Disclaimer : même si j'aimerais énormément, les personnages ne m'appartiennent pas, je n'écris sur eux que pour le plaisir (le mien et le vôtre, j'espère)
Béta : Arianrhod
Désolée, je n'ai pas pu répondre à tous les messages et reviews, connections à la c..
Sachez que je vous remercie énormément car ça booste pour écrire et tenter de faire plaisir... Trève de Blabla, le chapitre Ianto/Jack :p
Chapitre 10
Questions de détails...
Le quartier où vivait Toshiko Sato depuis 2003 était assez inquiétant, même aux yeux du Capitaine Jack Harkness. D'anciennes façades noirâtres typiques des quartiers de centre-ville abandonnés en faveur des banlieues se penchaient les unes vers les autres comme pour emmurer entre leurs briques les éventuels promeneurs.
Jack savait que Toshiko adorait ce coin particulier, proche d'un magnifique parc où elle aimait se balader le dimanche et proche du Hub, où elle pouvait se rendre à pied. C'était un choix tout à fait rationnel, caractéristique de la jeune informaticienne. Elle faisait sans doute bien plus de mauvaises rencontres au cœur du Hub que près de chez elle. De plus, elle savait se défendre, les armes n'avaient aucun secret pour elle.
Cependant, ce soir-là, Jack voyait tout en noir, sous la colère qui lui rongeait le cœur, il trouvait décidément que la nuit, ce quartier n'incitait pas à la confiance. Il croisa différents groupes avinés chantant dans les rues tortueuses, ils sortaient de bars qui fermaient les uns après les autres à cause de l'heure tardive.
Il pistait Ianto, qui marchait si vite qu'il n'arrivait pas à le rejoindre. Il le fuyait visiblement, jetant fréquemment des coups d'œil derrière son dos. Leur manège attira les moqueries d'un groupe. Jack ralentit et prit l'air le plus sévère de son répertoire extrêmement étendu, les lazzis s'éteignirent d'eux-mêmes tandis qu'ils essayaient d'échapper à son regard mortifiant qui les faisait se sentir plus bas que terre.
Il les gratifia d'un salut goguenard et grogna, car ils lui avaient fait perdre la trace du Ianto qu'il chassait encore une fois, c'était une habitude qui commençait à lui peser. Il ne put le rattraper avant qu'il n'arrive à l'immeuble de Toshiko. Jack voyait bien à sa fuite, qu'il esquivait volontairement une conversation qui se révélait plus que nécessaire entre eux.
Owen et Ianto, il n'arrivait pas à imaginer ou plutôt il imaginait que trop bien ! Sans compter qu'il pouvait aussi se sentir en colère qu'ils ne l'aient pas invité ! Il se rembrunit.
Il n'en revenait pas de ce que le jeune homme avait balancé comme une bombe sale à la fin du repas. Il aurait presque préféré qu'il reste silencieux plutôt que sous-entendre qu'il avait couché avec le médecin de la base.
C'était peu agréable d'apprendre qu'on était remplacé, surtout par un coq comme Owen. Il n'aurait jamais cru que le médecin fût attiré par le jeune réceptionniste. Il aurait dû prendre plus de précautions, surveiller un peu plus les altercations entre les deux hommes qui vraisemblablement cachaient une passion insoupçonnée.
Pourtant une partie de son esprit pas totalement consumée par la jalousie, n'arrivait pas à le croire. C'était cela qui le forçait à suivre Ianto afin de le soumettre à une batterie de questions pour en tirer une explication qui tienne la route plutôt que de rentrer à la base ronger son frein.
Mais le jeune homme ne semblait pas du tout enclin à l'attendre pour s'expliquer. Il le vit entrer chez Toshiko. Jack sonna. Personne ne répondit. Il s'acharna sur la sonnette. Son damné Gallois n'allait pas lui faire l'affront de ne pas répondre, pas après les allusions qu'il avait faites. L'un et l'autre méritaient des explications, il ne pouvait pas laisser leur histoire, leur relation qui avait si bien débuté se terminer comme ça.
Finalement la porte daigna s'ouvrir.
Jack s'engouffra dans l'ouverture. Il entra et découvrit Ianto en train de préparer l'appartement élégant et bien rangé de Toshiko. Il rafraichissait l'air en ouvrant les fenêtres et allumait des bougies électriques, idéales pour brûler jusqu'au bout de la nuit sans mettre le feu.
Il secouait des coussins dans le canapé, les arrangeait différemment. Il évitait consciencieusement le regard de Jack qu'il sentait ardent sur sa peau. Il s'occupait, allait et venait dans la pièce, afin d'éviter les questions muettes de son chef.
Mais Jack n'allait pas le laisser s'en tirer comme ça, il en avait la conviction. Il eut la sensation que l'exaspération de Jack atteignait son comble. Une aura de colère l'enveloppait, l'entourait, elle contaminait le jeune homme à son tour. Cela raviva sa propre aigreur, la rage qui bouillait dans son cœur, depuis le départ de Jack.
Il avait refusé de l'accompagner dans ses vacances, et Jack l'avait oublié. Il n'avait donné aucune nouvelle, aucun signe de vie ! Il aurait pu arriver n'importe quoi au Hub en son absence et par son comportement, cela lui démontrait malheureusement que le capitaine ne se préoccupait pas d'eux.
Il se tourna vers lui au moment où celui-ci allait ouvrir la bouche, l'air fâché que son amant l'ignorât délibérément et continuât de lui montre son dos, malgré tout le bien qu'il en pensait, il aurait préféré voir son visage pour y lire ses pensées.
- Où étais-tu pendant ces dix jours ? attaqua Ianto d'un ton revêche, une corbeille de fruits à la main, que faisais-tu ?
- En vacances, Londres, voir des amis, je l'ai déjà dit, rétorqua le capitaine d'une voix agacée, je n'ai aucun compte à te rendre. Tu oublies un peu vite que je suis ton supérieur. De plus, tu n'avais qu'à venir avec moi au lieu de t'envoyer en l'air avec Owen. Si c'est ce que tu as choisi, il faudrait mieux qu'on en reste là ! Je n'ai pas envie de partager !
Jack lui jeta un regard tourmenté dans lequel dansaient les flammes de la jalousie, il se tenait devant lui les bras croisés, sanglé dans son manteau militaire, en une attitude butée, méfiante. Il faisait son possible pour paraitre impassible et contenir les battements fous de son cœur. Le visage blessé de Ianto ne lui fut d'aucune aide.
- Tu vas vraiment faire mentir toute l'équipe ! fit celui-ci d'un ton sérieux, on pensait vraiment que tu apprécierais. Du moins l'idée.
- Non pas vraiment, jeta Jack avec le meurtre dans les yeux.
Il n'aimait vraiment pas cette situation, cela lui faisait mal de demander mais il le devait. Il avait peur de s'être trompé sur la loyauté de cet homme, et il devait lui demander, quitte à en souffrir, quitte à s'en mordre les doigts.
- Tu as vraiment couché avec lui ?
Il parvint à lui poser la question sans faire trembler sa voix, sans montrer que sa réponse allait être décisive pour leur relation, mais sans oser le regarder dans les yeux.
Ianto le dévisagea d'un air outré. Il parlait sans rien savoir. Et cela le faisait souffrir de découvrir qu'il le jugeait aussi mal. Finalement il ne le connaissait pas aussi bien que cela pour douter de lui aussi vite. Il oubliait un peu vite que c'était lui qui l'avait séduit, pourchassé de ses ardeurs jusqu'à ce qu'il accepte de découvrir un monde qu'il ne soupçonnait absolument pas.
Le silence tomba entre les deux hommes qui restaient sur leurs positions, tendus, amers et tourmentés. Ianto se rappela toutes les épreuves, les expériences qui l'avaient conduit à cette situation.
Canary Wharf, Lisa, sa déchéance inhumaine, la planque et les secrets, la dissimulation honteuse, les recherches pour la sauver, tout cela n'avait mené qu'à la mort de la cyberwoman et de son premier amour.
C'était la première partie de sa vie, qui avait pris fin à ce moment-là, de la main de toute l'équipe, de ses amis. Il avait subi la honte, la méfiance et le mépris avant d'entamer une lente renaissance grâce à cet homme, qui malgré tout, ne l'avait pas abandonné.
Des sentiments profonds s'étaient enracinés en lui tels des mauvaise herbe qu'il ne cessait d'arracher avant de prendre conscience que c'était une liane amoureuse qui lui enserrait le cœur. Owen avait raison, ce n'était pas que du sexe, ce n'était pas qu'une subtile séduction phéromonale qui l'attachait à cet homme.
Jack l'incendiait d'un regard dur et malheureux. Il eut un espoir, un fol espoir que ce qu'il ressentait n'était pas qu'à sens unique. Une telle douleur, une telle réaction était un indice de ce que Jack pouvait éprouver pour lui. Il prit pour un présage la faible lueur qui palpitait dans les prunelles du capitaine qui l'observait du coin de l'oeil.
- non, Jack, je n'ai pas couché avec Owen, j'ai dormi avec lui, ce n'est pas la même chose. Je ne sais pas vraiment comment ça s'est passé mais on s'est réveillés ce matin, je le tenais dans mes bras. Viens là, Jack…
Le capitaine s'assombrit plus encore et recula alors que Ianto se dirigeait vers lui. Il s'arrêta à quelques pas de lui, le visage défait de Jack lui faisait peur, il ne comprenait pas pourquoi Jack continuait à le regarder comme s'il l'avait trahi.
Il jugea plus prudent de lui expliquer le quiproquo depuis le début, les sorties avec Owen, Tosh et Gwen, la boîte de nuit, occultant la partie Striptease de la soirée pour ne pas l'affoler davantage. Il faudra certainement en reparler plus tard.
- Jack, il ne s'est rien passé entre nous, continua le jeune homme, tentant de l'apaiser. Je ne sais pas quoi te dire. Tu as été absent, on a fait la fête et je me suis retrouvé stupidement dans son lit.
- parce que tu cherchais de la tendresse, fit durement Jack, faisant un constat. Tu avais besoin de sentir quelqu'un dans tes bras. Ok, très bien, j'étais absent, comme tu dis, alors tu n'as pas pu résister. Encore que ...
- quoi ? dit Ianto le cœur cognant dans sa poitrine, n'en revenant pas de la situation, le capitaine le plus flirteur du monde devenait jaloux, le capitaine au cœur si léger parlait de tendresse, le capitaine spécialiste du harcèlement sexuel, devenait possessif.
- encore que tu aurais dû venir avec moi, finit Jack en baissant la tête, je n'ai pas assez insisté.
- tu me l'avais proposé, Jack, dit fièrement Ianto, mais j'ai refusé.
- pourquoi, demanda Jack, rendu injuste par la douleur, pour essayer Owen ?
- je n'ai pas "essayé" Owen comme tu dis ! répliqua Ianto, j'aurais pu sans doute, si je n'avais pas l'esprit totalement envoûté par une autre personne...
Ianto se détourna, stupéfait par ce qu'il venait de dire. Cela allait trop vite, il avait la sensation d'être monté dans un manège fou qui ne pouvait plus s'arrêter. Jack le dévisagea avec des yeux avides, féroces, frémissant de tout son être, tendu vers un seul homme.
- J'ai refusé de venir avec toi, reprit-il après une grande inspiration, comme se jetant du plus haut plongeoir de la piscine, parce que je ne voulais pas aller trop vite entre nous. J'aime notre relation telle qu'elle est, on joue, on s'amuse, on profite l'un de l'autre. C'est chaque jour une découverte, une exploration. Partir avec toi … comme ça... il avait du mal à exprimer ce qui se passait en lui.
- cela aurait officialisé une relation dont tu ne veux pas vraiment, finit Jack d'une voix atone, il se reprit vite. D'accord, je comprends, on fera comme tu le souhaites. Si jamais tu as besoin de moi, dans tous les sens du terme, viens me voir! dit-il avec un sourire présomptueux, je sais ce que tu aimes, moi. Et pitié, ne vas plus « dormir » avec Owen, je serais obligé de lui casser la gueule. Même si j'aurais aimé…
Ianto qui n'avait pas apprécié que Jack lui coupe la parole ainsi, enragea littéralement qu'il analyse la situation de travers et qu'il joue à celui que cela n'affectait pas. Il oubliait qu'il voyait ses regards, son visage triste. Il se rebella et le courage des timides le poussa en avant, sans bien réaliser ce qu'il faisait.
Il le plaqua contre le mur durement et posa ses mains sur son corps. Ce contact lui avait tant manqué qu'il crut devenir fou, le désir lui ravagea le corps d'une flambée incroyable.
Son cœur battait si douloureusement qu'il lui semblait que sa cage d'os était trop étroite pour cet embrasement. Jack ne comprenait pas la fougue soudaine de cet homme. Il ne comprenait plus, mais se laissa faire, ouvrant les bras. Il passa ses mains sur son dos, tandis que le jeune homme dardait son regard dans ses prunelles, cherchant à déchiffrer ses pensées. Il se colla à lui et le serra à l'étouffer, murmurant à son oreille.
- j'ai besoin de toi, maintenant ! Tu m'as tellement manqué que j'ai l'impression d'avoir frôlé l'asphyxie. Je t'aime, Capitaine.
L'aveu net et brutal de Ianto prit Jack par surprise, mais cela le ravit. Il sentit toutes ses peurs et ses réserves fondre à ses mots. Il le serra à son tour, découvrant combien le désir du Gallois était important.
- moi aussi, dit-il, je...
Cependant, il ne put continuer, Ianto lui prit la bouche d'autorité, les oreilles martelées par le sang qui battait si fort qu'il avait la sensation de perdre contact avec la réalité.
Pourtant c'était bien la réalité, il était avec Jack et il l'embrassait, il l'aimait et était aimé de retour. Son rêve prenait toute sa réalité. Il baignait dans une douce félicité qui semblait émaner autant de lui que de Jack. Leurs cœurs battaient à l'unisson dans cette bulle tendre qui les propulsait doucement dans un autre monde.
Il caressa le dos tendu de Jack, le pressa contre lui, inconscient du temps, du lieu, de leur rancune oubliée. Il se prit à gémir lorsque sa langue effleura sa jumelle et entama un lent dialogue dansant, hypnotique. Leurs mains semblaient dotées d'une vie propre, d'une sensibilité exacerbée par le manque, par la passion, la jalousie.
La chemise céda aux tiraillements de Jack qui inversa leur position. Il commença à déboutonner son pantalon d'une main et de l'autre explorer des zones sensibles et cruciales. Ianto crut que Jack venait d'acquérir une ou deux mains supplémentaires, tant il était subjugué par les sensations qui roulaient sous sa peau, brulante, phénoménale.
Il perdait peu à peu tout sens de la réalité et gémissait aux moindres effleurements de Jack. Il était presque à un point d'incandescence terrifiant, prêt à implorer pour que cela cesse, pour que Jack jouât les soldats du feu et l'apaise.
Son téléphone sonna. Avec une plainte lascive, Jack tomba à genoux devant lui et lui enjoignit de ne pas répondre. Mais Ianto ne pouvait pas résister à son devoir. Il regarda qui l'appelait et avec un regard d'excuse, une grimace, il répondit.
Jack l'aurait giflé de mettre fin à leurs futurs ébats. Il vit son amant se décomposer sous ses yeux. Jack réprima un frisson, tandis que toute tendresse et toute émotion quittaient son visage, remplacées par un masque dur qu'il partagea avec Ianto. L'heure était à nouveau grave à Torchwood. Il était temps d'agir et non plus de s'attendrir.
- ok, on arrive !
A suivre...
