En espérant que ce chapitre vous plaise.


Norton avait entendu le cri de Candy quand Albert avait perdu connaissance. Il ignorait comment ça a pu arriver mais le visage de son infirmière montrait clairement que quelque chose s'était passé entre eux.

Avec l'aide des domestiques, il put porter Albert dans sa chambre et appela par la suite un médecin.

« - Il va bien, annonça ce dernier à Norton et à Candy, il faut qu'il se repose. Parfois un surplus d'émotions peut entrainer une extrême fatigue, je suppose qu'une mauvaise nouvelle ou quelque chose de ce genre a dû lui faire un choc. »

Norton jeta un œil interrogateur à Candy qui resta de marbres. Le médecin les salua et les quitta. Au même moment, Georges entra dans la pièce. Quelle ne fut pas sa surprise que de voir Candy.

« - Mlle Candy ! S'écria-t-il en allant vers elle, cela fait si longtemps…Vous n'imaginez pas la joie que j'ai de vous revoir.

-Je sais, Georges, j'ai dû trop vous en demander, je regrette que vous ayez eu tant de problèmes à cause de moi… » Candy avait eu envie de pleurer, car elle s'en voulait d'avoir abandonné Georges en même temps qu'Albert. La maladie de ce dernier avait dû beaucoup inquiété Georges.

« -Non, mademoiselle, ce n'est pas de votre faute, mais de la mienne, j'aurai du vous en empêcher mais…mon devoir était de faire en sorte que Monsieur William soit un chef digne de son nom. J'ai été trop égoïste et naïf. Je suis tellement…désolé. »

« -Excusez-moi, intervint Norton un peu confus, mais vous vous connaissez ?

-Oui, Candy a été adoptée par Monsieur André, répondit Georges.

-Comment ? Mais vous ne m'en avez jamais parlé, Candy !

-Pardonnez-moi, mais j'ignorais jusqu'à maintenant que vous faisiez partie de cette famille. »

Norton soupira. Décidément la famille André avait des affaires familiales un peu trop compliqué à son goût. Il finit par raconter ce qui s'est passé à Georges.

« - Il doit être sous le choc de vous revoir, surtout qu'il ne s'y attend pas, avoua le bras droit du Grand Oncle William, il pensait régulièrement à vous, pour lui c'était une véritable souffrance de ne pas vous avoir à ses côtés. »

Mais pourquoi ? Pourquoi Albert était si attaché à elle au point de tomber malade ? Autrefois, cet éloignement n'avait pas aussi affecté à ce point le jeune amoureux de la nature. Lui qui voyageait et qui aimait la solitude, elle n'aurait jamais imaginé un seul instant qu'Albert en deviendrait malade.

« - A partir d'aujourd'hui, je vais m'occuper de lui, comme je l'avais fait avant, je vous promets qu'il remarchera et qu'il pourra de nouveau rire avec nous, promit-elle à Georges.


Lorsqu'Albert se réveilla, une tête aux cheveux blonds était auprès de lui. Il était dans sa chambre, dans son lit. Il ignorait comment il est arrivé là. Il pensait que les retrouvailles de Candy n'était qu'un rêve jusqu'à qu'il croise ses yeux verts magnifiques.

« -Candy, murmura-t-il.

On lui prit la main.

« -Je suis là, Albert et je ne vous quitterai plus d'une semelle, lui dit-elle avec un sourire qu'il lui connaissait bien.

-Tu m'avais autrefois dit la même chose quand j'étais amnésique, se rappela-t-il.

-Et je tiendrai encore parole.

-Rien ne me rend plus heureux que de te voir.

-Moi aussi, je suis heureuse de vous revoir. Et je suis tellement désolée de vous avoir…laissé….

-Ne t'en fais pas, Candy, je vais me remettre sur pied rapidement.

-Je l'espère, Albert, je l'espère de tout mon cœur que j'arriverai à vous guérir. »

Tu y arriveras, pensa-t-il, maintenant que tu es auprès de moi.

Depuis ce jour, Albert se transforma aux yeux de Georges et Norton qui le virent beaucoup plus joyeux et beaucoup plus serein que ces dernières semaines. Le chef de la famille André rayonnait de bonheur, la présence de Candy le rendait en paix avec lui-même plus rien d'autre ne comptait que de rester auprès d'elle.

De son coté, Candy aussi était folle de joie que de retrouver son ami de toujours, Albert, ce prince, qu'elle avait abandonné à tort et qu'elle regrettait. Mais désormais elle devait rester auprès de lui pour sa guérison afin qu'il puisse redevenir celui qu'il a toujours été l'homme de la nature, le grand Oncle et Albert.


« -Je veux réapprendre à marcher, docteur, annonça Albert alors que le médecin l'auscultait.

Candy n'en fut pas surprise, plusieurs fois, il lui en avait parlé son désir de remarcher.

« -Il est encore un peu tôt, répondit le médecin hésitant, même si vous avez repris des forces, vous n'avez pas marché depuis des mois ! Vous n'allez pas remarcher dès demain !

-Je sais, mais je veux juste…commencer à ma rééducation…

-Je comprends, mais je préfère qu'on attende un peu. Jusqu'à que vous retourniez à Lakewood. Je ne vous connais pas assez pour que vous permettre de marcher. Vos médecins habituels doivent vous donner leur accord.

-Bien, docteur. J'attendrai. » Approuva-Albert malgré lui.

Le médecin les laissa tous les deux.

« -J'ai hâte de retourner à Lakewood, soupira-le jeune chef de famille.

-Voilà ce qui vous donnera une bonne motivation, dit-Candy, en plus vos vacances sont bientôt terminés.

-Tu viens avec moi ? S'enquit Albert.

-Mais bien sûr ! Je vous ai promis de ne pas vous laisser tant que vous ne seriez pas guéris ! »

Il était soulagé, Candy allait rentrer avec lui. Il ne regrettait nullement d'avoir fait ce voyage que Norton avait proposé.

« - Mais, j'aurai une faveur à vous demander Albert.

-Laquelle ? »

Il craignait sa demande, il connaissait même d'avance le désir profond de Candy. Depuis qu'il l'avait revu c'était sa crainte.

« -Annuler l'adoption. Si je veux me consacrer entièrement à votre guérison, je ne veux pas qu'il y ait des problèmes à ce propos, je veux être considéré comme étant votre infirmière et non votre…fille adoptive. Et puis j'y ai beaucoup réfléchi, même si je vous en suis très reconnaissante, je veux être libre. Je ne veux plus être une André car de toutes manières votre famille avait du mal à m'admettre alors autant l'annuler. »

Il n'avait pas eu tort. C'était bien cela. Il le savait. Depuis toujours que ce jour allait arriver. Une demande d'annulation. Candy était grande et était devenue adulte, elle n'avait plus besoin de sa protection.

« -Laisse-moi le temps d'y réfléchir, répondit enfin le Grand Oncle William, je ne veux pas prendre cette décision à la légère. »

D'un côté, il était en colère mais de l'autre il ne pouvait pas lui en vouloir, elle a toujours été indépendante tout comme lui, et il avait été dans son cas, il aurait certainement réagit de la même manière.

Retourner à Lakewood, à sa vie d'avant faisait tout drôle à Candy. Depuis qu'elle avait quitté sa région, elle avait toujours pensé que sa vie serait à Atlanta, même si elle avait très peu d'amis ici. Mais il est vrai que cela lui avait manqué. Monsieur Norton lui avait même assuré qu'il avait pris les moyens nécessaires lorsqu'elle quittera Atlanta. L'hôpital où elle travaillait allait lui manquer mais pas autant que Chicago, Lakewood, la maison de Pony et sa chère colline.

Elle se tourna vers Albert qui lisait désormais près de la fenêtre alors que les rayons du soleil éclairaient son magnifique visage. Lui, son cher prince, son protecteur, son meilleur ami, celui qu'elle avait autrefois considéré comme son frère, lui qui l'avait tant aidé autrefois, elle l'avait abandonné. Elle savait qu'elle avait commis une erreur et qu'elle tentait à tout prix de réparer. Elle était cependant heureuse de pouvoir désormais s'occuper de lui, l'accompagner et le soutenir. Finalement, peut être que le destin s'acharnait sur leur rencontre afin de lui montrer son véritable chemin, son avenir. Est-ce que son futur serait de rester auprès de lui ?

« -Candy ? »

La voix d'Albert coupa net dans sa réflexion.

« -Tu as l'air pensive, continua-t-il, t'aurais-je causé du souci ? »

Même dans son état, il s'inquiète pour moi.

« -Ne vous en faites pas, je me disais que…vous étiez souvent sur mon chemin quand j'avais besoin d'aides…mais je n'ai pas été auprès de vous le moment où vous aviez eu besoin de moi. »

Albert la fixa longuement et ferma son livre. Il ne lui en voulait pas. Jamais il ne lui en avait voulu.

« -Candy…ce n'est pas de ta faute, sourit-il sincèrement, j'en suis l'entière responsable.

-Non, Albert. Je…

-Je n'ai pas su gérer ma famille, mes amis, mes envies et…toi. Je n'ai pas su faire la part des choses. J'ai blessé de nombreuses personnes sans m'en rendre compte : Archibald, Annie, le Docteur Martin, Georges, ma tante et…toi. Tu es partie parce que tu as senti ça. Tu as voulu me faire réveiller à ta manière. La manière forte, certes. Mais…je suis resté faible. Je n'ai pas pu être à la hauteur de tes attentes… »

Candy s'était approchée de lui, touchée par les paroles de son ami de toujours. Elle lui prit les mains et avec son habituel sourire, elle lui dit d'une voix douce et pleine d'amours :

« -Vous avez toujours été à la hauteur de mes attentes, Albert. Et je sais qu'à nous deux, nous rattraperons le temps perdu. »

Ces mots tendres remplirent de bonheurs le cœur de l'homme de la nature. Il serra fort ses mains chaudes et réconfortantes.

« -J'ai toujours pensé que tu étais une bonne infirmière, ajouta-t-il en riant doucement.

Surprise, Candy rougit et s'éloigna embarrassée. Son patient éclata alors de rire. Ce qui lui fait chaud au cœur et elle se mit aussi à rire, heureuse de voir son Albert de toujours rire avec elle.