Nouveau mercredi, nouveau chapitre !

La semaine dernière c'était sur un chapitre assez long que nous nous étions quittés et beaucoup l'on apprécie et je vous en remercie encore une fois. Comme toujours, c'est formidable de pouvoir partager mes écrits avec vous. Dans ce chapitre quatre nouveaux personnages vont faire leur apparition. *chut je ne dirais rien*

Merci à toutes celles qui prennent le temps de me laisser une petite trace de leur passage et de laisser un petit ressenti sur la suite des aventures ainsi qu'aux followers et aux ajouts aux fav. J'espère que ce chapitre ne vous décevra pas, car c'est sous la menace que du Sherlolly vous attend. N'est-ce pas Kis ? : p

CHAPITRE DIX

— Et pourquoi pas celui-là ?

Je lançai un regard en direction du chat que Mary désignait de l'index. Je grimaçai en enfonçant mon menton dans le col de mon manteau.

— Non.

— Pourquoi ?

— J'ai l'impression qu'il veut me tuer.

Elle se pencha vers la grille de l'animal et haussa les sourcils après m'avoir jeté un regard perplexe.

— Celui là, juste celui-là ?

— Ouais. Il ne m'inspira pas confiance avec ses tâches, il ressemble à une sorte de parrain des chats. Regarde, il ronronne bizarrement, marmonnai-je tout en plissant des yeux.

Mary roula des yeux en soupirant.

— Comment ton cerveau peut arriver à de telles extrémités ?

— Sa tête ne m'inspire pas confiance, me défendis-je. Il me déteste.

— Pourquoi il te détesterait ?

— Je n'en sais strictement rien. Mais celui-là, on l'oubli, assénai-je en continuant d'avancer dans les allés.

Afin de pallier à ma solitude et à mes ennuis à venir, Mary avait décidé de m'emmener dénicher un compagnon à quatre pattes. D'après elle, le chat était la meilleure solution.

C'était mignon, à la cherche d'affection, mais parfaitement indépendant. Si on excluait que c'était un chat, ça aurait été le mec idéal.

Deux jours étaient passés depuis la fameuse découverte de l'antre d'adoration que William m'avait constitué.

La nuit chez John et Sherlock avait été affreuse, je n'avais quasiment pas dormi, songeant à la conversation que j'avais eue avec Sherlock.

Instinctivement, je portai une de mes mains à ma gorge, effleurant la zone que Sherlock avait touchée la nuit dernière. Je plaquai la paume de ma main se ma gorge en mordant ma lèvre qui cicatrisait.

Il avait été doux. Très doux et foutrement déstabilisant dans sa façon d'être. Le fourmillement dans le ventre que je ressentais en pensant à lui me rappelait ô combien j'avais été niaise cette nuit-là.

Pourtant, j'aurais donné n'importe quoi pour ressembler au genre de fille qui finissait mollassonne dans les bras puissants d'un homme.

Secouant la tête, je laissai ma main retomber le long de mon flanc. Il fallait que j'arrête de penser à lui.

C'était ridicule, à l'heure qu'il était il devait sans aucun doute être totalement obnubilé par son enquête, oubliant totalement mon existence. S'il arrivait à le faire, alors je devais certainement en être totalement capable.

Après tout, je n'étais pas le genre de femme qui se transformait en guimauve dès qu'un homme lui portait un tant soit peu d'attention.

— Molly, t'es avec moi ? me demanda Mary en secouant ses mains devant mon visage.

Clignant des yeux, je plaquai un sourire superficiel sur mon visage. Je n'avais aucune envie de Mary se pose des questions sur mes tourments.

— Oui… Oui à fond ! Donc de quoi on parlait ?

— De Sherlock.

— Ah !

Pour l'oublier, c'était mal parti, et vu le sourire de Mary, ça sentait l'interrogatoire à plein nez. Focus Molly. Après tout, je n'avais rien à cacher étant donné… Qu'il ne s'était strictement rien passé.

— Vous vous entendez bien on dirait.

— On est voisin Mary.

— Oui ça je le sais, mais il parait très… prévenant avec toi.

— Où est-ce que tu veux en venir ?

— Eh bien je voulais savoir s'il te plaisait ?

Nous y étions.

— Il est très mignon, reprit-elle d'une voix pleine de sous entendus.

— Mary… pitié.

— J'ai vu la manière dont tu le regardais, Molly. Je dois dire qu'il est assez spécial dans sa manière d'être et John m'en a un peu parlé et je pense que c'est un mec bien.

— J'ai vomi sur ses chaussures, avouai-je d'une traite.

— Je sais.

— J'ai vomi sur ses chaussures et j'ai failli abuser de lui la semaine dernière.

— D'accord, mais…

— Et je l'ai insulté lorsqu'il est venu au bureau et j'ai dormi dans son lit.

— OK… Donc il te plait vraiment beaucoup ?

Est-ce qu'il me plaisait ? La réponse était claire que oui. Sherlock Holmes était un homme qui m'attirait et me perturbait. Agacée, j'enlisai une main dans mes cheveux pour tirer dessus alors que les gens nous contournaient pour observer les chats qui patientaient sagement.

— Je n'en sais rien. Je… Il me rend dingue, admettais-je. Je ne supporte pas son comportement, mais dès qu'il me regarde ou qu'il me parle je devais stupide et ridicule. S'il me touche alors là je…

— Eh ben dis donc ! Tu as l'air sacrément mordu toi !

— Je ne suis pas mordue ! grommelai-je. Je suis juste… Déstabilisée

— C'est ça… En tout cas, j'ai l'impression qu'il ta quand même bien taper dans l'œil.

— Je n'aime pas ça, avouai-je.

Là, c'était mon côté femme indépendante qui parlait. C'est vrai, avoir cette sorte d'attirance pour Sherlock et qu'elle soit visible ça avait le don de me perturber. À vrai dire, l'envie de partir loin, très loin dans un pays étranger me tentait plus que de raison. Mary qui me fixait toujours devait sans aucun doute savoir et comprendre ce que je ressentais.

— Tu sais, je pense que tu lui plais bien aussi.

— Où est-ce que tu as bien pu pêcher ça ? ricanai-je en jetant des regards vers les étiquettes qui décrivaient les animaux.

Malgré moi, mon cœur se comprima dans ma poitrine. Je n'avais aucune envie d'espérer ce genre de chose, surtout lorsque j'avais une envie folle que ses propos s'avèrent vrais.

— J'observe c'est tout.

— Eh bien ton observation est erronée. Il ne me voit que comme un élément de l'enquête. Juste un ridicule élément, dis-je en passant une main sur mon visage.

— Je suis sûre que c'est plus que ça.

— Il me l'a dit. Clairement. « Molly, je suis marié à mon travail. » « Molly, j'ai retenu ta ville de naissance pour l'enquête. » « Molly tu es trop naïve » « Molly les sentiments sont une perte de temps », énumérai-je en imitant la voix de Sherlock. Tu vois avec tout ça, je pense que niveau relation on est mal parti. Je ne l'intéresse absolument pas. Mais bon sang, je ne vais pas l'en blâmer quand même, Mary. Regard moi deux secondes. Des filles plus intéressantes que moi il y en a à la pelle et plus jolie aussi. Alors pourquoi ce serait moi ?

— Molly, tu n'es pas moche, tu n'es pas idiote et tu es intéressante, drôle et cultivée.

— Tu dis ça parce que tu es mon amie. Tu n'es absolument pas objective.

— Pas seulement. Je le pense sincèrement Molly, et si Sherlock ne le voit pas, alors c'est qu'il est idiot.

— Ouais eh bien quand tu verras cette Molly tu me feras signe, grognai-je en enfonçant mes mains dans les poches de mon manteau.

— Je crois que tu as un sacré problème avec la perception que tu as de toi-même.

— Facile à dire lorsqu'on a un homme aussi gentil et attentionné que John qui rampe a ses pieds. Et puis pour toi ça a toujours été facile, il te suffit de sourire juste.

— De sourire juste ?

— Oui et tu fais un truc avec tes cheveux.

— Ah oui je les tords, répliqua-t-elle en minant sa mimique.

— Et quand tu t'en vas, il te regarde longtemps, pétrifié, ne croyant pas à ce qu'il vient de vivre.

— C'est parce que je lui ai piqué son porte-feuille, se moqua-t-elle.

— Tu peux rire, mais en attendant tu as trouvé un mec bien.

— Oh regarde celui-là il est mignon ! éluda-t-elle en se jetant sur une des cages.

— Mary…

Elle souleva la fiche d'information de l'animal pour mieux la lire.

— « Buttercup a été retrouvé dans des orthencia sur l'autoroute numéro 8 ». Han c'est la plus triste ! gémit-elle en se tournant vers moi.

— C'est vrai qu'on aurait pu l'abandonner près d'une autoroute beaucoup plus gaie, ironisai-je.

— « Elle aurait du sang chat de gouttière et de pixie-bob. »

— À tes souhaits, dis-je tout en me penchant pour lire sa fiche. « Buttercup est assez capricieuse aurait des tendances à attaqué les femelles à poils clairs et les mâles à poil noir. Les enfants des deux sexes, les autres animaux, les personnes portant du bleu ou un tailleur. » Génial ! Je crois que celui-là je peux l'oublier.

— Je le trouve mignon.

— C'est une femelle.

— Elle est mignonne.

— Mais tu as entendu lorsque j'ai lu sa fiche ?

— Oui.

— Et rien ne te choc ?

— Elle ressemble énormément à ta mère je trouve, dit-elle tout en riant.

— Et tu ne trouves pas ça… Flippant ?

— Tu aurais un entrainement quotidien comme ça quand tu vas chez tes parents tu serais prête.

— On oublie Mary, fis-je en secouant la tête.

— À ce rythme-là, on n'en trouvera aucun, qui te convient.

— La patience est une vertu, chantonnai-je en inspectant tous les petits cubes.

— Ouais, mais là on va finir veille fille.

Pendant dix minutes, je déambulais près de Mary dans les allés paver du refuge jusqu'à ce que je fus harpé par un regard lumineux qui se dissimulait.

— Lui ! m'exclamai-je en bondissant devant la cage. Il est parfait.

Baissant mon visage à la hauteur de sa cage, je laissai naitre un immense sourire sur mes lèvres. Ne voyant pas Mary s'approcher, je me dévissai la tête pour lui jeter un regard interrogateur.

— Qu'est-ce qu'il y a ?

— Je le trouve immonde !

— Il est juste différent. Je le trouve spécial.

— Sa pour être spécial il l'est !

Je lançai un regard plein de reproches vers mon amie avant de retourner mon attention vers la petite Boulle de poils qui se trouvaient recroquevillés au fond de la cage. D'accord, il ne correspondait en rien aux critères de beauté, mais son regard était exceptionnel. On aurait dit des yeux d'humain, les mêmes yeux que… ça virait sacrément à l'obsession ! Secouant la tête, je me redressai pour interpeller un employer qui était à quelques mètres.

— Excusez-moi ! Celui-là n'a pas de fiche. Comment est-ce qu'il s'appelle ?

L'employé se baissa lentement vers l'animal et renifla avant de se tourner vers moi.

— Piteau.

— euh... Pito ? Ça vient d'où ?

— Bah de Piteau ! Comme chapiteau... Répliqua le vendeur comme si c'était d'une logique implacable.

Je haussai des sourcils avant de tourner le dos à l'employé.

— En plus d'être enfermé, tu dois subir l'humour pourri de tes gardiens... Murmurai-je à l'animal tandis que le vendeur me foudroyait du regard.

Je passai un doigt au travers de la cage pour qu'il puisse venir sentir mon odeur. D'abord hésitant, il approcha puis recula.

Ce petit jeu dura quelques minutes jusqu'à ce qu'il commence à se frotter contre la pulpe de mon doigt. Avec une tendresse inouïe, il se mit à faire des aller et retour pour que mon ongle lui gratte son petit dos. Il était aussi perdu que moi. Ça me plaisait bien.

— Je le prends ! m'exclamais-je en me redressant.

Opinant de la tête, le vendeur m'ordonna de la suivre de sa voix bourrue afin de remplir les papiers nécessaires. Instinctivement, Pito s'empressa se blottir contre ma poitrine. Attendri, j'ouvris mon manteau et le calla pour qu'il puisse bénéficier de la chaleur de mon corps. Il sembla apprécier car il ronronna de plaisir.

— Eh bien on dirait que vous vous êtes bien trouvé, déclara Mary en s'emparant de mon sac.

— Je crois bien.

— Bon maintenant on va manger ! Ce n'est pas tout ça, mais j'ai une sacrée faim.

— Tu n'es pas obligé de faire ça Mary, dis-je en gardant mon regard fixer sur le chat qui se tenait en boule contre ma poitrine.

— De faire quoi ?

— De me suivre partout comme s'il allait m'arriver quelque chose.

— Molly…

— Non, je t'en pris. Je ne suis plus une gosse effrayée par sa propre ombre. Je suis tombé sur un fou furieux, c'est tout.

— Tu as quand même failli… enfin, c'est grave !

— Violer tu peux dire le mot, avouai-je d'une voix plate. J'arrive à le dire, tu sais.

— Molly si ce n'était que ça… Il y a aussi cette histoire de photographies.

— John ?

— Oui. Il… Il m'en a parlé.

— Quand ?

— Hier soir.

— Il t'a appelé ?

Elle se mit à rougir. Bon sang voir Mary rougir était la chose la plus exceptionnelle de ma journée. Il s'était peut-être lancé.

— Oui.

— Donc, il a conservé ton numéro.

— Molly… Je sais ce que tu es en train de faire.

— Et je fais quoi ?

— Tu détournes la conversation.

— Pas du tout, je suis curieuse et heureuse de constater que John t'apprécie.

— Je l'apprécie beaucoup aussi.

— Ça veut dire que James est out ?

— Sa veux dire que je m'inquiète pour toi.

— Il n'y a aucune raison.

— S'il y en a des raisons ! Molly un malade à pris des dizaines de photos de toi.

— Deux milles cent trente-quatre exactement.

— Quoi ?

— Deux milles cent trente-quatre exactement. Sherlock les a comptés. Mais c'est fini tout ça. Je veux dire, il est mort. Je me suis plantée sur toute la ligne. Je pensais que William était un gars sympa. Il devait l'être, enfin si on excluait son penchant pour la traque et l'obsession.

— Tu sais, John m'a dit, que Sherlock pense que ton agression et William se sont liés.

— Je ne savais pas que votre relation avait déjà atteint ce stade, sifflai-je en grattant la tête de Pito.

— Tu es morne. Je ne veux pas que tu redeviennes comme quand Peter…

— Je n'ai plus envie d'en parler, la coupai-je froidement. Je suis fatiguée qu'on ne me parle que de ça, la vie continue. Le sujet est clôt.

— Ok mais…

— Je vais bien Mary ! Si j'ai besoin d'en parler, je déboulerais avec des chars, des biscuits, de la glace et des pyjamas affreux et rose. Ça te va ?

Mary laissa un sourire étirer ses lèvres et okas lentement de la tête.

— D'accord.

— Bon, pour continuer sur les sujets flippants ma mère m'a appelé.

— Sérieux ?

— Ouais. Elle a retrouvé mon numéro de téléphone en dehors des périodes des fêtes.

— Incroyable. Qu'est-ce qu'elle voulait ?

— Diner.

— Diner ?

— Ouais et elle m'a invité à diner avec papa à Dublin.

— Et à entendre le son de ta voix et de la déformation de ton visage, tu y vas.

— ça fait depuis Noël que je ne suis pas resté là-bas. En plus, la dernière fois était catastrophique.

— Ouais je me souviens. Épique serait le mot approprié.

— J'avais mis de l'ambiance.

— Quelle aussi d'avoir lancée un débat sur George Bush.

— Sa m'avait put être une bonne idée sur le moment.

— Dieu merci j'y avais échappé.

Mary et moi nous connaissions depuis l'enfance. À vrai dire, elle détestait autant que moi les réunions de famille. Ses parents étaient amis avec les miens et étaient du même acabit. Contrôler la vie sentimentale de Mary était leur plus grande préoccupation. Alors à chaque diner avec la famille, nos parents se débrouillaient pour nous faire une liste exhaustive de jeunes hommes de bonne famille qui seraient de bon ton d'épouser. Selon ma mère j'étais un bon parti et il était inconcevable que je fasse ma vie avec n'importe quel homme. Malheureusement pour elle, je n'avais jamais été intéressé par le moindre parti qu'elle s'usait à me présenter.

Tous ses vaccins étaient en règle ce qui était une sacrée veine. J'avais tout de même déboursé un peu d'argent dans l'achat d'un collier avec une médaille ainsi que d'une maison de transport afin de l'emmener dans mes déplacements. Une fois les formulaires remplis, j'invitai Mary à venir diner à la maison, ainsi l'occasion de tomber sur John serait plus grande.

Niveau amitié, j'envoyais vraiment du lourd.

Pito quant à lui semblait être parfaitement dans son élément. Une fois que je l'eu déposé au sol, il se frotta contre tous les murs de l'appartement en ronronnant de plaisir.

Il y en avait au moins un qui était ravi.

Lorsque je vis, Mary la tête dans le frigo, je m'empressai de la stopper.

— Pose ce que tu as dans les mains tout de suite.

Elle sortit un paquet pour le brandir devant mes yeux.

— Je veux faire la cuisine. Faire comme dans cette émission de cuisine qu'on a vue l'autre fois.

— Tu peux faire une soupe.

Au moins là, il n'y aurait aucune chose pointue.

— Non, je veux faire sauter beaucoup d'ingrédients et faire des bons petits plats. Je veux disposer la nourriture sur une assiette de manière artistique. Je veux être un vrai chef !

— D'accord.

— C'est vrai ?

— Ouais, je serais ton assistante.

— Parfait ! s'exclama-t-elle en s'emparer du paquet pour le lire. Bon, j'ai besoin d'une poêle et…

— Et d'un extincteur.

— Très très amusant… Bon sang pourquoi on n'a pas pensé à acheter de la viande hachée ?

— Tu as oublié la viande hachée ?

— Non je ne l'ai pas oublié. J'aime dire n'importe quoi pour te voir paniqué.

— Je crois que je suis vraiment la plus censée de nous deux.

— Tu devrais parfois te laisser un peu aller.

M'appuyant contre l'un des meubles de ma cuisine, je croisai mes bras.

— Pourquoi tu me dis ça ?

— Je te trouve trop sérieuse. Tu veux tout contrôler Molly. Et encore plus depuis ce qui s'est passé avec Peter.

— ça n'a rien à voir avec lui, sifflai-je. De plus, la dernière fois que je me suis laissée aller, je me suis retrouvé débraillé sur mon palier d'appartement en train de me frotter contre un homme qui n'était autre que Sherlock.

Étouffant un rire, Mary se cacha derrière son paquet tout en répliquant :

— C'était une bonne entrée en matière dis donc !

— La ferme, grognai-je en jetant un chiffon dans sa direction. Tu sais à quel point j'avais honte.

— Je me souviens du nombre de fois que tu as couru aux toilettes surtout, ricana-t-elle.

— Moque-toi va ! Si je me souviens bien, c'est toi qui étais resté bloqué dans la chambre froide lors de ton premier jour de travail.

— Ce n'était pas de ma faute ! S'offusqua-t-elle tout en plaquant le paquet sur la table. J'avais juste oublié de bloquer la porte.

— Et tu m'as fait me déplacer à une heure du matin jusqu'au restaurant pour pouvoir sortir.

Elle leva les yeux au ciel.

— ça ne m'est arrivé qu'une fois.

— C'est vrai… Mais c'était relativement comique ! gloussai-je. Bon, je vais devoir aller me préparer.

Je levai mon regard vers la pendule qui se situait au-dessus de ma gazinière.

— Je dois prendre mon service dans une heure.

— Va donc te préparer ! Je vais te faire un petit plat pour éviter que tu partes travailler le ventre vide.

— Que ferai-je sans toi ? soupirai-je.

— Pas grand-chose, j'en conviens. Aller va te changer, je te prépare des pâtes.

C'est donc le ventre bien rempli et l'esprit serein que je m'en étais allé travailler. J'avais salué Betty qui m'avait regardé du coin de l'œil comme si un troisième bras venait de me pousser dans le dos. D'accord… Poursuivant mon chemin, j'allai m'enfermer dans mon bureau, prenant le temps d'aller me chercher un café avant d'ouvrir les différents dossiers que je devais traiter.

Pendant près de deux heures, je m'occupai des prêts et des modifications à faire.

J'allai me placer devant l'ordinateur de l'accueil non loin d'où se trouvait Marc.

Marc travaillait ici depuis plus longtemps que moi et était aussi odieux qu'Anderson. Pour preuve, Marc prenait toujours la défense d'Anderson et était contre tous ceux qui l'avaient critiqué. Donc je pense que vous l'aviez compris, il me détestait.

— Ha, sa ne marche pas ! grognai-je en cliquant une nouvelle fois.

— Tu as dû faire une fausse manœuvre, siffla mon collègue.

— Non, j'ai fait ce que j'ai toujours fait quand je dois faire un transfert, mais il ne s'est rien passé.

— Est-ce que tu as tapé le nom ?

— J'ai tapé le nom.

— Tu as cliqué sur le bon mois ?

— Je l'ai fait.

Bon sang, ce n'était pas la première fois que je le faisais.

— Tu as double cliqué sur le bouton OK ?

Bien sûr sinon je ne serais pas aussi perdu, idiot.

— J'ai double cliqué sur le bouton OK.

— Tu en es sûr ?

Je soupirai une nouvelle fois alors qu'il me contourna pour se positionner près de la souris d'ordinateur.

— Oui, j'en suis sûr.

— Tu as cliqué deux fois ?

— Non j'ai double cliqué, mais je n'ai pas cliqué deux fois, dis-je au bord de la crise de nerfs.

— Parce que pour double cliquer il faut cliquer deux fois.

— Je sais ce qu'est un double clic, bon sang, Marc !

— Eh bien de toute évidence non, sinon je ne passerais pas autant de temps devant ce fichu logiciel.

— Ah parfois j'ai envie de te pincer tellement fort, marmonnai-je en crispant mes doigts pour accompagner mes paroles.

— Laisse-moi la place, m'ordonna-t-il en me poussant de la place.

— Hey !

— Je ne peux rien faire Molly si tu restes devant l'ordinateur.

Bombant le torse, il s'empara de la souris d'ordinateur et refit exactement la même chose que moi, déclenchant le même petit bruit signalant le problème.

— Ah, mais qu'est-ce que c'est que ça ? Cette lumière qui clignote, ce n'est pas normal, chantonnai-je d'une voix innocente.

Visiblement blessé dans son égo, Marc se pencha vers l'écran en pestant dans sa barbe.

— Encore raté, répétai-je.

— J'essaye de me concentrer.

— Han sa se déclenche quand on appuyé sur un mauvais bouton.

— Ne dis pas ça !

Mon téléphone se mit à sonner. Je quittai mon collègue tout en lançant un « je n'en ai pas pour longtemps », retenant un rire lorsque j'entendis une vague d'insulte à l'encontre de l'ordinateur.

— Allo ?

— Molly ? Oh seigneur Merci !

— John ? Est-ce que ça va ? Tu as une drôle de voix.

— Molly, j'ai invité Mary.

Voilà qui expliquait les cinq appels en absence de Mary.

— Et ?

— Elle a dit oui.

— C'est génial, m'exclamai-je sous le regard furieux de Marc.

— Je… Je ne sais pas…

— Ce n'est pas génial ? m'étonnai-je. Je pensais que tu voulais qu'elle dise oui.

— Bien sûr que je voulais qu'elle dise oui. Mais maintenant que le rendez-vous est fixé, je ne sais pas quoi faire. Molly, je crois que je ne sais pas comment faire. Je ne sais pas où l'emmener ni quoi porter… Je n'ai pas envie que ça se passe mal.

Attendrit, je laissai un sourire ourlet mes lèvres. Mary avait vraiment de la chance d'avoir rencontré John. J'avais bien fait d'accepté cette course à pied qui m'avait fait connaitre l'agonie alors je n'allais pas m'arrêter en si bon chemin. Inspirant, je me dirigeai vers Marc en demandant à John un instant.

— Je te laisse t'occuper du pc. Je suis certaine que tu sauras bien mieux que moi.

Me lançant un dernier regard furieux, Marc reporta son attention sur l'ordinateur tandis que j'allai m'enfermer dans mon bureau, m'asseyant sur ce dernier.

— Bon écoute John. Mary aime les choses simples. Emmène là dîner chez Ludgi, elle adore manger italien et le patron est un bon ami à moi. Je t'envoie le numéro du restaurant et dis-lui que tu viens de ma part et que c'est pour un premier rendez-vous. Tu auras la table et les bougies sans soucis. Pour les fringues, soit tout de même classe, ça lui montrera que tu t'impliques.

— D'accord… J'ai envie de lui offrir des fleurs, mais je n'ai aucune idée de ce qu'elle aime.

— Roses rouges. Elle adore les roses rouges.

— Je note. Molly sache que j'apprécie tout ce que tu fais pour moi. Je suis tellement nerveux…

— Je suis un ange, je sais, dis-je tandis qu'il laissa un rire mélodique s'échapper de sa gorge.

— C'est vrai. Mais est-ce que je pourrais te demander un ultime service ?

— Je t'écoute.

— Sherlock n'est pas au courant de mon intention d'aller diner avec Mary. Il est assez intrusif et ne pourrait pas forcément comprendre mon envie d'être seul avec elle et donc je me demandais si tu ne pouvais pas… L'occupé pendant que je serais à mon rendez-vous ?

Figée, je me redressai en faisant les cent pas dans mon bureau alors que ma gorge se noua sous le stress. Être seule avec Sherlock. Toute une soirée… C'était comme me demander si j'avais envie qu'on m'arrache une dent par pur plaisir.

— Je ne sais pas trop…

— Ce ne serait que quelques heures.

— J'ai un chaton John…

— Tu peux l'emmener avec toi à l'appartement.

— Je ne préfère pas…

— Tu pourrais monter toutes les heures voir comment il va. Et puis lorsque tu vas travailler, il doit s'habituer à rester seul.

— C'est vrai, mais…

— Sherlock t'apprécie et tu sembles également l'appréciez, me coupa John.

— Pourquoi tu dis ça ? Il ta raconter quelque chose ?

— Non, mais j'ai remarqué. Il semble te porter une attention assez particulière.

Eh bien, si j'avais le droit à un traitement de faveur, que devaient subir les gens qu'il détestait ?

— Molly, j'ai très envie que ce rendez-vous avec Mary se passe le plus parfaitement possible. Ce serait le cas si je savais que Sherlock ne déboulerait pas à tout moment pendant le diner.

Mary méritait ça. Vraiment. Et si elle apprenait que John avait fait son maximum pour que leur rendez-vous se passe bien et que j'avais refusé de l'aider, sa sentence à mon égard serait terrible.

Après tout, ce n'était qu'une soirée. Une unique soirée avec Sherlock Holmes dans un appartement vide… Avec des lits… Et mon imagination de détraquer… Je pouvais le faire. Vraiment.

— Ce soir sept heures ? demandai-je vaincu.

— Parfait ! Tu es vraiment extra Molly.

Bonne poire oui.

— À plus tard.

Je raccrochai sous les remerciements incessants de John en sentant l'angoisse comprimer ma poitrine. Je m'adossai à mon bureau, agrippant le rebord. Bon, cette soirée n'allait pas être de la tarte, mais il n'y a aucune raison que ça se passe mal.

Mais c'était juste une soirée, rien de plus. Mary serait aux anges et John aussi. Bon Dieu j'avais l'impression de revivre sans cesse la même situation. Moi bloqué dans une pièce avec Sherlock. Le malaise et la honte en prime.

Ma réflexion fut rapidement ébranlée lorsqu'une tempête débarqua dans mon bureau en hurlant mon prénom comme un animal blessé.

— Molly !

Ça, c'était Sarah.

— Qu'est-ce qu'il…

Surgissant de nulle part, Sarah se jeta à mon cou et me prit dans ses bras pour me serrer de toutes ses forces. Mais qu'est-ce qui lui prenait ?

Bon sang, elle se musclait en dehors du bureau ? Parce qu'elle avait une sacrée force. Gesticulant dans tous les sens, je tentai de m'extirper de son étreinte alors que je sentais toute force quitter mon corps. Je détestais déjà les démonstrations affectives qui n'étaient pas ma tasse de thé, mais alors là.

— J'ai appris ce qui t'était arrivé ! Mon dieu les hommes sont horribles. Comment tu te sens ?

Merde alors ! Avoir une vie privée était trop demandé dans cette saleté de boite ? Ça expliquait le regard de Betty en arrivant et des dizaines d'autres collègues.

— Je survivrais Sarah. C'est gentil, croassai-je en tentant de m'écarter

— Sache que je suis de tout cœur avec toi !

— Merci Sarah. Mais pourquoi es-tu venue dans mon bureau ?

— Oh ! Tu as un client qui t'attend dans ton bureau.

Je fronçai mes sourcils en me remémorant mon emploi du temps de la journée.

— Je croyais qu'il n'arrivait qu'à quinze heures.

Elle grimaça tout en se triturant les mains visiblement mal à l'aise avant de répliquer.

— Il a dit que c'était urgent et que ça ne pouvait pas attendre.

— Dis-lui de prendre un rendez-vous.

— C'est ce que je lui ai dit, mais il m'a affirmé qu'il ne partirait pas tant qu'il ne t'aurait pas vue.

— Bon… Ben fait le entrer.

Elle opina rudement tout en affichant un mine grave. Avant de sortir du bureau, elle s'empara de mes mains et les serra avec douceur avant de dire.

— Courage Molly !

— Merci… Mais…

— Vraiment !

Sans dire un mot de plus, elle quitta mon bureau dans un silence de mort. Cette fille agissait toujours de manière étrange, mais là je devais dire qu'elle me faisait sacrément peur.

Perdue, je m'installai derrière mon bureau en haussant les sourcils, envieuse que la journée se termine rapidement.

— Molly ! Ma chère Molly.

Figée, je levai lentement mon regard vers la porte pour y découvrir James, m'observant de toute sa hauteur dans son costume grand luxe. Ses cheveux étaient rassemblés en une queue de cheval basse alors qu'une barbe blonde de trois jours tapissait sa mâchoire.

— Dans la série galère, voici la numéro deux, marmonnai-je alors qu'il ferma la porte derrière lui.

— Je suis si heureux de te voir.

— Bizarrement, la réciproque n'est pas valide, persifflai-je.

Sa voix d'hypocrite eut le dont de me faire dresser les poils sur mon corps. Si seulement on pouvait tuer quelqu'un une seule fois dans sa vie sans être poursuivi.

James serait sans aucun doute mon ultime choix, même si le choix d'Anderson était tentant.

Je m'enfonçai dans mon fauteuil espérant mettre une distance entre nous alors qu'il glissa ses mains dans les poches de son costume. Il était trop… Surfait. Faux. Il calculait tout.

— Oh ! Tu es toujours aussi drôle ma chère, ronronna James en glissant son postérieur sur mon bureau.

SUR MON BUREAU. L'envie de lui planter mon agrafeuse dans la cuisse était de plus en plus tentante. Agacée qu'il prenne ses aises, je lui jetai un regard noir.

— Sache que le personnel de l'entretien fait de l'excellent travail alors tu n'as pas besoin de passer un coup de cirage avec ton fessier.

Il haussa ses sourcils et quitta mon bureau comme s'il venait de se brûler.

— On dirait que tu y as prêté une attention particulière.

— Les pires horreurs sont ce qui fascine le plus d'après ce que j'ai appris.

Contractant sa mâchoire, il afficha un sourire ardu qu'il servait à Mary lorsqu'il prévoyait de lui faire un mauvais coup.

— Tu ne m'invites pas à m'assoir ?

— Tu n'as pas rendez-vous.

— Oh, mais tu peux faire une exception pour moi !

— Et en quel honneur ?

— Nous sommes amis.

Il avait bu ?

— Tu t'es pris une brique sur la tête avant de sortir de chez toi pour me sortir une idiotie pareil ?

— Molly ! Je suis déçu que tu ne me considères pas ainsi, s'insurgea-t-il en plaquant une main sur sa poitrine.

— Qu'est-ce que tu veux ? grognai-je en m'empêchant de justesse de serrer mes poings.

— Te voir. Ta compagnie me manquait.

— C'est faux.

— Que d'agressivité dans une si petite, adorable personne.

— Tu ne te déplaces jamais pour rien James. Je réitère ma question. Qu'est-ce que tu viens faire ici ?

— Mary ne répond pas à mes messages.

— Oh ! Un miracle s'est donc produit !

— Tu es sa meilleure amie, alors dis-moi pourquoi elle ne répond pas, ordonna-t-il d'une voix sévère.

Me laissant aller contre le dossier de mon fauteuil, je croisai mes bras contre ma poitrine en espérant le dissuader de pourchasser Mary.

— Je n'en sais rien.

— Tu mens, cingla-t-il en s'asseyant face à moi.

Le voir bouillonné dans son jus était une des choses les plus jouissives qui m'était permis de voir. Nonchalamment, je haussai mes épaules.

— Si tu le dis.

— Tu ne me le cacheras pas longtemps, Molly. Elle a un mec ?

— Tu savais qu'une actrice porno se faisait jusqu'à 10 000 dollars par jour.

— Répond à ma question !

— Je travaille beaucoup en ce moment, James.

Il renifla en laissant un sourire mauvais ourlet ses lèvres.

— Oui, j'ai appris. Tu fais des heures supplémentaires avec ce détective à deux sous. Sherlock Holmes si ma mémoire est bonne.

Me figeant sur place, je tentai de ne pas montrer mon trouble, mais il dût s'en rendre compte, car il laissa un sourire carnassier fleurir sur ses lèvres.

— C'est ton mec ?

Mon mec… Sherlock et moi… Bon sang…

— Sa ne te regarde pas.

Il se pencha vers moi en lâchant un petit rire.

— Tu es très jolie quand tu es en colère. C'est du sérieux entre vous ?

— Mais à quoi tu joues ? sifflai-je en sentant mon self contrôle partir à vau-l'eau.

— Je dois en déduire que non. Ce n'est pas ton type d'homme.

— J'ai des clients qui attendent, sors de mon bureau, assénai-je froidement en sentant son regard me scruter.

— Non il est beaucoup trop frigide. Je l'ai vue à la télé. Un sacré taré d'après ce que j'ai entendu. Mais si tu n'es pas avec lui… Je peux donc tenter ma chance.

— Quoi ? croassai-je.

— Étant donné que Mary ne me répond plus, je conclus qu'elle a été voir ailleurs.

— Qu'est-ce que ça avoir avec moi ?

— Tu es tenace, j'aime ce genre de qualité chez une femme.

— Je crois que même si je me prenais un piano sur la tête, sa n'arriverais pas.

— Tu aimes résister.

— Et ta femme est au courant de tes petits loisirs ? tentai-je en espérant qu'il change de terrain.

— Elle n'a pas besoin d'en être informée.

— Bah voyons… Écoute-moi attentivement James. Mary n'est plus intéressée par ta personne. Elle ne désire plus avoir le moindre contact avec toi et il en est de même avec toi. Si je t'ai supporté pendant ses derniers mois, c'est uniquement parce qu'elle tenait à toi. Je ne sais pas comment ni pourquoi d'ailleurs. Alors maintenant, toi et ton égo vous allez sortir de mon bureau sur-le-champ.

Silencieux pendant quelques secondes, il se pencha vers moi sa mâchoire crispée au maximum.

— Sache que je ne lâche jamais l'affaire Hooper. J'ai des contacts haut placés. Je pourrais te faire perdre ton job en un claquement de doigts.

— C'est le genre de menace que tu sers aux filles dont tu désires abuser ? Sache que ça n'a aucun effet sur moi. Si tu tentes de me nuire ou bien de nuire à Mary, tu me trouveras sur ton chemin. Maintenant, sors d'ici, explosai-je en pointant la sortie du doigt.

Pinçant ses lèvres, il se redressa en réajustant son costume.

— Très bien. Alors à très bientôt chère Molly Hooper.

Lorsqu'il quitta enfin mon bureau, je me laissai retomber sur le fauteuil, totalement vidée de mon énergie.

J'espérais sincèrement que j'allais être enfin débarrassé. Une bonne fois pour toutes.

Jetant un regard vers les vitres qui donnaient sur l'accueil où je vis Sarah lever les pouces vers le haut, un sourire ravi sur ses lèvres rougit par le dernier rouge à lèvres Chanel.

Après tout, après James, la soirée avec Sherlock serait un vrai jeu d'enfant !

Mon rendez-vous de quinze heures arriva relativement rapidement. Je l'accueillis le plus cordialement possible, serrant maladroitement sa main. Bizarrement, il paraissait nerveux.

D'une voix rassurante, je lui désignai le fauteuil qui me faisait face.

— Installez-vous.

— Merci.

— Vous désirez un café ?

— Non, ça ira.

— Bien. Alors si j'en crois votre dossier, vous venez ouvrir un nouveau compte ?

— C'est bien ça.

— Vous avez des questions ?

— J'aimerais vous inviter Molly.

Perdue, j'arquai un de mes sourcils en sentant ma mâchoire tomber.

— A quoi ?

— Diner.

J'avais déjà dû affronter ce genre de situation, mais jamais avec un homme aussi direct. Pour la première fois depuis qu'il était entré dans cette pièce, je me permis de le détailler. Il était beau. Vraiment.

— Je suis très flattée.

— C'est un oui ?

— C'est un… Vous êtes client ici.

— Oui.

— Et je suis employée.

— J'avais remarqué, fit-il en laissant un sourire séduisant barrer son visage.

— Mais…

— Tom.

— Pardon ?

— Je m'appelle Tom. Appelez-moi Tom, fit-il d'une voix profonde.

— D'accord… Donc Tom, je suis touchée de votre proposition, mais je ne peux pas.

— Molly, je vais être franc avec vous. Ça fait trois jours que je réfléchis à la manière dont je pourrais vous inviter et je me rends compte que je n'en ai employé aucune. Donc je dois vous paraitre ridicule, peut-être même effrayant.

Pour tout dire, je le trouvais touchant et même flatteur. Les joues en feux, je rabattus une de mes mèches folles derrière mon oreille. Aucun homme n'avait été aussi séducteur avec moi.

— Tom, je suis très touchée, vraiment énormément, et si je n'étais pas employé ici, j'aurais accepté avec plaisir.

Il esquissa un sourire ravageur avant de se pencher lentement vers moi faisant palpiter mon cœur.

— J'ai peut-être une idée. Vous aimez manger ?

— J'adore manger.

— Donc il vous arrive de manger ?

— Assez souvent.

— Alors si vous vous rendiez dans un bar où je me trouve également à la même heure, cela ne serait pas techniquement un rendez-vous.

— C'est vrai…

— Et si nous nous retrouvons à la même table, nous pourrions nous dire que cela permet de réduire aux employés le travail et le papier pour prendre les commandes.

Mary m'avait dit d'être moins sérieuse, c'était certainement le moment de l'être.

— ça me parait correct.

— Ce soir ?

— Ce soir je ne peux pas ni demain soir, ni ce week-end.

— Alors le week-end prochain ?

— Sa me parait bien.

— Vendredi soir ? Vous pensez y aller pour huit heures ?

— Huit heures c'est bien, dis-je d'une voix charmée.

Bizarrement, j'avais une bien meilleure estime de moi-même à ce moment-là. Souriant à Tom, je senti l'excitation me gagner alors qu'il hocha de la tête en me donnant l'adresse du bar dans lequel nous allions nous retrouver.

Le saluant une dernière fois, je l'accompagnai jusqu'à la porte pour la refermé un sourire graver sur les lèvres.

J'avais un rendez-vous.

...

— Passe une bonne soirée John.

John opina énergiquement de la tête pendant que j'arrangeai les pans de sa veste.

— Je suis un peu nerveux, avoua-t-il regardant mes mains.

— C'est normal. Ça fait une éternité que tu n'es pas sortie avec une femme.

— C'est vrai, soupira John. Sherlock m'a pas mal accaparé.

Sa pour l'avoir occupé, il l'avait sacrément occupé. Sherlock avait demandé à John d'écrire l'intégralité de leur enquête sur le blog et de faire un compte rendu chimique et biologique de leurs indices. Le pauvre John n'avait pas eu une minute à lui pour arranger un rendez-vous avec Mary.

— Tu es sur que sa va aller avec lui ?

Je jetai un regard en catimini vers Sherlock qui jouait du violon près de la fenêtre.

— Ne t'en fais pas, le baby-sitting sa me connait, assurai-je en accompagnant mes paroles d'un clin d'œil.

— Il peut être relativement pénible parfois, tu sais.

— Ne t'en fais pas, répétai-je en lui tendant le bouquet de roses qu'il avait été cherché. Ce n'est pas comme si c'était la première fois que je reste seule avec lui.

Empli d'hésitation, John s'empara du bouquet et réajusta nerveusement sa coiffure. Voyant son combat intérieur, je posai une main rassurante sur l'épaule du médecin et lui offrant un sourire tendre.

— S'il te plait John, ne me force pas à te mettre dehors, soufflai-je d'un air faussement agacé.

Cette réplique dut rassurer John, car il éclata de rire en daignant quitter enfin l'appartement.

— Ce ne sera pas nécessaire.

— Merveilleux ! Ne fais pas attendre Mary. D'après ce que je sais, c'est la femme qui doit faire attendre son compagnon et non l'inverse.

— Je ferais en sorte de m'en souvenir. Bonne soirée à toi Molly.

— Merci John. Et par pitié, coupe ton portable.

Il étira davantage ses lèvres.

— C'est déjà fait.

— Ah John ! l'interpellai-je avant qu'il ne monte dans l'ascenseur. Si Mary me dit que tu t'es mal comporté, sache que je t'attendrais avec une batte de baseball.

— Je tacherais de m'en souvenir ! répliqua-t-il en masquant son sourire.

Sur ce, il tourna les talons comme s'il allait devoir combattre toute la nuit. À vrai dire, la partie était gagnée d'avance étant donné que Mary n'avait d'yeux que pour lui au point de larguer James. Victoire !

Refermant la porte, je retournai dans le salon. Sherlock avait délaissé son violon pour plonger dans les données de son ordinateur.

— John.

— Il vient de partir, annonçai-je sereinement en m'avançant vers le frigo.

— Vraiment ? Je ne l'ai pas entendu.

Était-il sérieux ?

— Il était dans cette pièce, il y a deux minutes.

— Je n'ai pas fait attention, rétorqua-t-il en replongeant son regard dans les lignes qu'affichait son ordinateur.

Super.

J'avais accepté de rester ici avec Sherlock dans l'unique but de faire plaisir à John, mais je sentais que la soirée allait être sacrément longue. Sur le papier pourtant ça avait l'air pas mal. Mais l'application était toute autre.

Plongeant ma tête dans le frigo, je laissais mon regard balayer les étagèrent du frigo tandis que la voix de Sherlock résonna dans l'appartement.

— Tu prépares de quoi manger.

Figée, je me redressai pour jeter un regard ahuri à Sherlock qui avait toujours le nez sur son écran.

— J'espère que c'était de l'humour.

— Ma cuisson de viande est saignante, mais je ne mange que très peu le soir, annonça-t-il en poursuivant sa lecture.

— Donc ce n'était pas de l'humour, dis-je dans un murmure en claquant la porte du frigo.

Je quittais la cuisine et alla m'assoir sur le premier canapé qui se trouvait le plus prêt pour y tomber lourdement. Je fixais longuement le détective qui semblait absorbé par sa lecture. À vrai dire, lorsqu'il n'était pas désagréable et ne s'amusait pas à deviner ce que je pensais, il était plutôt attirant. J'aimais la manière dont il fronçait ses sourcils et la barre qui se dessinait entre ses derniers.

— Tu travailles sur quoi ?

— L'enquête.

Bon… Ce n'était pas gagner. La soirée allait vraiment être longue.

— Mais encore…

— L'enquête en cours.

— Merci pour cette réponse qui m'a énormément avancé dans mon questionnement Sherlock. Bon, étant donné que tu as mangé le plat Chinois que je t'avais apporté en gage de paix, je pense que tu n'es pas contre si je commande chinois ?

— Hum…

Agacée qu'il ne soit pas plus attentif, je m'empressai de traverser le salon pour me placer près de lui. Voyant qu'il ne me répondait toujours pas, son attention toujours concentrée sur son écran d'ordinateur, je refermai le clapet de ce dernier sous un hoquet de surprise de Sherlock.

— Molly, j'étais en train de lire quelque chose de très important.

— Et moi je t'ai posé une question. Maintenant, on va mettre les choses au clair. Je suis là pour la soirée et j'aimerais que ça se passe bien. Alors tu peux travailler en paix, je ne t'ennuierais pas, mais je te demande une chose. Une seule chose. C'est que lorsque je te pose une question, c'est de répondre. Même par monosyllabe et si tu fais une phrase je serais au paradis. Donc je te repose la question : du chinois, ça te va ?

Étrangement, il était resté silencieux tout au long de mon monologue, le regard alerte et les yeux ronds comme des soucoupes. Pour une fois, j'avais réussi à lui couper la chique et une petite voix en moi dansait joyeusement.

— C'est parfait, Molly.

— Bien. C'est tout ce que je voulais savoir.

— Maintenant puis-je retourner à mes recherches ? demanda-t-il prudemment en désignant son ordinateur sur lequel j'avais plaqué mes deux mains.

— Oui. Bien sûr. Je vais commander.

Tournant les talons je m'emparai de mon portable pour composer le numéro du traiteur chinois non loin de Backer Street. Une fois la chose faite, je balayais du regard la pièce en décidant d'aller m'installer sur un des immenses fauteuils qui faisaient face à la télévision.

— Le repas arrive dans quinze minutes, annonçai-je tout en me laissant tomber dans le fauteuil.

— Hum…

Sans dire un mot de plus, je m'emparai de la télécommande et zappa sur les différentes chaines.

OK, je savais très bien que la soirée allait être catastrophique, mais je me rendis compte au bout d'une dizaine de secondes qu'elle allait aussi trépidante qu'une visite chez le dentiste.

— Bon sang est-ce qu'ils se sont passé le mot pour que je m'ennuie à mourir ? marmonnai-je en appuyant furieusement sur les différents boutons.

— John regarde toujours une série sur la 14 à cette heure-ci.

Je détachai mon regard de l'écran de télévision pour dévisser ma tête afin de regarder le détective.

— Et c'est bien ?

— Aucune idée. Je me désintéresse de ce qui se passe à la télévision, ça prendrait une place inutile dans mon cerveau, continua-t-il d'une voix monocorde tout en conservant son regard fixer sur l'écran de son ordinateur.

— Y-t-il au moins quelque chose qui te passionne ? En dehors des enquêtes j'entends, parce que jusque là je t'ai trouvé assez fermé d'esprit.

Il sembla réfléchir quelques secondes.

— Certains jeux.

— Vraiment ? Lequel ? Le Cluedo ? lui demandai-je en lâchant un petit rire.

Il détourna son regard de l'écran pour me toiser d'une mine outrée. Super j'avais le don de faire des gaffes plus grosses que moi.

— Absolument pas ! Ce jeu est totalement ridicule et contraire à toute logique de déduction. Les concepteurs de ce jeu sont stupides.

OK…

— Hum… Moi non plus je n'aime pas trop ce jeu et puis les noms des personnages me dépassent.

— Si ce n'était que ses ridicules noms ! Tout le jeu n'est qu'une vaste plaisanterie montée par des types enfermés dans un bureau se demandant comment torturer au mieux des gens qui ne demande qu'à se détendre.

— D'accord…

Je retournai mon regard vers l'écran de télévision tout en soupirant. Pendant près de quinze minutes, le silence était présent dont seul le bruit des touches que pressait Sherlock perturbait. La sonnerie de la porte d'entrée résonnait comme une délivrance. Ni une ni deux, j'avais bondi sur mes pieds, courant chercher notre nourriture.

— Le repas est arrivé Sherlock ! m'exclamai-je en refermant la porte pour déposer les paquets sur la table basse.

Sans dire un mot, Sherlock tendit sa main vers moi. Perplexe je l'observai avant de comprendre où il voulait en venir.

— Ne me dis pas que tu vas manger devant ton ordinateur.

— Si pourquoi ? J'ai encore du travail.

— Il est hors de question que je passe ma soirée devant la télévision en mangeant du chinois pendant que tu gardes ton nez sur l'écran. Ce soir, tu oublies ton enquête et tu manges avec moi.

— Je dois travailler Molly.

— Pas ce soir. J'ai commandé pas mal de choses et je pense que ce serait bien que l'on partage tout ça. Je te demande juste une soirée Sherlock. C'est un effort sur humain pour toi ?

Hésitant, il détacha tout de même son attention de son écran puis le referma délicatement avant de quitter sa chaise. Sans pouvoir m'en empêcher, je sentis un sourire ourlet mes lèvres.

Je m'empressai de déballer les sachets du traiteur pour dissimuler l'air niais qui était collé sur mon visage.

Le regard fixé sur ce que je faisais, j'entendais le bruit de ses pas s'approcher de moi tandis que des frissons dévastèrent mon échine.

Déglutissant, je me redressai pour lui faire face, et là je crus fondre littéralement sur place lorsque je fis face à son regard. Il dut se rendre compte de mon trouble, car il laissa un sourire fleurir sur les siennes.

Déstabilisée, je pris rapidement un des sachets pour le tendre à Sherlock.

— J'ai pris un peu de tout… Comme ça tu pourras trouver au moins un truc qui te plaise…

— Merci pour cette charmante initiative Molly.

Rougissant comme une adolescente, je lui tendis le paquet dont il s'empara avec une lenteur qui me permettait de sentir la chaleur de ses doigts sur ma peau. Je me maudissais à l'idée de laisser mes paupières se fermer.

Ses mains étaient si parfaites. Ses doigts longs et délicats. J'ôtai mes mains du sachet en laissant un sourire gêné barrer mon visage.

— Bon, maintenant que tu as laissé ton enquête en suspend, nous allons pouvoir commencer, dis-je en espérant pallier à la tension qui semblait nous enrober.

Rester une soirée avec lui n'était pas non plus la mer à boire. Je pouvais garder encore un peu de dignité en me remémorant les phrases refroidissante que Sherlock m'avait déjà servies.

Il était marié à son travail, parfait.

Je m'installai rapidement sur un fauteuil individuel pour avoir un minimum de distance avec lui. Il fit de même et s'installa face à moi alors que je m'emparais du sachet qui contenant les baguettes en bois.

Maladroite, je n'arrivais plus à contrôler mes gestes, renversant un peu de sauce sur mon jean. Bon dieu, pourquoi j'étais si gauche ? J'avais eu un nombre de chromosomes supérieur à un être normalement constitué ?

M'emparant du sachet contenant des baguettes, je lui en tendis une paire avant de déclarer.

— Sherlock est-ce que tu voudrais que je te défasse une braguette ? Une baguette ! une baguette je veux dire ! bafouillai-je totalement affolée.

Sherlock laissa un petit rire s'échapper de ses lèvres alors que mon visage était totalement en feu. Idiote !

— J'accepte les baguettes Molly.

Le regard rivé sur le sol, je me traitai de tous les noms fleurit que je connaissais en me jurant de limité mes champs de conversation. Afin d'être sûr qu'aucune idiotie ne sorte de ma bouche, je m'empressai d'enfouir une grosse bouchée de nouille chinoise. Des nouilles… J'en étais une belle tiens !

À une vitesse folle, j'engloutis la moitié de mon sachet sous le regard ébahi de Sherlock.

— Molly ?

— Foui ?

Mes baguettes restèrent en suspend alors qu'une belotte de nouille restait dans ma bouche.

— Tu n'as pas à être mal à l'aise en ma présence.

— Je ne… (je pris le temps de mâcher et d'avaler mes nouilles avant de reprendre.) Je ne suis pas mal à l'aise, mais…

— Mais ?

— Mais parfois, je ne sais pas comment réagir avec toi Sherlock ? Tu es un homme très…

— Instable ?

— Original, rectifiai-je. Et impressionnant. Ne prends pas la grosse tête non plus, mais tu es difficilement abordable avec ton caractère. J'ai comme l'impression que tu t'efforces de mettre une distance avec les gens. Même si parfois tu n'en as aucune envie.

— Il y a beaucoup de choses que tu ne comprends pas Molly, dit-il sérieusement.

— Que je ne comprends pas ou bien que tu ne veux pas m'expliquer ?

Il lâcha un petit rire.

— John a une mauvaise influence sur toi.

— Je sais que tu ne me fais pas confiance. Alors, n'essaye pas de me mentir ou d'éluder les questions comme tu as l'art et la manière de faire.

Il se contenta de me de regarder d'un air sombre.

— Il ne faut pas que tu crois que je suis quelqu'un de bien. Ce serait la pire chose que tu puisses faire.

— Si tu me laissais juger par moi-même.

— Ce serait une perte de temps.

— Pourquoi ne pas accepter que des gens puissent t'approcher ?

— Le jeu des post-its. Voilà le jeu que j'aime bien. John adore y jouer.

— Tu éludes.

— Je vais chercher les post-its. Il doit y en avoir dans le bureau.

— Tu ne pourras pas jouer à sa éternellement, soupirai-je en jetant mon sachet vide sur la table basse.

— Je sais bien. À un moment, il faudra bien finir de manger.

Je le vis partir de la pièce avec précipitation, fière d'avoir une nouvelle fois réussi à s'en sortir à si bon compte. Il ramena une pile de posts-il multicolore ainsi que deux stylos.

C'est avec une énergie d'une enfant de dix ans qui venait de découvrir ses cadeaux de Noël qu'il se planta devant moi en me tendant son butin. Enfoncer dans le fauteuil, je le détaillai de la tête aux pieds.

— En faite, tu étais sérieux. Je veux dire, pour le jeu des post-its.

Fronçant les sourcils, il m'observa comme si le moindre mot pouvait être mal interprété.

— Bien sûr. Je suis toujours sérieux.

— C'est bien ça le problème, marmonnai-je.

— Qu'est-ce que tu as dit ?

— Rien. Tu m'expliques les règles ?

Horrifié, il écarquilla grand les yeux en se laissant tomber dans le fauteuil qui me faisait face.

— Tu n'y as jamais joué.

— Non.

Ma réponse eut le don de faire davantage dilater ses pupilles de surprise.

— Jamais ?

— Puis ce que je te dis que non !

Non vraiment, à vrai dire mes parents n'étaient absolument pas des adeptes de ce jeu. D'aucune activité avec moi en réalité.

Il leva les mains devant lui en signe de reddition

— OK OK… Pas besoin de t'énerver.

— Je ne m'énerve pas, marmonnai-je en passant une main sur mon visage. Tu m'expliques alors ?

Il ne parla pas tout de suite. Il prit son temps pour s'installer face à moi et croisa ses longues jambes. Ses gestes étaient aériens et m'obnubilèrent que lorsqu'il se mit à m'expliqué le fonctionnement du jeu, je sursautai.

— Tu dois noter un mot, ça peut-être un objet ou bien une personne et je dois deviner ce que tu as noté en te posant des questions.

— C'est relativement simple.

— En effet, le plus simple d'esprit peu y joué. John aime quand on joue à ce jeu.

Je m'emparai d'un stylo et d'un post-it. Il mit une main devant son papier et il griffonna rapidement dessus, un sourire aux lèvres. C'était le premier sourire franc que je voyais sur la bouche de Sherlock et j'avais l'impression qu'il venait de rajeunir sous mes yeux.

— Je suis prêt, annonça-t-il solennellement.

— Tu commences, m'exclamai-je alors que son prénom ornait son front.

— Très bien, alors suis-je un être humain ?

— Bonne question… Je dirais que physiquement oui.

— Hum… Je suis un robot ?

— Loupé ! À mon tour. Je suis un être humain ?

— Oui.

— Je suis une femme ?

— Oui.

Je fronçai les sourcils en balayant la pièce du regard.

— Est-ce que je suis célèbre ?

— Oui. Enfin je crois.

— Tu crois ? demandai-je incrédule. Est-ce que tu sais au moins qui est la personne que tu as notée ?

J'avais accompagné mes propos en désignant le post-it qui siégeait sur le haut de mon front. Il pencha la tête sur le côté en plissant des yeux avant de dire :

— Non je l'ai vue dans un magasine.

J'arrachai le papier de mon front et je sentis un fou- rire monté.

— Tu ne sais même pas qui est Madonna ?

— Non.

— Tu es sérieux ?

— Je t'ai déjà dit que je ne stockais jamais d'information inutile.

— Tu es bizarre, tu sais.

— On me le dit souvent.

— Ce n'est pas une mauvaise chose. Les gens que je connais sont toujours faciles à cerné. Enfin, j'arrive facilement à savoir comment ils réagiraient selon certaines circonstances. Je connais les habitudes de mes collègues et de mes amis sur le bout des doigts. Rien ne m'étonne. Rien ne me touche. J'ai l'impression d'avoir cent ans alors qu'avec toi… C'est toujours nouveau. Toujours spécial. Je ne sais jamais à quoi m'attendre.

Une lueur étrange traversa ses yeux et je lâchais un rire gêné pour couper court.

— Tu dois me trouver bizarre.

— Absolument pas.

Il descendit de son fauteuil pour se rapprocher de moi.

— Molly, je suis un sociopathe de haute catégorie, s'il y a une personne ici de bizarre dans cette pièce sache que ce n'est pas toi.

— J'ai vécu dans une famille assez spéciale. J'ai eu une enfance difficile, avouai-je. Le plus instable des deux ce n'est certainement pas toi Sherlock. À vrai dire, je crois que tu es la personne la plus saine d'esprit que je connaisse.

— Tu es en train de te moquer de moi ?

— Pas du tout.

— Molly, n'essaye pas de devenir mon amie. Pour ta sécurité et ton bien-être.

— John l'est bien, répliquai-je.

— John est un cas spécial.

— Moi aussi, j'ai envie d'être un cas spécial !

Mince. Rassurez-moi, je n'avais pas dit ça à voix haute ? Il dut être surpris, car il ouvrit et referma plusieurs fois la bouche.

— Molly, je…

Avant qu'il n'ait eu le temps de finir sa phrase, la sonnette de la porte d'entrée se mit à retentir. J'esquissai un geste pour me lever, mais Sherlock me stoppa dans mon élan en me retenant par le poigné.

— N'ouvre pas Molly.

— C'est peut-être important.

— ça attendra.

— Et si c'est John ?

— Je ne veux pas qu'on nous dérange.

La mâchoire détachée, j'hésitai longuement avant de me défaire de l'étreinte de Sherlock. La curiosité était trop grande. Et si c'était John, je n'avais aucune envie qu'il s'imagine des choses.

Comme si j'avais le diable aux fesses, je m'empressai d'aller ouvrir la porte pour tomber sur un homme assez grand. Il était la représentation typique de l'homme britannique. Très élégant, le visage sans expression particulière. Ses cheveux étaient rabattus correctement, aucune mèche ne dépassait.

Il dégageait une aura telle que lorsque son regard glissa sur moi je me surpris à retenir mon souffle. Son nez fin se releva tandis qu'il m'observa de toute sa hauteur, le visage marqué de petite ride.

— Bonsoir ! Je peux vous aider ? demandai-je.

L'homme haussa des sourcils avant de lancer un regard vers la fenêtre.

— Est-ce que Sherlock Holmes est ici ?

— Euh… Oui, il est là. Mais sans vouloir vous froisser, qui êtes-vous ?

— Mycroft Holmes, je suis le frère de Sherlock.

— Son… Frère.

Sherlock avait un frère. Les yeux écarquillés, je m'effaçai de l'entrée.

— Et vous qui êtes vous ? me questionna-t-il en balayant les environs comme un radar.

— Euh.. Molly. Molly Hooper.

— Enchanter chère Molly. Je suis heureux de vous rencontrez.

Sans me laisser répondre, il se dirigea vers le salon.

— Si j'avais su que tu étais en si bonne compagnie, j'aurais appelé.

Dans un bon, Sherlock se mit sur ses pieds affichant un visage impassible.

— Qu'est-ce qui t'amène ici ?

— John n'est pas là ? Il y a de la musique et un repas chinois. Il semblerait petit frère que j'interromps quelque chose entre toi et cette jeune femme, se moqua son frère tandis que les poings de Sherlock se crispèrent.

— Tu n'interromps absolument rien.

Ah bah merci !

— Je n'en suis pas si sûr.

— Molly, est-ce que mon frère ici présent interrompt la moindre chose ? s'enquit Sherlock, prêt à exploser.

Pourquoi était-il si en colère ? Je sentis la déception s'emparer de moi lorsque l'impression d'être rabaissé au rang d'élément d'enquête me fit tilter.

— Euh… Non. Apparemment non, crachai-je sous le regard étonné de Sherlock.

— Mère sera ravie de savoir que Sherlock entretient une relation avec une jeune femme aussi ravissante que vous Molly.

— Il n'y a aucune relation, assénai-je en croisant mes bras. Sherlock et moi sommes voisins et John est un ami. Il sortait ce soir et m'a demandé de rester avec Sherlock pour qu'il ne soit pas ennuyé par lui.

Jetant un regard vers Sherlock, je remarquai qu'il n'avait pas compris les intentions de John. Gênée, je marmonnai une désolée avant de refaire face à son frère.

— Et puis, je ne vois pas pourquoi nous devrions nous justifié étant donné que nous sommes des adultes responsables qui ne font absolument rien de mal et d'illégal pour la plupart des pays.

— Eh bien, mon frère, je vois que tu as trouvé une jeune femme aussi intéressante qu'incisive. Je suis sûr que mère sera folle de joie lorsqu'elle apprendra la nouvelle.

— Mais bon sang est-ce qu'il a écouté ce que je viens de lui ? demandai-je à Sherlock en pointant son frère du pouce.

— Ne cherche pas Molly, Mycroft a des soucis de perception et d'audition.

Son frère éclata de rire tout en changeant son parapluie de main.

— Il est si causasse d'entendre ça venant de toi mon frère. Je suis heureux que tu parles au beau sexe.

— Et ton régime est-il toujours d'actualité ? Cingla Sherlock d'une voix moqueuse.

Plissant des yeux en perdant son sourire sournois, Mycroft plaça son parapluie devant lui, serrant dans sa paume le manche de se dernier.

— Je ne suis pas venu parler de ça petit frère.

— Tu as dit à mère que tu avais repris six kilos.

— Cinq seulement ! rectifia le frère de Sherlock tout en levant son menton fièrement. J'ai eu des diners importants, avec des gens importants. Mais les raisons de ses dines n'ont rien à voir avec ce dont je suis venue te parler. J'ai des informations importantes sur l'affaire dont tu m'as parlé.

Je fronçai les sourcils lorsque je vis Sherlock s'approcher de son frère.

— Pourquoi ne pas m'avoir informé de tout ça par texto, comme tu le fais si bien.

— Tu te doutes que si je me suis déplacé, c'est que les informations que j'ai recueillies ne peuvent pas être transmises par écrit, laissant la possibilité au moindre Hacker de seconde zone de s'en emparer.

— Molly, madame Hudson a préparé une tarte au citron pour nous. Ai l'amabilité d'aller la chercher, fit Sherlock tout en conservant son regard ancré dans celui de Mycroft.

— Pourquoi est-ce que…

— Fais ce que je te dis, ordonna-t-il d'une voix menaçant avant de rectifier d'une voix plus calme. S'il te plait.

— Très bien ! Tu m'enverras un texto lorsque j'aurai l'autorisation de revenir, dis-je en me dirigeant vers la sortie. J'étais heureuse de vous rencontrez Mycroft.

— De même Molly.

Dans un hochement de tête, je fis volteface pour quitter l'appartement. Je me dirigeai vers l'appartement de Madame Hudson. C'est une madame Hudson surprise qui m'ouvrit la porte. Penaude, je m'encerclai de mes bras.

— Bonsoir. Escusez moi de vous déranger.

— Molly ma chère tu ne me déranges pas du tout, entre donc je t'en pris.

— Sherlock m'a dit que vous aviez préparé une tarte.

— Oui ! Venez, je viens juste de la sortir du four !

Ça sentait délicieusement bon. Je pénétrai dans la cuisine de la propriétaire en remarquant les nombreux cadres qui trônaient sur les murs. La plupart la représentaient dans diverses activités. Équitation, voyage. J'avais déjà compris qu'elle était du genre à avoir la bougeotte, mais je n'avais jamais cru que c'était à ce point. Je sursautai lorsqu'elle m'adressa la parole, me faisant quitter les photographies du regard.

— Alors, votre soirée se passe bien ? Ne me regarder pas ainsi très cher, je suis au courant, John m'a prévenu que vous et ce cher Sherlock étiez en tête à tête ce soir.

Rougissante de tout mon soul, je secouai la tête en me retenant de peu de me tordre les doigts de gêne.

— Nous ne sommes pas en tête à tête… Enfin si, mais pas dans le sens romantique du terme.

— Je vois. Tout ce passe bien ?

— Oui. Je viens d'être… Hum, royalement mise à la porte, dis-je dans un petit rire. Ça ne vous dérange si je reste quelques minutes ici ? Je crois que je ne suis pas la bienvenue pendant les dix prochaines minutes.

— Bien sûr ! Installe toi, je suis en train de prendre une tasse de thé, en désire tu une ?

— Oui. Volontiers, merci.

Elle me désigna une petite chaise dans la cuisine et s'afféra à remplir une tasse de thé et me la tendis de sa petite main calleuse.

— Il ne faut pas en vouloir à Sherlock ma chère. C'est un brave garçon, il a juste des méthodes atypiques.

Pour être atypiques, elle l'était. Lorsqu'elle prononça le nom de Sherlock, je remarquai que son visage rider s'illumina d'un merveilleux sourire qui lui ôta une dizaine d'années.

— Comment l'avez-vous rencontré ?

Elle prit sa tasse de thé et me contourna pour aller s'installer sur une des petites chaises en bois qui me faisait face. Délicatement elle posa sa tasse sur le napperon blanc de sa table et glissa son doigt dans l'anse de son récipient pour le porter au bord de ses lèvres.

— Il m'a aidé dans une affaire à propos de mon mari.

— Oh ! Il l'a blanchi.

— Non, il l'a fait faire tuer.

Faire… Tuer. D'accord donc sa proposition de tuer mon agresseur n'avait pas été une parole en l'air. Comme si je n'avais pas assez de psychopathes qui me tournait autour. Elle dut remarquer mon hoquet de surprise, car elle se justifia qu'une voix pleine de rancœur.

— Mon mari était un homme que l'on peut qualifier de… pourri très chère.

Bon sang… Sa transpirait d'amour.

— Oh je vous crois… Il a certainement eut que ce qu'il méritait, répliquai-je en m'empressant de boire une gorger de thé.

— En effet. Vous savez, je n'ai jamais été aussi heureuse que depuis que ma route a croisé celle de ce petit chenapan, gloussa-t-elle en pointant le plafond de son index. Il me permet de vivre par procuration une vie palpitante.

— Si on aime ça oui, ce doit être le pied, marmonnai-je en avalant une gorge. À croire que les meurtres sont passionnants à l'écouté.

— Ils le sont. Sherlock a cette intelligence qui a le don de captiver.

Je laissai un rire amer raisonné alors que mon regard se perdu dans mon thé.

— Il doit avoir une ribambelle de gamines qui lui court après.

C'était puéril, mais la pointe de jalousie que je ressentais à cet instant balayait la moindre pensée cohérente. Je n'avais pas à être jalouse, je le savais parfait, mais c'était plus fort que moi. Imaginer Sherlock entouré de femmes me faisait mal. J'avais l'impression qu'on me piquait hargneusement la poitrine avec une épingle. C'était très désagréable.

— Ce genre de chose est malheureusement inévitable Molly. Mais il n'est intéressé par aucune de ses jeunes femmes. Seul son travail à une place importante dans sa vie. Ainsi que son amitié avec peu de personnes.

Je n'y croyais qu'à moitié. S'il avait autant d'admiratrices, il devait bien avoir eu à un moment donné une femme qui lui avait fait oublier ses enquêtes. Rien que cinq minutes. Cette idée me rongeait littéralement. Je devais savoir. Nerveusement, je me tortillai sur mon siège en gardant mon attention sur la tasse en porcelaine.

— Madame Hudson, j'ai… j'ai une question assez indiscrète a vous posez.

— Je t'écoute.

— Voilà, je me posais la question… Sherlock a déjà eu une petite amie ?

Ses facettes se creusèrent alors que je sentais mon cœur tambouriné à toute vitesse dans ma poitrine. Dieu pourquoi devais-je être aussi émotive ?

— Serais-tu intéressé ?

— Quoi ?! Non ! Absolument pas, ce n'est pas mon genre. J'aime les hommes… Stable. Enfin, j'ai un rendez-vous avec un homme la semaine prochaine. Un homme très intéressant.

— Oh ! Une charmante nouvelle ! Comment est-il ? s'enquit-elle en papillonnant des yeux.

— À vrai dire, ma description ne peut être physique, car nous n'avons parlé que quelques minutes.

— Décris le moi Molly, s'exclama-t-elle en tordant d'impatience sur sa chaise.

— Il est grand, brun. Les cheveux noirs bouclés, les yeux marron et des lèvres relativement fines.

— Un physique très agréable !

— Oui et…

— Et ses fesses comment sont-elles ?

Écarquillant les yeux, je ne pus m'empêcher d'éclater de rire en comprenant les propos de ma propriétaire.

— Parfaitement modelé, avouai-je entre deux hoquets de rire.

— C'est parfait. Un homme avec de belles fesses est toujours un très bon point. Tu me diras quand vous serez à l'étape de la cigarette au lit.

— Madame Hudson !

— Roh ne soit pas si mal à l'aise Molly. Une vieille femme comme moi n'aspire plus à ce genre de chose, mais ne m'empêche pas de le vivre par procuration.

— Dans ce cas, vous serez la première au courant.

Dans un rire, je bus l'intégralité de ma tasse de thé alors que je sentis ma poche vibrer. Je m'empressai de jeter un regard à mon téléphone

Tu peux revenir, Mycroft s'en va. – SH. .

Eh oui ! Alors ses deux nouvelles personnes Mycroft et Pito sont dans la place ! Bon je vous le dis tout net, Sherlock ne sera pas le seul soupirant de Molly * ne me détester pas ! * Ouais James est… Sacrément spécial et Tom à l'air charmant, mais pas autant que Sherlock hein !

J'adore Mycroft. J'adore les joutes verbales entre les deux frères Holmes. C'est toujours génial, alors vous vous en doutez, je me suis fait un plaisir d'y ajouter Molly. Et puis qui de mieux que Mme Hudson pour être l'oreille attentive de notre Molly ?

Comme il est coutumes depuis quelque temps, je vous propose une autre Sherlolly à lire ! Cette fois-ci c'est un OS que je vous propose (bien que j'adorais que l'auteur en fasse une fiction) : un témoin inattendu de Kis38.

Je vous dis à la semaine prochaine !