Le choix du Démon-Renard
Orochimaru haletait. Les ancêtres de Neji et Hinata n'avaient pas réussi à le toucher au niveau du cœur ni d'autres organes vitaux mais ils n'étaient pas passé loin. Orochimaru n'était plus du tout en état de combattre. Il devait reconnaître que ces gamins l'avaient bien amoché. Il avait même du mal à maintenir ses onze clones. Il attrapa les cheveux de Neji et le força ainsi à se relever. Cette fois, il allait finir le travail. Ces gamins avaient assez joué avec ses pieds.
« Chers enfants de Konoha, je vais vous donner la chance d'expérimenter quelque chose que tout ninja doit connaître : … la mort. Je vais même vous donner l'honneur de connaître une mort digne d'un vrai ninja : une mort douloureuse… ».
Orochimaru éclata de rire. Il fixa le visage de sa première victime qui n'exprimait, à son grand déplaisir, aucune peur. Orochimaru vit alors ce que cachait le bandeau de Neji : la marque maudite de la Bunke.
« Tiens, tiens, la marque des Hyûga… Ça m'en rappelle une autre… », dit Orochimaru en passant la longue langue de serpent sur ses lèvres pâles.
« La marque de Sasuke ! », pensa immédiatement Sakura.
Mais Orochimaru ne pensait pas à Sasuke. Il s'approcha de Naruto. Le clone de l'homme-serpent se redressa et positionna Naruto face au vrai Orochimaru. Le clone tenait fermement sa proie en maintenant les deux bras de Naruto croisés derrière son dos. Il avait aussi empoigné la touffe de cheveux blonds de celui-ci. Le vrai Orochimaru se saisit du menton de sa victime et força Naruto à le regarder droit dans les yeux. Orochimaru fut ravi de voir le visage en colère de son jeune adversaire. Les yeux de Naruto, d'ordinaire si bleus, étaient rouges. C'était l'âme prisonnière de Kyûbi qui s'y reflétait. Orochimaru sourit de nouveau.
« J'ai trouvé quelle mort je vais vous donner ».
Il passa sa langue sur ses lèvres puis tira, tout doucement, sur la fermeture éclair de la veste orange de Naruto.
« Et là ! Bas les pattes, vieux pervers ! Ôtes tes sales mains de là ! », dit Naruto tout en balançant ses jambes dans tous les sens pour tenter de se dégager.
Mais c'était peine perdue. La veste de Naruto s'ouvrit entièrement et laissa place à un T-shirt noir. Orochimaru avait rapproché son visage de celui de Naruto. Les deux ne se trouvaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Une once de peur s'était glissée dans les yeux de Naruto. Il ne comprenait pas ce que lui voulait Orochimaru mais la manière dont il le regardait lui faisait froid dans le dos.
« Vous allez mourir par les mains d'un de vos compagnons, dit Orochimaru sans quitter Naruto des yeux. Ce cher Naruto va vous tuer… un à un… ou peut-être même tous ensemble. Quelle excellente idée, le village de Konoha ne résistera sûrement pas non plus… »
La plupart des jeunes de Konoha ne comprit pas mais tous savaient une chose : ils n'aimaient pas l'intonation de la voix d'Orochimaru. Sakura, elle, bouillait de rage.
« C'est faux ! », cria Sakura en s'adressant à Orochimaru. « Je connais Naruto. Il ne tuerait jamais ses amis ! Et ça, quelque soit le prix que tu lui offres. Il préférerait donner sa vie plutôt que de faire quelque chose comme ça !
- Je suis d'accord », approuva calmement Sasuke. « Naruto n'est pas un lâche. Tu le sais déjà, Orochimaru. Tu l'as bien vu dans la forêt de la mort, lors de la deuxième partie de l'examen. C'est peine perdue ».
Les autres ninjas de Konoha approuvèrent eux aussi, d'un signe de la tête. Orochimaru se moqua d'eux et s'adressa à Naruto.
« Et bien, et bien, il semble que l'on te fasse énormément confiance. Quelle drôle d'idée de confier sa vie aux mains d'un démon ! Et toi, Naruto, te sens-tu capable d'honorer leur confiance ?
- évidement », répliqua immédiatement Naruto.
Mais sa voix tremblait, ce que tous remarquèrent immédiatement. Cependant, si sa voix n'avait pas son assurance de toujours, ce n'était pas parce qu'il aurait pu hésiter ne fusse qu'une seule seconde entre sa vie et celle de ses compagnons. C'était simplement parce qu'il venait de comprendre à quoi voulait en venir Orochimaru. Et dans ce cas, il ne savait pas du tout s'il aurait la force d'atteindre les espérances de ses amis.
« Moi », continua-t-il, « je ne tuerai jamais mes amis, quel que soit le prix que je doive payer.
- Et si, justement, ce n'était plus tout à fait toi ?… »
Cette phrase balaya ses derniers doutes. Déjà lors de leur premier affrontement dans la forêt interdite, Orochimaru avait été capable de dérégler le fonctionnement de son sceau. Il n'aurait donc sans doute aucune difficulté à le faire de nouveau.
Orochimaru glissa sa main sous le T-shirt de Naruto. En se soulevant, le vêtement découvrit à tous une marque noire.
« Mais, … je reconnais cette marque. Je l'ai déjà vue quelque part… », pensa Sakura pour qui les livres d'écoles n'avaient plus aucuns secrets.
« Un sceau ?, s'étonna à son tour Neji. C'est sans doute à cela qu'il faisait référence lors de notre combat à l'examen. Mais à quoi peut-il bien servir ? Je n'en ai jamais vu de pareils ».
« Qu'est ce que c'est que ça ?, s'exclama Ino, traduisant ainsi la pensée générale.
- Ça ?, demanda Orochimaru d'un air innocent.
- Tais-toi », cria Naruto tout en fermant les yeux. « Tais-toi ! »
Naruto ne voulait pas que les autres sachent. Il ne voulait pas que tous les efforts qu'il avait fait jusqu'à présent soient anéantis par quelques mots. Mais Orochimaru continua calmement ses révélations.
« C'est simplement le sceau avec lequel le quatrième Hokage a vaincu Kyûbi… », sourit Orochimaru.
Tous les jeunes ninjas de Konoha restèrent bouche bée, excepté Shikamaru.
« Et bien quoi », commença celui-ci. « Qu'est ce que vous croyiez ? Il fallait bien qu'il en fasse quelque chose de Kyûbi, le Quatrième. Alors, il l'a scellé dans le corps d'un nouveau né. Tout le monde sait ça. Ne me dites pas que vous ne vous êtes jamais demandé de qui il s'agissait.
- Mais il n'est pas possible pour un bébé de survivre à un sceau de cette ampleur !, dit Sakura, perturbée de voir ses connaissances remises en question.
- Pourtant, il a survécu, dit simplement Shikamaru.
- Tu… Tu savais ?, s'étonna Naruto. Pourtant, même moi, je l'ai seulement appris il y a un an !
- C'est parce que vous êtes tous des imbéciles sans jugeote », soupira Shikamaru. « Ce n'était pourtant pas difficile à comprendre. Tous les adultes qui avaient combattu le démon renard refusaient d'en parler. Pourtant, on voyait visiblement qu'ils détestaient tous une personne en particulier et ça sans aucune raison valable. En plus, Naruto a déjà utilisé le chakra du démon renard devant nous tous. Lors de son combat contre Neji par exemple. Neji, avec ton Byakugan, tu as bien du le voir, le chakra de Kyûbi, non ? ».
Neji se rappela le chakra rouge dégagé par Naruto à ce moment-là et l'étrange aspect qu'il prenait. Naruto baissa les yeux malgré la main ferme d'Orochimaru qui retenait sa tête. L'homme serpent ricana. Le scénario qui allait suivre était classique. Les jeunes ninjas allaient être dégoûtés par ce garçon démon. Ils allaient avoir peur. Naruto serait alors psychologiquement faible et il pourrait très facilement briser le sceau qui maintenait Kyûbi prisonnier.
« Mais… Naruto-kun est Naruto-kun. Il n'est pas un démon-renard… », dit Hinata de sa petite voix.
Elle voulait consoler le garçon qu'elle idolâtrait en secret car elle avait vu ses yeux se baisser et, pour la première fois, elle l'avait vu perdre courage.
« De toute façon, renard ou pas, il sera toujours aussi stupide, soupira Sakura, fataliste.
- Un imbécile reste un imbécile, renchérit Sasuke.
- Quoi ! », s'écria Naruto en relevant la tête d'un seul coup. « Sakura, c'est vraiment pas gentil ce que tu dis ! Quand à toi, Sasuke… », continua-t-il en recommençant à battre des pieds et à gigoter dans tous les sens en lançant des regards de défi à son rival, « … Je vais te faire mordre la poussière ! »
Orochimaru fut très surpris par la réaction des enfants. Il les avait mal jugés et dut bien le reconnaître. Ils étaient plus matures que leurs parents… ou moins influençables peut-être. Mais cela ne perturbait en rien son plan.
« Naruto est Naruto ? C'est ce que nous allons voir… », dit-il calmement.
Il forma quelques signes de ses deux mains puis les positionna sur le sceau de Naruto. Celui-ci commença à s'effacer.
« Je vais admirer de haut votre mort et la destruction plus que probable du village de Konoha par le démon-renard Kyubi. Quelle triste fin pour vous ! ».
Les onze ninjas de Konoha serrèrent les dents. Orochimaru lâcha Naruto et partit en direction d'un arbre plus éloigné.
« Hé, sale renard !, apostropha Naruto qui se tenait face à une grande grille. Tu commences à me quitter, je le sens ».
Naruto était parti à la rencontre de l'esprit de Kyûbi, comme la première fois qu'il était venu lui demander personnellement de l'aide.
« Tu vas vraiment te venger et détruire le village ?, demanda Naruto.
- Qui passerait à côté d'une telle occasion ?, répondit la voix grondante du renard.
- Qu'est ce que je pourrais bien faire pour t'en empêcher ? », se demanda Naruto.
Et il se plongea dans ses pensées. Il ne voyait rien qui put sauver le village ou ses compagnons si le démon sortait de son corps. Puis, soudain, il repensa à la première fois qu'il était venu parler au démon-renard.
« "Si tu meurs, je meurs", c'est ce que tu m'as dit lors de notre première rencontre.
- Et alors ?, demanda la voix terrifiante du renard.
- Et alors ? Il faut que je meurs ! C'est aussi simple que ça.
- Tu vas mourir pour sauver tes amis ? Tu vas te sacrifier pour le village, pour des gens qui ne t'ont jamais acceptés ?
- Comme si j'avais le choix…
- … Je vois… »
Tous deux restèrent en silence un instant.
« Et comment comptes-tu faire ? Bientôt cette grille va s'ouvrir.
- Justement, je ne sais pas. Le clone d'Orochimaru ne me permet pas de bouger ».
Naruto resta en silence. Il sentait une grande force sortir de lui. Ce n'était pas comme quand, une fois son combat gagné, le chakra de Kyûbi rejoignait son antre. C'était tout à fait différent. Il ne savait pas ce qu'il devait faire. Ou plutôt, si, il savait parfaitement ce qu'il devait faire mais il ignorait la manière dont il pouvait y arriver. Ses deux bras étaient retenus en arrière par le clone. Tout mouvement lui était interdit. Il ne lui restait qu'une solution.
Naruto ouvrit les yeux. Tous ses jeunes compagnons avaient les yeux fixés sur lui.
« Que quelqu'un me donne une arme. Un kunai, un shuriken, n'importe quoi pourvu que cela coupe ! », cria Naruto sans oser les regarder dans les yeux.
Aucun de ses compagnons ne saisit réellement le sens de sa demande. Depuis quelques minutes, ils étaient plongés dans un rêve éveillé à la limite du cauchemar et ne parvenaient plus qu'à fixer Naruto. Celui-ci changeait sous leurs yeux. Les cicatrices qu'il avait sur les joues s'étaient creusées jusqu'au sang, ses ongles s'agrandissaient, sa peau rougissait, une immense quantité de chakra tournait tout autour du corps de Naruto qui, peu à peu, devenait Kyûbi. Et cela les terrifiait. Aussi, quand Naruto fit sa demande, personne ne réagit avant quelques secondes. Il fallut l'intervention d'Orochimaru pour qu'ils se rendent compte de ce qu'il demandait.
« Et que feras-tu de cette arme ?, demanda la voix joyeuse d'Orochimaru.
- En quoi ça te regarde, riposta Naruto en colère.
- Peut-être veux-tu te suicider pour tenter de sauver tes amis… ? », continua Orochimaru.
« Quoi ? », s'étonna Sasuke, oubliant la terreur que lui inspirait les changements de Naruto.
« Et bien, dans ce cas, meurs », susurra le clone d'Orochimaru à l'oreille de Naruto.
Le clone qui retenait Naruto lui tendit un kunai et lâcha un de ses bras. Naruto saisit l'arme et la porta au niveau de son ventre.
« Je dois le faire. Je dois trouver cette force. Enfoiré de renard, c'est moi qui vais gagner ! Je ne serai pas Hokage mais de toute façon, il aurait mieux valu que l'on meurt tous les deux dès que tu as été scellé en moi !
- … Si tu veux réellement mourir, dépêche-toi, petit homme. Dans quelques minutes tout au plus, je serai libre », répondit la voix terrifiante du démon renard.
« Naruto ! Qu'est ce que tu fais ? »
C'était la voix de Sasuke. Naruto releva la tête, surpris. Il ne trouva rien à dire. Il avait la gorge trop nouée pour parler.
« Mourir ne te servira à rien ! Essaye plutôt de contenir son esprit en malaxant ton chakra, continua son coéquipier.
-Naruto ! Crétin, si tu meurs je te jure que je vais te le faire regretter !, s'écria Sakura les larmes aux yeux ».
Les yeux de Naruto s'éclairèrent. L'espoir était revenu. Hinata en fut ravie. Par contre, le visage d'Orochimaru se déforma de colère. Il ne l'entendait pas ainsi. Il voulait accélérer le processus de libération du démon-renard. Il avait tout d'abord trouvée l'idée du suicide amusante. Il avait voulu tester jusqu'où Naruto était prêt à aller. Mais maintenant, il s'était lassé de ce petit jeu qui ne se déroulait plus comme il le désirait.
Le clone qui retenait Naruto lui saisit la main qui tenait le kunai et exerça une violente pression dessus. L'arme pénétra dans la chair de Naruto et remonta jusqu'à son thorax. Naruto écarquilla d'abord les yeux, surpris, puis grimaça de douleur. Naruto sentit un goût de sang remplir sa bouche. Un liquide chaud s'écoulait de son ventre et tachait sa main. Son visage finit par s'apaiser et il remercia intérieurement Orochimaru de l'avoir aidé à mettre fin à ses jours.
« Qui eut cru que je remercierais un jour ce sale type, sourit ironiquement Naruto. Et de me tuer encore bien… »
Sakura cria en voyant le sang de Naruto couler. Hinata sentit son cœur se serre à tel point qu'elle crut qu'il allait cesser de battre à tout jamais. Elle ne put articuler un seul son et les larmes coulèrent le long de ses joues. Sasuke serra les poings et quelques larmes pointèrent dans ses yeux. Il tenta de se relever mais le clone lui asséna un coup sur la tête qui le sonna complètement. Les autres ninjas serrèrent les dents, incapables de dire quoi que ce soit.
Orochimaru n'était pas encore satisfait. Naruto ne mourait pas assez vite à son goût et Kyûbi mettait un temps incroyablement long à se libérer de sa prison. Le clone qui tenait toujours la main de Naruto la guida de nouveau. Le kunai se retourna dans la plaie. Naruto hurla de douleur.
« Allez, ferme les yeux, s'ordonna à lui-même Naruto. Cesse donc de résister. C'est mourir que tu dois faire !
- Hé, hé, c'est difficile d'abandonner la vie, n'est ce pas, petit homme ?, gronda la voix de Kyûbi.
- Tss, ta gueule, renard de malheur !
- Pfff ! Quelle impolitesse ! Jusqu'au bout, personne ne te changera… »
Une immense tête de chakra rouge sortit du corps de Naruto, une tête de renard. Cette tête s'élança droit devant elle, gueule grande ouverte, en laissant échapper un cri monstrueux. Les clones d'Orochimaru se volatilisèrent. Naruto tomba au sol, inconscient. Un corps de chakra suivit la tête du renard. La taille de Kyûbi dépassait l'imagination.
« Hé, hé, hé, ricana Orochimaru de son arbre. Voici votre fin, jeunes gens ! Cruelle et douloureuse à souhait ».
La gueule de chakra rouge se dirigeait droit sur les dix enfants de Konoha. Ceux à qui il restait encore quelque force se relevèrent tout en sachant parfaitement que leur démarche était inutile : ils ne pourraient rien faire contre le démon-renard. Mais le démon passa entre eux. A une vitesse incroyable, il contourna Neji, frôla Chôji, sauta par dessus Shino et Hinata et continua sa course sans se préoccuper d'eux. En deux secondes, il fut au pied de l'arbre où se trouvait Orochimaru. Il fit un bond, arriva à sa hauteur et referma sa mâchoire.
Orochimaru n'avait pas bougé, trop étonné que pour faire le moindre mouvement. Il contempla sans rien dire les dents qui lui lacéraient la chair puis son regard remonta jusqu'à celui du démon-renard.
« Tu es libre et tu attaques celui qui te délivre ?, interrogea Orochimaru. Quelle ingratitude !
- Je ne suis pas libre », fit remarquer Kyûbi de sa voix de démon.
Orochimaru pencha la tête et put voir qu'une des neuf queues du renard le reliait toujours au corps de Naruto.
« Ne vas-tu pas prendre ta revanche sur le village de Konoha ?, essayant de garder son calme et de ne pas perdre le contrôle de la situation.
- Il faut croire que non. "Si tu meurs, je meurs", c'est ce qui résume la situation entre ce gamin et moi. Si tu cherches à le tuer, c'est moi que tu menaces par la même occasion. Ne brûlons pas les étapes. Je vais commencer par toi », menaça la voix de Kyûbi.
Le démon-renard voulut mordre de nouveau l'homme-serpent. Mais le temps qu'il ouvre la gueule et la referme, Orochimaru avait sauté de l'arbre. Le chakra en forme de renard le pista.
« Tu comptes donc vraiment me tuer avant de t'en prendre à ces gamins et de te ruer sur le village ?
- Qui a dit que j'allais agir ainsi ?
- Quoi !, s'étouffa Orochimaru. Il n'y a aucune raison pour que tu ne cherches pas à te venger du village de Konoha !
- Tout comme il n'y a aucune raison pour que j'agisse comme tu l'entends. Je crois qu'il y a encore quelque chose que tu ignores à propos de ce sceau et des deux êtres qu'il relie… »
Orochimaru s'élança en direction du corps évanoui de Naruto dans le but très clair de l'achever et de se débarrasser ainsi de ce démon-renard qui menaçait sa vie. Mais Kyûbi fut plus rapide que lui. Il referma ses mâchoires sur le torse de l'homme. Le sang en sortit par décilitres.
« Tss..., pesta Orochimaru. Je n'ai plus le choix! »
Orochimaru se dégagea des mâchoires de chakra, appela le serpent qui se battait contre Gamabunta et s'enfuit sur son dos à travers la forêt. Il ne pouvait pas se permettre de continuer le combat tout en perdant autant de sang, surtout après les blessures qu'il avait reçues de Neji. Le voyant fuir, le démon-renard hurla de rage. Étant toujours relié au corps de Naruto, il ne pouvait pas le poursuivre. Kyûbi regagna donc le corps de son hôte. L'auréole de chakra que dégageait le corps inconscient diminua peu à peu et le corps de Naruto reprit une forme normale.
Gamabunta, lui, suivit un instant le serpent qu'il affrontait quelques instants plus tôt, ne supportant pas l'idée que ce combat finisse de cette manière.
Le visage de Naruto était paisible. Il reprit connaissance quelques instants plus tard. La force du démon-renard guérissait lentement les blessures les plus profondes qu'il avait reçues, les plus légères n'étant déjà plus qu'un mauvais souvenir.
Sakura était devant lui. Des larmes coulaient des yeux de la jeune fille sans qu'elle ne puisse rien y faire. Soudain, à la surprise générale, elle gifla Naruto avant de se jeter dans ses bras, en pleurant de plus belle.
« Mais,… Sakura-chan…, s'étonna Naruto.
- Ça t'apprendra, crétin ! », dit Sasuke de sa voix redevenue calme. « Non mais quelle idée de vouloir te suicider… T'es vraiment le roi des imbéciles ! Tu as de la chance que Sakura m'aie devancé parce ce que mon poing me démange aussi et, blessé ou pas, je n'aurais pas été aussi doux ! ».
Naruto ne trouva rien à répondre. Il fixa Sasuke droit dans les yeux et s'aperçut que ceux-ci étaient légèrement humides, ultime trace des larmes qui les avaient submergés l'instant d'avant. Naruto pencha la tête sur le côté, étonné, et ne put se détacher du regard froid que lui donnait son coéquipier. Sasuke ne put pas supporter plus longtemps cet interrogatoire muet qui perçait à jour sa faiblesse et il détourna les yeux, énervé.
« Sakura-chan, Sasuke, … désolé…. », s'excusa Naruto d'une toute petite voix.
Il était très touché par l'émotion qu'avaient manifestée ses deux coéquipiers. Le petit groupe des jeunes ninjas s'assis aux côtés de Naruto. Ils étaient indéniablement fatigués. Ils restèrent un long moment sans rien dire, tentant de reprendre des forces. Ce fut Sakura qui brisa le silence.
« Hinata, tu as un don très précieux », dit-elle les yeux dans le vague.
Hinata leva la tête vers son interlocutrice, surprise. Elle ? Elle aurait un don ? Un don précieux ? Non, ce n'était pas possible.
« Hinata, tu rends les choses belles ».
Et Sakura offrit un joli sourire à Hinata.
« Un jour, quand tu auras le temps, j'aimerais bien que tu coiffes mes cheveux. Il n'est sans doute pas possible de faire autant de choses dans des cheveux courts que dans des cheveux longs mais j'aimerais que tu essayes quand même.
- Oui, à moi aussi, cela me plairait », ajouta Ino.
Hinata rougit.
« Rendre les choses belles ».
« Mais pour un ninja, ce n'est pas important de rendre les choses belles. Au contraire, ce n'est pas du tout l'objectif.
- La noblesse du cœur est la beauté de l'âme »
C'était Shino qui avait parlé. Et il avait bien raison.
« Tu embellis les choses en les touchants avec ton âme. Tu as offert à Neji des fleurs de ton jardin intérieur, cultivées avec ton chakra et ton âme. C'est ainsi que tu es forte. Tu touches avec ton âme. Et comme elle est très pure, très sincère, même Orochimaru n'a pas pu y faire face.
- C'est la parole du jour, conclut Sasuke.
- Oui, Hinata, tu es l'héroïne de ce jour, s'écria Naruto.
- Mais je n'ai rien fait. Neji a fait beaucoup. Toi aussi Naruto, tu as été formidable. Si tu n'avais pas su garder en toi Kyûbi, nous serions tous morts. Shikamaru a conçu la majorité des plans. Sakura, Ino, Tenten, Chôji, Kiba, Shino, Sasuke, vous avez tous parfaitement rempli votre rôle, se défendit Hinata, déstabilisée par tant de compliments.
- On n'a su faire tout ça uniquement grâce à ta technique spéciale. Sans ça, Shikamaru n'aurait pas pu concevoir de plans, ni nous en avertir avec autant de discrétion. En plus, tu as dû avoir recourt à une grande quantité de chakra », expliqua Neji, un peu maladroitement.
C'était la première fois qu'il faisait un compliment à sa cousine. Celle-ci s'en rendit bien compte.
« Mais…, dit-elle en rougissant et en entrechoquant ses deux index.
- Bon, ça suffit, crois-nous et tais-toi.
Évidement, Neji n'était pas très doué dans ce genre de situation. Hinata avait les larmes aux yeux mais elle ne savait pas si c'était de joie ou de tristesse : de joie que son cousin l'ai complimentée et d'avoir pu être utile à cette mission de peine de voir que sa relation avec son cousin tournait déjà à la dispute. Mais Neji posa sa main sur la tête de sa cousine en soupirant. Hinata su qu'elle pouvait être heureuse.
« Bon, on y va ?, s'enquit Naruto.
Tous répondirent à l'affirmatif et Shikamaru exprima la pensée générale.
« Ouais, marre de cette forêt.
- Et puis, j'ai faim, moi », se plaignit chôji.
