Salut, tout le monde !

Bon, après une longue absence, me voila de retour sur ce recueil. J'ai subi une énorme panne d'inspiration, combinée à un manque d'envie d'écrire, que de toute façon ma charge de travail ne me permettait pas de remettre en question.

Je profite donc de ma petite période de vacances pour poster quelques petites broutilles bidouillées hier soir, sur un thème qui a enfin su m'inspirer, "Héritage" m'ayant particulièrement tenu à cœur. Merci en tout cas à tous ceux et toutes celles qui m'ont laissé des reviews et ont pris de mes nouvelles. J'espère que ce nouveau petit tas de drabbles vous plaira !

-Toujours aucun droit sur Saint Seiya, cela me semble évident.

-Thème commun aujourd'hui, le nom. Inspiré par une jolie chanson de Jim Croce que j'aime beaucoup. L'ambiance générale reste très différente de ce que j'ai écris dessus. Mes excuses, donc, pour le côté assez plombant de la plupart des textes. J'ai tout de même tâché de terminer tout ça sur une note un peu plus rigolote.

Sur ce, bonne lecture à tous et à bientôt !


I Got a Name

Honneur

-Tu comprends ? A la fin de cette cérémonie, tu deviendras chevalier. Protecteur d'Athéna. Et tu sais ce que cela signifie ?

-Oui, Maître.

-Alors dis-le.

-...Je deviendrai « Aldebaran », Maître.

Satisfait de la réponse, l'ancien chevalier du Taureau s'avance, suivi de près par son disciple arrivé au terme de son apprentissage. Disciple qui bientôt, reprendra le nom illustre porté par tous les détenteurs de cette armure depuis la première Guerre Sainte.

Un nom glorieux. Un véritable honneur... qui le terrifie au plus haut point.

-Sois digne de ce titre. Et ce quoiqu'il arrive... Aldebaran.

Et avec l'armure, c'est un poids supplémentaire et impitoyable qui s'ajoute sur les épaules de l'enfant.


Renouveau

Ce n'était qu'un nom. Ni plus, ni moins.

Parfois, il en avait même douté. Si peu de gens l'avaient prononcé... Son propre frère, avec les années, l'avait de moins en moins souvent utilisé. Comme si, en évitant de le nommer, il était plus aisé de ne plus le considérer comme un être à part entière.

Aujourd'hui, il s'était séparé de l'ombre de cet homme. Détaché du dernier vestige de son passé. Libéré, pour la toute première fois.

Et pourtant, cette inexplicable nostalgie qui persistait...

Il secoua la tête, souriant inlassablement. « Dragon des Mers ». Cela conviendrait très bien.

Pour l'heure.


Héritage

Il lui ressemblait.

Dès l'instant où elle avait contemplé cet enfant qui vivait ses premières heures sur terre, la similitude l'avait frappée.

Il avait tout pris d'elle. Ses mèches blondes. Ses yeux bleu clair. Sa peau pâle... Son fils, à n'en pas douter. Comme pour lui rappeler cruellement l'absence de son père. Père qui l'avait abandonné, sans même légué le moindre trait à leur enfant.

Pourtant, comme elle l'aimait, ce fruit de leur union, accroché à son index. « ледник », lut-elle encore sur le bracelet de naissance. Un nom Russe. Pour se rappeler son engagement, sa volonté de ne plus céder à sa bêtise. Hélas, déjà, elle sentit sa volonté flancher face à ce visage, endormi contre son sein.

Elle pouvait se leurrer... mais jamais elle ne saurait lui mentir.

Fébrilement, Natassia s'empara du stylo laissé non loin... et raya les six lettres, les remplaçant par deux petits caractères japonais.


Origines

La nouvelle de son adoption n'avait guère été une surprise.

Dès sa plus jeune enfance, les traits de son visage, son nez plus allongé, ses yeux plus larges avaient créé une frontière insurmontable avec ce pays dans lequel elle avait pourtant grandi.

Elle avait donc manifesté une surprise modérément feinte : difficile de ne plus considérer comme son grand-père ce vieil homme qui l'avait élevée et tant chérie.

Pourtant, parfois, Saori se surprenait à rêver.

A quoi ressemblait donc sa mère ? Quel nom lui aurait-elle donné ?

...Une seule question, finalement, importait.

Quel sort réservait-on à une porteuse de vie divine, là-bas ?


Mémoire

Hadès les avait autorisés à conserver leurs noms.

...A dire vrai, il avait même insisté. Une subtile forme de vengeance, avaient-ils songé. Que son frère soit informé que trois de ses fils lui appartenaient, désormais.

Face à l'éternité, ce détail leur avait semblé crucial. Un nom pour se souvenir. Un nom pour demeurer.

Pourtant, les siècles, impitoyables, s'écoulaient. Et le monde de la surface changeait. Les oubliait. Emportait avec lui jusqu'aux dernières preuves de leur passage sur terre.

Et un nom, finalement, ne devenait rien de plus qu'une formalité. Seule la fonction demeurait.

Juges des Enfers, ils étaient. Pour l'éternité.


Regret

-Ce n'est pas que je m'en plains, mais...

-Mais quoi ?

-...

-Honnêtement, tu t'en sors plutôt bien. Regarde Aphrodite ! « Camus », c'est pas mal.

Camus se contenta d'hausser les épaules : sur le principe, Milo n'avait pas tort.

A son arrivée, on l'avait prévenu qu'il lui faudrait tirer un trait sur son existence passée. Changer de nom lui avait semblé une déplaisante évidence.

Le Pope, homme de lettres, lui avait finalement donné le nom de son auteur français préféré. Une décision qui l'avait touché et soulagé.

Dommage, néanmoins, que la lecture ne lui fut enseignée qu'après ce choix crucial. Car aujourd'hui, en toute honnêteté...

Il préférait Sartre.