Chapitre 9 - La nuit est sombre et pleine de terreurs

« Que se passe-t-il ? Qu'ai-je dit ? Le fait que je ne sois qu'un simple bâtard te dérange à ce point. » Je n'osais pas lui répondre, je rassemblais mes affaires et m'habillait à la vitesse de l'éclair. Jon, lui, me suivait du regard. J'en avais assez, je fichais de plus en plus ma vie à l'air. Je ne faisais que des erreurs, impardonnables. Je ne me supportais plus, je voulais m'oublier.

« Hé ho, je te parle, tu peux me regarder au moins. Il y a quelques tu riais avec moi et là, plus rien.

- Ta gueule ok, je n'ai pas envie de parler. » J'en avais assez. Il parut choqué que je lui sorte ces propos. Mais alors que je sortais il m'attrapa par le bras et me tira vers lui.

« Ecoutes moi, as-tu peur de moi ?

-Non, mais vous devriez avoir peur de moi.

-Pourquoi dis-tu cela. Tu as un très beau visage, un très beau rire, je ne te comprends pas.

-C'est plutôt mon statut, qui n'est qu'inconvénient pour moi.

-Que veux-tu dire par là ? » Je me débattis afin qu'il me lâche, ce qu'il fit. Je sortis alors de la chambre mais avant que je referme la porte il me dit un dernier mot : « Pour quelle maison te bats-tu ?

-Pour celles de mes parents, Stark et Lannister. » Sur ces mots je fermai la porte et couru le plu vite possible aux écuries afin d'être sûre qu'il ne me suive pas. Je devais partir cette nuit.

Jon ne comprenait pas, qui était cette fille à la fois belle et énigmatique. Mais ce qu'il ne comprenait pas c'était ses derniers Stark et Lannister, mais qui pouvait bien être ses parents ? En effet elle avait les cheveux noirs d'une femme du nord mais aussi ce côté rebelle qui lui rappelait Arya. Et ce visage, il le connaissait, mais d'où ? Il n'arrivait pas à savoir à qui il était, où il l'avait vu. Cette fille était un mystère pour lui, qu'il voulait résoudre, un mystère qu'il allait élucider.

Non, des soldats Lannister se trouvaient dehors, que faisaient-ils aussi loin dans le nord…. Oh non, ils étaient là pour moi, Cersei était à ma recherche. Cela voudrait dire qu'elle tient à moi ? Mais je ne voulais pas rentrer de suite, je venais de découvrir un nouveau monde. Un monde bien plus intéressant que les couloirs du Donjon Rouge ou les ruelles de Port-Réal. Je voulais voyager, je voulais m'échapper. Ils ne devaient pas me voir. J'essayai alors de me cacher le plus possible, mais ils occupaient toute la cours. Je ne pouvais pas passer et prendre mon cheval sans passer devant un ou deux soldats. Mais je tentai l'expérience. Je commençai à marcher, j'avais la main sur la poignée, j'y étais presque « Oh toi là, tu fais quoi, personne ne sort avant que l'on est fouillé l'endroit, suis-moi. » Si je le suivais j'étais fichu, il me reconnaitrait. Il m'attrapa alors par l'épaule. Il voulait que je me retourne pour voir mon visage mais je ne pouvais pas… Mon périple s'arrêtait ici.

« Laissa la, elle est mon intendante.

-Ah tiens le nouveau lord Commandant, Ils engagent des femmes à la garde de nuit désormais ?

-Que voulez que je vous dise, les hommes ont peur de venir désormais, faut bien qu'on trouve des gens pour les remplacer. » Les soldats se mirent à rire. Je connaissais cette voix. Elle était la voix de Jon. Il venait de me sauver, mais je devrais en payer le prix. Il va vouloir que je lui parle, je n'en avais aucune envie. Le soldat me lâcha l'épaule, mais ce fut la main de Jon qui remplaça celle du soldat. Il me chuchota alors à l'oreille Maintenant tu vas devoir me suivre, tu me dois bien ça.

Je le suivis de force jusqu'au mur, à Châteaunoir. Il m'avait enchaîné les mains afin d'être sûr que je ne m'échappe pas, j'étais comme une criminelle. Je décidai alors d'entamer la conversation sur notre trajet : « Les menottes ? Sérieusement ? C'était obligé ?

-Oui, je ne te connais pas, mais tu m'as l'air très maligne, et dès que j'aurai le dos tourné tu en profiteras pour t'échapper.

-Vous me connaissez trop bien Lord Commençant. » Il m'attrapa le visage de sa main glacée. Et me regarda dans les yeux : « Je crois qu'il vaudrait mieux que tu te taises jusqu'à notre arrivée. » Ainsi il me plaça un bandeau sur la bouche pour que je me taise. C'était mieux ainsi, je ne savais plus sur quoi orienter la conversation.

Nous arrivâmes à Châteaunoir, le mur surplomber cette humble forteresse. Je me sentais minuscule. La glace paraissait briller, elle paraissait intouchable. Mais tout autour de moi, des hommes me regardaient comme si j'étais de la nourriture. Ils criaient Alors Jon tu as péché un beau poisson, tu nous la prêteras après. Je ne supportais pas cela, je leur couperais la queue si je le pouvais. Jon m'emmena dans une salle reculée, sans doute son bureau. Il m'installa sur une chaise et m'enleva le bandeau qui cachait ma bouche et s'assit en face de moi.

« Qui es-tu ?

-Comment ça qui je suis ? Personne sans doute.

-Lorsque je t'ai demandé pour qu'elle maison tu te battais, tu m'as répondu Lannister et Stark, pourquoi ?

-Elles sont mes maisons voilà tout.

-Sottises, tu dois certainement être la fille d'une pute et d'un soldat inconnu.

-Vous aussi alors. » Il me regarda d'un air hébété. Il ne savait que dire. Mais quelqu'un frappa à la porte ce qui stoppa Jon dans son incompréhension.

« Excusez-moi Lord Commandant de vous interrompre en si galante compagnie, mais le roi Stannis vous demande.

-Très bien, j'arrive. » Je me tournai vers la personne dont venait cette voix. C'était une femme habillée de rouge, même ses cheveux étaient rouges. Son regard croisa le miens. Elle ouvrit alors la bouche : « Jon, puis-je vous demander quelque chose ?

-Oui, allez-y.

-J'aimerais m'entretenir avec votre prisonnière un instant.

- Allez-y je vous prie, ce n'est pas réellement une prisonnière, mais si vous arrivez à lui soutirer quelques informations, prévenez moi.

-Mais bien sûr Lord Commandant. » Jon partit alors en claquant la porte. La femme se rapprocha de moi et se mit à ma hauteur. Ses yeux rouges ne me mettaient pas en confiance, cette femme me faisait peur. Elle me dit alors : « Sais-tu qui je suis ?

-Non.

-Je suis Mélisandre d'Asshaï, prêtresse rouge, et toi qui es-tu ?

-Une jeune fille qui s'est aventurée bien trop loin dans le nord.

-Ne me ment pas, tu es bien plus que ça. Ne me prends pas pour une idiote, j'ai reconnu ton visage, tu es une Lannister, ça se voit. Jon ne l'a même pas reconnu, il est vraiment trop stupide.

-Mais…. Je….

-Que fais-tu ici ?

-Rien… J'avais besoin… besoin d'espace.

-C'est étrange que Cersei laisse sa fille gambader dans le Nord ainsi, tu ne trouves pas ? » Je restai sans voix, cette femme ne me mettait pas à l'aise, de plus elle allait tout révéler à Jon, j'en étais sûre. Mais elle continua son interrogatoire. « Que fais-tu dans le Nord, je n'arrive pas à le voir.

-Rien… Je…

-Tu es aussi faible que ta mère. » Je me levai d'un coup, j'avais envie de l'égorger.

« Vous ne connaissez pas ma mère, vous ne connaissez rien de moi, pourquoi voulez-vous vous en prendre à moi ? Que vous ai-je fait ?

-Une fille de ta lignée n'a rien à faire ici sans raison, j'aimerais savoir ces raisons. Tu vois, avant de tuer mes ennemis j'aime connaitre tous leurs secrets.

-Vous n'oseriez pas me tuer ?

-Non, tu ne me rapporterais rien. Mais je perçois quelque chose en toi. Tu n'es pas née de l'inceste, tu n'es pas née du roi Robert. Mais qui es-tu ?

-Ah, en voilà une bonne question, qui je suis ? Et je vois que vous êtes bien embêté de ne pouvoir y répondre.

-Tu me défis ?

-Si on veut. » Elle m'attrapa à la gorge, mais moi je ne pouvais rien faire pour riposter mes mains étant toujours enchaînées. Je ne pouvais que dire Lâchez moi Lâchez moi mais les yeux rouges de Mélisandre était plutôt semblable à des flammes désormais. Ces ongles se plantèrent dans ma peau laissant ainsi couler du sang. Elle me lâcha d'un coup. Et racla mon sang avec ses doigts. Elle le lança ensuite dans le feu. Pourquoi faisait-elle ça ? Elle resta ainsi environ cinq minutes devant ce feu. Je n'osai pas l'interrompre, par peur de représailles. Mais subitement, elle se retourna vers moi troublée.

« Je…. Tu…. Comment cela est-il possible ? Comment Ned a-t-il pu ? Il a trahi Stannis, il a mérité ce qu'il a eu. Tu es le fruit de démon. » Elle me criait ces mots, avait-elle raison ? Et elle continua « Mais pourquoi es-tu ici ? Es-tu venu pour nous tuer ? » D'un coup la porte s'ouvrit et Mélisandre se tut. Elle regarda Jon et me regarda, nous dévisageant tout deux.

« Oh j'ai compris, tu es la pour lui, bien joué Jon, je crois qu'elle sait qui est ta mère. » Sur ces mots Mélisandre quitta la pièce. Jon referma la porte avec fracas et s'assit en face de moi.

« Dit-elle vraie ? Tu sais qui est ma mère ? Tu l'as vue ? Tu l'as connais ? Est-elle une pute ? Est-elle une noble dame ?

-Jon… Je suis désolée. » Je commençai à pleurer, je n'arrivais pas à me retenir, mais je ne pouvais plus supporter ce silence, non. Je devais lui dire.

« Oui, je la connais.

- Comment la connais-tu ? Et comment as-tu quelle était ma mère ? Elle te l'a dit ? Elle t'a dit pourquoi elle m'avait abandonnée ? Pourquoi elle n'était jamais venue me voir ?

-Jon je t'en supplie écoutes-moi, laisse-moi parler.

-Oui, mais… c'est la première fois que… je t'écoute.

-Si je connais ta mère c'est parce que….. C'est…. C'est aussi la mienne. » Jon devint blanc, il perdu la joie qui avait apparu sur son visage lorsque j'avais commencé de parler de sa mère. Mais il se ressaisit : « ainsi nous sommes frères et sœurs ? Très bien… je ne m'attendais pas à cela. Enfin plutôt demi-frères, notre mère est une pute c'est ça ? quel Lord l'a engrossé pour que tu puisses naitre.

-Lord Eddard Stark, tout comme toi. » Jon paraissait perdu, troublé, perturbé, comme un enfant ayant peur dans le noir. Mais il voulait tout savoir, il était prêt.

« Jon, nous sommes jumeaux.

-Jumeaux ? J'ai couché avec ma jumelle… tout va très bien… je… mais qu'ai-je fait ? Comment ai-je pu être aussi bête ? Tu étais au courant la nuit où on s'est rencontré ?

-Non, je ne savais pas qui tu étais. C'est pour ça que quand je l'ai appris, j'ai voulu te quitter le plus vite possible.

-Attends deux minutes, tu m'as dit que tu te battais pour les Stark et Lannister, qu'est-ce cela signifie ?

-Je me bats pour les Stark en l'honneur de notre père, et les Lannister en l'honneur de notre mère.

-Notre mère ?

-Oui, Cersei Lannister, elle est notre mère. » Jon se leva d'un bon. Comme si l'on venait de lui enlever une épine du pied. Il frappa du poing sur la table. Et jeta tout ce qu'il pouvait à terre. Il était hors de lui. Il me jeta les clés de mes menottes.

« Prends, pars ! Pars ! Laisse-moi seul ! Je ne veux pas te voir ici ! » Je pris les clés et parti de suite. Je n'aurais jamais dû lui dire…. Je regrettais. Je l'entendais crier à travers la porte. Je devais partir, je lui avais déjà assez fait de mal. Je me défis alors de mes liens. Je quittai Châteaunoir sous les yeux de Mélisandre, elle me regardait partir avec satisfaction, comme si elle avait eu ce qu'elle voulait. J'empruntai un cheval à la garde de nuit et partis au galop, je voulais m'échapper d'ici le plus vite possible, il n'y avait rien pour moi aussi.