Bonjour ! Voici donc le chapitre 10 avec des ràr de titesouris
Bergonis : Non mais lui à l'instant où il apparait dans la série, il a un panneau clignotant au-dessus de la tete disant 'traitre'.
Abeille : C'est pas le pire encore
Elisabeth49 : Mais elle doit sentir leur présence au meme titre que Merlin et d'ailleurs elle reste près d'un feu dans la série quand on la voit. Pis elle est toute perturbée par les paroles 'he's your destiny, he's your doom'
Colinou : Morgause est une blondie psychopathe faut pas chercher à comprendre.
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Chapitre 10: L'Heure La Plus Sombre ~Partie 3~
Tous trois entrèrent dans la salle du conseil comme un groupe uni, Arthur en tête, Léon et Merlin derrière lui, côte à côte. Un instant plus tard, Merlin se souvint de s'arrêter l'espace d'une seconde pour se retrouver derrière les deux, ainsi qu'il était approprié pour un serviteur. Heureusement personne ne remarqua l'erreur, à l'exception des gardes devant les portes qui n'y firent de toute façon pas attention. Ils étaient tous trop distraits par la jeune femme en train de sangloter au centre de la pièce.
Arthur se dirigea vers elle, les chevaliers et les membres du conseil s'écartant pour le laisser passer, et il s'adressa à son oncle au moment où il les rejoignit tous les deux.
"Que lui est-il arrivé ?
- Son village a été attaqué.
- Par qui ? demanda Arthur en fronçant les sourcils.
- Ce n'est pas très clair, Sire."
Agravain s'écarta, tandis qu'Arthur rejoignait la jeune femme que réconfortait Gaius. Merlin avait choisi de faire le tour, pour atteindre un endroit où il pouvait voir mais sans qu'on fasse attention à lui.
"Quel est ton nom ?"
La femme releva légèrement la tête, mais pas assez pour croiser son regard.
"Dréa."
Arthur tendit le bras, plaçant ses mains sur ses épaules pour la rassurer, sa voix douce et réconfortante, sa posture presque à demi-courbée devant sa taille plus petite afin qu'il puisse la regarder dans les yeux.
"Dréa, je suis Arthur. Ne crains rien. Raconte-moi ce qui s'est passé."
Merlin observa depuis sa position, remarquant que la méthode directe et compatissante d'Arthur pour la réconforter et obtenir l'information, était bien plus personnelle que la manière distante dont Uther serait resté assis sur son trône pour l'interroger. C'était clairement une partie de ce qui ferait d'Arthur un roi tellement aimé par son peuple quand l'heure viendrait. Il se dressait comme leur guide compatissant, non comme leur dictateur isolé.
Drea réagit, croisant enfin son regard tandis qu'elle luttait contre les larmes pour expliquer :
"Ma mère, mon père, ma jeune soeur, ils sont-"
De nouveau Arthur maintint fermement sa main en place pour la réconforter.
"Calme-toi... Ils ont été attaqués ?"
Elle acquiesça.
"Par qui ?"
La tête de Drea était de nouveau baissée, mais cette fois sous l'effet d'une terreur remémorée.
"Il n'y avait personne... Il y avait juste des ombres.
- Tu n'as pas vu leurs visages ?"
Elle croisa de nouveau son regard, l'implorant de la croire.
"Ils n'avaient pas de visages."
Arthur jeta un regard à Gaius, un ordre silencieux au médecin de se préparer à faire des recherches, et non par incrédulité comme Dréa sembla le croire.
"C'est vrai ce que je vous dis. Ils étaient là, mais ils n'étaient pas là... Ils bougeaient si vite... Et on aurait dit qu'ils n'étaient pas réels, mais ils devaient l'être."
Elle ravala un sanglot, au bord de la crise d'hystérie.
"J'ai entendu tout le monde hurler puis... plus rien. Le silence. Ils étaient morts."
Arthur en avait assez entendu, la confiant aux soins de Gaius.
"Merci."
Il se tourna vers son oncle, sévère et autoritaire, son attitude douce remplacée par la résolution.
"Où est ce village?"
Agravain répondit solennellement tandis qu'ils commençaient à sortir de la pièce.
"A Howden, c'est à l'est des Montagnes Blanches. C'est à une demi-journée de voyage d'ici."
Arthur regarda par-dessus son épaule vers Léon qui les suivait, ses yeux se portant brièvement sur Merlin pour signifier qu'en réalité les ordres étaient pour lui.
"Préparez les hommes. Nous partons tout de suite."
Léon acquiesça et se mit en route, mais ce fut Merlin qui se glissa dans un passage sur le côté et dans une alcôve, avant de sortir son amulette et d'activer quatre des symboles y figurant.
"Préparez-vous à partir. Elyan, j'aurai besoin que tu viennes m'aider à seller les chevaux dès que tu seras prêt."
Merlin sortit de son alcôve, passant près des cuisines et donnant l'ordre à l'un des serviteurs s'y trouvant de préparer assez de nourriture pour une journée de voyage pour sept hommes, et de la faire envoyer aux étables. Il entreprit ensuite de se rendre à ces dernières, réussissant à seller trois des montures avant qu'Elyan n'arrive pour l'aider à finir les quatre autres. La nourriture arriva sur ses talons, Merlin l'attachant à sa selle en tant que serviteur du groupe avant que le chevalier et lui ne mènent les sept chevaux dans la cour où les autres les attendaient déjà.
Pas un mot ne fut prononcé tandis qu'ils montaient en selle et sortaient, chacun demeurant silencieux jusqu'à être bien au-delà des murs de la ville. C'est seulement alors qu'Arthur parla, donnant aux quatre chevaliers qui n'avaient pas été présents, un résumé sur leur destination.
"Le Village de Howden a été attaqué par d'étranges créatures, fort probablement magiques. Tout le monde a été tué à l'exception d'une unique survivante qui a réussi à rejoindre Camelot pour nous avertir. J'ai besoin que vous soyez tous en alerte, et gardez Merlin au centre de notre formation à tout moment pendant le voyage. Si ces choses sont vraiment de nature magique, alors il est notre meilleure chance contre elles."
Merlin observa les cinq autres Chevaliers de la Fraternité se rassembler autour de lui, haussant les sourcils devant cette précaution.
"Est-ce que je dois vous rappeler que, s'il se passe quelque chose, ce sera moi qui vous protègerai et non l'inverse ?"
Arthur lui jeta un regard par-dessus son épaule, l'air plutôt amusé.
"Non, mais je prends quand même cette précaution. Pas d'arguments.
- Oui, Sire, répondit-il avec un sourire narquois. Mais vous ne croyez pas que ça va sembler un peu étrange si vous avez ordonné à vos hommes de garder le 'serviteur' du groupe et pas vous-même ?"
Devant l'expression que suivit sur le visage du prince, Gauvain commença à ricaner, suivi par le reste d'entre eux. Arthur secoua ensuite la tête avec irritation avant de corriger ses ordres.
"Chevauchez en file relâchée, avec Merlin au milieu. De cette façon la tête de bois est toujours gardée, mais de façon moins évidente."
Merlin le fixa avec une indignation feinte.
"C'est mon insulte.
- Oui, répondit Arthur en riant, et elle te convient parfaitement."
Le badinage avait allégé l'atmosphère, chassant l'apréhension, mais cette dernière refit surface quelques heures plus tard quand ils arrivèrent à la limite de Howden. Tout était mortellement silencieux, seuls les poulets et autres bestiaux fournissaient des sons normaux pour un village de cette taille.
La lumière disparaissait rapidement, le jour étant coupé plus tôt ici que plus loin à l'est par le fait que le soleil passait derrière la ligne des Montagnes Blanches à proximité. De la fumée s'élevait des restes d'un feu de cuisson, si faible désormais qu'il était clair que le feu avait cessé de brûler convenablement plusieurs heures auparavant. C'était sinistre et surnaturel, et personne ne protesta quand le prince donna l'ordre d'arracher de minces lattes de bois à une clôture voisine pour en faire des torches.
Ce fut Merlin qui sortit les rouleaux de tissu imbibés de cire de leur sac de voyage, les attachant étroitement autour des planches avant de les allumer d'un sort rapide. Il n'en fit aucune pour lui, il n'en avait pas besoin. Un moment de méditation lui permit de vérifier qu'il ne sentait aucune vie ici, en-dehors de celle de ses amis et des animaux. Il ne restait personne ici pour le voir s'il utilisait la magie pour éclairer sa route.
Il ne le dit cependant pas aux autres, conscient qu'ils espéraient encore trouver des survivants. Il n'écraserait pas cet espoir, ils l'apprendraient bien assez tôt tous seuls.
Ils traversèrent le centre du village, à l'affût de signes de danger et prêts à réagir en une seconde. Les yeux surveillaient les portes avec méfiance, tandis qu'ils se séparaient pour regarder dans les maisons elles-mêmes.
Le claquement sourd d'une porte les arrêta net, chacun restant figé sur place jusqu'à ce que la chèvre qui avait causé le bruit ne sorte en courant du bâtiment en question. Les recherches continuèrent, chacun sursautant de nouveau quand un étrange bruit fit tourner les épées de chaque chevalier présent dans la direction de Gauvain.
Gauvain leva les mains pour s'excuser, l'une de ses mains agrippant la pomme qu'il venait de ramasser et croquer.
"Désolé."
Chacun relâcha le souffle qu'ils avaient retenu, Lancelot secouant la tête devant le goûter de Gauvain jusqu'à ce qu'un cri d'Elyan ne les amène tous jusqu'à une maison à l'extrémité du village.
Ils entrèrent pour le trouver agenouillé devant le corps d'un homme d'âge moyen, l'expression du villageois affichant le choc et la surprise, son visage et ses cheveux couverts d'une couche de gel qui n'avait pas fondu, même plusieurs heures après l'instant où il avait dû mourir. A ses côtés se trouvait une femme d'un âge similaire, aussi gelée que lui, et quand Elyan se leva, Merlin s'accroupit à côté d'eux.
Il tendit la main au-dessus d'eux, ferma les yeux et murmura une incantation dans sa barbe, tandis qu'Arthur l'obsevait en silence.
"Est-ce que tu peux dire ce qui les a tués ?"
Terminant le sort et ouvrant les yeux, Merlin le regarda et secoua la tête.
"Je ne sens aucune magie s'accrochant à eux. Ce n'était pas de la sorcellerie, c'est tout ce que je peux dire."
Il en aurait peut-être dit plus, mais son regard sauta sur quelque chose derrière eux. Tous se retournèrent pour regarder, entendant le faible cri surnaturel tandis que, quoi que ç'ait été, ça disparaissait de leur champ de vision et s'évanouissait dans les ténèbres.
Arthur fronça les sourcils.
"Vous avez vu?"
Gauvain sourit nerveusement tandis que tous acquiesçaient.
"Il est vrai que nous luttons contre des ombres..."
Ils quittèrent la maison, continuant les recherches à la lumière de leurs torches, la nuit désormais bel et bien sur eux. Chaque pas qu'ils faisaient était hanté par davantage de ces cris et lamentations distantes, Merlin étant le plus nerveux d'entre eux car il avait réalisé qu'il les avait déjà entendus auparavant.
Durant sa vision de la Cailleach.
Entendant un bruit dans une grange abandonnée, Merlin y entra avec méfiance et le peu de lumière qui venait de la lune passant par la fenêtre. A l'intérieur il entendit plus clairement un froufroutement et se dirigea lentement vers la pile de foin au fond avant qu'un poulet surgissant de nulle part ne le fasse reculer en sursaut.
Le coeur battant, il se maudit d'être si paranoïaque, seulement pour se figer tandis qu'un autre gémissement atteignait ses oreilles, bien plus près que ceux qu'ils avaient entendus jusqu'à présent. Il s'empressa de retourner dehors, regardant autour de lui en alerte sans voir le moindre signe que les autres soient proches de lui. Les ténèbres ne faisaient qu'empirer les choses, et il se résolut enfin à utiliser la magie pour s'éclairer.
"Leoht."
L'orbe de lumière qui en résulta brillait dans sa paume tendue, solide et rassurante, jusqu'à ce que quelques instants plus tard, elle ne vacille sans explications et commence à mourir. Il la fixa, concentrant sa volonté.
"Leoht... Leoht!"
La lumière disparut, Merlin fermant les yeux un moment, cherchant la toile de magie autour de lui. Il ressentit ensuite un moment de terreur quand les fils qui étaient sa connexion à son pouvoir glissèrent sur elle comme si elle était entourée de verre... Une barrière d'immobilité glacée qui repoussait toutes ses tentatives de la contourner pour tirer du pouvoir.
Davantage de cris fantômatiques atteignirent ses oreilles, ceux d'une femme tourmentée avant qu'un autre ne vienne de derrière lui avec la voix d'un homme, et il se retourna pour voir la forme brumeuse descendant des ténèbres vers lui.
Merlin fit un pas en arrière, cherchant désespérément à s'aggriper au pouvoir de la terre, une incantation paniquée sur les lèvres.
"Fleoh nu on moras! Fleoh nu on moras!"
La tête de la chose prit l'apparence d'un crâne, ses cris le glaçant jusqu'à l'âme, jusqu'à ce que soudain, une torche ne surgisse de nulle part, frappant la chose tandis qu'elle se mettait à gémir puis disparaissait.
"Merlin!"
Lancelot se retourna pour faire face au magicien presque tremblant, inquiet et confus devant la peur sur le visage de Merlin.
"Que s'est-il passé ?"
Merlin frissonna, tandis qu'il sentait fondre le mur glacé entre lui et la toile de magie.
"Mes pouvoirs... Ils restent sans effet. Dès que cette chose s'est approchée de moi..."
Des bruits de pas résonnèrent derrière eux, Arthur et les autres arrivant dans leur champ de vision tandis que Lancelot les appelait.
"Il y a quelque chose par ici !"
Arthur arriva à leurs côtés.
"Vous l'avez vue ?
- Elle s'est enfuie, acquiesça Lancelot, en voyant le feu."
Arthur se tourna vers Perceval et Léon, désignant l'extrémité du village.
"Allons chercher les chevaux."
C'est alors que lui et les autres remarquèrent un Merlin tremblant, le fait qu'il soit effrayé envoya des frissons de terreur à travers chacun d'eux.
Les paroles du magicien les effrayèrent ensuite davantage.
"On ne peut pas poursuivre ou tuer ces créatures."
Un autre cri fantômatique résonna autour d'eux.
"Il faut qu'on s'en aille d'ici, tout de suite. J'expliquerai le reste de ce qui s'est passé plus tard. "
Ils fuirent le village, ne s'arrêtant que brièvement pour ramasser tous les haillons qu'ils purent trouver et que Merlin les imbibe de cire fondue à la hâte sur des bougies récupérées sur place. Il restait encore de nombreuses heures avant l'aube, et les torches qu'ils avaient ne dureraient pas aussi longtemps. Mais le plus terrifiant, c'était à quel point Merlin semblait pâle, les yeux écarquillés tandis qu'ils inspectaient constamment les alentours.
Ils ne rencontrèrent qu'une autre de ces créatures durant le voyage de retour frénétique vers Camelot, le cri étouffé de Merlin, tandis qu'il sentait de nouveau la glace se glisser entre lui et la terre, pour seul avertissement. Ils arrièvrent en ville peu avant l'aube, le magicien partant immédiatement retrouver son mentor quand ils ne tardèrent pas à apprendre les horreurs qui avaient également hanté ces rues.
Les créatures étaient venues à la tombée de la nuit, repoussées seulement par la lumière et tuant de nombreuses personnes.
Merlin trouva le médecin dans le hall souvent utilisé comme infirmerie d'urgence, sauf qu'il n'y avait aucun blessé à soigner. Chacune des silhouettes immobiles avait été enveloppée d'un linceul, chacune des victimes était morte et enveloppée d'une couche de gel qui résistait à toute chaleur qui aurait pu la faire fondre.
Gaius se retourna quand il vit son pupille sur le seuil, remarquant la pâleur du visage du jeune homme.
"Tu les as vues ?"
Merlin acquiesça en silence, ravalant la boule de terreur dans sa gorge afin de pouvoir parler.
"Mes pouvoirs n'ont aucun effet sur ces ombres. J'ai essayé, mais je ne pouvais rien faire. J'étais complètement coupé de la terre, comme si elles la gelaient autour de moi quand elles s'approchaient. Jamais je ne me suis senti aussi impuissant, ajouta-t-il en déglutissant de nouveau... Aussi vulnérable que là, quand il est venu vers moi, j'ai ressenti cette impression de vide... Je ne pouvais plus respirer... J'ai peur, Gaius."
Gaius s'empressa de le rejoindre, l'attirant à lui pour le réconforter.
"Merlin, rassure-toi. Tu n'es pas responsable de ce qui nous arrive. Tu n'es pas seul pour l'affronter."
Merlin s'accrocha à lui, à cette rassurance, avant de reculer et de se forcer à le lâcher.
"Je dois encore faire mon rapport à Arthur. Nous sommes partis de Howden sans que j'explique ce qui est arrivé quand j'ai été attaqué là-bas. Il sait que j'ai peur d'elles, mais pas pourquoi. Je dois lui dire."
Gaius soupira, avant d'acquiescer.
"Je comprends, mais d'abord va dormir. Arthur va être occupé pour l'instant avec tout ce qui est arrivé ici. ça peut attendre l'aube, quand la lumière du soleil chassera ces créatures."
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"Cinquante personnes sont mortes, plus peut-être. Dans la ville basse surtout."
Arthur faisait les cent pas dans sa chambre tandis que son oncle faisait son rapport, la lueur de l'aube pâle mais bienvenue à travers les fenêtres. Le peuple de Camelot était en panique, et c'était presque le chaos complet entre les murs.
"Nous ne pouvons pas les combattre ?"
Agravain secoua la tête.
"Non. Nos seules armes sont des torches, et la lumière les repousse, mais ne les tue pas."
Arthur regarda en direction de Gaius et Merlin, également présents dans la petite pièce, ses yeux se posant sur le médecin.
"Qu'est-ce que c'est ?"
Gaius avait l'air sombre, ayant reconnu les créatures presque immédiatement lorsqu'elles avaient attaqué la nuit précédente.
"C'est le Dorocha. Les esprits des morts, Sire. La nuit de Samhain, à l'époque de l'Ancienne Religion, la Grande Prêtresse avait coutume d'offrir une vie en sacrifice et de les relâcher."
Agravain fit un pas vers lui, les sourcils froncés.
"Mais qui ferait cela aujourd'hui ?"
Gaius le regarda.
"Morgane... Nous savons qu'elle se rendait sur l'Île Fortunée."
Arthur fit de nouveau les cent pas, inquiet.
"Et comment vaincre ces créatures ?
- Je l'ignore, Sire."
Le prince s'arrêta net, tandis que Gaius le regardait gravement.
"Nul mortel n'a survécu à leur contact à ce jour."
Le prince demeura immobile, avant de se tourner vers son oncle.
"Je veux que les gardes de la cité et du château soient organisés en patrouilles supplémentaires, et que davantage de bois à brûler soit amené de la forêt. Un couvre-feu doit être instauré immédiatement, que tous les citoyens soient rentrés au moins une demi-heure avant le coucher du soleil. Ils doivent se rassembler dans aussi peu de maisons que possible, afin de conserver de quoi entretenir les feux pour éloigner le Dorocha."
Agravain acquiesça, s'empressa de quitter la pièce.
"Je m'en occupe tout de suite, Sire."
Tous trois le regardèrent partir, Arthur attendant que la porte soit fermée avant de regarder son serviteur.
"Merlin, est-ce que tu vas me dire, maintenant, ce qui est arrivé la nuit dernière ? Je ne crois pas t'avoir jamais vu si effrayé. Et comment as-tu su qu'un autre arrivait vers nous dans les bois ?"
Le magicien frissonna à ce souvenir, se dirigea vers la cheminée pour y récupérer le livre de silence, et l'amena sur la table où il l'ouvrit, face vers le bas, à la bonne page. Lorsque tous trois furent dans sa zone d'efficacité, il prit la parole, d'une voix basse et nerveuse.
"Je n'y ai pas fait attention avec le premier, celui que nous avons aperçu dans la maison avec le fermier mort. C'est seulement quand j'ai essayé de repousser celui qui m'a attaqué que je m'en suis rendu compte."
Arthur agrippa le bord de la table, commençant à avoir l'air inquiet.
"Rendu compte de quoi ?"
Les yeux de Merlin croisèrent les siens.
"Tout ma magie, mes sorts, à l'exception d'accélérer mon propre temps, exigent que je tire du pouvoir de la toile d'énergie magique qui couvre la terre. Mon pouvoir, comme pour tous les sorciers, dépend de ma capacité à tirer de l'énergie de cette toile. C'est comme l'énergie de vie de la terre, qui est à son tour nourrie par toutes choses vivantes. Mais le Dorocha..."
Il se mordit les lèvres, une lueur de peur dans les yeux.
"Ils sont morts, et quand ils s'approchent de moi c'est comme si un voile de mort m'entourait. Il recouvre la terre comme de la glace, m'empêchant d'atteindre la toile de vie à l'intérieur."
Arthur commença à le fixer avec une réalisation horrifiée, comprenant maintenant exactement pourquoi Merlin avait eu aussi peur.
"Tu veux dire que..."
Merlin acquiesça, un sentiment d'angoisse les emplissant tous.
"Quand ils s'approchent, c'est comme si je n'avais pas de magie du tout... Quand ils s'approchent, je suis complètement impuissant contre eux."
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