Chapitre 10
Disclaimer : Bien que les personnages originaux d'Once Upon A Time n'appartiennent pas à ABC, puisqu'ils sont dans le domaine public, ils ne m'appartiennent pas. Quant aux créations propres d'Once Upon A Time, comme les lieux, les scénarios et le développement des relations entre les personnages... Ils appartiennent à ABC et Disney, mais je n'ai toujours pas de droit dessus. J'ai aussi un peu changé la fin de la saison 1 pour servir cette histoire.
Plus qu'un chapitre après celui-ci, chers lecteurs... Merci d'avance de vos reviews, elles rendent moins long le temps que je passe sur chaque chapitre ! Celui-ci est mon préféré, plein d'action ! J'espère que vous l'aimerez autant que moi.
Bael se pencha au-dessus du gouffre sombre.
« — C'est bon, là ? » cria-t-il.
Ses bras commençaient à ne plus supporter le poids de la cage Il n'était pas un culturiste, que diable !
La réponse lui parvint un peu étouffée, sans doute par la distance. Il avait l'impression que ça faisait des heures qu'il faisait descendre l'ascenseur. Ses mains étaient tout ensenglantées. Dire qu'il peinait à faire descendre deux personnes, comment allait-il faire pour en remonter trois ? Belle n'était certes pas lourde, mais son poids ajouté à celui de son père et du shériff allait lui poser des difficultés.
« — Non, encore un peu ! » entendit-il.
Il essaya de retenir la corde. Il essaya vraiment, mais le sang poisseux rendait la corde un peu trop glissante et l'inévitable arriva : elle lui échappa des mains...
Emma se retrouva propulsée sur Rumplestiltskin quand la cage eut des secousses. Elle se redressa rapidement, consciente de ne pas avoir épargné la mauvaise jambe de l'homme. La jeune femme eut cependant la monnaie de sa pièce lorsqu'il se retrouva à son tour dans ses bras.
Lorsque l'ascenseur heurta le sol, Emma eut peur que le fond ne soit réduit en pièces et qu'ils ne puissent pas remonter. Elle voyait mal Balthazar se diriger vers les pompiers pour leur expliquer la situation et organiser leur sauvetage. Régina risquerait de poser problè d'un côté... Elle ne cracherait pas sur l'aide des soldats du feu pour affronter un dragon. Si elle se souvenait bien, ces sales bêtes étaient capables de provoquer des incendies !
Rumplestiltskin ne prit même pas le temps de vérifier qu'elle allait bien pour se précipiter dans la pièce. Emma admira la façon dont il ignorait la douleur de sa jambe pour courir au secours de son amie. Son amie ! Elle secoua la tête pour arrêter de penser et se lança à la poursuite de l'antiquaire.
« — Belle ! » entendit-elle hurler.
Sans réfléchir une seconde, elle sortit son arme du holster. S'il fallait vraiment qu'il réveille la bestiole, elle préférait l'affronter parée. Elle approcha à pas feutrés vers le couple. Rumplestiltskin était penché sur le corps de Belle et vérifiait son pouls. Il releva la tête vers le shériff.
« — Elle est encore en vie ! » s'écria-t-elle. « Mais j'ai peur que ça ne dure pas très longtemps. »
Il s'assit par terre pour calmer la douleur de sa jambe et déplaça la tête de sa compagne sur ses genoux. Quand Belle tourna la tête inconsciemment, Emma put constater avec effroi qu'elle était brulée sur toute la partie droite de son visage.
Elle entendit Rumplestiltskin jurer. L'antiquaire essaya délicatement de faire glisser le col de la jeune femme mais n'insista pas quand il n'y parvint pas. Par contre, un gémissement lui échappa et il se pencha pour déposer un baiser sur les lèvres de Belle.
« — Elle est trop brûlée ! » chuchota-t-il au shériff, prenant enfin conscience du danger qu'ils encouraient. « Il faut absolument l'emmener à l'hôpital ! Ses vêtements sont collés à sa peau, et elle doit souffrir le martyr, même inconsciente ! »
Emma acquiesça, horrifiée. Elle se pencha sur le couple.
« — Est-ce qu'on peut la transporter ? » demanda-t-elle avec appréhension.
L'homme hésita.
« — À priori, oui... Dans l'idéal, il ne faudrait pas appuyer sur ses brûlures, mais nous sommes obligés de la sortir de là. Et même s'il n'y avait pas ça... »
Il pinca la peau de sa compagne.
« — Sa peau n'est plus élastique », poursuivit-il. « Ce qui signifie qu'elle est déshydratée... »
La jeune femme blonde se pencha pour retourner son amie.
« — Aidez-moi à la mettre sur mon dos », souffla-t-elle. « Et ne contestez pas, vous êtes incapable de la porter avec votre jambe ! »
Jamais Rumplestiltskin ne s'était senti aussi impuissant à cause de sa vieille blessure. Il obéit aux ordres d'Emma et la laissa ensuite se diriger plus lentement vers l'ascenseur.
« — J'espère que Bael sera plus délicat cette fois... » lâcha-t-elle. « J'ai peur de la laisser tomber ! »
L'ancien magicien ferma les yeux quelques secondes, priant encore pour que Belle finisse par s'en sortir. Si elle ne s'en sortait pas, Régina ferait mieux de s'en aller loin, très loin d'ici... Et d'emporter son fils avec elle. Enfant du Sauveur ou non, Henry était aussi celui de la sorcière et une cible facile.
Baelfire avait passé son temps à retendre la corde pour savoir quand l'ascenseur abriterait à nouveau les sauveteurs et sa belle-mère. Quand il comprit qu'il était temps de les faire remonter, il arqua le dos pour donner plus de force. Il n'aurait pas dû offrir toutes ces friandises à Belle, elle pesait son poids !
« — Et on y retourne... » marmonna-t-il.
Il banda ses muscles tant qu'il le put, mais n'arriva pas à tirer la corde sur plus de quelques mètres. Il s'était déjà épuisé lors de la descente... Il fut obligé de relâcher la corde, mais plus délicatement que la première fois.
« — Merde ! » jura-t-il.
Si Belle ne s'en sortait pas à cause de lui, il ne se le pardonnerait jamais...
Ceux dans l'ascenseur comprirent très vite ce qu'il se passait.
« — Il n'arrivera pas à remonter tout le monde », constata Emma alors que la cage retomba dans un bruit métallique.
Ils se figèrent un instant quand ils entendirent un grognement. Emma recula vers le fond de l'ascenseur et déposa délicatement son fardeau sur le sol pour mettre les deux mains sur son arme. Rumplestiltskin se posta devant Belle, dans un effort puéril pour la protéger. Le shériff ne prit pas le temps de lever les yeux au ciel et lui signifia en silence de sortir son arme. Il obéit, un peu surpris de ne pas être celui qui donnait les ordres.
« — Je crois que votre vieille amie est réveillée... » souffla Emma.
« — Nous n'avons jamais vraiment été amis. » rétorqua l'homme.
« — Vraiment ? Je croyais qu'entre magiciens, vous étiez tous copains... » insinua la jeune femme en sortant de la cage. « Sortez de là, Gold, si elle se ramène, on va griller. Laissez Belle dedans, on fera diversion s'il le faut. »
Vu comment s'était passée leur dernière rencontre, il n'avait pas forcément envie de jouer les appâts face à la dragonne...
Malheureusement, il lui fallut obéir à la jeune femme. Il sortit donc de mauvaise grâce, laissant Belle derrière lui. Cela lui brisait le coeur de savoir qu'elle avait besoin de soins immédiats et qu'il était incapable de les lui prodiguer.
Il eut toutefois d'autres raisons de s'inquiéter, surtout à partir du moment où Emma hurla...
Baelfire s'était toujours montré plus courageux que son père, mais le cri qui venait d'en bas lui glaça le sang dans les veines. Sa première envie fut se fuir en laissant les autres sur place, mais il se contrôla. Question d'honneur. Et on n'abandonnait pas la famille. C'est ce qui l'avait poussé à venir au secours de Belle, en premier lieu. La jeune femme faisait partie de la famille, désormais, même s'il ne savait pas très bien à quel titre. Enfin, il se doutait bien que la relation qu'elle entretenait avec son père n'était pas seulement platonique... Mais aucun enfant n'aime imaginer ses parents (ou un de ses parents, en l'occurence) dans des situations trop intimes, et il chassa l'idée de son esprit.
La corde était toujours tendue, ce qui signifiait bien qu'il y avait encore quelqu'un dans l'ascenseur, mais la cage de fer avait l'air beaucoup moins lourde que précédemment. Il retenta sa chance.
Rumplestiltskin fut soulagé quand il entendit l'ascenseur s'ébranler. Il espérait vraiment que Bael allait réussir à sortir Belle de là. Même si lui devait y rester, la jeune femme serait en sécurité. À coup sûr, elle culpabiliserait mais il lui devait bien ça. Elle avait été en danger trop de fois par sa faute. Il ne pouvait déjà plus se regarder dans un miroir, et il ne pourrait plus jamais se relever si elle mourait... La canne rendait déjà l'action difficile, mais la culpabilité était un fardeau bien trop lourd pour pouvoir être soulevé. Celle qu'il avait ressentie vis-à-vis de son fils l'avait poussé à gâcher sa vie et celle d'une princesse par la même occasion...
« — Gold ! » appela la jeune femme blonde d'une voix tremblante.
Il se retourna pour la chercher du regard et se figea sur place. Il avait oublié à quel point Maléfique était impressionnante sous sa forme de dragonne. Il se tendit et se rapprocha d'Emma.
« — Quoi qu'il arrive », souffla-t-il, « ne bougez pas trop vite, les dragons ne voient pas si bien que ça dans l'obscurité ! Par contre, ils ont de très bonnes oreilles, alors surtout, ne criez pas... »
Le shériff acquiesça, la main crispée sur son arme de service.
« — J'aurais dû prendre un sniper ou un bazooka », essaya-t-elle de plaisanter.
La tentative d'humour tomba à plat. Rumplestiltskin sentait qu'elle avait peur, mais heureusement, aucun d'entre eux n'était encore proie à la panique. Cela serait catastrophique. Face à Maléfique, il valait mieux ne pas perdre ses moyens. Et avoir une bonne arme.
« — Vous auriez mieux fait de prendre une épée », rétorqua-t-il. « C'est comme ça que votre père faisait.
— Je ne suis pas mon père », grinça Emma. « Et moi aussi, j'ai déjà réussi à m'en sortir, si vous vous en souvenez. »
Il s'en rappelait. Mais il se souvenait également qu'elle avait bénéficié de l'aide de la lame de son père. Cette fois, pensa-t-il en voyant la tête entourée d'un fin nuage de fumée du dragon se rapprocher d'eux dans une odeur de souffre, ils allaient devoir s'en passer...
Bael s'arquebouta une dernière fois avant de bloquer la corde. Il ouvrit précipitamment la porte métallique et se jeta plus qu'autre chose sur la jeune femme étendue dans l'ascenseur. Un cri horrifié lui échappa quand il contempla la brûlure sur son visage. Instinctivement, il prit son pouls. Ses iris s'agrandirent quand il le perçut, si faible. Que Dieu fût loué, s'il y en avait un dans ce monde, elle était inconsciente ! La douleur de ses blessures l'aurait tuée si ce n'avait pas été le cas. Il déchira plus qu'il n'ouvrit son sac à dos et en sortit un tube d'aspirine. Il prit un comprimé, qu'il glissa entre les lèvres de Belle. Il n'avait pas d'eau, et était certain que le médicament serait peu efficace, mais c'était toujours mieux que rien. Après un dixième de seconde de réflexion, il sortit deux autres comprimés pour les administrer à la compagne de son père. Il massa sa gorge pour la faire déglutir, et fut soulagé quand il vit que son corps réagissait. C'était une bonne nouvelle.
« — Mmmmmm... »
Bael jura. Elle commençait à reprendre connaissance. Il ne pouvait pas laisser ça arriver. Mais quoi faire ? Il ne pouvait pas la frapper pour l'assommer !
Son téléphone portable vibra. Il reprit espoir et se pencha pour l'attraper dans la pochette extérieur du sac à dos.
« — Merde ! » cracha-t-il.
Depuis quand recevait-on des SMS indiquant qu'on n'avait pas de réseau ? Il rejeta l'appareil inutilisable sur le sol.
« — Ne te réveille pas, Belle ! » ordonna-t-il d'un ton impérieux.
En vain, il le savait. Se réveiller n'était pas quelque chose qu'on faisait de son plein gré et en connaissance de cause. Tout le monde savait ça. En tout cas, lui le savait, ou il aurait passé le plus clair de ses journées à faire la grasse matinée. Si on pouvait toujours appeler une grasse matinée passé quatre heures de l'après-midi.
Le téléphone vibra à nouveau. Cette fois, il n'y prêta pas attention. Cependant, l'appareil lui avait rappelé qu'il y avait un monde en dehors de cette salle qui empestait le brûlé. Il espérait vraiment qu'un barbecue n'avait pas lieu en bas. Des brochettes de Papa et de shériff ne seraient sûrement pas appétissantes !
Il déposa délicatement son fardeau par terre, en s'arrangeant pour que le côté brûlé de son corps soit en contact avec le carrelage froid. Le réconfort ne durerait pas longtemps, mais c'était déjà quelque chose. Le jeune homme essaya de ne pas trop remuer la tête de Belle. Il ne savait pas à quel point elle était blessée, et il n'avait pas envie de la paralyser pour le restant de ses jours. Dans l'idéal, il n'aurait même pas dû la toucher, mais la situation l'exigeait.
Après s'être assuré qu'elle n'était pas en danger immédiat où elle se trouvait, il courut jusque dans la rue.
Emma tira trois fois. En vain, elle n'avait même pas entamé la cuirasse du dragon ! Rumplestiltskin se mordit l'intérieur de la joue en constatant à quel point elle se débrouillait mal. C'était à se demander comment elle avait pu s'en sortir vivante la première fois...
Les yeux de la jeune femme manquèrent de sortir de leurs orbites quand elle vit le cou démesurément long de la bête s'arquer vers elle. Elle ouvrit la bouche pour crier (alors qu'il lui avait bien spécifié de ne pas le faire...) mais la terreur l'empêcha d'émettre le moindre son.
L'ancien magicien visa à son tour sur l'extrémité de la queue de Maléfique. Le dragon la bougea pour se protéger, même s'il n'avait probablement senti qu'une pichenette, l'envoyant valser à l'autre bout de la pièce. Mais M. Gold avait atteint son but : Emma avait réussi à s'échapper quand le dragon se retourna.
Elle le rejoignit en rampant.
« — Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ? » demanda-t-elle dans un murmure.
Il hésita. Ordinairement, ce n'était pas lui qui réalisait les actions courageuses. D'habitude, il arnaquait les autres pour qu'ils le fassent. Il n'aurait pas voulu être à la place du prince James quand il avait fallu placer cette bouteille d'amour liquide dans le coeur du dragon !
« — Il faut lui donner un handicap... » souffla-t-il. « On doit rejoindre la sortie. »
Emma émit un gloussement hystérique avant qu'il ne la baîllonne avec sa main. Maléfique se tourna vers eux et ils se figèrent. Il relâcha la jeune femme qui s'était brusquement calmée et ils restèrent immobiles jusqu'à ce que la dragonne se mette à renifler dans l'autre sens. Heureusement, son odorat était affaibli par l'odeur constante de souffre.
« — Pardon », s'excusa-t-elle. « Mais je me vois mal aller voir cette bestiole pour lui dire « excusez-moi, madame, mais vous êtes trop fortes pour nous, alors je vous propose de ralentir, histoire qu'on ait une chance quand on ira courir vers l'ascenseur ! » »
Elle regarda autour d'elle.
« — En plus, il n'y a même plus d'ascenseur ! » ajouta-t-elle, comme pour enfoncer le clou.
L'homme se contenta de la dévisager. Il reprit la parole d'un ton très bas, pour ne pas attirer la bête monumentale.
« — Nous allons utiliser les armes à feu pour l'aveugler. J'espère que vous savez viser, mademoiselle Swan ! »
Et sans attendre de réponse, il tira un coup en l'air pour appeler Maléfique.
Baelfire s'était jeté sur la première personne qu'il avait trouvée dans la rue pour lui demander d'appeler les secours. Malheureusement, il n'était pas sûr que Peter Pan l'ait pris au sérieux et il continua sa route, de plus en plus desespéré.
« — Balthazar ! »
Profondément soulagé, il se tourna vers Blanche-Neige. La jeune femme semblait inquiète.
« — Balthazar, est-ce que vous auriez vu Isabelle French ? » demanda-t-elle d'un air concerné. « Tout le monde la cherche. »
Le jeune homme ne lui répondit pas directement.
« — Mary Margaret ? » demanda-t-il. Il n'était pas certain de son nom dans ce monde. Quand elle hocha la tête, il continua : « Mary Margaret, Isabelle a absolument besoin du docteur Whale ! Allez le chercher et ramenez le ici ! »
La jeune institutrice acquiesça et partit en courant.
« — Mademoiselle Blanchard ? » la stoppa-t-il. « Est-ce que vous savez où je peux trouver le prince Charmant ? »
Elle fronça les sourcils, perplexe, mais lui indiqua la forêt. Et ils se remirent à courir.
Emma se tourna vivement vers Rumplestiltskin.
« — Vous êtes dingue ? » s'exclama-t-elle. Enfin, autant qu'on pouvait s'exclamer à voix basse. « Vous voulez vous faire tuer, c'est votre problème, mais j'ai un petit garçon ! »
Il ne répondit pas. À la place, il se contenta de viser un oeil de Maléfique. Le coup partit trop vite, et il manqua sa cible. Par contre, il avait vraiment agacé le dragon. Emma lui fit payer d'un grand coup de coude dans les côtes.
Le coup lui coupa le souffle. Elle ne l'avait pas ménagé ! Bizarrement, ça ne fit qu'augmenter l'estime qu'il avait pour elle. Trop de gens se comportaient étrangement avec lui, soit par crainte, soit, pour les rares qui ne lui devaient pas d'argent, avec un excès de compassion. Seule Belle restait... Belle.
« — Visez les yeux ! » souffla-t-il. « Non seulement elle aura mal, mais nous pourrons bouger... »
Emma réfléchit deux secondes. Elle n'eut pas le loisir d'accorder plus de temps à sa réflexion, car Maléfique se tourna vers eux, alertée par le bruit de leur conversation. Elle ferma les yeux, se demandant une dernière fois ce qu'elle avait bien pu faire pour se retrouver embarquée dans une telle aventure, et les rouvrit pour se retrouver nez à nez avec le dragon. La jeune femme hurla. Bientôt imitée par la dragonne lorsque Gold lui arracha son arme de service pour tirer dans les deux yeux de l'ancienne sorcière.
« — Je n'avais plus de cartouches », s'expliqua-t-il.
Maléfique poussa un hurlement terrible. Sa queue fouetta l'air, les envoyant chacun à un bout de la pièce. Rumplestiltskin s'écrasa plus lourdement qu'il l'aurait voulu sur le mur.
Il avait cependant eu la chance d'atterrir là où l'ascenseur allait redescendre. Emma n'avait pas eu cette chance. Elle se redressa un peu moins péniblement que lui mais il vit que la collision avec le mur l'avait affectée.
Le shériff soupira en le regardant. La distance lui semblait infranchissable à cause du dragon aveugle et très très très en colère entre eux.
Elle se colla au mur en espérant pouvoir le longer jusqu'à l'antiquaire. Il leva les yeux au ciel et lui fit signe de le rejoindre en montrant ses yeux. Emma se souvint alors qu'elle n'avait plus à éviter les mouvements brusques. Elle se précipita vers Gold.
Elle ne l'atteint pas. Maléfique attrapa sa cheville dans sa gueule énorme.
Baelfire se jeta sur David Nolan qui tenait compagnie à son petit fils.
« — Monsieur Nolan ? » appela-t-il d'une voix forte.
Tous ceux qui participaient à la battue dans la forêt se retournèrent vers eux. Le jeune homme baissa d'un ton.
« — J'ai un besoin urgent du prince Charmant », s'expliqua-t-il. « Emma a besoin du prince Charmant. »
Les yeux d'Henry se levèrent automatiquement vers le visage de son grand-père. Celui-ci avait l'air inquiet.
« — Emma ? » demanda-t-il. « Elle va bien ? Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
— Elle hurlait la dernière fois que je l'ai entendue », répondit franchement son interlocuteur. « Elle est avec Gold en train d'affronter un dragon ! »
Le visage d'Henry se métamorphosa. Il était inquiet pour Belle, mais pour Emma... Son sentiment dépassait la simple inquiétude. Il était mort de trouille pour sa mère biologique, ça se voyait.
David arborait un air grave. Il saisit Baelfire par l'épaule.
« — Où est-elle ? »
Belle se réveilla dans les bras du docteur Whale. Il la manipulait avec beaucoup de précaution, mais elle éprouvait une douleur incommensurable. Pourtant, elle n'avait pas le courage de crier. D'un autre côté, si elle hurlait, peut-être que son amoureux magicien allait venir la secourir. Elle cligna des yeux quand le médecin lui demanda si elle était consciente, et replongea doucement dans un monde étrange quand il appuya sur le piston de sa seringue...
Elle loupa donc l'arrivée tonitruante de son cousin.
« — Où est ma fille ? » tonna l'ancien chevalier.
Le médecin, qui avait également beaucoup de mal à assimiler les relations familiales du Sauveur, haussa les épaules. Ce fut Baelfire qui lui répondit.
« — En dessous... Mais je n'arrive plus à faire monter ou descendre l'ascenseur. »
David haussa les épaules.
« — Je me tiendrais à la corde. » répondit-il simplement. « Henry, tu as pu récupérer mon épée ?
— J'ai dû l'emprunter chez M. Gold », dit l'enfant, « mais je ne pense pas qu'il va m'en vouloir... »
Le docteur Whale ricana.
« — Dépêchez-vous », dit-il au père inquiet. « Balthazar, je vais avoir besoin de votre aide pour transporter Mademoiselle French à l'hôpital. »
Bael acquiesça et se tourna vers Henry.
« — Est-ce que tu pourrais aller chercher de l'aide pour sortir ta mère de là ? Des amis, de préférence ? »
Le petit garçon réfléchit un quart de seconde avant de hocher la tête d'un air grave.
Le prince n'attendit pas de savoir qui allait s'occuper de les remonter et sauta dans le gouffre béant où les cris s'étaient tus juste avant l'arrivée du docteur Whale.
Rumplestiltskin avait vu la bête immense secouer la tête et serrer un peu trop les mâchoires. Si elle continuait, Emma allait se retrouver broyée entre ses dents ! Malheureusement, il ne savait pas vraiment quoi faire. La bête était certes devenue aveugle, mais elle restait toujours aussi grande. Comment sauver le shériff sans prendre sa place ? Sans compter qu'il y avait toujours la possibilité que Maléfique l'écrase d'un coup de patte magistral, sans lâcher la fille de Blanche-Neige pour autant !
Emma continuait de hurler. Il ne pouvait décemment pas lui reprocher. La pauvre fille allait se retrouver mâchée vivante ! Et sans magie, il lui était impossible de lui porter secours.
Maléfique secoua à nouveau la tête, mais cette fois, un peu de fumée s'échappa de ses naseaux. La jeune femme entre ses mâchoires puissantes gémit et l'antiquaire comprit qu'elle avait été brûlée. L'hôpital allait avoir du travail quand ils sortiraient de là. Il espérait quand même que ce serait l'hôpital, et pas la morgue !
Maléfique lâcha brutalement Emma qui s'écrasa sur le sol. La chute de plusieurs mètres l'assomma. Le dragon se pencha pour cracher un long jet de flammes sur elle... Mais n'en eut pas l'occasion.
La tête de Maléfique roula sur elle-même plusieurs fois quand le père de la jeune femme abattit son épée sur le long coup du dragon.
« — Mais c'est pas vrai ! » gronda le prince. « Tu ne vas donc jamais nous laisser tranquilles ? »
La pièce était totalement enfumée. Rumplestiltskin lui-même avait du mal à respirer avec la forte odeur de souffre.
« — David ? » lâcha Emma d'une voix hésitante. « J'ai mal partout...
— Je sais », lui répondit son père. « Est-ce que tu peux te relever toute seule, Emma ? Je voudrais que tu essayes. »
La jeune femme obéit. Elle ne tint pas très longtemps sur ses jambes, mais suffisamment pour que son père soit rassuré. Le prince Charmant chargea sa fille unique sur son épaule.
« — Essayez de vous baisser », conseilla-t-il à Gold. « L'air respirable reste près du sol. Je n'ai pas envie de vous porter en plus d'Emma. »
La jeune femme protesta un peu.
« — Excuse-moi, ma chérie, mais bon, j'ai arrêté le sport depuis ta naissance. Et sans vouloir te vexer, ça commence à faire un moment. »
Emma ne répondit rien. Rumplestiltskin constata qu'elle avait probablement perdu connaissance. Elle n'était pas dans un état aussi grave que Belle, mais elle devait souffrir quand même.
L'ascenseur était déjà en bas lorsque le petit groupe enjamba le cou qui ne finissait plus par une tête de dragon. C'était assez surprenant, dans la mesure où aucun d'entre eux ne l'avait entendu. David testa la solidité de la cage avant d'y entrer. Gold s'y engouffra à sa suite.
Baelfire vit Henry revenir avec soulagement : il n'était pas seul. Heureusement, car il ne se sentait pas de force à remonter David, Emma et son père à lui seul. Par contre, il fallait avouer que l'aide des sept nains et de Blanche-Neige était assez inattendue.
Rumplestiltskin fut le premier à sortir de l'ascenseur, peu inquiet du sort des deux autres. Oui, il était très reconnaissant au prince Charmant, mais il voulait d'abord savoir comment allait sa fiancée.
« — Comment va Belle ? » demanda-t-il immédiatement à l'institutrice avant qu'elle ne se concentre sur sa propre famille.
Les yeux de la jeune femme s'humidifièrent.
« — J'ai de mauvaises nouvelles... » commença-t-elle.
