SHARP TASTE
Rating : M, pour le flash-back.
Résumé rapide : UA : Lavi Bookman mène une vie ordinaire à Santa Maria, une petite ville de Californie. Mais quand un beau japonais débarque de nulle part, son passé le rattrape. Yaoi. Lucky ; Yuvi ; LinkAllen ; CrossOC et autres
Donc, c'est un UA (ou AU, je confond tout le temps) situé au États-unis, en Californie, en 2001, bien avant le 11 Septembre.
Deux chapitres pour le prix d'un, pour cause de vacances :
AUCUN PUBLICATION PENDANT 2 SEMAINES.
Et hop, deux OC de plus. Le premier ne sert pas à grand-chose, mais retenez bien le deuxième.
Chapitre 10
19 Juin 1995
Los Angeles
South Central
08:30 a.m.
Allen Walker serra entre ses doigts d'enfant les petits sachets en plastique. Chacun contenait une dose de cinq grammes d'héroïne, au prix de soixante quinze dollars. Il n'aurait pas su dire si c'était cher ou bon marché, il se contenait de suivre les ordres de Ka et en général, il s'en tirait avec suffisamment de fric pour tenir le mois. Mais quand il n'arrivait pas à écouler tout le stock, Ka le rouait de coups avec un tel acharnement qu'il en pleurait de douleur.
ça avait été le cas cette semaine.
Allen faisait de son mieux pour marcher normalement. Le dealer lui avait brisé la cheville et de multiples hématomes s'étalaient sur son torse et ses bras. Il ne touchait jamais au visage, de crainte que les clients passent leur chemin. Le garçon était beau comme un ange et cela faisait parti des avantages pour la vente.
Il s'adossa au mur et attendit. Le jour se levait tôt et le soleil commençait à chauffer. Les junkies ne tarderaient pas à sortir de leurs planques. Il ne se trompait pas. Le premier client remontait la rue, traînant difficilement sa jambe et pestant entre ses dents. Grand, brun et torse nu, il était d'une maigreur quasi surnaturelle. Il cracha sur le sol et s'arrêta devant Allen.
Son visage émacié et sa barbe de trois jours témoignaient de son dénuement. Mais qui était-il pour le juger ? Abandonné par ses parents, brûlé à l'acide par une bande de gosses de la rue à l'âge de six ans, recueilli par une prostituée italienne puis condamné à dealer pour le compte d'un détraqué, il n'avait connu que le sang et la peur. Il chassa ses pensées et frissonna quand le junkie baissa sur lui ses yeux exorbités.
-Combien ? croassa-t-il d'une voix rocailleuse.
Son torse portait les séquelles de nombreuses bagarres et sa jambe invalide était maigre et tordue.
-Héro. Soixante quinze pour cinq grammes.
Il cracha à nouveau, sur le mur cette fois, à quelques centimètres du visage d'Allen.
-J'te parlais pas de ça, gueule d'ange.
Allen détourna le regard. La beauté ne faisait pas toujours parti des avantages.
-Même pas en rêve, monsieur, dit-il en se souvenant des paroles de Ka sur la politesse.
Il ricana.
-Monsieur ? Nom d'une seringue, ça fait des pigs qu'on m'a appelé monsieur !
-Bon. Vous achetez ou pas ?
-Ouais. File moi dix grammes.
-Cent cinquante dollars. On paye avant.
Le junkie s'exécuta sans faire d'histoires. Il tâta les poches de son jean et sourit de toutes ses dents jaunies. Plongeant la main dans son caleçon, il en sortit une liasse de billets qu'il compta sous les yeux d'Allen. Le garçon serra les dents et prit l'argent du bout des doigts.
-La came, gueule d'ange.
Il posa deux sachets dans sa grande main tremblante et, tentant de s'écarter par précautions, se retrouva acculé au mur.
-Attends, p'tit. J'vais te montrer un truc marrant.
Il baissa son jean et son caleçon et fixa le garçon du regard. Un peu de bave coula le long de son menton et il ricana. Son sexe se dressa fièrement et Allen détourna les yeux, cherchant en vain une aide quelconque. Mais la rue était déserte et sa cheville lui faisait trop mal pour courir.
-Hey, gueule d'ange, appela le junkie en ouvrant le sachet.
Le garçon se força à regarder et fit de son mieux pour garder son calme. Le junkie déposa soigneusement les quelques grammes d'héroïne sur son sexe en érection.
-Viens, mon mignon, viens goûter au septième ciel…
Allen déglutit difficilement et sursauta en sentant une présence à sa droite. Il se retourna vivement et tomba nez à nez avec un adolescent adossé nonchalamment au mur.
-Salut, gamin.
L'inconnu se redressa et alla se planter en face du junkie.
-Pouah, c'est dégueulasse ! Franchement, mec, gâcher une aussi bonne came…
Il esquissa un sourire moqueur.
-…C'est un putain de crime.
-T'es qui ? balbutia le junkie en clignant des yeux.
Son sexe retomba brusquement et il se pencha sur le sol, complètement paniqué.
-Ma dose ! Oh non, ma dose !
Allen crut un moment qu'il allait lécher le bitume. Il jeta un coup d'œil à l'adolescent, qui semblait calme et détendu, comme si tout ça l'amusait. Il était plus grand que lui d'au moins un tête et devait avoir entre douze et quinze ans.
-C'est quoi ton nom, minable ?
Mais le junkie ne l'entendait pas, trop occupé à pleurnicher.
-Bon, tant pis.
L'adolescent eut un haussement d'épaules dédaigneux et agrippa les cheveux du junkie avant de lui flanquer un coup de pied dans le ventre. Il se plia en deux et haleta. Il lui colla une gifle, puis deux et le força à lever les yeux vers lui.
-Ta sale gueule va gâcher ma journée, tu sais ?
Le junkie marmonna quelque chose d'inaudible entre ses dents et cria quand le rouquin écrasa sa main avec son pied. Il lui flanqua une dizaine de coups de pied dans l'estomac et cracha sur son corps recroquevillé. Le froc sur les chevilles, tordu par la douleur et gémissant comme un animal blessé, il venait de perdre les dernières brides d'honneur qui lui restaient.
L'adolescent s'approcha prudemment du garçon assis contre le mur, les jambes ramenées contre sa poitrine et le visage enfoui dans ses bras tremblants.
-Petit ? Est-ce que ça va ? demanda-t-il d'un ton doux.
L'enfant ne bougea pas.
-Bah, c'est pas mes oignons.
Il releva la tête et les larmes qu'il refoulait coulèrent le long de ses joues.
-T'es qui ?
-Un dealer, comme toi. Je m'appelle Lavi et j'ai treize ans. Et toi ?
-Allen, Allen Walker, bredouilla-t-il. Je…
-Chut, ça fait rien. C'est fini, maintenant. Tu vis où ? Tu veux que je te ramène chez toi ?
Allen dévisagea l'inconnu. Son œil droit était caché par un bandeau noir, à la manière d'un pirate. L'autre, valide et pétillant, était d'un vert émeraude d'une beauté à couper le souffle.
-Merci, parvint-il à articuler.
-Tu n'as pas besoin de me remercier, Allen.
Il prononçait son prénom avec douceur et gentillesse. Mais il sentait des blessures encore vives derrière ce masque de sympathie. La violence avec laquelle il avait tabassé le junkie lui laissait croire qu'il appartenait au même monde.
-Tu es un fils… Un fils de la rue ?
-Ouais, répondit-il fièrement. Toi aussi, nan ?
Il hocha la tête.
-Tu es si jeune…
Lavi essuya prudemment ses larmes du bout des doigts et sourit.
-Tu bosses pour qui ?
-Ka.
-Houlà. T'es tombé sur le pire dealer de toute la côte. Un vrai détraqué, ce type.
-Je sais.
-Mon patron l'appelle cas social.
Le garçon pouffa.
-C'est qui ?
-Mon patron ? Marian Cross, le Beau Mec.
-Le Beau Mec ?
-Lui-même. D'ailleurs, il cherche un dealer pour me filer un coup de main. Ça te tente ?
29 Janvier 2001
Santa Barbara
Shoreline Dr
04:00 a.m.
Le lampadaire le plus proche était trop loin pour éclairer la rue toute entière et cela commençait à inquiéter Kanda. Middle-of-the-road lui avait demandé de venir pour trois heures, mais le japonais ne la voyait toujours pas. Le parking était presque vide et aucune de trois voitures garées là ne correspondait à la sienne. Il s'étira et fit quelques pas pour se réchauffer. Il faisait toujours nuit et le temps était froid et humide.
Assis en tailleurs à côté de la moto, Lavi luttait contre le sommeil. Il regarda Kanda s'approcher en soupirant et passa une main dans ses cheveux. Le japonais n'avait posé aucune question particulière quand il l'avait rejoint dans le hall de l'immeuble, son unique œil rougi par les larmes et des traces de doigts sur la joue, et lui en était reconnaissant.
Il n'avait pas envie de parler de ça.
-Putain, mais elle fout quoi, grogna-t-il en s'asseyant à ses côtés. Elle a intérêt à baisser son prix.
-Tu vas la payer avec quel argent ?
-J'ai de quoi, t'inquiète.
-Je te rembourserai.
-Hors de question. C'est à moi de te protéger, et Komui s'en occupera sûrement.
-D'accord. Elle ressemble à quoi, Middle-of-the-road ?
-Maigre, pâle, blonde, yeux… heu, bleus, je crois. Et elle doit faire à peu près ta taille.
-Elle est jolie ?
Kanda arqua un sourcil.
-Je sais pas.
-Comment ça tu sais pas ? Tu l'as déjà rencontré, ou c'est quelqu'un d'autre qui te l'a décrit ?
-J'ai bossé avec pas mal de fois.
-Tu devrais le savoir, alors.
-Je n'ai pas fait attention, marmonna-t-il. Puis je vois en quoi ça change quelque chose.
Il haussa les épaules.
-Oh, rien. Je suis curieux, c'est tout.
Ils se turent et le silence devint très vite embarrassant.
Lavi cherchait quelque chose à dire quand le bruit d'un coup de feu vrilla l'air. Il se leva, imité par Kanda, et empoigna son Beretta. Une fusillade éclata. Les bruits se rapprochèrent d'eux, mêlés aux grondements des moteurs et aux crissements de pneus sur le bitume. Une première voiture passa en trombe à quelques mètres d'eux et pila net. C'était une Buick Century blanche de la fin des années quatre-vingt dix.
La portière avant s'ouvrit.
-Montez, les gars ! cria une voix féminine.
-C'est Middle. Vas-y, Lavi.
-Hein ? Et toi ? demanda-t-il en le voyant sortir le Colt et son Tokarev du sac de sport.
-Je vous rejoins plus tard. Dis-lui d'aller à la planque du Tricheur. Komui l'a prévenu.
Les Noah, car c'était sûrement eux, se rapprochèrent encore. Ils ne devaient plus être bien loin, maintenant.
-Tu es tout seul et ils sont au moins-
-Je sais ce que je risque, coupa-t-il. Fais-moi confiance.
Lavi hocha la tête. Il chercha quelque chose à dire, ne trouva rien et monta dans la Buick. Il venait à peine de fermer la portière que la voiture reprenait sa course comme si de rien n'était.
-Attache ta ceinture.
Lavi s'exécuta aussitôt et ne le regretta pas. Middle braqua au dernier moment et la voiture frôla le mur d'une maison. Elle accéléra.
-Tu dois être celui que Kanda protège, dit-elle sans lâcher la route des yeux.
Il se tourna vers elle et esquissa un sourire. Elle était jolie. C'était d'une évidence si évidente qu'il ne put s'empêcher de penser que le japonais avait menti. Ses cheveux blonds étaient aussi courts que ceux de Chomesuke le jour de leur rencontre. Ils mettaient en valeur son visage aux pommettes saillantes et ses yeux bleus.
Néanmoins, la beauté froide qui se dégageait d'elle lui donnait un quelque chose d'inaccessible et d'agaçant.
Elle donna un violent coup de volant et tendit une main au rouquin.
-Enchanté.
-Moi de même. Middle-of-the-road, c'est bien ça ? dit-il en serrant sa main ganté de cuir noir.
-Je déteste ce surnom.
Lavi s'attendait à ce qu'elle lui demande de l'appeler autrement, mais elle n'en fit rien. Elle reposa sa main sur le volant.
-Heu, Kanda a parlé d'une planque. Celle du Tricheur.
Elle acquiesça vaguement.
-Qui est ce Tricheur ?
-Une connaissance de Kanda, répondit-elle simplement avant de se murer à nouveau dans son silence.
Lavi retint un soupir et espéra que la route n'allait pas être trop longue.
Santa Barbara
Independant Street
04:30 a.m.
Il faisait toujours nuit quand Kanda parvint à semer les hommes des Noah. La Kawa avait mangé quelques balles mais elle roulait, ce qui constituait son seul avantage. Le Tokarev et le Colt étaient vides et il n'avait plus de munitions. Il mit son casque, enfourcha la moto et prit la direction de Bakersfield. Il fit mentalement les comptes.
Les Noah avaient dépêché trois voitures, avec une dizaine d'hommes relativement bien armés qui ne connaissaient visiblement pas la ville. Il en avait descendu la moitié et l'autre s'était perdue. La famille tenait à récupérer Lavi, mais elle avait prévu le raid à la va-vite. Resté à savoir qui avait balancé. Une connaissance de Middle, sûrement. Cependant, la jeune femme était une vraie pro, et Kanda l'imaginait mal fanfaronner.
Peu importait. Avec elle, Lavi était en sécurité, et c'était le plus important. Lui, en revanche, c'était une autre histoire. Il s'était pris deux balles dans le bras et sa plaie recousue au poignet le tiraillait à nouveau. Komui avait intérêt à raquer, cette fois. Il prit l'autoroute et vida son esprit de toutes les pensées parasites qui l'assaillaient.
Bakersfield
Matthieu Café
07:00 a.m.
Le café était fermé depuis une dizaine d'années et les anciens clients avaient, depuis longtemps, oublié son existence. Cela ne dérangeait pas les propriétaires. Ils n'étaient en rien intéressé par le commerce, et avaient acheté la boutique pour son emplacement et son prix défiant toute concurrence. L'endroit était agréable, quoiqu'un peu petit. Ils avaient meublé le premier étage pour y vivre et la salle et le bar par plaisir.
Ils aimaient traîner dans le restaurant désert aux allures de boutique fantôme, la radio branchée sur une station locale où on diffusait de vieux morceaux de rock et une douce odeur de café flottant dans l'air.
La boutique n'était pas à leurs noms, mais à celui d'un ami qui avait été ravi de les aider. Le plus jeune résidant avait à peine seize ans et l'autre vingt. Ce matin-là, ils dormaient tous les deux d'un sommeil de plomb, vautrés sur le matelas de la salle principale qu'ils avaient jeté là pour rester au plus près de la radio et du frigo. La tête enfouie dans l'oreiller et le bras de son amant autour de sa taille, Allen rêvait d'un clafoutis aux cerises.
Il était petit et maigre pour son âge, malgré sa fâcheuse tendance à engloutir d'impressionnantes quantités de nourriture à n'importe quelle heure de la journée comme de la nuit. Ses cheveux blancs et ses grands yeux gris cendre lui donnaient un quelque chose d'exotique et de charmant. La cicatrice qui barrait sa joue ne gâchait en rien sa beauté juvénile et quasi angélique.
Il sursauta dans son sommeil et ouvrit brusquement les yeux. Il retrouva rapidement ses repères, se leva en prenant soin de ne pas réveiller son amant et rougit en se souvenant qu'il était complètement nu. Il enfila son jean et sa chemise sans la boutonner et tâta l'intérieur du comptoir en quête de son Colt 45. Il le prit, le soupesa et retira la sécurité. Il s'habitua à la pénombre et déverrouilla la porte de derrière.
-C'est toi, moyashi ?
Allen poussa un soupir de soulagement et, sans baisser son arme, ouvrit la porte. Kanda était là, son visage éclairé par la lumière des lampadaires de la rue.
-Je te réveille ? demanda-t-il en esquissant un sourire narquois.
-Oui, connard. Mais je me console en me disant que tu me dois trois cent dollars.
-C'était pas deux cent la dernière fois ?
-Qu'est-ce que tu crois ? La vie est dure pour tout le monde, lança-t-il avant de s'écarter pour le laisser passer.
Il verrouilla la porte derrière-lui et remit la sécurité de son Colt avant de le glisser à sa ceinture. Kanda se laissa tomber sur une banquette et retira son manteau.
-Au fait, merci de m'avoir abandonné comme une merde à Santa Maria.
-De rien, répliqua-t-il en allumant la petite lampe sur le comptoir.
-Les Noah veulent ma peau à cause de toi.
-Ravi de l'apprendre. Tu as d'autres bonnes nouvelles de ce genre pour égayer ma journée ?
-Ouais. Je vais te massacrer, sale gosse.
-Ah oui ? Tu te crois meilleur que moi, peut-être ? cracha-t-il en haussant le ton.
-Je ne le crois pas. Je le suis, nuance.
-Tu vas-
-Vos gueules, vous deux ! cria une troisième voix.
-…
-…
Link se redressa difficilement sur le matelas. Il passa une main dans ses longs cheveux blonds et soupira. Il lança un bref regard à Kanda avant de bâiller et de se recoucher.
-Heu… Link ?
-Je me fous royalement de vos affaires, Allen. Alors t'es mignon, vas t'engueuler avec l'autre crétin le plus loin possible de moi.
-Désolé de t'avoir réveillé, s'excusa-t-il en montant au premier étage suivi du japonais.
Il le conduit jusqu'à la salle de bains et lui ordonna de s'asseoir sur le bord de la baignoire. Il croisa le regard noir du jeune homme et s'exécuta sans protester. Allen pouvait se monter très convaincant quand il était énervé, ce qui, Dieu merci, n'arrivait que rarement.
-Montre-moi tes blessures.
-Comment tu… ?
-Je ne suis pas le roi des débiles, Bakanda. Je te connais, tu passes ton temps à risquer ta vie pour des futilités.
-Ce sont pas des futilités, répliqua-t-il aussitôt en pensant au rouquin.
-Bon.
Allen examina rapidement son bras et désinfecta les plaies qui commençaient à cicatriser.
-Raconte, moyashi. C'est Komui qui t'a demandé de retourner à Bakersfield ?
-Oui, avoua-t-il enfin. Il m'a dit que tu étais un grand garçon.
-Tu es rentré comment ?
-Link est venu me chercher, il était à Atacedaro. Heu, Atescado… ou Atasce-
-C'est bon, j'ai compris le message. Et la Honda ? Qu'est-ce que t'en a fais ?
-…Elle t'attend à Santa Maria, cette brave petite.
-Génial.
-Hé, t'es marrant, toi ! C'était trop risqué d'y retourner, et puis j'avais le bras en compote…
-Quoi ?
-Bah oui, Skin a pas trop apprécié que je te sauve la vie. Encore heureux que j'ai réussi à m'enfuir sans blesser les Noah.
-Ok, tu mérites tes deux cent cinquante dollars, céda-t-il finalement.
-Trois cent, mon p'tit Yuu. N'essaie pas de jouer au plus véreux avec moi, tu vas perdre.
-Très bien, très bien. Mais ne m'appelle plus jamais comme ça.
Allen amorça un sourire et banda soigneusement ses blessures. Il préférait se crever les yeux avec une fourchette plutôt que l'avouer, mais le japonais lui avait bougrement manqué.
-Alors comme ça, les Noah ont lancé un contrat à ton nom ? Pourquoi ?
-Longue histoire.
-Et le job que t'a refilé Komui ? C'était quoi ?
-Il ne t'en a pas parlé ?
-Non.
-Décidément, il est bizarre, en ce moment.
-C'est pas nouveau. Il est tout le temps bizarre, remarqua-t-il.
-Certes. Komui voulait que je surveille quelqu'un.
-Quelle précision.
-De toute façon, il ne devrait plus tarder. Il est avec Middle-of-the-road.
-Sérieux ? Tu as engagé Middle rien que pour lui – je te vois mal compter sur quelqu'un ?
-Heu, c'est le chef Lee qui me l'a proposé…
-Il doit être important pour les Exorcistes, donc. Ce qui signifie que… Link et moi devons faire de notre mieux pour vous aider.
-Tu comptes rogner sur mon salaire, moyashi ?
-Pourquoi pas, répondit-il avec un sourire angélique.
Note :
Quand même, je suis cruelle avec Allen. Pauvre chou.
Le nom du Matthieu Café vient de l'apôtre, évidemment.
