Auteure de Scintilla : GothicTemptress

Traductrice de la version française : Milk40

Les personnages de la saga Twilight appartiennent à Stephenie Meyer.

Merci de me suivre dans cette aventure, et bonne lecture.

Chaque fois que quelque chose de négatif vous arrive, il y a une leçon profonde cachée en son sein. Eckhart Tolle

Chapitre 10 : Plus profond (Deeper)

Derrière la fenêtre en verre teintée, le juge Jane Volturi tendit la main et tapota l'épaule de Charlie.

« Ça va aller, Chef. Je pense qu'il lui a donné beaucoup de matière à réflexion. Je sais que ça ne signifie peut-être rien pour vous en ce moment, mais c'est elle qui semble la plus contrite du groupe. »

C'est là que Jane et les collègues de Charlie Swan se trompaient à son sujet. La contrition évidente de Bella signifiait quelque chose pour lui, de même que son état mental et physique, pris dans une spirale descendante. Il était contrarié que d'autres gens dans sa profession puissent présumer qu'il allait continuer à régenter sa fille avec une poigne de fer.

Il tressaillit au souvenir d'avoir malmené sa fille dans la cellule, de sa main bleuissant et de ses supplications. Il était dégoûté par son manque de contrôle sur sa colère et par son incapacité à comprendre ses besoins en tant que son seul parent vivant. Il avait été incapable de protéger Bella de ses réactions cruelles, et il ne s'était pas occupé d'elle quand elle avait besoin qu'il le fasse.

Charlie avait l'impression d'avoir échoué en tant que père et en tant qu'homme.

Il ne dit rien alors qu'il regardait sa fille dans la pièce, bougeant plus lentement que les autres pour rassembler ses affaires, les larmes ruisselant sur son visage. Il était préoccupé au sujet du changement qu'il avait vu chez elle depuis l'incident. Il se reprochait la façon dont elle s'était repliée sur elle-même, et en la voyant se mouvoir plus lentement que le reste de la tablée, il devait admettre qu'il y avait également quelque chose sur quoi il pouvait mettre le doigt, car il le ressentait lui aussi. La dépression qu'il avait connue après la mort de sa femme était inscrite dans ses mouvements de paresseux, ses yeux morts et son manque d'intérêt à faire quoi que ce soit sauf dormir.

Néant.

Elle était en train de couler et il ne savait pas comment la sauver de la noyade.

ooo

Edward monta les escaliers rapidement pour aller se chercher un café dans la machine. Il regarda silencieusement par la fenêtre. Le deuxième étage lui offrait une vue imprenable sur le parking.

Il la regarda se diriger vers son camion, les épaules affaissées et la tête baissée, sa veste tendue étroitement sous ses bras serrés de façon protectrice autour de sa taille. Elle lutta avec la poignée du camion. Une fois que la portière fut ouverte, elle mit sa paperasse sur le siège passager et grimpa sur le siège du conducteur, fermant la portière derrière elle.

Il l'observa reposer sa tête sur les jointures blanches qui agrippaient le volant, ses épaules tremblant au même rythme que ses sanglots.

Pendant plusieurs secondes Edward la regarda libérer ses émotions en un flot incontrôlable, un pli d'amertume affaissant ses lèvres alors que des larmes menaçaient de couler de ses yeux. Il y avait longtemps qu'il avait reconnu l'idéalisme de Bella, et il craignait que cette expérience n'atténue cette partie d'elle. Il éprouvait beaucoup de honte, sachant qu'il était possible qu'il soit celui qui l'avait envoyée à cet endroit.

En la regardant sortir de sa place de parking, Edward eut soudainement peur qu'elle conduise dans son état émotionnel actuel. Il bondit dans les escaliers et sortit par la porte latérale, piquant un sprint à travers le parking jusqu'à sa voiture. Il allait s'assurer qu'elle parvienne chez elle saine et sauve, et il lui présenterait ses excuses convenablement.

Il jeta son sac sur le plancher du siège passager et fit démarrer sa voiture, s'engageant rapidement dans la rue principale, suivant le véhicule de Bella de près.

Bella conduisit aussi vite que son camion le lui permit. Elle essuya souvent ses yeux avec la manche imbibée d'eau de son manteau, ses mouvements erratiques faisant zigzaguer son camion en dehors des lignes délimitant les voies.

L'inquiétude d'Edward décrut alors qu'elle s'engageait dans sa rue. Il était soulagé qu'elle soit presque arrivée à destination en toute sécurité, mais il fut surpris quand elle accéléra une fois rendue dans son allée.

Elle coupa le contact et ouvrit prestement sa portière, courant aussi vite qu'elle le pouvait pour éviter la personne qui l'avait suivie.

Elle entendit des bruits de pas lourds près de son camion alors qu'elle se précipitait vers la porte d'entrée. Bella était trop embarrassée pour lui parler, pour faire face à la personne qui était probablement plus dégoûtée par elle qu'elle ne l'était elle-même.

« Bella, s'il te plaît ! Je suis désolé ! Nous avions une audience et on s'attendait à ce que je sois ultra-sévère avec vous tous. S'il te plaît… »

Elle le regarda avec ses yeux morts tandis que ses doigts tremblants essayaient de saisir la clé de sa maison parmi les autres clés de son trousseau.

« S'il te plaît, Bella. Laisse-moi te parler à propos de… »

Elle secoua la tête en réponse, les larmes coulant sur son visage alors que d'une main fébrile elle tentait d'introduire sa clé dans la serrure. Elle ne répondit pas, et son absence de réaction inquiéta Edward encore plus.

« Laisse-moi m'excuser convenablement. Je n'ai jamais voulu te vexer, et je suis désolé… »

« Non… Je ne peux pas gérer ça en ce moment, Edward. Je ne veux… rien d'autre. »

Bella avait l'impression d'avoir été assaillie toute la journée par une source d'étincelles blanches incandescentes provenant d'une batterie en train de se décharger, une douloureuse averse submergeant les sens avec une provocation féroce, tintant sur les surfaces et laissant des marques brûlantes.

Elle devait se retirer, assimiler et évaluer les dommages. Edward savait cela – que la leçon d'aujourd'hui avait peut-être été démesurée, écrasante, mais il savait qu'il pouvait arranger les choses, si elle lui en donnait l'occasion.

La porte s'ouvrit et Bella s'empressa de la pousser, puis de la claquer derrière elle, la verrouillant résolument.

Edward ferma les yeux et s'assit sur les marches du perron en attendant l'arrivée de Charlie. Compte tenu de l'état dans lequel Bella se trouvait, il ne voulait pas la laisser seule, même s'il était enfermé à l'extérieur.

Il envisagea de frapper, d'essayer la porte arrière, les fenêtres, même d'escalader l'arbre sur le côté de la maison juste pour vérifier qu'elle allait bien, mais il savait qu'il l'avait déjà assez contrariée et il se sentait suffisamment mal à ce sujet.

Alors qu'il se tournait pour regarder au deuxième étage, il s'inquiéta de ce qu'il allait advenir de Bella Swan.

À bientôt

Milk