Coucou les loulous !
Nouveau chapitre, plus gai(y), plus fun et plus rigolo, et surtout, SURTOUT, un rapprochement (ENFIN!) entre nos deux anti héros adorés. J'ai réellement adoré l'écrire, celui-là. J'espère qu'il vous plaira autant de le lire !

Je n'ai pas encore remercié les gens qui me laissent des reviews anonymes, donc MERCI ! Ca me fait énormément plaisir, et du bien de voir que mon histoire, la chair de ma chair, mon petit bébé vous plait ! J'espère que la suite vous plaira encore plus!

Bonne lectuuure !


LES DEUX PRINCES.

CHAPITRE 10. BAISERS VOLES.

4 Mai 1999, au Manoir Malefoy

La sensation familière et désagréable d'être aspiré hors du souvenir était reconnaissable entre mille. Aussi, Harry s'assura que son atterrissage sur la terre ferme se fasse en douceur. Draco, lui, ne fut pas aussi chanceux : Dès sa sortie du souvenir, il vacilla un instant, sans savoir si c'était dû au changement soudain d'ambiance ou au poids qui pesait sur son estomac à la vue de ces souvenirs désagréable. Une fois remis, il lâcha précipitamment la main de Potter et s'écarta prestement de lui.

Ce dernier semblait abasourdi. Il regardait le sol, le souffle court et les yeux grands ouverts. Quand il les releva vers Draco, une foule de question de pressèrent sur sa langue. Il dut se reprendre avant de parvenir à articuler la question la plus importante :

« -Rogue est vivant… ? »

A son grand étonnement, seul un murmure franchit celles de Draco :

« -Oui. » Répondit-il simplement.

« -Mais pourquoi m'avoir fait sortir maintenant de la pensine ?

-Parce que, Potter, Répondit Draco qui avait repris son air ennuyé, Le reste ne te concerne pas. Ce ne sont que des souvenirs de mes retrouvailles avec mon parrain, mes amis, et de ma convalescence. »

Il arrêta de parler un moment, semblant chercher ses mots. En attendant, il alla se servir un verre d'eau dans le minibar qui trônait dans un coin de sa chambre, en servit un autre à Potter et alla s'installer dans un des fauteuils installés au milieu de celle-ci. Il but une gorgée tranquillement avant de relever les yeux vers ce dernier et de reprendre, d'une voix posée :

« - Elle a été longue et douloureuse, si tu veux tout savoir. »

Harry s'installa en face de lui, but à son tour avant de demander :

« -Pourquoi ? Rogue avait toutes les potions nécessaires pour te faire guérir rapidement.

-C'est plus compliqué que ça. Le sort que mon père a posé sur la marque est peu connu. Rogue a longtemps tenté de m'en défaire, sans succès. Il t'expliquera mieux que moi les conséquences, je ne les ai pas encore comprises dans la totalité. Du reste, il a d'abord fallu m'aider à canaliser ma magie avant de pouvoir me soigner, et c'est ce qui fut le plus compliqué.

-Pourquoi ? » Demanda à nouveau Harry.

Draco claqua la langue, paraissant importuné par les questions du Gryffondor :

« -Parce que j'ai explosé. »

Devant l'air interdit d'Harry, il dut s'expliquer :

« -La dernière scène que tu as vu au manoir n'était pas banale. La haine que je ressentais pour mon père, couplée à la marque qui me pompait toute mon énergie et aux mois de torture que j'ai dû subir ont contribués à… Faire exploser ma magie. Quand j'ai vu mon père ce jour-là, j'ai simplement perdu la tête. Je sais que c'est difficile à concevoir, mais il faut que tu voies ça comme… Un élastique qui se rompt. Ma magie avait été tirée par la Marque pendant 3 mois, et, quand mon père est arrivé dans ma cellule, celle-ci s'est déployée violemment et la marque n'a pas pu le supporter. »

Harry hocha la tête pour montrer qu'il avait compris. Il ne put s'empêcher de poser une nouvelle question :

« -Mais dans ce cas, ta magie t'a sauvé, alors pourquoi as-t-il fallu t'aider à la canaliser ensuite ? N'a-t-elle pas naturellement réparé les préjudices que ton corps a subis ?

-C'est plus compliqué que ça… Ma magie, à partir de ce moment-là, à en quelque sorte compris qu'elle pouvait combattre d'instinct les attaques extérieures. Vu que je ne m'étais pas habitué à une magie aussi forte, mon corps et la marque à laquelle j'étais habitué ont tentés de la repousser, c'est pour ça que, pendant assez longtemps, mon était faisait des embardées. Jusqu'à ce que Severus comprenne et m'isole pour que je puisse canaliser celle-ci, au moins pendant un moment.

« -Pendant un moment ? Qu'est-ce que ça veut dire ? » Le coupa Harry.

« -Ca veut dire, Potter, que ma magie n'est toujours pas stable. Que pendant ma convalescence, j'ai dus apprendre à la canaliser, mais seulement pour le temps de ma guérison. Après celle-ci, Severus a tenté de trouver un moyen de faire en sorte que celle-ci s'accouple avec mon corps et ma marque, mais rien à faire. Enfin, il t'en dira plus lui-même » Conclut-il en balayant l'air de sa main.

Quand Harry leva les yeux vers Malefoy, celui-ci lui sembla avoir vieilli de plusieurs années en l'espace d'une journée. Il regardait le fond de son verre en le faisant tourner entre sa main gauche, le regard vide et l'air pensif. Ses cheveux retombaient devant ses yeux, dissimulant le bas de son front, et ses lèvres roses et charnues étaient meurtries par ses mordillements intempestifs. Harry comprit alors que le jeune héritier avait vécu autant, si ce n'est plus de situations désastreuses dans sa courte vie. Il comprit aussi que, à force de se cantonner à la vision basique qu'avaient les élèves de Poudlard des Serpentards, il avait oublié de regarder l'homme pour regarder la maison. Il s'en voulut pour ça, et ne put s'empêcher de se dire que s'il avait eu autant de courage que le Serpentard, la situation en serait sûrement pas devenue telle qu'elle l'était actuellement. Il ne put empêcher un soupir de franchir ses lèvres tandis qu'un étau se refermait autour de son cœur.

Il se passa une main brève dans les cheveux, avant de se lever doucement. Il devait aller parler à Rogue de toute urgence, mais ne pouvait pas non plus laisser Draco dans cet état dubitatif avancé. Son hésitation fut visible, et le jeune héritier se leva à son tour, faisant disparaître d'un coup de baguette les deux verres avant de s'avancer vers la porte.

Il l'ouvrit et se retourna vers Harry, s'éclaircissant la gorge :

« -Tu peux partir Potter, tout ce que tu as vu, j'y ai survécu une fois, j'y survivrai bien une deuxième. »

Le petit sourire qu'il afficha fit bondir le cœur d'Harry dans sa poitrine. Il n'avait jamais remarqué à quel point le visage du Serpentard semblait s'illuminer dès que le plus fin des sourire traversait son visage. Il observa les traits de celui-ci un moment avant de s'avancer à son tour vers la porte. Il secoua la tête et posa sa main sur la poignée. Draco tenait la poignée d'un côté de la porte, Harry celle de l'autre, comme s'ils se battaient pour savoir si ce dernier devait rester ou partir :

« -Tu n'aurais pas dû vivre ça. Personne ne le peut. »

Malefoy rit légèrement :

« -Tu sais Potter, la plupart des Serpentards ont vécu ça : La mère de Blaise est une psychopathe nymphomane, qui n'a qu'un seul regret dans sa vie, que Blaise soit son fils et qu'elle ne puisse pas l'épouser. Les parents de Nott sont infernaux, ceux de Pansy et ceux d'Adrian le sont peut-être encore plus. Severus n'a jamais voulu me parler de son enfance, mais j'ai cru comprendre par Blaise que celle-ci avait été plus que chaotique. Alors si, j'ai vécu ça. On l'a tous vécu. C'est ce qui fait que nos choix sont plus faciles, et que nos caractères sont plus affirmés. Au fond, je devrais peut-être remercier mon père. »

Un second petit sourire naquit sur ses lèvres, et s'en fut trop pour Harry.

Il ne sut jamais vraiment comment il en était arrivé là, comment, par Merlin, son esprit étroit avait pu faire un cheminement aussi incongru. Tout ce qu'il comprit à ce moment-là, c'est que sa main avait quitté la poignée de la porte, pour se poser sur celle de Draco. Celui-ci avait relevé des yeux légèrement surpris vers lui, tout sourire disparaissant de son visage. Harry avait alors accompagné le mouvement du blond et avait fermé la porte, de telle sorte que Draco fut adossé à celle-ci, beaucoup trop proche du Gryffon pour son propre bien. Celui-ci avait gardé la main posée sur celle de Draco, l'observant d'un air contrit pendant un moment, avant de tourner la tête vers lui. Le ciel orageux et la forêt émeraude se rencontrèrent, tandis que le souffle léger des jeunes hommes se mêlait.

Draco, trop surpris par la tournure des évènements, n'avait pas bougé d'un seul millimètre. D'accord, il voulait Potter dans son lit, mais seulement dans son lit. Cette scène était surréaliste, par Merlin ! Pourquoi son cœur semblait-il vouloir sortir de sa poitrine, et pourquoi ses mains étaient-elles aussi moites ? Parce qu'il était surpris, c'était ça. Parce qu'aujourd'hui, il avait simplement prévu de montrer ses souvenirs à Potter et que celui-ci s'enfuie en courant, et que rien ne se passait comme il l'espérait. Potter allait mettre son plan à l'eau, et Draco n'aimait pas ça. Oui, ça devait être ça.

Harry, quant à lui, n'en menait pas large non plus. Son esprit était emballé dans du coton quand ses yeux rencontrèrent l'orage de ceux de Draco. Comme s'il court-circuitait totalement. Il leva son autre main sans réfléchir, et la posa sur la joue du blond, pour la faire glisser sur sa nuque. Draco déglutit difficilement, et Harry se rapprocha de lui, juste assez pour que leurs lèvres purpurines se frôlent. Harry entrouvrit les lèvres sans pour autant approfondir le contact, et, fermant les yeux à mi-clos, il respira l'air de Draco.

Celui-ci, qui avait baissé les yeux sur les lèvres d'Harry, bloqué entre la porte et celui-ci, avait dû se forcer à fermer les yeux à son tour pour s'empêcher de regarder la bouche charnue de son congénère, sous peine de l'attaquer trop férocement. Il pencha très légèrement la tête, et, dans un mouvement doux, traversa le millimètre restant entre leurs bouches, qui se posèrent l'une sur l'autre, envoyant une décharge délicieuse aux deux protagonistes.

Harry ne comprit pas ce qu'il lui arrivait. Il en avait embrassé, des garçons. Mais jamais, ô grand jamais, il n'avait ressenti cette espèce d'excitation hésitante quand il avait posé ses lèvres sur celles d'un autre. Jamais son cœur n'avait fait un tel bond, et jamais il n'avait aussi vite entamé un mouvement pour que sa bouche caresse celle de son compagnon. Quand ses neurones se rallumèrent, sa langue entamait une danse sensuelle avec celle de Draco, et sa main caressait la naissance de ses cheveux trop doux à son goût. Leur baiser fut très doux, comme s'ils pensaient leurs blessures en même temps qu'ils découvraient le goût de l'autre.

Les Gryffondors étaient connus pour leur courage légendaire, pour ne pas paniquer et se lancer dans l'aventure. Pourtant, ce fut Harry le premier qui sembla se rendre compte du ridicule de la situation. Son cœur battait trop fort, son sang semblait se propager dans ses veines à une vitesse anormalement rapide, et son souffle était trop erratique. Alors, il se sépara de Draco. Celui-ci ouvrit légèrement les yeux, pour voir ceux, grands ouverts, du Survivant. Ce dernier relâcha la main du Serpentard et cligna plusieurs fois des yeux, avant d'ouvrir la porte d'un mouvement brusque qui fit se décaler Draco et de sortir de la pièce en trombe.

Le blond cligna à son tour des paupières, ses doigts remontant sur ses lèvres pour les frôler légèrement, avant de murmurer :

« -Stupide Gryffondor. »


Pendant ce temps-là, Impasse du Tisseur :

Quand Severus se réveilla ce matin-là, il sut directement que sa journée n'allait pas être de tout repos. Avant même qu'il ait eu ouvert les yeux, un cri strident le fit sursauter violement et il entendit le bruit fracassant d'une chute. Se précipitant sur sa baguette, il s'empêtra les pieds dans les draps et finit par chuter à son tour sur le sol, finissant étalé sur celui-ci, emmêlé dans ses draps blancs dans une pose ridicule.

Il grogna sourdement en entendant le rire clair de Blaise résonner dans la chambre. Ce petit insolent se moquait ouvertement de lui ! Il se releva en pestant et fit face à son amant, debout de l'autre côté du lit, qui le regardait avec un grand sourire :

« -J'avais oublié comme tu es mignon au réveil…

-C'est toi qui m'a fait peur, espèce de…

- Langage, Sev' ! Et puis d'abord, c'est de ta faute, j'ai eu peur en me réveillant, depuis quand exactement me prends-tu dans tes bras pendant la nuit ? »

Ledit Sev' rosit légèrement, se passa une main dans les cheveux et se souvint de ce qu'il s'était exactement passé la veille. Un sourire vicieux naquit sur son visage :

« -Pour ta gouverne, mon cher Blaise, ce n'est pas moi qui t'ai pris dans mes bras hier soir, mais toi. Tu t'es collé à moi quand je me suis couché comme un petit Poufsouffle que tu es… »

Devant la bouche ouverte de Blaise, qui avait l'air tout bonnement outré, Severus se mit à rire franchement, ce qui lui valut de se recevoir un coussin tout droit dans le visage. Il grogna légèrement avant de saisir sa baguette et de murmurer un sort qui ligota Blaise aux montant du lit par les poignets. Celui-ci glapit sous la surprise, et s'enfonça un peu dans les oreillers en entendant la voix délicieusement grave de son ainé :

« -Tu va me le payer, Zabini… »


Pendant ce temps-là, au Square Grimmaud :

Harry transplanna au milieu du salon, à bout de souffle. Il ne voulait pas réfléchir, ne voulait pas se poser de question sur ce qu'il venait de se passer. Il avait l'impression qu'il allait exploser d'une minute à l'autre, sous la pression des émotions qui parcouraient son corps.

Il inspira profondément, se forçant au calme, et alla s'étendre sur le canapé qui trônait dans la pièce. Il posa son avant-bras sur ses yeux et appuya fortement, jusqu'à ce que des petites étoiles apparaissent dans son champ de vision. Une fois cela fait, il soupira profondément. Qu'avait-il pu lui passer par la tête ? Comment ses neurones avaient-ils pu se déconnecter au point qu'il fasse ça ? Pourquoi son corps l'avait-il trahi ? Car il sentait bien, depuis toujours, que son corps désirait Malefoy, il ne pouvait pas le nier. Mais cette fois-là, ça avait été différent. Bien que son corps ait désiré le blond, son esprit avait eu l'air de se mettre en accord avec lui, et d'accorder à ses mains le droit de se poser sur Malefoy, et à sa bouche de gouter celle de l'autre… Il frissonna à cette pensée, et secoua la tête. Ce pouvait-il que… ? Non, impossible. Jamais. Pourtant, comme un serpent faisait son chemin, l'idée naquit en lui que peut-être, pour la première fois, son esprit avait pu voir qui était réellement Malefoy derrière son masque d'arrogance et de froideur, et, peut-être que celui-ci avait apprécié ce qu'il avait vu ?

Il se frappa sur le front pour empêcher ce genre de pensées de faire leur cheminement. Non, non. Il désirait le corps de Malefoy, il voulait le baiser simplement, et on ne baise pas un esprit ! Oui, voilà, il voulait tellement Malefoy que son esprit avait eu un léger court-circuit. C'était ça. Il s'assit sur le canapé, rassuré de ses conclusions, et se permit de sourire légèrement. Il n'aurait jamais de sentiments pour le Serpentard, il n'en avait pas eu pour Anthony, qui était tout ce dont il avait besoin, alors pourquoi en aurait-il pour un petit con arrogant qui passait sa vie à le mettre plus bas que terre ? C'était impossible, il n'était pas maso à ce point-là. Il se redressa, tout content de cet accord avec ses pensées, et se mit en quête de retrouver un objet dissimulé quelque part dans le Square.

Il espérait que la personne qui avait refait l'appartement n'avait pas bougé ses affaires de place. Il monta les escaliers rapidement, et, entrant dans sa chambre, il se mit à fouiller dans les tiroirs pendant un moment. Au bout de quelques minutes de recherches acharnées, il extirpa l'objet tant désiré d'une pile de caleçons et leva la main en signe de victoire.

Sans prendre le temps de se changer, il enfila une veste légère avant de sortir du Square à la hâte. Il devait aller chez Rogue.


Pendant ce temps-là, à l'Impasse du Tisseur :

Severus était en train de se préparer du café, un sourire flottant sur ses lèvres sans vouloir le quitter. Il entendait les jurons de Blaise, qu'il avait laissé se dépêtrer seul de ses liens à l'autre bout du couloir, après lui avoir fait sauvagement l'amour. La vengeance était douce. Pourtant, il se doutait bien que celle de Blaise serait encore plus savoureuse pour le basané quand il réussirait à se détacher. Etouffant un rire, il lâcha d'une voix forte :

« -Langage, Blaise ! »

Celui-ci hurla une insulte qui ne pouvait être retranscrite, tandis que Severus riait aux éclats. Il se servit un café et s'installa sur un tabouret de bar, vêtu d'un simple bas de pyjama en lin pour lire son journal.

La journée semblait s'améliorer. Cependant, quand il entendit trois coups frappés à sa porte, il se dit qu'il avait peut-être eu tort. Et quand il ouvrit ladite porte pour se retrouver vêtu d'un simple bas de pyjama face à un Harry Potter dont les yeux pétillaient de détermination, il comprit qu'il ne pouvait pas avoir plus tort.

Harry, quant à lui, ouvrait et refermait la bouche comme un poisson hors de l'eau. En frappant à la porte de la maison de Severus Rogue, ancien professeur austère et froid comme la pierre de Poudlard, il ne s'attendait pas à voir celui-ci ouvrir la porte, vêtu d'un simple pantalon et un sourire aux lèvres. Cette vision équivalait pour lui à le voir totalement nu et riant aux éclats, bref, un traumatisme.

Rogue semblait vouloir reprendre contenance. Il ouvrit la porte en grand et dit à voix basse :

« -Mr Potter, ce n'est pas que je n'aime pas rester à moitié nu sur le seuil de ma porte, mais entrez avant de gober une mouche. »

Celui-ci hocha la tête et entra dans la maison, toujours aussi perdu. Severus alla attraper un tee shirt qu'il enfila rapidement, et se retourna vers son ancien élève :

« -En espérant que cela vous sorte de votre torpeur. »

Harry émit un gargouillement, entre le rire et la régurgitation, avant de rougir jusqu'aux oreilles. Il tenta de camoufler le tout en toussant, ce qui ajouta encore plus de ridicule à la situation. Severus alla lui servir un verre d'eau, qu'il but avidement avant d'hocher la tête, reconnaissant :

« -Merci professeur.

« -Je ne suis plus Professeur, Mr Potter. »

Il l'invita à s'installer dans le salon, et Harry s'assit face à son ancien Professeur, les mains croisées sur ses genoux. La tension qu'il ressentait se faisait sentir dans tout son corps. Et pourtant, il n'était pas au bout de sa peine. Il entendit Rogue jurer à voix basse, à propos de quelque chose qu'il avait oublié et qui était profondément stupide, avant d'entendre une voix grave :

« - Seeeevveruuuuuuuuuuuuuuus ! Notre invité est déjà arrivé ? Petit coquin, tu ne m'attends même pas pour... »

Harry leva la tête précipitamment, pour faire face au deuxième traumatisme de sa vie. Blaise Zabini, nu comme un ver, venait de faire son apparition dans le salon, et, à ce qu'il crut comprendre, la voix minaudes qu'il venait d'entendre lui appartenait. Il rougit pour la seconde fois en détournant furieusement les yeux. Blaise parut amusé, et se couvrit les parties intimes, avant d'ajouter, théâtralement :

« -Oh, Merlin, Harry ! Je ne m'attendais pas DU TOUT à te voir débarquer ! Et moi qui suis totalement nu ! »

Severus, quant à lui, semblait ne plus savoir où se mettre. Il se tenait l'arête du nez, un sourcil levé, les yeux fermé, et soufflait profondément :

« -Zabini, ce n'est pas drôle…

-Ah, tu ne trouves pas ? » Ledit Zabini se mit à rire comme un bossu, arrachant un sourire à Harry. Il avait le rire communicatif, c'était le cas de le dire. Celui-ci gardait quand même les yeux détournés.

Rogue grogna :

« -Va t'habiller, espèce de post-adolescent plein d'hormones !

-C'est toi qui dit ça ? Après l'heure que tu viens de me faire passer, je trouve ça plutôt gonflé. »

Rogue se leva précipitamment pour aller poser une main sur la bouche de Blaise, qui, en un couinement, se rua hors de la pièce en rigolant. L'ancien Professeur se replaça dans le canapé, droit comme un I.

« -Veuillez oublier cette histoire, Mr Potter. Mr Zabini n'a décidément aucun savoir-vivre.

-Vous savez tout autant que moi que jamais je n'oublierai ce que je viens de voir » Se permit de rire Harry, avant de ravaler son rire sous le regard courroucé de Rogue.

Il déglutit difficilement, et se passa une main sur la nuque. Rogue parut amusé de sa réaction, puis reprit contenance :

« - Voyez, Mr Potter, votre visite me fait grandement plaisir, bien entendu, mais pourquoi êtes-vous là, exactement ? »

Harry sembla se souvenir d'une chose. Il hocha vigoureusement la tête et fouilla dans la poche de sa veste, avant d'en ressortir une petite fiole qu'il tendit à Rogue, qui la prit avant de demander :

« -Serait-ce… ?

-Vos souvenirs, Pro… Monsieur. Je les ai gardés. Je crois que leur place est avec vous. »

Rogue ouvrit la bouche, avant de la refermer. Il prit la fiole entre ses doigts et la fit tourner un moment. Blaise sortit de la chambre à ce moment-là, totalement vêtu cette fois, ouvrit la bouche mais la referma aussitôt en voyant l'air des deux hommes assis. Il vint s'asseoir à côté de Severus en lui lançant un regard plein d'inquiétude :

« -Ça va ?

-Oui, oui, ne t'en fais pas. Vas rejoindre Draco. Et n'oublie pas d'aller aider Molly pour ce soir. »

Blaise hocha la tête, prit la main de son amant et y déposa ses lèvres, avant de faire un sourire à Harry et de se lever. Il sortit de la maison après avoir crié un « A ce soir, Potter ! » qui fit sursauter Harry.

La maison fut à nouveau calme, et le Gryffon tourna les yeux vers son ancien professeur. Celui-ci se passe une main sur le visage, le frotta légèrement, avant de relever les yeux, semblant se souvenir de la présence de son élève. Il se racla la gorge :

« -Merci, Potter. »

Harry hocha la tête, et Rogue rangea la fiole dans un petit tiroir, avant de venir se réinstaller face à lui. Le jeune homme leva les yeux et osa :

« -Je vous ai vu mourir… Comment est-ce possible ? »

Le professeur eut un sourire en coin, puis, naturellement, répondit :

« -Blaise. Il a tout fait pour me ramener, on va dire. Et avec la force de sa volonté, et ses talents de médicomage, ça a tout simplement fonctionné. »

Harry hocha la tête, avant de poser une question qui lui brûlait les lèvres :

« - Vous êtes toujours Professeur à Poudlard ?

-Non. Minerva à bien entendu tenter de me proposer de reprendre mon poste à la rentrée, mais j'ai refusé. Il faut que vous compreniez : Après la guerre, tout le monde m'a vu comme un Mangemort. Le ministère m'a proposé de publier un communiqué expliquant mon rôle pendant la guerre, mais j'ai refusé.

-Pourquoi ?

-Pour pouvoir continuer. Lucius ni aucun autre de ses amis n'a été au courant de ma mort. Voldemort n'a rien dit avant de disparaître à son tour. J'ai donc décidé d'utiliser cela à mon avantage : Ayant été le bras droit de Voldemort pendant un temps, Lucius ne pouvait qu'avoir confiance en moi.

- Mais dans ce cas-là, ne vous a-t-il pas mis au courant quand il a capturé Draco ?

- Non. Il savait que j'étais proche de Draco, que je l'aurais protégé lui plus que Lucius. Quand j'ai appris par Blaise que Draco avait été capturé, j'allais justement le mettre au courant du fait que je n'étais pas mort durant la bataille. Heureusement que je ne l'ai pas fait, d'ailleurs. Si la mémoire de Draco avait été fouillée durant sa capture, et que Lucius avait trouvé des images de moi au milieu des membres de l'Ordre, mon masque serait tombé. J'ai mis l'Ordre au courant juste après la capture de Draco, et Draco a été mis au courant à son « retour ». Tous ont été entraînés à oublier les souvenirs qui me concernent.

-Blaise est d'accord avec cette situation ?

-Bien sûr que non. Mais ceci ne le regarde absolument pas. »

Devant le ton dur de son professeur, Harry baissa la tête. Il se mordilla la lèvre inférieure avant de murmurer :

« -Je suis désolé.

-De quoi, Mr Potter ?

- De vous avoir laissé, ce soir-là. Vous aviez besoin de mon aide.

- En effet. Comme toute la population sorcière. Je préfère que vous ayez choisi de sauver la majorité plutôt qu'un vieux professeur, Mr Potter. Vous avez fait le bon choix. »

Harry haussa les sourcils sous la surprise. Cette courte phrase le prit de court. Jamais le Professeur Rogue n'avait eu un mot apaisant envers lui. Durant toute sa scolarité, il avait été là pour l'enfoncer et le pousser toujours plus loin. Encore une personne qui avait profondément changée… Il ne put cependant s'empêcher d'être ému devant les paroles de son ancien professeur, et murmura, la gorge serrée :

« -Merci.

-Monsieur Potter. Je veux que vous compreniez bien : Ce que vous avez vécu pendant cette guerre était injuste. Vous étiez trop jeune, trop inexpérimenté, trop naïf et trop fragile. Dumbledore aurait dû vous mettre toutes les cartes en main bien avant. Je n'ai jamais approuvé ses méthodes vous concernant. Et malgré ça, vous vous en êtes sorti avec brio. Vos parents seraient fiers de vous. »

Deuxième choc. Un visage baissé, des mains triturées, un sanglot tellement léger qu'il ne brisa pas le silence qui régnait dans la pièce. Puis un second :

« -Merci… »

Rogue sourit légèrement, avant de frapper dans ses mains :

« -Allons, reprenez-vous ! Blaise m'a dit que vous aviez passé la journée d'hier avec Mr Malefoy, j'imagine que votre esprit doit être encombré. De questions, j'entends » Termina-t-il avec un sourire narquois.

Harry rosit légèrement, avant de lever les yeux vers son ancien professeur :

« -En effet, il m'a dit de m'adresser à vous pour en savoir plus sur les conséquences qu'avait sa marque sur son organisme, je n'ai pas réellement compris. »

L'ancien professeur fixait Harry de ses yeux noirs. Il semblait se demander ce qu'il devait ou ne devait pas lui révéler.

« - Quand Mr Malefoy est revenu du manoir, nous avons tenté de le soigner au mieux. Malheureusement, aucun traitement, sorcier ou moldu, aucun sort, ne semblait pouvoir diminuer sa souffrance. Nous avons compris quelques temps après que sa marque en était la cause. Celle-ci absorbe sa magie, et son corps tente de la repousser. Mais vu qu'il n'a pas réellement eu le temps de s'y faire et que la marque a eu le temps de prendre « des forces », son corps n'arrive pas à séparer les attaques de la marque et les attaques extérieures. On a réussi à comprendre que les traitements qu'on lui administrait étaient perçus par son corps comme une attaque. En bref, la Marque et la Magie de Draco se combattaient mutuellement et combattaient en même temps tous les traitements qu'on tentait de lui administrer.

«-Comment avez-vous pu le soigner, finalement ? » Demanda Harry.

« -Eh bien, quand on a compris ce qu'il se passait, tout est allé très vite. On savait qu'on ne pourrait pas canaliser la Marque, du moins pas avant plusieurs mois. Et vu que l'état de Draco empirait de jour en jour, on a décidé de lui apprendre à canaliser sa magie. Pour qu'il y ait une source d'attaque en moins contre les traitements, et ça a marché.

-Et après ? Une fois qu'il a été guéri ?

- C'est là que ça se complique. La magie de Draco a été traumatisée, si on peut dire ça comme ça, par l'épreuve qu'elle a subit. Il a fallu lui apprendre à la ré-apprivoiser, comme on le fait pour un enfant. On a dû faire face, en même temps, au problème de la Marque. On a tenté de faire cohabiter les deux. Le problème étant que, maintenant que Draco a réussi à retenir un tant soit peu sa magie, la Marque… »

Rogue hésita un instant, puis se lança :

« -La Marque de Draco a été canalisée. On a réussi, grâce à une incantation plutôt complexe, à faire en sorte que celle-ci n'absorbe plus la magie de Draco, ou du moins à ralentir son absorption. Mais Draco ne supporte pas de baisser son niveau de magie. Du coup, il tente de brûler les étapes et se retrouve souvent dans des situations où il pousse sa magie trop loin et où sa Marque se rebelle pour absorber encore plus. »

Rogue s'arrêta de parler, conjura une infusion, puis reprit en la tenant dans ses mains :

« - Je lui donne des cours. Enfin, je ne suis pas le seul. Mr et Mme Weasley, Kingsley, Mme McGonagall m'aident. Il a émis le souhait de retrouver le niveau qu'il avait avant cet incident. Et on l'y aide. Petit à petit, bien entendu. Et il arrive très souvent qu'il dépasse les limites. C'est long, compliqué, et très frustrant pour lui, qui a été habitué à pouvoir utiliser sa magie sans devoir se contrôler. Il est aujourd'hui l'un des sorciers les plus puissants au monde. Or, il est aussi l'un des plus instables. »

Harry sembla réfléchir un moment, puis demanda doucement :

« -Draco est en quelque sorte trop puissant pour son bien ?

-En effet. » Répondit Rogue, « Nous pensons que le seul moyen possible pour qu'il puisse laisser sa magie atteindre son niveau normal sans aucun risque serait qu'un autre sorcier puisse l'aider à canaliser la Marque, en créant un lien entre eux pour que la marque absorbe la magie de l'autre en confondant leurs deux magies. Pendant les entraînements, nous avons tous essayé, un par un, de créer ce lien avec Draco. Malheureusement, ils ont tous finit dans les étoiles avant même un tiers de la procédure. Même Kingsley et Mme McGonagall. Moi aussi, oui, Mr Potter. » Siffla-t-il en voyant les sourcils haut de Harry.

Harry eut un léger sourire sarcastique et se leva. Il se mit à faire des allers et retours dans le salon, se triturant les mains en réfléchissant :

« - Si je simplifie, Draco a besoin de quelqu'un d'aussi puissant que lui pour pouvoir l'aider à canaliser sa magie. (Hochements de tête) Pour cela, il faut créer un lien avec lui (Hochement de tête). Professeur, Dit Harry en s'arrêtant devant celui-ci, Nous savons tous les deux très bien que je suis aussi puissant que Draco. Je suis le seul à pouvoir faire ça, n'est-ce pas ?

« - En effet. J'attendais que l'idée fasse son chemin.

-J'accepte.

-Attendez, Mr Potter. Vous devez savoir que ce lien n'est pas à prendre à la légère. Draco et vous allez partager vos pouvoirs, en quelque sorte. Vous allez devoir canaliser une source très puissante de magie. Et ce lien vous liera plus que ça. Vous allez partager les émotions fortes de Draco. Quand il sera très angoissé, furieux, triste, ou… Excité, vous partagerez ça avec lui. Ce lien peut-être très bénéfique et vous faire devenir encore plus puissants, l'un comme l'autre, mais il peut aussi vous détruire, s'il n'est pas utilisé à bon escient.

- Nous sommes adultes maintenant. Nous réussirons à passer outre nos querelles pour faire équipe. »

Rogue ricana tandis qu'Harry attrapait sa veste et l'enfilait. Le jeune se retourna avant de franchir la porte et conclut :

« -Nous nous verrons donc demain, pour pouvoir mettre le lien en place ? »

Rogue s'avança vers lui, et lui fit un sourire mauvais :

« -Vous n'êtes donc pas au courant ? Molly a organisé un grand repas ce soir, en l'honneur de votre… Retour. Nous sommes tous conviés chez les Weasley à 20h. Ne soyez pas en retard, Mr Potter. »

Harry eut un frisson en entendant la dernière phrase du Professeur, qui lui faisait se souvenir de ses années à Poudlard, quand ce dernier lui faisait faire des cauchemars. Aussi, sa voix tremblait quand il répondit :

« -Oui, Professeur. »

Et il partit en rougissant sous les rires de l'ancien Serpentard.


4 Mai 1999, au Terrier :

Harry était debout devant la porte, un bouquet de roses à la main. Il semblait hésiter à entrer. En réalité, il tentait de se persuader que cette soirée serait agréable, que l'évènement survenu ce matin-même n'était que le fruit de son imagination débordante. Pour l'occasion, il avait enfilé un pantalon clair en lin et une chemise sombre, ouverte largement pour qu'il puisse profiter de la fraîcheur de cette nuit de Printemps. Il souffla un grand coup et frappa.

Quelques secondes plus tard, ce fut un Blaise Zabini hilare qui vint lui ouvrir. Celui-ci lui fit un immense sourire en l'invitant à entrer, lui frappant l'épaule en s'excusant pour son attitude de la matinée :

« -Ce n'est pas grave, Répondit Harry en souriant malicieusement, Voir Rogue aussi mal-à-l'aise, ça valait tout l'or du monde ! »

Le rire grave de Blaise repartit de plus belle tandis qu'ils avançaient dans la maison qu'Harry aimait tant. Les Weasley avaient remis en état la bâtisse qui avait été mise à mal par l'attaque des Mangemorts à l'aube de sa sixième année.

A peine entra-t-il dans la cuisine qu'il fut attaqué par Molly Weasley, qui lui sauta dessus pour l'enlacer :

« -Harry, mon chéri ! Ça me fait tellement plaisir de te voir ici ! Oh, elles sont pour moi ? Dit-elle en attrapant le bouquet. Harry hocha la tête avec un immense sourire et la rousse lui planta un baiser maternel sur la joue Merci, ce n'est pas Ron qui m'offrirait des fleurs !

-Mamaaaaaan ! Je n'ai pas disparu pendant un an, moi ! » S'écria ledit Ron, installé dans un des canapés du salon en stoppant sa conversation avec Théodore. Salut, Harry ! »

Harry rejoint le salon et salua tout le monde. Son cœur semblait s'emballer, et il se rendit soudainement compte qu'il était heureux. Tous ses amis étaient réunis pour fêter son retour, dans la joie et la bonne humeur, et cela le comblait. Il offrit une accolade à Ron, serra la main de Théo en souriant joyeusement, serra brièvement Arthur et Kingsley dans ses bras et salua Rogue et la Directrice de Poudlard d'un hochement de tête, ne voulant pas interrompre leur conversation animée. Il sortit ensuite dans le jardin, salua Neville, Dean, Lee et Ginny, qui discutaient Quidditch avec animation. Il s'étonna de ne pas trouver Luna et Hermione. Ginny, d'un mouvement de tête, lui montra le fond du jardin.

Quand Harry leva les yeux, il fut pris d'une vision qui lui serra le cœur. Hermione et Luna étaient installées sur des chaises longues, et riaient à gorge déployées. Les deux chaises avaient été collées magiquement, et, au milieu de celles-ci se trouvaient un Draco Malefoy plus beau que jamais. Celui-ci riait aux éclats avec ses deux amies, semblant partager avec elles une complicité sans égale. Harry se sentit légèrement jaloux, sans savoir si c'était de Draco ou des jeunes filles. Luna, en l'apercevant, se leva d'un bond, planta un baiser dans les cheveux de Draco avant de s'avancer vers Harry en sautillant joyeusement. Elle sauta dans ses bras et le serra quelques instants, avant de lui prendre la main pour le faire la suivre. Elle alla s'asseoir dans l'herbe et lui fit un léger sourire énigmatique, avant de demander :

« -Alors, racontes-moi tout…

-Comment ça ?

-Ben, ce qu'il s'est passé avec Draco ! »

Harry s'offusqua :

« -Il t'a tout raconté ?

-Ah ! Il s'est donc passé quelque chose ! » Luna rit. Son rire était cristallin et clair, et Harry ne put s'empêcher de rire à son tour en se rendant compte de la façon dont il s'était fait avoir.

Quelques heures plus tard, les conversations allaient bon trains. La vingtaine de sorciers étaient attablés autour d'une table agrandie d'un sort pour l'occasion, et tout le monde y allait de son anecdote, de sa petite histoire, créant ainsi un brouhaha joyeux aux oreilles d'Harry. Au début du repas, il avait dû s'empêché d'être touché en voyant Sophia jouer des coudes pour obtenir une place auprès de Draco, et finir simplement sur ses genoux. Harry était installé entre Ron et Hermione, comme au bon vieux temps, et discutait avec Georges de l'avancement de la boutique. A ce moment-là, il eut la mauvaise idée d'accepter de tester de temps en temps leurs nouveaux produits, créant un fou rire autour de lui et des œillades complices entre George et Dean, son nouvel associé. Arthur discutait vivement avec Théo, son nouveau gendre, et Blaise s'invitait parfois dans la conversation, recevant des regards noirs de Severus qui parlait toujours avec McGonagall et Kingsley.

Quand le repas fut fini, ce fut tout naturellement qu'Harry, Ron et Hermione allèrent s'installer dans le jardin. Harry s'alluma une cigarette tandis que ses deux amis continuaient à converser. Harry avait été heureux de voir que leur complicité d'antan restait intacte, même s'ils avaient tous les trois quelque peu changés. Hermione paraissait plus mature, si c'était possible, et Ron, quant à lui, était à présent indéniablement devenu un homme. Comme si son état psychologique avait poussé son corps à changer, ses épaules s'étaient élargies, sa silhouette s'était affinée, lui ôtant ce côté gauche qu'il pouvait avoir autrefois. Quand il riait, un orage grondait dans sa gorge et ses yeux s'allumaient d'une lueur mutine, comme si tous les problèmes qu'il avait eus s'envolaient le temps d'un rire.

Perdus dans sa contemplation, Harry ne remarqua pas que plusieurs personnes s'étaient rajoutées au groupe : Neville, Luna, Dean, Lee, Georges, Pansy, Adrian, Théo, Ginny et Draco s'étaient installés autour d'eux, formant un rond parfait. Dans les bras de Draco gisait une petite Sophie endormie profondément, qu'il berçait d'une main en fumant de l'autre.

Tandis que les conversations reprenaient, Harry observa tout le monde. Il se rendit compte que ce groupe formait la nouvelle génération de sorciers en puissance. Il ne put s'empêcher de sourire en se disant qu'ils formaient une immense famille, complice et proche comme elle pourrait l'être. Pourtant, il ne se sentait pas faire partie de cette famille. Il se sentait exclu, trop longtemps parti, et sentait l'angoisse de ne plus trouver sa place parmi eux l'étreindre de toutes parts. Aussi, alors que la soirée venait tout juste de commencer, il se leva doucement pour s'enfuir. Il avait besoin de réfléchir, seul, aux conséquences de sa fuite loin de tout. Quand il transplanna pour rentrer chez lui, il ne remarqua pas que derrière lui, un adonis blond tendait Sophia à son meilleur ami. Draco se redressa et sourit à la cantonade devant les regards inquiets que le groupe lançait à Harry :

« -C'est moi qui m'occupe de lui. »

Il se retourna, épousseta son costard hors de prix et fit mine de se retrousser les manches. Avant de transplanner, il murmura, un sourire vague collé aux lèvres :

« -A nous deux, Potter »


TO BE CONTINUED !

Alorsalorsalorsalorsalors?