Chapitre 10 : La chanson du bonheur

Chante, chante, Rossignol,
Vole, vole, Rossignol.
Tes notes sont dans mon cœur comme le piano de Mozart,
Un chant d'amour éternel.
Un peu aigües, souvent graves, monter, descendre,
Ta voix est le plus bel instrument de ce monde,
Tes mots, le plus bel opéra des grands Rois.

J'avais peur au début. Quitté le train, juste débarqué de nos barques précaires et escorté d'un géant, j'appréhendais de me lever. D'avancer, dans cette grande salle méconnue, devant ces gens inconnus, avec James à la table de gauche qui félicité par ses nouveaux pairs était si assuré que je m'accomplirais comme lui.

James n'a rien redouté. C'est le pas décidé qu'il s'est présenté à toi.

Absurde !

Comment aurait-il pu prétendre de l'émotion houleuse qui me submergeait à m'en donner la nausée ? Craindre l'appel de son nom alors qu'il brillait déjà sur lui les deux couleurs tous les jours de sa vie, tel un phare dans la tempête. James ignore tout, il ne sait pas mais c'est tant mieux, il est épargné de mes tourments et je peux me nourrir à grands flots de sa mer de lumière.

Personnellement j'étais terrorisé. Un couperet sur la gorge, j'ai hésité, paniqué, quasi reculé quand tu m'as réclamé. Je craignais t'entendre dire au creux de mon oreille combien je ne méritais que la place de mon sang, le tombeau des Serpentard. Comme l'autre corbeau que tu as déplacé chez l'ennemi. Merlin, il a souri à ta sentence, de ce sourire qui transpire vanité et honneur, je l'ai haï de tous les maux existants. Je refuse tellement être comme lui, un paria de la lumière, un allié des ténèbres.

Heureusement, tu m'as sauvé. Supplié le soleil, tu m'as réconforté, contant devant tous les témoins que j'étais Rouge et Or, un incontestable Griffondor.

Hourras dans la salle, hourras dans ma tête !

En fait, j'ai compris. Tu n'envoies pas les gens selon leur rang ou l'exigence de leurs parents. Majestueux, miraculeux, tu désignes le choix du cœur, la petite voix qui murmure par-delà conscience et ressentis. Merci. En quittant la chaise sur laquelle j'étais venu en titubant, je fus plus fier que tous les dieux réunis, plus glorieux que tous les héros de jadis. Hercule peut être jaloux, je suis à demi moi aussi, mi-ange/mi-démon, rouge comme mon sang, noir comme mon nom, mais paré du plus prestigieux Blason de l'école de Poudlard, je suis indestructible, je me transforme en légende. Un mythe, un peu comme toi quand sonné la fin de la cérémonie tu t'es mis à chanter.

Je n'oublierai jamais tes vers, je garderai précieux ton air que je fredonne silencieusement en écrivant ces quelques lignes, couché dans mon nouveau lit et caché sous ma couette. Tu as répandu de par tes chœurs, un espoir devenu réalité dans ma vie. Merci. J'ignore ce qui m'attend demain mais je ne crains plus rien. Choixpeau Magique, tu es un cadeau avant Noël, une étoile tombée sur terre. Tu m'as libéré de mon bourreau, désenchaîné de ma destinée. Il n'y a pas de plus belle joie dans mon cœur et dans un millier d'années, je serai comme cette nuit au clair de lune, le plus heureux de tous les enfants du monde vivant et mort.

Ô ciel, toi qui berces nos nuits les plus noires, toi qui tranquillises de tes enfants les étoiles, nos cauchemars les plus terrifiants, sois remercié pour ton ami le Choixpeau et sa chanson du bonheur.

Marionnettiste je suis, je scande vos deux noms, ma nouvelle chanson du bonheur c'est moi Griffondor, Amen !