Je sais, ça fait longtemps.

Trèèès longtemps.

En même temps, ma vie sociale a connu trop de bas depuis quelques mois. Puis j'ai réussi à écrire un roman en quatre mois ... Et je ne conseille cette méthode à personne. C'est absolument atroce, j'en ai perdu l'envie d'écrire quoi que ce soit. Atroce.

Bref!

Me revoilà.

Des fois, je me dis que les personnages que j'utilise devraient se rebeller. Je suis vraiment méchante avec eux! Mouhahaha!

Après avoir relu mes échanges privés, je vois cette fic sous un nouveau jour.
Je tiens à remercier Rowena Cassandra qui a été ma bêta pour le tome 1 du concours. Mais aussi Jude Xue pour m'avoir fait comprendre que je gagnerais en voyant mes fics comme les romans que j'écris. Parce que je l'avoue, je ne relisais jamais les chapitres. Je les écrivais et je publiais dans la foulée. Pour ce chapitre, mon investissement a donc été différent!

J'espère que vous apprécierez.

PS: ce n'est pas coutume chez moi donc je partage avec vous la chanson qui m'a donné l'inspiration pour le titre et le contenu: Exo K – Baby Don't Cry

Chapitre 9

Il fallait vraiment qu'elle parvienne à se calmer. Elle tenta de reprendre son souffle mais la tâche semblait insurmontable compte-tenu de son état psychique. La colère se disputait à la peur dans un maelström de sensations impossibles à gérer. Même l'odeur des vieux canapés, de ses draps propres et les bruits rassurants du manoir Weasley ne parvenaient à l'apaiser. Elle avait l'impression que tout son être allait disparaître dans cette affreuse tempête.

Ses yeux tombèrent sur le second occupant de la chambre. Remus lisait un livre, confortablement installé dans le vieux fauteuil. Elle se demandait ce qu'il faisait là à attendre depuis des heures qu'elle daigne enfin se calmer. Peut-être devrait-elle tout lui dire? Il s'en irait comme ça. Il l'abandonnerait. Comme tous les autres.

Une crise de larmes la reprit, secoua son corps épuisé.

- De quoi as-tu peur? lui demanda-t-il finalement.

Elle se crispa un peu plus. Ses lèvres saignèrent quand elle recommença à les mordiller. L'angoisse la consuma. Remus s'approcha du lit, s'accroupit pour se retrouver à hauteur de ses yeux. Le coeur de la jeune fille se serra. Les larmes brouillèrent légèrement sa vue.

- Pourquoi vous restez?

Même s'ils lisaient ensemble dans la bibliothèque du Square Grimaud, ils ne s'étaient jamais vraiment parlés. Ils ne se connaissaient pas. Il n'avait aucune raison de subir ces heures à l'écouter pleurnicher.

- Franchement? Je n'en sais rien.

Un sourire désabusé se dessina sur les lèvres d'Alira. Remus enchaîna sans lui laisser le temps de commenter sa réponse.

- Ça me fait du mal de te voir si effrayée sans en comprendre la raison.

Le rouge monta aux joues de la brune qui s'emmitoufla un peu plus dans sa couette. Elle était terrifiée, c'était un fait. La colère qu'elle avait contenue chez son frère avait brisé toutes les barrières qu'elle avait savamment érigées depuis son premier rêve. Tout lui avait sauté à la tronche avec une violence inouïe. Elle s'était retrouvée incapable d'en assumer le quart.

- Vous êtes stupide, souffla-t-elle sans oser le regarder.

Un rire cristallin s'éleva. Il s'assit au bord du lit.

Et si tu me disais ce qui t'empêche de te reposer.

Il était vraiment trop perspicace. Elle lui tourna le dos, refusant de se confier sur sa peur incommensurable. Ses mains encerclèrent son crâne douloureux. Elle était effrayé de ce qu'elle avait ressenti dans son dernier songe et de ce qui dormait au fond d'elle. Terrifiée que, tel un papillon, elle était attirée par le danger que cet homme représentait. Apeurée à l'idée qu'une fois que tous ses nouveaux proches sauraient la vérité, ils lui tourneraient le dos. Elle se retrouverait seule.

Encore!

Respirant de grandes goulées d'air, elle accepta la main chaude de Remus dans la sienne. La tempête en elle se calma doucement. Elle pressa ses doigts pour le remercier silencieusement. Attachée à la réalité, ses pensées s'éclaircissaient enfin.


Harry creusait une tranchée. Une petite tranchée. Très petite. Néanmoins suffisante pour pousser Severus à lui ordonner de s'asseoir dans l'un des fauteuils. D'abord, il avait senti un élan rebelle prendre possession de lui. Ensuite, sa raison l'avait poussé au calme. Finalement, il s'était assis sagement bien que crispé.

Alira, sa sœur, avait disparu. Il devait accepter qu'il ne puisse pas sortir, qu'il ne puisse rien faire, qu'il ne puisse rien dire. Mais surtout, il devait accepter les remarques de Molly Weasley, mère de son meilleur ami qui menaçait d'imploser tant il était rouge de gêne.

Le jeune homme avait la sensation que quelqu'un enfonçait un couteau dans son coeur, le ressortait et réitérait un nouveau coup bien plus violent. Plus les heures passaient, plus la douleur menaçait de l'emporter. Ses amis avaient tenté de le laisser seul mais il ne voulait pas de la solitude. S'il restait seul, son esprit voguerait vers des scenarii de plus en plus farfelus jusqu'à ce qu'il perde pieds et fasse une connerie.

Il devait avoir confiance en Rémus. Si ce dernier ne revenait pas, la raison devait être plus que logique. Severus n'avait cessé de le lui répéter. D'ailleurs, ce dernier se tenait patiemment à ses côtés, à déjeuner avec la « populace » alors qu'habituellement, il s'enfermait dans ses appartements. Si ça ce n'était pas une preuve que le sorcier se souciait de lui, Dumbledore était redevenu un vieux fou gâteux. Les jumeaux ne se privaient pas pour charrier leur professeur de potions incroyablement stoïque. Pourtant, lui voyait clairement l'angoisse du sorcier. Son doigt qui tapotait légèrement sa tasse de thé. Sa jambe droite crispée. Ses yeux plus acérés que jamais.

Le coup de couteau lui fit lâcher sa fourchette qui résonna bruyamment contre la faïence. La douleur se propagea dans tous ses membres avant d'exploser sous sa boîte crânienne. Un gémissement lui échappa alors qu'il sentait plus qu'il ne voyait l'agitation autour de lui. Des mains fortes le tirèrent vers l'avant, le pliant en deux. Quelqu'un le tint fermement par l'un de ses bras. Sa vue se troubla peu à peu et bientôt, sa respiration hachée fut le seul bruit qu'il parvint à discerner. La chaleur irradiait par tous ses pores. Des points lumineux éclatèrent sous ses paupières plissées.

Ses mains restaient crispées sur son coeur de peur de voir ce dernier s'échappait de sa cage thoracique. Ce qu'il ressentait était bien pire que le doloris ou l'intrusion de Voldemort par sa cicatrice. Un hurlement lui échappa brusquement, suivit de lourds sanglots. Sa douleur fut à la fois physique et morale. Elle venait de monter doucement, tel un tsunami. Il avait l'impression de l'avoir seulement découverte. Il se recroquevilla sur le sol tandis que de solides mains le maintenaient en place. Il plaqua ses poignets contre sa bouche pour ne plus s'entendre.


Draco écoutait distraitement son père parler avec sa mère. Depuis son réveil, il ne cessait de penser à ses discussions avec ses amis. A chaque fois, il en sortait plus perplexe qu'autre chose. Chaque matin était pire que la veille. Chaque matin, il tentait de se faire à l'idée distillée par ses camarades. Chaque matin, il échouait. Leur théorie paraissait si absurde et à la fois si logique.

Il ne savait pas quoi faire. Ça le terrifiait autant que ça le réconfortait. Ses amis ne se privaient pas de lui claquer qu'il était soulagé d'avoir un frère et une sœur. Qu'au fond, il s'était toujours senti seul. C'était vrai. La solitude l'avait bouffée, l'avait envahie et modelée à sa façon. Alors il s'était créé un masque pour effacer le gamin pathétique effrayé par son ombre, pour affronter le monde derrière ses mimiques hautaines. Mais au fil du temps, il en était venu à espérer que quelqu'un voit derrière ses nombreux masques, sans pour autant se l'avouer. Aujourd'hui, il devait regarder la vérité en face. Chose qu'il n'avait jamais faite de son plein gré.

La tasse en porcelaine lui échappa des mains. Un mal de crâne vrillait ses tempes. Il grimaça en serrant sa tête de ses longs doigts. Un millier d'hippogriffes dansèrent sur sa cervelle.

Une exclamation paniquée de sa mère lui fit relever les yeux. Pourquoi son environnement se teintait-il de rouge? Il vacilla mais réussit à se retenir à la cape de son père debout face à lui. La présence de ce dernier l'exonéra au calme. Il se laissa asseoir sur le divan Louis il ne savait plus combien. Il pleurait, se rendit-il compte en sentant un liquide chaud sur son visage. D'accord, il ne pleurait pas souvent mais sa mère n'avait pas besoin d'afficher une expression aussi choquée. C'était vexant. Il essuya vivement ses joues. Un froncement de sourcils. Ses doigts étaient recouverts d'un liquide épais écarlate.

- Draco, me vois-tu?

Le garçon releva un regard perdu vers son parrain.

- Bien sûr! Est-ce que je pleure du sang? demanda-t-il.

Sa question était simple et pourtant, personne ne lui répondit. Il se tourna à droite et à gauche. Non! Pas de seconde tête. Pourquoi le dévisageaient-ils alors? Il pleurait des larmes de sang mais n'avait mal nul part. C'était plutôt bon signe, selon lui, alors pas besoin d'en faire une montagne. Ça allait passer.

N'empêche... Depuis quand était-il aussi raisonnable? Aucune angoisse particulière. Aucune terreur à l'horizon. Pensif, il laissa sa mère le débarbouiller. Apparemment ses larmes refusaient de s'arrêter de couler. Il s'imagina monter dans le Poudlard Express le visage couvert d'hémoglobine. Oh ben tiens! L'image Malfoy en serait irrémédiablement brisée.

Bah! Après tout, ça ne lui faisait ni chaud ni froid.

A y regarder de plus près, il ne ressentait plus grand chose à part un profond ennui.

- Parrain! Je ne ressens rien.

Le potionniste le dévisagea, perplexe.

- Comment ça? Tu n'as mal nulle part?

- Oui, aussi, répondit Draco, mais c'est pire. Je ne ressens rien. A l'intérieur, c'est vide.

Il porta une main à sa poitrine, là où son coeur battait. Là où rien ne se passait. Son parrain fronça ses fins sourcils noirs. Son nez crochu se plissa légèrement.

Draco ferma ses yeux, perplexe. Un bruit diffus lui arrivait aux oreilles. Ses parents et son parrain continuaient de parler entre eux. Son père commençait à s'énerver. Le bruit s'intensifia.

Des pleures?

Il soupira en s'allongeant, les bras sur son visage. La peine explosa sous son crâne. Un sentiment appartenant à quelqu'un d'autre. A d'autres. Il s'approcha de la source du bruit. Une main se posa sur son épaule droite.

- Ça fait parfois cet effet quand le lien se met en place, chuchota son grand-père.

Draco se tourna pour découvrir un mur séparant les jumeaux. Alira pleurait, la tête entre ses genoux serrés. Valérien hurlait à s'en briser les cordes vocales, frappant de toutes ses forces les briques indestructibles. Et lui se trouvait au milieu de ce spectacle désolant.

- Que se passe-t-il?

Alerian se plaça à sa droite. Draco pouvait sentir son désarrois.

- Ta sœur s'est enfuie quelque part où les barrières magiques empêchent l'intrusion de Valérien.

Le jeune homme fronça les sourcils. Il fixa son ancêtre, incertain.

- Elle sait bien plus de choses que ton frère. Elle tente de le tenir à distance de ces connaissances.

- Pourquoi?

- Tout comme tu refuses d'accepter la réalité.

Ha! Sa sœur rejetait en bloc une évidence frappante mais qui changerait irrémédiablement son existence. Draco s'approcha de la forme en boule. Où était passée la jeune fille pleine d'entrain, souriante et amusante avec laquelle il adorait converser en rêve? Draco s'agenouilla devant elle, lui caressa doucement les mains. Constatant qu'elle ne réagissait pas plus que cela, Draco l'attira dans son giron. Un soulagement le saisit quand elle accepta l'étreinte réconfortante. Plus que jamais elle avait besoin de douceur, de tendresse avant...

- Alira, souffla-t-il doucement à son oreille. Reviens!

Elle secoua faiblement la tête négativement. Il la sentit poser son visage dans son cou, la cachant à ses yeux. Des tremblements la parcoururent.

- Il faut que tu reviennes, assura-t-il.

- Pourquoi faire?

- Parce que Val se tue derrière les murs de ton esprit. Parce que demain on entre à l'école...

- Parce que tu vas me rejeter? Le coupa-t-elle. Parce que VOUS allez me rejeter?

Draco fronça les sourcils en jetant un coup d'œil sceptique vers Alerian qui tentait de calmer l'autre garçon. Le ton de la voix de la jeune femme lui tira une grimace. Il était déchirant. Rempli de douleur, de peur.

Il pouvait l'entendre hurler « j'ai peur! Tellement peur! ». Ces cris qu'il poussait en silence depuis des jours.

- Je ne te rejetterai pas.

- Tu ne sais même pas qui on est, ricana-t-elle en se décalant de lui.

Draco devait prendre son courage à deux mains. Il devait arrêter de tourner en rond pour éviter l'inévitable. Il le sentait dans ses mains qu'il serra plus fort comme par peur de la voir disparaître. A force de vivre dans les ténèbres, il avait oublié qu'il y avait autre chose que la haine, les regrets et la mort à la clé. Il avait oublié l'amour, les liens affectifs, la confiance. Croire en quelqu'un d'autre. Ne plus projeter ses propres défauts sur les autres.

- Harry a besoin de toi, murmura-t-il. J'ai besoin de toi. Et je me moque de savoir ce que tu caches. Lui aussi. On attendra le moment où tu voudras tout nous dire. Promis.

Instinctivement, il entoura de ses bras la jeune femme alors que le mur de ses pensés explosaient autour d'eux. Soulagé, il la garda, néanmoins, contre lui. Sa chaleur embaumait son coeur froid, le réchauffait. De légers picotements agréables remontaient de sa poitrine pour se déverser dans tout son corps.

Draco regarda son frère s'avancer. Pour la première fois depuis leur rencontre, Valérien avait gardé son apparence extérieure. La fausse. Ce passé qu'ils avaient partagé d'une manière ou d'une autre ressurgit dans sa mémoire. Il ne le détestait pas, contrairement à ce qu'il avait pu lui dire tant de fois. Vraiment pas. Valérien... Harry avait fait ce qu'il croyait être le bien. Il avait protégé du mieux qu'il le pouvait les personnes qui lui étaient chères. Il était resté juste à sa manière quelles que soient les circonstances. Draco ne pouvait pas détester quelqu'un qui se battait pour ses convictions. Pourtant, il lui avait montré cette haine. Parce qu'il n'avait pas pu agir autrement. Face à ce qu'il aurait dû faire et dire, face à cette justice consciencieuse, il s'était senti désarmé. Perdu. Et insulté. Pourquoi lui, l'aristocrate couvert d'argents, ne pouvait-il pas posséder cette image de « héros du bien »? Pourquoi l'avait-on placé dans la case « mauvais » dès qu'il avait vu le jour? Ce n'était pas juste! On l'avait jugé avant même qu'il ne sache parler. On l'avait façonné à l'image qu'on attendait de lui. Ce garçon « héroïque » aussi. Alors pourquoi le vivait-il mieux que lui? Pourquoi n'en éprouvait-il aucune gêne? Il se pavanait, sûr de ses droits, de son existence. Draco ne le détestait pas. Il le jalousait. Il jalousait cette justice qui entourait ce héros alors que lui sombrait dans les ténèbres.

La fatalité le bouffait depuis sa naissance.

- Tu culpabilises à l'avance de ce que tu ressens, lâcha Alerian. Vous culpabilisez tous de vos préjugés.

Le trio se regarda, incertain. Alira essuya ses joues et ses yeux rouges. Harry prit sa main libre doucement. Il fixa Draco qui put constater les doutes qui habitaient son ... frère. Il posa, à son tour, l'une de ses mains sur les leurs.

- Je m'en veux, c'est vrai, affirma-t-il. Je ne sais pas comment agir, que dire, quoi faire.

- C'est la même chose pour les jumeaux, Draco.

Les garçons regardèrent leur sœur, rougissante, les yeux baissés de honte.

- On a promis de ne pas te questionner, ne t'inquiète pas.

Harry ne se souvenait pas avoir fait une telle promesse mais la peine de sa sœur l'empêcha de contredire le blond à ses côtés. Son air perdu, honteux et coupable lui arrachait le coeur.

Draco remarqua que l'aura de son aîné était calme, et sa présence apaisante. A sa plus grande surprise. Bon! Il n'irait pas jusqu'à mettre sa tête sur son épaule mais il n'avait aucune envie de l'agresser ni de fuir. C'était déjà bien!

- C'est à cause de toute cette histoire que je me suis mis à saigner des yeux? demanda-t-il à son grand-père.

Alerian se posa à leurs côtés.

- Quand les jumeaux ne peuvent communiquer entre eux, leur lien se mêle en toi pour faire passerelle. La puissance des jumeaux est telle qu'elle a besoin d'un canalisateur quand elle est bloquée comme tu as pu le voir en arrivant.

Le mur...

- Dans une situation familiale normale, les jumeaux n'auraient pas eu besoin de se servir de toi... bien que je pense que si vu la vitesse à laquelle tu as été conçu, rigola leur grand-père. Bref! Tu es primordial aux jumeaux, Draco.

Étrangement, cette explications satisfit et calma les angoisses du jeune homme. Son besoin de reconnaissance ne s'évaporerait pas juste parce qu'il avait conscience de son existence.

- Il faudra qu'on garde le secret, les surprit la voix basse d'Alira.

- C'est vrai, acquiesça Alerian. Pour le moment, il faut garder tout cela pour vous. Mais je compte sur vous pour préparer le terrain chacun de votre côté.

Alerian jeta un coup d'oeil derrière lui. Il se leva, épousseta sa robe et sourit.

- Tout ira bien.

Et il les laissa là. Petit à petit, le rêve s'étiola. Draco vit leurs mains se séparer. Il ouvrit les yeux sur le plafond du salon familiale.

- Mon chéri... Draco... Comment te sens-tu?

Il se releva doucement. Courbaturé de partout, les hippogriffes l'avaient réellement piétiné. Severus l'ausculta longuement. Il n'avait rien de spéciale. Ses yeux étaient secs, sa peau plus colorée, ses tremblements disparus. Tout allait bien.

Il sourit faiblement.

- Ne vous inquiétez pas. Tout va bien. Il y a juste eu un soucis avec les jumeaux, expliqua-t-il.

- Comment cela? S'étonna Lucius qui lui tendit un verre d'eau.

Draco mit quelques secondes avant de se saisir du verre, surpris par le geste de son père.

- Alira a eu peur qu'on la rejette définitivement. Je n'ai pas tout compris, j'avoue. Mais je pense qu'on a réussi à la rassurer.

Ses parents se regardèrent. Draco pu déceler dans leurs yeux de la souffrance, de l'insécurité, de la peur.

- Ca va, je vous assure, certifia-t-il.

- Pourquoi... commença sa mère, les mains jointes dans son giron avant de changer de sujet. Tu les aides alors?

Draco hocha la tête positivement.

- Bien! Ils ne sont pas seuls alors. C'est très bien, soupira-t-elle.

Le jeune homme regarda sa mère sortir de la pièce, les épaules voutées, la peine coulant à flot de son corps. Son père s'avança pour reprendre le verre vide et le poser sur la table.

- Je suppose que la situation est critique s'ils refusent de nous voir.

- Très.

Lucius poussa un soupir peu discret.

- Fais attention à toi, Draco.

Draco avait l'impression de vivre en plein rêve ou cauchemar.


Alira se réveilla et sourit en voyant son frère devant elle. Il grimpa sur le lit et la serra contre lui comme si sa vie en dépendait. Ce qui était peut-être le cas. Elle se serra étroitement contre son jumeau. Elle n'était pas prête. Si fatiguée. Terrifiée aussi malgré toutes ses belles paroles. Ils ne tiendrait pas longtemps avant de céder à la folie. Sentant Harry se reculer, elle raffermit sa prise, tentant de masquer aussi bien ses sanglots que ses tremblements. Elle avait peur d'être à nouveau seule … Il lui demanda ce qu'elle avait. Elle secoua la tête un peu plus fortement. Elle ne pouvait parler. Les mots restaient bloqués dans sa gorge. Elle avait cette impression étrange que le monde entier était contre elle. Bientôt, elle serait abandonnée pour de bon …

Harry ne savait plus que penser. Il ne parvenait pas à la calmer, il sentait son angoisse, sa trouille aveuglante. Il ne comprenait pas d'où venait ce sentiment. Alors il resta à ses côtés, tentant d'apaiser toutes ces émotions ténébreuses.

- Je ne t'abandonnerai pas, lâcha-t-il quand il ressentit une émotion qu'il parvint enfin à traduire avec des mots.

Alira se tendit dans son étreinte.

- Je te jure que je ne t'abandonnerai pas, insista-t-il.

Elle avait peur d'être seule. Lui aussi. Il n'avait jamais connu que des pertes, des trahisons. L'envie de famille était plus grande que tout.

- Quand bien même serais-tu amoureuse de Voldy, conclut-il.

La jeune femme le dévisagea, les yeux mouillés. Il plongea ses yeux verts dans les siens.

- Je le jure. Sur tout ce que j'ai de plus cher.

Alira soupira, posa son front contre son épaule, plus détendue. Remus sourit à son protégé. L'atmosphère s'allégeait enfin. Il rejoignit Severus hors de la chambre.

A suivre...

Non, on ne tue pas l'auteur!