Je sais, j'ai tardé. Je suis vraiment navrée ! Devoirs, révisions, cours, lecture, le code ! Sans oublier l'écriture du prologue de « The last glimmer of hope ! » Bref, j'ai bien été occupée.

Mais le plus important, c'est que j'ai enfin fini par écrire ce chapitre !

Alors sans plus vous faire patienter, je vous laisse avec ce chapitre de 28 pages !

J'ai été agréablement surprise : 13 reviews ! Je suis enchantée !

Alors merci à Eden, Kalahane, Elayna Black, Ewillan (ou mon petit elfe), mel925, Omb66, Ocaora, Lollie Lovegood, Ellis Lupin, Cissy et LK, DR Ciboulette et Elise.

Bonne lecture !

Chapitre 10:25, The royal Mews.

Nous étions Vendredi 17 Décembre 1976 et la plupart des élèves se bousculaient dans le grand hall de Poudlard avec leur valise, près à retourner chez eux pour ces vacances de Noël. J'avouai volontiers que j'étais particulièrement heureuse que ce dernier jour de cours se finissent enfin. Il était dix huit heures quinze et j'avançai d'un pas tranquille vers la grande porte, faisant voler d'un coup de baguette mes valises devant moi. Une fois à l'extérieur, le vent glacial me frappa de plein fouet. Je cherchai rapidement mes amis des yeux quand je les vis à quelques mètres de moi, en pleine discussion avec Hagrid. Je souris et m'approchai d'eux d'un pas assuré. Hagrid s'éloigna vers les premières années tandis que j'arrivai à leur hauteur.

-Ben, dis moi… Tu es rayonnante! S'exclama Bella en me faisant un clin d'œil. Les vacances te réussissent mieux que les cours.

-Ouais… C'est dommage qu'on te voit seulement pendant les jours où on a cours! Ajouta malicieusement Sirius.

-Vous pourrez dire tout ce que vous voulez, il n'y aura rien qui pourra venir gâcher mon bonheur! Déclarai-je déterminée. J'adore les vacances…

-Rien? T'es sûre? Demanda James dans un grand sourire.

Je hochai de la tête, affirmative.

-Rien du tout!

Sirius jeta un regard équivoque à James et Bella avant de faire une petite moue dubitatif.

-Eh! Laissez-la tranquille. Intervient Remus avant que les trois autres puissent ouvrir la bouche. C'est pas tous les jours où elle est de bonne humeur. Profitons un peu…

Je regardai Remus qui me souriait amusé.

-Je vais faire comme si je n'avais rien entendu! Lançai-je. Parce que j'ai bien l'intention de garder ma bonne humeur.

-Pourtant, ça ne serait pas très compliqué de te mettre sur la défensive… remarqua Bella.

J'agitai la main par-dessus mon épaule comme pour signifier que je prenais pas cas de leurs paroles.

-Remarquez…glissa doucement Lily. Depuis qu'elle sort avec Remus, elle est très souvent de bonne humeur.

-A croire que j'ai bonne influence. Nota Remus.

-Ça va les chevilles? lui demandai-je.

Il me sourit.

-Très bien… Pourquoi? Feignit-il de ne pas comprendre.

-Et bien moi, je dirais plutôt qu'être amoureux doit rendre heureux, parce que Remus non plus n'est pas aussi sinistre qu'avant. Annonça Sirius sur un ton de confidence.

-Dans ce cas, tu ferais bien de te dépêcher de sortir avec Bella, parce que vous avez tous les deux besoin d'être deux bonnes humeurs plus souvent. Répliquai-je en faisant passer mes bagages devant lui. On y va? On va rater le train sinon.

Un petit silence de plomb s'installa dans le groupe avant que James éclatât de rire. Il me frappa doucement l'épaule.

-T'es vraiment de bonne humeur, Heather.

Sirius sourit à son tour en me lançant un regard qui m'annonçait une revanche prochaine. Bella quant à elle, se contenta de fixer mal à l'aise Sirius. Lorsqu'elle tourna la tête vers moi, elle me sourit timidement.

-On va y aller. Déclara Lily. Peter est allé nous réserver un compartiment et on devrait pas le faire patienter trop longtemps. Passez un bon Noël les garçons!

Elle s'éloigna, suivant la foule des derniers élèves. Après un dernier au revoir, Bella la rejoignit. Je souris à James et Sirius.

-Vous allez pas trop vous ennuyer pendant deux semaines? Leur demandai-je.

-Pas du tout! On a pleins de choses à faire! S'exclama Sirius. Puis étant donné qu'on est très peu nombreux à rester, on va pouvoir explorer Poudlard en profondeur!

James approuva de la tête.

-Puis dans le cas où vous vous ennuyez, vous pourrez toujours travailler vos cours…annonçai-je.

Sirius et James se jetèrent un coup d'œil.

-Oh, oui bien sûr, on pourrait toujours y jeter un coup d'œil…

Je souris.

-Bonnes vacances, alors.

Je leur fit un baiser sur leur joue droite à chacun avant de rejoindre les filles avec mes sacs. James et Sirius s'étaient immobilisés, étonnés de mon geste. En m'éloignant, je me retins d'éclater de rire à l'expression de leur visage. Remus resta encore un petit moment avec les garçons avant de nous rejoindre au bout de dix minutes. A peine eut-il mis un pied dans le compartiment que le train démarra. Il déposa ses affaires dans les soutes puis vint s'installer face à moi. Il commença une partie d'échec avec Bella. J'appuyai ma tête contre la vitre et observai les flocons qui commençaient à tomber doucement.

On était enfin en vacances.

J'allai rentrer à la maison et revoir papa. Il avait acheté un appartement dans une rue moldu il y a plusieurs mois et j'étais un peu effrayée à l'idée de me retrouver dans une demeure inconnue, seule avec lui. Ça serait la première fois que je me retrouverais seule avec lui depuis la mort de maman et j'avais un peur de cette rencontre. Sans compter du fait que j'avais finalement envoyé une lettre à son avocate pour refuser une bonne fois pour toute la vente de notre maison. Je poussai un soupir. Et moi qui croyais que rien ne serait venu gâcher ma bonne humeur.

-Je reviens. Déclara alors Lily en se levant et en sortant du compartiment.

Bella avait arrêté de jouer avec Remus et lisait désormais un livre à côté de Peter qui feuilletait un journal.

Je me levai et alla m'asseoir à côté de Remus. Il souleva son bras et le passa sur mes épaules. J'appuyai ma tête contre son épaule.

-Rien n'était pas sensé venir jouer les troubles fêtes entre toi et ta bonne humeur? Murmura-t-il.

-Ouais…Normalement.

-Ça se passera bien Heather. Me rassura-t-il. Tu verras. Il t'a quand même demander de venir passer les fêtes avec lui.

Je me redressai et le fixai, légèrement anxieuse.

-Et si c'était seulement pour me dissuader de garder la maison? Ou bien il a l'intention de me faire adopter? Ou de me faire émanciper? Et si jamais, il voulait…

-Heather! Coupa Remus en mettant un doigt sur ma bouche. Arrête de paniquer…

J'inspirai fortement et acquiesçai de la tête. Il avait raison, il fallait arrêter de paniquer et attendre. Je le saurais suffisamment tôt s'il devait y avoir quelque chose. Remus parut satisfait et sourit tendrement.

-Autre chose? Demanda-t-il.

Je secouai négativement de la tête. Remus déposa doucement ses lèvres sur les miennes.

-Tant mieux alors.

Il me sourit encore une fois et merlin sait à quel point il est charmant quand il sourit. Il se cala dans le coin et m'attira contre lui. J'appuyai mon dos contre sa poitrine et posai ma tête sur son épaule. Il m'entoura de ses bras et attrapa mes mains qu'il teint serré contre les siennes et les posa sur mon ventre.

J'oubliai rapidement mon père dans ses bras, seulement pour sentir sa force. On discuta pendant tout le trajet ainsi et j'aurai voulu qu'il dura une éternité tellement j'étais bien.

Cela faisait deux mois que nous étions ensemble. Au début, cela avait été plutôt maladroit entre nous. J'étais gênée et Sirius et James n'était pas là pour me permettre d'être à mon aise. Sans parler du regard des étudiants qui malheureusement remarquaient toujours la formation d'un nouveau couple. Remus semblait lui aussi embarrassé par cette attention que les gens nous portaient. Et je ne savais pas s'il avait parlé à Sirius et James ou si c'était ces derniers qui s'en était lassé mais, un jour ils arrêtèrent leurs blagues. Presque aussitôt, les « cancans » se reportèrent sur un nouveau couple et bien que compatissante, j'en fus grandement soulagée. Pourtant, tout ne s'arrangea pas immédiatement. Je ne cessai de penser à ce que j'avais appris. Mes cauchemars avaient certes cessés, mais je culpabilisai de cacher ma découverte à Remus. J'avais voulu lui dire puis je m'étais résignée. Je choisi d'oublier. Il était seulement Remus. Juste Remus. Après, les choses allèrent d'elle-même.

-Heather? On est arrivé?

J'ouvris les yeux, étonnée de m'être endormi. Remus me souriait et je lui souris à son tour. Je me levai et attrapai mes sacs.

-J'ai dormi longtemps? Questionnai-je.

-Une demi-heure environ. M'informa Remus en attrapant ses bagages. Viens, on rejoins les filles. Elles sont déjà sorties.

Peter nous attendait dans le couloir. Nous avancèrent tant bien que mal malgré le monde puis réussirent finalement à atteindre la gare. Peter nous laissa rapidement ayant vu sa mère. On rejoignit Lily et Bella.

-Bon… Alors. Qui doit venir vous chercher? Demanda Bella.

Lily fit une moue résignée.

-Ma sœur doit m'attendre de l'autre côté…

-Mon père m'attend au chemin de traverse. Déclara Remus.

-Tu vas jusqu'au chemin de traverse? S'exclama Bella. Tu veux qu'on te dépose? Ma mère ne verra pas d'inconvénient.

Remus secoua négativement de la tête.

-Merci, mais je vais y aller avec le magicobus. Puis avant, j'accompagne Heather chez elle.

-Ton père ne vient pas te chercher? S'étonna Lily.

Je secouai de la tête.

-Il a un réunion ce soir. Il rentrera probablement pas avant 22heures.

-Tu veux que je te dépose? Questionna Bella. Je peux vous ramener tous les deux si vous voulez! Ça ne gênera pas ma mère, je vous assure.

Je jetai un regard oblique vers Remus qui semblait indécis à répondre.

-Euh…Bella. Intervient Lily. Je crois qu'ils veulent rester un peu tous les deux.

Elle se tourna vers nous comme pour confirmer ses dires. Je lui gratifiai mon plus grand sourire et elle sourit à son tour. Bella ouvrit la bouche en un o parfait.

-Oh, oui bien sûr! Je comprend! Bien, amusez-vous bien alors! Bonnes fêtes!

Elle me serra rapidement dans ses bras, fit un signe de main à Remus et s'éloigna rapidement traînant Lily derrière elle. J'hésitai à lui crier qu'elle n'était pas obligée de partir si vite mais j'éclatai plutôt de rire.

-Bien. Maintenant, il va falloir traîner nos valises jusqu'à qu'on sorte hors de la gare. Déclara Remus peu motivé à cette idée. J'acquiesçai de la tête. Je regardai mes bagages. La valise portait des roulettes ce qui félicitait le déplacement, seulement l'idée de porter mon autre sac sur mon épaule était loin de m'enthousiasmer. Je poussai un petit soupir de découragement. Je tournai la tête et observai Remus. Il me regardait en souriant puis jeta un coup d'œil à ses bagages. Il avait seulement une grosse malle.

-On se posait toujours la question avec Sirius…commença Remus. Pourquoi vous avez toujours autant de truc?

J'observai mes sacs. L'un contenait mes vêtements qui, j'avouai volontiers, étaient beaucoup plus nombreux que nécessaire. Après tout, on ne sait jamais, ça peut servir. Le deuxième sac, contenait tous mes bouquins scolaires sans compter un bon nombre de romans, ainsi que tout ce qu'une fille emporte partout avec elle, maquillage, brosses, bijoux, parfums, produits de beauté et tout ce qu'il faut pour mes problèmes intimes.

Je haussai les épaules.

-Ben…Faut croire qu'il y a beaucoup de superflus.

Remus sourit.

-Allez…Donne ton sac. Je te le prend.

Je secouai de la tête.

-Non. Je tiens à le porter.

-Heather…souffla-t-il sur un ton légèrement exaspéré, indiquant qu'il n'avait nullement envie de se battre.

Je le stoppai de la main.

-J'ai pas dit que je ne voulais pas que tu m'aides. Prends donc une anse et moi je prends l'autre.

Remus me fixa quelques secondes avant d'éclater de rire. Il s'exécuta de bon gré. Nous sortîmes de la gare tous les deux puis attendîmes le magicobus une fois que Remus l'eut appelé. La nuit était déjà tombée depuis une heure. Il était vingt et une heure du soir et le temps s'était encore plus rafraîchie. Les flocons tombaient doucement sur la route.

Une fois dans le bus, Remus et moi allâmes nous installer au fond. Les sièges avaient déjà été remplacés par des lits. Le contrôleur passa nous voir.

-The royal Mews…annonçai-je quand il nous demanda la direction.

Il acquiesça, nous fit payer et repartit presque immédiatement. J'enfonçai ma main dans la poche de mon manteau et en sorti un morceau de papier. L'adresse était écrite dessus avec le numéro de l'appartement. « 25 ».

Remus siffla dans mon oreille. Je tournai la tête pour le voir, lire par-dessus mon épaule l'adresse.

-C'est la classe, dis-moi. Je savais pas que tu étais si riche…

Je rangeai rapidement le papier dans ma poche mal à l'aise.

-Je ne suis pas riche. Mon père a juste su faire de bon placement.

Remus hocha les épaules.

-Peut être…Personnellement, je m'en fous que tu sois riche ou pauvre!

-Remus? Demandai-je d'une voix inquiète. Il est tard et… Tu crois que ça va gêner ton père s'il venait te récupérer chez moi plutôt que tu ailles au chemin de traverse?

Remus m'observa étrangement. Ces yeux bleus avaient une lueur que j'avais du mal à déterminer.

-Quoi?

-Non, rien. Je ne sais pas. Je ne crois pas, ça le rassurerais même je pense mais comment veux-tu que je le prévienne?

-Ben…Aphrodite sera sûrement arrivée avant nous. Tu n'auras qu'à l'utiliser.

Remus sourit au nom de Aphrodite. Il n'était pas vraiment habitué à entendre son nom. Il finit par approuver. Je souris.

-Génial!

Notre voyage dura encore dix minutes quand on arriva enfin à destination. On descendit du magicobus sans oublier de prendre nos sacs. On marcha à nouveau plusieurs minutes jusqu'au numéro 25. Remus et moi s'arrêtâmes sur le trottoir, laissant tomber nos sacs par terre. On leva les yeux pour contempler ce qui serait ma maison durant les mois avenir.

Je poussai un long soupir anxieux. Remus me jeta un coup d'œil puis attrapa à nouveau nos sacs.

-Viens. Rentrons, il fait froid.

Je pris ma valise et le suivit. Nous montâmes les marches qui menait jusqu'à la porte d'entrée. Remus tenta de l'ouvrir en vain. Je lui indiquait le mur de droit où une multitude de boutons se trouvait à côté de noms.

-Cherche celui de Mrs Moirl. L'informai-je. Mon père a dit qu'il lui avait passé mes clés et que je devais m'adresser à elle.

Remus haussa un sourcil, surpris. Je haussai les épaules pour lui faire comprendre que je trouvais moi aussi cela étrange.

Il parcourut rapidement la liste des noms et trouva celui de Mrs Moirl juste dessous le mien. Il appuya sur le bouton et une sonnerie étrange se fit entendre.

-Oui? Demanda alors une voix.

-Euh…Mrs Moirl? Demandai-je. Je suis Heather Marne. Mon père était sensé…euh…vous donner les clés…de l'appartement…euh jusqu'à mon arrivée…heu…je….

-Bien sûr. Montez.

Un crachement sec retentit ce qui devait signifier que la conversation était finie. Il fut très vite suivi par un petit grincement vers la porte. Remus la poussa brusquement et nous pûmes enfin rentrer. Le hall n'était pas chauffé et presque aussi froid que l'extérieur. Remus frotta ses deux mains l'une contre l'autre pour se réchauffer tout en levant les yeux vers les escaliers.

-Quel étage? Demanda-t-il.

-Troisième.

On se jeta un coup d'œil découragé avant de commencer la montée. Il passa devant moi et pris mon sac sans me laisser le temps de protester. J'avouai que j'étais soulagée par son initiative. J'étais crevée. Arrivés au troisième étage, une vieille femme, probablement retraitée, attendait devant notre porte. Elle était impeccablement bien habillée et les cheveux tirés en chignon. Elle détailla Remus de la tête au pied d'un air mécontent, si bien que lorsqu'elle m'adressa un sourire, je ne pus me contenter de répondre par un « enchanté » froid. Elle me tendit finalement les clés.

-Votre père était vraiment inquiet de vous savoir seul ce soir, si bien qu'il me demanda de bien vouloir vous aider si vous aviez un problème. Expliqua-t-elle.

J'acquiesçai de la tête.

-Merci beaucoup Mrs Moirl. Dis-je d'un ton neutre.

Je m'avançai vers la porte et l'ouvrit. Je m'écartai pour laisser Remus rentrer puis après un signe de main poli envers ma voisine, je refermai la porte. Remus me souriait.

-Aimable.se contenta-t-il de dire.

-Attends, je vais voir si Aphrodite est là.
Je lâchai ma valise et me dirigeai vers la première fenêtre que je trouvais. Je l'ouvris laissant un courant d'air frais rentrer et ma chouette me fonça droit dessus. Ses plumes étaient couverte de neige et elle semblait mécontente d'être restée si longtemps à l'extérieur. Je m'excusai rapidement et la passai aussitôt à Remus. Je me penchai ensuite sur ma valise, l'ouvrit et fouillai rapidement dedans. J'en sorti un parchemin, une plume et de l'encre que je tendis le tout à Remus.

-T'es vraiment rapide! S'exclama-t-il.

Je lui souris. Il s'éloigna pour trouver une table alors que je commençai à observer mon appartement. Le hall d'entrée était vraiment grand, il comportait un meuble pour les chaussures à droites et un porte manteau à gauche. J'avançai…

A droite, une double porte vitrée donnait lieux à la cuisine. Je n'en avais jamais vu de si grande. Il y avait deux fenêtre qui donnaient sur la rue, un frigo, des étagères blanches avec un tiré bleu qui entourait le cadre et une grande table de travail. A l'opposé se trouvait une table sur laquelle reposait un vase avec des fleurs, et des chaises.

Je continuai mon avancée… Toujours à droite se trouvait une première chambre, celle de Papa, puis des toilettes et une salle de bains. Une gigantesque salle à manger occupait le reste de l'étage, à gauche. Remus était d'ailleurs assis sur la table du salon, concentré à sa lettre. Au bout du couloir, un escalier montait au deuxième étage. J'étais toujours ébahie par la grandeur de cet appartement. Le deuxième niveau comportait deux chambres, une avec salle de bain insérée et la deuxième sans. Je rentrai dans la première. Des cartons étaient posés sous la fenêtre et mon lit était même déjà installé contre le mur. Papa m'avait laissé la plus grande chambre… Et bien que j'étais étonnée de l'achat d'une si grande maison pour deux personnes, j'étais plus qu'enchantée de ma chambre. Je sortis de la chambre. Le deuxième étage était comme un énorme balcon dessus le salon et pardessus la rambarde, je pouvais apercevoir Remus qui attachait sa lettre à la patte d'Aphrodite. Je souris toute seule puis je me dépêchai de le rejoindre en bas. J'arrivai au moment où il referma la fenêtre.

-Alors? Me demanda t-il avec un grand sourire. Comment tu trouves ta demeure?

-Je suis ravie ! m'exclamai-je. Si tu voyais ma chambre!

Remus éclata de rire devant ma mine ébahie. J'enlevai alors mon manteau, me rendant enfin compte que j'avais en réalité très chaud et allai le poser sur le porte manteau d'un air fier. J'allai rapidement récupéré celui de Remus et fit de même.

-Tu veux quelque chose à boire ou à manger peut être?

-Tu te réjouis déjà à l'avance de cuisiner dans ta grande cuisine, hein? Questionna Remus.

Pour toute réponse, je le gratifia d'un grand sourire puis l'embrassai affectueusement.

-Viens.dis-je en lui prenant la main. Je suis sûr que tu meurs de faim.

-C'est vrai que depuis midi, je n'ai rien mangé…remarqua t-il amusé.

Je l'entraînai à la cuisine et je ne pu que remarquer son air abasourdi.

-Même James serait jaloux… nota t-il.

-Ouais…mais James a un jardin, un terrain pour jouer au quiddich.

-Vrai. Consentit Remus.

J'ouvris le frigo et pu apercevoir que mon père avait fait le plein.

-Tu n'as plus qu'à te servir. Dis-je amusée.

Remus hésita entre plusieurs aliments et du coup, on se fit deux sandwichs qu'un vendeur n'oserait jamais vendre dans son magasin, tellement son apparence était monstrueuse. Et pourtant, on mangea avec appétit. Une fois fini, je passai rapidement un coup d'éponge sur la table quand une sonnerie retentit.

Je levai les yeux vers Remus qui haussa les épaules.

-La porte ! s'exclama t-il alors.

Je me précipitai vers l'entrée et ouvrit la porte brusquement. Il n'y avait personne. Je la refermai intriguée. La sonnerie retentit encore. Je me mis à réfléchir quand j'entendis Remus arriver derrière moi.

-La porte du hall. Précisa t-il.

-C'est vrai ! m'exclamai-je.

Je cherchai les boutons près de ma porte quand je les vis à gauche. Les moldus ont des inventions bien étranges. J'appuyai sur le bouton « Parler ».

-Oui ? dis-je peu certaine et à l'identique que Mrs Moirl ce qui fit rire Remus.

-Euh…Mr John Lupin. Dit-il.

-Bonjour Monsieur! M'exclamai-je. Rentrez donc, je vous ouvre la porte. Vous n'avez qu'à pousser. C'est le troisième étage.

J'appuyai sur le deuxième bouton puis me retournai vers Remus. Un expression inquiète passa sur son visage.

-Pourquoi l'avoir fait monté? Demanda t-il. J'allais descendre.

-Tu ne voudrais pas qu'il t'attende dans ce froid quand même ?

Remus ne dit rien et attrapa son manteau qu'il enfila rapidement. Il s'approcha de la porte puis se tourna pour me faire face.

-Si jamais ton père devient insupportable, je suis sûr que je réussirai à convaincre le mien d'avoir une hôte jusqu'à la fin des vacances.

Un sentiment de joie me parcourut et au lieu, de le remercier comme j'aurai été tentée de la faire, je me réfugiai dans ses bras. Je posai ma tête sur sa poitrine tandis qu'il resserra ses bras autour de moi.

-Bien sûr, pas question de dire à mots de ceci à James et Sirius. Souffla t-il dans mes cheveux.

Je souris et m'écartai un peu de lui pour voir son visage.

-Pas un mot.

Il baissa la tête et déposa doucement ses lèvres sur les miennes. On resta à s'embrasser un petit moment quand son père frappa à ma porte. Je m'écartai à regret de Remus et allai ouvrir la porte.

Sur le seuil se tenait un vieil homme dont les traits étaient identiques à ceux de Remus. Il avait le même nez, les mêmes pommettes, la même forme des lèvres. Ses cheveux bien que désormais gris, laissaient imaginer une couleur châtain claire. Seul son regard noir différait. Je le fis rentrer et il me salua.

-Je vous remercie d'avoir proposé à Remus d'attendre chez vous. C'est vraiment très gentil. Déclara t-il d'une voix calme.

-Je l'ai fait volontiers. Répondis-je dans un grand sourire. Vous souhaitez quelque chose à boire, du thé peut être pour vous réchauffer?

Le père de Remus refusa poliment mon invitation alors que Remus, juste derrière lui, me souriait amusé.

On discuta de rien pendant encore deux à trois minutes puis je décidai de les libérer en leur ouvrant à nouveau la porte. Mr Lupin passa le premier. Quand Remus franchit la porte, il murmura :

-Tu devrais penser à ouvrir un salon de thé, Heather. Tu es très charmante en tant qu'hôtesse.

Je lui souris en retour et il suivit son père. Ils commençaient à descendre les escaliers quand je m'exclamai brusquement :

-Passez de bonnes fêtes!

Mr Lupin me remercia alors que Remus se contenta de me sourire. Je restai là, plantée sur le pas de l'appartement encore quelques secondes puis finit par rentrer. La première chose qui me frappa fut la vue de la malle de Remus. Quel étourdi ! Au même moment, quelqu'un frappa à la porte. J'allai l'ouvrir. Remus se tenait debout sur le seuil, un air coupable sur le visage.

-Oui ? fis-je sur un ton faussement étonné.

-J'ai oublié ma malle. Se justifia t-il.

-Et ton père ?

-Je lui ai dit d'attendre dans le hall.

J'éclatai de rire et m'écartai pour le lancer rentrer. Il récupéra rapidement sa valise.

-Dis moi que ce n'était pas volontaire?

-Ce n'était pas volontaire. Répéta t-il avec un sourire malicieux. Tu sais que tu ne devrais pas ouvrir ta porte comme ça. Continua t-il en désignant l'embrasure derrière moi de la tête. J'aurai pu être un psychopathe qui a trop abusé de la magie au point qu'il en est devenu fou.

-Hum hum… Mince alors….

Remus sourit davantage. Il se pencha et prit mes lèvres avec pleins de tendresse.

-Bonnes fêtes, Heather. Murmura t-il en attrapant son sac.

Il descendit ensuite les escaliers le plus rapidement possible et disparu bientôt de ma vision. Je refermai alors la porte derrière moi, la verrouillant en repensant à ce qu'il venait de me dire. On était jamais trop prudent.

Je pris mes valises que je montai jusque dans ma chambre et les posai à côté des cartons. Je me précipitai dans la salle de bains, et une fois ma douche prise, je me plongeai dans mon lit. A peine, j'eu posé ma tête sur l'oreiller que je m'endormis déjà.

Je n'entendis pas mon père rentrer cette nuit là et je dormis comme une masse. Le lendemain matin, je me réveillais à dix heures. Je m'habillai rapidement avant de descendre prendre mon petit déjeuné à la cuisine. Je trouvai mon père assis sur la table, à trier des papiers.

-Bonjour. Dit-il en me regardant rentrer.

-Salut.

Je me dirigeai vers le frigo pour préparer mon déjeuner.

-Tout s'est bien déroulé hier ? demanda t-il.

J'acquiesçai de la tête.

-Mrs Moirl m'a dit qu'il y avait un jeune garçon avec toi. Déclara t-il sur un ton sans reproche mais qui m'obligeait à donner des explications.

-Tu me surveilles? Rétorquai-je.

-Tu es ma fille.

Son ton était sans équivoque.

-C'était Remus. Dis-je peu envieuse de commencer une guerre dès le début des vacances. Il m'a accompagné de la gare puis son père est venu le chercher ici.

Papa acquiesça mais ne dit rien. Il laissa un temps de silence entre nous pendant lequel je déjeunai silencieusement puis lorsque je commençai la vaisselle, il reprit son interrogatoire.

-Tu comptes faire quoi aujourd'hui?

-Ranger ma chambre. Défaire valises et cartons.

-Et cette semaine?

-J'en sais rien! Lâchai-je énervée par toutes ses questions. Probablement, j'irais en ville.

-En ville ?

-Oui. Au chemin de traverse. Ou même dans un quartier moldu! Que veux-tu que j'en sache ? J'ai pas fait de programmes.

-Et tu iras comment en ville ?

-J'utiliserai la poudre de cheminette! Tu as bien installé la cheminée ?

Il opina de la tête. Il se leva, ramassa ses affaires.

-Fais attention quand tu seras en ville, Heather. Conseilla t-il avant de se diriger au salon. Les temps ne sont pas sûr en ce moment.

Je ne répondis pas et finis. Je posai mon bol sur le lavabo avec le reste pour qu'il sèche. J'essuyai mes mains. J'espérai sincèrement qu'il n'allait pas me surveiller parce qu'une chose était sûre : Je n'avais nullement l'intention de rester deux semaines dans cette immense appartement toute seule.

Je montai dans ma chambre, m'assit par terre et commençait à déballer mes cartons. Mes affaires devaient y être rangées depuis la mort de maman. Je poussai un soupir puis sorti tout un par un pas. Je disposai mes livres sur les étages par ordre alphabétique. Je consacrai un espace pour ranger mes affaires scolaires. Je mis en place mon bureau, arrangeai ma salle de bain. J'accrochai des photos des maraudeurs, de Lily et Bella sur les mûrs avec une photo de maman.

Remettre de l'ordre dans mes affaires me prit tout samedi et Dimanche. Lundi, papa retourna et boulot et j'en profitait pour descendre en ville. J'allai vagabonder dans les rues moldus et je m'achetai des rideaux pour ma chambre, une nouvelle couette ainsi qu'une lampe. Je mangeai à midi dans un petit pub et finis l'après midi à faire du lèche vitrine. Quand je rentrai à la maison, je fus contente de retrouver la chaleur de l'appartement chauffé. Je me fis couler un bon bain dans lequel je restai une heure.

Et la semaine se déroula ainsi. Tout du long. Mercredi, j'allai au chemin de traverse. Les rues étaient déjà toutes décorées pour Noël et la neige continuait à tomber. Il me fallut la journée entière pour trouver des cadeaux à toute le monde. J'avais décidé de commencer par mon père et je lui pris une montre qui sonnait à chaque fois que quelqu'un de mal intentionné s'approchait de lui. Pour Lily, je trouvai un collier avec une pierre émeraude qui s'assortira magnifiquement avec ses yeux. Bella, quant à elle, je lui achetai la tenue et l'écharpe de son équipe de quiddich les « Flaquemar » dans la perspective où elle ira les voir pendant les vacances d'été. Je pris une peluche en forme de chien pour Sirius, en souvenir de notre sortie au pré-au-lard tandis qu'à James, ce fut une peluche de chouette, le portrait traits pour traits de Aphrodite. Peter, étant celui que je connaissais le moins et surtout ayant remarqué sa gourmandise, je lui offris deux grosses boites de chocolat. Le cadeau le plus dur à trouver fut pour Remus. Je n'avais vraiment aucune idée sur quoi lui achetait. Je ne voulais pas lui offrir quelque chose de trop impersonnelle. Pourtant, au fil de la journée, je tombai sur un magnifique jeu d'échec sur lequel je fis graver ses initiales.

Mercredi soir, alors que j'étais appliquée à plier soigneusement mes paquets mon père rentra plus tôt et vint directement me voir.

-Heather. Vendredi soir, c'est le réveillon. Tu préfères le faire ici ou tu veux qu'on aille au restaurant?

-Ici. Décrétai-je. Je préparerai le dîner. J'ai l'intention d'aller acheter ce qu'il faut demain.

Il approuva de la tête.

-Est-ce que cela te gênerai si j'invitai du monde?

Que cela me gène ou pas, c'était sa maison à près tout.

-Combien?

-Deux personnes.

-Nous serions donc quatre en tout?

Il hocha de la tête à nouveau.

-Pas de problème. Je m'en occupe. Un repas en particulier?

-Non, je te fais confiance. Avoua t-il avant d'aller se réfugier à la cuisine.

Je finis de plier le cadeau de Remus puis montai rapidement dans ma chambre. Je posai les cadeaux de Noël sur mon bureau. Je pris un parchemin et une plume :

Lily,

J'espère que tu vas bien et que tes vacances ne sont pas trop catastrophiques. Tout va bien avec ta sœur?

Je t'avoue, ma lettre n'est pas totalement désintéressée. J'ai un petit problème et la première personne à laquelle j'ai pensé, c'est toi!

Mon père veut que j'organise un dîner pour le réveillon. Il invite deux collègues de travail et je n'ai aucune idée comment préparer le repas. (Surtout sans magie !).

Est-ce que tu connais un recette assez facile?

Je te remercie à l'avance!

Courage avec ta sœur.

Bisous

Heather.

Je relis rapidement ma lettre avant de l'accrocher à la pâte de Aphrodite. J'ouvris la fenêtre pour la laisser s'envoler avant de la refermer immédiatement. J'hésitai quelques secondes avant de me précipiter dans les escaliers pour rejoindre le salon. J'avançai d'un pas déterminé vers la bibliothèque. Dans le cas où Lily ne puisse me répondre, je devais absolument trouver une solution de secours. Maman devait bien avoir quelque part un livre de cuisine. Toutes les femmes ont un livre de cuisine. Je parcourus les ouvrages un par un.

-Cuisine facile! M'exclamai-je en attrapant le livre d'une main.

Je le feuilletai rapidement. De nombreuses recettes figuraient à l'intérieur mais rien qui ne pouvait faire office de repas de Noêl quand on avait l'intention de recevoir du monde. Je poussai un petit soupir avant de m'asseoir sur un fauteuil. Je me mis à lire chacune des recettes les unes après les autres espérant trouver quelque chose qui puisse faire l'affaire.

-Déjà une idée pour vendredi ? demanda mon père en traversant la salle de séjour.

-Oui bien sûr. J'ai déjà tout le menu qui est fait. Déclarai-je avec sarcasme.

-C'est super. Répliqua t-il sans s'être rendu compte de l'ironie.

Je retins un hurlement de rage devant son air si calme. Je me levai et remontai dans ma chambre pour voir si Lily m'avait répondu.

Un hibou frappait ma fenêtre de son bec mais ce n'était pas Aphrodite. J'allais ouvrir pour le laisser rentrer quand je reconnus le rapace de Remus. J'attrapai la lettre.

Heather,

J'espère que tu vas bien et que ton père n'abuse pas de son rôle d'horrible tyran. Je venais juste aux nouvelles étant donnée que tu m'avais toujours pas écrit et que James trouve cela très étrange. D'après lui, je cite « si une fille ne t'écrit pas au bout d'une semaine, c'est que tu peux l'oublier ». Alors, Sirius m'a proposé, je dirais même ordonné, de t'écrire en premier étant donné que la semaine n'est pas encore fini. Je te laisse remarquer à quel point leur raisonnement est étrange! Au moins, on est sûr qu'ils ne viendront pas nous mettre des battons dans les roues.

Enfin, je ne serais pas étonné si tu recevais une lettre d'eux…

J'ai pensé, si tu es d'accord bien sûr, qu'on pourrait se voir pendant la deuxième semaine. Choisis le jour que tu veux, je serais libre de toute manière.

Je te souhaite de passer un bon noël et surtout ne laisse pas ton père ou quiconque gâcher cette fête. Et si par malheur, tu t'ennuies, écris moi, on trouvera bien un moyen pour y remédier.

J'espère te revoir bientôt.

Remus.

Je relus sa lettre une fois, puis deux et puis trois fois. J'étais amusée par la manière dont il faisait preuve de réserve même à l'écrit. J'attrapai donc un parchemin et lui répondis qu'il n'avait aucun soucis à se faire concernant mon père. Pour l'instant, il se contentait de m'ignorer enfin presque. Je lui racontai ma conversion en maîtresse de maison le soir de Noël après lui avoir donné un jour de Rendez vous. Mardi à 10 heures devant le chaudron baveur.

Je lui envoyai la lettre, heureuse à l'idée de ma journée de mardi

-Heather? Cria mon père d'en bas.

Je descendis presque immédiatement pour le voir sur le hall en train d'enfiler son manteau.

-Je dois sortir. M'informa t-il. Je ne rentrerai probablement pas tôt.

Je hochai de la tête. Il me tendit un morceau de parchemin.

-Pour toi. Déclara t-il. Un hibou vient de l'apporter. Et pas de bêtises.

Sur ce, il s'avança vers la cheminée et attrapa de la poudre de cheminette avant de disparaître. Je baissa la tête vers le morceau de papier que je tenais dans mes mains. Il n'y avait même pas d'enveloppe et juste quelques mots inscrit.

« Rendez-vous devant la cheminée

Avec messires les maraudeurs

Pour une discussion des plus animées

Mais seulement à 11 heures.

SB&JP »

Je fixai bêtement le mot pendant plusieurs minutes. Sirius et James me demandaient d'utiliser la cheminée à 11heures pour leur parler. Ils ne manquaient pas d'imagination… Je secouai la tête et posai le papier sur la table basse. Il était vingt et une heures et j'avais faim. Je me dirigeai à la cuisine et préparai un sandwich rapidement avant de retourner au salon pour regarder encore une fois le livre de cuisine. Il fallait que je trouve quelque chose… Je maudis intérieurement mon père pour me laisser dans une situation comme celle-ci. Pourtant, je pouvais très bien lui dire que j'avais changer d'avis et que je voulais désormais manger au restaurant. Après tout, c'était une très bonne solution. Néanmoins, je chassai cette idée de mon esprit. Je voulais faire ce repas. Je le voulais pour continuer de m'assumer, pour montrer à mon père que quand je prenais une décision je m'y tenais.

A onze heures, je me plaçai devant la cheminée, positionnai un coussin sous mes genoux et attrapai la poudre de cheminette.

La première chose que je vis dans la salle commune des griffondors, se fut James et Sirius assit en tailleurs devant moi qui me fixaient un sourire sur les lèvres.

-Heather ! s'exclama Sirius. Tu es venue!

-Pourquoi je ne l'aurais pas fait?

-Pour mille raisons. Tu aurais pu être tenu prisonnière par les extraterrestres, ou bien séquestrée par des gobelins qui ont mal tourné ou alors ton père t'aurait enfermé dans ta chambre s'il avait vu notre mot…Enfin, je ne vais pas t'énumérer mille raisons!

-Il l'a vu.

-Quoi ? demanda James. Le mot?

J'acquiesçai de la tête. Mon dos commençait à mettre douloureux.

-Mince…murmura Sirius. Et il n'a rien dit?

-« Et pas de bêtises!» répétai-je. Personnellement, il avait l'esprit ailleurs à mon avis. Il est sorti…Une urgence probablement.

-Ben tant mieux alors. Souffla James rassuré.

-Quelle idée d'envoyer un mot sans enveloppe surtout? Sans parler du fait que votre hibou n'a pas su trouver ma chambre.

Sirius fit une petite mine désespérée.

-Je lui avais dit à Stan que sa bête avait l'air pas très nette mais il m'a assuré qu'elle allait très bien! Ben, t'as qu'à nous prêter Aphrodite au moins James serait heureux.

Je souris.

-Stan est resté à Poudlard ? demandai-je.

James hocha de la tête.

-Eh! S'exclama Sirius. Attention, hein! C'est quoi ce soudain intérêt pour Stan?

-Tu es paranoïaque, Sirius. Dis-je.

-Pas du tout. J'ai pas envie de voir Remus détruit.

-Bien moi non plus. Répliquai-je froidement, blessée qu'il puisse penser le contraire.

Le silence suivit ma dernière réplique durant lequel j'en profitais pour bouger légèrement. Je commençai déjà à avoir mal au genoux même à travers le coussin.

-Bien tant mieux, alors. Intervient James. Sirius ne veut pas faire de mal à Remus, Heather ne veux pas faire de mal à Remus Et je ne veux pas faire de mal à Remus. Tout est clair entre nous, c'est parfait! On ne va pas commencer à se disputer maintenant alors que notre temps est limité.

-Oui, je commence vraiment à avoir mal au genoux.

James me dévisagea amusé.

-Non, je voulais dire que Stan est parti avec Marie et qu'on veut te parler avant qu'ils reviennent. Et ne me demandent pas où ils sont allés et ce qu'ils font ! rajouta t-il précipitamment en me voyant ouvrir la bouche.

-Je n'en avais pas l'intention, James. En revanche, je voudrais bien savoir sur quoi vous souhaitez me parler.

James et Sirius se jetèrent un regard en biais avant de reporter leur attention sur moi.

-Heather. Commença James sur un ton que je redoutais. Remus nous a dit que tu ne lui avais toujours pas écrit…

-Je sais. Coupai-je. Il m'a envoyé une lettre relatant brièvement votre conversation.

-Pourquoi ? demanda Sirius.

-Pourquoi quoi ?

-Pourquoi tu ne lui a pas écrit? Repris James sur un ton calme.

-De quoi je me mêle? Lançai-je subitement.

-C'est notre ami…

-Oui, et c'est moi sa copine ! coupai-je à nouveau, la colère montant doucement. Notre relation ne vous regarde pas.

-On a pas dit ça. Déclara James d'un ton calme. Et je n'ai nullement, et Sirius non plus, envie d'interférer dans votre couple. Vous faites ce que vous voulez…

-Parfait. Dis-je sur un ton cassant.

Le silence retomba. Plus pesant et plus lourd encore. Je n'avais pas voulu m'énerver contre eux cependant il y avait certaines chose qu'ils devaient savoir à mon égard. Et la première est que je n'avais pas de compte à leur rendre.

-Tu aimes Remus, Heather, n'est-ce pas ? questionna alors Sirius plantant ses yeux dans les miens

Je lui envoyais mon regard le plus noir.

-Je ne prendrais même pas la peine de répondre à ta question. Répliquai-je sanglante, résistant à mon envie de sortir de cette cheminée et de mettre fin à notre conversation.

-Je n'admettrais pas que quelqu'un puisse…

-Il est suffisamment grand pour se défendre, Sirius! Renvoyai-je. Arrête de le couver!

Sirius se redressa, le visage furieux.

-Ça suffit! Lança James sur un ton autoritaire.

-Mais…

-Ferme la, Sirius. Dit-il irrité. Laisse moi parler et expliquer quelques trucs avant que Heather ne comprenne tout de travers.

Sirius serra la mâchoire si fort que je pouvais presque entendre ses dents grincer. Il tourna la tête vers la cheminée et se mit à fixer un point à ma droite, tapant énergiquement son doigt sur le sol. James se tourna vers moi, le visage plus détendu.

-Ecoute Heather, je crois que l'on s'y est mal pris. Je ne doute pas une seule seconde des sentiments que tu as pour Remus. Et Sirius non plus, j'en suis sûr. Et tu n'as nullement l'intention de le faire souffrir. On le sait. Je pense qu'en fait, on s'est mal exprimé. On ne te remet pas du tout en cause, ce qu'on veut t'expliquer c'est quelque chose de plus…compliqué.

Il fit une pause et m'observa. Je gardai toujours une expression de colère sur le visage bien qu'il ai réussi à me calmer légèrement.

-Ce qu'on aimerait que tu saches c'est que…Ça me paraît stupide, maintenant. Je ne sais pas comment te le dire…

Il poussa un long soupir.

-Remus est quelqu'un qui a très peu confiance en lui…

-Je sais.

-Alors dans une relation, il…

Il s'arrêta de nouveau, hésitant.

-Il peut arriver que Remus se montre parfois distant. Intervient Sirius d'une voix calme. Il était comme cela avec nous au tout début et même parfois maintenant. Il peut arriver quelquefois qu'il soit désagréable et cherche à t'éloigner de lui.

-Pourquoi? Demandai-je immédiatement.

-Parce que Remus est un… Parce qu'il est comme ça.

Je baissai les yeux et revis l'image du loup garou sur mon livre. Je poussai un soupir. Ils ne faisaient que confirmer ce que je pensais déjà. Je hochai de la tête.

-On voulait juste te prévenir. Dit James. Pas pour que tu prennes peur mais pour que tu ne crois pas qu'il t'aime plus.

Les deux garçons se regardèrent. Ils avaient perdu le fil de leurs pensées. Comment me faire comprendre que Remus, à l'approche de la pleine lune allait voudrait s'éloigner pour de multiples raisons. Ils se demandaient comment me dire sans me blesser et m'effrayer : Remus est un loup-garou.

-Je n'ai pas l'intention de le lâcher. Dis-je. Bonne nuit les garçons.

Je me retirais de la cheminée et m'assis sur le sol, écartant mes jambes. Je restai sur place quelques minutes, repensant à cette conversation. J'avais désormais peur de le perdre.

Je montais dans ma chambre et me mis au lit immédiatement. Les mots de Sirius et James résonnaient encore en moi et ce fut avec beaucoup de difficultés que je réussis à trouver le sommeil.

Une ombre approchait doucement. Sa démarche était lente mais à la fois assurée. Je ne réussissais pas à voir exactement les traits de son visage pourtant il me semblait si familier. J'avais l'impression de le connaître depuis longtemps et à la fois, il était un inconnu. Il s'avançait toujours vers moi, tendant sa main droit devant lui, comme pour réclamer mon aide. Les formes de son corps changèrent doucement, dansant sur elle-même. La fumée le remplaça alors, et cette vapeur commença à se tortiller dans les airs étrangement. Un regard apparut. Des yeux dorés…non des yeux jaunes. L'étrange brouillard se rassembla subitement et s'étendit vers le haut. Elle finit de prendre la forme d'un humain. Je ne réussissais pas à distinguer ses formes, ni ses contours.

«Heather… Heather… »résonna une voix.

Je fis un pas et l'ombre redevint fumée.

« Maman? Maman, c'est toi? »

Le regard persistait toujours. Il me fixait, m'observait, me paralysait. Je ne pouvais plus bouger… L'ombre s'approchait rapidement. Elle continuait à prendre des formes successives sans jamais se déterminer. Je sentais sa présence… c'était vivant…

« Aide-le »

« Qui ? »criai-je paniquée.

Je tournai sur moi même mais il était de partout. L'ombre était tout autour de moi, m'enveloppant. Et ce regard jaune continuait de me fixer… Tout s'approchait…, se rapprochait…, se resserrait autour de moi.

Puis un hurlement strident retentit.

Je me retournai vivement. L'ombre se jeta sur moi et je tombai à la renverse. Un rire moqueur retenti, aigu, froid… Les yeux jaunes se multiplièrent autour de moi. Ils s'agitaient dans tous les sens, s'approchaient, s'éloignaient, s'approchaient à nouveau puis s'éloignaient encore.

Et les murmures recommencèrent. D'abord comme un chuchotis désagréable puis comme un bruissement de feuilles mortes.

Les yeux tournaient autour de moi, s'approchant un peu plus. L'ombre volait dessus ma tête, elle me frôla…J'eu un sursaut effrayé.

Un croassement résonna derrière moi. Je me tournai vivement, mon cœur frappant violemment ma poitrine. Un corbeau se posa devant moi. Un corbeau dont les yeux jaunes et malsains m'observait. Il croassa encore une fois puis s'éloigna. L'ombre s'écarta… Elle s'agita, se tordit, s'étira puis pris la forme d'un humain. Je voulu pousser un hurlement pourtant aucun son ne sortait de ma bouche. Je tentai de crier, d'appeler à l'aide mais c'était comme si j'étais aphone.

Je me réveillai en sursaut. J'avais la respiration saccadée, mon cœur cognant de plus en plus fort. J'observai ma chambre, toujours dans l'obscurité. Des ombres se dessinaient de partout. Une panique grandissante s'empara de moi et je commençai à avoir du mal à respirer. Je me levai brusquement et me jetai sur l'interrupteur. La lumière apparut dans ma chambre, me réconfortant légèrement. J'entendis un grincement dans la maison et sans me soucier davantage de ce que cela pouvait être, je fermai ma porte à clé avant de prendre ma baguette qui reposait sur mon bureau. Je m'appuyai, assise, dos contre ma porte et serrai ma baguette contre moi. Je restai là un temps indéfini, à analyser chaque bruit que j'entendais complètement pétrifiée. J'inspirai profondément, tentant de reprendre le contrôle de moi-même. Puis une fois apaisée, j'allais sous la douche. L'eau chaude finit par me détendre complètement. Une fois sèche et habillée, je retournai dans ma chambre et regardai l'heure. Cinq heures du matin. J'avais la journée devant moi. Je me dirigeai vers ma fenêtre et écartai les rideaux pour voir si Lily m'avait répondu. Aphrodite n'était toujours pas revenue.

Je décidai de descendre à la cuisine et de préparer le petit déjeuné. A six heures, lorsque mon père descendit, il me trouva affalé sur la table, à moitié endormie.

-Je croyais t'avoir acheté un lit. Déclara t-il en s'asseyant en face de moi. Tu as mal dormi?

-On peut dire ça comme ça.

-Pourquoi ne pas faire la grasse matinée, tu as le temps pour ça.

-J'ai fait un cauchemar. Expliquai-je en me redressant.

-Tu veux en parler?

Je secouai de la tête puis me levai.

-Tu va faire quoi aujourd'hui? Demanda t-il.

-Les courses pour le dîner de demain. Annonçai-je en mettant mes affaires dans l'évier.

-Il n'est pas trop tard pour commander un truc, si tu t'en sors pas. Déclara t-il.

-Pas besoin. Répliquai-je en sortant.

-Heather ?

Je me retournai pour lui faire face.

-Si tu veux inviter quelqu'un pour le réveillon, tu peux.

Je haussai les épaules et me dirigeai dans ma chambre. Quand j'ouvris la porte, je vis tout de suite Aphrodite qui attendait sur le rebord de la fenêtre. Je me précipitai pour la laisser entrer et attrapai la lettre de Lily.

Heather,

Tu m'as décidément bien fait rire. Je t'imaginais toute seule dans ta cuisine, complètement paniquée à l'idée de ne savoir quoi faire. Je te rassure tout de suite, j'ai ce qu'il te faut. C'est le vieux menu de ma mère pour un repas de Noël parfait sans être un as en cuisine.(Je te fais suivre les recettes sur des feuilles annexes). De plus, je me propose pour venir t'aider. Ça me permettrait d'échapper un peu à Pétunia qui à force d'être si désagréable, me mets sur les nerfs.

Affectueusement,

Lily.

Un sentiment de soulagement remplaça le poids qui me tenaillait depuis hier. Je jetai un coup d'œil au autres feuilles. Il y en avait une qui proposait un menu, avec en entrée une soupe d'huîtres, une dinde farcie aux marrons pour le plat principal, du Stilton comme fromage et des tartelettes aux mincenats pour finir. Trois autres feuilles suivaient avec les recettes et composants nécessaires.

Je parcouru chacune des recettes puis recopiai sur une feuilles touts les ingrédients nécessaires. J'envoyai une lettre à Lily pour la remercier. Je profitai de l'occasion pour accepter son aide et l'invitai à passer le réveillon chez moi, mon père pouvant ensuite la ramener. Je lui donnai un lieu de rendez vous et le fixai à 10 heures du matin. J'attrapai finalement mon sac et à huit heures, je me retrouvai dans les rues de Londres, prête à acheter.

Durant la matinée, je m'acquis d'une grosse dinde, d'une purée de marrons, des champignons, du céleri et du pain. A midi, je m'arrêtai pour me prendre un sandwich que je mangeai rapidement.

J'eu en revanche beaucoup plus de mal à trouver des airelles fraîches, du vinaigre de cidre, de la cassonade et un bâton de cannelle. Heureusement, après plusieurs magasins, je finis par obtenir tout ce dont j'avais besoin sans oublier de prendre plusieurs pots de mincenats.

Je rentrai vers 17 heures à la maison. Je mis près d'une heure à tout trier les ingrédients nécessaires pour demain que je plaçai sur la table. Je débarrassai la table de travail pour et vérifié une dernière fois si j'avais tout ce qu'il me fallait. Après, cela je montai prendre une douche puis passai la soirée à lire, allongée sur mon lit. Malgré ma fatigue, je lus pendant plusieurs heures. J'étais légèrement anxieuse à l'idée de m'endormir ne souhaitant pas faire de nouveau un cauchemar. La simple pensée de la nuit précédente réussissait à me donner des frissons. Je posai mon livre sur ma poitrine et fixai le plafond quelques secondes.

Ce ne fut que quand je me réveillai le lendemain matin, que je réalisai à quel point j'étais fatiguée. Mon livre était tombée du lit et j'étais toujours habillée. Je me levai mollement puis me dirigeai vers la salle de bain d'un pas traînant. Je quittai mes vêtement que je jetai en boule dans la panière à linge avant de me précipiter sous une eau bien froide. Le jet glacial frappant ma peau fut comme des coups de couteaux. Je me lavai rapidement puis me séchai, claquant légèrement des dents. Je pris dans mon armoire un jeans et une gros pull-over rouge avec un col roulé.

Je jetai un coup d'œil à ma montre. 9h45. Je poussai un petit cri de panique et sorti de ma chambre en trombe. J'enfilai rapidement mes bottes, mon manteau, mis mon écharpe et un bonnet noir puis sorti de l'appartement pratiquement en courant. J'arrivai au coin de la rue quand le bus tourna dans la rue adjacente. Je m'arrêtai net, poussant un soupir de découragement. J'avais raté mon bus. Il ne me restait plus qu'à rejoindre Lily à pied ce qui me prendrait environ quinze minutes. Avec un peu de chances, je pourrai arriver à temps. Je commençai à marcher d'un pas rapide en direction du St James Park, entrée sud où j'avais demandé à Lily de me retrouver. Je plaçai mes mains dans mes poches pour prendre mes gants et réalisai que j'avais oublié ma baguette. Je me maudis intérieurement tout en enfilant mes moufles. Je maintiens mon allure. Il était hors de question de faire demi tours maintenant. Peu importe, il n'y avait plus qu'à espérer que rien de magique ne survienne.

J'arrivai enfin vers 10 heures cinq et je vis Lily postée à côté d'un arbre à l'entrée du parc. Elle parcourait l'horizon du regard et sourit lorsqu'elle m'aperçut.

-Je suis désolée pour le retard. Dis-je essoufflée comme si je venais de faire le marathon. J'ai loupé mon bus.

Lily haussa les épaules.

-Ce n'est pas grave, je n'ai pas attendu longtemps.

Je fis une petite moue pour montrer ma gène puis on commença à marcher. Il n'y avait pas de bus avant dix minutes minimum.

-Hum dis-moi, le lieu de rendez-vous…St James Park… Simple coincidence, hein ?

Je souris.

-Evidemment. Je ne suis tout de même pas aller voir la mairie pour lui demander de donner son nom à un park.

Lily éclata de rire.

-Tant que personne ne lui dit qu'un parc à son prénom. Dis-je. Il en deviendrait encore plus fou…

-Ça va sinon ? demanda Lily. Tu as l'air fatigué.

Je hochai de la tête.

-Oui, ça peut aller. Et toi? Ta sœur a accepté que tu viennes?

Lily posa son regard sur l'affiche d'une cabine téléphonique.

-Et bien, il a fallu que je la travaille un peu… Elle n'était pas vraiment d'accord mais elle a fini par accepter. Il a fallu que je lui fasse comprendre combien il serait inconcevable si pendant sa réception avec tous ses amis, un problème magique survenait. Elle m'a vite laissée partir.

Le ton de sa voix était joyeuse pourtant son regard se faisait distant et triste.

-Je suis sûre qu'elle tient à toi. Dis-je. Même si elle laisse penser le contraire.

Lily haussa les épaules, peu convaincu. J'avais envie de lui prendre le bras pour qu'elle me regarde. J'avais envie de lui dire que Pétunia ne pouvait que l'aimer parce qu'elle était sa sœur et c'était l'ordre des choses. J'avais envie de lui dire que c'était comme ça que les choses devaient se dérouler et pas autrement. Le visage de papa me traversa l'esprit à ce moment. Pourtant, je me contentai de garder le silence.

On ne tarda pas à arriver et Lily poussa un petit cri admiratif à peine eut-elle posé le pied dans l'entrée.

-Ben mince alors. Lâcha t-elle. Je peux emménager quand?

Je souris.

-Quand tu veux.

-Attends, je vais chercher mes affaires. Déclara t-elle en faisant un geste comme pour ressortir de la maison. Bella va être verte de jalousie quand je lui aurais dit.

-Elle serait bien capable de revenir de son séjour au ski à l'instant même où elle recevra la lettre.

Lily approuva et éclata de rire. Je la dirigea vers la cuisine et elle observa un à un les ingrédients, telle une inspectrice.

-On commence tout de suite? Demanda t-elle.

-Il vaudrait mieux si on veut être sûre d'avoir fini à temps. Il y a du boulot.

Lily opina de la tête. Je lui pris son manteau, écharpe, gants et je montai le tout dans ma chambre. Lorsque je la rejoignit, elle avait allumé la radio.

-Bonne idée. Dis-je.

Elle me sourit et enfila un tablier. Elle prit la direction des opérations. Elle me dirigea d'un travail à un autre, me donnant souvent des conseils pratiques. De temps en temps, quand une de nos musiques favorites passait, on s'arrêtait quelques instant pour chanter avec le chanteur.

-Heureusement que mon père a pris une maison qui marche à l'élerticrité. Fis-je.

-Electricité. Corrigea Lily. Mais tu as raison, c'est bien pratique. Tu savais que l'on l'étudie dans les écoles moldus ?

-C'est vrai? Ça doit être intéressant!

Lily fit une moue.

-Ben, je préfère étudier les potions! Avant, quand Pétunia était en cours, je regardai ses devoirs. J'y est jamais rien compris. Et ce n'est pas faute d'essayer. Parfois, elle récitait tellement ses leçons que sans les apprendre je les connais par cœur!

-Tu as un exemple ? demandai-je curieuse.

Lily lâcha la dinde et se tourna pour me faire face. Elle serra ses mains devant elle, comme une élève modèle et récita :

-« Dans un alternateur, la rotation du rotor qui joue le rôle d'aimant fait apparaître une tension alternative aux bornes du bobinage du stator. L'alternateur transforme donc l'énergie mécanique de rotation en énergie électrique. ». Et ne me demande surtout pas ce que ça signifie !

J'éclatai de rire.

-T'aurais aimé faire des études moldus? Demandai-je.

Lily haussa les épaules.

-Je ne sais pas. Peut être qu'étudier la littérature m'aurait plu.

-Oui… pour ça, je suis assez d'accord avec toi!

-Mais tu sais ce qui me plairait le plus ?

Je secouai négativement de la tête.

-C'est voir comment Sirius et James se débrouillent sans magie.

On se jeta un regard éloquent avant d'éclater de rire.

-Ben…qui sait ? Peut être qu'ils s'en sortiraient très bien ! supposai-je.

Lily ne parut pas convainque. J'étais sûre que si elle avait l'occasion de les tester, elle n'hésiterait pas!

La porte d'entrée sonna. Je regardai ma montre. Il était 19h45 heures. Ils étaient à l'avance. J'enlevai le tablier que je posai sur le dossier d'une chaise et m'approchai d'un pas décidé vers la porte. Je l'entrouvrit légèrement pour voir une jeune femme qui me tournait le dos. Elle devait probablement chercher quelque chose. J'écartai davantage la porte et la jeune femme se retourna et me sourit.

-Bonjour. Dis-je calmement, attendant qu'elle s'exprime.

C'était une femme un peu plus grande que moi, avec de long cheveux blonds et des yeux bleus océans. Elle devait avoir la trentaine. Elle était vêtu d'un très beau manteau noir qui devait probablement coûter plus cher que tout ce que j'avais acheté pour mon repas.

-Oh ! Tu dois être Heather ? s'exclama t-elle souriante.

Son sourire me parut soudain très hypocrite et j'acquiesçai doucement de la tête, prudente. Remus n'avait-il pas dit que des psychopathes traînaient dans les rues ? Une psychopathe femme, ça allait aussi non?

-Heu…Je peux vous aider? Interrogeai-je, la main refermée sur la poignée, prête à fermer la porte si elle me sautait dessus.

La jeune femme parut gênée. Elle fronça les sourcils.

-Marie revient. Lança t-elle en tournant la tête vers l'escalier.

C'est alors que je vis une petit fille, aussi blonde que sa mère mais dont les yeux étaient marrons. Elle s'approcha de la femme et s'accrocha à son manteau. La jeune femme leva vers moi un regard indécise.

-Excuse moi. Dit-elle d'une voix douce. Je ne me suis pas présentée. Je suis Miss Grimberg, mais tu peux m'appeler Rose. Et voici, ma fille Marie. Ton père…Heu…nous a invité.

Je me figeai sur place, la regardant abasourdie. J'étais complètement estomaquée. Je m'étais attendue à deux hommes d'affaires, ou encore à deux aurores. Je pensais recevoir des hommes suffisamment vieux et bien habillés avec qui j'aurais passé la soirée la plus ennuyeuse de toute ma vie mais surtout pas à ça. Une femme… Non, même pas une femme. Miss Grimberg. L'avocate. Celle qui voulait vendre ma maison.

Elle bougea mal à aise. J'étais consciente du regard oppressant que je lui lançais et de toute l'animosité que je devais émaner mais pour le moment, peu importait. J'aurai du lui claquer la porte au nez et repartir à la cuisine mais au lieu de cela, je finis par m'écarter de l'entrée pour les laisser toutes les deux rentrées. Je les accompagnai jusqu'au salon où je les fis attendre.

-Mon père n'est pas encore arrivé. Il doit avoir pris un peu de retard dans son boulot.

Miss Grimberg hocha poliment de la tête. Puis je sortis de la pièce et rejoignit Lily.

-Alors ? A quoi ils ressemblent nos invités ? demanda Lily lorsque je pénétrai dans la cuisine.

-A une femme. Lâchai-je aigrement.

Lily posa la casserole sur la table et tourna la tête vers moi.

-Quoi ? s'étonna t-elle. Ceux sont des travestis ?

Dans une autre situation, j'aurais éclaté de rire.

-Non. Dis-je. C'est une femme. Une vraie femme. Miss Grimberg. Elle a même emmené sa fille.

Lily haussa un sourcil.

-Tu veux parler de l'avocate?

Je hochai de la tête hargneuse.

-Je n'arrive pas à y croire ! criai-je énervée. Il a ramené cette femme pour me forcer à signer son fichu papier ! J'ai horreur des ultimatums!

-Peut être que ça n'a rien avoir. Glissa doucement lIly. Peut être que c'est juste une amie…

-Une amie qui partage son lit, tu veux dire ?

Lily parut gênée. Elle haussa les épaules. Je serrai les dents et fixai la fenêtre. Le fait de savoir que mon père m'avait caché le nom de nos invités me mettait dans une colère noire. Il devait probablement savoir que je pensais à des hommes quand il m'en avait parlé. Et à la place, c'était cette… Et que mon père puisse imaginer une relation avec cette femme seulement quelques mois après la mort de maman… Un goût amer et pleins d'aversion me tenaillaient l'estomac et toute cette nourriture qui s'étendait devant moi me donnait soudainement la nausée. Je souris d'un air forcé à Lily qui m'observait inquiète.

-On devrait peut être aller tenir compagnie à nos invité ? dis-je finalement après avoir inspiré pour tenter de me calmer.

Lily approuva vivement de la tête.

-On prend une bouteille pour les faire patienter…

Elle s'arrêta et me regarda.

-Quoi ? fis-je.

-On a que des bouteilles plus ou moins alcoolisées.

-Et alors ?

-Et alors, tu ne m'as pas dit qu'elle était venue avec sa fille ? Elle est en âge de boire un verre alcoolisé?

J'eu envie de hurler de rage comme une démente qui ne contrôle plus ses nerfs, au lieu de cela, je poussai un simple petit soupir.

-Ecoute, il y a un snack au coin de la rue. Il reste ouvert jusqu'à vingt-deux heures. Je me dépêche d'y aller. Il doit bien y avoir un truc à boire pour une enfant.

Lily acquiesça et attrapa une bouteille.

-Je m'occupe d'elles. Et prend ta baguette, on ne sait jamais.

J'opinai de la tête. Je me dirigeai dans ma chmabre pour prendre manteau et baguette. En cinq minutes, j'étais dehors. La nuit était tombée depuis plusieurs heures déjà et une fine couche de pluie s'abattait sur mon visage. Je tins ma baguette dans la main au fond de ma poche prête à agir en cas d'attaque. J'atteint le petit magasin en trois minutes. A l'intérieur, la chaleur me fit sourire. Le commerce était vide en dehors du vendeur. C'était un jeune homme d'une vingtaine d'année qui se tenait assis derrière son comptoir un livre à la main. Il leva son regard vers moi et me sourit. Je lui répondis par un petit bonjour avant de m'avancer vers les rayons. Je parcourus du regard les boissons : Vodka, whisky, vin, bière…Ah! Jus de pomme. J'attrapai deux packs et m'avançai vers le comptoir.

-Course de dernière minutes ? me demanda le jeune homme alors qu'il encaissait ma monnaie pour me rembourser.

J'acquiesçai de la tête.

-Tu habites dans le coin? Questionna t-il.

-Au numéro 25. informai-je. Je viens d'emménager avec mon père.

Le jeune homme sourit.

-Ah, t'es nouvelle alors! Je me disais bien que je ne t'avais jamais vu avant. Oui, parce que toute le monde finis par passer par ici, un moment ou l'autre et que j'ai une très bonne mémoire.

-Tu travailles ici tout le temps ? questionnai-je.

Il secoua de la tête énergiquement.

-Non, heureusement. C'est à mon père, le magasin. Mais ce soir, il a décidé d'emmener ma mère au restaurant, alors c'est moi qui m'occupe de la fermeture!

-Tu ne fêtes pas le réveillon? M'étonnai-je.

Il éclata de rire.

-Oh si! J'ai des copains qui doivent venir me chercher à dix heures. On ira s'amuser après…

J'acquiesçai de la tête puis attrapai mon sac. Je le remerciai et m'avançai vers la sortie. Au moment où j'ouvrai la porte, il m'interpella.

-Eh ! Si jamais un jour, tu ne sais pas quoi faire, t'as qu'a venir me voir! Je te montrerai comment on s'amuse…

Je hochai de la tête, persuadée déjà que je ne le ferais pas.

-Comment tu t'appelles au fait?

-Heather. Confia-je.

Il sourit.

-Moi, c'est Pierre.

Je lui rendis son sourire et me dépêchai de rentrer à la maison. De retour à l'appartement, je déposai mon manteau dans le hall puis pénétrai à la cuisine déposant mes courses sur le seul coin de table libre. Des voix joyeuses me provenaient du salon parmi lesquelles je reconnus celle de papa. Je prix une des bouteilles de jus de pomme et je l'ouvris quand mon père déclara :

-Lily m'a annoncé que tu étais sortie.

Ce n'était pas une question, ni un reproche mais sa remarqua m'énerva.

-Je n'avais pas de jus de fruit pour la fille de Miss Grimberg. Et je ne pouvais pas le prévoir étant donné que tu m'as caché l'identité de tes invités. Dis-je en me retournant pour lui faire face.

Papa parut déconcerté par la colère de voix.

-Je ne t'ai rien caché. Répliqua t-il calmement. Tu ne m'as rien demandé.

-Foutaises ! lâchai-je. Ton excuse est bidon, c'est digne d'un enfant ! Tu savais très bien que je m'attendais à recevoir deux hommes , des collègues de travail !

J'avais élevé le ton d'un cran et je sentais mes muscles trembler de colère. Papa me regarda silencieusement pendant plusieurs minutes. Je remarquai qu'il portait un élégant costume noir assorti à sa cravate .

-Heather, je n'ai pas à me justifier auprès de toi.

-Mais pourquoi elle ? criai-je l'empêchant de continuer. C'est pour la maison, n'est-ce pas ? Tu as mis en place ce plan tordu depuis le début pour m'obliger à signer!

-Ça suffit! Dit-il fermement en haussant à son tour le ton.

-Je ne signerai jamais ! Tu m'entends ? JA-MAIS!

Je ponctuai ma phrase d'un regard furibond. Papa soutint mon regard. Je ne sais pas vraiment combien de temps où resta ainsi, mais notre petite conversation avait éveillé la curiosité. La fille de Miss Grimberg se tenait dans l'encadrement de la porte, le regard effrayé. J'inspirai fortement pour me calmer et l'observai.

-Je…Je me suis perdue. Dit-elle d'une toute petite voix.

Je dépassai papa pour m'approcher d'elle, un sourire rassurant sur le visage.

-Perdue ? répétai-je gentiment.

-Je…voulais aller au toilettes. Expliqua t-elle hésitante.

Je lui souris davantage.

-Viens. Je lui tendis ma main qu'elle prit volontiers et je l'amenais en fond du couloir. Je l'attendis patiemment dehors. Papa traversa le couloir, la bouteille de jus de pomme dans la main pour retourner au salon. Je serrai les dents. C'était Noël. Remus m'avait dit de ne pas laisser mon père me gâcher la fête… Il avait raison. Puis j'avais avec moi Lily. La porte des WC s'ouvrit. La petite fille de Miss Grimberg en sortit, radieuse. On retourna au salon côte à côte.

Tout le monde était déjà assis à la table. J'oubliai mes rancœurs et m'assit en face de Lily, juste à côté de Marie.

-Tu as quel âge ? demanda Lily à Marie.

-Six ans ! dit-elle fièrement.

-Tu apprends donc à lire ? remarquai-je.

Elle acquiesça vivement de la tête.

-Même que maman dit que quand je serai plus grande j'irai à Poulard

Je compris qu'elle voulait parler de Poudlard. Je souris. Marie commença à nous poser pleins de questions à Lily et moi sur Poudlard et l'école malgré les tentatives de sa mère pour la calmer. Elle était toute excitée et s'émerveillait à chacune de nos anecdotes. Lily lui parla alors des bêtises des maraudeurs ce qui la fit rire pendant presque tout le repas. Miss

Grimberg et papa nous observait silencieusement, se permettant de se parler de temps en temps. A chaque fois que l'un deux ouvrait la bouche pour parler, mon cœur s'affolait. Je ne voulait pas que l'on me parle de ma maison. Et ils n'en firent rien. Peut être que papa n'avait pas prévu une telle chose, tout compte fait.

La soirée se déroula donc de manière joyeuse et Marie réussit à nous distraire de telle sorte que je ne vis pas le temps passer. Le repas sembla plaire à tout le monde et je pouvais remercier Lily pour cela!

A 23 heures, je me retrouvai seule à la maison. Miss Grimberg venait de partir avec Marie et papa raccompagnait Lily. Je décidai qu'il était tard et que je rangerai tout demain matin. Pour ce soir, c'était le lit. J'étais épuisée. Je montai dans ma chambre, pris une douche rapidement et me faufilai dans mon lit. A peine, eu-je poser la tête sur l'oreiller, que je m'endormis.

Quelqu'un me secoua l'épaule énergiquement.

-Debout ! Heather ! Réveille-toi !

J'ouvris les yeux, fatiguée.

Une ombre passa devant moi. La lumière de ma chambre s'alluma. Quelle heure pouvait-il bien être? Je poussai un petit grognement.

-Dépêche toi, Heather! S'impatienta la voix de mon père.

Il attrapa ma valise qu'il ouvrit rapidement. Je me redressai et jetai un coup d'œil à ma montre. 1h15 du matin.

-Qu'est ce qui se passe? Marmonnai-je.

-Il faut que tu partes d'ici le plus vite possible! Expliqua t-il. Il y a eu une attaque de mangemorts dans la rue.

-Quoi ? m'écriai-je complètement réveillée.

Je me levai de mon lit, pour m'approcher de mon père. Il faisait en trois coups de baguette ma valise.

-Des mangemorts ont attaqué la boutique au coin de la rue. Informa t-il d'une voix tendue. Il y a vingt minutes à peine. Ils ont attaqué plusieurs maisons dans le quartier d'à côté… De nombreuses maisons ont pris feu…Ils peuvent revenir à tout instant. Je dois m'occuper de tout cela. Tu ne peux pas rester ici, c'est trop dangereux tant que je n'ai pas mis les dispositifs pour protéger la maison. Un auror va t'accompagner jusqu'à Poudlard. Tu vas prendre le magicobus. Dumbledore est au courant. Habille-toi rapidement. Tu dois être prête dans dix minutes. Je m'occupe de tes bagages.

Il ne me laissa pas répliquer et sorti de ma chambre en trombe. Je le suivis doucement. Une agitation s'étendait dans toute la maison. A travers le balcon, je percevais le salon. Plusieurs hommes discutaient en bas, l'air inquiet. J'étais persuadée que cela faisait même un moment qu'ils étaient là. Je retournai dans ma chambre et me préparai rapidement. En dix minutes, j'étais prête. Je pris mon manteau, enfilai mon bonnet et mes gants puis m'assurai que ma baguette était bien là avant de descendre en bas.

J'attendis devant la porte d'entrée observant ma maison qui était devenue soudainement le centre des aurors. Ils s'agitaient de partout, s'interpellant, se donnant des ordres. Ils avaient tous sur le visage une expression inquiète, tendue… J'étais inquiète. Est-ce que les mangemorts étaient encore dehors?

-Marne. Grogna une voix.

Je me retournai pour trouver en face de moi, un homme impressionnant. Aucun autre mot ne me vient à l'esprit quand je le vis. Il était plus grand que moi, avait de longs cheveux noirs et ses yeux sombres étaient vraiment perçant. Il avait quelques cicatrices sur son visage qui le rendait davantage terrifiant.

-Alastor Maugrey. Déclara t-il de sa voix bourrue. Je suis chargé de t'amener à Poudlard. On part maintenant.

Sans plus de cérémonie, il me dépassa et sorti de l'appartement. J'étais complètement perdue. Je jetai un coup d'œil derrière moi, tentant d'apercevoir papa. J'aurais voulu qu'il me dise que tout aller bien se passer. Je ne le vis nulle part et du me résoudre à suivre cet drôle d'individu. Un fois dans la rue, il sorti sa baguette et la tint dans sa main.

-Tu ferais bien de sortir aussi la tienne. Conseilla t-il jetant des regards méfiant dans tous les sens.

Et il marcha. J'adaptai ma marche à la sienne ne souhaitant pas me retrouver seule, tout en sortant ma baguette.

-On va prendre le magicobus près de St James Park. Informa t-il. On va éviter d'attirer l'attention sur ça trop tôt. Demain, les journalistes font faire suffisamment de grabuges.

On marcha le reste du temps en silence. J'avais mal au ventre et chaque petit bruissement de feuille me rendait de plus en plus nerveuse. Nous n'attendîmes pas longtemps le bus dans lequel nous nous engouffrâmes rapidement. On s'installa dans un coin, chacun assis sur son lit. Il y avait encore moins de monde que quand je l'avais pris avec Remus. Maugrey parla quelques minutes avec le chauffeur.

-Vous êtes aurors? Demandai-je.

Il acquiesça de la tête.

-Pourquoi ne pas avoir transplané directement à pré-au-lard? Questionnai-je à nouveau.

-Pour éviter de se faire remarquer.

-Parce que venir avec le magicobus, c'est plus discret?

Maugrey me jeta un regard en biais qui me paralysa.

-Votre père a donné des ordres. J'obéis. Et vous feriez bien de dormir un peu. Le voyage va durer plusieurs heures.

Je n'avais pas envie de dormir pourtant je m'allongeai. Je tournai le dos à l'auror. Je fixai le lit vide à côté du mien. J'avais l'impression d'être secoué dans tous les sens, le magicobus n'étant pas vraiment un moyen de transport très confortable. Et je devais dormir! Je repensais aux aurors qui s'agitaient chez moi. Une attaque. Il y avait eu une attaque dans le coin de ma rue. Je pensai à Pierre qui s'amusait avec ses amis. Comment réagirai t-il demain quand il rentrerait découvrirait que tout ce qu'il possédait avait été détruit ? Et tout cela le jour de Noël!

Une ombre approchait doucement. Sa démarche était lente mais à la fois assurée. Je ne réussissais pas à voir exactement les traits de son visage pourtant il me semblait si familier. J'avais l'impression de le connaître depuis longtemps et à la fois, il était un inconnu. Il s'avançait toujours vers moi, tendant sa main droit devant lui, comme pour réclamer mon aide. Les formes de son corps changèrent doucement, dansant sur elle-même. La fumée le remplaça alors, et cette vapeur commença à se tortiller dans les airs étrangement. Un regard apparut. Des yeux dorés…non des yeux jaunes. L'étrange brouillard se rassembla subitement et s'étendit vers le haut. Elle finit de prendre la forme d'un humain. Je ne réussissais pas à distinguer ses formes, ni ses contours.

«Heather… Heather… »résonna une voix.

Je fis un pas et l'ombre redevint fumée.

« Maman? Maman, c'est toi? »

Le regard persistait toujours. Il me fixait, m'observait, me paralysait. Je ne pouvais plus bouger… L'ombre s'approchait rapidement. Elle continuait à prendre des formes successives sans jamais se déterminer. Je sentais sa présence… c'était vivant…

« Aide-le »

« Qui ? »criai-je paniquée.

Je tournai sur moi même mais il était de partout. L'ombre était tout autour de moi, m'enveloppant. Et ce regard jaune continuait de me fixer… Tout s'approchait…, se rapprochait…, se resserrait autour de moi.

Puis un hurlement strident retentit.

Je me retournai vivement. L'ombre se jeta sur moi et je tombai à la renverse. Un rire moqueur retenti, aigu, froid… Les yeux jaunes se multiplièrent autour de moi. Ils s'agitaient dans tous les sens, s'approchaient, s'éloignaient, s'approchaient à nouveau puis s'éloignaient encore.

Et les murmures recommencèrent. D'abord comme un chuchotis désagréable puis comme un bruissement de feuilles mortes.

Les yeux tournaient autour de moi, s'approchant un peu plus. L'ombre volait dessus ma tête, elle me frôla…J'eu un sursaut effrayé.

Je me redressai sur le lit, le souffle saccadée.

-Ça va? Grogna la voix de Maugrey.

Je hochai de la tête, observant mes mains. Elles tremblaient. Je les posai sur mes genoux et inspirai fortement. Ses yeux… Cette ombre…

Je passai la main sur mon front en sueur et dégageai les quelques mèches sur mon visage. J'avais envie de me lever et de sortir, laissant le vent glacer fouetter mon visage. Je tournai la tête vers Maugrey. Il me regardait, insistant. Je lui souris distraitement en coin.

-Il est quel heure? Fis-je d'une voix enrouée.

-3h10. On est bientôt arrivé.

J'opinai de la tête, m'allongeant sur le dos. Je gardai les yeux ouverts tentant de vider mon esprit. Ce rêve avait toujours cette même emprise sur moi, me paralysant complètement. Que pouvait-il signifier?

-Mr…dis-je timidement. L'attaque de cette nuit… Celle avec les mangemorts a avoir avec ce Lord noir, n'est-ce pas?

Il grogna un oui à peine perceptible.

-Pourquoi a t-il attaqué aujourd'hui?

-Parce qu'il ne connaît pas Noêl. Ça aurait pu être un autre jour.

-Mais pourquoi dans ce quartier?

-Il semblerait qu'il cherchait quelque chose. Avoua Maugrey en me regardant. La manière dont il a agit démontre que ses partisans n'ont pas agi au hasard. Tout remonte jusqu'à la rue The royal Mews.

Je me tus, digérant ce qu'il venait de dire.

-Comment vous avez su?

-Une patrouille. Elle a prévenu les aurors et votre père.

-Il y a une patrouille d'aurors dans ma rue ? m'exclamai-je. Pourquoi il y a une patrouille dans ma rue?

Maugrey se leva.

-On est arrivé. On descend.

Il ne répondit pas à ma question et descendit du bus, moi à ses talons. Dehors, il faisait toujours aussi noir. Maugrey me fit signe d'avancer et nous nous dirigeâmes vers le Portail de Poudlard. Juste derrière, se tenait Albus Dumbledore.

-Bonsoir Alastor. Déclara la voix du directeur. Tout s'est bien passé?

- Aucun problème, professeur. Son père a du envoyer ses affaires?

-En effet. Tout est arrivé il y a cinq minutes.

Maugrey me laissa avec Dumbledore puis repartit en transplanant. Dumbledore me conduisit jusqu la salle commune de Griffondor sans m'adresser la parole.

J'avais l'impression d'avoir été surpris en train de roder dans les couloirs en plein milieu de la nuit et qu'après une engueulade sévère du directeur, je me retrouvai seule dans la salle commune.

Mes bagages se tenaient près de la fenêtre. Dumbledore n'avait probablement pas voulu réveiller tout ma chambre en y déposant mes affaires. Je m'assis lourdement sur le premier fauteuil, étendant mes jambes. La soirée avait été très étrange. Non, elle avait été à la fois terrifiante et éprouvante.

Pourquoi y avait-il une patrouille dans ma rue ? Etait-ce moi que l'on surveillait ou mon père ? Etait-il lui-même au courant ou bien cela s'était décidé à son insu ? Dans ce cas, cela voudrait dire que le ministère ne fait pas confiance à mon père. Mais pourquoi ?

Je revis ces visages inquiets d'aurors. Y Avait-il eu des morts ? J'ai du mal à réaliser ce qu'il venait de se passer. Une attaque près de chez moi… Une attaque contre des moldus. Mais Maugrey ne m'a t-il pas dit qu'ils cherchaient quelque chose ? Ne cherchaient-il pas quelque chose aussi chez le secrétaire ? Je passai ma main droite sur mon visage comme si ça pouvait effacer ma mémoire. J'avais tant d'idées qui se bousculaient dans ma tête qu'elle semblait vouloir exploser d'un instant à un autre.

J'aimerais tant pouvoir mettre mes pensées de côtés et aller me coucher. J'étais lessivée et mon corps ne réclamait qu'un bon lit bien douillet. Pourtant, je restai sur place à contempler le feu qui dansait encore et toujours dans la cheminée.

J'avais peur de me rendormir, peur de rêver à nouveau. Je ne voulais plus voir ses yeux, ni cette ombre. Je ne souhaitait pas ressentir encore ce frisson de terreur, cette angoisse croissante, ce sentiment de solitude et d'impuissance.

Il était quatre heures du matin et je n'avais aucune idée de comment passer le temps. Je m'appuyai contre le dossier du fauteuil.

Je repensai aux mots de papa. Des mangemorts qui attaquent..., des maisons qui brûlent.

-Heather ? s'étonna une voix. Mais par la barbe de Merlin, tu fais quoi à Poudlard ?

Je me retournai pour apercevoir James rentrer dans la salle commune, en pyjama et les bras remplis de nourriture.

-Je…c'est que…longue histoire. Finis-je par dire observant toujours la nourriture qu'il tenait.

-J'avais un petit creux. Expliqua t-il en désignant ce qui semblait être un gâteau.

Il posa le tout sur la table basse devant la cheminée et m'observa attentivement comme s'il pouvait découvrir sur a tenue un indice de mon retour une semaine plus tôt.

-Bouge pas.

Il s'éloigna en courant presque vers son dortoir pour revenir quelques minutes après en compagnie de Stan et Sirius.

-Je ne rêve pas, hein, les mecs ?

Les trois garçons me fixèrent intensément puis secouèrent négativement de la tête. James parut quelque peu rassurer.

-Je la vois. Affirma Stan.

-Moi aussi.

-Ouais, mais le problème c'est que vous avez bu autant que moi les gars. Expliqua James.

-T'es bien réel ? interrogea Sirius. T'es la vraie Heather et pas un tour de notre imagination ?

-Vous avez bu combien de verres d'alcool les garçons ? questionnai-je.

Les trois griffondors se regardèrent, sourirent puis soulagés, vinrent s'asseoir autour de la table basse. Ils plongèrent leurs mains dans la nourriture et mangèrent silencieusement. Après s'être occupé de leur estomac, James fit le premier à reprendre ses esprits et s'interroger de ma présence.

Je leur parlai de l'attaque et de mon évacuation rapide des lieux. Cependant, je me tus en ce qui concerne la patrouille. Les garçons écoutèrent mon récit comme des enfants de cinq ans, à qui ont parle du père noël. Néanmoins, leur visage était sérieux à la fin de mon récit.

-Personne n'a été blessé? Demanda Stan.

-Aucune idée. On ne m'a rien dit.

-C'est quand même étrange que leur attaque se soit produit dans ta rue. Simple coïncidence? Releva Sirius.

J'acquiesçai. Il venait de mettre le doigt exactement là où se trouvait le problème.

-Mon père m'a dit dans sa dernière lettre que c'était de plus en plus tendu au ministère. Informa James. Il y a des attaques un peu partout et ils ont du mal à les cacher.

-Au lieu de passer leur temps à vouloir cacher des choses qui se seront forcément, il ferait bien d'essayer de les arrêter ! s'exclama Stan.

-Oh mais il essaye, Stan. Intervient Sirius amer. Seulement, le problème est toujours le même. Avouer qu'il y a des attaques, c'est avouer que le gouvernement ne contrôle pas la situation.

Je baillai, fatiguée.

-Marie ! s'exclama Stan en la voyant descendre de son dortoir. Tu te lèves bien tôt.

Elle sourit.

-Si vous pensez que je vais vous laissez ouvrir vos paquets de Noël sans moi, vous pouvez courir!

Et James et Sirius poussèrent alors en même temps un cri. Ils se levèrent précipitamment en direction de leur dortoir.

-Comment on a pu oublier que c'était le matin de Noêl! S'exclama Sirius scandalisé par son propre oubli.

Je posai ma tête contre le canapé. C'était déjà Le matin de Noêl. J'avais l'impression qu'une semaine s'était écoulée depuis le réveillon de hier soir. Marie vint s'asseoir à côté de Stan. Elle me salua gentiment de la tête pendant que Stan lui expliqua brièvement ce qui s'était passé.

-Je suis désolée. Dit-elle.

-Ah non! S'écria Sirius en revenant les bras pleins de paquets. C'est le matin de noêl! On doit rire et pas pleurer!

Il s'affala sur le canapé à côté de moi et observa fièrement tous les cadeaux qu'ils avaient reçu. James arriva à son tour et s'assit face à Sirius.

-Alors Cornedrue ? déclara Patmol.

James lui sourit et jeta un coup d'œil à ses paquets.

-Mes parents, Remus, Peter, Toi, euh…Sandy? C'est qui elle?

Il leva le paquet portant le nom de Sandy et le secoua.

-C'est peut être fragile. Dis-je.

-Sandy ! s'exclama Sirius. La fille que tu as rencontré cet été!

-ah oui… déclara James. Mince, je ne lui ai rien envoyé, moi.

Il haussa les épaules et reporta son attention sur ses paquets.

-Tiens, j'en ai un de Lily, Bella, Heather et Stan, Marie, un de la part de toute l'équipe de Quiddich.

-Et juste pour te faire remarquer, on y a participé aussi avec Sirius, en plus notre cadeau personnel. Indiqua Stan comme si cette information était vitale.

-Vous êtes trop sympa, les mecs ! déclara James avec un petit sourire ironique.

-Eh ! s'écria Sirius. Pourquoi je n'ai pas de cadeau de Sandy, moi?

James éclata de rire.

-C'est pas juste! Continua Black. C'est moi qui me souvient d'elle, et c'est moi qui n'ai rien !

-Ben pour une fois que c'est dans ce sens!

Sirius lança un regard faussement mauvais à James avant d'ouvrir ses paquets, heureux. Ils firent tous de même, s'émerveillant devant chacun de leur paquet. Je me levai et allai chercher les miens dans un bagage. J'avais 6 paquets. Le premier était parfaitement emballé et renfermais une grosse boite de chocolats, offerte par Peter. Je souris. On avait eu la même idée. Papa m'avait offerte de magnifique boucles d'oreilles. Elles étaient composés de trois torsades sur lesquelles une perle reposait au bout. Je fus même étonnée qu'il eut tant de goût. Remus m'offrit un collier. Il y avait deux étoiles qui y pendaient, entourant une sphère sur lesquelles il avait écrit mon prénom. Cela me fit penser à la pleine lune et j'eu envie, sans savoir vraiment pourquoi, de pleurer de joie. Il avait ajouter sur un papier un petit mot. « J'ai lancé un sort dessus… Ça commence à brûler quand un psychopathe s'approche de trop près… Remus »

James éclata de rire. Je tournai la tête pour le voir sortir mon cadeau. Je lui souris en retour.

-Ouvre notre paquet. Déclara Sirius en désignant un truc tout en longueur.

J'attrapai le paquet qui était lourd et l'ouvrit. Je découvris une batte au couleur de Griffondor. Dessus, se trouvait dessiné un lion qui tenait entre ses pattes avant un micro. Il y avait inscrit « Pour la meilleure commentatrice… ».

-Surtout, tu ne dois pas hésiter à frapper Sirius avec, la prochaine fois qu'il fait le con surtout comme la dernière fois. Déclara James.

Il faisait allusion à notre dernière conversation. Je les regardai, et les remerciai d'un signe de tête, incapable de parler.

-Ouais, surtout n'hésite pas à frapper. Renchérit Sirius. Surtout sur Cornedrue, il n'arrive jamais à éviter les coups!

James protesta violemment. Je ris. J'attrapai le paquet de Bella. Elle m'avais offert un cadre en bois sculpté dans lequel elle avait placé une photo d'elle, de Lily et de moi. Je souris. C'était le jour où nous avions nettoyé le jardin. Lily m'avait envoyé un livre intitulé « Cuisine facile et rapide pour les cas désespérés. » J'éclatai de rire.

La semaine se passa admirablement bien. Pendant, les après midi, alors que les garçons souhaitaient faire quelques matchs sur terrain, je pris la peine de discuter avec Marie. On s'asseyait généralement sur les gradins pour regarder les garçons et on parlait de l'école et un peu de tout. Un jour, Marie s'excusa pour tout ce qui s'était passé entre nous. Puis on en reparla plus. Ses sentiments envers Stan semblaient sincères et elle m'avoua que James était plus qu'un simple ami.

Tous les soirs, on s'installait sur la petite table et on jouait un jeu moldu que Stan avait ramené de chez lui… C'était le monopoly…. Son père l'avait ramené d'un voyage en Amérique. Le but consistait de ruiner son voisin et à ce jeu là, Sirius était champion. Il avait tout de suite compris le jeu et s'était impliqué à fond. Il avait rapidement compris comment gagner de l'argent, marchander et investir. Il détenait presque tous les terrains les plus chers à part un que Stan avait réussi à lui prendre. Sinon, il était le plus riche d'entre nous. Il donnait l'image du chef d'entreprise, sûr de lui, puissant et profiteur.

-Ah! S'écria Sirius. James, tu es chez moi!

Le pauvre James, poussa un long soupir. Sirius attrapa sa carte.

-Alors… Boarwalk…quatre maisons et un hôtel….800 s'il te plait.

James attrapa ses quelques billets qu'il lui restait et les compta…

-J'ai que 500.
Sirius les lui arracha des mains.

-C'est pas grave… Je les prends… Tu me dois encore 300.

Et voilà que Sirius venait d'endetter le dernier joueur. Ce fut mon tour de jouer. Mon pion était situé sur un champs de mine. C'était l'impression que j'avais. Tout autour de moi, se trouvait de grands terrains luxueux. Je priai pour tomber sur la case chance. Je lançai le dé. 4. En plein sur Marvin Garden. Sirius sourit. Il se redressa tel un conquérant. Il attrapa la plume, sa feuille de papier et sous mon nom inscrivit des chiffres.

-Très cher Heather…déclara t-il d'une voix d'homme d'affaire. Te voilà endetté de £3522. Quand comptes-tu me faire un versement?

-Si tu voulais bien me faire crédit pour que je lance mes affaires…tentai-je.

-Encore? s'étonna Sirius. Bon d'accord, mais c'est la dernière fois.

-Eh ! Et pourquoi, tu n'as pas voulu quand je te l'ai demandé ? questionna James offensé.

-Parce que je ne prête qu'au joli fille, fidèlement au stéréotype du mec richissime.

James fit la moue.

-Allez Cornedrue…repris Sirius. Fais pas cette tête. Tu n'es pas si fauché que ça… regarde Heather… Elle ne pourra jamais s'en sortir, elle.

-Merci. Dis-je faussement blessée.

Sirius haussa les épaules.

-Fallait vous marier comme Stan et Marie. Déclara t-il. Regardez maintenant, ils ont tout leur bien en commun et il avance un peu mieux que vous.

Stan et Marie avait décidé de se réunir et de jouer à deux. Pour cela, Sirius avait réclamé que l'on mette 200 dans la banque. « c'est bien le prix d'un petit mariage » avait-il dit.

-Pour récupérer 3522 de dettes. Non merci. Fis-je James.

-Eh ! m'exclamai-je.

Il me sourit, désolé. Sirius se redressa sur sa chaise… Devant lui, s'étalaient toutes les cartes de ses propriétés avec maisons et hôtels ainsi que des liasses de billets. IL était vraiment le roi des affaires.

La soirée se déroula ainsi. Je m'endettai si bien que Sirius décida que je n'étais plus en mesure de continuer. James me rejoignit rapidement. Stan et Marie résistait encore un peu bien que l'entreprise Black dominait sur tous les plans.

On alla se coucher à onze heures du soir. Je pensai à demain. Lily, Bella et Remus revenaient.

Une ombre approchait doucement. Sa démarche était lente mais à la fois assurée. Je ne réussissais pas à voir exactement les traits de son visage pourtant il me semblait si familier. J'avais l'impression de le connaître depuis longtemps et à la fois, il était un inconnu. Il s'avançait toujours vers moi, tendant sa main droit devant lui, comme pour réclamer mon aide. Les formes de son corps changèrent doucement, dansant sur elle-même. La fumée le remplaça alors, et cette vapeur commença à se tortiller dans les airs étrangement. Un regard apparut.

Je me redressai sur mon lit. Je ne dormais plus. Je n'y arrivait pas. Pas avec cette peur qui me tenaillait. Je ne faisais que somnoler. Je pris ma robe de chambre et descendit silencieusement dans la salle commune. Il était cinq heures. J'allai pour m'asseoir sur le canapé , pensant à la rentrée de demain quand un mouvement dans la cheminée attira mon attention.

Je m'approchai pour mieux voir quand une tête y apparut. C'était papa.

-Heather ? s'exclama t-il surpris. Que fais-tu là ?

-Je n'arrivai pas à dormir. Expliquai-je. Et toi ?

-Ça fait des heures que j'essaie d'apercevoir quelqu'un.

-Pourquoi ? qu'est ce qu'il y a ?

Mon père fronça les sourcils, comme lorsqu'il est contrarié.

-James est là ? demanda t-il.

-Dans son dortoir. Il doit sûrement dormir.

-Va le chercher. Je dois lui parler.

Son ton ne demandait aucune réplique. Je le regardai interrogative.

-Pourquoi ?

-Heather… prévint-il.

Je poussai un petit soupir puis me levai et me dirigeai vers le dortoir des garçons. Je savais que papa m'observait. Je finis par rentrer dans sa chambre où seul trois lits avaient les rideau tirés. Stan avait du emménager pour les vacances. Je m'approchai du lit de James. Il dormait paisiblement et j'eu étrangement mal au ventre.

-Heather ? questionna une voix bien éveillée.

Je me retournai dans un sursaut. Sirius était assis en tailleur sur son lit, le visage étonné. Il devait être réveillé depuis aussi longtemps que moi. Je me retournai vers James et secouai son épaule fermement.

-James ? murmurai-je.

Au bout de quelques secondes, il ouvrit les yeux dans un petit grognement.

-Viens. Dis-je seulement.

Et je repartis dans la salle commune. Papa attendait toujours dans la cheminée. Il attendit quelques secondes puis me rejoignit avec Sirius.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda le maraudeur encore tout endormi.

Je haussai les épaules et lui désignait le visage de papa qui flottait parmi les flammes. James s'agenouilla face à lui, le visage à peine éveillé. Sirius se tint, tout près. Je m'assis sur le fauteuil, l'estomac contracté. Papa nous observa tous les trois, gêné. J'étais sûr qu'il aurait voulu parler seul à seul avec James, mais Sirius et moi étions bien installés, déterminés.

Papa dit qu'il ne voulait pas laisser la presse faire son travail. Il parla calmement, d'une voix apaisante.

Et je vis le visage de James se décomposer à chacune de ses paroles.

Il devint blême.

Ses épaules s'affaissèrent et tout son maintient semblait se plier sous un poids invisible et trop lourd pour lui.

Je ne l'avais jamais vu ainsi. Si désemparé.

James secoua alors la tête. Energiquement Violemment.

Puis il parla. D'une voix rauque, douloureuse.

Et Papa expliqua…expliqua tout. Les attaques de plus en plus nombreuses… Les victimes en multitude… Les missions plus dangereuses.

James écouta. Sans un mot. Sans rien dire. Il était redevenu un enfant. Il avait mal. Il sentait son cœur se décrocher et s'écraser violemment au fond de son estomac. Il ne pouvait pas réaliser. C'était impossible. C'était si loin de ses inquiétudes.

Puis papa disparut de la cheminée après un dernier regard désolé.

James continua de fixer la cheminé encore un instant. Les traits de son visage étaient tirés, crispés ans un rictus de douleur. Puis il baissa la tête. Son menton frappa sa poitrine. Ses cheveux lui tombèrent devant les yeux. Ses deux mains étaient posées à plat sur le sol, ses bras menaçant de céder.

Sirius était assis dans la même position que James, les yeux rivés sur le feu. Son regard devint plus sombre que d'habitude. Un regard distant, comme s'il se souvenait. Une lueur de désespoir se noyait dedans. Il prit une expression d'abattement. Je perçu en lui, des blessures anciennes qui en cette nuit, réapparaissaient pour accompagner cette perte.

Je serrai les dents et contint mes larmes. J'avais la nausée, dégoûtée. Tout mon être était fatiguée de cette scène. Combien de fois devrait-elle se répéter ?

Je restai sur place, observant le cœur serré James. J'aurai du me lever et m'approcher de lui. J'aurai du lui parler, tenter de le réconforter. J'aurais peut être du lui serrer la main. Mais je ne fis rien de tout cela. Je me sentais incapable de faire quoi que ce soit.

J'avais l'impression de me revoir, il y a plusieurs mois. C'était comme si l'on venait m'annoncer encore une fois la mort de maman.

Et aucun mot ne le soulagera. Aucun geste. Aucun regard.

Et je ne pouvais même pas partager son poids.

Seul le temps se chargera de tout cela. Et jusqu'à ce qu'il y réussisse, il aura mal. Comme si quelqu'un lui avait arraché une partie de lui. Et la pire vérité, c'est que c'était le cas.

On resta touts les trois ainsi, en silence, jusqu'au matin. Ce fut Stan et Marie qui nous trouvèrent là…

James se leva alors et retourna dans son dortoir dans un mot. Il donnait l'impression d'être un fantôme dépéri.

Sirius leva enfin un regard vers moi. C'était une supplication. Je n'ai rien su faire. Il s'exila alors quelque part dans le château.

Marie et Stan m'observèrent inquiets.

Je poussai un long soupir.

-Le père de James a été tué. Avouai-je la voix enrouée.

Marie s'immobilisa. Tout son corps se raidit et ses yeux se voilèrent. Elle repensa alors, j'en étais sûre, à ce même jour qui pour elle fut aussi désastreux. Je ne dis rien de plus, incapable de trouver un mot. Je la dépassai et montai dans le dortoir.

Mon estomac se fit lourd. Je m'assis sur mon lit, mon esprit ne voyant que cette expression d'anéantissement figée sur le visage de James. Je me sentais mal, souhaitant à tout prix fuir pour oublier. C'est alors qu'une larme roula le long de ma joue. Une larme de tristesse et de colère.

Surtout ne me tuez pas! je sais que ma fin est un peu cruel...

Dites moi ce que vous en avez pensé!

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