Salut !

Et voila le chapitre 10. On arrive dans la dizaine de PC ! Enfin, même si techniquement je suis censée être plus avancée que ça... Bref.

Je pense que l'on entre dans l'arc la plus importante de la fic. A partir de maintenant, cela jouera beaucoup sur les liens entre les personnages, les relations entre mages et scientifiques et les sentiments. :) Ce chapitre ne livre pas beaucoup d'informations, mais l'une d'elle est capitale pour la suite...

Bonne lecture !


Chapitre 10 : L'esprit d'équipe

Roxas leva les yeux sur Axel. Que voulait-il dire par là ? Axel semblait très embarrassé, mais aussi contrarié et désespéré. D'ordinaire si joyeux et de bonne humeur, à ce moment précis il paraissait être une toute autre personne. Le voir avec un visage aussi blême et triste ne lui ressemblait pas.

— Que veux-tu dire ? s'enquit Roxas.

— Je parle de vous, ajouta Axel. Au départ, je suis un chercheur dans le domaine des prothèses. Puis, la Ligue des scientifiques m'a réquisitionné, et m'a placé dans le projet « Golem », celui de votre création.

Tout en parlant, le rouquin rangeait le matériel dont il n'en avait plus besoin, et en prenait d'autres pour apporter les finitions dans les soins du 01. Il parvenait à rester concentré sur sa tâche et à expliquer ses propos, avec un calme légendaire.

— On m'a dit que le but de ce projet s'agissait de donner une preuve à l'Etat pour prouver qu'on était pas des moins que rien. Puis, les chefs ont décidé de vous utiliser comme des armes de combat, et l'équipe du projet a dû modifier plusieurs fois le prototype de base, jusqu'à obtenir un modèle aussi abouti que toi. En acceptant ce boulot, je voulais pas d'une armée de soldats et d'une guerre pareille.

Roxas assimilait ce qu'Axel lui disait sans faire de commentaire. Il était vrai qu'il ne s'était jamais intéressé à l'avis des scientifiques travaillant au service du trio originel de l'association, alors entendre de pareils mots sortir de la bouche du rouquin lui donnaient un aspect différent des savants. Certes, lui, il ne devait qu'obéir aux ordres sans discuter et accomplir tout ce que l'on lui disait, mais pour les chercheurs, quel sentiment pouvaient-ils ressentir, en étant exploités ainsi ? Certains appréciaient peut-être cette organisation, d'autres se sentaient sûrement mal à l'aise, mais une grande partie devait sans aucun doute vouer une certaine haine aux fondateurs. Le fruit de leur travail finissait par être utilisé comme de simples armes, attisant encore plus le mépris du gouvernement et de la population. Le 01 ne se mêlait jamais des recherches menées par ces hommes, donc il en connaissait à peine le système ainsi que les opinions de chacun.

— Pourquoi continues-tu alors de travailler pour les Fondateurs ? demanda Roxas d'une voix détachée.

— J'ai pas d'autre choix, soupira Axel. Et puis, qu'est-ce que tu veux que je fasse après avoir été renvoyé du bâtiment ?

Le cyborg savait pertinemment qu'il n'y avait aucune autre issue pour les scientifiques. Le seul lieu sécurisé pour eux demeurait les différents bâtiments de sciences, chacun géré par des personnes plus ou moins hauts gradés, ou ayant des affinités avec les chefs. Il avait simplement posé la question dans la mêlée, simplement curieux de connaître les motivations du jeune homme qui s'était toujours occupé de lui – Axel n'avait que vingt-quatre ans – si ce dernier en possédait. Il ne savait pas si son départ provoquerait chez lui un certain « malaise », ou bien un « vide » dans sa vie quotidienne. Mais maintenant qu'il connaissait sa réponse, il était inutile qu'il songe davantage à la question. Pourquoi se casser la tête sur un sujet fictif ?

Le rouquin termina enfin son travail et alla reposer définitivement tous ses instruments. Roxas se leva et observa dans le miroir situé juste à côté de lui l'état de son corps. Ses bras étaient pratiquement recouverts de bandages, des pansements parcouraient régulièrement son visage, ses jambes se trouvaient encombrées de tissus, et même ses mains étaient enroulées dans des gazes. Ce n'était pas très joli à voir, mais s'il le fallait… Le 01 n'appréciait pas tellement la sensation de se retrouver privé d'une partie de ses mouvements par ces restrictions médicales. Il espérait que ses blessures guérissent le plus vite possible.

— Bon, je sais que tu ressembles à une momie, mais j'avais pas le choix, s'excusa Axel.

— Pas de souci, je prends sur moi, répliqua Roxas. Sur ce, je te remercie pour tes soins et m'en vais.

Roxas se dirigea vers la porte et disparut dans le couloir, laissant le rouquin seul dans la salle. Ce dernier lâcha un long soupir et se laissa tomber dans son fauteuil, et observa le plafond immaculé. Malgré la légère couleur jaunâtre du plafonnier, la pièce s'avérait toujours aussi blanche, et ce n'était pas les meubles qui aideraient à la rendre plus gaie. Entre plusieurs lits montants dans le coin droit, le bureau accompagné de son fauteuil situés à quelques mètres plus loin, le lavabo et l'armoire à pharmacie juste à côté ainsi que les chaises disposées dans le coin gauche, le tout dans des tons homogènes de gris et de blanc, cela reflétait parfaitement l'esprit quelque fois tordu et malsain des scientifiques occupant le bâtiment. Le rouquin avait à plusieurs reprises songé à changer les meubles, mais comme le bloc n'appartenait pas qu'à lui, il ne pouvait pas se permettre de faire ces changements. Déjà que l'ambiance en elle-même chez les savants le rendaient malade, rester dans une pièce aussi claire ne s'avérait pas bon pour sa santé.

— Pff, bon arrête de délirer, murmura-t-il pour lui-même.

Il se leva de sa chaise et décida d'aller faire un tour sur le toit du bâtiment pour se changer les idées.


— Il s'est passé quoi ? Comment ça t'est arrivé ? Pourquoi t'étais dehors ? T'es pas trop blessé ? Comment tu vas ? Est-ce que tu as bes-

— Sora, calme-toi.

Le brun arrêta de s'agiter dès que la voix de Riku retentit. Il était venu voir son ami après que Kairi l'ait informé de l'événement de la nuit passée, inquiet et bouleversé. Il se demandait comment Riku avait pu être aussi imprudent en voulant affronter seul un cyborg dans un terrain aussi vaste, et avait ainsi paniqué en apprenant qu'il se trouvait actuellement dans l'infirmerie, et blessé. Riku soupira face au comportement excessif de Sora, mais ne fit aucune remarque, lassé de devoir toujours le reprendre à l'ordre. Kairi se contenta de rappeler au brun qu'ils se trouvaient dans une infirmerie, et que le calme s'avérait être la règle d'or à respecter. Sora s'excusa et baissa d'un ton.

— Sincèrement, qu'est-ce qui s'est passé ? continua-t-il.

— Comme Kairi te l'a dit, soupira Riku. On s'est rencontrés par hasard, et on s'est battus. Je menais le combat jusqu'à ce qu'il parvienne à se rapprocher de moi et me mette un coup dans le ventre. Puis, Kairi m'a sauvé in extremis.

— Mais, tu avais bien utilisé de puissants sorts, non ? Comment il a pu survivre ?

— Je n'en sais absolument rien. Ne l'oublie pas, ils ne sont pas humains, ils ont sûrement une plus grande résistance que la nôtre. Ou plus généralement de meilleures capacités physiques.

Sora trouvait cela incongru. Même en ayant une défense en béton, personne ne pouvait résister aux dégâts causés par deux puissantes magies ! Certes, la deuxième avait été esquivée, mais d'après Riku lui-même, il se souvenait parfaitement que Roxas avait été pris pendant une fraction de seconde dans le Sidéral. Tout cela le dépassait, et il ne tenait même pas à en savoir plus sur ces humanoïdes incompréhensibles. Kairi croisa les bras et rappela que les cyborgs étaient leur priorité offensive, et que les abattre au plus tôt serait le mieux. De ce fait, elle pria Sora de ne plus se plaindre à propos de ces « êtres artificiels » et de se concentrer à la place. Le brun fronça les sourcils. Son amie n'avait pas peur ? Terrifiée à l'aide de mourir ou de retrouver des camarades morts sur le champ de bataille ? Sora, lui, ne pouvait pas accepter la réalité qui s'opposait à lui. Il ne pouvait pas imaginer les affrontements plus violents et sanglants les uns que les autres entre les scientifiques et les mages. Il ne pouvait pas se persuader d'agir pour une « bonne cause », car après tout, il ne connaissait absolument pas les intentions des savants. Il ne savait pas s'ils étaient foncièrement mauvais ou complètement dérangés, il ne se fiait qu'à ce que son entourage lui disait.

— Je ne comprends pas comment vous pouvez être aussi calmes dans cette situation…, murmura-t-il en baissant la tête. C'est la guerre ! Il va y avoir des morts ! Du sang ! Des dégâts considérables !

— Sora, ce n'est pas encore la guerre, souligna Riku. Mais ce le sera si on ne fait rien.

— C'est pour cela qu'il faut supprimer les cyborgs au plus vite, ajouta Kairi.

Sora serra les poings. La logique voudrait qu'il faille se battre pour éviter des combats plus importants ? Complètement insensé. Il ne comprendrait jamais les adultes. Il agissait peut-être comme un véritable gamin, mais il ne parvenait tout simplement pas à adhérer les idéaux des mages. Même Riku et Kairi semblaient d'accord avec ces méthodes, et n'avaient pas froid aux yeux. Etait-il inutile sur un tel champ de bataille ? Devrait-il renoncer à l'idée de « servir » l'Etat ?

— Je peux comprendre que tu aies peur, mais c'est ainsi…, déclara Riku. La vie est cruelle avec tout le monde.

— Xion aussi est d'accord avec ce plan, c'est pour ça qu'elle tient bon, prisonnière des scientifiques, souffla Kairi. Et on ira la chercher.

Le brun acquiesça de la tête. Il allait devoir devenir plus fort pour accepter la Réalité.


— Bon, bah, j'suis venu pour te parler un peu, quoi, même si je sais pas quoi dire, surtout à une mage comme toi.

Vanitas avait reçu l'ordre de « s'occuper » de la mage prisonnière jusqu'à ce qu'elle révèle quelque chose. Le 04 trouvait cela complètement débile étant donné que la jeune fille ne dirait rien, alors essayer de soutirer des informations s'avérait une perte de temps. Mais comme il n'avait rien d'autre à faire pour le moment, pourquoi pas engager une conversation, même s'il n'était absolument pas réjoui à cette idée, chose très visible sur son visage à travers son air blasé. Xion se tenait à distance des barreaux et restait adossée au mur de sa cellule, préférant ne pas s'approcher du cyborg. Elle ne connaissait pas ses intentions, alors elle restait prudente jusqu'à ce qu'elle cerne le personnage.

— De quoi est-ce que tu veux qu'on discute ? lança-t-elle froidement.

— J'en sais rien moi, c'est toi la fille ici…, marmonna Vanitas en s'asseyant en tailleur. Genre, si t'es bonne en magie, si tu t'entends bien avec tes supérieurs, si t'as des potes, si t'as envie de nous casser la figure… Ce genre de choses, quoi.

Xion parut surprise par l'attitude tout à fait sereine et décontractée de son interlocuteur. Elle s'attendait à un traitement beaucoup plus strict et violent, mais ce cyborg semblait agir comme il l'entendait… Au moins, il s'avérait plutôt « sympathique » pour quelqu'un venant du camp ennemi. Puis, avant même qu'elle n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche et de prononcer un seul son, l'humanoïde prit la parole.

— Au fait, je crois que tu m'connais pas. Je suis le cyborg 04, mais je préfère qu'on m'appelle Vanitas.

Vanitas pointa son pouce vers lui avec un air fier, comme si dévoiler son identité s'agissait de la chose la plus extraordinaire qui soit. Xion hocha la tête et aperçut alors le fameux tatouage rouge indiquant le numéro du cyborg. Ils les portaient vraiment tous au même endroit, ce n'était donc pas difficile de les reconnaître… Elle releva un peu la tête et se tourna vers Vanitas. Elle choisit précautionneusement ses mots avant de parler afin de ne pas sortir de bêtises qui pourraient lui coûter cher.

— Si tu veux savoir, je suis dans l'armée des mages depuis l'âge de treize ans, j'ai peu de contact avec mes supérieurs, et avec mes amis on s'est promis de vous terrasser dès que l'occasion se présenterait.

Court et simple, franche et sans détour, Xion venait de donner des informations assez vagues. Elles ne seraient certainement pas très utiles aux scientifiques, et tant mieux. Vanitas acquiesça de la tête et se mit à réfléchir. Apparemment, son vis-à-vis coopérait lorsqu'il s'agissait de questions ne touchant pas elle ou l'administration directement, mais plutôt autour. Toutes ces informations pouvaient correspondre à de tas d'autres mages, il leur était donc impossible de connaître son nom et son niveau de puissance grâce à ces données. Le 04 se gratta l'arrière de la nuque, ne sachant pas comment continuer la discussion avec des questions auxquelles il était sûr d'obtenir des réponses. Il ne voulait pas perdre de temps avec des futilités.

— Bon, ouais, et tu crois qu'on est de gros méchants ? interrogea-t-il ensuite.

— Je sais simplement que vous voulez être reconnus par l'Etat, répondit-elle sincèrement. C'est un désir, certes, mais vos méthodes sont barbares et inhumaines.

Vanitas s'esclaffa sans retenue. Il riait à gorge déployée, se moquant ouvertement du mage qui fronçait alors les sourcils. Il la trouvait amusante, cette humaine. Elle n'avait sûrement pas été élevée dans un foyer où les disputes, les conflits et les messes basses pullulaient. Elle était grossièrement naïve.

— Ecoute, au cas où tu l'aurais oublié, je suis pas complètement humain, rappela-t-il. Donc c'est tout à fait normal que mes actes ne soient pas humains.

Le cyborg ne pouvait s'empêcher de rire. Xion le dévisageait, ne sachant pas vraiment quoi répondre face aux paroles de son interlocuteur qui étaient, il fallait le reconnaître, sensées et logiques. Si lui-même se disait inhumain, cela expliquerait bien comment il pouvait exécuter toutes ces atrocités sans même broncher ou être dégoûté. La jeune fille grogna et décida de poser des questions à son tour, même si elle s'attendait à ce que Vanitas ne lui réponde pas. Après tout, elle était la prisonnière, et l'interrogatoire revenait plutôt aux bourreaux qu'aux détenus.

— Pourquoi vous faîtes tout ça ? Vous tuez simplement pour avoir votre place dans la société… Ce n'est pas un peu exagéré ? Vous attirez le contraire de ce que vous voulez.

Vanitas arrêta immédiatement son fou rire et prit une expression sérieuse. Voila une question à laquelle il n'avait jamais réfléchi, et dont la raison l'importait peu. Lui, tout ce qu'il voulait s'agissait de la sensation procurée par les combats, la destruction et le sang. Du moment qu'il obtenait ces trois choses, il se moquait du reste.

— J'en sais franchement rien, répondit-il en haussant les épaules. Faut demander aux scienti', moi je fais qu'obéir et détruire.

— Et ça te convient ? s'offusqua Xion. Tu aimes tuer et te battre ?

Un sourire narquois naquit sur les lèvres de Vanitas. Il appréciait bien cette humaine, ses interrogations l'amusaient au plus haut point.

— Je suis né pour ça, et oui, ça me convient, susurra-t-il. Les combats, la destruction, la terreur, l'effroi, les hurlements, le sang, la guerre, tu peux considérer ça comme les activités habituelles d'un cyborg.

Vanitas aimait voir les visages déconcertés et apeurés de ses interlocuteurs. Ils ne comprenaient jamais rien aux principes de vie des cyborgs, et lorsque l'on leur révélait la raison de vivre des humanoïdes, ils perdaient complètement le fil de la discussion et se retrouvaient désemparés. Cela lui procurait une sensation de satisfaction intense.

Xion reprit quelque peu ses esprits, mais elle espérait que ce qu'avait dit Vanitas ne s'appliquait pas à tous les cyborgs. Celui dont elle suivait la trace ne semblait pas du tout offensif et assoiffé de sang…

— Tu es un vrai monstre, souffla-t-elle. Mais il me semble que le 03 n'est pas comme ça. Il tremblait presque lorsque je l'ai capturé.

— Oh mais, c'est le seul qui est comme ça, rétorqua Vanitas en souriant. Les deux autres sont pareils que moi, et peut-être même pires… Tout dépend de ta vision des choses. Je te laisse le plaisir de les rencontrer lors d'un combat sanglant, et tu pourras t'en faire une opinion.

Vanitas se leva et laissa la jeune fille, ce qui étonna fortement cette dernière. Il était resté à peine un quart d'heure, et n'avait pas obtenu beaucoup d'informations… Xion se dit que ce n'était pas plus mal, mais c'était assez étrange. Elle ferma les yeux et se demanda si elle pourrait s'échapper un jour. La dernière fois qu'elle avait essayé de détruire les barreaux, le résultat s'était soldé par un échec cuisant. Si même les plus puissants sorts offensifs qu'elle connaissait ne fonctionnaient pas, que pouvait-elle faire ? Elle soupira. Comment allait-elle sortir de là ?

A la surface, le 04 rejoignit les deux autres cyborgs dans la salle d'entraînement se situant près des blocs opératoires. Roxas devait certainement se trouver dans leur chambre, et c'était même préférable pour lui. Vanitas trouva Naminé et Demyx à l'entrée de la salle, adossés contre le mur.

— Bon, on fait quoi ? demanda le brun dès qu'il vit ses camarades.

— Les chefs vont un peu loin, je trouve…, souffla Demyx. Ils ont pas besoin d'aller jusque là ! Roxas est quand même le plus fort de nous quatre…

— S'ils ont décidé de l'utiliser comme d'un appât pour piéger les mages, c'est pour nous garantir une victoire totale, exposa Naminé. Mais le laisser mourir me paraît trop gros.

Les trois cyborgs étaient allés informer les Fondateurs de l'état physique de Roxas, comme dit. Seulement, Vexen avait déclaré qu'il valait mieux qu'ils profitent de cette situation pour laisser croire à l'ennemi qu'ils avaient une chance de gagner, en leur envoyant un humanoïde blessé. De ce fait, ils voulaient sacrifier le premier soldat abouti, et le plus polyvalent, sans scrupule. Vanitas s'y était tout de suite opposé, bientôt suivi de Naminé qui rétorqua que leurs forces offensives seraient considérablement réduites avec la perte d'un allié. Saix avait arboré un sourire moqueur et les rassura en décrétant « qu'il n'y avait aucun souci ». Les trois cyborgs avaient alors quitté la salle sans chercher à convaincre davantage leurs supérieurs.

— Je vois pas comment ils pourront compenser l'absence de Roxas, confia Vanitas. C'est juste impossible.

— Ils ont peut-être conçu un cinquième cyborg… ? proposa Demyx.

Naminé et Vanitas tournèrent vivement leurs têtes en direction de leur acolyte. Ce dernier sursauta face aux regards perçants des deux autres, se demandant pourquoi ils arboraient de telles expressions. Il n'avait pourtant rien dit d'étrange… Naminé prit son menton entre son pouce et son index, et se mit à énoncer une hypothèse.

— Ce n'est pas impossible. Cela doit bien faire un an que tu as été créé, Vanitas, il était peut-être temps qu'un cinquième rejoigne nos rangs.

— Attends, attends, pourquoi maintenant ? intervint Vanitas. D'après ce que vous m'avez dit, nos créations à nous trois ont été espacées que de quelques mois, un an après celle de Roxas, alors pourquoi est-ce qu'ils voudraient en créer un autre après autant de temps ?

Il ne comprenait pas les intentions des savants. S'il s'en souvenait bien, lors de sa création, les membres du projet Golem décrétèrent que « l'armée ultime » venait d'être complètement levée, signifiant alors que les quatre cyborgs constituaient à eux seuls l'unité de combat la plus puissante. Un cinquième humanoïde n'apporterait qu'un soutien de plus, et jusque là ils n'avaient jamais été en mauvaise posture. C'était bien trop tardif pour entamer la création de cette « arme »… Demyx cligna rapidement les yeux, saisissant à peu près le raisonnement de Vanitas, mais il y trouva une incohérence.

— Mais justement, on a été créés un an après Roxas, fit-il remarquer. Ils commencent sûrement une nouvelle série d'un second modèle de cyborg…

— Bordel, j'ai pas envie de me retrouver avec un bleu ! s'écria Vanitas en donnant un coup de pied au mur. Notre équipe est parfaite ! Pas besoin de la changer !

— Attendez un instant, intervint Naminé en relevant la tête. Je me souviens d'une chose…

La 02 chercha au plus profond de sa mémoire, et déclara d'un ton froid :

— Vanitas, tu avais parlé de quelque chose à améliorer, venant de Saix et d'une scientifique, non ?

Les 03 et 04 écarquillèrent les yeux et comprirent immédiatement le rapport. Cela voulait dire qu'ils comptaient déjà sacrifier l'un d'eux depuis un moment ? Le brun serra les poings et explosa littéralement.

— Putain ! N'importe quoi ! C'est quoi ces connards ? On est plus assez performants ou quoi ? Faut qu'ils nous remplacent un à un ?

Il savait que crier comme il le faisait ne servirait à rien, mais instinctivement, il devait réagir ainsi. Il ne supportait pas l'idée que leur unité allait être dissoute, dont les membres seraient remplacés jusqu'au dernier. Comment ne pas laisser toute la colère envahir tout son être lorsque l'on en ressentait le besoin ? Naminé ordonna à Vanitas d'arrêter de « hurler comme un possédé », et tenta de placer quelques mots pour le calmer, tout en essayant de trouver un moyen de dissuader leurs supérieurs.

— Admettons que ce soit bien un cyborg, cette chose à améliorer, commença-t-elle. Si tel est le cas, il faudrait d'abord en parler à quelqu'un au courant du projet Golem.

Les yeux de Vanitas s'illuminèrent instantanément. Avec un scientifique à leurs côtés pour appuyer leurs propos, peut-être que les Fondateurs renonceraient à l'idée d'utiliser Roxas comme d'un vulgaire objet.

— Axel ! s'exclama Demyx. Il en fait partie ! On a trouvé !

— Le problème, c'est qu'Axel peut tout aussi bien être notre allié que notre ennemi, souligna Naminé. Comme il fait partie de Golem, il doit certainement connaître toutes les capacités du nouveau modèle, et peut retourner contre nous les différences qu'il y a. Il peut donc tout aussi bien plaider en notre faveur ou en celle de Vexen. Pour le moment, contentons-nous de chercher des informations sur ce cyborg.

Vanitas acquiesça de la tête et frappa sa paume de main avec son poing, l'air résolu. Il ne laisserait personne détruire le lien qui les unissait, aussi factice pouvait-elle être.

Comment savoir si un cyborg pouvait ressentir réellement des sentiments ou non ? Comment déterminer exactement la nature de ces créatures ? Comment ne pas se mentir à soi-même lorsque l'on ne se connaissait même pas ? C'était avec l'absence de ces questions que les quatre cyborgs se trouvaient unis par la seule force de « s'entraider » et d'obéir à tous les ordres sans discuter. Mais cette fois-ci, la directive donnée par les Fondateurs n'entrait pas dans leurs préceptes et ils se révolteraient, malgré le fait qu'ils avaient juré fidélité à leurs créateurs. Il existait une différence entre l'obéissance pure, qui consistait à exécuter tous les ordres, et l'obéissance sensée où chacun réfléchissait aux conséquences et à la logique des ordres. Les humanoïdes se considéraient comme étant dans la deuxième catégorie.

Ils sortirent de la salle d'entraînement, et passèrent devant les blocs opératoires. Jusqu'alors, ils ne prêtaient pas un grand intérêt en ces salles, dont la seule utilité pour était les soins apportés quand ils revenaient gravement blessés. A présent qu'ils savaient que quelque chose se tramait dans l'un d'eux, ils comptaient les fouiller de fond en comble, sans aucune exception, même celle fréquentée par Axel. Tout le monde les utilisait, il n'y avait pas un bloc assigné à quelqu'un en particulier, alors il se pouvait très bien que certains documents aient été cachés dans celui du rouquin. Ils n'allaient pas se laisser faire aussi facilement.


Pas trop déçus ? Pas trop choqués ? x) J'espère que la tournure des événements ne devient pas trop étrange.

Rendez-vous au prochain chapitre !