NDA :

Rating : K+

Cette fiction a été écrite dans sa totalité par trois auteures différentes :

POV Alyssa - Charliflex

POV Louna - DoraFlickFlack

POV Léna - Tanounette

Elle se situe à la fin de la saison 6 et c'est donc la SUITE DE LA SÉRIE, attention aux possibles spoilers.

Elle respecte entièrement le script et le canon de la série, les personnages morts resteront donc morts (désolées).

Disclaimer : Teen Wolf ne nous appartient (malheureusement) pas.

oOo

Helllllo, nous voilà avec une nouvelle partie de notre fanfiction !

Au programme, le retour des ennuis.

oOo

Chapitre 10

« Le reflet du passé »

~POV Louna~

Une fois que nous avons réglé nos consommations au Fluffy's Cafe, la meute au –presque- grand complet arpente les rues jusqu'au parking, placé en banlieue loin de l'agitation du centre-ville, où nos voitures nous attendent sagement. Théo, alias le serveur-trop-louche, est reparti travailler juste avant que nous demandions l'addition. Une addition assez épicée, en plus de ça. Vu que nous, les loups garous, on mange comme quatre, si on multiplie le tout par le nombre de loups –en plus de Léna et son appétit de titan-, les dépenses montent en flèche. Enfin bref, si je n'ai pas choisi l'éco comme matière, ce n'est pas pour en faire en plein milieu de la rue. Donc, je disais que Théo s'est incrusté à notre table. Juste comme ça. Pouf, et un Théo est apparu entre Léna et moi. En soi, ça aurait encore pu passer, mais il a dépassé les bornes en posant sa main sur la cuisse de Léna. Sous la table. Je n'ai pas de rayons X à la place des yeux, mais je l'ai senti à travers le regard de mon amie. Si j'avais pu je lui aurais coupé la main, à ce petit pervers. Mais Léna m'a fait comprendre d'un simple regard qu'elle appréciait ce contact rassurant. Je me demande parfois si elle a encore toute sa tête, à faire confiance à ce type.

Scott et Malia sont en tête de file, les mains liées en un parfait petit couple d'amoureux. Enfin, ce serait vrai si je n'étais pas capable d'entendre les menaces en tous genres de Malia. Cette fille est cool. Elle a de la classe et de la suite dans les idées. En plus, elle n'a pas peur de faire le sale boulot. Lydia, la banshee, les suit de près, l'air ailleurs, concentrée sur des bruits qu'elle seule peut entendre. Ça arrive aussi à Léna, de temps à autre. Des portes qui claquent, des cliquetis de serrures, des chuchotements, d'après ce qu'elle nous en dit. Je tourne la tête et aperçois Aly en grande conversation avec Nolan. J'émets un bruit désapprobateur, Aly l'entend et se tend légèrement, puis l'ignore et offre un énième sourire au garçon. Je soupire fortement, pour bien lui montrer mon irritation, puis cherche Léna des yeux. Je la trouve deux mètres derrière moi, marchant énergiquement aux côtés d'Alec, même si vu la différence de taille, elle est obligée de faire trois pas alors que lui n'en fait qu'un seul et discutant avec amusement de leurs mésaventures en cours de bio. Alors que je tournais la tête vers l'avant, je percute un truc dur et manque de me casser la figure sur la route. Le truc dur en question est entrainé avec moi dans l'élan et je me retrouve à moitié affalée sur lui. Je lui lance un regard colérique et peste en me redressant, puisque le truc dur n'est autre que Liam. Je suis abonnée à la malchance, ou le Bon Dieu fait une exception pour m'en filler une sacrée couche ?

Il s'apprêtait à ouvrir la bouche, sans doute pour se foutre de moi, mais je l'interromps :

- Tais-toi.

J'époussette mes vêtements, comme si le simple fait de toucher Liam pouvait être source de maladie mortelle. On ne sait pas où il a traîné, après tout…

- Moi qui pensais que tu n'étais affect qu'avec moi, me voilà déçu, commente une voix dans mon dos.

Je la reconnaitrais entre mille, cette voix, pour avoir discuté avec son propriétaire jusqu'à pas d'heure.

- Je ne fais de traitement de faveur à personne, je me contente de répondre en retenant un soupire exaspéré.

- Pourtant, avec … commence Liam avec un sourire ironique, avant de s'interrompre, lui-même fonçant dans Lydia par inadvertance.

Il faut dire que la rousse s'est subitement arrêtée en plein milieu du trottoir, sans crier gare. Liam lui fait ses plus plates excuses qui me font lever les yeux au ciel, puis je reprends mon sérieux en voyant que la banshee semble totalement déconnectée. Elle n'a sans doute rien entendu des excuses de Liam, puis le souffle court et les yeux écarquillés d'horreur, elle murmure :

- Corey…

- Lydia ? l'appelle Scott avec inquiétude en accourant à ses côtés. Lydia, qu'est-ce qui se passe ?

- Ils sont de retour, ajoute-t-elle, le regard fixant Scott sans réellement le voir.

Scott se crispe alors lui aussi, comprenant sans le moindre mal de qui parle son amie.

- Lydia, Lydia regarde-moi ! lui ordonne Scott. Où est-ce qu'ils sont ? Où sont Mason et Corey ?

- Je… près de la gare. J'entends les trains… je les entends passer, dit-elle d'une voix angoissée, terrorisée.

Puis, sans plus attendre et malgré le choc de la nouvelle, la banshee rousse fait volte-face et court aussi vite que ses hauts talons le lui permettent vers l'allée derrière nous. Scott et Malia échangent un bref regard avant de poursuivre la trace de leur amie. Nous leur emboitons le pas, nous aussi, sans nous poser plus de questions.

Liam et Aly arrivent les premiers -après les trois aînés-, tandis que Léna et moi jouons la carte de la sécurité en ne traversant pas les routes comme des forcenées. Si Léna se faisait renverser par une voiture, sans nos pouvoirs de guérison, elle risque de ne pas s'en sortir. Pas plus que Nolan, mais bon, lui c'est plus un dommage collatéral. Aussi lorsque nous arrivons, nous avons déjà raté la moitié de l'action. Pourquoi faut-il toujours que les moments les plus intéressants nous filent sous le nez ?

Alors que je reprends ma respiration, légèrement essoufflée par la petite course, je prends conscience du pétrin dans lequel on s'est encore fourré. Des chasseurs nous barrent la route, de chaque côté. Ils sont une dizaine à vue de nez, peut-être même plus. Nous nous replions sur nous même, formant une sorte de cercle désordonné composé par tous les membres de la meute en plus de Nolan. Je cherche alors les garçons du regard et découvre avec horreur Corey, inconscient et gisant dans une marre de son propre sang, à quelques mètres de nous. Mason est à ses côtés, faisant son possible pour soulager son petit-ami.

Je me retourne alors prudemment et le plus discrètement possible pour voir si les nôtres vont bien. Je croise le regard de Léna où sa panique croissante serait visible même aux yeux d'un aveugle et le regard d'Aly où prime l'incompréhension. Dans les miens, on peut sans doute y lire mon envie de meurtre. Mon envie de vengeance. Mais aucune de nous trois ne ressent une quelconque peur. De l'angoisse, de la colère, de l'incompréhension, oui, mais pas de la peur. Pas une seconde fois. La respiration de Léna devient sifflante alors qu'elle reconnait le visage de la psychopathe qui lui a tiré dessus avec sa putain d'arbalète. Je sens une vague de rage me traverser, me laissant un arrière-goût amer. Je veux la voir morte. Mais d'abord, je veux qu'elle souffre.

Scott s'avance vers l'afro-américaine, prudemment et en restant parfaitement maître de lui-même. Immédiatement, des dizaines d'armes et d'arbalètes sont pointées sur son torse. Loin d'être impressionné, il continue d'avancer jusqu'à mettre une bonne distance entre lui et le reste de la meute, comme s'il cherchait à être au premier plan en cas d'attaque. Ce qui est complètement débile, puisqu'il va s'en prendre plein la figure –ou plein le cœur.

- Scott McCall, retentit la voix suave de la psychopathe. Ravie de vous revoir, toi et ta meute, continue-t-elle avec un sourire féroce et menaçant.

- J'aimerais pouvoir en dire autant, répond l'Alpha d'une voix calme mais on ne peut plus sérieuse.

La chasseuse laisse échapper un léger ricanement, puis d'un petit hochement de tête envers ses sbires elle leur donne un ordre silencieux. J'ai à peine le temps de tourner la tête vers mes amies, que je vois soudainement Aly écarquiller les yeux et tanguer dangereusement, comme si le sol n'était plus stable sous ses pieds. Je fronce les sourcils et me précipite à ses côtés pour la soutenir avant qu'elle ne s'effondre. Je suis très vite rejointe par Léna, paralysée à la vue du T-Shirt d'Aly qui s'imbibe progressivement de son sang. Je deviens plus pâle que jamais alors que mon amie perd conscience dans nos bras. Non, non, non, pas Aly. Pas Aly. Elle n'avait pas vu la flèche arriver. Moi non plus. Par réflexe, j'essaie de comprimer la blessure autour de la flèche, mais sans retirer celle-ci. J'ai retenu la leçon.

D'autres flèches s'en suivent, je ne les remarque qu'au moment où l'une d'elles frôle mon épaule. Je m'abaisse plus bas encore, entraînant Léna avec moi. Je repère alors une boite postale, d'un jaune vif, une planque parfaite. Je soulève Aly avec l'aide de Léna, agissant plus par mécanisme que par pleine conscience. Nous nous trainons derrière la boite puis j'appuie à nouveau sur la blessure d'Aly. La flèche lui est rentrée en plein milieu de l'abdomen. Nul doute que la pointe en argent est détachable. Je jette un regard à Léna, recroquevillée sur elle-même. Elle est à présent complètement paniquée. Sa respiration n'est plus que sifflements douloureux et son visage est à la fois pâle et écarlate, si bien que je me demande si elle n'est pas en train de nous faire une crise de panique, là toute de suite. Ce n'est vraiment pas le moment opportun. Restant calme, j'entreprends de lui parler pour la rassurer, tout en appuyant sur l'abdomen d'Aly :

- Léna, Léna ça va aller. Il faut que tu te calmes, respire.

Elle reste dans la même position, les yeux agrandis par l'angoisse. Je ne suis même pas sûre qu'elle m'entende vraiment. Je suis vraiment dans la merde. Il nous faut un plan où on va tous y rester. Sauf qu'Aly est hors service. Si je n'entendais pas les battements de son cœur, faibles mais présents, nul doute que mes nerfs me lâcheraient moi aussi. Imaginant ce qu'Aly aurait fait dans une telle situation, j'improvise :

- Léna, rappelle-toi : le passé, le présent, le futur. Répète !

Après quelques respirations haletantes de plus, une voix, faible et tremblante, commence à psalmodier notre mantra :

- Le passé, le présent, le futur, elle reprend une respiration, un peu plus profonde que les précédentes, puis répète à nouveau.

J'observe alors les environs, histoire de repérer un éventuel chasseur qui attenterait à nos vies. Je distingue vaguement Liam se glisser discrètement jusqu'aux garçons, Corey toujours inconscient au sol. Je l'observe avec attention soulever précautionneusement le brun avec l'aide de Mason puis ils s'éclipsent dans la ruelle adjacente alors que Scott détournait habilement l'attention des chasseurs. Je l'ai jugé trop vite, ce petit asticot. Il n'a pas que du vide dans la caboche.

Avisant Nolan, qui s'est intelligemment planqué derrière une fourgonnette –pourquoi j'y ai pas pensé plus tôt ?- je tente de capter son attention, même si ses yeux semblent rivés sur la lutte qui s'est déclenchée entre le reste de la meute encore debout et les connards de chasseurs.

- Holloway ! je l'appelle en prenant soin de moduler le volume de ma voix de sorte à ne pas être entendue par le camp ennemi.

Voyant qu'il ne m'entend pas –sérieux, il doit avoir des problèmes d'audition, à son âge, quoi !-, je retente :

- Nolan !

La deuxième fois est la bonne et son regard se dirige sur moi avant de se figer sur le corps d'Aly. Une drôle d'émotion lui traverse le visage. Il nous rejoint en quatrième vitesse alors que la combine de Liam a fait germer un plan dans mon esprit. Certes, c'est assez brouillon, mais en pratique, ça devrait le faire.

- Elle est … ? demande-t-il, les yeux écarquillés.

- Non, bien sûr que non. C'est d'Aly dont on parle, ce n'est pas une flèche qui aura raison d'elle.

Il soupire de soulagement puis fronce les sourcils, et je demande d'une voix tendue :

- Tu vas la porter et tu fonces dans la première planque sûre que tu trouves, c'est clair ?

- Je te rappelle que les chasseurs nous attendent avec des armes, fait-il remarquer.

- Je vais faire diversion, je dis avec conviction.

Il me regarde dans les yeux, puis acquiesce silencieusement.

Je me tourne alors vers Léna et lui soumets mon plan. Elle refuse dans un premier temps de me laisser ici, mais je ne lui donne pas vraiment le choix en avançant l'argument qu'Aly a besoin d'elle plus que moi. Elle se prépare donc à courir à la suite de Nolan, inspirant profondément pour tenter de garder le contrôle.

Nolan se penche alors et passe un bras sous les genoux d'Aly et un autre sur sa taille avant de se redresser. Je comprime toujours la blessure alors, avant de lui confier mes deux meilleures amies, je lui donne quelques dernières instructions :

- Dès que t'es de l'autre côté, tu comprimes de nouveau la blessure. Il faut arrêter l'hémorragie. Appelle les secours, emmène-la à l'hosto, j'en sais foutrement rien, mais trouve une solution. Quand à Léna, ne laisse pas la panique la submerger, il faut que tu lui parles.

Il acquiesce à nouveau rapidement de la tête, et avant de m'élancer sur le champ de bataille pour leur libérer le passage, j'ajoute :

- S'il leur arrive quelque chose et que c'est de ta faute, je te castre avant de te pendre avec tes boyaux.

Sur ce, je m'élance rapidement et sans plus réfléchir directement dans la mêlée, au beau milieu des flèches et des balles, en priant pour m'en sortir indemne.

~POV Léna~

C'est le cœur lourd et la panique au ventre que je m'élance dans une course contre la montre avec Nolan, et une Alyssa inconsciente. J'ai abandonné Lou sur le champ de bataille, elle va s'en sortir, elle est entourée des autres. Moi, je dois sauver mon amie rousse à présent, c'est ma seule préoccupation. Ça fait dix minutes qu'on court en ville en direction de... euh j'en ai aucune idée, en fait. Je m'arrête net. Nolan n'a pas l'air de s'en rendre compte car il continue de courir. Lou avait dit quoi déjà ? Je l'imagine pendu. Enfin pas maintenant, puisqu'il porte Alyssa mais bref.

- Nolan ! Tu vas où ? je lui demande en criant.

Il s'arrête et vient vers moi.

- Je… j'en ai aucune idée mais il faut trouver de l'aide. Elle perd beaucoup de sang, là. Je… je sais pas quoi faire, il répond en regardant le ventre sanglant d'Alyssa.

Non mais je rêve, ou quoi ? Il ne serait pas en train de paniquer ? C'est moi la stressée, habituellement alors que là, je suis la plus lucide. Il faut que je le sois, la vie de mon amie est en jeu. Je suis quand même en panique, mais Nolan l'est carrément plus que moi actuellement.

- Il faut l'emmener aux urgences, j'ai pas d'autre idée ! je lui dis.

Il acquiesce et on se remet à courir en direction de l'hôpital. Là-bas on pourra l'aider. Mélissa pourra l'aider, elle sait comment sauver les loups garous. On court sans s'arrêter, en slalomant entre les voitures garées sur les trottoirs. Les gémissements de mon amie me donnent la chair de poule. Je sens la panique venir, mais souffle un bon coup. Je ne dois pas paniquer, pas maintenant ! J'entends Nolan lui chuchoter quelque chose. Il tente de la rassurer. Si ce n'était pas un ancien chasseur j'approuverais sans hésiter mais non, alors je trouve cela juste normal. Il a le devoir de la rassurer, après tout c'est l'un des siens qui a fait du mal à Alyssa.

- Léna ! m'appelle Théo.

Je m'arrête, je ne m'étais même pas rendu compte que nous étions à nouveau dans le centre-ville. Je me retourne pour faire face au grand brun. Nolan est dos à moi.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- C'est Monroe, elle est de retour avec ses alliés. Ils ont tiré sur Alyssa, elle a une flèche dans l'abdomen. On l'emmène à l'hôpital.

Quand je dis ça, je réalise ce qu'il se passe réellement. Alyssa est inconsciente dans les bras de Nolan. Elle peut mourir. Non, c'est tout bonnement impossible. Pas elle. Pas notre Aly.

- Léna, regarde-moi, ne panique pas.

- C'est facile à dire, c'est pas ta meilleure amie qui est en train d'agoniser ! je lui réponds, les larmes aux yeux.

Il regarde Nolan, examine brièvement Aly, et je vois dans ses yeux une idée germer.

- Suivez-moi !

Je n'ai pas le temps de riposter qu'il s'élance devant nous. On le suit tant bien que mal et au bout de dix minutes de course nous arrivons devant un bâtiment à la façade remplie de briques grises, avec un insigne sur la porte indiquant « clinique vétérinaire ». Je regarde Théo perplexe, mais le suis dedans. Il pousse la porte, et j'aperçois Liam assit sur une chaise aux côtés de Mason. Il se lève quand il nous voit arriver.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Alyssa s'est prise une flèche.

- Emmenez-là chez Deaton.

Nolan s'avance à la suite de Théo dans la salle principale. Un homme chauve de quarante ans environ est en train de ranger tout un tas d'outils d'opération. Il tourne la tête quand nous entrons dans la pièce. Il écarquille les yeux quand son regard se pose sur la flèche dans l'abdomen de ma meilleure amie.

- Couchez-la ici, dit-il en montrant une table à côté de Corey, lui aussi inconscient.

Nolan dépose Aly délicatement et recule. Je tourne la tête vers lui et lui souris en signe de remerciement. Je me rapproche de Théo et le tiens machinalement par le bras. Deaton, si j'ai bien compris, se retourne vers nous.

- Une flèche des Argent ?

- Oui.

- D'accord, je vais faire tout ce qu'il faut pour la remettre sur pieds.

- Merci, je dis dans un souffle.

On sort rejoindre Liam et Mason dans ce qui semble être la salle d'attente. Je m'installe sur un siège libre à côté de Liam. Théo se met à côté de moi, tandis que Nolan se met assis dos au mur, à même le sol.

- Il va s'en sortir, Corey ? je demande.

- Oui, en tout cas je l'espère, dit Mason. Deaton va lui enlever la balle.

- Ne t'inquiète pas pour Alyssa, il va la sauver. Deaton en a sauvé des dizaines des loups garous, il sait ce qu'il fait, ajoute Liam.

J'espère qu'il dit vrai. Je lui souris et me colle au fond du siège. Je pose la tête contre le mur et fixe l'horloge en face de moi.

~POV Louna~

Les balles m'écorchent sur la quasi-totalité du corps. Il faut bouger. Constamment être en mouvement, sinon on meurt. Il n'y a plus que Scott, Malia, Alec, Lydia, Isaac et moi en liste. Tous les autres sont hors course et ont réussis à se mettre à l'abri. J'espère que les filles vont bien. Si ce n'était pas le cas… je ne sais pas ce que je ferais. Tandis que je me perds deux infimes secondes dans mes pensées, un chasseur réussi à s'approcher puis me pointe de son arbalète, me fixant droit dans les yeux avant de presser la gâchette. Immobile, acceptant mon sort, je ferme les yeux et attends. Attends que la mort vienne me cueillir. Mais elle n'arrive pas. Je rouvre alors timidement un œil pour voir Isaac planté à mes côtés, la flèche retenue dans sa main. S'il n'avait pas été là, cette même flèche serait plantée direct dans ma trachée à l'heure qu'il est.

Avant même d'avoir le temps de m'en remettre, il renvoie la flèche au chasseur, ses yeux virant à l'ambré. Le chasseur s'effondre à la seconde où la flèche qui m'était destinée lui perce le thorax. Je relâche mon souffle que je n'avais pas conscience d'avoir retenu puis fait à nouveau un rapide bilan de la bataille, Isaac se mettant dos à moi pour ainsi protéger mes arrières. Scott a engagé une lutte rapprochée avec les gardes du corps directs de la pétasse, tandis qu'Alec enchaîne acrobatie sur acrobatie pour éviter leurs projectiles. Malia, crocs et griffes apparents, tente quant à elle d'exterminer le plus de monde possible, peut soucieuse d'une quelconque conscience morale. Sauf qu'il ne faut jamais laisser sa rage l'emporter sur soi-même, j'en sais quelque chose sur le sujet. Lydia est légèrement en retrait, préférant ne pas plus s'impliquer dans la lutte. Elle risque sa vie, elle aurait dû partir avec les autres il y déjà un bon moment.

Envoyant un énième chasseur valser quelques mètres plus loin, je me retourne vers mon sauveur puis commence, la voix tendue, la respiration hachée, sur mes gardes tout en surveillant avec la plus grande attention ma vision périphérique :

- On ne tiendra plus très longtemps.

- Laisse le temps à Scott de lui briser son bouclier, rétorque-t-il en jetant un regard à notre Alpha.

- T'es vraiment persuadé qu'il y arrivera, pas vrai ?

- Oui, répond-il simplement en nous faisant pivoter, toujours dos à dos.

Je n'ajoute rien, évite quelques balles de plus ainsi qu'un chasseur débile ayant tenté –littéralement- de me sauter dessus. Des vrais fous, ces gens !

Un grognement de colère, puissant, vainqueur, s'élève dans les airs. Nous stoppons nos mouvements sous le coup de la surprise puis dirigeons nos regards vers la source du grognement. Scott. Scott face à LA chasseuse, les deux de ses gardes les plus balèzes étendu à ses pieds, entre eux deux. L'afro-américaine serre les dents, nous tuant de son regard foudroyant, puis sans crier gare s'en va, simplement, en disparaissant dans l'une des petites ruelles, laissant le reste de sa troupe à notre merci, après nous avoir menacés une dernière fois :

- J'aurais vos peaux, un jour, je vous aurais tous !

Malia, toujours transformée et débordante de rage s'apprêtait à la poursuivre mais Scott la retient d'un mouvement sec et dur par le bras, la forçant à rester à ses côtés.

Alors quoi, c'est tout ? Cette salope nous attaque et blesse gravement deux des nôtres et on n'essaye même pas de la rattraper ? Est-ce une blague ?

- Nous ne sommes pas des meurtriers, Malia. Ne leur donnons pas de raison de nous chasser.

J'observe une toute dernière fois le champ de bataille. Les chasseurs encore en vie ont pris la poudre d'escampette, les autres, toujours étalés au sol sont sans doute morts au combat. Et je ne ressens pas même une once de pitié pour eux.

Je laisse mon regard dériver sur Alec, Lydia et Isaac, m'assurant qu'ils ne sont pas sérieusement blessés. Alec est essoufflé, ses jambes tremblent, mais en dehors d'une éraflure le long de sa mâchoire lupine, il va bien. Lydia, elle, est seulement secouée par le choc tandis qu'Isaac, le regard toujours ambré, me fixe calmement. Il a l'air sain et sauf, lui aussi. Son regard se porte sur mes mains, je baisse moi aussi mes yeux jusqu'à les découvrir, entièrement tachetées de sang. Le pire c'est que ce n'est même pas le mien.

Ensuite les éléments s'enchaînent sans que je les comprenne vraiment. Scott est là, je le laisse gérer. J'en ai plus la force.