Chapitre 10 : Les retours

Les jours passaient, Arianne avait élu domicile très naturellement dans les cuisines, tout le monde avait adoré ses préparations et ses idées, en plus de son savoir-faire. Et sur sa demande et des cuisiniers qui appuyèrent celle-ci, elle faisait partie de leur équipe.

- Alors en quoi puis-je être utile pour ce midi ? demanda Arianne.

- Il nous manque un peu d'aide pour éplucher les légumes, tu peux….

- J'y cours ! répondit avec enthousiasme la jeune femme.

Pour elle, qu'importe la tâche, on cuisine ! Et ça elle adorait, d'accord éplucher, ce n'était pas la partie la plus intéressante… mais il fallait bien le faire aussi.

Rien n'est comparable qu'une cuisine bien faite du début jusqu'à la fin, surtout quand elle est appréciée :

- Coucou les gars, je viens en renfort.

- Salut petite sœur ! répondirent en cœur les hommes.

Arianne se saisit de son arme du jour : son fidèle économe ! Elle attrapa une malheureuse pomme de terre qui serait sa première victime et commença à éplucher. Elle s'amusait à faire des guirlandes d'épluchures.

- Qui peut faire plus long que moi ?

C'était un petit jeu, pour que ce travail ingrat paraisse plus distrayant et le concours commença. Mais il fallut se rendre compte qu'au bout d'une bonne heure… il n'y avait plus de légume pour continuer le jeu.

- Dites-moi ça ne sent pas le brûlé ? interrogea Arianne.

- Si….

Ils cherchèrent la source de l'odeur, Arianne se leva et se précipita vers une casserole qui avait pris feu, un homme arriva un seau d'eau en main :

- Stop malheureux, l'arrêta la jeune femme.

- Il faut l'éteindre.

- Pas comme ça, c'est le piège.

Arianne prit un torchon, le trempa dans le seau d'eau, elle l'essora, le tint entre ses doigts, elle replia ces derniers pour qu'ils soient protégés. Elle mit le torchon au-dessus de la casserole et attendit un peu avant de le retirer :

- Ne jamais verser de l'eau, sinon elle se serait évaporer instantanément et là on brûle car on est trop près de la source et s'il y avait un corps gras dedans, la réaction est pire, car gras et eau ne font pas bon ménage, ça aurait fait exploser l'huile à l'extérieur, il faut toujours faire ce que j'ai fait. En mettant un linge humide on coupe l'accès de l'air qui alimente le feu, qui finit par s'éteindre tout seul.

- QUI A LAISSE UNE CASSEROLE SUR LE FEU ? beugla un cuisinier.

- Moi…, fit une toute petite voix coupable.

- Bon sang, la prochaine fois, fais attention, s'écria le cuisinier.

- Oui, je suis désolé.

Arianne reconnut que le responsable était celui qui s'était effondré en larme quand elle l'avait félicité pour sa cuisine, quand chacun retourna à sa tâche, Arianne vint le voir et lui posa une main amicale sur son épaule :

- Ce n'est pas grave, ça peut arriver, l'important c'est qu'il n'y ait pas de blessés.

- Merci, mais il a raison, je veux tout faire trop vite, car avant d'être ici, on m'en demandait beaucoup, j'étais obligé d'aller vite et j'ai du mal à perdre l'habitude….

- Je comprends, regarde-moi et mes gants, je sais que je n'ai plus de pouvoirs et pourtant j'ai encore cette crainte….

Les deux jeunes gens se sourirent amicalement :

- Hé les amoureux au boulot !

- Oui chef ! S'exclamèrent les deux concernés.

Ils se séparèrent et se remirent au travail, un coup de pression s'ajouta quand ils entendirent leurs frères répéter « On a faim ». Un cuisinier leur gueula que ça allait venir et qu'ils devaient se taire et attendre, mais comme toujours ils n'arrêtèrent que quand Barbe Blanche l'ordonnait. Quatre bonnes minutes au moins, plus tard on sut quand le Paternel était arrivé, car les voix de leurs frères étaient devenues bien silencieuses.

La jeune femme et une vingtaine de personnes commencèrent à servir le déjeuner, Arianne finit par s'installer, ses jambes la remercièrent, car elle était restée un bon moment debout.

- Comment tu vas ? demanda son voisin de table.

- Mieux, répondit Arianne.

- Tu peux revenir me voir, ta pousse grandit bien.

- Ma pousse ?

- Tu as oublié que tu as une fleur qui n'attend que toi pour fleurir ? se moqua gentiment Vista.

- Oh non je ne l'oublie pas, je viens tôt le matin pour l'arroser et… lui parler, avoua la jeune femme plus bas par peur d'être ridicule.

- C'est bien elle ne sera que plus belle.

- Tu ne te moques pas de moi ?

- Ce serait stupide de ma part, pourquoi tu viens tôt le matin c'est parce que tu es naturellement matinale ? ou bien que tu cherches à éviter quelqu'un ?

Elle comprit qu'il avait compris qu'elle l'évitait. Elle ne savait trop comment réagir, il lui semblait plus approprié de l'éviter quelque temps pour mieux réfléchir.

D'un autre côté, ça devait le blesser un peu :

- Je suis désolée… je pensais que… c'était mieux pour que je réfléchisse.

- Tu peux continuer à te poser, tout en continuant à se voir, je t'ai dit que j'attendrai ta décision, je ne compte pas te harceler de questions, je préfère te laisser venir à moi et annoncer ton choix.

Elle hocha la tête et se promit de ne plus essayer d'autant l'éviter, elle décida même qu'après avoir terminé de déjeuner d'attendre qu'il parte pour marcher plus vite et le doubler. Elle était devant lui et prit la direction des serres, elle espérait qu'il la rejoigne.

Elle entra dans la pièce remplit de fleurs, respira un bon coup ce parfum qui la mise à l'aise :

- Tu voulais me voir ? demanda Vista en fermant la porte avant de se caler contre.

Arianne saisit une mèche blonde et chercha la meilleure formulation.

- Dis-moi tout.

Elle ne dit rien, elle l'embrassa par surprise. D'abord étonné, il ne réagit pas dans les premières secondes. Passé ce temps, il l'enlaça pour l'attirer un peu plus contre lui, un bras en bas du dos, une main dans la chevelure blonde de la jeune femme.

Le baiser était timide, elle entrouvrit à peine ses lèvres, l'épéiste y alla tout en douceur, ses doigts effleurèrent les traits de son visage pour la détendre.

Arianne monta sa main vers le visage de Vista, puis se rétracta, ce dernier attrapa sa main gantée et la posa sur son visage. Elle retira son éternel chapeau avant de loger timidement ses doigts dans la chevelure ébène.

Arianne finit par le repousser doucement pour reprendre sa respiration, elle sentait son cœur battre très rapidement.

Vista effleura ses lèvres des siennes, pour que ce soit léger, un doux effleurement, il prit la main droite de la demoiselle et la tint d'une main, l'autre était prête à retirer le gant. Arianne le regarda, elle avait maintenant peur, elle ferma les yeux et calma au mieux sa respiration. Elle sentit son gant être retiré lentement, Vista posa la main de sa protégée sur son visage, elle ouvrit les yeux, rien ne s'était passé :

- Tu vois… tu n'as plus rien à craindre, chuchota-t-il, tes mains sont douces.

- Heu… merci, bafouilla la demoiselle.

Il embrassa le creux de sa main et chaque parcelle de cette main qui n'avait que trop longtemps était prisonnière de ce carcan de tissu.

Arianne rougit, il détacha ses lèvres de sa paume et embrassa de nouveau la jeune femme, qui sentit vraiment pour la première fois la peau d'un tiers sans que cela ne l'effraye. Et quand elle avait les cheveux d'encre entre ses doigts, aussi futile que cela puisse paraître, elle trouvait ça doux et agréable, c'était encore des sensations bien inconnues et étranges.

Vista s'écarta d'elle pour qu'ils puissent reprendre leurs souffles, il vit que les yeux d'Arianne avaient changés, ils exprimaient le désir.

Pour cette dernière, ce qu'elle ressentait, c'était difficile, elle avait ce sentiment de vouloir plus…, mais plus de quoi ? Elle était comme en manque de quelque chose, c'était à la fois frustrant et ça avait un côté agréable.

Vista l'embrassa juste pour terminer dans le cou, arrachant un soupir de la jeune femme, qui rougit de honte :

- Pardon….

- Au contraire… ça signifie que tu apprécies, ne retiens pas tes gémissements et tes cris, tu as le droit de t'exprimer, toi encore plus.

Ça rassurait Arianne cette remarque, même si elle ignorait encore beaucoup de chose, elle se dit que ce soupir faisait partit des choses qu'elle allait devoir apprendre, comme ce qui était lié à la « sexualité ».

D'ailleurs le fait de ne rien savoir l'angoissait un peu, elle s'imaginait que c'était quelque chose de terrifiant, car n'ayant aucune donnée, elle imaginait le pire des scénarios, qu'elle mit de côté profitant de ce moment étrange de détente.

- On va en rester là, murmura l'homme.

- D'accord… je me sens comme….

- Vaporeuse peut-être ?

- Oui quelque chose comme ça.

- C'est normal.

- Ça me rassure, c'est agréable, j'aimerai connaître plus….

- D'accord, mais je vais y aller en douceur et si tu n'aimes pas, tu me dis d'arrêter.

Vista défit avec beaucoup de délicatesse la chemise d'Arianne, qu'il sentit se tendre un peu, elle le fixait, ne sachant trop à quoi s'attendre, il déposa des baisers sur le haut de sa poitrine. Il la sentit se détendre et soupirer de contentement, elle se sentait bien, il glissa une main vers un de ses seins, mais il s'arrêta, elle bloquait sa respiration et se tendait trop. Alors il fit machine arrière :

- Je crois qu'on va s'arrêter, murmura le commandant en embrassant le cou de sa partenaire.

- Je… je veux bien, confirma son interlocutrice.

Vista l'embrassa de nouveau et entreprit de refermer un à un, durant leur échange, les boutons de la chemise de sa partenaire :

- J'ai… j'ai eu un drôle de sentiment tout à l'heure… et je me demandais… ce que s'était….

- Rien de désagréable ?

- Non… en fait… j'ai eu comme un sentiment de… je ne sais pas… d'en vouloir plus.

Il crut comprendre ce qu'elle voulait dire, aller plus loin, mais elle ne savait pas ce que ce sentiment signifiait. Il chercha comment lui définir ça :

- Arianne tu te demandais ce qu'était la sexualité, ces baisers et ces caresses ne sont que le début, ce que tu as ressenti, c'est ce qu'on définit comme étant du désir.

- Et… ça consiste en quoi le « désir » ? Demanda-t-elle un peu gênée d'être si ignorante.

- Le désir, c'est l'envie de l'autre, de tout son être, c'est l'envie de l'union des deux corps.

Arianne papillonnait des yeux, elle n'avait pas compris la fin de la phrase s'interrogeant sur la signification de « l'union des deux corps ». Vista le comprit que trop bien :

- Je vais paraître stupide, mais… je ne vois pas comment deux corps peuvent s'unir.

- Tu découvriras, en temps voulu, car si je te réponds, j'ai peur de te choquer et de parler assez crûment pour que ce soit pour toi plus simple et facile à comprendre.

- Choquer… pourquoi ? C'est horrible à vivre ? demanda horrifiée la jeune femme.

Le commandant rit à cet instant :

- Non, au contraire, tu t'inquiètes beaucoup trop, c'est au contraire les plus beaux moments qu'un couple peut vivre ensemble, c'est comme de l'amour à l'état brut qu'on transmet.

- Alors explique-moi ! ça me rend folle d'être dans l'ignorance !

Arianne n'en pouvait plus, elle angoissait plus que jamais, c'était trop flou pour elle, trop abstrait. L'épéiste, ne sut trop comment réagir, mais il voyait bien qu'elle se rendait malade. Il se dit qu'il devrait limite lui faire un dessin, alors il l'a prévient qu'il n'allait pas prendre des pincettes et lui expliqua très clairement.

Ce qu'il craignait arriva, elle était effrayée à l'idée, qu'une certaine partie… masculine… aille en elle… :

- Je ne vois pas comment on peut aimer ça, on doit souffrir le martyre, oui !

- La première fois fait mal au début c'est vrai, mais car le corps n'est pas habitué, les fois suivantes sont incomparables.

- Je suis désolée….

Il la vit fuir, il se leva et passa l'embrasure de la porte et la vie au loin tourner à un croisement, il courut pour la rattraper.

Arianne sortit, vers le pont, il lui fallait de l'air, elle s'appuya contre la rambarde et regarda la mer et réfléchit, elle se dit qu'après tout elle ignorait tellement de chose, peut-être que c'était agréable….

Arianne se tient le cœur et hurla de douleur, elle s'effondra à genoux, son visage se figea, elle se leva et hurla :

- Non !

Là où sa main avait touché le pont se trouvait de la glace, et comme elle venait de poser sa main contre la rambarde quand elle s'était relevée celle-ci était recouverte de glace.

Ses frères arrivèrent et virent la cause et le regard paniqué de leur sœur de cœur :

- Non, non, non, pas ça… RECULEZ ! NE M'APPROCHEZ PAS !

Vista apparut à ce moment-là :

- Reste, demanda Vista la voyant hésiter à s'enfuir comme la première fois.

- Je ne peux pas, si je reste je vous fais prendre trop de risque. Pourquoi ? Je croyais être libre.

La neige tomba, Arianne recula elle sentit que quelque chose brûlait, elle regarda son autre gant qui n'avait pas été retiré. Elle reculait encore et sous ses pieds de la végétation poussa :

- Arianne calme-toi, accouru sa mère, il doit y avoir une explication, ne refoule pas tes émotions, reste calme.

La jeune femme lutta pour garder son calme, elle n'arrivait pas à se calmer, elle ressentit comme autrefois la puissance dévastatrice des fruits du démon prendre le pas sur elle :

- S'il vous plaît, s'il vous plaît, supplia-t-elle, mettez-vous à l'abri… je sens une attaque venir ! PARTEZ !

Tandis que tous reculèrent et s'éloignèrent d'Arianne, Vista resta là et s'avança vers elle :

- Pars, n'approche pas ! Je ne pourrais pas retenir ça longtemps !

Il ne l'écouta pas et la prit dans ses bras et l'embrassa, l'amour qu'elle ressentait apaisait un peu son mal être, ce qui suffit pour calmer ses pouvoirs. Car ce n'était plus la peur et la panique qui prédominaient à cet instant son âme.

La glace, la neige, la végétation et les traces de feu disparurent pour l'instant, aussitôt les mages apparurent en catastrophe :

- Vous m'avez menti ! hurla Arianne, je ne veux plus de ces pouvoirs !

Vista la retient pour ne pas qu'elle saute aux cous des esprits :

- Il n'y a qu'un seul cas qui fait que vos pouvoirs sont revenus, votre rôle n'est pas terminé, vous semblez avoir été désignée pour accomplir une mission, que vous devez réaliser que vous vouliez ces dons ou non.

La jeune femme crut qu'elle allait s'évanouir :

- Pourquoi moi ? pourquoi pas quelqu'un d'autre ? s'exclama t'elle.

- Il est possible que ce soit votre ignorance sur le monde qui puisse influencer votre destin.

- Mais je ne veux pas….

- Nous en avons conscience… aussi pour vous aider, nous avons retrouvé quelqu'un, la première personne qui a su maîtriser vos pouvoirs. Ce sera la mieux placée pour vous aider à contrôler vos aptitudes.

- Et qui est-ce parmi vous ?

- Ce n'est pas l'un de nous, rappelez-vous.

- NON ! pas un de ces montres !

- Il s'agit de moi.

Le fantôme de Thatch se montra :

- Pardon ? c'est une blague ? je ne veux plus le voir.

- C'est lui qui a su apaisé votre cœur, quand vous l'avez rencontré.

- Arianne je suis désolé….

- Tais-toi, tu es tout sauf désolé ! tu ne m'as donné aucune explication, tu t'es enfui comme un lâche ! un lâche ! alors que je t'aimais !

Tout le navire sauf Arianne avait remarqué que la température ambiante venait d'augmenter considérablement.

- Je suis désolé, si tu es prête à m'écouter je….

- Je ne veux rien savoir ! je t'ai attendu des semaines moi !

Sous les pieds d'Arianne les ténèbres se formèrent :

- Calmes-toi, demanda Thatch en voyant ses pouvoirs se manifester sous sa colère.

- Me calmer ? tu me demandes de me calmer ?!

- Arianne calme-toi, tu perds le contrôle de tes pouvoirs, intervint Vista.

Cette dernière le regarda, puis le sol, elle se laissait envahir par ses émotions et commença à s'en vouloir :

- Thatch… aide-la à contrôler ses pouvoirs, ordonna Vista.

- Ne m'approche pas ! s'écria la jeune femme.

Thatch entra dans le corps d'Arianne et calma les ténèbres, l'instant d'après il fut éjecté du corps de la demoiselle :

- Princesse Jupiter….

- Mon nom est Arianne !

Les mages comprirent bien qu'elle était en plein dénit, qu'elle reniait tout de son statut de gardienne des territoires terrestres :

- Très bien, Arianne, plus vite vous accomplissez votre mission, plus vite vos pouvoirs disparaîtront.

- Et pour toujours ou temporairement ? renifla la jeune femme sceptique.

- Vous êtes l'actuelle gardienne des territoires terrestres, il faudrait attendre votre mort pour qu'une autre personne soit désignée. Le fait que vos pouvoirs vous soient redonnés en catimini signifie qu'il faut faire vite.

- Quelle est ma mission ? finit par demander Arianne après un long silence.

- Nous pensons que c'est lié avec l'histoire de la nouvelle nomination d'un Amiral en chef, l'actuel, Sengoku, soutient l'Amiral Aokiji, qu'il recommande, mais le conseil des cinq étoiles eux veulent l'Amiral Akainu. Ces deux Amiraux sont diamétralement opposés sur l'idée de la justice, Akainu c'est l'idée de la justice absolue, Aokiji est plus modéré. Nous pensons sans nous tromper que votre rôle est de convaincre le conseil des cinq étoiles qu'ils commettent une erreur.

- Vous êtes fou ? on veut ma tête ! et puis en quoi mes pouvoirs sont nécessaires ? au quel cas je dois les convaincre, je ne pense pas qu'utiliser la violence soit la solution.

- Vos pouvoirs vous sont redonnés pour vous protéger, comme vous l'avez dit, on veut votre tête, si vous y allez sans aucune défense, vous ne tiendrez pas cinq secondes, en revanche avec vos dons, vous imposerez immédiatement une crainte qui fera réfléchir vos adversaires.

- Mais pourquoi moi ? je ne suis pas la mieux placée pour tenter de les faire changer d'avis.

- Si, vous avez je pense plus d'influence que n'importe qui….

- Je ne crois pas…. Je suis la fille de Barbe Blanche et de Lesokovich D Adrianna, je suis dans le même cas qu'Ace, je suis recherchée car je n'aurais pas dû naître, en plus d'être la fille de celui qu'on considère comme l'homme le plus fort du monde. Je doute très franchement que je sois la mieux placée pour les convaincre de quoi que ce soit.

- Nous nous doutions que vous diriez quelque chose comme ça, vous avez une qualité, que ni votre père, ni votre mère, ni aucun pirate n'a….

- Puis-je savoir laquelle ? car je suis perplexe.

- Il y a une grande différence entre vous, vos parents et les pirates, vous ne considérez pas complètement le Gouvernement Mondial et la Marine comme des obstacles. Certes vous n'approuvez pas toutes les actions de la Marine, mais vous êtes d'accord avec une partie d'entre elles. De plus, de par votre sang, vous êtes aussi considérée comme une hors la loi…. Vous êtes l'interlocutrice qu'il faut, une porte parole des différentes puissances….

- Oui, mais je ne dois pas être la seule….

- Vous vous trompez. Il faut quelqu'un qui soit connu, c'est votre cas, par ailleurs vous êtes patiente. Votre père ne l'est pas….

Arianne regarda son Père qui depuis tout à l'heure n'avait pas fait les éloges chez les mages, heureusement il n'avait pas l'air d'être atteint :

-… pour votre mère, elle a trop de rancœur envers la Marine. Pour les trois autres Empereurs, seul Shanks le Roux pourrait être un bon candidat, des quatre Empereurs, c'est le plus pacifiste, mais il a une nature qui fait qu'on ne le prendrait pas au sérieux.

Ça Arianne approuvait à boire comme un trou et à faire la fête c'était d'ailleurs difficile à croire que cet idiot soit Empereur des mers. Toutefois, il fallait bien le reconnaître que Shanks n'attaquait jamais sans raison, on avait dû toucher à ses protégés ou ses hommes.

- Autre chose qui vous distingue, aucun haut gradé, ni soldat ou membre du conseil des cinq étoiles ne le reconnaîtront, mais quand vous avez abandonné vos pouvoirs, cela a adoucit leur opinion sur vous et sur votre dangerosité…. Vous avez du répondant et vous aurez je pense les meilleurs arguments, il ne faut pas qu'Akainu devienne Amiral en chef, il est bien trop penché sur l'idée de la justice absolue. Il a déjà par le passé tué des soldats qui voulaient quitter le combat pour retrouver leur famille.

Arianne ouvrit grand les yeux, ce dernier argument la fit immédiatement changer d'avis :

- Il… va jusqu'à tuer ses propres hommes, répéta Arianne choquée.

- Oui, ça va trop loin, imaginez un peu s'il devient Amiral en chef, il donnera plus de crédit à des personnes qui penseront comme lui. Et fera en sorte de faire des soldats de la Marine des soldats à son image et là c'est la porte ouverte aux pires abus. La Marine actuelle n'est pas géniale, alors imaginez un instant si Akainu prenait la relève.

Arianne savait à quel point son père lui avait manqué durant son enfance et sa vie de jeune femme, alors apprendre qu'un homme comme Akainu, sans cœur, achevait les quelques hommes qui voulaient vivre et profiter de leurs familles, leurs femmes, leurs enfants….

Non ! Ça avait été très difficile à vivre, alors… que des hommes, qui pensaient à leurs proches et voulaient les revoir, meurent, c'était inacceptable. Ce n'était pas humain.

Elle pensait à ces gamins qui devaient encore pleurer leurs pères.

- Entendu, je ferai de mon mieux pour faire changer d'avis le conseil des cinq étoiles.

- Tu es sérieuse ? demandèrent ses frères.

- Oui, il est hors de question qu'un homme aussi inhumain monte en grade, il est normal que dans ce monde il y ait des autorités, mais elles ne doivent pas sombrer, si Akainu y arrive… les temps s'annoncent plus rudes et difficiles.

Arianne regarda l'horizon, oui, maintenant cette mission la répugnait moins, ça la touchait trop profondément maintenant. Elle refusait ces pouvoirs et son statut de gardienne des territoires terrestres, mais elle acceptait d'être une ambassadrice, une interlocutrice.

- Je suis fière de toi Arianne.

L'esprit du fruit de la végétation se matérialisa :

- Pars dès maintenant, Akainu et Aokiji viennent de débuter un violent combat, pour déterminer qui aura le poste d'Amiral en chef.

- Très bien….

L'esprit changea les habits de sa protégée en une robe en bustier vert d'eau. La robe présentait une dentelle fine et blanche sur les côtés du bustier. La jupe se découpait en deux parties, la première était faite de la même dentelle. Mais la robe avait aussi une longue jupe fendue fait de mousseline verte qui venait recouvrir le tout.

Deux bracelets d'un or doux apparurent sur chaque poignet et ces derniers tenaient un voile de la même couleur que sa robe.

Sa coiffure fut un demi-chignon maintenu uniquement par des rubans du même coloris que sa tenue, mettant en avant ses bouclettes blondes. Et ses chaussures étaient des escarpins vert d'eau également :

- Mais pourquoi ? s'exclama la jeune femme.

- C'était la robe de ta prédécesseur, tu vas parler devant des grands personnages, tu ne pouvais garder tes vêtements.

- Peut-être mais ça fait… très….

Ses frères la regardèrent de haut en bas, il fallait avouer qu'elle était à son avantage, Arianne n'avait au grand jamais porté de robes de soirée, elle se sentait pas spécialement à l'aise.

- Non tu n'es pas provocante, sexy peut-être, mais pas provocante, se voulut rassurante le fruit de la végétation.

- Si tu le dis, fit sceptique sa protégée.

L'esprit du fruit disparut, la jeune femme se retourna vers ses parents :

- J'espère que d'avoir appris que je ne détestais pas totalement le Gouvernement Mondial et la Marine ne va pas avoir un impact sur votre opinion de moi. Thatch partons maintenant.

- Tiens prends ça, ça évitera qu'on te saute dessus avant même que tu n'es franchi une porte de Marijoa.

Vista lui donna sa cape, qu'elle mit :

- Merci.

Le fantôme entra en elle, aussitôt elle devient de lumière et la seconde suivante elle était à Marijoa. La lumière étant capable de faire 300 000 kilomètre par seconde, c'était un pouvoir bien intéressant pour fuir ou pour aller d'une île à une autre.

Elle n'aimait pas spécialement cet endroit, elle avançait d'un pas déterminé, elle voulait régler cette histoire au plus vite !


C'est tout pour le moment.