J'ai l'impression d'être l'Antoine Daniel de la fanfiction à force de publier une fois tout les 36 du mois...Mais pour me faire pardonner voilà un chapitre plus dense qui, je l'espère, vous plaira. Merci pour tout vos commentaires, ils me font super plaisir, n'hésitez pas à en poster d'autres! Bonne lecture!

CHAPITRE 10

-Alors ? demanda Charlie en plantant sa petite cuillère dans son pot de glace aux cookies.

-Alors quoi ? répondit Dean en fronçant les sourcils.

-Bah alors c'est quoi le deal avec ton Castiel ?

Dean leva les yeux au ciel avec désinvolture en essayant de paraître agacé par la question de son amie pour cacher sa gène. Il imita la jeune rousse en prenant à son tour une cuillère de glace.

Les deux agents étaient seuls dans le salon de Charlie, tandis que Castiel dormait dans la chambre de cette dernière. En effet, l'appartement que celle-ci avait loué étant tout petit, elle avait délégué son lit deux places aux deux amis pendant qu'elle profitait joyeusement de son vieux canapé. Après avoir passé la journée à se mettre à jour sur toute la situation et chercher ce qu'ils allaient faire à présent -ce qui n'avait pas mené à grand chose, la nuit était tombée et Charlie pouvait enfin laisser aller sa curiosité.

-Allez dis moi ! Tu m'as dis que tu l'avais emmené avec toi au bunker alors que tu sais que c'est interdit, et c'est pas habituel que tu t'occupes autant de civil donc il doit se passer un truc non ? Qu'est-ce que ce mec a de si spécial pour toi ?

-Disons que c'est compliqué, fini par avouer Dean.

-Compliqué ? Donc j'avais bien raison il s'est passé quelque chose ! Raconte moi tout.

Dean soupira face au trop grand intérêt que portait Charlie à sa vie personnelle, mais dû quand même avouer que ça faisait du bien de parler d'autre chose que de la mission. Surtout que même s'il essayait de ne pas en faire tout un plat, ce qu'il se passait avec Cas' était un problème qu'il aimerait bien résoudre et Charlie était sans doute la mieux placée pour l'aider.

-Oui, il s'est passé quelque chose. C'était pas prévu à la base mais tu me connais, j'suis assez impulsif...Mais là, clairement, j'm'y attendais pas, et j'ai beaucoup de mal à comprendre ce qui est en train d'arriver et...

-Viens en au fait, ordonna Chalie, amusée par son ami.

-On s'est embrassé.

Le dire à haute voix donnait une toute nouvelle perspective à la situation, et ce fut comme un poids qui quitta le cœur de Dean. Oui, ils s'étaient embrassés, longtemps, et il devait bien l'avouer ce fut une expérience géniale. Qui ne s'était malheureusement par reproduite depuis.

Face à la déclaration de Dean, Charlie fut d'abord bouche-bée puis essaya de reprendre son calme mais était profondément enthousiaste par rapport à tout ça.

-Sérieusement ? Quand ça ? demanda-t-elle avec des étoiles dans les yeux.

-Avant-hier, au motel. Il avait fait un cauchemar alors j'ai essayé de l'aider, on a discuté et de fil en aiguills bah...Mais il s'est rien passé de plus !

Charlie reprit de la glace en hochant la tête.

-Ouai, ouai je vois, dit-elle pour que Dean continue à parler car il paraissait vouloir dire beaucoup de chose à ce sujet.

-Je comprends vraiment pas ce qu'il se passe. J'l'ai embrassé et j'dois bien avouer que c'était super et j'essaye de pas trop me poser de questions sur ça car j'ai des choses plus importantes à penser mais j'fais que ça. D'y penser. Et c'est super chiant.

Charlie sourit avec compassion et tendit le pot de glace à Dean qui en prit un peu, le regard triste et agacé.

-Tu veux que je te donne mon avis ? demanda-t-elle.

-Ouai, envois.

-J'trouve que c'est tout à fait normal que tu te poses des questions. Castiel et toi vous êtes embrassés, t'as trouvé ça génial mais en même temps tu comprends pas pourquoi car c'est la première fois que tu éprouves ce genre de sentiment. J'te comprends, je suis passée par là aussi.

Dean releva la tête avec une expression étrange, comme s'il se sentait complètement désorienté.

-La différence entre toi et moi c'est que moi je ne suis pas gay. J'aime les femmes. Ça j'en suis sûr !

La jeune femme laissa échapper un rire léger et cela vexa presque Dean.

-Oui tu aimes les femmes, ça j'avais bien remarqué ! Mais t'es bien conscient que l'un n'empêche pas l'autre n'est-ce pas ? Tu peux être attiré par les femmes et également par les hommes, il n'y a aucun problème avec ça, tu le sais ?

Dean ne sût pas quoi répondre à la déclaration de son amie. Il baissa les yeux, réfléchissant à tout ce qu'elle venait de dire comme si toute sa vie était sur le point de changer. Il se mit à penser à tout ce dont il était sûr, et tout ce en quoi il doutait. Il avait cru toute sa vie se connaître par cœur, ses forces et ses faiblesses, et voilà qu'il découvrait peut-être quelque chose auquel il n'avait jamais songé avant. Lui qui avait été toute sa vie persuadé d'être parfaitement hétéro serait bisexuel ? Il fronça les sourcils à cette idée, comme si elle était absurde.

-C'est n'importe quoi, j'ai 25 ans, j'le saurais depuis longtemps si j'étais pas hétéro, dit-il doucement.

-Pas du tout, il n'y a pas d'age pour découvrir son orientation sexuelle ! argumenta Charlie. Tu t'es jamais posé de question avant ces derniers jours ?

-J'en sais rien...J'ai jamais vraiment eu le temps d'y penser et c'était pas quelque chose dont on parlait avec mon père, ni même avec Sammy.

Charlie eu une expression disant « Ah bah ça j'imagine bien... » alors que Dean restait plongé dans les méandres de la confusion. Maintenant qu'il y réfléchissait, il se rappela toutes les fois où son hétérosexualité avait été mise à rude épreuves sans même qu'il ne s'en rende compte. La première personne qui lui vint à l'esprit fut le Dr Sexy de l'une des séries dont il était fan. La seconde fut l'un des officiers de police dont il avait fait la rencontre quelques années auparavant, qu'il n'avait pas pu s'empêcher de regarder pendant un très long moment. Il croyait que c'était car il admirait ces hommes, et car il voulait leur ressembler, mais après ce que Charlie lui avait dit ça remettait tout en question.

-Écoute, te prends pas trop la tête avec ça quand même, lui dit-elle gentiment. D'accord t'as embrassé Cas' et t'as apprécié ça mais ça veut pas dire que t'es plus hétéro, peut-être que c'était simplement une exception ou peut-être que t'es vraiment bi mais tu sais c'est quoi le plus important ? T'as pas à te coller une étiquette maintenant, alors reprends de la glace et profite de tes courtes vacances chez moi !

Dean lui rendit son sourire lumineux et s'exécuta. Charlie avait raison, il avait tout le temps de comprendre ce qu'il était, pour le moment il voulait seulement apprécier le temps passé avec son amie et l'idée de pouvoir embrasser à nouveau Castiel autant qu'il le voulait car, s'il y avait une chose dont il était sûr c'est que ça il adorait le faire.


Le soleil se leva le lendemain sur la jolie ville de Ferguson dans le Missouri. Ses rayons pénétrèrent à travers les fins rideaux de la chambre de Charlie qu'occupaient Dean et Castiel, dormant paisiblement l'un contre l'autre, bercés par le bruit léger des oiseaux qui gazouillaient de bon matin et des voitures roulant dans la rue.

Ce paisible moment fut malheureusement interrompu par l'interruption de Charlie qui réveilla Dean en sursaut. Il se redressa sur le lit, sur la défensive, prêt à se jeter sur son ennemi avant de comprendre qu'il s'agissait de son amie qui venait juste chercher des vêtements.

-Oh, tout doux grand fauve, dit-elle en étant presque effrayé par la réaction de Dean, elle qui avait pourtant essayé d'être discrète.

Le mouvement rapide de l'agent avait également réveillé Cas' qui regardait les deux amis avec un air fatigué et les cheveux en bataille.

-Qu'elle heure est-il ? demanda-t-il d'une voix rauque.

-Bientôt 8h, répondit calmement Charlie en ouvrant sa penderie.

Dean se rallongea avec une gémissement plaintif sur son lit et remit la couverture sur lui, en ayant bien l'intention de dormir au moins deux heures de plus.

-Eh, la marmotte ! On se lève, allez ! ordonna Charlie avant de quitter la pièce avec un jean slim et un t-shirt à l'effigie des héros Marvel.

Dean grogna ce qui fit rire légèrement Castiel. D'habitude, il se contentait de quatre heures de sommeil et n'était pas gêné par le fait de se réveiller, mais il venait de passer une de ses meilleures nuits depuis bien longtemps. Il se sentait en sécurité aux côtés de Castiel, pouvoir dormir avec lui, sentir son cœur battre, entendre sa respiration...Ça faisait plusieurs mois qu'il n'avait pas aussi bien dormi et ne voulait donc pas se lever.

Cas' quant à lui, n'avait pas l'air gêné par l'idée de quitter le lit alors se leva, non sans devoir écouter un nouveau gémissement plaintif de son ami.

-Charlie a raison, il est temps de se lever, dit-il en remettant son t-shirt.

Dean finit par suivre son exemple et la journée commença dans la joie et la bonne humeur pour les trois amis.

La matinée se passa relativement bien. Après avoir pris un petit déjeuner, ils continuèrent à faire des recherches, à chercher ce qu'ils allaient faire ensuite tandis que Charlie s'occupait de son affaire personnelle.

Ce n'est que dans les environs de 11h, lorsque Castiel revint dans le salon, un téléphone à la main et le regard indéchiffrable que Dean comprit que cette journée n'allait pas continuer dans la joie et la bonne humeur.

-Qu'est-ce qu'il se passe Cas' ? T'appelais qui ? demanda-t-il en se levant pour prendre le téléphone jetable que tenait son ami fébrilement.

Celui-ci s'humidifia les lèvres et regardait dans le vide, comme s'il venait de voir un fantôme.

-J'ai appelé l'hôpital pour avoir des nouvelle de Samandriel.

-Ton frère ? Il va bien ?

-Son...commença Castiel avant de croiser le regard de Dean. Son état s'est aggravé cette nuit. Les médecins m'ont dit qu'ils avaient tenté de me joindre à de nombreuses reprises mais n'avaient pas réussi et que je devais me rendre à l'hôpital immédiatement.

Les yeux de Cas' étaient embués et il tremblait légèrement. Dean ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais aucun son ne franchit ses lèvres. Il imaginait très bien ce que devait ressentir son ami à cet instant et cela lui fit froid dans le dos.

-Tu as un frère, Castiel ? demanda Charlie en s'approchant des deux hommes.

Son interlocuteur acquiesça gravement et finit par s'appuyer contre le mur à côté de lui, comme si ses jambes ne le soutenaient plus. Un silence lourd de sens s'étira dans la pièce, qui fut brisé par Castiel dont le regard larmoyant avait laissé place à un calme étrange.

-Je pars le voir immédiatement, dit-il froidement en se redressant et en se dirigeant vers sa veste qui pendait sur le dossier d'une chaise.

-Cas' attends ! ordonna Dean.

Il posa sa main sur l'épaule de Castiel pour l'obliger à lui faire face.

-On peut pas retourner là-bas, tu le sais. Les hommes de Lucifer ont sans doute mis ton frère sous surveillance, si tu vas le voir ils le sauront et là on sera vraiment dans la merde.

Cas' pencha sa tête sur le côté, les sourcils froncés et le regard plein de colère.

-Je ne peux pas rester là en sachant que mon petit frère est en train de mourir, Dean ! s'exclama-t-il. Si tu penses que c'est trop dangereux alors soit, j'irai seul.

-Tu crois sérieusement que je vais te laisser te jeter seul dans la gueule du loup ?

Castiel soupira, se remettant à trembler. Dean savait qu'il était sur le point de péter réellement un câble mais il savait également qu'il avait raison, retourner là-bas était un trop gros risque qu'il n'était pas sûr de vouloir prendre.

-Je n'ai pas le choix...souffla-t-il, la gorge serrée.

Il passa sa main sur son visage, essayant tant bien que mal de retenir ses larmes face à Dean et Charlie.

-Dean a raison, ton frère est sans doute surveillé à l'heure qu'il est, tout comme vos appartements respectifs et c'est dangereux d'y retourner. Mais j'ai peut-être une idée pour diminuer ce risque...dit cette dernière.

Les deux hommes se tournèrent vers elle, attendant qu'elle en dise plus.

-Si on échange nos voitures, il y a beaucoup moins de chance que les hommes de Lucifer vous repèrent. Il vous suffira d'être discret en allant et sortant de l'hôpital et les choses se passeront sans problème !

Elle sourit avec enthousiasme et Castiel lui lança un regard reconnaissant.

-Ouais mais il n'empêche que...commença Dean.

-Dean ! C'est de mon frère dont il est question ! Que ferais-tu si c'était Sam ? cria presque Castiel, au bord de la crise de nerfs.

Dean dut bien avouer que Castiel marquait un point. Si Sam était à la place de Samandriel il n'aurait pas hésité. Il n'aurait prévenu personne et serait parti en vitesse, seul, se foutant royalement des risques. Ses lèvres se plissèrent sous la réflexion mais finit par accepter qu'il n'avait pas vraiment le choix.

-D'accord, on y va. Mais on fait gaffe et on reste discret.

Le visage soucieux de Castiel laissa échapper une pointe de soulagement mais son regard restait préoccupé. Il hocha le tête, reconnaissant.

-On rassemble nos affaires et après on y va.

Il ne leur fallut pas longtemps pour récupérer tout ce qu'ils avaient laissé chez Charlie. Ils transférèrent toutes leurs armes et vêtements de l'Impala jusqu'à la mini cooper de la jeune fille puis le moment fatidique arriva.

-Tu en prends soin, ordonna Dean d'une voix autoritaire.

-Il ne lui arrivera rien je te le promets.

-Si je la retrouve avec ne serait-ce qu'une rayure où une fissure sur le pare-brise je te jure que...

-Tu n'as pas à t'inquiéter pour ta chère Impala, je m'en occuperai très bien !

Charlie sourit face à la mine soucieuse de Dean, debout près de sa voiture, redoutant de devoir lui donner les clés.

-Vous n'allez pas être parti longtemps, tu le retrouveras aussi vite que tu l'as quitté !

Dean ne semblait pas être très convaincu par son argument et secoua la tête avec dépit. Il se tourna ensuite vers son Impala et s'accroupit.

-Je reviendrai vite bébé, murmura-t-il en passant une main douce sur la carrosserie.

Il entendit Charlie se moquer de lui et plissa les lèvres, comme pour se retenir de s'énerver. Il se releva rapidement, sentant son cœur se briser à l'idée de partir sans sa voiture chérie.

-Allez donne moi les clés, Cas' t'attends, dit la rousse.

Dean soupira, sortit son trousseau de clés de sa poche de jean puis les donna à Charlie.

-Qu'est-ce que tu ferais pas pour lui, franchement ? demanda la jeune fille et désignant Castiel de la tête.

Dean haussa les épaules avant de prendre son amie dans les bras, espérant qu'elle disait vrai et qu'ils se reverraient rapidement.


Comme d'habitude, le voyage se fit dans un silence de mort entre les deux amis, entrecoupé de soupire de Dean qui réfléchissait à toutes les possibilités que la situation ne dégénère, tandis que Castiel ne disait pas un mot, ne laissait rien transparaître de son humeur, fixant un point fixe dans le vide. Le conducteur faisait son possible pour rouler rapidement et ainsi atteindre l'hôpital le plus vite possible mais ils se trouvaient loin et il ne voulait pas risquer de se faire repérer par la police pour excès de vitesse. Il savait pertinemment qu'il ne pouvait faire confiance à personne et qu'il était sans doute recherché un peu partout.

Ils finirent par arriver à destination, à la grande joie de Castiel qui sembla enfin respirer en voyant la porte d'entrée de l'hôpital. Après qu'ils se soient garés, celui-ci s'empressa d'essayer de sortir mais une main vint se poser contre sa poitrine, l'obligeant à rester assis.

-Il va falloir qu'on soit très discret, d'accord ? On monte tout les deux, tu vas voir ton frère, j'attends dans le couloir pour surveiller et on ressort dès que possible. On parle à personne, on se fait pas remarquer, capiche ? expliqua Dean d'une voix légèrement stressée.

Castiel inspira longuement, comme s'il cherchait à ressembler tout son courage et se tourna vers l'hôpital d'un air triste.

-Oui je capiche.

Dean retira sa main du torse de Castiel et essaya de paraître moins anxieux. Il ne voulait pas mettre son ami mal à l'aise, ni le rendre encore plus déprimé qu'il ne l'était déjà, mais voulait quand même prendre ses précautions.

Après avoir sorti une arme à feu et l'avoir soigneusement caché dans sa veste, Dean quitta la mini cooper, suivit de Castiel. Il se dirigèrent alors vers la porte d'entrée, essayant d'être naturel, tout en regardant constamment autour d'eux pour vérifier s'ils n'avaient pas été repéré. Ils réussirent à entrer à l'intérieur sans encombre et allèrent à l'accueil où un jeune homme à la chevelure blonde étrangement bien coiffé téléphonait. Les deux amis attendirent face à lui qui fini par raccrocher et interroger du regard les deux amis.

-Je viens voir Samandriel Novak, on m'a appelé me disant qu'il était dans un état grave, expliqua Castiel d'une voix toujours aussi rauque.

Le jeune homme tapa quelque chose sur son ordinateur sans dire un mot puis fini par relever la tête, le visage inexpressif.

-Deuxième étage, chambre 248, dit-il simplement sans même un sourire ce qui énerva presque Dean.

Castiel le remercia et il s'élança vers l'ascenseur tandis que Dean jugeait du regard le réceptionniste ce qui lui valut un froncement de sourcils de sa part. Il lui rendit son expression presque agressive, ne comprenant pas vraiment pourquoi son instinct lui disait que cet homme ne lui plaisait pas du tout et suivit Cas' dans l'ascenseur.

-Ça va aller ? demanda-t-il alors qu'ils n'étaient que deux dans la boite en fer.

-J'espère, répondit Castiel, stoïque.

Il fut tenté à cet instant de prendre sa main dans la sienne mais l'ascenseur s'arrêta au premier étage pour faire entrer un couple qui ne leur adressa pas même un regard. Il se retint et ce fut en silence qu'ils atteignirent le deuxième.

Le ding de la porte retentit et ce fut avec bonheur que Dean ne vit aucun homme armé les accueillir à la sortie de l'ascenseur. Il vérifia quand même que son arme se trouvait toujours sur lui, toujours anxieux.

Castiel quant à lui n'avait pas l'air d'être stressé par la possible menace qui planait sur eux. Il sortit immédiatement de l'ascenseur, son trench-coat volant derrière lui, et chercha le numéro de la porte de son frère. Il finit par la trouver et hésita avant de rentrer à l'intérieur, sentant la présence de Dean à ses côtés. Il n'y avait presque personne dans ce couloir, à part quelques infirmiers qui marchaient rapidement et d'autres visiteurs à l'air morose.

-Je t'attend juste là d'accord ? dit-il en désignant une chaise se trouvant non loin.

Castiel acquiesça mais ne disait rien, sans doute terrifié par l'idée de ce qu'il se trouvait derrière cette porte. Il finit par se tourner vers la poignée et la prit dans sa main, après avoir frappé pour prévenir de sa présence. Il l'ouvrit tandis que Dean alla s'asseoir sagement sur une chaise, en état d'alerte.

Ce que Castiel vit en arrivant à l'intérieur lui glaça le sang. Il avait l'habitude de voir son frère dans un lit d'hôpital depuis bien longtemps, mais ce jour-là il semblait dans un état proche de la mort ce qui lui coupa le souffle.

-Castiel...murmura difficilement Samandriel en le voyant entrer.

À ses côtés se trouvait une infirmière qui s'occupait de la perfusion accroché à son bras. Celle-ci lâcha ce qu'elle était en train de faire et s'approcha du nouvel arrivant.

-Vous devez être son frère, supposa-t-elle d'une voix douce.

Il acquiesça gravement, ne pouvant quitter des yeux le malade.

-Je...Je suis désolé d'avoir mis autant de temps à venir, dit-il en s'avançant vers le lit.

-J'avais peur que tu ne viennes pas du tout, je suis heureux de voir que c'est le cas.

Samandriel tenta de se redresser sur le lit mais en fut incapable, trop fatigué. Voir son petit frère dans cet état lui mis les larmes aux yeux mais il essaya de garder un visage calme.

-Tu vas bien ? demanda Samandriel.

-C'est plutôt moi qui devrait te poser cette question ! Les médecins m'ont dit que ton état s'était aggravé...

Les lèvres du plus jeune se plissèrent et il ne soutint plus le regard de son frère. Il remarqua alors que l'infirmière les avait laissé.

-C'est le cas, malheureusement.

Castiel prit une des chaise se trouvant non loin et s'assit près du lit. Il ne sut pas quoi dire, alors prit la main de son frère dans la sienne. Il était la seule famille qui lui restait, il n'imaginait pas ce qu'il ferait sans lui. Mais Castiel savait pertinemment qu'il ne lui restait plus longtemps, il le voyait à son regard sombre et à la pâleur de sa peau.

-Je passerai le bonjour à maman et papa de ta part, dit-il avec une fausse joie.

-Ne dis pas ce genre de chose.

Un léger rire quitta les lèvres de Samandriel qui se solda en une douleur à l'estomac qui lui arracha une grimace.

-Ça va, ne t'inquiète pas pour moi, dit-il en voyant que Castiel s'alarmait.

C'était faux, évidemment.

Les deux frères restèrent là, longtemps, à se rappeler leur enfance. Castiel ne lui expliqua pas la raison de son retard, ni le fait qu'il ait été renvoyé ou tout ce qui était arrivé. Il ne voulait pas inquiéter son petit frère. Il voulait qu'il parte en paix. Et ce fut le cas.


Dean ne sut pas ce qui se passa dans la chambre de Samandriel, et ne préféra pas le savoir. Il attendit longuement dans le couloir, observant les gens autour de lui. Il ne se passait rien d'alarmant, du moins pas jusqu'à ce qu'il remarque deux hommes à l'allure étrange qui se trouvaient au bout du couloir. Il le fixa un certain temps, cherchant à comprendre s'ils étaient une vraie menace ou pas, mais fut stoppé lorsque plusieurs médecin se dirigèrent en courant vers la chambre du patient. Dean se leva, comprenant qu'il s'y passait quelque chose de grave et fut tenté d'entrer mais se retint. Les médecins rentrèrent à l'intérieur et peu de temps après Castiel sortit, les larmes aux yeux, le regard perdu.

-Castiel ! l'interpella Dean en se mettant à ses côtés.

-Dean...

Les jambes de l'ancien banquier ne le soutinrent plus et il dut s'adosser au mur, face à Dean qui comprenait bien que quelque chose de grave était arrivé mais ne savait pas quoi dire. Castiel se mordit la lèvre inférieure, sur le point de pleurer.

-Il va mal c'est ça ? demanda-t-il.

Castiel secoua la tête, une larme coulant sur sa joue.

-Je suis désolé, murmura-t-il.

Il n'était pas vraiment à l'aise avec ce genre de situation mais sentait que là, son ami avait besoin d'aide. Il décida donc de le prendre dans ses bras, de façon impulsive, espérant que Castiel n'allait pas le repousser mais ce ne fut heureusement pas le cas. Après quelques secondes d'hésitation Cas' lui rendit son étreinte avec force, blottissant son visage dans le cou de Dean. Leur câlin dura un certain temps, jusqu'à ce que la porte de la chambre s'ouvre à nouveau et qu'un médecin en sorte.

-Monsieur Novak ? demanda-t-il aux deux hommes qui se séparèrent.

-C'est moi, dit Castiel. Est-il... ?

Le médecin prit un air compatissant.

-Je suis sincèrement désolé, dit simplement le docteur.

Le souffle de Castiel se coupa. Le médecin commença à lui expliquer ce qu'il allait se passer, mais Cas' ne l'écoutait que d'une oreille, sentant une autre partie de sa vie s'écrouler.

Dean quant à lui, ne disait rien, voyant bien qu'il n'y avait rien à dire. Ce qui l'inquiétait vraiment était les hommes qu'il avait remarqué dans le couloir et qui s'étaient rapprochés d'eux. Il le fixa à nouveau et l'un d'entre eux fini par se tourner vers lui et il comprit pourquoi son instinct lui disait qu'ils étaient une possible menace.

-Cas' il faut qu'on y aille, souffla-t-il alors qu'il discutait encore avec le médecin.

Il se tourna vers lui, le regard encore mouillé.

-Mais...

-Immédiatement, le coupa-t-il.

Il prit sa main dans la sienne et l'entraîna avec lui vers l'autre côté du couloir à vive allure.

-Dean on ne peut pas partir comme ça !

Dean ne répondit pas, accélérant la cadence. En arrivant près de l'escalier il se tourna et vit que les deux hommes les avaient bien suivit.

-Grouille toi, dit-il en ouvrit la porte de la cage d'escalier.

Ils dévalèrent rapidement les marches, toujours suivit par les deux hommes qui se rapprochaient dangereusement.

-Mais qu'est-ce qu'il se passe ? demanda agressivement Castiel sans arrêter de courir.

-On est suivit par les deux hommes de Zachariah, dit-il simplement.

Ils finirent par arriver au rez de chaussé et marchèrent rapidement vers la porte en évitant d'attirer l'attention. Ils quittèrent le hall, repérèrent où se trouvait leur voiture et s'élancèrent.

-Arrêtez vous ! cria quelqu'un dans leur dos.

-Merde !

Dean attrapa le bras de Castiel et ils coururent d'autant plus rapidement vers la mini cooper mais furent arrêté par un coup de feu qui retentit derrière eux.

-Putain...jura Dean à nouveau.

Ses pensées filèrent à tout allure, il fallait qu'ils atteignent la voiture rapidement mais ils s'étaient garé bien trop loin. Il n'avait pas le choix alors ils se mirent à sprinter.

Ils étaient encore loin de leur but quand une voiture noir leur coupa la route.

-Oh non...dit Dean, supposant que les hommes de Lucifer avaient réussi à les piéger.

Il se retourna, cherchant une autre issue au milieu du parking et vit les deux hommes armés qui avait été rejoins par d'autres qui leur courraient après. Il entendit la porte de la voiture inconnue s'ouvrir et sortit son arme à feu à son tour pour la pointer vers la personne se trouvant à l'intérieur, qui les regardait avec nonchalance.

-Salut les garçons. Baisse ton arme petit, et montez dans la voiture avant que la situation ne dégénère encore plus.

L'homme qui venait de parler était habillé d'un costume noir, semblant parfaitement à l'aise avec l'idée d'être au milieu d'une fusillade, un verre de chardonnay à la main.

-Allez on se dépêche ! S'agaça-t-il

Comprenant qu'ils n'avaient pas le choix Dean monta dans la voiture, suivit de Castiel et ils démarrèrent.