Crossover Harry Potter/Black Butler: "Le grand patron"
"Faust"
Avertissement: voir au premier chapitre
Où en sommes-nous?
S1 durant l'épisode 13 à 15, plus précisément: OAV 5/6 : l'intention de l'araignée
Moment de commenter:
Merci pour vos commentaires comme toujours! Cela me rend toujours heureuse lorsque j'en découvre. J'ai répondu à quelques uns d'entre vous par MP. Mais enfin bref! Passons à ce pourquoi vous lisez cette partie, voulez-vous?
Kathelen:
Alors, je suis désolée mais ton dernier message ne s'affichait pas quand j'ai regardé mes reviews. Désolé de ne pas avoir pu te répondre la première fois du coup. En ce qui concerne mes post, j'essaye de sortir au moins un chapitre d'une des mes histoires par semaine et c'est en fonction de mes envies. (Exemple si ce n'est pas clair: j'ai 17 histoires, un chapitre pour une des 17 histoires). C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je mentionne dans mon profil qu'il vaut mieux suivre l'histoire. Sinon, ton idée du comte qui va voir Undertaker est déjà programmé, rassure-toi. On a pas fini d'en entendre parler.
Swiny:
Aujourd'hui, un très long chapitre qui a été découpé, une nouvelle et magnifique couverture pour cette fanfic et la suite de cette histoire de lettre noire.
Comme toujours, je vous souhaite une bonne lecture et vous rappelle que vos suggestions et avis sont vivement attendus sur mon tumblr ou dans les commentaires.
POV HARRY
Harry s'était perdu pendant 3 heures… 3 longues heures à marcher parmi les broussailles de la forêt presque sans fin. 3 heures entières de marche à chercher l'imposant manoir des Trancy. 3 heures de perdu à jamais alors qu'il pourrait être loin d'ici à l'abri du vent dans un luxueux manoir…
Comment en était-il même arrivé là ? Ah oui ! Il se souvenait maintenant.
Alors que la date pour le concours de curry approchait à grand pas et avait été attendu avec impatience par les habitants de Londres, Harry, lui, avait dû payer une charrette pour le transporter au manoir des Trancy après avoir payer d'avance la logeuse pour éviter qu'elle n'expulse ces affaires avant son retour.
Bien entendu, la légendaire chance du survivant, qui était aussi versatile que les tendances de Voldemort à lancer des doloris sur ces mangemorts, avait littéralement tourné une fois de plus contre lui durant le voyage. Il avait été endormi presque tout le long à faire des rêves étranges d'une vie antérieure dont il ne se souvenait toujours pas quand la charrette s'était arrêtée à un croisement et que son propriétaire l'en avait expulsé violemment.
Au passage, si jamais le jeune homme retombait sur ce type, il allait devoir apprendre un maximum de chose sur lui et faire courir toute sorte de rumeur bizarre sur lui. Les gens seraient, comme toujours, totalement crédule et arrêterait d'employer les services de l'homme.
Enfin bref ! Faute de transport, l'ex-sorcier avait dû donc se fier à son sens de l'orientation et s'était rapidement retrouvé dans la fameuse forêt censée border le manoir. Une maudite salop**** de forêt qui était un vrai labyrinthe ! Cela ne pouvait évidemment pas être une forêt comme celle de Dean où il s'était caché durant la chasse aux horcruxes. Non ! Parce qu'après tout, évidemment qu'Harry allait devoir faire un remix de sa troisième tâche sans les pièges mortelles. C'était d'une évidence si éclatante que le jeune homme se demandait encore quel genre de personne tordue s'occupait de gérer son destin quand la mort n'y chipotait pas elle-même.
Même en sachant la date et le l'emplacement exact du manoir, Harry avait déjà dû visiter pendant des heures la fichu forêt qui bordait les alentours du manoir des Trancy. Il pouvait presque décrire par cœur l'emplacement exact de ce fichu arbre près du rocher gris couvert de mousse devant lequel il était passé au moins 6 fois devant au bas mot. Mais si ! Vous savez, celui avec cet idiot de renfoncement du sol qui avait fait tombé au moins fois Harry pour cause d'inattention de son propriétaire dû à une intense irritation.
Pourquoi est-ce qu'il essayait même encore de chercher après le bâtiment ?
-Je viens de te sauver la vie et toi, tu cherches à t'enfuir ? Entendit-il soudainement quelques parts à sa gauche.
Un miracle ? Un piège tordu ? Une excuse pour avoir ruiner le pantalon d'Harry durant la magnifique ballade ennuyeuse qu'il faisait depuis tout à l'heure dans les bois ? Peu importe, à ce stade, le garçon serait prêt à prendre n'importe quoi si cela pouvait lui épargner plus d'heure de randonné inutile.
Harry se dirigea lentement dans la direction de la voix en espérant ne pas s'être trompé de chemin quand il entendit l'individu une fois de plus :
-Non, je te l'interdis.
L'ex-sorcier se rapprocha encore plus de ce qui ressemblait être une voix d'un petit garçon quand il arriva enfin près de la voix en question mais en restant quand même hors de vue pour l'instant. Pour être honnête, Harry était un peu curieux de savoir ce qui captivait un garçon comme lui en plein milieu des bois.
-Tu n'iras nulle part. Disait un blondinet vêtu richement en mettant à sa vue un papillon bleu dont il tenait l'aile droite du bout des doigts. Le garçon était adossé à un arbre noueux qu'Harry n'avait pas encore vu aujourd'hui. Quand au papillon bleu, son aile gauche semblait avoir été arrachée et si Harry n'avait pas été insensible à ce genre de chose depuis longtemps, il aurait déjà réagi depuis un bon moment.
Avec lenteur, le blondinet souffla ce qui ressemblait à des morceaux d'ailes du papillon encore vivant qu'il tenait entre les doigts de sa main droite. Il semblait presque être satisfait pendant une seconde.
[-Sadique] Le catalogua immédiatement le garçon qui a survécu à l'abri de ces pensées pendant qu'il observait le garçon en question.
Harry ne l'avait pas remarqué immédiatement mais le sadique semblait avoir des yeux d'un bleu céruléen et un visage un peu plus rond mais avec des traits assez anguleux. Pour une raison quelconque, en le voyant avec cet air paisible mais supérieur dans une forêt qui devait être dangereuse pour un garçon de son âge, cela lui rappelait désagréablement le comte Phantomhive pour une raison quelconque.
Enfin, si ce garçon pouvait le sortir de cette version ironique du labyrinthe de sa troisième tâche, il pouvait bien ignorer son sentiment afin d'aller lui demander son aide. Calmement, Harry s'approcha du garçon qui leva lentement la tête dans sa direction.
-Bonne après-midi monsieur, je cherche un endroit le manoir des Trancy, pourriez-vous m'en indiquer le chemin ? Je crains de m'être un peu perdu dans cette forêt lugubre. Dit Harry en souriant sans trop de difficulté.
Il allait enfin pouvoir sortir de cette cambrousse horrible après tout. Il avait donc toutes les raisons d'être heureux.
-Qui es-tu ? Je ne crois pas t'avoir jamais vu dans la région ?
-Je m'appelle Harry Peters. J'ai reçu une invitation pour passer quelques jours au manoir. Dit le survivant en montrant la lettre noire.
Sans attendre, l'individu richement vêtu lui arracha l'enveloppe des mains et se mit à lire le contenu de la lettre. Apparemment, le richard était confondu par ce qu'il lisait car il cligna des yeux de manière confuse à de multiples reprises en lisant les lignes finement écrite par le mystérieux expéditeur d'Harry.
-C'est l'écriture de Claude. Pourquoi vous a-t-il invité ici ? Etes-vous un nouveau domestique pour la famille Trancy ? Lui demanda le garçon en étudiant sa tenue de manière attentive.
-Non, je suis simplement de passage. Qui est ce Claude au juste ?
Le survivant n'allait quand même pas laisser une telle information se perdre alors qu'elle semblait si gentiment offerte.
-C'est le majordome du comte Trancy. Pourquoi vous a-t-il appelé Johan Faust dans la lettre ? Le questionna le garçon.
-C'est un nom que j'ai porté il y a fort longtemps.
-Longtemps comment ?
-Vous êtes sacrément curieux. Lui fit remarquer calmement Harry.
Il ne savait pas pourquoi mais quelque chose ne collait pas avec la personnalité qu'affichait le garçon sans nom. On aurait presque dit qu'il jouait une sorte de comédie ou qu'il se moquait de lui. Comme si Harry était du genre à tomber dans le panneau ! Il venait de voir le garçon richement vêtu faire preuve d'un sadisme sans nom envers l'innocente créature qu'était le papillon dans sa main. Ce n'est pas comme s'il allait aveuglement croire la fausse innocence ou jeunesse crédule et curieuse devant lui.
-Je le suis, vous savez, ce n'est pas tout les jours que ce manoir reçoit des visiteurs. Qui était votre ami ? Lui demanda le blondinet.
-Je vous demande pardon ?
-« Après tout, il est si rare de rencontrer l'homme devenu ami avec le démon.» Cita l'enfant de mémoire. Est-il avec vous ?
-Si je dois dire la vérité, il est mort.
-Et cela a laissé une marque sur vous…
Pour une raison étrange, Harry croyait avoir senti une sorte de sous-entendu mais il savait que ce n'était pas possible. Cela devait juste être sa paranoïa habituelle qui avait repris le contrôle pendant quelques secondes.
Et cela le dérangeait presque autant que le fait que le garçon restait assis sans bouger à le questionner par pure curiosité plutôt que de l'aider.
-On pourrait dire ça… Alors, pourriez-vous m'indiquez où se trouve le manoir des Trancy ou dois-je retourner me perdre dans les bois ?
Le garçon en face de lui attendit une seconde, deux secondes,… Puis, il se mit à éclater de rire comme s'il n'avait jamais rencontré quelqu'un comme Harry avant. Cela déconcertait vraiment l'ex-sorcier. Il faut dire que depuis sa rencontre en personne plutôt que dans les chiffres d'affaire avec Undertaker, il avait hérité d'une désagréable sensation que personne n'était vraiment totalement sain d'esprit dans ce monde. Et le fait qu'il avait rencontré un démon qui choisit de s'habiller en majordome, un dieu de la mort tout de rouge vêtu et un aristocrate aussi froid que cruel qui ne devait pas avoir plus de 13ans, ne l'aidait pas à changer cette impression plus que marquante.
-Ne vous inquiétez pas, je vais vous montrer le chemin. Je suis moi-même curieux de savoir pourquoi Claude vous a invité. Il ne fait jamais rien sans raison après tout. Suivez-moi. Dit le garçon en se levant et en commençant à marcher dans une direction totalement à l'opposé de celle d'Harry tout à l'heure.
Ils marchèrent ainsi pendant plusieurs minutes quand Harry aperçu quelque chose d'à la fois incongru et inespéré : sa valise.
Elle était placée si innocemment contre un arbre quelconque. Alors qu'elle était censée encore être oubliée dans la charrette de cet arnaqueur qui l'avait amené dans ce labyrinthe sauvage.
-Un problème ? Demanda son guide en remarquant probablement la manière dont Harry regardait sa valise… C'est-à-dire comme si celle-ci allait la manger comme un de ces vieux livres monstres de Poudlard.
Dans un sens, il n'avait pas tort. L'ex-Gryffondor n'était pas du genre à refuser un cadeau pareil mais l'auror en lui qui hurlait littéralement : « C'est un piège, espèce de crétin ! » n'était pas vraiment du même avis.
Finalement, il choisit l'option la plus évidente, c'est-à-dire, prendre la valise. De toute façon, vu le temps qu'il avait passé à l'observer, cela paraitrait louche à son accompagnateur s'il ne l'a prenait pas.
-Ce n'est rien… J'avais juste oublié que je l'avais posé là. Veuillez m'excuser. Finit par dire Harry en voyant une sorte de curiosité morbide poindre dans les yeux de son guide.
Ce n'était certainement pas un mensonge crédible mais, au moins par politesse, son interlocuteur ne l'interrogera pas plus loin. Sauf s'il voulait laisser tomber sa couverture de personne gentille et innocente. Et il doutait que son guide soit du genre à ne pas manipuler les autres ou à se cacher derrière un beau sourire.
En voyant que le regard céruléen du garçon ne cessait de revenir à sa valise pour une raison obscure, le maître de la mort choisit plutôt d'entamer une conversation avec lui. Peut-être qu'il en apprendra un peu plus sur l'étrange garçon ou sur la famille Trancy avant qu'il n'atteigne le manoir.
-Vous ne le libérez pas ? Choisit de commencer l'immortel de manière brusque dans l'espoir de déstabiliser le blond.
-Pourquoi devrais-je ? Il mourra si je le laisse seul. Lui répliqua aussitôt le blond qui était étrangement défensif.
C'était bizarre…
-Un papillon est fait pour butiner de fleur en fleur. Que lui reste-t-il à présent ? La mort serait presque une miséricorde pour cet insecte. Je ne lui donne pas plus de 24 heures.
En fait, il lui en donnerait certainement moins mais il n'avait pas envie de vexer son seul et unique guide et se remettre à errer seul en trimbalant cette valise jusqu'à la mort dans cette forêt lugubre. Sans compter qu'avec sa chance ou plutôt son manque de chance, il y avait probablement encore des loups en liberté sur le domaine.
-Il se battra pour vivre. On peut arracher les ailes et il se battra pour sa survie comme lui dicte son instinct au plus profond de lui.
Harry avait envie de rétorquer que ce n'était qu'un simple papillon et que le garçon ne devrait pas lui donner trop de crédit… Mais étonnamment, il finit par déclarer à la place :
-Vous me rappelez énormément un chinois que j'ai connu. Il avait une certaine manie à me raconter des histoires lorsque je venais le voir. L'une de ces préférés était justement à propos d'un garçon et d'un papillon. Désirez-vous l'entendre ?
-Pourquoi pas ?
-Un jour, Zhuang Zhou rêva qu'il était un joli et gracieux papillon. Un papillon qui voltigeait et volait ça et là. Un papillon tout heureux de vivre. Qui n'agissait que selon son désir mais qui ignorait qui était Zhuang Zhou. Mais tout à coup, il se réveilla brusquement et vit qu'il était bel et bien Zhuang Zhou. Cela, il ne savait plus si c'était lui, Shuang Sho, qui avait rêvé d'être un papillon… Ou si c'était le papillon qui avait rêvé de Shuang Sho. Pourtant, entre un petit garçon et un papillon, il y avait une énorme différence. C'est cela qu'on appelle la transformation des choses.
[-Ou une tentative de meurtre.] Pensa secrètement Harry en se rappelant exactement quand il avait entendu cette histoire pour la dernière fois.
-C'est stupide comme histoire. Comment un enfant peut-il ne pas savoir s'il est un humain ou un animal ?
Apparemment, le garçon n'était pas aussi philosophe qu'Harry avait pensé de prime abord. C'est drôle parce qu'en général, avec son immense expérience acquise de force, Harry avait appris à repérer ce genre de personne.
-Elle a beau être stupide, comme toutes les histoires, elle contient une part de vérité. Et si vous ne croyez pas, demandez-vous la véritable raison pour laquelle vous avez arraché les ailes d'un papillon. Peut-être qu'au fond de vous, vous vous demandez la même chose que ce petit garçon…
-Vous êtes un homme pour le moins étrange, Harry.
Potter avait l'impression que le garçon s'apprêtait à dire autre chose quand celui-ci devint soudainement surexcité en moins d'une fraction de seconde. Il était vraiment hyper versatile celui-là.
Harry allait se demander pourquoi quand il vit la raison du changement soudain d'humeur : un immense manoir sur une magnifique propriété.
Un manoir que le garçon semblait assez heureux de retrouver et de présenter avec une certaine gestuelle qui incitait l'individu à admirer l'architecture.
-Et nous y voilà, la majestueuse demeure des Trancy ! Alors, qu'est-ce que cela donne comme première impression ?
Le manoir était une magnifique bâtisse avec tous ce qu'un noble pouvait rêver : une fontaine géante, un magnifique jardin, un bel escalier qui menait à un immense immeuble probablement aussi vide en habitant que n'importe quel autre manoir. Un grand classique en somme… Bien qu'au moins, il y avait un peu de verdure devant tout ça.
-Froid et chaleureux en même temps. Il est également épineux… Finit par répondre Harry en observant attentivement le jardin vers lequel le garçon le conduisait rapidement.
-Epineux ?
-Les roses… Elles sont presque sauvages mais tout juste. Elles ont des épines et parcourent le marbre des piliers et du sol. Risquant ainsi à tout moment de piquer un passant imprudent. C'est épineux.
-Alors, j'aime quand c'est épineux.
[-Sans blague, monsieur le sadique] Pensa Harry à l'abri dans sa tête.
Mais est-ce que le penser ou le dire à voix haute faisait vraiment une grande différence ? C'était une question existentielle remise pour plus tard… Quand l'ex-sorcier aura un moment d'ennui interminable.
Harry déposa pendant une seconde sa valise avec un peu trop de force quand il aperçut du coin de l'œil le vrai regard de son interlocuteur bien plus jeune. On aurait presque dit qu'il était sur le point de le tuer ou le brûler vif voire les deux. Apparemment, le simple bruit de la valise avait suffit à irriter le garçon pendant un bref instant. Etrange… Harry avait été persuadé que le garçon était une sorte de domestique de la maison Trancy. Cela aurait expliqué ces attitudes, sa connaissance de la forêt, le compte des visiteurs du manoir et ces vêtements plus qu'adéquate pour un comte aussi riche que ce monsieur Trancy.
Pourtant, pour un domestique, ce genre de bruit ne devrait pas le déranger autant. En tant que page ou autre, il devait avoir continuellement ce genre de bruit autours. Alors, pourquoi un regard aussi meurtrier pour un simple bruit clair et sans la moindre répétition ?
-Est-ce que vous envisagez de me pousser dans le lit de rose recouvert d'épines ? Finit par demander Harry alors qu'il s'affrontait du regard.
-Pourquoi je ferai cela ? Demanda le garçon toujours aussi innocemment qu'avant mais en ayant un ton mortellement sérieux par-dessus son timbre aigu.
-Vous avez arraché les ailes d'un papillon avec le sourire. J'ai le droit de me poser des questions dans le même style.
-Peut-être une prochaine fois. Ce n'est pas amusant si vous vous y attendez. Le menaça le blondinet.
Il fallut moins d'une seconde à Harry pour se rappeler exactement où il avait déjà entendu un tel ton froid et ce genre précis de menace d'un couteau dans le dos si négligemment appuyé par cet air arrogant d'enfant gâté : c'était avec le comte Ciel Phantomhive.
Ce qui permit à Harry de faire une tentative hasardeuse sur la véritable identité de son partenaire actuel de conversation.
-Vous êtes le comte Aloïs Trancy.
Aussitôt, la mauvaise humeur et la tension menaçante qui régnait dans l'air s'évanouit aussitôt pour laisser place à un rire enfantin venant du comte démasqué.
-Impressionnant, qu'est-ce qui m'a donné ? Demanda celui-ci avec un grand sourire.
Plutôt que de donner une vraie réponse, Harry choisit de faire une seconde supposition en la faisant passer pour une vérité générale. Il n'avait rien à perdre de toute façon.
-Le démon qui nous observe depuis tout à l'heure. Répondit-il en mettant son meilleur masque de poker.
Le comte cligna des yeux à plusieurs reprises avant de regarder la forêt de manière menaçant pour mieux se mettre à bouder.
-Pff… Ce n'est même pas drôle. Mais bon, cela veut aussi dire que mon jeu d'acteur est toujours aussi bon qu'avant.
Donc, il y avait bel et bien des démons sur le terrain. Cela promet. Et dire que l'informateur avait vainement espérer rencontrer des gens normaux sans avoir d'intervention surnaturel comme avant. Quelle tristesse.
-Monsieur ? Dit soudain une voix profonde dans son dos que lui fit faire un bond énorme.
Il se retourna aussitôt vers la voix qui venait d'apparaitre pour trouver un autre majordome qui était clairement un démon si ces yeux de couleur or, caché derrière des lunettes rectangulaires, étaient un indicateur précis.
-Ah te voilà Claude ! J'ai besoin que tu m'installes une cage à insecte dès que possible. Demanda immédiatement le garçon pendant qu'Harry se remettait de sa crise cardiaque momentané.
Alors, le gars aux lunettes était le dénommé « Claude » et aussi le type qui lui avait écrit la lettre noire… Pourquoi le jeune homme n'était-il pas surpris par ce dénouement ? Bien sûr que l'une des seules personnes qui prendraient le temps de lui écrire pour parler du passé était un démon. Bien sûr…
-Une cage à insecte ?
-Oui, pour y mettre ce papillon.
-Vous n'avez pas besoin de l'enfermer. Il n'y a aucun risque que cet insecte s'envole.
-Discuterais-tu mes ordres ? Demanda une fois de plus le comte alors que sa bonne humeur rejoignait une fois de plus les méandres de l'oubli.
-Non.
Ce nom était tellement expressif qu'Harry pouvait être sûr qu'une des statues de ce jardin aurait pu être plus vivante et plus émotionnel que le majordome des Trancy. C'était étrange pour un démon d'ailleurs. Harry avait trainé autours d'eux suffisamment pour savoir qu'il était plus passionné d'ordinaire. C'était bizarre…
-Je crois qu'une cage ne sera pas suffisante. Il lui faut des fleurs. Il pourra en aspirer le nectar chaque fois qu'il en a envie. Un papillon sans fleur n'a pas de raison d'exister.
-Il en sera fait selon vos désirs. Finit par déclare le démon en s'inclinant alors que le gamin sadique rentrait dans son manoir avec une bonne humeur retrouvée.
[-Quel garçon volatile.] Se dit une fois de plus Harry alors que le comte Trancy semblait avoir complètement oublié sa présence en ces lieux.
Ou bien alors, peut-être désirait-il simplement que le démon se charge de lui, qui pouvait savoir ?
-Soyez le bienvenue, monsieur Faust. Mon nom est Claude Faustus. Je suis le majordome de la famille Trancy et l'expéditeur de la lettre que vous avez reçue.
-Je vais faire un pari avec vous. Je parie que vous êtes un démon. Et je vais supposer que le démon que j'ai senti dans la forêt n'était pas vous. Est-ce que je suis juste ?
-En effet, monsieur Faust. Le démon qui vous observait se nommait Hannah. Mais vous la connaissez peut-être sous un autre nom… Vous la connaissez probablement sous le nom de Lilith…
«-Pourquoi moi ?
-Parce que je serai beaucoup plus tranquille si une belle femme aussi intelligente que vous la garderait à l'abri de tous ces démons qui foncent tête baissés sans la moindre réflexion. Et que je sais que vous ne voulez pas ce qu'ils veulent… Et c'est tout ce qu'il me faut comme raison.»
-Un nom qui réveille tant de souvenirs. Est-ce pour cela que vous m'avez invité dans le manoir de votre maître ? Pour parler du passé ? Ou bien est-ce que je suis ici pour ce fameux « héritage » ?
-Vous êtes énervé. Je me demande bien pourquoi. Une telle rage est un enchantement chez quelqu'un comme vous… Mais je ne puis m'empêcher de me demander ce qui l'a provoquée. Lui demanda le démon toujours sans la moindre once d'émotion.
-Rien qui ne vous regarde l'araignée. Maintenant, je crois que votre maître vous a demandé de faire quelque chose pour son papillon, non ?
-En effet, les ordres de mon maître vienne en priorité comme vous le savez bien, suivez-moi, je vais vous montrez votre chambre.
Sans attendre, l'ex-Gryffondor suivit le majordome sans le moindre commentaire. En chemin, il croisa 3 autres serviteurs presque identiques à l'exception de leurs franges respectives et qui parlaient uniquement en chuchotant.
Le majordome n'avait rien dit sur le chemin le menant à sa chambre temporaire. Harry lui en était assez reconnaissant pour ça.
Tout comme il lui était assez reconnaissant que la chambre des invités n'était pas à proximité de l'hôte de la maison et qu'elle était à la fois luxueuse mais simple. Rien de trop tape à l'œil comme Harry avait appris à les détester.
L'ex-sorcier observa attentivement les meubles finement sculpter, les roses fraiches qui dansaient innocemment sous le léger courant d'air qui traversait la fenêtre ouverte et le miroir qui renvoyait son reflet d'homme couvert de saleté des bois. Pour un peu, il en aurait presque soupiré.
-Cette chambre est-elle à votre goût ? Demanda le démon aux yeux dorés qui attendaient dans son dos avec son faciès aussi expressif qu'un mur de brique.
-Même si elle ne l'était pas, je doute que cela ait une quelconque importance. Mais si vous voulez une réponse franche de ma part, elle est très bien.
Elle est même trop bien pour les normes d'Harry. Ce n'était pas normal. Peut-être que la même personne qui gère son destin essayait de s'excuser pour ces heures perdues à devoir se promener dans les bois ?
-Vous prendrez le diner avec mon maître dès ce soir. Nous le servons à 18h30 très précise. Une tenue correcte est exigée et une femme de chambre passera vous voir plus tard si vous avez des demandes. Durant ce diner, le maître et moi-même répondrons à toutes vos questions. Cela vous parait-il convenable ?
Quelque chose clochait avec ce démon. Un démon ne devait pas être si stoïque, même devant un humain. Ils avaient tous leur humeurs, leurs petits tics, leurs petits jeux… Mais cet araignée… Il n'était pas vraiment normal comme démon. Et Harry ne parvenait pas à mettre le doigt sur ce qui n'allait pas.
-C'est de bonne guerre. Y a-t-il une salle de bain que je puisse utiliser ? Dit-il simplement en observant attentivement les yeux dorés du démon.
-La porte de la salle de bain se trouve sur votre gauche. Avez-vous d'autres questions ? Demanda le démon imperturbable par le fait qu'Harry le dévisageait ouvertement.
Plusieurs minutes s'écoulèrent entre eux durant leur affrontement de regard avant que l'humain immortel ne décide finalement de détourner ces yeux verts sur les roses une fois de plus.
-Non, c'est bon. Vous pouvez partir. Dit le sorcier toujours aussi perturbé de n'avoir rien trouvé.
Harry n'avait même pas besoin de se retourner pour savoir que le démon l'avait salué poliment avant de partir. Tout comme il avait la curieuse impression que le démon avait été déranger par quelque chose qu'il a vu dans ces yeux.
POV CLAUDE
Il y avait un vieux conte en enfer qui disait qu'un jour, un humain devint ami avec un démon. Le nom de ce démon fut « Méphistophélès ». L'humain, quand à lui, se nommait Johan Faust.
Bien entendu, comme tous les démons le savent, aucun démon ne pouvait aimer un humain. La seule chose qu'un démon pouvait adorer était son âme alors qu'il se tâtait sur le temps qu'il patienterait avant de la manger. A cette époque, le contrat Faustien n'existait pas encore et un démon pouvait manger l'âme de quiconque qui peuplait cette terre.
Ce fut à l'époque où Méphistophélès marchait encore dans le monde humain à la recherche d'âme plus précieuse et différente les unes que les autres à dévorer. Un jour, ces pas le conduisirent à un humain dont le comportement étrange éveilla immédiatement l'envie du démon. Il se fit passer pour un homme humble voulant une simple discussion théologique avec Johan Faust. Et par la suite, il revint à de multiples reprises afin de mieux juger la valeur et la saveur de l'âme en question, devenant sans le savoir une sorte d'ami pour l'homme amer.
Un jour d'automne aléatoire, alors qu'il discutait, l'homme lui révéla qu'il était parfaitement au courant de sa nature de démon et de sa connaissance sur l'envie du démon à dévorer son âme. Il proposa alors au démon une affaire plutôt atypique : Si le démon parvenait à lui redonner goût à la vie et au bonheur même pour un bref instant, il lui laisserait son âme ainsi que sa mort à ces soins immédiatement. Mais si jamais ces conditions n'ont pas été remplis, le démon ne pourrait prendre ni son âme, ni sa vie.
Méphistophélès, n'ayant rien à perdre et trouvant cela drôle, accepta le marché et avec l'humain créa une marque qui serait un sceau afin de « sceller » officiellement leur affaire et pour être sûr qu'aucun d'eux ne s'y déroberait. Créant ainsi ce qui deviendrait plus tard le contrat Faustien.
Pourtant, malgré tous les avertissements des humains, Johan croyait dur comme fer que le démon était son ami. Il faut dire que le démon avait quelques cordes à son arc. Méphistophélès emmena l'humain goûter les plus grands vins, il lui fit découvrir un plaisir à nulle autre pareil et l'emmena dans milles et un endroit dans l'espoir d'améliorer son âme à un point jamais atteint. Mais l'homme restait apathique devant chaque chose que le démon lui présentait. C'est alors que, sans crier garde, une humaine du nom de « Margueritte » croisa le chemin du mortel en question. Contrairement à ce que les contes humains racontent sur l'histoire de cet homme, il n'en tomba pas amoureux non… Comment quelqu'un d'aussi apathique que lui pourrait l'être en premier lieu ? Mais la jeune femme devint une amie à nulle autre pareil et il était clair qu'elle souhaitait que Faust l'aime autant qu'elle l'aimait. Car la jeune femme avait une passion brûlante pour celui qui ne la considérait que comme une amie.
Le démon, voyant les sentiments diminuer la saveur de l'âme de Faust, tua la jeune femme dans un accès de rage et lui proposa de faire une affaire. Elle devait tomber dans le péché et renoncer à son amour pour l'homme et en échange, le démon la laisserait tranquille pour le restant de ces jours. Hélas, la jeune femme au grand cœur était stupide et préféra garder sa foi et son amour illusoire pour Faust plutôt que de tomber aux mains du démon. Méphistophélès s'arrangea donc pour que le corps de la jeune femme soit sur le menu du buffet d'une grande fête en enfer durant la nuit des Walpurgis où Johan et lui devait assister. Méphistophélès avait enfin décidé de dévorer l'âme du mortel, et ce peu après qu'il découvre le corps de la femme.
Mais quand Johan vit le corps lors de cette fameuse nuit et que Méphistophélès voulut dévorer son âme. Quelque chose d'étrange arriva, l'âme du garçon resta dans son corps malgré les meilleurs efforts du démon pour la récupérer. Le démon, dans une frénésie, tenta de tuer le corps de Faust afin d'en extraire l'âme si précieuse. Mais alors qu'il était couvert de sang, les blessures de l'homme se refermèrent. Faust annonça alors à Méphistophélès que le pacte l'empêcherait de le tuer ou de prendre son âme puisque les conditions n'avaient pas été respectées.
Furieux, Méphistophélès appela ces légions qui étaient présentes en cette douce nuit du Walpurgis afin de tuer l'impudemment mortel à sa place. Presque tout les démons, à part les quelques démons supérieurs présents tel que Lilith par exemple, se lancèrent dans la bataille. L'humain sortit alors de nulle part une sorte d'épée qui ne l'avait apparemment jamais quitté. Une épée capable d'absorber les ténèbres lancées par les démons et de les trancher avec une facilité déconcertante. Un à un, ils périrent sous le tranchant de la lame ne laissant que quelques rares témoins du carnage qui venait de se produire.
C'est alors que l'Allemand couvert de sang s'approcha de Lilith et lui offrit l'épée en proclament qu'elle se nommait « Laevateinn » et que celle-ci allait avoir besoin d'un fourreau suffisamment fort pour contenir toute sa puissance. Lorsque la démone lui demanda pourquoi il l'avait choisi pour une telle tâche, il répondit que c'était à cause de son intelligence pour avoir choisi de ne pas rentrer dans une bataille où elle ne pouvait pas gagner. Et que cette même intelligence l'empêcherait de vouloir utiliser une telle lame ténébreuse elle-même durant son absence.
Peu savent comment est véritablement mort cet humain si spécial. Certains racontent qu'il avait choisi de s'empaler lui-même près du corps de sa chère amie de toujours. D'autres dirent que sachant qu'il ne pouvait sortir des enfers sans son ancien ami, il choisit d'errer pour l'éternité dans les limbes brûlantes des enfers à la recherches d'une sortie cachée jusqu'à ce que son corps de mortel tombe en poussière. Enfin, certains disent qu'il choisit simplement de faire ce qu'il avait voulu toujours faire chez lui avant l'arriver de Méphistophélès : un suicide pur et simple.
En revanche, tout le monde, y compris les humains qui croient encore que cette histoire est une légende, est sûre d'une chose et ce fut ces dernières paroles :
-Temps arrête-toi !
Et pendant les brèves secondes suivant sa demande, les flammes de l'enfer s'arrêtèrent de bouger et sous les yeux des démons restants, l'âme du jeune homme disparut à jamais de leurs yeux.
Oui, c'est cela, il existait un conte en enfer qui racontait comment un humain devint ami avec un démon et gagna contre lui et ces légions en se montrant plus malin et plus fort que lui.
Et alors que Claude connaissait l'histoire de Faust, il pouvait encore se rappeler ces yeux verts brillants et le sang qui dégoulinait sur ce corps humain qui paraissait inadéquat pour l'être de violence et de ténèbres qui se tenu jadis devant lui. Il se souvint encore de la grâce et la facilité avec laquelle l'humain avait exterminé ces démons sur leur propre terrain. Et surtout, il se souvenait du manque de sentiment et de l'aura qui se dégageait de l'être. Il n'était pas humain, oh que non !
Mais c'est avec la forme d'un humain faiblard qu'il avait achevé les festivités du Walpurgis et qu'il transforma Lilith en l'une des démones les plus puissantes des enfers en la nommant fourreau et gardienne de l'épée légendaire tueuse de démon.
Une épée qui serait toujours connecté à son propriétaire. Une relique des temps anciens appartenant à cet homme.
Une épée qui, une fois en dehors d'Hannah, allait enfin lui permettre d'obtenir définitivement les faveurs de leur maître et d'abattre cette séductrice des enfers de manière définitive.
Tout ce qu'il avait besoin, c'était de convaincre Faust qu'il était dans son intérêt de reprendre Laevateinn et d'exterminer une bonne fois pour toute Lilith. Et alors, il n'y aurait plus jamais aucun doute sur lequel entre Lilith et lui était le plus puissant.
