Chapitre 10!

Il n'est pas fameux, mais c'est mieux que rien.


Harry penche la tête sur le côté.

-Alors... Ça y est?

Ron fait « oui » de la tête, un sourire amusé collé aux lèvres.

Ils sont dans la salle sur demande, comme toujours. Seul Crabbe et Goyle manquent à l'appel. Ils sont sûrement trop occupé à tabasser Lovegood, le pauvre.

-Ils... Ils sont ensemble?, demande Malfoy, à sa droite.

-Pas encore, mais ils se parlent à nouveau de manière civilisée, répond le rouquin.

Hermione lâche un long sifflement.

-Alors le cœur du professeur Snape est réparé, conclut le blondinet.

Oui, il est réparé. Ce qui a été brisé est désormais réparé. Et la suite? Que se passe-t-il?

-Alors pourquoi sommes-nous toujours ici?, fait Hermione en levant le doigt en l'air.

Il y a un long silence gêné. Personne ne sait, évidemment.

-Qu'a dit le professeur Snape, avant de nous envoyer dans le passé?, s'enquière Malfoy.

-Il a dit que nous devions réparer ce qui a été brisé, répond la jeune fille qui se tient à côté de lui.

Ron lâche un gros soupire.

-Et si nous nous étions trompé?, suggère-t-il. Et si ce n'était pas de son cœur que Snape parlait?

-Quoi d'autre veux-tu que cela soit?, gronde Malfoy avec impatience.

-Je n'en sait rien.

Et les revoilà dans l'impasse. Ils se fixent pendant un certain temps, à court d'idées, puis conviennent de se retrouver plus tard, après avoir mené leur propre enquête.

Harry sillonne les couloirs de l'école, démotivé. C'est dimanche, et d'habitude, il adore les dimanches, mais pas celui-ci. Aujourd'hui, il a juste envie de tout laisser tomber pour de bon. Son parrain et gay et il flirt avec Snape, et lui, il est coincé dans le passé. Ça vie est vraiment merdique, non? N'est-il pas une pauvre victime? Non, il ne veux pas de votre pitié...

?%&?%&

Severus est confortablement installé dans son recoin préféré de la bibliothèque. Il feuillette un bouquin sur les potions d'amour et rougissant comme un minette. Il en est presque pathétique. Oups, non, c'est vrai... Il est amoureux.

Il ricane à cette pensée. En levant les yeux, il aperçoit l'élu de son cœur, qui vient vers lui d'un air tout aussi ravi. Sirius est très beau. Ses habits moldus lui vont très bien. Severus lui fait une place à côté de lui. Ils restent silencieux un moment.

-Eh... Salut, finit par lancer le Gryffondor.

-Ouais, salut.

La gêne s'entend dans sa voix. Il serre les jambes et les épaules.

-Hem... continue Sirius. Je me disais... Puisque nous sommes amis à nouveau... Enfin... Nous pourrions aller quelque part ensemble. Je ne sais pas... Je pourrais t'inviter...

Il avale sa salive, un peu nerveux pour la suite.

-Tu sais, il y a ce resto, qui vient d'ouvrir ses portes, à Pré-aux-Lard. Je connais des coupl... des amis qui y sont allés, et ils disent que la nourriture y est bonne. Et comme nous avons une sortie là-bas... la semaine prochaine... Tu sais... Toi et moi... Tous les deux... Rien que tous les deux... Nous pourrions...

-C'est d'accord.

Sirius semble fournir un effort monumentale pour ne pas sauter de sa chaise et danser comme un fou. Il sourit d'un air de bien heureux et pose les yeux sur le livre que Severus tient dans ses mains. Son visage change de teinte.

-Tu... tu... tu...

-He... Je?

-Tu lis un livre sur les potions d'amour?

-Ah, ça!, fait stupidement Severus en cachant son bouquin derrière son dos. Non, ce n'est pas ce que tu crois. C'est juste pour les cours... tu sais...

Sirius avale sa salive.

-...les cours...

-...les cours...

-...les...

-...cours...

Severus lâche son livre, qui va s'écraser au sol. Sirius lui attrape les hanches et le colle férocement à lui. D'un geste souple, le Serpentard entoure le cou de l'autre de ses bras graciles. Ils s'approchent à toute vitesse. Leurs bouches avides se collent, se cèlent comme deux aimants à charges opposées. Ils se laissent mollement tomber par terre, roulant l'un sur l'autre.

-Sirius, finit pas dire le plus petit des deux. Sirius, ça te dirais que nous fassions un tour dans la salle sur demande?

-C'est une... invitation?

-Oui, à condition que tu acceptes.

-Putain, Severus, si je ne me retenais pas, je le ferais ici-même.

?%&?%&

Ron se lève d'un bon. Il se tourne vers ses amis, qui sont installés à côté de lui. Ils sont venus s'asseoir à l'extérieur pour réfléchir à comment ils feront pour retourner à leur époque. Le rouquin leur fait fièrement face. Des étoiles brillent dans ses yeux pâles. Un petit sourire satisfait éclaire son visage rougi par l'air froid de l'hiver imminent.

-Harry, Hermione, je crois que j'ai trouvé la solution à notre problème.

La jeune fille le dévisage. Elle ne semble pas très convaincue. Ah, elle verra bien, celle-là.

-Oui, oui, affirme Ron. J'ai trouvé ce qu'il nous faut.

-Alors dis-le, petit génie, réplique Hermione d'un ton impatient.

-C'est très simple, continue le rouquin, sans s'en formaliser. Nous voulons trouver quelque chose qui a été brisé et qui est dans les environs, parce que c'est ici que Snape nous a envoyés. Nous ne savons cependant pas quoi. Pour le découvrir, il nous suffit donc de réparer tout de qui a été brisé dans l'école. Je veux dire par là que nous devons créer une organisation. Vous imaginez? Nous mettons des affiches partout et nous disons : « Ouvert à tous! Nous réparons tout ce qui a été brisé et c'est gratos! ». Ce serait bien, non? Je suis certain que ça marcherait. Il suffirait de faire assez de publicité. Et si nous avions aussi une mascotte...

Ses deux amis le fixent bizarrement. C'est Hermione qui prend la parole.

-Je ne sais pas, Ron... Je ne suis pas sûre que...

-Je te dis que ça marchera. Mes frères ont déjà fait un truc du genre, en première année. Et ça a été un véritable succès. Ils n'ont eu qu'à se servir de quelqu'un de populaire pour rependre l'idée.

-Tu dis que tes frères ont réussi?, demande Harry avec intérêt.

-Oui, confirme le rouquin.

Le Survivant se tourne vers son amie. Elle lui fait signe qu'elle accepte, mais à condition d'ajouter quelqu'un dans la combine.

-Qui?

Elle affiche un air suffisant.

-Quelqu'un qui sait comment s'y prendre pour attirer les regards.

?%&?%&

-Plus à gauche, Potter!

La voix aiguë de Draco Malfoy est insupportable. Elle résonne dans ses oreilles à la manière de deux morceaux de métal que l'on frappe l'un contre l'autre. Quel horrible son.

-J'ai dit : plus à gauche, crétin!

Mourir... Il veut une corde. Pitié, une corde pour se pendre.

-T'es sourd ou quoi? Et toi, la belette, plus au centre! Non, pas tant que ça. Oui, parfait! Laisse-le là. Et toi, le balafré, un petit effort. Non, ce n'est pas encore assez à gauche...

Harry soulève un énorme paravent décoré. Et l'autre con ne soulève rien du tout. Pas étonnant qu'il puisse se permettre le le critiquer comme ça. Ce n'est pas lui qui fait tout le travail.

-Ne bouge plus, Potter. Là, c'est parfait. Bien. Je crois que ça y est, Hermione.

Il se tourne vers sa meilleure amie, l'enfoiré. Il affiche cet insupportable petit sourire en coin qu'il lui servait lorsqu'ils étaient encore à leur époque. Harry va lui arracher la tête.

-Alors, comment tu trouves notre installation?, demande ce petit salaud.

-Très belle, répond Hermione.

Elle avait intérêt. Harry ne déplacera plus rien. C'est terminé pour lui. Il se tourne à son tour en direction du résultat, et il constate avec étonnement que c'est effectivement très beau. Très harmonieux. Bon okay, peut-être bien que ça en valait la peine, après tout. Malfoy est un enculé, mais au moins, il sait ce qu'il fait.

C'est alors que surgissent Crabbe et Goyle. Ils tiennent encore quelques affiches dans leurs mains.

-Nous en avons mis partout où nous avons pu. Même à Serdaigle. Les dernières sont pour les autres Maisons.

-Merci, les garçons, dit Hermione, en prenant l'une des affiches.

Ron se fait craquer le dos et les doigts, puis il dit :

-J'ai demander aux Maraudeurs de nous faire de la publicité. Remus s'est même proposé pour nous aider à réparer les trucs qui nous seront amenés. Je crois que ça va bien aller.

Malfoy regarde nonchalamment ses ongles en glissant :

-Et c'est légal, tout ça?

-Oui, réplique Hermione. J'ai obtenu la permission de Dumbledore. Il a dit que c'était une merveilleuse idée. Et Slugorn est d'accord aussi. Il a dit qu'il aurait du travail pour nous.

Ils se félicitent tous en se disant des louanges sur leur bon travail, puis ils commencent à rigoler en imaginant le genre de trucs qu'on leur amènera.

-Ehh... Excusez-moi?, fait une toute petite voix.

Ils se tournent tous en un même mouvement. Une petite, toute petite personne se tient là. Elle les regarde avec appréhension. C'est une fillette de première année. Harry la reconnaît. Elle est assise en avant de lui, en cours de métamorphose.
-Pouvons-nous t'aider?, demande gentiment Hermione.

La fillette la regarde comme si elle allait la manger. Elle hésite, détourne les yeux, puis dit :

-C'est vous qui avez créé ce club de réparation?

-Oui.

La petite fille semble rassurée. Elle continue.

-Je... je me demandais si vous pouviez m'aider...

Ron se tourne vers son meilleur ami en lançant triomphalement :

-Notre première cliente!

Hermione roule les yeux et s'adresse à nouveau à la fillette.

-En quoi pouvons-nous t'aider? Qu'est-ce qui est brisé.

Cette dernière phrase semble avoir éveillé quelque chose en la fillette, parce qu'elle se met à trembler. Elle ouvre la bouche, mais aucun son n'en sort. Elle a les larmes aux yeux.

-Qu'est-ce qu'il y a?, s'affole la jeune Gryffondor.

-C'est mon... C'est mon...

Ça y est, elle pleure pour de vrai. Harry lance un regard perdu à son ami, qui se contente de hausser les épaules d'un air impuissant.

-C'est mon c-coeur qui est... brisé.

Elle éclate en gros sanglots gras. Elle s'effondre pratiquement par terre. Hermione la soutient du mieux qu'elle peut.

-Nous allons t'aider. Ne t'inquiète pas, nous allons t'aider.

-Whhhaaaaaaeeeee...

-Chhht, chhht, tout va très bien aller, tu verras. Tu sera parfait. Nous allons réparer ton petit cœur martyrisé...

-Mgghhhh? C'est vrai?

Le sourire de Hermione suffit à la rassurer.

?%&?%&

Sirius fixe l'élu de son cœur comme si ce dernier était une trésor à l'inestimable valeur. Après tout, c'est ce qu'il est, non? La serveuse leur a apporté leurs plats respectifs.

-Alors?, fait Sirius. Comment c'est? Est-ce que tu aimes?

-Oui, oui, répond Severus, la bouche plaine et le sourire aux lèvres. Et toi?

-Moi?

Le Gryffondor baisse les yeux vers son assiette intacte.

-Tu devrais manger avant que ça refroidisse, non?

-Oh, oui...

Il s'exécute. Severus l'observe quelques instants. Son regard ressemble à un point d'interrogation.

-Est-ce qu'il y a quelque chose qui te tracasse?, finit-il par glisser.

Sirius lui sourit avec tendresse.

-Pourquoi tu me demandes ça?

-C'est une question rhétorique, n'est-ce pas?

-Non.

Le plus grand des deux se penche lentement vers l'autre, qui a pour réflexe de s'éloigner imperceptiblement en rougissant comme une minette. Il va prendre l'habitude, si ça continue.

-Je vais très bien. Je ne vois pas pourquoi tu me demandes ça.

Severus reprend un peu de courage et dit :

-Tu ne manges pas et tu t'amuse à fixer le vide. Il y a bien quelque chose qui...

-Non. Je ne mange pas parce que je suis trop occupé à regarder. Et je ne regarde pas le vide, mais toi. Tu es très beau, Sev. Je ne sais pas si je te l'ai déjà dit, mais tu es sublime.

-Merci.

Ça y est, le Serpentard est aussi rouge qu'une fraise. C'est adorable. Sirius se fait la réflexion qu'être mièvre n'est pas si mal que ça, après tout. Si Severus est toujours aussi mignon lorsqu'on le complimente, il est prêt à le faire tout le temps.

Les deux garçons se plongent dans leurs pensées. Ils ne remarquent plus ce qui se passe autour d'eux. Ils s'en fichent complètement. Ils ne se dérangent pas du tout lorsqu'un groupe d'élèves de Poudlard fait son entrée dans le restaurant et s'installe non loin d'eux. Sans s'en rendre compte, leurs mains se cherchent et se rencontrent au dessus le la table ronde sur laquelle sont posées leurs assiettes et couverts. Ils se rapprochent lentement l'un de l'autre.

Pendant ce temps-là, le groupe d'élève a établi domicile et une voix autoritaire s'est mise à énumérer :

-Une robe de sorcier, une paire de chaussures, une paire de gants, un casque, une peluche, un bibelot, une pince à cheveux, un livre d'école, une plume à écrire... Oui, je crois que le compte y est.

-Tu oublis la baguette magique, fait remarquer une voix radicalement plus masculine.

-Non, Ron, nous ne pouvons pas réparer une baguette magique. Je t'ai dit de refuser cette commende.

-Je ne pouvais pas, Mione!, se défend le rouquin.

-Allons, allons, dit une voix, qui est encore plus grave que les deux autres. Ne faisons pas la guerre. Nous sommes ici pour travailler ensemble.

-Jésus à raison.

-Harry, je t'ai déjà dit que je préférais que tu m'appelles Remus.

-C'est quoi cette histoire de Jésus?

Remus se tourne vers le jeune garçon aux cheveux noirs qui s'est assis à sa droite.

-Tu sais, Reg, les jeunes enfants ont beaucoup d'imagination.

Regulus lâche un reniflement de dédain. Heureusement que Malfoy n'est pas avec eux, aujourd'hui. Il y a déjà bien suffisamment de Serpentards dans la place.

Ron fusille Regulus du regard.

-Ne joue pas au jeu du connard avec nous, avertit-il.

À sa grand surprise, c'est pas le Serpentard qui répond, mais plutôt Remus.

-Ronald Weasley, Je te ferais remarquer que Regulus ici présent est venu ici pour nous aider à vous renvoyer à votre époque. Je sais que tu n'as pas beaucoup d'estime pour les Serpentards, mais ça ne veux pas dire que tu es obligé d'être désagréable avec eux. Et surtout pas lui. Tu sais que je ne suis pas du genre à cogner les enfants, mais je peux faire une exception juste pour toi, si tu veux. Tu as le choix. Ou alors tu démontres un peu plus de respect envers mon ami, ou alors je te force à la faire.

Ron avale sa salive. Note à lui-même : garder ses réflexions pour lui.

-Je vais être gentil, souffle-t-il d'une toute petite voix.

-Bien, approuve Remus avec une grand sourire.

Heureusement qu'il n'est pas rancunier. C'est la tour de Hermione de prendre la parole.

-Revenons à nos moutons. Nous devons distribuer les tâches. Alors Harry, tu t'occupes du casque.

-Pourquoi moi?

-Parce que. Ron, tu auras la charge de l'épingle à cheveux...

-Quoi?

-… et de la plume à écrire. Remus, je te confie le livre d'école et la peluche. Regulus, je crois que tu peux t'occuper de la robe de sorcier. J'ai déjà assigné Draco et les autres aux chaussures, les gants et le bibelot. Il me reste donc le pauvre cœur de cette petite Poufsouffle qui est venue nous voir, l'autre jour. Tout le monde est content?

-Pourquoi je n'ai qu'un seul truc à faire?, se plaint Harry.

-Parce que tu es le moins compétent de nous tous. D'autres questions? Non? Bien, mangeons et après, ce sera le travail.

Comme par magie, une serveuse s'approche d'eux pour prendre leurs commandes.

Regulus regarde ses nouveaux ami saliver sur le menu. Ils sont exaspérants. De vrais Gryffondors, y'a pas à dire. Il soupire et se détourne d'eux. Il laisse ses yeux épier les autres clients du restaurant. Il n'y a pas grand chose d'intéressant à voir aujourd'hui. Il se masse les tempes. Tout ce bruit lui donne mal à la tête. Regulus ne sais même pas pourquoi il a accepté de venir ici. Lorsque Remus lui a proposé, ça lui a semblé être une bonne idée. Il s'était imaginé une ambiance plus intime, entre eux. Il s'était imaginé qu'il le présenterait comme son petit-ami. Il est un peu déçu, il doit bien l'avouer. Ça le fait rougir, tellement il a pu être con. Remus le considère sûrement comme une petite chose fragile, pas comme un amant potentiel. S'il savait ce qu'il a fait avec Severus... Il n'est pas ce qu'on peut appeler innocent. Et encore moins vierge.

Il lève discrètement les yeux vers le lycanthrope. Sans se l'avouer, il en est venu à le trouver plutôt sexy dans son genre. Honteux d'avoir eu cette réflexion, il se force à regarder au loin. Oui, le plus loin possibl...

Il se fige. Tout son corps devient aussi immobile qu'une statut. Seules ses lèvres bougent. Elle murmurent :

-Sev...

C'est lui. Comme une apparition, il s'est matérialisé devant lui, assis à cette table avec... Sirius? Remus, qui l'a probablement entendu, se tourne vers lui, inquiet, puis il suit le parcours de ses yeux.

Severus est juste là. Il tient les mains de son grand-frère. Il les tient fermement, amoureusement. Severus ne l'a jamais tenu comme ça. Il ne lui a jamais dit qu'il l'aimait. Pour la simple et bonne raison que ça n'a jamais été le cas. Il était amoureux de Sirius toutes ces années. Il l'a toujours été. C'est pathétique. Et lui qui a cru... Lui qui s'est fait croire que ses sentiments étaient partagés. Il a été naïf. Ainsi, Severus a réussi à mettre la main sur son frère. Bravo pour lui.

C'est alors que Regulus sursaute. Il n'est pas triste? Il est en colère, c'est indéniable, mais il n'est plus triste. Pourquoi n'a-t-il pas envie de pleurer? Il aime Severus, n'est-ce pas? Il l'a aimé si longtemps... Et maintenant? Il le déteste. Non, il ne veut pas le détester. Ce serait encore pire. Il a éprouvé tellement d'affection pour lui. Ce serait immature de sa part de transformer tout ça en haine. Il ne doit pas le détester. Alors quoi? Qu'est-il supposé faire?

Il lève son regard troublé vers Remus, qui le fixe avec amusement.

-Qu'est-ce qui se passe, beauté?

-Je ne sais pas, justement. Pourquoi suis-je en colère?

-Es-tu jaloux de ton frère?

Regulus a un moment de réflexion.

-Un peu, je crois.

Hermione a levé la tête de son menu. Visiblement, elle écoute leur conversation.

-Rien qu'un peu?

-Pas vraiment, en fait. Je suis juste en colère contre Severus. Pas contre Sirius. Il m'a menti... C'est ça qui me met en colère.

-C'est normal, ça, remarque Remus. Ce qui n'est pas normal, c'est que tu ne sois pas jaloux de Sirius. Tu es toujours amoureux de Snape, oui ou non?

Quelque chose dans sa voix dit à Regulus qu'il a envie d'entendre non.

-Je ne sais pas. Si oui... Non. Je crois que... Je suis toujours blessé, mais je ne ressens plus la même chose pour lui. Je crois que je ne suis plus attiré par lui. Ce qu'il m'a dit m'a tellement dégoutté... Et pourtant. Est-ce que je dois le haïr? Je n'ai pas envie de la haïr. Je trouverais ça puéril. C'est vrai qu'il s'est servi de moi, mais je ne lui en veux pas tant que ça. Après tout, ça m'arrangeais moi aussi Et puis je crois que j'aurais été encore plus triste s'il m'avait rejeté tout de suite. Au bout du compte, je ne suis pas seulement une victime là-dedans.

Le jeune Serpentard affiche alors un drôle de sourire.

-Et puis je ne perds pas grand chose... Severus n'était ni l'homme de ma vie, ni le plus beau que j'ai rencontré (il se tourne vers Remus). Toi, par exemple, tu es beaucoup plus beau que lui.

À ces mots, le Gryffondor rougit violemment. Ce que Hermione ne manque pas de remarquer.

-Alors, le garçons? Vous avez choisi ce que vous désirez manger?

-Oui, sourit Remus (puis il jette un regard coquin à Regulus, qui devient rose à son tour).

Hermione s'adresse ensuite à ses deux meilleurs amis, qui sont en pleine conversation.

-Et vous deux, vous avez choisi?

-Et alors là, Jésus demande... fait Harry.

-C'est Remus, pas Jésus, remarque Ron.

-Oui, oui, c'est ça. Alors il me demande : « Tu es mon fils? ». Je lui réponds : « Mais non, je suis le fils de James Potter et Lily Evans. Qu'est-ce qui te fait croire que je peux être ton fils? Tu n'as tout de même pas couché avec mon père. », et puis il hésite. Il dit : « Eh... ». Je te jure, Ron, Jésus a couché avec mon père!

-Remus a couché avec ton père?

-Oui. Il ne l'a pas clairement avoué, mais j'en suis sûr. Tu étais là, pourtant. Comment tu as pu rater ça?

-Je crois que j'étais trop occupé à rire.

Regulus écarquille les yeux. Il lance un regard paniqué à Remus, qui semble beaucoup s'amuser.

-TU AS COUCHÉ AVEC JAMES POTTER?

Tous les regards se rivent sur lui.


N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, même si c'est méchant!