Mille mercis pour toutes vos reviews ( j'oublie toujours de l'écrire, mais je le pense depuis le début !).

Le temps s'écoulait lentement, mais le jour du retour prévu de l'équipe du major Lorne arriva enfin. Sans se l'avouer, Kavanaugh attendait ce moment avec une impatience grandissante. La présence de Ronon à ses côtés était un soulagement, mais le jeune homme lui manquait affreusement. Et le fait qu'il ne sache pas à quoi s'attendre pour leur relation augmentait encore son angoisse. Il ne voulait rien d'autre que l'embrasser et le tenir contre lui, et il ne pouvait qu'espérer que ses sentiments soient partagés.

Il se leva très tôt ce matin-là, incapable de contenir son excitation, comme un enfant à la veille de Noël. Il ne pouvait bien sûr pas se rendre directement à la porte des étoiles pour accueillir l'équipe. Il était donc condamné à attendre la fin de toutes les formalités post-mission pour enfin voir le major.

Il se força à avaler un petit-déjeuner, puis partit courir dans la cité sans attendre Ronon. Il n'avait aucune envie de voir le runner ce jour-là, comme si leur relation amicale avait été une preuve d'infidélité envers Lorne. Pour l'éviter, il se rendit au labo par un chemin détourné. Il allait manquer d'efficacité dans son travail, il le savait, mais s'occuper l'esprit était une priorité.

La matinée s'écoula doucement, bien trop lentement à son goût. Après une très brève pause, il retourna travailler pour quelques heures, l'œil fixé à sa montre. Au milieu de l'après-midi, il trouva un prétexte pour rejoindre ses quartiers. McKay serait furieux de l'apprendre, mais il s'en moquait pour l'instant. Il n'eut pas à attendre très longtemps. Quelqu'un frappa un coup discret à sa porte. Il bondit de sa chaise et commanda l'ouverture de la porte, le cœur battant… pour découvrir Ronon sur le seuil.

La déception était énorme. Un coup d'œil dans le corridor pour s'assurer qu'il n'y avait personne d'autre, et il s'écarta de la porte pour laisser entrer le runner. Celui-ci n'était quasiment jamais venu dans ses quartiers, et sa présence ici était presque dérangeante. Malgré sa curiosité, il était surtout nerveux à l'idée que Lorne puisse arriver et trouver Ronon dans ses quartiers. Décidé à en finir rapidement, il ne prit pas de gants :

- Qu'est-ce que tu fais ici ?

Le runner ne répondit pas tout de suite. Comme il semblait hésiter, Kavanaugh réalisa qu'il ne l'avait pas vu souvent agir ainsi. Il sentit une boule se former dans sa gorge quand il comprit que Ronon avait quelque chose d'important à lui dire.

- Il y a eu un problème.

La panique envahit Kavanaugh. Il savait à quoi ces mots faisaient référence, à qui. Il se laissa tomber sur son lit, la bouche soudain sèche.

- Je suis désolé. Lorne est mort. Ils sont tous morts.

Ronon ajouta quelque chose, mais il ne l'entendait déjà plus. L'univers s'effondra autour de lui pour le laisser plus seul qu'il ne l'avait jamais été, seul avec son désespoir. Il articula mécaniquement.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

Ronon lui expliqua que l'équipe n'avait pas donné de nouvelles depuis vingt-quatre heures quand une autre équipe avait été envoyée pour les chercher. Ils n'avaient trouvé que des corps, carbonisés et impossibles à reconnaître, mais portant toujours leurs plaques d'identification, celles du major et de toute son équipe. Kavanaugh l'écoutait en hochant la tête, incapable d'admettre l'horrible réalité.

- Je veux le voir.

- Je ne crois pas que le Dr Beckett sera d'accord.

- Je veux le voir.

Son ton était étonnamment ferme. Ronon réfléchit quelques instants, puis il lui tendit la main. Les deux hommes se rendirent dans la petite salle proche de l'infirmerie où les cadavres étaient conservés, faute de mieux. La porte n'était pas verrouillée. A l'intérieur, une douzaine de brancards couverts de draps blancs les attendaient. Sans hésiter, Ronon pénétra dans la salle tandis que Kavanaugh semblait hésiter sur le seuil. Par chance, les brancards étaient étiquetés et le runner n'eut aucun mal à identifier celui sur lequel reposait le major. Il souleva un coin du drap pour voir, et se tourna vers Kavanaugh, toujours pétrifié à l'entrée de la salle. Les deux hommes parurent réfléchir un instant, pour des raisons différentes. Puis Kavanaugh prit sa décision, il passa le seuil et s'avança à la hauteur de Ronon. Lentement, précautionneusement, il souleva le drap blanc jusqu'à apercevoir le visage du cadavre.

- Bon sang, qu'est-ce que vous faites là tous les deux ?

Le docteur Beckett venait d'arriver, suivi de près par le colonel Sheppard. Il se précipita vers le brancard et rabattit vivement le drap sur la vision d'horreur du cadavre de Lorne. Il avait lui –même recouvert ces corps pour que personne n'ait à les contempler sans nécessité, mais c'était visiblement raté. S'il ne comprenait pas exactement ce qui s'était passé, son instinct de médecin reprit instantanément le dessus et il se concentra sur Kavanaugh, certain que le runner en avait déjà vu d'autres. Le scientifique était en état de choc, et ses pupilles dilatées, son visage couleur de cendre, indiquaient qu'il n'allait pas tarder à s'effondrer. Passant un bras protecteur autour de ses épaules, il l'entraîna doucement vers la sortie de la salle, et de là vers l'infirmerie.

Pendant ce temps, ni Ronon ni Sheppard n'avaient bougé : il s'affrontaient du regard, chacun à un bout de la salle. Le colonel ne comprenait pas tout ce qui se passait, mais il n'appréciait pas de voir un de ses hommes traîner avec n'importe qui dans des endroits interdits de la cité, et la réaction de Beckett montrait bien que ces deux-là n'avaient rien à faire ici.

- Ronon ? Quelque chose que je devrais savoir ?

Pour toute réponse, le runner grogna et tourna les talons. Un colonel excédé lui emboîta bientôt le pas.

Suite à l'épisode de la chambre mortuaire, Kavanaugh passa plusieurs jours à l'infirmerie. Motif officiel : un refroidissement. Seules trois personnes étaient au courant de ce qui s'était réellement passé, et bien entendu personne ne prit la peine de se renseigner d'avantage. McKay fulmina quelques temps à propos de l'absentéisme clairement injustifié de ses collègues qui l'obligeait à tout faire tout seul, omettant de préciser qu'il y avait longtemps qu'il avait assigné Kavanaugh à des travaux sans le moindre intérêt. Sheppard ne posa aucune question, ni à Ronon, ni à Beckett. Le docteur quant à lui, finit par comprendre de quoi il s'agissait, à l'aide des rares discussions qu'il eut avec son patient., lequel patient se remit étonnamment rapidement du choc causé à la fois par la mort de Lorne et par la vision de son cadavre. Ronon ne se présenta pas à l'infirmerie, mais il recommença à voir Kavanaugh dès sa sortie. Ni l'un ni l'autre ne ressentit le besoin de commenter ce qui était arrivé.

WARNING : Spoiler fic et Saison 3 :

(lisez à vos risques et périls si vous n'avez pas vus l'épisode Sunday)

Ce chapitre et le suivant ne sont pas très joyeux, mais sachez que j'aime les happy ends, et que je n'écris pas de deathfics… Si seulement les scénaristes de SGA pensaient comme moi, on aurait toujours un merveilleux médecin à l'infirmerie ! Sniff !