Voila la suite !! J'espère qu'elle vous plaira autant ! Merci pour tous vos commentaires ! Rien de tel pour motiver !!! Merci beaucoup !!! Gracias

Dans un autre coin de la ville, près d'une heure plus tard, Charlie posa son regard sur Liz. La jeune femme s'était finalement endormie sur le canapé. Priant pour ne pas la réveiller, Charlie se leva et étendit les jambes de son amie. Précautionneusement, il l'installa plus confortablement et plaça une couverture sur son corps mutilé. Il se pencha vers son visage et, tel un frère protecteur, il repoussa une mèche de cheveux barrant ses yeux :

« Dors bien, Lizzie. »

La porte d'entrée s'ouvrit doucement et Megan passa timidement le seuil de l'appartement. Charlie lui fit signe d'approcher en silence :

« Elle vient de s'endormir. »

Megan hocha tristement la tête et observa le visage de son amie, elle semblait dormir paisiblement. Pour le moment, tout au moins…

« Je prends le relais, Charlie. Rentre chez toi. »

Charlie rassembla distraitement ses affaires, son regard ne cessait de revenir sur Liz. Dans un éclair aussi soudain qu'imprévu, le jeune mathématicien vit Amita, allongée sur ce canapé, blessée bien plus gravement dans son âme que son corps ne pouvait le laisser paraître. Charlie se redressa subitement, Amita lui manquait énormément. Ils n'avaient pas eu une véritable conversation depuis des jours. Il voulait à nouveau la tenir dans ses bras, l'embrasser, lui murmurer des mots doux. Il avait plus que jamais besoin de sa présence, de son regard, de son sourire… Tout ce qui faisait d'elle son autre moitié. Il s'arracha de ses pensées et s'adressa à Megan :

« N'hésite pas à m'appeler. Veille bien sur elle… »

Megan le rassura d'un regard et le raccompagna vers la porte de sortie. Charlie regarda une dernière fois Liz puis glissa ces derniers mots à Megan :

« Bonne nuit »

« Merci, à toi aussi… »murmura t'elle.

La porte se referma et Megan s'installa en face de son amie après avoir avalé un verre d'eau. Ses paupières se fermèrent de plus en plus longtemps et elle songea que ce n'était pas le meilleur endroit pour passer une nuit confortable mais, paradoxalement, c'était le seul endroit où elle accepterait de s'endormir. Alors que la plus grande partie de la ville profitait déjà de ces quelques heures de repos volées, Megan se laissait emporter par la douce torpeur qui entourait la pièce…

Elle se réveilla chaque fois qu'elle sentait Liz remuer, calmant ses cauchemars, entourant ses cours moments de répit d'une aura bienveillante. Peu à peu, les mauvais rêves s'espacèrent ; Liz respirait plus sereinement. A mi-chemin entre le jour et la nuit, les deux jeunes femmes retrouvèrent le calme du sommeil.

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Le lendemain matin se fut le levé du soleil qui chatouilla les paupières de l'agent Warner. Les premières images qui atteignirent ses yeux furent aussi belles et douces que le levé du soleil en lui-même : un oiseau sur une branche.

Inconscient des horreurs humaines, des erreurs d'une vie. Après cette contemplation, la jeune femme décida qu'il était peut être temps pour elle de reprendre les reines de sa vie… Elle se leva et, d'un petit pas, entreprit de préparer le petit déjeuner. Tout en hottant la couverture, Liz aperçut Megan, celle-ci avait prit place dans le canapé et avait remplacé Charlie. Un faible sourire dessina les lèvres de la jeune femme, un regret dans le cœur.

Délicatement, elle s'installa dans la cuisine et prépara le café, prépara des gaufres et lentement ne pensa plus…

L'odeur des gaufres chaudes réveilla petit à petit la profileuse qui se trouvait dans le salon. Le bruit d'une matinée paisible la rassura malgré tout :

« Liz ? »

Megan se leva, s'étira après une nuit passée, entassée dans un canapé d'une place et avança jusque l'embrasure de la porte :

« Bonjour. » lui dit la plus jeune des femmes présentes tout en plaçant le plat de gaufres au centre de la table.

« Bonjour. »

Enigmatiquement, celle-ci sentit que Liz voulait lui demander quelque chose. Attendant le verdict, elle s'installa devant l'une des deux assiettes et patienta.

« J'espère que tu as faim. »

Liz regarda son amie et sentit que ses paroles sonnaient fausses, ne voulant pas attendre plus longtemps, elle prit place en face de Megan et après quelques secondes la regarda avec toute la volonté qu'elle pouvait encore faire preuve en ce moment :

« Megan je voulais te demander… »

« Il en est hors de question. »

Liz baissa la tête, elle souffla et se redressa. Megan se tenait droite et aucune autre explication ne semblait avoir d'importance à ses yeux :

« Je me sens prête, je vais mieux, je peux travailler. » insista Liz.

« Ca ne fait que deux jours ! »

Megan saisit la main de la jeune femme et la força à la regarder. Elle détestait la voir aussi déterminée et en même temps si fragile :

« Cette nuit tu as encore fait des cauchemars… »

« Je ferais toujours des cauchemars mais rester enfermée, avec vous qui veillez sur moi, je… »

« Et les coups ? »

« Quoi ? »

« Les coups sur ton visage, tes bras, les autres agents, Don… »

« J'inventerais. »

« Et il ne te croira pas… »

Liz supplia son amie du regard mais cela n'eût aucun effet. Alors elle attaqua difficilement sur un autre terrain :

« Comment va-t-il ? Je veux dire… Don. »

« Bien… »

La réponse aussi courte que précise imprima sur le visage de Liz une inquiétude supplémentaire. De son côté, Megan sentit une boule se former dans le creux de son estomac. Une sensation imprévisible d'un saut dans le vide.

« Il ne sait rien ? » essaya de se rassurer Liz.

« Non, mais peut être que si tu lui disais, il serait moins… »

Megan s'arrêta elle ne pouvait pas se confier, confier des soupçons qui anéantiraient d'un énième coup de poignard l'autre agent du FBI. Elle ne devait pas.

Megan prit une gaufre et la tritura sans jamais la mettre à sa bouche. Elle savait quel regard Liz lui lançait, elle savait :

« Je ne lui ai rien dit, ne t'inquiète pas il ne se doute de rien. »

« Merci. »

« Je ne vais pas tarder, je préviens Charlie. »

« Non ! »

Megan dévisagea Liz qui s'était levée soudainement :

« J'aimerais rester seule, pour une fois. »

« Je ne peux pas… »

« Megan, fais moi confiance. »

« Liz… »

« S'il te plait… »

Liz lui sourit tristement, elle avait gagné.

« D'accord, mais, Charlie, David et moi, on passe toutes les deux heures ! »

« David ? »

« Il sait, il tient beaucoup à toi. »

Megan se leva et prit la jeune femme dans ses bras. Elle avait tant de réconfort à lui donner.

« J'y vais, tu m'appelles s'il y a quoi que se soit, moi ou Charlie, il est encore plus près, il arrivera plus vite. »

Liz acquiesça d'un fébrile signe de tête et accompagna Megan jusqu'à la porte d'entrée.

« Tout va bien se passer… » dit Liz pour rassurer son amie.

« N'hésite pas à appeler, d'accord ? »

« Ne t'en fais pas. »

Megan disparue derrière la porte tandis que Liz se penchait sur celle-ci. Son regard se perdit dans l'immense appartement vide. Elle fit un pas en avant, prit le téléphone et le posa sur le canapé. Dès le départ de Megan, elle aurait voulu hurler son nom, mais …

Elle ne devait pas, elle devait rester forte.

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Chemin faisant, Megan arriva enfin devant les grandes portes du bâtiment accueillant des centaines d'agents prêt à tout pour accomplir ce pourquoi ils s'étaient engagés. Une fois à l'intérieur de ce labyrinthe tout accéléré, tout prenait une amplitude énorme, tout foutez le camp. Les êtres humains, des armures, la conscience humaine prenait une allure bestiale, une raison qu'il fallait se faire, Megan le savait.

Pourtant elle ne pouvait vivre sans ce travail, restreinte à en faire toute sa vie. Elle passa devant David et lui sourit tristement. Celui-ci était devant une fenêtre. Certes son visage était presque livide mais on ne pouvait pas ignorer la lueur flambante dans le plus profond de ses yeux noirs.

Un dossier en perdition ballant au bout de ses bras lui offrait une couverture pour sa rêverie. David n'avait pas le cœur à travailler. Il aurait tellement préféré réagir autrement et faire comme si…

La porte d'entrée s'ouvrit de nouveau sur l'étage tout entier, cette fois, ce fut Don qui apparut derrière les vitres. David ne put s'empêcher de fermer les yeux, comme un reflex pour cacher le reflet de son âme. Inutile devant la roche qu'était son patron, tout cela était dénué de sens.

Don s'installa simplement devant son bureau et ouvrit son ordinateur. Malgré ses gestes paisibles tout bouillonnait en lui. Il devait parler à Liz…

Il leva la tête sentant que ses gestes étaient surveillés. Sans doute par expérience, il jugea rapidement que la journée n'allait pas être facile.

« Qu'est ce que Megan avait raconté à Liz ? Avait 'il dérapé ? Encore ? »

Don finit par apercevoir le regard accusateur de David, toujours devant la fenêtre.

« Que devait-il faire, l'appeler ? Megan lui avait-elle tout dit ? Y'avait-il quelque chose à dire ? »

Le plus âgés des frères Eppes détourna alors la tête sur l'écran de l'ordinateur et aperçut enfin le post-it collé rapidement sur la surface vitrée.

Liz ne reviendra pas aujourd'hui, elle est encore souffrante.

« Quoi ? »

Don ne put empêcher son cœur de battre de plus en plus fort. Que se passait-il ?

« Don, j'ai un truc à te demander pour l'enquête. » intervint David qui commençait à comprendre le fonctionnement de son patron.

« Où est Liz ? » s'énerva Don.

« Malade… »

« Ce n'est plus une maladie, c'est la peste qu'elle a ! »

Don se leva et prit sa veste avec rage.

« Tu vas où ? » s'inquiéta David.

« Chercher Liz ! »

David se posa droit comme un poteau devant Don. Il ne pouvait pas le laisser faire ça. Il remarqua le silence autour de lui, les autres agents s'étaient tus, Megan était derrière Don tandis que Colby s'était mis instinctivement à ses côtés. Le jeune homme ignorait tout de l'histoire mais la détresse de Megan l'avait persuadé sans aucun effort :

« On a du boulot Don… » essaya de la persuader le dernier arrivé.

« Liz est malade, pourquoi tu t'énerves ? »

David s'avança ce qui fit reculer Don, prisonnier comme un lion en cage par sa propre équipe.

« Quoi ? Je suis en plein délire ? »

Don se tourna et aperçut Megan, il se remémora la dispute qu'ils avaient eu la veille et lui lança un regard noir.

« David laisse moi passer ! »

David se durcit d'avantage, ce n'était pas le moment de le bousculer :

« Fous la paix à Liz, s'il te plait ! »

« Quoi ? »

« Joue pas à ça avec moi, on à tous remarqué ton petit jeu avec l'autre ! »

Megan laissa une larme s'évader, David baissa la tête tandis que Don ne put laisser sa colère bercer les environs :

« Vous vous êtes passé le mot ? Par une dernière fois je vais vous le dire, ma vie privée ne vous regarde pas ! Je n'ai pas à me justifier. Mes actes, mes choix ne vous regardent pas ! C'est clair ? »

Don s'avança près de David, le défiant du regard quand soudain, derrière lui une voix plus grave le fit frémir :

« Agent Eppes ! »

Le sang de Don ne fit qu'un tour, son portable sonna et avant de se retourner, il lut le message qui lui était consacré : « Viens à la maison ce soir, papa tient à te voir. »

« Agent Eppes, dans mon bureau ! »

Don se retourna et aperçu le regard haineux de son supérieur. Cet homme de grande taille aussi véreux et poussiéreux qu'il n'était bon à rien. Don avança lentement et ne put s'empêcher de cogner au passage son bureau. David passa une main sur son crâne et lança un regard inquiet vers sa collègue : Qu'allaient-ils faire ?