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Chapitre 9 : Le cadeau et ses souvenirs

Les jours on passés, trop rapidement à mon gout. Ma vie était rythmée entre le Tom dreadé le jour et le Tom tressé dés le début de soirée. Ma santé s'était améliorée, je marchais de plus en plus sans l'aide de mes jambes de substitution - ce qui m'arrangeait du fait que je devais reprendre le travail d'ici un mois. Le soir, Tom était remonté avec une paire de clef de voiture de plus dans les mains. Une lettre les accompagnait.

- Tiens, c'est pour toi... Des clefs de voiture et une lettre. Quelqu'un est au courant que tu es ici ?

- Normalement non... Enfin... Je ne sais pas... Visiblement...

On riait alors. J'attrapais mes affaires, et le tressé quant à lui s'assit à coté de moi, visiblement curieux de savoir ce que contenait le papier. Lui adressant un regard plein de malice, je faisais durer le suspence. Ouvrant lentement, dépliant dans accelerer. Mais ma plaisanterie disparue quand je vis l'écriture mal soignée d'Andreas. Bien que je ne fus pas étonné que ce "cadeau" vint de lui, j'en étais pourtant blasé, persuadé qu'il allait me dire que désormais je lui devait un service et que j'étais donc voué à être son esclave à vie. Je restais perplexe devant les mots qu'il m'adressait. Je me mit à lire à voix haute afin de partager avec Tom.

Bill,

Je suis certain que tu es ici. Je te connais.

Je ne sais pas si tu te souviens, mais la voiture que tu as malheureusement détruite était un cadeau que je t'ai fais il y a de ça quelques années. Ma voix s'évapora progressivement, et finalement, je ne lisais que pour moi - Un cadeau est un cadeau. Je sais qu'elle te servira puisque tu dois reprendre le travail d'ici peu.

J'espère que tout se passe bien de ton coté. Passe le bonjour à Tom, et remercie le.

Andreas.

La dernière phrase me perturbait. Il fallait que je passe le bonjour à "Tom", et que je le remercie. Mais de qui parlait-il ? Etait-ce de mon Tom, celui qui a pour ainsi dire causé notre dispute ?, ou était-ce Tom l'agréable jeune homme qui partageait son appartement avec moi ? Je ne su déterminer. D'ailleurs, mon collocataire remuait les mains devant mon visage, m'appelant. Je secouais la tête et lui adressa un sourire discret mais sincère.

- Hey Bill ! Tu t'es arrêté de lire et tu tirais une drôle de tête ! Qu'est-ce qu'il se passe ? C'est un cadeau empoisonné ?

- Non non Tom ! Dis-je en riant, non, c'est mon ex-fiancé qui m'offre cette voiture car j'ai détruite celle qui m'avait offert...

- Voilà qui me rassure. On ne sait jamais sur quelle crapule on peut tomber ! Enfin, j'irais faire le tour un de ces quatres, si c'est la BMW qui se trouve non loin du bâtiment, elle me semble être vraiment bonne... Je suis un amateur de voiture...

- Ah oui ? Toi aussi ? Je souriais alors à pleine dent. Il m'a dit que c'était exactement celle que j'avais si j'ai bien compris, donc ce doit être une BMW serie 6, jante de 17 pouces et un moteur V8... En espérant qu'elle soit neuve tant qu'à faire !

Tom me regardait avec de grands yeux. Presque si il tirait la langue. Il devait savoir que le prix de cette voiture n'était pas des moindres. Il y eu alors un blanc. Mon nouvel ami semblait gêné et se grattait la tête nerveusement. Bill se rappela que le wesh était issu d'un monde modeste pour ne pas dire pauvre, et donc que de parler si ouvertement de sa richesse et de sa simplicité à acquérir de nouveaux objets de valeurs pouvait provoquer une certaine distance entre les deux.

- Ah, Tom, Andréas te passe le bonjour.

Le plus intrigant dans le fait d'avoir dit ça n'était pas la phrase en elle-même, mais plutôt le second regard qui se posa sur moi. Les deux étaient identiques, d'une même lueur, ils exprimaient la même émotion entre la surprise et l'incomprehension. Les deux regars, lorsqu'on les voyait ainsi en même temps, se fondaient l'un dans l'autre, comme s'ils n'étaient qu'un. Ceci me fit rire, la coïncidence était vraiment imprevisible. J'aurais pu croire que les deux étaient une même personne. Seulement leur différence d'âge - car mon amour semblait beaucoup plus jeune que mon ami - et le charisme qu'ils dégageait l'un et l'autre les différenciait.

Tom, mon Tom, était debout, derrière le canapé où j'étais assis. Je le voyais dans ma périphérie. Pour la première fois, il me semblait maigre, craintif. Il se grattait à son tour la tête nerveusement. Je souris encore. Il était si différent de l'autre, et pourtant si semblable à la fois.

- BIEN ! Dit alors le plus vieux en sautant sur ses jambes alors que le jeune venait de disparaître une nouvelle fois miraculeusement. Allons voir ta bête féroce ! J'aimerais la faire rugir aussi, si cela ne te derrange pas. Ce n'est pas tous les jours qu'on voit une si belle bagnole ! Mais excuse moi si j'en tombe amoureux, si je prends l'apéritif avec elle ou autre...

- Ho non ! J'vais finir par être jaloux de ma propre voiture bientôt !

Ces mots étaient sortis tous seuls. Et une fois que j'eu conscience de mes mots, et du regard amusé que me portait Tom, je me cacha le visage entre mes mains. Mes oreilles devinrent chaudes, mes joues aussi, signe de la teinte rougeâtre qu'elles venaient de prendres. Qu'est-ce qui me prennait ! Dire des choses comme ça d'un coup, en toute sincérité qui plus est. Mais en tout cas, ma réaction légèrement possessive dut plaire à l'autre homme.

Il s'avança vers moi, prit mes mains - les siennes étaient soyeuses et chaudes, un vrai plaisir - et me dégagea le visage. Lentement, il plaça sa tête sur le coté de la mienne, de sorte à ce que sa bouche soit au niveau de mon oreille. Les milisecondes qui passaient semblaient être des minutes entières, longues, et je savourais chacun des souffles que je sentais glisser sur ma peau opaline. J'entendis alors un murmure, sa voix me semblait extrêmement sensuelle, suave, j'aurais pu écouter son timbre sans fin.

- Serais-tu interessé pour prendre la place de ta voiture peut-être ?

Je déglutis. Il émanait de lui des ondes vraiment attirantes, et rien que ça commençait à m'exciter. Il m'en fallait peut déjà à la base, certes, mais là, c'était vraiment différent de ce dont j'avais l'habitude. Comme quelque chose que j'aurais attendu durant des années. Des années de frustrations. C'est d'ailleurs ce que je ressentais à ce moment là. De la frustration. Je ne savais pas si je devais entrer dans son jeu ou alors jouer le jeu de la plaisenterie. Dans quoi je m'engageait si toutefois il se passait quoique se soit ? Est-ce qu'il me prendrait vraiment au sérieux ou en profiterait-il pour me chambrer comme il aimait à le faire amicalement. Je n'en savais rien. Mais la situation se dégagea sans que j'eu à réagir. Tom empoigna ma main plus fermement de sorte à me faire me lever et me traina jusqu' à la porte, son rire claire résonnant dans les pièces claires que l'on traversait.

Rapidement, le désir laissa place à une sorte d'angoisse légère, une appréhension. Le dreadé m'apparaissait à chaque coin du bâtiment, peut importe où je posais les yeux. Son visage était de plus en plus crispé, ce qui accentuait mon angoisse naissante. L'homme qui me tirait semblait quant à lui de plus en plus enthousiaste et avançait de plus en plus vite.

C'est alors que mes jambes s'arrêtèrent sur le pas de la porte de l'immeuble. Nous venions juste de passer l'entrée, je la voyait. Du coin de l'oeil, je pouvais la distinguer. Mon pouls s'accelera, Tom se jetait dessus. Elle semblait neuve, mais elle dégageait une impression d'usure. La carrosserie était parfaite, sans la moindre rayure, et pourtant elle donnait une impression de réparation. Je fis un pas vers elle, et mon soufle se coupa. Un autre, et la tête me tournait. Mon coeur s'arrêta directement lorsque mes yeux se posèrent sur une photo à moitier brûlée que l'on distinguait sur le tableau de bord. Je savais ce que c'était. Je la connaissais par coeur. Elle me représentait dans les bras d'Andreas, dans un parc d'attraction. Elle n'avait pas quitté sa place, elle avait résisté à l'accident. Elle.

Mon ami ayant la tête sous le capot afin d'admirer le moteur, ce fut mon Tom qui me soutenait alors que mes jambes me lâchaient. Lentement, il me fit avancer vers ma chose, vers mon mauvais souvenir. Intérieurement, je hurlais de ne pas y aller, mais il m'y poussait. Il voulait que je rompe la distance qui m'en séparait. Une larme dévala une de mes joues. Au final, il avait réussi à me faire m'assoire à la place du conducteur. Tom me regardait de dehors, il ne disait rien. Le miens avec une nouvelle fois disparu comme par magie. Une nouvelle larme, ma peur s'était évanouie et laissait place à une certaine nostalgie. Les routes que j'ai pu parcourir dans le silence parfait de mon moteur me revenaient en mémoire. Ce sentiment de liberté me manquait. Là, maintenant, je voulais rouler. Comme avant. Grâce à celui que j'aimais.

C'est alors que mes yeux se posèrent sur la photo délabrée. Je l'attrapa d'un geste vif, sorti mes bras de la voiture, et déchirais le papier en de tous petits morceaux. Une fois chose faite, je ferma la porte, tourn la clef. Tom fut surpris, mais aussi stupéfait du silence. Il ferma le capot, et vit s'installer à mes cotés. Un sourire au lèvres, je tenais ma vengeance.

Souplement, je passais, sans vraiment quitter ma place, par dessus le levier de vitesse et par dessus lui, afin de lui attacher la ceinture de sécurité. Mon visage n'était qu'à quelques centimètres du sien. Effleurant ses lèvres au passage, je revint à ma place et m'attachais à mon tour. Faisant mine de vouloir passer la vitesse, je posais ma main sur sa cuisse. Je pu le sentir se crisper sous son fin pantalon à pince. Alors que j'effectuais, toujours silencieux, une légère pression sur son muscle, je le vis ouvrir un peu plus sa belle chemise blanche. C'est alors que, juste avant de réellement passer ma vitesse, je lui dis - de façon toute aussi sensuelle que lui plus tot.

- Où allons nous ?