avez la sagesse de vous arrêter au point critique où arrive le mal de ventre.

Alors voilà mon nouveau chapitre et pour être franche, je ne l'aime pas trop. Mais je ne suis pas très douée pour décrire les scènes d'actions en général. Et puis je le trouvais un peu niais/bateau. Mais normalement, le prochain devrait être plus sympa.

Bonne lecture !


Chapitre 10 : La deuxième épreuve :

Partie 1 : OST orchestral de Zelda (J'avais besoin d'une musique épique pour m'inspirer)

Partie 2 : Anais-Peut-être une angine


La corne de l'éruptif rentra en contact avec la roche et celle-ci explosa à trois mètres à peine de l'endroit où elle se trouvait. Alors qu'elle essayait de s'enfuir, Katerina s'emmêla les pieds et s'écroula lourdement sur le sol. Albus eu juste le temps de lancer un protego au dessus d'elle avant de réussir à aller la chercher pour la porter sur une corniche en hauteur.

Haletants, ils reprirent leurs souffles. Katerina voulut taper du poing de rage mais elle ne réussit qu'à se frapper la main violement contre le sol, ce qui lui arracha un cri. Ils contemplèrent d'un air sombre l'immense grotte qui s'ouvrait en dessous du pic rocheux sur lequel ils étaient accrochés.

C'était une sorte de grand cirque au milieu duquel se trouvait une massive cage de fer forgé. Au centre de la cage se trouvait une petite table sur laquelle était posée une potion violette de couleur étincelante.

Ernest leva sa baguette vers le haut après avoir lancé un lumos. Dans un coin, l'éruptif gratta la terre de son sabot et observa autour de lui d'un air inquiet. Dans l'obscurité, il avait simplement l'air d'un immense rhinocéros.

-C'est pathétique, commenta Albus d'un air sombre. Cet animal n'attaque pas l'homme sauf s'il se sent menacé. Etait-il nécessaire de troubler sa tranquillité pour le faire participer à ce tournoi.

Katherina abaissa les épaules en voulant les hausser :

-Oh, crois-moi, ils peuvent faire pire ! Ah par MERLIN ! Je ne peux plus supporter ce truc !

Albus se mit debout. Son costume de champion était déchiré au niveau de l'épaule. Il jeta un coup d'œil à Ernest qui semblait pétrifié contre la roche :

-Est-ce que ça va aller ?

Devant l'absence de réponse, il continua d'une voix volontairement plus douce :

-Ça se passe dans ta tête. Nous allons le faire ensemble… Comme pour toi tout à l'heure. Tu ne peux pas maitriser ce que tu ressens mais tu peux tout de même agir. C'est seulement un sort. Qu'est ce qu'on a apprit sur les éruptifs déjà ?

-Ça vient d'Afrique... Leur corne peut traverser n'importe quoi, même le métal. Elles sécrètent une substance qui peut faire exploser n'importe quoi, récita Katérina d'un ton monocorde. On utilise leur corne et leur queue dans la fabrication d'un certain nombre de potions.

-Leur peau les isole de la grande majorité des sorts ! Ajouta Ernest d'un ton épouvanté. Ils sont complètement fous de nous faire affronter cet animal !

-Oui… De toute façon, Albus et moi sommes incapables de l'attaquer avec un sort et si nous devons compter sur toi pour nous sortir du pétrin, je préfère jeter l'éponge, grommela Kathérina d'un ton sombre.

-Laisse le tranquille… Ce qui lui arrive n'est pas plus sa faute que ce qui nous arrive n'est de la notre.

Katerina grommela et se mit debout avec efforts tandis qu'Albus poursuivait :

-Il va falloir qu'on travaille ensemble! On n'a pas besoin de le mettre hors d'état de nuire. Il faut que deux d'entre nous servent d'appâts pour attirer son attention tandis que le troisième va chercher la potion. Et il me semble judicieux que ce soit Katerina qui s'en charge.

-Tu veux me faire aller au milieu de la pièce alors que je suis à peine capable de marcher ?!

-Ne fais pas l'idiote. Marcher ne devrait pas te poser de problème. Ouvrir la cage sera certainement plus difficile, mais je pense que tu devrais y arriver, les éruptifs ne sont pas des animaux très intelligents. Il va falloir le faire tourner en bourrique entre moi et Ernest. J'utiliserai le bouclier pour me protéger et Ernest a quant à lui une large possibilité de sorts et il peut rester sur la corniche et attirer l'éruptif en lui envoyant des projectiles ! De mon coté, j'utiliserai ma baguette pour éclairer le coté de la grotte que tu ne traverseras pas.

Il laissa planer un silence :

-Vous pensez que vous serez capable de le faire ?

Katerina renifla :

-Bien sûr !

-Ernest ?

Le garçon finit par hocher la tête d'un air peu rassuré et ils se levèrent.


Gellert se rassit correctement sur les gradins pour observer plus à son aise ce qui se déroulait sous ses yeux.

Olalah, les organisateurs n'avaient pas été tendres avec cette chère Katerina. Un éruptif ?! Seule, il lui aurait été parfaitement impossible de se débrouiller. Mais les trois champions semblaient avoir formé un pacte d'entraide pour cette épreuve et cela semblait clairement être le choix le plus judicieux. Toute l'école avait été convoquée le matin même et d'immenses gradins avaient été montés dans le parc où avait été installé le même type d'écran de fumée magique que lors de la première épreuve.

Les trois champions avaient parût, chacun dans une robe de sorcier adapté pour l'occasion, aux couleurs de leurs écoles respectives. Ils avaient préalablement subit un sortilège différent chacun avant même que l'épreuve ne commence.

La baguette d'Albus avait été ensorcelée de façon à ne pouvoir produire aucun sort offensif pour les vingt-quatre prochaines heures, tandis qu'Ernest avait dû boire une potion d'angoisse qui durerait jusqu'au soir. Enfin, Katerina avait subit un maléfice de désorientation qui faisait que chaque mouvement qu'elle effectuait se traduisait par le contraire de celui-ci. Fort pratique, pour lancer un sortilège ou s'enfuir !

Enfin, les examinateurs les avaient fait sortir de l'école pour les faire transplaner jusqu'au mont cendré, où avait lieu l'épreuve. Et enfin la deuxième tâche put démarrer.

Ils avaient tous très vite compris, élèves et professeurs, que les champions avaient décidés de s'allier afin de passer cette épreuve ensemble.

Ils avaient commencé l'ascension de la montagne pour se diriger vers la plus haute grotte. Celle qui correspondait à la clé d'Ernest.

En comparaison avec l'épreuve de la grotte du milieu, Gellert avait trouvé que celle-là avait été ridiculement simple. La cage était simplement protégée par cinq détraqueurs. Comme si trois aussi bons élèves n'étaient pas capables d'effectuer le sortilège approprié pour s'en défendre !

Oh bien sûr, Ernest n'aurait pas été capable de s'en sortir seul ! Quand il avait tenté de jeter son sortilège, son patronus avait émergé de sa baguette sous la forme d'un de ces grands chiens blancs qui gardent les Alpages pour protéger les moutons des loups. Mais malgré toute sa bonne volonté, il n'avait pût rester sous une forme tangible que pendant quelques secondes, avant que des mauvaises pensées ne reviennent hanter l'esprit de son propriétaire.

Dès que les détraqueurs s'approchèrent un peu trop près de lui, le patronus fût soufflé comme une bougie et s'évapora dans les airs.

Le patronus d'Albus ne sembla d'abord pas beaucoup plus efficace. Son sort prit la forme d'un très grand lièvre à la fourrure luxuriante. Tant qu'il restait aux coté des trois champions, il semblait être capable de repousser les détraqueurs qui s'approchaient de plus près. Mais dès qu'Albus essayait de lui faire chasser les gardiens de la cage, son rôle devenant offensif, il disparaissait aussi rapidement que le gros chien d'Ernest.

Restait Katerina qui depuis le début de l'épreuve, s'exerçait avec rage pour essayer d'aligner deux mouvements corrects. Il lui avait déjà été difficile de monter en haut de la montagne en forçant son esprit à commander à ses jambes de marcher « à l'envers ». Et bien qu'elle ait essayé de jeter plusieurs fois des sorts, la précision demandée semblait pour le moment lui demander un trop grand effort.

Heureusement pour eux trois, Albus avait eu une idée de génie : Pendant que le lièvre se chargeait de les mettre à l'abri des attaquants, Ernest s'était placé juste derrière Katherina et avait lui-même manipulé sa main afin qu'elle puisse exécuter le bon sort.

Tel un long filament d'argent, le grand anaconda de la championne de Durmstrang avait traversé la grotte avec une lente sensualité tandis que les derniers détraqueurs allaient se dissimuler dans les recoins les plus sombres de la grotte afin d'échapper à son éclat iridescent.

Les trois adversaires s'étaient dépêchés de récupérer la potion qui se trouvait dans la cage centrale –une potion de couleur d'or, contenue dans un tout petit flacon-. Ernest l'avait glissée avec un bonheur inquiet dans la sacoche qui était accrochée à sa ceinture.

Ayant réussis la première partie, ils redescendirent promptement jusqu'à la deuxième grotte et c'est à ce moment-là que les choses se compliquèrent. Mû d'un bon instinct, ils laissèrent la première potion à l'entrée, afin de ne prendre aucun risque de la briser.

La deuxième grotte était plus profonde que la première, et ils durent descendre plusieurs pans de murs qui s'enfonçaient dans les ténèbres, ce qui avait été un pur calvaire pour la championne de Durmstrang.

Enfin, ils finirent par trouver le cirque obscur où les attendaient à la fois la potion et l'éruptif.

Gellert les fixa en souriant. Visiblement, c'était Albus qui portait la culotte pour toute l'équipe. Les sourcils froncés et son regard bleu intensément concentré, il était merveilleusement charismatique, Gellert en aurait battu des mains.

Avec une sourde sensation de plaisir, il fit passer ses doigts sur l'angle de sa mâchoire, là où Albus l'avait mordu.

Est-ce que je suis quelqu'un de spécial pour toi ?

Il pouffa intérieurement en imaginant la tête que ferait Albus s'il lui posait cette question en face.

A coup sûr, quelle que soit la réponse, il se déroberait froidement en adoptant un air de vierge outragée. Par pudeur ? Par dissimulation ? Les deux ?

Alors il aimait jouer.

Il s'amusait follement à sortir de la salle de bain avec sa serviette accrochée de travers et les cheveux ruisselants. Il lui parlait obscènement de filles, sans jamais arriver à lui tirer autre chose que des « Mouais », « Mmm », « Oh, je ne sais pas trop ».

Gellert était à ce stade ambigüe de l'homophobie où il acceptait avec plaisir les homosexuels autour de lui mais où il aurait trouvé offensant que l'on pense qu'il le soit également.

Etait-ce une question de culture ou de désir… Toujours est-il qu'il n'avait jamais remis en question son hétérosexualité, mais sans jamais avoir non plus l'occasion de s'interroger.

Dans ce cas précis, l'idée qu'Albus puisse le désirer lui était simplement extrêmement plaisant et flatteur sans qu'il en imagine pour autant les conséquences. Il voulait simplement savoir.

Savoir d'où venait cette raideur, quand il posait sa main sur le bras du Griffondor, savoir d'où venait cet air embarrassé quand il se baladait indécemment, savoir si enfin oui ou non, Albus était un monstre de pudibonderie ou s'il salissait ses draps en pensant à lui, bordel de Merlin !

Et pas une seule petite seconde, l'idée que fouiller ainsi dans le cœur de l'autre puisse le blesser ne l'effleura. Et après tout, qu'est ce qu'il pouvait bien en avoir à foutre ?

Dans la foule devant lui, il remarqua cette peste d'Augusta qui allait finir par s'enfoncer les ongles dans les paumes à force de serrer sa robe tout en écarquillant les yeux. Des yeux un peu rougis d'ailleurs. Qu'est ce qu'il lui arrivait à celle-là ?

Elle était assise entre une Epicura Lovegood planante et un Abraxas Malefoy extrêmement boudeur qui semblait essayer d'engager la conversation.

Sans grand succès, haha.

Lui-même était assis seul. Il avait finalement largué Annoushka avec toute la douceur possible, vu ce qu'elle lui inspirait. La pauvre enfant était éplorée et passait ses journées depuis une semaine à serrer convulsivement son mouchoir et à déambuler avec des yeux bouffis.

Oh elle ne lui en voulait pas. Oh elle comprenait très bien. Ce n'était pas de sa faute à lui. C'était sa faute à elle. Elle n'était pas à sa hauteur, oui oui oui. Et elle l'aimait tellement qu'elle serait toujours là, soumise et obéissante pour qu'il la reprenne.

Gellert fit la grimace.

Pietrov, assis à coté de sa sœur, quelques rangs plus loin, lui fit un signe discret de la main. A vrai dire, il n'en avait pas grand-chose à foutre, mais par solidarité familiale, il ferait semblant de faire la gueule à Gellert et ce petit jeu les distrairaient tous les deux.

Le blondinet se concentra pour revenir à l'épreuve.


Dans le cirque de pierre, Albus et Katerina étaient descendus de la corniche et semblaient hésiter avant de se mettre davantage en péril. Albus lança un sortilège de dissimulation sur Katerina tandis qu'Ernest usa d'un sortilège de lévitation, l'ascensio pour déplacer la championne de Durmstrang sans qu'elle ait besoin de se mobiliser elle-même.

Albus se décala progressivement sur la gauche en longeant les murs.

En vue de dessus, les différents protagonistes étaient à présent situés de cette façon : La pièce était ronde. Au nord se situait l'éruptif, soufflant violemment par les naseaux et observant avec angoisse autour de lui cette caverne si éloignée de sa savane natale.

A l'Ouest se trouvait Albus, qui se préparait mentalement à servir d'appât afin de réunir sur lui l'attention de la créature magique. A l'Est se trouvait Katerina, prête à contourner l'éruptif une fois qu'il serait allé faire exploser quelques roches du coté d'Albus. Enfin au sud, Ernest devait enfin se concentrer sur l'éruptif et protéger Albus à l'aide de sorts et essayer de dévier l'attention de l'animal.

La première partie du plan se déroula plutôt bien... L'éruptif était partit du bon coté et Katerina avait réussit à se déplacer jusqu'à la cage.

Fébrilement, elle essaya de prendre le trousseau de clé à sa ceinture et il en fallut de peu pour que celles-ci ne tombent en créant un vacarme assourdissant. Elle ne voyait même pas ce qu'il se passait de l'autre coté de la grotte –le lumos de Ernest l'éblouissait- mais le simple bruit des explosions et des cris rageurs d'Albus et d'Ernest suffisaient à lui donner des sueurs froides.

La clé glissa dans la serrure et en se concentrant elle réussit à la faire tourner dans le bon sens. Elle poussa la porte mais malheureusement, celle-ci refusa de s'ouvrir. Elle dut s'appuyer de tout son poids pour que la grille accepte enfin de s'ouvrir mais un affreux grincement résonna dans toute la grotte.

Il y eut un silence pesant où elle devina que la créature l'avait percée à jour et qu'il ne lui restait pas beaucoup de temps avant d'entreprendre quelque chose.

Elle entendit un cri et le bruit d'un galop furieux et eut juste le temps de rentrer elle-même dans la cage et de claquer la porte. Le corps énorme de l'animal rentra en collision avec sa protection et en entendant le début de l'explosion, Katerina pensa que sa dernière heure était arrivée.

Mais rien de tout cela ne se produisit. Apparemment, afin de protéger la potion des assauts de l'animal, une protection magique avait été mit en place et l'explosion se calma presque immédiatement, sans faire le moindre dommage.

Il y eut une demi-seconde de silence, pendant laquel son cœur battit à deux cents à l'heure dans sa poitrine. Elle entendit Albus l'appeler :

-Kat'rina ! Est-ce que ça va ?!

Elle lui répondit d'une voix à moitié étranglée :

-Oui ! … Enfin je crois…

-On va essayer de faire diversion ! Ernest, attire-le vers toi !

-Hein ? Je ne peux pas faire ça !

-Bien sûr que si ! Envoie-lui n'importe quel sort ! Kat', tu as récupérée la potion ?

-OUI !

Elle regarda autour d'elle d'un air perdu. L'éruptif tournait en rond autour de la cage d'un air furieux. Albus interpella de nouveau Ernest :

-Lance-lui quelque chose et pendant ce temps là, je te couvre. Kat, il faudra que tu te débrouilles pour sortir de la cage et aller te cacher dans un coin, je te ferai léviter en hauteur. Tu t'en sens capable ?

-Oui … Je devrais pouvoir le faire.

-Ok, vous êtes prêts ?

-On va dire ça.

Ernest finit par lever sa baguette, puis articula d'un ton tremblant :

-Stupéfix !

Un jet de lumière rouge jaillit de sa baguette et vint frapper l'imposante créature entre les deux omoplates. Celle- ci mugit et se retourna vers la corniche où se trouvait le champion de Beaubâton avec un air furieux. Elle se lança dans un galop rapide et lourd en direction du jeune sorcier.

Ernest poussa un glapissement paniqué tandis qu'Albus, dissimulé dans l'ombre, lui lançait un « protego » informulé. L'éruptif rentra en plein dans la corniche et sa corne fit exploser la pierre.

Tandis qu'elle était déjà sortit de la cage, Katerina entendit Albus crier :

-Ernest, pas par là !

Elle tourna là tête violemment. Du mauvais coté. Merde. Elle tourna la tête dans le bon sens. Rendu hagard par le sortilège, il s'était jeté sur le coté et était partiellement sortit du protégo. Une pierre lui était tombé sur la jambe et maintenant il ne pouvait plus bouger et l'éruptif revenait à la charge.

Albus matraquait Ernest de «protego » mais il ne pouvait guère faire plus. Katerina jeta un œil vers la sortie puis un autre vers le garçon blessé. Oh par Merlin, dans quel genre de panade s'étaient-ils encore fourrés ?

Et puis une solution lui vint. Tout simple, toute bête, prête à être cueilli. Elle leva sa baguette et articula très distinctement en un mouvement fluide du poignet :

-Incarcerem !

Aussitôt de longues cordes jaillirent de nulle part et saucissonnèrent en un instant le mammifère qui s'écrasa dans la poussière en faisant trembler le sol.

Il y eu un moment de flottement durant lequel, la créature tenta de se libérer sans succès. Katerina se laissa glisser au sol tandis qu'Albus se précipitait pour aider Ernest qui poussait des gémissements de douleur.

-Est-ce que ça va ?

Le jeune homme leva les yeux vers le griffondor qui s'empressa de l'aider à dégager sa jambe. Le pantalon était poisseux de sang.

-Je vais regarder, ça va peut-être faire un peu mal.

Il releva le pantalon jusqu'au genou. Il n'y avait rien de cassé mais la plaie était profonde. Albus déchira un bout de cape et marmonna un sortilège de ferula pour lui faire un bandage.

-Tu peux marcher ?

Ernest rougit de gêne et de honte :

-Oui. Je vais me débrouiller.

Puis il ajouta après une hésitation :

-Je suis vraiment désolé…

- Pas de soucis… Ce n'est pas toi, c'est le sort qu'on t'a jeté. Si tu te sens mal, repense à toutes les fois où Katerina s'est cassée la gueule.

La concernée, toujours au sol, commenta d'une voix aigre :

-Je vous entends…

Ils la rejoignirent et en s'aidant les uns les autres, ils remontèrent jusqu'au tunnel d'où ils étaient arrivés. C'est à ce moment-là qu'Albus jeta un coup d'œil curieux à Katerina :

-Bien joué au fait. Qu'est ce que tu as fait exactement ?

-J'ai utilisé le sort de ligotage. Le mouvement à effectuer est exactement le même que le sort d'entrave, mais à l'envers. Et bien que très peu de sorts puissent traverser la carapace de l'éruptif, dans le cas précis de ce sortilège, ce n'est pas l'animal qui subit l'enchantement mais bien la corde elle-même…

-En parlant de sortilèges, murmura Ernest, maintenant que nous sommes hors de danger, il faudrait penser à le lever. On ne peut pas laisser cette pauvre bête comme ça…

Katerina roula des yeux :

-Cette pauvre bête ?! Cette pauvre BETE ?! Elle a faillit nous tuer tous les deux. Ca lui fera les pieds d'y réfléchir un peu !

-Ernest a raison. Même si je comprends ton point de vue. Les éruptifs sont des animaux paisibles à l'état sauvage. Celui-ci a sans doute été traumatisé par le voyage. Tu devrais lui rendre sa liberté.

Avec une grimace, Katerina essaya de lancer un « finite incantatum » mais échoua, alors Albus lui donna un coup de main.

Ce problème-là réglé, ils retrouvèrent avec délice la pâle lumière du dehors. Ernest ramassa la première potion et la glissa à sa ceinture.

C'est avec fatigue et difficulté qu'ils entreprirent la longue descente qui allait les mener jusqu'à la troisième grotte où les attendait la troisième épreuve. Celle d'Albus.

L'ouverture dans la roche était plus petite que celle des autres.

Avant de rentrer à l'intérieur, Albus jeta un œil à Ernest dont les traits étaient tirés et émaciés :

-Je pense que tu devrais rester ici et nous attendre. Je ne crois pas que tu sois en état pour un autre affrontement.

-Mais…

-Albus a raison, tu vas nous ralentir.

-…

-Et ne pense même pas à descendre sans nous pour finir premier.

Albus jeta un coup d'œil blasée à la championne de Durmstrang :

-Crois-moi, cette idée m'aurait effleurée si ç'avait été toi qu'on laissait derrière mais dans ce cas précis…

Ernest leva les bras d'un air las :

-Laissez tomber ! Je vais vous attendre, c'est plus sage. Si jamais vous avez besoin d'aide, lancez une étincelle rouge vers la sortie du tunnel ou essayez de crier.

Et il était visiblement épuisé puisqu'il s'assit rapidement sur une pierre pour reprendre son souffle.

Les deux autres lui jetèrent un dernier regard avant de s'engouffrer dans le tunnel, impatients d'en finir.

Celui-ci était très petit et étroit, de sorte qu'ils durent se mettre l'un derrière l'autre.

Albus leva sa baguette et lança un « lumos » informulé. La faible lueur qui jaillit de sa baguette éclaira des parois agglomérées en cristaux minuscules. L'air était frais et reposant. Ils entendirent au loin une sorte de long sifflement. Etrangement, le Griffondor se sentit étrangement serein, malgré le souvenir cuisant de l'épreuve de Katerina.

Ils marchèrent pendant cinq minutes jusqu'à se retrouver dans un boyau à peine plus large qui se divisa en deux, puis en trois avant que tous les chemins ne se rejoignent, deux cents mètres plus loin.

Le paysage était réellement très agréable.

-On se les pèle ici, cet endroit est horrible.

Albus leva un sourcil avant de jeter un coup d'œil à Katerina qui regardait d'un air sombre autour d'elle en resserrant ses bras contre son buste. Elle murmura :

-Cette grotte a quelque chose de glauque. Dépêchons-nous.

-Ca tombe bien, la cage a l'air d'être là-bas…

Ils arrivaient à la fin du tunnel et la dernière cage se trouvait juste devant eux, sans qu'ils puissent apercevoir le moindre obstacle.

Katerina frissonna et Albus commença à trouver les sensations opposées qu'ils ressentaient relativement louche.

-Reste sur tes gardes, je me demande s'il n'y a pas une affaire d'illusion là-dessous. Je ne ressens pas du tout le même mal être que toi. Au contraire, j'ai du mal à ne pas me sentir parfaitement serein. Je pense que les obstacles vont arriver quand on va essayer de sortir de la grotte.

Il sortit la clé de sa poche. Mais au moment où il allait la glisser dans la serrure, un éclair doré passa devant son visage et la clé lui glissa entre les doigts.

Aussitôt Katerina leva sa baguette et en quelques secondes de longues cordes jaillirent pour s'attaquer à la créature dorée. Elles semblèrent l'enserrer un instant avant que l'animal ne se dissolve dans les airs dans un tourbillon de plumes, avant de réapparaitre un peu plus loin, libre.

-Qu'est ce que c'est que ce truc… Ils nous envoient un pigeon magique ?

Albus fit claquer sa langue contre son palais tout en contemplant l'oiseau qui les observait depuis les hauteurs:

-C'est un phenix.

-Je sais très bien que c'est un phenix ! Qu'est ce qu'ils veulent qu'on fasse avec ça ? Il sait pleurer et porter des choses lourdes. C'est un animal purement inoffensif. Ils veulent qu'on s'en fasse un rôti ?

L'oiseau poussa un cri plaintif. Ses plumes étaient abimées au niveau de la queue et il tremblait.

Albus fronça les sourcils avec désapprobation :

-Pas question de le blesser ! C'est un animal tellement rare que nos directeurs mériteraient de passer devant le magenmagot rien que pour avoir imaginé de nous mettre en conflit avec cet animal. Mais il va falloir récupérer la clé, ce qui ne va pas être une partie de plaisir.

-Qu'est ce qu'on a comme possibilités ?

-Pas grand-chose, je ne peux pas être offensif et tu ne peux pas l'enfermer avec des cordes puisqu'il a la possibilité de se téléporter. Nous avons donc un problème…

-Certes, mais pour mon plus grand bonheur, c'est un problème qui n'explose pas.

-Si tu te mets derrière moi et que tu effectues le bon mouvement, on pourrait essayer de le stupéfixer.

-On peut toujours essayer…

Malheureusement pour eux, l'oiseau était trop rapide et semblait toujours disparaitre une seconde avant qu'ils ne parviennent à l'attraper. Ils durent le poursuivre dans les souterrains jusqu'à ce qu'ils n'en puissent plus et s'asseyent, haletant sur le sol.

-Réfléchissons, pesta la jeune fille, les détraqueurs ont une intelligence pseudo-humaine et l'éruptif était complètement paniqués. Comment se fait-il que cet horrible piaf ait une stratégie ?

-Les phénix sont extrêmement intelligents, marmonna Albus.

Ils restèrent silencieux pendant quelques minutes, chacun perdu dans ses pensées avant que Albus ne réagisse :

-Par Merlin, c'est toi qui as posé la bonne question ! Même si le phenix est intelligent, celui-là a visiblement l'air mal en point et retenu contre son plein grès. Je ne serais pas surpris si… Il faut que je vérifie un truc…

Et sur ce, il se leva et se remit à courir dans les couloirs jusqu'à ce qu'il aperçoive l'oiseau, perché sur une corniche.

Il leva sa baguette et articula d'une voix forte :

« Finite incantatum ! »

Il y eu un éclair blanc et l'oiseau vacilla sur ses pattes pendant quelques secondes avant de se laisser doucement tomber depuis le rocher.

Albus eu juste le temps de lui lancer un sort de lévitation avant de le rattraper. Presque avec rage, il jeta la clé à Katerina, qui fit un geste extrêmement désordonné avec ses bras, avant que la clé ne tombe sur le sol. Elle lui jeta un regard venimeux avant de la ramasser.

Ils récupérèrent la potion -un liquide laiteux de couleur bleuâtre- qu'Albus enfourna dans sa poche.

Epuisés et soulagés, -bien qu'Albus soit furieux- ils sortirent de la grotte avec l'oiseau semi-comateux dans les bras.

Devant l'air interrogateur d'Ernest quand ils sortirent, Albus lui expliqua d'un ton féroce:

-Ils ont mit cet oiseau sous imperium ! Ça se serait passé chez nous, ils auraient déjà droit à quelques années à Azkaban. Un impardonnable sur un animal ! Par Merlin !

Ils descendirent aussi vite que leur permirent leurs handicaps. Une vieille botte les attendait au point de départ. Ils l'attrapèrent et sentirent le crochet qui leur attrapa le nombril avec un infini soulagement. Ils n'étaient pas encore arrivés que les hourras de leurs camardes leur bourdonnaient déjà douloureusement aux oreilles…


Albus sentit dans son dos plusieurs regards quelque peu insistants, alors il se força à avoir l'air profondément concentré sur ce qu'il lisait. Mais rien à faire, la bande de filles qui gloussaient derrière son dos ne semblaient vraiment pas vouloir le lâcher.

Depuis la fin de la précédente épreuve, leur popularité à tous trois avait brutalement augmentée. Même Ernest devait parfois s'enfuir pour échapper à des hordes de femelles insupportables, tandis que Katerina faisait de son mieux pour éconduire les premières années en quête d'une idole à vénérer.

En faisant semblant de ne pas les avoir remarquées, il s'égara davantage dans les rayons de la bibliothèque, jusqu'à ce qu'il aperçoive un visage penché sur un énorme grimoire. Ses cheveux blonds et bouclés étaient surmontés d'un chapeau violet sur lequel dormait un canari à l'air féroce.

-Salut… Tu vas bien?

Augusta releva la tête. Ses yeux étaient cernés et sa peau avait une couleur triste.

-Ah Albus… Oui, je vais bien. Très bien même... Et toi-même ?

C'était un mensonge. Elle avait une voix lasse et ses cheveux étaient mal coiffés.

Albus ne fit pas de commentaire.

Depuis le bal de Noël, Augusta n'adressait quasiment plus la parole à Ernest. Elle n'était pas impolie ni désagréable. Elle était juste... Distante. Et comme Albus passait de plus en plus de temps avec Gellert, il se rendait compte avec une pointe de tristesse que leur petit trio était en train de se dissoudre et qu'il ne faisait pas grand-chose pour que cela change.

-Tu as fini le devoir de métamorphose?

-Oui, je l'ai fait hier, j'ai déjà fini tous mes devoirs.

Augusta soupira:

-J'aimerais être aussi sérieuse que toi. Et je ne comprends pas très bien pourquoi tu perds ton temps à la bibliothèque dans ce cas. Malgré le sort de silence, c'est une sorte d'antre du vice ici.

Albus jeta un œil à la bande de poules qui l'espionnait parmi les rayonnages et crût comprendre ce qu'elle voulait dire.

Mais le raisonnement d'Augusta allait un peu plus loin.

Dans un coin un peu trop sombre, Ernest était installé avec Meliou et Arthur et il avait l'air de beaucoup s'amuser.

Plus les semaines passaient, plus Ernest et Meliou devenaient inséparables et plus Augusta passait ses heures avec Epicura, un air profondément taciturne collé au visage.

Pour être sincère, Albus se complaisait dans cette situation qui favorisait ses échanges avec Gellert mais il jugeait également Ernest avec un léger mépris.

Il avait la vague impression qu'Ernest avait laissé tombé Augusta par lâcheté et qu'il s'était bêtement laissé prendre par une fille gentille et sympa mais qu'il n'avait pas du tout choisit.

Sa décision lui sembla un peu tiède, même s'il ignorait si les deux jeunes gens avaient entamé une relation ou non.

Il haussa les épaules tandis qu'Augusta protesta:

-Oh non!

Il n'eut même pas le temps de lui demander de quoi il s'agissait car la jeune fille s'enfuit sans demander son reste.

-Humpf. Elle m'évite toujours.

Il se retourna pour se retrouver nez à nez avec Abraxas qui avait l'air aussi sombre et de mauvais poil que la jeune fille trois secondes plus tôt.

Et elle avait raison. Cette bibliothèque était un véritable antre du vice. Il ne manquait plus que Gellert et ses gribouillis obscènes et la boucle serait bouclée.

Il voulut lui répondre une phrase de consolation vide de sens mais un fantôme le traversa à ce moment là, le glaça des pieds à la tête et il resta juste pétrifié.

Il finit par répondre l'inverse de ce qu'il voulait dire: Ce qu'il pensait.

-Ça n'a pas grand chose d'étonnant. Tu n'as pas été particulièrement fin dans ta demande l'autre jour. Tu n'as fait que l'embêter pendant trois mois et maintenant tu veux mettre ta langue dans sa bouche. Bien sûr que tu lui fais peur, par Merlin!

Abraxas demeura interdit pendant quelques secondes avant de fulminer:

-Je n'ai pas essayé de mettre ma langue dans sa bouche ,enfin!

-C'était métaphorique!

Le blondinet maugréa dans sa barbe:

-Je voudrais t'y voir toi! Elle n'est pas si facile à approcher que ça!

Albus haussa les épaules, ne sachant quoi dire.

Il n'avait pas envie de donner un coup de pouce à Abraxas. Il aurait juste voulu que tout ça ne soit pas aussi compliqué. Et après tout cela ne le concernait pas.

-Et toi, où est ce que tu en es avec ta gitane?

-Hein?

-Oui, avec ta cavalière du bal...

Albus ouvrit le livre qu'il tenait sous le bras, tout en essayant de suivre la conversation:

-Oh... Et bien elle doit être en train de roucouler quelque part avec ce beau serpentard qu'elle a rencontré à ce même bal et qui l'a fait danser toute la soirée.

Abraxas leva les bras au ciel:

-Ce n'est pas possible! Tu es incorrigible! Est-ce que ça t'es déjà arrivé d'être attiré par quelqu'un une fois dans ta vie?

Albus leva les yeux, eut un instant de bug et finalement répondit d'un ton totalement neutre:

-Et bien... Oui.

Abraxas en resta bouche bée:

-Vraiment ?!

-Heuh… Oui.

-Je veux dire: Vrai de vrai?

-Je crois, oui...

Les yeux du jeune Malefoy lui sortaient tellement de la tête qu'Albus se demanda s'ils n'allaient pas jaillir de leurs orbites comme deux diablotins hors de leur boite:

-Oh par Merlin ! Je tiens un tel potin que je ne suis pas sûr d'en maitriser la puissance!

Albus fronça les sourcils d'un air inquiet. Il y avait derrière chaque serpentard une commère qui s'ignore. En prendre note.

Surexcité, son interlocuteur se mit à le bombarder de questions:

-Tu es toujours attiré?

-Oui

-Tu l'aimes?

-Je ne sais pas. Je ne crois pas...

-Tu as envie de l'embrasser?

-... Des fois...

-Tu as envie de la tripoter?

Albus soupira et ne chercha même pas à le détromper sur le « genre » de celui qui l'attirait:

-Ça ne te concerne pas.

-Je la connais?

-Si c'était le cas, je ne te le dirais pas!

-Allez! C'est qui?

-Je ne te le dirai vraiment pas...

-Tu vas lui demander de sortir avec toi?

Mais cette fois Abus en eu assez, il l'envoya bouler, d'un geste de la main:

-Non, surtout pas! Je n'en sais rien! LAISSE-MOI TRANQUILLE!

-Oh OK... OK...

Vexé, le serpentard lui tourna le dos et Albus en profita pour s'enfuir.

Après avoir reposé le livre qu'il avait en main, il parcourût la bibliothèque à la recherche d'un autre ouvrage qui lui trottait dans la tête depuis quelques temps.

Il s'égara parmi les livres et se laissa imprégner de l'odeur poussiéreuse des pages. Ses doigts glissèrent sur les couvertures et il finit par s'attarder sur la tranche reliée d'or d'un antique grimoire.

Exactement ce qu'il était venu chercher.

Il feuilleta les pages rongées par l'humidité tout en se dirigeant vers une table désertée.

Soudain distrait, il sonda l'eau qui dégageait une lumière bleutée à travers les vitres et chercha une pieuvre du regard, mais la mer semblait vide de toute vie à cet instant.

Dans les airs, différents fantômes s'étaient rassemblés et s'amusaient à pousser des hurlements perçants. Apparemment, le sortilège d'aphonie marchait également sur eux, car ils se retrouvèrent bientôt à glousser en se moquant de leur mutuelles langues enroulées.

Albus les contempla avec amusement, mais finit par se détourner et ses yeux se posèrent sur lui.

Le Griffondor soupira.

Assis sur un pouf et affalé sur une table basse, Gellert dessinait. Il entendit la plume crisser contre le parchemin. Parchemin posé sur la couverture d'un livre de valeur, bien sûr.

-Il ne manquait plus que toi, tiens…

La boucle du vice était bouclée. Le blondinet releva la tête d'un air perplexe :

-Je te demande pardon ?

Albus haussa les épaules :

-Rien, je me parlais à moi-même…

Et puis tournant les talons, il se dirigea vers la sortie de la bibliothèque.

Il fût bientôt seul dans les couloirs, très vite cependant…

Il l'entendit le suivre.

Il entendit ses pas dans son dos et il sut que c'était lui. Qu'il l'avait suivit par curiosité, par jeu, ou par ennui peut-être.

Mais il reconnaissait sa marche nonchalante et sa façon dansante de monter les marches. Et cela était amusant et excitant.

Il pensa un instant être Orphée et son jeu à lui devint celui de ne pas se retourner. Il était là. Quelque part derrière lui et il allait le sortir du monde des morts. Mais s'il faisait un mauvais pas ? S'il se retournait ? Alors l'amoureux disparaitrait pour toujours, aspiré par les abysses.

Et il trouva ce jeu tellement délicieux qu'il en chérit davantage son seul doute : Peut-être n'était-ce pas lui ? Peut-être était ce n'importe quel élève et dans ce cas la peur de se retourner était aussi la peur de la déception.

Il se dépêcha de rejoindre son dortoir et éreinté, il se laissa choir sur son lit avec toute la dignité dont il était capable. Son corps s'enfonça mollement dans l'épaisse couette qui se redressa en bouffant autour de lui.

Il ne lui fallut pas attendre longtemps avant d'entendre la présence d'une autre personne. Il ferma fort les yeux. Encore quelques secondes Eurydice, et tu seras de nouveau à moi.

Il sentit avec exaltation que quelqu'un se laissait tomber sur le lit à ses cotés. Il ouvrit les paupières.

Le regard tourné vers le plafond, Gellert souriait. Et puis sentant les yeux d'Albus posés sur lui, il tourna son visage vers le roux. Il tenait serré contre son torse le livre qu'il était en train de lire à la bibliothèque, sur lequel étaient posées plusieurs feuilles, honteusement griffonnées à la plume.

-Qu'est ce que tu fais là ?

-Je m'inquiétais. Tu n'avais pas l'air bien.

-Je ne vais pas mal non plus. Je me sentais simplement agacé.

Gellert se tourna sur le profil afin de pouvoir discuter plus aisément et Albus se sentit troublé par son odeur et par la proximité de sa main qui effleurait sa propre hanche.

-Qu'est ce qui s'est passé ?

-Rien. Mes amis m'énervent. J'ai l'impression qu'ils sont tous dominés par leur instincts amoureux et qu'ils ne pensent qu'à se caser. Mais ils se comportent comme des manches et ça n'avance pas et tout le monde semble en froid pour des raisons puériles…

Gellert pouffa gentiment :

-Oh par Merlin, Albus. On dirait que tu n'as jamais été amoureux. ..

Agacé et peu soucieux de reprendre la conversation qu'il avait eu avec Abraxas, le roux détourna la conversation après avoir haussé les épaules :

-Qu'est ce que tu dessinais ?

Gellert lui tendit sa planche à dessin. Albus contempla le motif, fronça le nez avant de le tourner dans tous les sens :

-Qu'est ce que c'est ? On dirait une sorte de jardinet ?

-Ah mais pas du tout… C'est un vagin.

Le rouquin répondit par un air blasé au sourire goguenard du blond :

-Ne te moque pas de moi. Il y a du lierre et des buissons de baies…

-C'est parce que c'est un vagin fleuri… Fais un effort et fais semblant d'avoir ne serait-ce qu'un peu de poésie, s'il te plait…

Albus lui fit une grimace et pour toute réponse, il l'éjecta du lit. Le blond se cassa la figure dans un bruit sourd avant de se redresser d'un air furieux :

-Non, mais qu'est ce qui te prend ! Ça fait mal !

-Ça t'apprendra à te moquer de mon innocence.

Pour toute réponse, le blond lui assena un violent coup d'oreiller qui fut aussitôt rendu. Une bataille des plus sévères fut aussitôt engagée –dès que Gellert eut mis son gribouillis pervers à l'abri- qui fit voler des plumes d'édredons et hululer de désapprobation la chouette d'Albus.

Enfin, hors d'haleine mais heureux, Albus finit par déclarer forfait en se laissant tomber sur le matelas dévasté. Gellert se jeta à plat ventre à ses cotés, les poings crispés sur le coussin qu'il tenait encore.

-Au fait, demanda Albus, Pourquoi est-ce que tu étais à la bibliothèque tout à l'heure ? Tu dois être plus tranquille pour dessiner dans la salle commune, non ?

Gellert répondit mollement, le visage écrasé dans l'oreiller :

-Hummm… En fait, j'étais passé chercher un livre, mais il avait déjà été emprunté. Je suis terriblement frustré…

Albus se pencha vers sa table de nuit et attrapa un lourd volume qu'il tendit à son ami :

-Ce ne serait pas ça par hasard ?

Gellert releva une paupière, puis voyant le titre de l'ouvrage, bondit sur ses pieds tout en l'arrachant des mains du Griffondor :

-Par Merlin ! Si ! J'aurais dû m'en douter.

Gellert contempla avec fascination le livre qui n'était rien de plus que la biographie de Beedle le barde, puis il jeta un œil méfiant au roux :

-Je croyais que tu n'avais pas le temps pour m'aider dans mes recherches sur les reliques de la mort…

Albus haussa les épaules :

-Je n'avais pas le temps avant l'épreuve… Je me permets une semaine ou deux de pause.

Soupçonneux mais le sourire aux lèvres, Gellert susurra :

-Tu n'as pas prévu de me doubler au moins ?

Mais avant qu'Albus ait pu protester, le blondinet éclata de rire :

-Mais je plaisante ! Nous ne faisons pas la course !

Albus répondit en faisant mine de reprendre un coussin pour assommer le blond. Mais il stoppa son geste à mi-chemin, laissant soudain ses yeux fixer le vide.

Gellert se retourna, mais ne voyant rien, demanda :

-Qu'est ce qu'il se passe ?

-Il y avait quelqu'un… Un homme qui nous regardait. Il est apparût soudainement et a disparût aussi vite… Ça devait être une sorte de fantôme…

Gellert le fixa et un doux frémissement agita le coin de ses lèvres. Il passa sa langue doucement sur celles-ci, pour les rendre moins sèches :

-Et cet homme… Il avait quelque chose de particulier ?

-Oui… Il portait un masque de renard, comme la statue dans la salle commune. Ce n'est pas la première fois que je l'aperçois… Tu sais qui il est ?

Gellert ne répondit pas tout de suite. Il ferma les yeux et poussa un rire enfantin. Sa gorge déployée mettait en valeur ses canines féroces et la beauté de sa mâchoire.

Le visage extrêmement sérieux, Albus attendit qu'il se calme et il se força à garder son sang froid quand il sentit les doigts du garçon se refermer sur son poignet. Gellert lui parla d'une voix tendre, les yeux mi-clos, sans le regarder :

-Parfois il vient aussi pour moi… Et le fait qu'il vienne pour toi me dit que tu es lié à moi et que c'est avec toi que je vais le faire.

-Faire quoi exactement?

-Je ne sais pas encore... Quelque chose de merveilleux et terrible. Mais crois-le ou non, ce sera avec toi.

Albus ne répondit pas. Il savoura le rythme effréné du sang qui battait à ses tempes et quand Gellert se mit à jouer avec ses cheveux, il ferma les yeux.


La sonnerie marquant la fin du cours retentit et les élèves se mirent à ranger rapidement leurs affaires. Tandis que la classe se vidait, Albus se mit à rassembler les puideboucs qui avaient servi de cobayes pendant le cours de magie noire du professeur Prince, car il était assigné à l'aide aux cours ce jour-là.

Quand il eut récupéré toutes les pierres noires et brillantes pour les ranger dans leur boîte en bois, il se rendit dans la salle annexe de la classe qui était également la bureau du professeur Prince.

C'était une pièce relativement petite, dont les murs étaient tapissés de bibliothèques poussiéreuses. Une étagère croulait sous des petites boites comme celles qu'Albus tenait, ainsi que sous des liasses de parchemins. Des cours sans doute. Dans un coin, un oiseau miteux se trouvait posé sur un perchoir en chantonnant doucement.

Le professeur Prince était déjà assis à son bureau, et griffonnait une lettre à l'aide d'une longue plume verte. Immédiatement, quelque chose dans cette pièce plût profondément à Albus. Dès le seuil, il avait eu la sensation délicieuse de se plonger dans un bain chaud.

-Voilà professeur…

Le professeur Prince lui jeta un coup d'œil indifférent :

-Je vous remercie Mr Dumbledore. Ce sera tout pour aujourd'hui…

Albus hésita un instant, puis finit par demander :

-Professeur, votre oiseau… Si je peux me permettre…

Cette fois, Prince releva vraiment la tête et interrompit son écriture. Son regard vert se voila d'un air doux et il regarda longtemps l'animal. Albus contempla à son tour le phénix qu'il avait ramené avec lui de la grotte. Car c'était lui à n'en point douter.

-Ce n'est pas mon oiseau… Je suppose que c'est un spécimen sauvage, car les phénix sont rares et encore plus rares sont les sorciers qui parviennent à les apprivoiser. Pour le moment, j'essaye simplement de m'occuper de ses blessures, mais je n'arrive pas à déterminer les sorts qui ont été utilisés pour sa capture. Quel gâchis…

Tout en l'écoutant, Albus tendit la main vers l'oiseau, qui appuya son bec contre ses doigts.

-Est-ce qu'il a un nom ?

-Pas que je sache. Voudriez-vous lui en donner un ?

Albus hésita avant d'ajouter :

-Je vais y réfléchir... Pardon de vous avoir dérangé professeur...

Il se prépara à sortir, quand le professeur le rappela un instant :

-Monsieur Dumbledore . N'hésitez pas à venir le voir si le cœur vous en dit. Mon bureau est rarement fermé et ce qu'il faut à cet oiseau, c'est sans doute de renouer des liens cordiaux avec un humain afin qu'il laisse d'autres humains le soigner.

Albus rosit de plaisir. Il sourit pour la première fois à cet homme qui venait de bondir dans son estime :

-Vous n'auriez pas pu me faire plus plaisir professeur…

Un bruit de doigts tapotant contre la porte se fit entendre. Albus se retourna.

Katerina attendait dans l'embrasure, l'épaule appuyée contre le chambranle.

Albus se rappela alors ce qu'elle lui avait dit l'autre soir. Qu'elle aurait droit à des devoirs supplémentaires pour avoir séché les cours durant les derniers mois.

-Ah, mademoiselle Svantovit, je vous attendais! Asseyez-vous je vous prie...

Albus pensa à tout ce que Gellert lui avait dit et il se demanda comment pouvait se passer un entretien comme celui qui allait venir... Est-ce qu'ils s'appelaient par leurs prénoms dans l'intimité ? Est-ce que les masques tombaient?

Il se souvint de ce jour où il les avait espionné dans le parc du château et beaucoup de choses lui semblèrent plus claires.

Pensif, il prit congé et s'en alla.

Katerina se détacha de la porte et rejoignit le bureau. Elle s'installa et sortit son plumier avant de lire l'énoncé noté sur le parchemin qui avait été déposé devant elle. Et elle ne parla pas, elle ne le regarda pas non plus. Elle se mit à travailler studieusement, silencieusement.

Il se permit de l'observer comme il n'osait plus le faire depuis longtemps, comme il avait peur de le faire depuis longtemps.

Elle avait dix-huit ans. Déjà.

Ses lourds cheveux étaient sombres et brillants et sa bouche était boudeuse, presque agressive. Et elle prenait de la place. Pas une place physique, malgré sa haute taille, mais il émanait de sa personne une aura offensive qui lui demandait de l'espace.

Avec un frisson, elle se redressa et jeta un coup d'œil derrière son épaule.

-Je n'aime pas cet oiseau...

Il lui fit un sourire étrange:

-Pourquoi donc?

Elle frissonna encore. L'oiseau lui lança un regard vif et poussa un léger cri avant de continuer sa chanson.

-Je ne sais pas... Il me fait peur.

Et cela le rendit profondément triste. Il eut envie de la serrer fort. Avec tendresse et pitié.

o°o

-Qu'est ce que tu lis?

Avant qu'elle ne pose la question, il avait remarqué sa présence car en s'approchant, elle avait masqué le soleil.

A cette époque de l'année, le parc était merveilleusement beau et le sol était recouvert d'herbes sauvages et de fleurs. Les liserons s'enroulaient avec délicatesse le longs des murets et les lézards se laissaient dorer paresseusement au soleil.

Il la regarda. Elle avait neuf ans. Et lui en aurait bientôt quinze.

Katerina était maigre et fluette. Elle portait une robe laineuse de couleur grise. Elle avait cette peau merveilleusement blanche qui jurait avec le noir sombre de ses cheveux tressés sévèrement sur sa nuque et avec la gravité calme de son regard.

Son visage était acéré, et sur sa tempe osseuse s'étalait un hématome qui virait au violet.

Il cligna des yeux et posa son livre sur ses genoux. Son exemplaire des animaux fantastiques.

-Je révisais. Pour Poudlard. Qu'est ce qui t'es arrivé?

Elle avait aussi des genoux noueux et écorchés.

-Je suis tombée dans les escaliers. Je suis maladroite.

Il sait que c'est un mensonge.

-C'est Bianca qui t'a poussée? Tu veux que je vienne avec toi pour en parler à ton père?

Elle hésite:

-Je ne suis pas une rapporteuse...

Il observe la fillette monochrome avec son hématome violet et ses genoux rouges. Elle a le regard pointu qu'ont les rapaces et il pense qu'elle dégage la poésie douce-amère des enfants tristes et transparents.

-J'ai essayé de lire le livre que tu m'as prêté. Mais je n'ai pas réussit. Il est trop difficile pour moi.

Le ton n'est pas déçu mais résigné.

Résignée à être médiocre. L'enfant secondaire. Moins joyeuse, moins intelligente, moins vive, moins jolie que Bianca. Il ne lui restait plus qu'à être parfaite le reste du temps. Être coiffée correctement, avoir les mains propres. Ne pas faire de bruit.

Quitte à être la deuxième, encore fallait-il ne pas attirer la désapprobation pour pouvoir être tranquille.

-Ce n'est pas grave, tu sais... Tu veux qu'on le reprenne ensemble ?

Elle secoue la tête, butée:

-Je n'y arriverai pas. Je n'arrive pas à comprendre.

-On peut le lire à voix haute. On alternera et après on discutera de ce que tu n'as pas compris.

Elle le contempla en fronçant les sourcils :

-Tu ferais ça pour moi ?

Pensif, il remit une mèche de cheveux châtain derrière son oreille. Il était lui-même fils unique et ne comprenait pas très bien ce qui se passait dans cette fratrie là. Après tout, il n'avait que quinze ans et il était timide, plutôt laid, -bien qu'il soit studieux et entouré de nombreux amis- et il aimait de tout son cœur cette enfant-là qui lui témoignait tant d'affection.

-Catherine, pourquoi est-ce que tu ne veux pas parler à tes parents de ce qui se passe avec ta sœur ? Ce n'est pas ta faute et je pense que dans cette situation, il serait normal d'en parler.

Elle lui sourit doucement et eut l'air gêné :

-Oui. Je le sais. Mais même si j'en parlais, Bianca continuerait de m'embêter. Alors il faudrait que je la dénonce à nouveau. Et cela me ferait changer. C'est que je prendrais sur moi, je ne rentrerais pas dans le jeu de Bianca. Et je pourrais continuer de croire que même si je suis moins bien qu'elle…

Elle hésita et son sourire avait le goût douceâtre des enfances amères :

-Alors je veux malgré tout affirmer que je suis quelqu'un de droit, de courageux et de bon.

Et elle était si sincère, dans sa naïveté, qu'il l'aima.

o°o

-J'ai fini professeur.

Son rêve éclata comme une bulle de savon et il revint à la réalité.

Katerina lui tendait son parchemin. Peau blanche. Yeux et cheveux noirs. Chemisier blanc. Presque toujours monochrome. Plus de bleus depuis longtemps. La jupe couleur de sang de l'uniforme de Durmstrang les avaient remplacés.

-Vous avez l'air triste professeur.

Il essaya de se reprendre :

-Ce n'est rien… Tu peux t'en aller.

Elle revint à la charge :

-Professeur… Vous allez garder longtemps cet horrible oiseau ? Pourquoi ne pas le mettre à la volière avec les autres ?

Il sentit un poids plus lourd et plus harassant se poser sur ses épaules. Il murmura d'une voix qu'il voulu ferme :

- Quel est le problème exactement ?

-Je ne sais pas… Je me sens oppressée et angoissée. Je déteste la façon dont il me regarde.

-Que sais-tu des phénix, Katerina ?

Elle haussa les épaules d'un air méprisant :

-Ce que tout le monde en sait, je suppose…

Il se leva de son bureau et alla fouiller dans sa bibliothèque. Il en ressortit un vieux livre poussiéreux à la couverture déchirée. Il ne put rien dire. Il lui tendit le livre.

C'était son vieil exemplaire des animaux fantastiques. Celui qu'il lisait sous l'arbre, ce jour-là dans le passé.

Elle prit le livre et se tourna vers la fenêtre. Une nuit d'encre constellée d'étoile illumina faiblement son visage, tandis que les chandelles du bureau fondaient doucement en diffusant sur les murs de pierre une lueur dorée.

D'une voix éraillée, il lui avoua ce qu'il n'avait pas voulu voir toute ses années :

-Félicitation, Catherine. Tu es belle et populaire maintenant. Tu es crainte, respectée, intelligente, chérie par tes parents. Enfin! A force d'efforts, tu as réussi à devenir Bianca. J'en suis profondément navré, mais je ne t'aime pas. Je continue de te protéger afin de chérir encore un peu l'enfant que tu étais et qui s'est étiolée au long de ta vie et je suis tellement, tellement désolé de ne pas avoir trouvé les mots pour la retenir. Mais tout cela est mort ce soir et je suis sûr de vouloir cesser le jeu cruel que tu m'imposes. Je ne t'aime pas. Je ne t'aime pas…

Elle essaya de ne pas écouter. Elle essaya de toutes ses forces de s'accrocher aux mots tracés sur le papier. Mais ceux-ci l'écorchèrent encore plus.

"… Il peut disparaitre et réapparaitre à volonté. Le chant du phénix est magique : il a le pouvoir de renforcer le courage de ceux qui ont le cœur pur et de provoquer la terreur chez ceux qui ont le cœur mauvais…"

Elle eut un rire nerveux avant de murmurer à voix basse :

-Alors c'est cela, alors. En voilà un cruel juge…

Elle regarda par la fenêtre encore et encore. Il fixa son dos et ne sut jamais si son visage était un masque de froideur ou de larmes.

Et le phénix, doucement, se balançant comme pour se bercer, continuait à chanter…


Le soleil était encore couché quand Albus sentit qu'une main le secouait. Il ouvrit à moitié les paupières et vit que Gellert était penché sur lui, un doigt posé sur la bouche.

-Qu'est ce que tu veux ? Marmonna t-il à voix basse, encore fripé de sommeil.

-J'ai quelque chose à te montrer… Lève-toi.

En grommelant, Albus s'extirpa de sa couette et s'habilla rapidement, tout en jetant des coup d'œil nerveux à Ernest qui ronflotait paisiblement.

Il sortit à pas de loup dans la salle commune. A travers la serre, le ciel était encore tout piqueté d'étoiles. Gellert lui déposa une lourde pelisse de fourrure sur les épaules :

-Couvre-toi, il va faire froid…

-Il est quelle heure ?

-Trop tôt.

Et le tirant par le bras, Gellert l'emporta vers le matin.


Voilà c'est fini pour cette fois ! Et ça y est! Ça y est! Avec ce chapitre, j'ai dépassé la moitié de ce roman de longue haleine! Je ne pensais pas quand je l'ai commencé mais finalement, je crois qu'il va devenir le truc le plus long que je n'ai jamais écrit...

L'extrait du livre sur le phénix est un extrait du livre de J.K. Rolling sur les animaux fantastiques.

A bientôt !